II. Fleurs terminales
Daphné de la Chine, Daphné Sine nsis , Laink. , D. odorat a, Ait. , Jacq., Ho ri. Schœn. T. m , p, 54, t.
35 1. Ce joli Arbuste, qui nous est venu de la Chine, est rameux ; ses feuilles sont ovales, glabres et luisantes.
Les fleurs sont réunies au sommet des rameaux où elles forment des espèces de capitules. Elles sont pédicellées, rougeâtres, pubescentes en dehors et répandant une odeur trèssuave. On cultive cette Plante en orangerie.
Daphné Gnidien, Daplme G nidium , L. Ce petit Arbuste est fort commun dans les provinces méridionales de la France, en Italie, en Espagne.
Sa tige, haute de deux à trois pieds, est rameuse surtout à sa partie supérieure. Elle est garnie de feuilles trèsrapprochées , lancéolées , étroites , mofles et un peu pubescentes. Les
3a8 DAP
fleurs forment une sorte de petit Corymbe au sommet des ramifications des branches ; elles sont petites , inodores , soyeuses en dehors , légèrement roses en dedans. Il leur succède de petites drupes sèches , noirâtres, très -peu charnues. Cette espèce est la plus intéressante du genre. Son ccorce est employée en médecine sous les noms de Garou ou de Saint- Bois. Elle est fibreuse , dure, résistante , grise en dehors , jaune en dedans. Sa saveur est amère et extrêmement âcre. Appliquée sur la peau, après avoir été ramollie dansduvinaire pendant quelques heures , elle en étermine la rubéfaction et l’inflammation. Si on l’y laisse pendant plusieurs jours , en ayant soin de la renouveler, elle donne lieu à la formation d’ampoules et , par suite , à un exutoire. On prépare aussi avec cette écorce une pommade e'pispastique {V.
notre Botan. médic.). Cette propriété irritante du Garou existe non -seulement dans l’e'corce , mais encore dans les feuilles et les fruits de toutes les autres espèces de ce genre , qui peuvent être employées comme le Garou.
Daphné odorant , Daphné Cneorum , L.jBull. T. 1215 D.odorata, Lamk., Fl. Fr. Cette espèce , qui croît assez abondamment en France, en Italie, en Espagne, etc., est un fort petit Arbuste , s’élevant à peine à un pied au-dessus du sol. Il est fort rameux. Les feuilles sont éparses , sessiles , cunéiformes, lancéolées, trèsentières, coriaces , persistantes, d’un vert foncé , luisantes en dessus. Ses fleurs rougeâtres , presque sessiles , constituent une sorte de capitule terminal , et répandent une odeur extrêmement suave. Son fruit est une drupe ovoïde , soyeuse et fort peu charnue. — On possède une variété qui a les fleurs blanches. Le Daphné odorant se cultive en pleine terre. Il forme un petit Arbuste trèsagréable , parce qu’il conserve ses feuilles toute l’année, qu’il fleurit de bonne heure, et que ses fleurs répandent une odeur très-suave.
DAP
Le Daphné Laghetta de Swnrlzf forme le genre Laghetta de Jussieu. I te V. Laghetta. (a. r.) ji
DAPIINES. moj,i>. Comme nous * avons déjà eu occasion de l’observer, a Poli (Test, des Deux-Siciles ) donne fp des noms différons aux Coquilles et aux Animaux qui les habitent. Sous V celui-ci il désigne ceux des Arches , et celui de Y Area Noe sert de type au . genre. Il est surtout caractérisé en ce u’il est lamellibranche , dépourvu t e pieds et de syphons, et porte une 1 masse sur l’abdomen. V . Arciie.
DAPHNIE. Daphnia. crust. Gen- i.
re établi par Müller, et rangé par La- . treille (Règn. Anim. de Cuv. ) dans l’ordre des Branchiopodes , famille, des Lophyropes, avec ces caractères : j un test bivalve , une tête apparente ' avec deux antennes ; huit à dix pâtes; j un seul œil ; une queue. Quoiqu’étudiés par un grand nombre de natu- ; ralistes , entre lesquels on remarque Schaeffer , Swammerdam , Degéer, Müller, Bosc et Cuvier, les Daphnies étaient jusque dans ces derniers temps très-peu connus sous le rap- r port de leurs mœurs. Straus (Mém. | du Mus. d’hist. naturelle, T. v , p. | 38o) et Jurine (Histoire des Monocles, |p. 85 ) en ont donné une histoire j très - détaillée et fort complète. Il l résulte particulièrement des travaux É de Straus que les Daphnies diflèrent .|t essentiellement des Cypris par leur i système respiratoire , et qu’ils sont ; de véritables Branchiopodes , ainsi J que les Lyncées, les Apus , les Lim- r nadies , les Cyclopes , les Branchipes, ! les Polyphénies et deux autres gen- ; res nouveaux qu’il se propose d’éta- 1 blir avec le Daphnia cristallina de Müller , et sou Daphnia setifera.
