‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 210 sur 221 · DU G · texte numérisé non relu

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sous le nom de Dou-Juung, Vache marine, un certain Poisson qui respire par les poumons , a des mamelles placées devant la poitrine entre les nageoires , avec une barbe autour des lèvres. Cuvier (Oss. Foss.T. v.) ayant donné la description du squelette du Dugong , et Frédéric Cuvier (Mam.

lith. , 5e douzaine ), celle de l’Animal entier et vivant. , d'après les notes sur lesquelles Diard et Duvaucel avaient composé un Mémoire inédit, adressé par eux à Banks ; enfin , Stamford Raffles ayant, d’après leurs .

observations , éc. it le petit Mémoire inséré dans les Transactions Phil. de < 1820; et Everard Home , d’après les pièces également recueillies par nos compatriotes, ayant rédigé un supplément à ce Mémoire ( ibid ., p. 5 1 5 ) , oii il décrit et représente l’Animal , son squelette et diverses parties de sa.sphenchnologie ; on a aujourd’hui sur le Dugong plus d’informations exactes que sur la plupart des autres j Cétacés.

D’après la diveisité des récits plus ou moins fabuleux des vova- | geurs sur le Dugong, et surtout d’a- I près le défaut absolu de figure de cet Animal (car celle de Renard , citée plus haut, était restée ignorée et ne fut découverte par Camper qu occasion des notes et des dessins qu’il reçut de Batavia), les zoologistes, même ceux qui écrivirent postérieurement à la publication de la figure et de la description que Daubenton donna d’un crâne entier très-bien conservé, placèrent le Dugong avec ; le Morse , en y réunissant le La- \ mantin. Il existait bien, comme lob- ’ serve Cuvier, une figure et une des- J cription , antérieures encore , du I Dugong dans le Voyage de Léguât (I. 1, p. c)3), mais c’était sous le nom de Lamantin. Et à cette époque, 'j la grande distance des patries des Animaux n'était pas susceptible de faire même soupçonner de différence spécifique entre des Animaux présumés identiques. Aussi , même après Camper et jusqu’à Cuvier, tous les naturalistes, en parlant du Lnman-

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• in , lui assignaient pour patrie , i uitre les rivages intertropicaux de

Atlantique , tous les rivages de

océan Indien, où, sous ce même nom , il était question du Dugong, ifiuffon (T. xiti, p. 076) avait pourtant reconnu l’existence du Dugong,

• comme espèce différente du Laman- ’ tin, d’après la description du crâne

laite par Daubenton ; et d’après une citation du Voyage de Barcliewitz (en dlemand, Erfurt, i75i),ilavaitsuque 1 e Dugongse trouvait aux Philippines.

Mais nonobstant la figure du crâne ■ la ns Buffon , laquelle montre les déenses du Dugong implantées dans i es intermaxillaires , comme on coni laissait aussi des défenses au Morse , in ne fit pas attention à la différence Me leur situation , et l’on fit toujours in Morse du DugoDg. Ce qui ne doit ”, >as étonner , puisq don rattachait s aussi au même genre le Lamantin <; fuin a pas du tout de défenses. Ainsi, Hhaw (Gen. Zool., t. 1, part. 1), mê- ' ne après que Camper eut indiqué 1 :es différences et donné la figure en- 1 1ère de l’Animal , fit-il encore un MIorse du Dugong.

Le. rapprochement des Lamantins 1 -t des Dugongs était beaucoup plus ji naturel, d’après leur physionomie, {,' rue c Mai de ces deux- genres avec les 'Morses qui sont tout autant quadrupèdes que les Phoques , tandis que les I Jugongs et les Lamantins n’ont pas j dus de membres postérieurs que les 1 u très Cétacés.

