A, B.) (AUD
CRYPT ODIBR AN CIIES . moi.d.
Blainville , dans sa Classification des Mollusques , appelle ainsi la classe des Céphalopodes. F. ce mot. (d..ii.)
CRYPTOGAMIE. Cryptogamia.
bot. Linné a désigné sous ce nom qui signifie noces cachées , la vingt-quatrième classe de son système sexuel , dans laquelle il a placé tous les Végétaux qui ne lui ont pas présenté des organes distincts pour les deux sexes, ou dans lesquels du moins ces organes revêtent des formes très-différentes de celles des étamines et des pistils des autres Végétaux: depuis, ce nom a été assez généralement adopté pour désigner ce vaste groupe de Végétaux aussi singuliers par leur mode de végétation que par la structure de leurs organes reproductifs.
Quelques auteurs cependant ne voulant pas même admettre dans ces êtres un mode de fécondation insolite et caché, et pensant que leurs germes ou corpuscules reproducteurs se développent sans féconda lion, leurontdouné le nom d’AoAMEs. V. ce mot. D’autres, comme Palisot de Beauvois, changeant le nom, mais conservant l’idée de Linné , ont imposé à cette classe le nom d’ffYJTJÈOGAMiE (noces in usitées);
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Jussieu, fondant ses premières divisions sur la structure de l’embryon et admettant l’absence des cotylédons dans tous ces Végétaux , leur a donné le nom à' y] cotylédons , que De Candolle et R. Brown ont limité à une partie seulement de ces Plantes. Ceuxci admettent l’absence des cotylédons seulement dans celles qui ne sont composées que de tissu cellulaire, et rangent les autres parmi les Monocotylédones , sous le nom de Monocotylèdones Cryptogames. Enfin, Richard, pensant que ces Végétaux sont dépourvus de toute espèce de fécondation et qu’il ne peut exister de véritable embryon sans une fécondation préalable , leur a donné le nom de P* égétaux inembryonés. La diversité des opinions à l’égard de ces êtres singuliers suffit pour faire sentir la difficulté de leur étude et la différence qui existe entre eux et les autres Végétaux. Quelques naturalistes n’apèrcevant que ces différences, sans sentir les points de rapprochement , ont été jusqu’à proposer d’en former un règne à part entre les Animaux et les Végétaux. Sans admettre ces idées que repousse l’analogie d’organisation intérieure , nous pensons que ces Végétaux présentent un ensemble de caractères assez important pour en former dans le règne végétal une grande division tout-à-fait séparée des Plantes phanérogames, et beaucoup plus différente de ces dernières qu’aucune des familles qui les composent ne le sont entre elles. Ainsi, il existe certainement plus d’analogie entre la dernière famille des Plantes dicotylédones et la première des Plantes monocotylédones , entre les deux extrémités de la chaîne des Végétaux phanérogames, qu’entre une Plante quelconque de ces derniers et le Végétal cryptogame le plus parfait. La grande différence qui existe entre l’organisation de ces deux séries de Végétaux , a fait adopter, pour la Cryptogamie , une terminologie entièrement différente de celle employée pour les Plantes phanérogames; les modifications nombreuses que présentent les
diverses familles de Cryptogames ont même fait souvent employer dans chaque l'amilledes termes particuliers; ces termes en outre ont beaucoup varié suivant les auteurs. Nous ne pourrons donc faire connaître que ceux cpii s’appliquent à la Cryptogamie en général, elquisont le plus communément employés ; les autres seront expliqués à leur ordre alphabétique, ou en traitant de la famille à laquelle on les a spécialement appliqués.
Le nombre des organes des Plantes cryptogames est eu général moins considérable que celui des Plantes phanérogames ; mais leurs formes variant beaucoup plus d’une famille à l’autre, ils ont souvent reçu des noms differens dans chaque famille ; et l’un des objets les plus importans de recherches sera de fixer les rapports de ces organes dans les divers ordres de la Cx-yptogamie. Presque tous les Végétaux cryptogames présentent, comme les Plantes phanérogames , deux systèmes d’organes. Les uns sont les organes de la reproduction : dans quelques familles telles que celle des Ui'édinées , la Plante entièie est limitée à ces organes. Les auti’es sont des organes végétatifs ou destinés à produire, à suppoi'ter et à protéger les premiers : ils varient extrêmement' depuis les Fougères , les Lycopodes , etc. , où l’on trouve les mêmes organes de la végétation que dans les Plantes les plus parfaites, jusqu’aux?
lîypoxylées , aux Chaodinées , ou aux Urédinées où ils sont bornes à un simple conceptacle ligneux, ou à une masse muqueuse, ou bien enfin dans lesquels ils pa laissent manquer entièrement.