Quant aux Cypris et aux Cylhérées , il les place dans un ordre nouveau qu’il désigne sous le nom d’Ostrapodcs. V . ce mot. Nous extrairons du Mémoire de Straus les faits relatifs à j l’organisation du genre dont il est ici ; question , en faisant remarquer que 1 ces observations ont clé faites sur une
DAP
les espèces les plus communes , la I laphnie Puce, J). Fuie. r.
Le corps est comprimé , allongé , ([recouvert par un test bivalve , à la îartie antérieure duquel on voitsor- |i ir la tête; les valves au test sont réuîies sur le dos, et formées d’une . .ubstance très-mince , flexible , incoore ; leur circonférence est parfaitenent lisse ; mais, vers leur centre , :1 les sont marquées de lignes enfoncées , formant entre elles un réseau à mailles carrées ; la tête est très-disincte et couverte d’une écaille plus olide que celle du reste du corps; •n dessous on voit qu’elle se prolonge en un bec très-prononcé , triangulaire, se dirigeant un peu en arrière :n se rapprochant des valves; à la partie antérieure on remarque intél ieurementun point noir qui est l’œil i inique de ces Animaux ; sa forme t îst celle d’une sphère d’environ un ; juart de millimètre de diamètre , et i mobile sur son centre; sa surface est garnie d’une vingtaine de cristallins larfaitemeut limpides , placés à de letiles distances les uns des autres , et 'élevant en demi-sphère sur un fond loir formant la masse de l’œil. Ces Cristallins, étant dirigés dans tous les ens , forment par leur réunion un ■ eil composé semblable à peu près à . •eux des Insectes; la tête présente, à t 'extrémité du bec, des antennes au nombre de deux , et ayant dans la feï aelle l’apparence de deux petits mamelons uniarticulés , et terminés par in faisceau de poils roidcs el courts accolés les uns aux autres, et simuant un second article; ces antennes iontàpeine perceptibles dans la fenelle de la Daphnia Pulex; mais dans a Daphnia Macropus , elles deviennent très-longues , principalement lans le mâle de la première espèce, ba bouche est située à la partie inférieure du corps, immédiatement en dedans du bord antérieur des valves, près de la base du bec ; elle se compose d’un labre recouvrant la bouche en dessus, de deux mandibules très-fortes, sans palpes, ni branchies,
ai dentelures sur leur partie incisive,
DAP 3ag
de deux mâchoires dirigées horizontalement en arrière , et présentant à leur extrémité postérieure un long disque aplati par les côtés. Ce disque porte à son bord supérieur quatre épines cornées très-fortes dont les trois antérieures se prolongent en longs crochets fortement recourbés en avant et en dedans.