Si même dans les têtes osseuses, on ait abstraction ries dents et du reniement arqué des intermaxillaires,

> n est frappé de la ressemblance de la 'onslruction de ces têtes, et même de i proportion de leurs parties. « Les onnexions des os , dit Cuvier (/oc.

il. ), leur coupe générale , etc., sont

peu près les mêmes, et l’on voit que >our changer une tête de Lamantin n une tête de Dugong, il suffirait e renfler et d’allonger scs os interîaxillaires, pour y placer les défen- :3 , et de courber vers le bas la symbise de la mâchoire inférieure, pour 1 conformer à l’inflexion de la supé-

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rieure -, le museau alors prendrait la forme qu’il a dans le Dugong , et les narines se relèveraient comme elles le sont dans cet Animal ; en un mot , on dirait que le Lamantin n’est qu’un Dugong dont les défenses ne sont pas développées. » Mais nous allons voir qu’il y a d’autres difféxences qui empêchent de considérer ces deux Animaqx comme identiques, et distincts seulement par un degré de plus ou de moins de développement.

i°. Les dents sont en foi me de cônes, dont les sommets sont d’abord irrégulièrement divisés en petits mamelons ; mais en s’usant , elles 11e montrent qu’une couronne plate et lisse; et la plus grande, qui est la quatrième dans le jeune , est seule formée de deux cônes adossés ( Cuv. , /oc. cil., pl. 20, f. 5). Les molaires du Lamantin ressemblent au contraire à celles du Tapir.

2°. Il y a dans le Dugong dix-huit côtes, vingt-sept vertèbres caudales et peut-être plus , sept vertèbres cervicales, et des vestiges de bassin, analogues à ceux des autres Cétacés , et qui ont quelque rapport pour la forme avec les clavicules de l’Homme ; dans le Lamantin , il n’y a que seize côtes , vingt-quatre vertèbres caudales , six vertèbres cervicales, et aucun vestige de bassin , d’après les dissections de Cuvier, Daubenton et Evcrard Home.

L’énorme développement des inlermaxillaires du Dugong reporte l’ouverture de ses narines presque au milieu du vertex , comme dans les Baleines. La fosse de l’ethmoïdc est divisée en deuxcnfoncemens simples , très-écartés l’un de l’autre, et terminés en avant par deux ou trois petits trous ; l’odorat doit donc être fort obtus. Le trou optique est un long canal étroit, et la petitesse relative du globe de l’œil qui est sphérique n’annonce qu’assez peu d’énergie dnas le sens de la vue. La mâchoire inférieure prend une hauteur correspondante à la courbure et à la longueur des os intermaxillaires. CclLe partie , ainsi tronquée et déclive , montre de cha-

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que côté , dans l'adulte , les restes de trois ou quatre alvéoles , et Everard Home a découvert dans un individu deux petites dents pointues dans deux de ces alvéoles. D'après une jeune mâchoire rapportée de la baie des Chiens- Marins par Quoy et Gaimard, Cuvier juge que le nombre régulier des niâchelières du Dugong est de cinq partout. L’humérus, dit toujours Cuvier, est beaucoup plus gros et plus court qu’au Lamantin, sa crête deltoïdale est plus saillante. Les os de l’avantbras sont un peu plus gros à proportion qu’au Lamantin ; mais leur forme est la même , et ils sont également soudés à leurs deux extrémités. Il n’y a, disposés sur deux rangs, que quatre os au carpe; celui du Lamantin en a six. Le pouce , comme dans le Lamantin, est réduit à un métacarpien

Eointu. Les autres doigts ont le nomre ordinaire de phalanges , dont les dernières sont comprimées et obtuses.

Quoique les Malais , d’après Diard et Duvaucel, distinguent deux Dugongs, l’un qu’ils nomment Bunban, et l’autre Buntal qui serait plus épais et plus court , comme c’est dans les mêmes parages que vivent ces Animaux qui ne différeraient que par ces légers caractères , il est peu présumable que ces différences soient spécifiques. Ce genre ne paraît donc composé que d’une seule espèce qui en Orient a reçu les mêmes noms comparatifs dans toutes les langues, que le Lamantin sur les rivages africains ou américains de l’Atlantique. Le mot malais Dugong ( Dou-Joung ) signifie Vache marine; c’est aussi le nom que lui donnent en leur langue les Hollandais de l’archipel Asiatique {Zee-Koé). Quelques voyageurs l'ont aussi appelé Sirène, Poisson Femme , Pesce Dona, Pisce Muger en espagnol et en portugais , noms qud ceS mêmes peuples ont attribué en Amérique au Lamantin.