Les organes xeproducteurs consistent en séminules diversement situées»
et enveloppées , et en organes fécondans , qu’on u’à observés d’une manière satisfaisante que dans un petit nombre de familles. Les séminules ou sporules {sponili , scminula, gon ♦ gyla)} sont de petits corps arrondit dont la ténuité n’a pas permis de bietjf étudier la structure , et qui présen- • tent probablement des modification!
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importantes suivant les diverses fa- ! milles. Dans les Cryptogames celluleuses (Champignons, Lichens, Ali gués, etc.), ces séminules ne parais- , sent formées que d’une masse homo- , . gène celluleuse , ou quelquefois presque fluide à l'intérieur, dépourvue de i toute espèce de tégument propre. Il n’est pas encore certain si les séminules des Cryptogames plus parfaites ( Mousses, Fougères, Lycopodes, etc.), présentent un épisperme ou tégument propre , et par conséquent si dans la germination il n’y a qu’extension de toutes les parties de la graine, ou s’il y a rupture de ce tégument pour laisser développer la partie interne ou l’embryon de ces séminules. Le premier cas est évident pour les Crypto- . games celluleuses; leurs séminules, placées dans des circonstances propres à leur développement, s’étendent et s’allongent dans diverses dii rections , sans percer aucune enve- 1 loppe : ce sont, pour ainsi dire , des (embryons nus, dépourvus de tout I tégument.
Ces séminules sont en général réui nies plusieurs dans une même capsule [theca, sporidium). Lorsque leur nom- ! bre esL peu considérable , il est en gé- 1 néral fixe dans une même espèce , quelquefois même dans toutes les esj pèces d’un genre. Ainsi toutes les : Pezizes paraissent présenter huit sporules dans une même capsule; le Geoglossum viscosum en a trois , Y Erysiphe biocellata , deux ; elles sont : plus nombreuses dans les capsides des Urédinées , dans celles des Mu- ■ cors , et elles paraîtraient au contraire réduites à une seule dans celles de la plupart des Mucédinées et des Lycoperdacées. En effet , si on donne le nom de sporules ou de «séminules aux points opaques ren- [ lermés dans les capsules des vrais | Champignons à membrane fructifère, dans celles des Fucoïdées , dans b*s tubes des Confervcs, ou ne doit pas désigner par le même nom les | grains qui composent la pouSsièi e des , ycopcrdacées ou des Mucédinées et celle des Lichens ; les premiers se
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développent toujours dans l’intérieur d’une enveloppe membraneuse, dans laquelle ils sont libres comme un embryon dans la graine , et non ad^* hérens aux parois comme une graine dans sa capsule; les secondes, au contraire, sont fixées à des filamens, et sont évidemment analogues aux capsules (/ hecœ , sporidium, sporangia ) des Champignons liyménothèques , si ce n’est qu’elles ne contiennent qu’une seule sporule au lieu d’en renfermer plusieui's. Le caractère des sporules est donc de se développer librement , nageant au milieu du fluide qui remplit les capsules; celui des capsules est d’être insérées par un de ses points aux filamens ou à la substance charnue ou ligneuse , enfin aux organes végétatifs du Yégétal cryptogame. Cette distinction est trèsimportante pour ne pas confondre les divers organes de ces Plantes; les sporules diffèrent des graines par ce caractère essentiel qu’à aucune époque elles n’adhèrent aux parois de la capsule sur lesquelles on n’observe pas de placentas; aussi ne voit-on sur ces sporules aucune trace de points d’insertion. Si on ouvre une capsule de Plante cryptogame long-temps avant la maturation des séminules , on ne la trouve remplie que par un fluide mucilagineux ; ainsi nous regardons comme du même ordre , c’est-à-dire comme enveloppant immédiatement, de vraies sporules qui se sontdéveloppées librement dans leur intérieur , les capsules des Fougères, des Lycoperdacées, des Marsiléacées, des Charagnes, les grains arrondis des Prêles qui sont probablement des capsules monospermes; 1 urne des Mousses, la capsule des Hépatiques, les capsules composant les apothécies des Lichens, figurées à tort par Acharius comme des grains pulvérulens et qui paraissent plus analogues aux capsules des vrais Champignons, les capsules qui couvrent la membrane de ces Champignons, celles qui remplissent le péridiutn des Hypoxylées , celles qui composent entièrement les Urédinées , enlin la poussière des Ly«
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coperdacées et des Mucédinées , et les capsules des Fucoïdées. Malgré leur analogie , on a donné à ces organes des noms différens suivant les familles, x dénominations que nous indiquerons en traitant chacune de ces familles.