La portion du corps des Daphnies qui fait suite à la tête, est grêle , allongée et libre dans l’intérieur des valves ; elle se compose de huit segmens. Le premier , beaucoup plus considérable que le suivant , donne seul attache aux deux valves; mais au second segment , le corps diminue subitement de diamètre vertical el laisse un fort talon en dessus; de manière que, dans le reste de son étendue, il demeure fortement écarté de la crête dorsale des valves, en ménageant entre elles et lui un grand espace vide dans lequel la femelle porte ses œufs après la ponte. Le sixième segment supporte en dessus des mamelons coniques, dont le premier seul se prolonge en forme de languette et se recourbe en dessus et en avant pour venir s’appuyer contre la voûte que forment les valves, et fermer ainsi postérieurement l’espace vide destiné à recevoir les œufs ; l’avant-dernier segment porte à son origine un mamelon à peu près semblable ; enfin le dernier segment présente postérieurement un grand évasement longitudinal bordé de chaque côté par deux arcs dentelés; c’est dans l’intervalle des deux premiers que vient s’ouvrir l’anus, et le segment se termine lui -même par deux grands crochets cornés dirigés au-dessous; les seginens antérieurs du corps supportent des organes locomoteurs qui consistent en une paire de rames branchues insérées latéralement sur la base de la tête. Millier a considéré ces rames comme des antennes; Straus pense qu’elles ne sont autre chose que la première paire de pieds. En arrière de ces deux appendices branchus , on trouve cinq paires de membres très-différens des raines et différant môme beaucoup
33a DAP
entre eux tant pour la forme que pour i.i grandeur et les fonctions. Les deux premières paires sont placées immédiatement en arrière de la bouche , sous le premier segment , taudis que les trois autres sont fixées aux trois segmens suivans. Ces membres , qui représentent les derniers pieds de l’Animal , ne servent cepcnuanl plus en aucune manière à la locomotion , comme quelques auteuisl’ontavancé , mais se trouvent modifiés pour servir à d’autres fonctions , celles delà préhension et de la respiration ; la locomotion s’exerçant exclusivement par le moyen des rames. Les branchies qui, en général, tiennent plus ou moins immédiatement aux pieds et aux mâchoires dans les Crustacés , se trouvent dans les Daphnies tellement identifiées avec les membres, qu’il est très-difficile de reconnaître si tout le membre s’est converti en bl anchie , ou si ces dernières n’en sont que des appendices , ces organes étant trop petits pour qu’on puisse décider cette question en examinant leur organisation intime. Quoique la forme de ces membres ne ressemble plus à celle que les pieds ont habituellement chez les Crustacés, on y distingue néanmoins encore quatre principales parties qui semblent être les analogues de la hanche, de la cuisse, de la jambe et du tarse. Nous ne suivrons pas Slraus dans la description détaillée qu’il fait de ces appendices.
Le système nerveux , difficile à observer dans un Animal aussi petit que la Daphnie, se compose d'un ceiveau situé à la partie postérieure de la tête, en avant de l’œsophage , et formé de deux lobes placés à côté l’un de l’autre ; de la partie supérieure et antérieure de la commissure des deux lobes part le nerf optique, sous la forme d’un gros tronc fort court se dirigeant vers l’œil et se renflant bientôt pour former un ganglion optique d’où part un faisceau de petits nerfs qui se portent dans l’intérieur du globe de l’œil.
Le système circulatoire consiste en un cœur situé dans le dos du premier
DAP
segment, c’est une vésicule ovoïde fixée par son extrémité antérieure, ou elle donne probablement naissance à une artère. Les contractions de ce cœur sont rapides et isochrones, I Straus a compté jusqu’à deux cent soixante pulsations dans une minute.
Le canal intestinal peut êli e divisé j en deux parties : la première, ou l'œsophage , est un canal très-court , étroit, légèremeut arqué, s’étendant de la bouche, obliquement en avant et en haut, et qui pénètre dans la tête pour veuir se terminer immédiatement en arrière du cerveau. La seconde portion, ou l’intestin, a la forme d’un gros vaisseau diminuant légèrement de diamètre d’avant en arrière, se courbant dans ce sens et aboutissant à l’anus sans avoir présenté de circonvolution ni de changement dans son diamètre ; près de son extrémité cardiaque, cet intestin offre de chaque côté un cæcum. L’œsophage est agité par des contractions fort dis- : tinctes, et l’intestin éprouve des mouvemens péristaltiques continuels.
Les femelles ontdeux ovairesplacés lelongdes côtésde l’abdomen , depuis ‘ premier segment jusqu’au sixième
le
où ils s’ouvrent chacun séparément sur le dos de l’Animal. Les œufs en sortent et ils sont conservés pendant quelque temps jusqu’à la ponte dans la cavité qui existe entre la coquille et le corps. Millier et d’autres naturalistes, ayaut trouvé les œufs accumulés ainsi vers ce point , avaient donné le nom d’ovaire à cette région. Cette partie du têt devient opaque à certaines époques de l’année, et paraît composée d’ampoules ovalaires transparentes , formant deux capsules. Son usage alors est de contenir les œufs et de les protéger , afin qu'ayant passé l’hiver , iis puissent se développer au printemps. Müller a donné à ccs :
pièces opaques le nom d 'Ephippium.