Dugong , Trichechus Dugong , Ginel. {P'. pl. de ce Diction)., Main, lith. 3e douzaine, et Trans. Phil. yloc. cit.) Squelette et crânes, Cuvier, Oss.

Foss. T. v, pl. 19 et 20. Celte espèce,

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qui est unique jusqu’aujourd’hui, dit Cuvier ( /oc. cit. ) , a les plus grands rapports extérieurs avec le Lamantin dont elle ne diffère guère que par la nageoire en forme de croissant, par l’absence d’ongles aux nageoires pectorales , et par la lèvre supérieure prolongée et pendante , semblable au premier cdnp-d’œil à une trompe d’Eléphant qui aurait été tronquée un peu au-dessous de la bouche ; recouvert en entier d’un cuir épais , bleuâtre , avec des taches plus foncées sur les flancs , et blanchâtres sous le ventre , il a le mufle hérissé de poils ou plutôt depines cornées, qui sur les lèvres ou elles sont les plus longues 11’ont guère qu'un pouce. Les parties de ses mâchoires qui saisissent les herbes sont hérissées de verrues cornées.

La face buccale des joues est toute couverte de poils. La langue est cqurte , étroite , en grande partie adhérente et garnie de chaque côté de la base d’une glande à calice. Les yeux petits et très-couverts ont une troisième paupière. Le trou de l’oreille est fort petit. Ce I rou , l’œil et la narine se trouvent presque sur une même ligne à peu près parallèle à l’axe du corps.

Les bords des nageoires sont calleux.

Il y a une mamelle de chaque côté de la poitrine. La verge , longue et gros- * se , se termine par un gland bilobé du milieu duquel sort une pointe où est percé l’urètre. Le larynx ne ressemble point à celui des Cétacés; il ne forme point un tube donnant derrière les narines. L’œsophage donne dans le milieu d’une partie ovale terminée à gauche par un court Gul-desac conique , et séparé, par un léger étranglement, d’une partie oblongue terminée au pylore. Sur l étranglement sont deux sortes de cæcums cylindriques , plus longs et plus minces que ceux du Lamantin ; à l’intérieur, on voit dans la partie ovale deux groupes de glandes. Le duodénum est réticulé à l’intérieur par des plis dans les deux sens. Tout l’intestin a quatorze fois la longueur de 1 Animal- Les deux ventricules du cœur sont détachés l’un de l’autre , ce qui lait

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raître le cœur profondément bilobé iir sa pointe.

iCet Animal est plus commun dans détroit de Singapour que dans aun autre lieu de l’Archipel des Indes, après le passage cité de Christophe rchevvitz, on a vu qu’il habite aussi t -, Philippines. Dampier le désigne a . mdanao et à la Nouvelle -Hollande i us le nom de Lamantin. Existe-t-il Lssi sur la côte orientale d’Afrique , i mme on le pourrait conclure des Lcits des voyageurs qui y mentionnt le Lamantin? Comme il est bien tain qu’il existe sur les côtes de la uvelle -Hollande , à la baie des uiens-Marins , et comme cette dist ice de l’archipel Indien est beauîp trop grande pour que l’on puissupposer que les Dugongs- s’y

Iit propagés par émigration, puisnulle part ils ne sortent des bass voisins des rivages , ils sont emment autochtones en Auslra- . Leur chair passe chez les Malais r un manger délicieux , et on la rve pour les princes; elle ressemà celle du bœuf. On harponne Animal durant la nuit. On n’en id guère qui aient neuf ou dix s : ceux de cette taille échappent ;que toujours. Ils sont plus nomjx à Singapour dans la mousson nord que pendant l’autre mous-'

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