Nous croyons cependant qu’il est avantageux de limiter le nombre de ces noms , afin qu’on sente mieux les rapports de structuie des Plantes de familles différentes. Dans les Cryptogames vasculaires et dans les Mousses et les Hépatiques, on désigne généralement cette enveloppe immédiate des sporules par le nom de Capsule , (Cû/m'ü/û.) Parmi les Cryptogames celluleuses , aphylles , nous pensons qu’on devrait donner le nom de Thèque ( T/ieca) aux capsules membraneuses oblongues, fixées par une de leurs extrémités et renfermant plusieurs sporules, comme on l’observe dans les Champignons et les Hypoxylons , et celui de Sporidies ou mieux de Sporanges {Sporidia, Sporangia), aux capsules opaques de formes variables, libres ou renfermées dans des conceptacles, souvent cloisonnés et renfermant plusieurs sporules : telles sont celles des Urédinées et des Fucacées.
On réserverait le nom de Spores ( Spo ra) aux sporules fixées à des filainens et probablement enveloppées dans un tégument membraneux confondu avec elles, et qui par conséquent seraient des capsules monospermes :
telles sont celles des Lycoperdacées , des Urédinées, des Lichens, des Ulvacées. Au contraire , les tégumens des Fougères, les involucres des Marsiléacées , les disques et les cornets membraneux des Prêles , la coiffe des Mousses , le péridium des Lycoperdacées et des Hypoxylées, la volva des Champignons , les conceptacles des Fucoïdées, ne sont que de vrais involucres dépendans des organes de la végétation.
Les organes de la fructification des Plantes cryptogames dans le sens le plus général se réduisent donc à des capsules uniloculaires ou très-rarement multiloculaires, renfermantune ou plus souvent plusieurs sporules ,
tantôt isolées sur quelque partie des.
organes de la végétation ( Mousses , Hépatiques, Charagnes), tantôt réunies plusieurs sur une même membrane!
( Champignons, Lichens ), ou enve-( loppées dans un involucre commun (Marsiléacées, Equisétacées , Hypoxydes , Lycoperdacées, Fucacées h' Nous ne pourrions pas donner plus) de détails sur la structure de ces organes , sans entrer dans des spécialités sur chaque famille, qui ne peuvent être de notre sujet en ce moment.
Quant aux organes fécondateurs, il existe encore plus de doute à leur égard que sur aucun point de la structure des Plantes cryptogames; quelques auteurs, comme nous l’avons dit , ont entièrement rejeté leur existence ; d’autres ont voulu en trouver dans toutes les Cryptogames, et les ontpour ainsi dire créés, lorsqu’ils n’ont pas pu les découvrir. Une seule . famille de Cryptogames nous en paraît évidemment pourvue, ce sont les Marsiléacées ; leur organisation • an-) nonçait l’existence de ces organes , e des expériences directes ont prouvera leur présence dans le Salvinia. V Jt Marsjeeacées et Salvinie. Dans les!