Straus a observé que les jeunes Daphnies éclosent dès la vingtième
tipiirp nnrfi? la nontp . et Olie d’abord
heure après la ponte , et que d’abo ils u’ont aucune forme qui puisse les caractériser ; ils n’offrent alors qu une masse arrondie et informe
DAR
• quelle on remarque des rudimens appendices collés contre le corps.
i tete n’est point apparente. Ce n’est
? ue vers la quatre-vingt-dixième heuque ces fœtus commencent à se
* ouvoir ; à la centième heure , leurs ouvemens sont déjà très-actifs. Enta, vers la fin du cinquième jour, la
ueue qui termine les valves, dans le une âge , se débande comme un -ssort ainsi que les soies du bras ; les etnbres braüchifères commencent ors seulement à s’agiter ; les jeu- ■;s étant capables ae paraître au ur , la mère abaisse son abdoen , et les petits s’élancent au dehors. Jurine ( loc . cit.) a principalecnt étudié les cliangemens que ttmbryon éprouve , et nous rendons à son ouvrage pour les détails ; ce genre et pour compléter l’extrait îe nous avons fait du travail de raus.
((Ce genre est assez nombreux en :pèces ; nous citerons entre elles :
La Daphnie Puce, Daphnia Pulex Latreille et de Lamarck, ouïe Pu- :v arbore us de Swammerdam et le ' onoculus Pulex de Linné et de Juine (/oc. cit. , p. 85, pl. 8, g, îo, 1 1), ;i est la même que le Perroquet i’ ;au de Geoffroy. Elle est très-comnmc dans tous les étangs , et on >i it la’ considérer comme le type du mre. Fr., pour les autres espèces, jrraus (/oc. c/7.), Jurine ( loc. c/7.), ü iller ( Entomostr. S. Insect . Testa- P- 79> pl . ! 2, 1 3, 4), etc. (aud.)
1 DAPHiNITIS. bot. phan. (Dioscori- . ) Adanson regarde ce nom comme . uonyme de Fragon. y ce mot. (b.)
I DAPHNOIDES. bot. phan. Jussieu, mtenat et quelques autres botanis- - désignent sous ce nom la famille ) -sThymelées dont le genre Daphné I M le type. V. Tiiymelées. (a. b.)
I DAPHNOT. BOT. phan. V. Bontia.
f DAPTRIÜS. ois. (Vieillot.)^. Iri- \ s-
| *DARACIIT. bot. phan.( Avicènc.) p ! oliablement le bananier qui, dil- , fut connu dç tout temps en Pa-
DAR 53 1
lcstinc, d’où quelques commentateurs ont cru que les fameuses grappes apportées de la Terre promise par les espions de Josué , étaient des régimes de Bananes. (b.)
DARADEL. bot. phan. (Garidel.) Et non Darade. L’un des noms vulgaires de l’Alaterne et du Phylkirea latifolia , dans la France méridionale. (b.)
DARD. pois. L’un des noms vulgaires de la Vaudoise , espèce du genre Able. y, ce mol. (b )
DARD. rept. oph. Ce nom a été donné à plusieurs Serpens des genres Acontias , Couleuvre et Vipère. Le vulgaire appelle communément Dard la langue des Serpens, qu’il croit être l’organe par lequel ces Animaux répandentle venin dont il suppose l’existence chez toutes les espèces. (b.)
* DARDANA. bot. phan. ( Apulée et Daléchamp. ) Syn. d ' Arcticum Lappa , L. , d’où vient peutêtre le nom vulgaire deBardanne. y.
ce mot. Dans Dioscoride , Dardants paraît être synonyme de Cuscute , et non de Cicuta, selon Mentzel. (b.)
DAREA. bot. crypt. ( Fougères. ) Le genre établi sous ce nom par Jussieu, et sous celui de Cœnopteris par Swartz , a été réuni par R. Brown aux Asplénium, y. ce mot. (ad. b.)
* DARHE. bot. phan. (Tabernœ-
montanus.) Syn. de Sorghum chez les Arabes. (b.)
* DARIANGOA. bot. phan. (Camelli.) On recommande aux botanistes voyageurs la recherche de cet Arbre indéterminé des Philippines, dont le bois est pesant, les feuilles sembla*blés à celles du Laurier , et qui donne un suc gommo-résineux noirâtre , répandant l’odeur de l'Ambre , et employé dans l’Inde comme parfum, (b.)
* DARION , DORION et DU- RYAOEN. BOT. PIIAN. Le fruit auquel C. Bauhin attribue ces noms est produit par un Arbre de l’Inde qui peut être indifféremment rapporté au Jacquier et au Durion. y. ces mots.
DAR
DARNAGASSE. ois. L’un des noms vulgaires de la Pie-Grièche grise dans le midi de la France, (b.)
DARNIDE. Datais. ins. Genre de l’ordre de Hémiptères, établi par Fahricius pour des espèces propres aux pays chauds, et particulièrement à l’Amérique méridionale. Latreille réunit ce petit genre aux Membraces.