Characées , les Equisétacées , leql Mousses et les Hépatiques , leur exis-j, tence est encore très-douteuse , quoi que les observations d’Hedwig et de * quelques autres auteurs puissent fui- H
re présumer leur existence. Ou n’aHr
rien observé dans les autres familles . qui puisse représenter des organe* H mâles, et la fécondation, si elle existe I dans ces Plantes , est un mystère qui probablement ne pourra pas de H Ion g -temps être dévoilé. Les Cou- B jugées de Vaucher ( Zygnema d’Agardh ) présentent seules des phé- | nomènes qui paraissent indiquer une v sorte de fécondation. V. Arthro- H
D1EES.
Nous discuterons , en traitant cha-li
que famille , la probabilité de chacu-j; ne des théories qu’on a formées suif
leur mode de reproduction sexuelle.
Les organes de la végétation va-, rient encore plus dans leur forme e*1 leur structure ; ils manquent complèlj
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tement clans un grand nombre d’Urédinées qui ne sont formées que par une réunion de sporidies libres.
Dans d’autres ils ne forment qu’une petite base filamenteuse qui supporte ces sporidies; dans les familles formées aux dépens des Conferves de Linné, les Arthrodiées , les Cliaodinées, les Confervées , les Géramiaires , dans plusieurs Ulvacées , dans les Mucédinées , ils se présentent sous la forme de filamens tubuleux, continus ou articulés , simples ou rameux, qui supportent ou renferment les organes reproducteurs; dans les Ulvacées et dans plusieurs Champignons , ce ne sont que des membranes diversement repliées. Dans d’autres Champignons, au contraire, ils présentent une réunion d’organes assez différens; on distingue un pédicule qui supporte une expansion charnue de forme variable dont la surface est couverte de thèques ; dans les Lycoperdacées , ils - sont formés d’un pédicule terminé l par un péridium , sorte d’involucre charnu ou filamenteux qui renferme i les spores. Enfin dans les Fucacées et dans les Lichens, on distingue une vé- : ritable fronde , ou d’expansion raein- : braneuse ou foliacée , qui porte dans certains points les organes de la fructification. On arrive ainsi aux Hépatiques et aux Mousses qui , quoique dépourvues de vrais vaisseaux présentent cependant une tige distincte et des expansions vertes tout-à-fait semblables à des feuilles ; les autres familles de Cryptogames n’offrent , sous le rapport de leur végétation , iresqu’aucune différence avec les Hantes phanérogames, et surtoutavec esMouocotylédones, parmi lesquelles De Candolle et R. Brown les avaient placées; elles sont, comme elles, pourvues de vaisseaux , de feuilles et de bges quelquefois arborescentes.
Les divers caractères réunis de la végétation et de la fructification permettent de diviser la Cryptogamie en trois classes et en vingt familles bien distinctes que nous allons simplement énumérer. Nous renverrons aux articles spéciaux de chacune de ces ‘'•milles pour les caractères détaillés
de chacune d’elles, et pour l’énumération des genres que nous pensons devoir y être rapportés.
Ire Classe. — Végétaux cryptogames dépourvus de vaisseaux et d’appendices foliacés ; aucune trace d’organes sexuels ; sporules contenues dans des capsules indéhiscentes ou se rompant irrégulièrement, dépourvues de toute espèce de tégument propre.
Aithrodiées , Bory;
Chaodinées, Bory;
CoNPEJlYÉES, Bory;
CÉR ami aires , Bory ;
Ulvacées , Agardh ;
Fucacées, Fucaceœ et Florideæ , Agardh;
Urédinées ;
Mucédinées ;
Lycoperdacées;
Champignons ;
Hypoxyi.ons ;
Ltchens.
IIe Classe. — Végétaux cryptogames dépourvus de vaisseaux , mais garnis de frondes ou appendices foliacés ; organes sexuels douteux ; sporules renfermées en grand nombre dans des capsules régulièrement déhiscentes , pourvues d’un tégument propre.
Hépatiques ;
Mousses.
IIIe Classe. — V égétaux cryptogames pourvus de vaisseaux et de frondes foliacées ; organes sexuels existant d’une manière certaine dans quelques-uns d’entre eux; sporules contenues dans des*capsules polyspcnncs et déhiscentes, ou monospermes et indéhiscentes.
Equisétacées ;
Fougères ;
Lycopodiacées ;
Marsiléacées ;
Ciiaracées. V. tous ces mots.