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IOD
10. ins. Nom scientifique du Papillon vulgairement nomme Paon du jour. (b.)
* IODATES. PT. Iode.
IODE. bot. min. chim. Ce corps est un de ceux que , dans l'état actuel des connaissances chimiques, l'on considère comme simples. Il lut de- CQUverJpavan t 1812 par Courtois, salpètrièT\le Paris, dans les eaux mères des cendres de Fucus. Clément et Désarmes annoncèrent cette découverte à l'Institut dans sa séance du 29 novembre i8i5. Quelques jours après, Gay-Lussnc lut un Mémoire sur celle nouvelle substance pour laquelle il proposa le nom d'Iode dérivé d'un mot grec qui signifie violet , en raison de la plus saillante de ses propriétés, celle de se réduire en vapeur d'une belle couleur violette. Ce célèbre chimiste aperçut de prime abord les rapports que l'Iode offrait avec le Chlore par la manière dont il se comportait avec l'Oxigènc et l'Hydrogène, et dès-lors la théorie dans laquelle le Chlore était considéré comme corps simple, fut pleinement confirmée.
D'autres chimistes , et en particulier
11. I)a vy , s'occupèrent à celte époque de l'Iode ; ils obtinrent des résultats semblables à ceux de Gay-Lussac ,
TOMF. IX.
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et en peu de temps ils épuisèrent, pour ainsi dire , toutes les connaissances qu'il était possible d'acquérir sur la combinaison de ce corps avec les autres.
L'Iode est solide à la température ordinaire; il se présente sous la forme de paillettes micacées, d'un gris noirâtre , ou de lames rliomboïdalcs , lies-brillantes , et d'octaèdre allongé.
Sa densité est de 4,348. 11 se liquéfie à 107 degrés, et entre en ébullitton de 17s à 180, en produisant la belle vapeur violet le dont nous avons parlé cl qui, d'api ès le calcul , a une densité de 8,6g5. Eu contact avec la peau, l'Iode y produit une tache brune qui devient jaunâtre et se dissipe assez prumptement à l'air. Son odeur est analogue à celle du Chlore étendu d'eau , et sa saveur est très-âcre, même caustique; aussi est-il considéré comme un poison violent.
Avec les autres corps simples, l'Iode l'orme plusieurs combinaisons :
ainsi l'Acide iodique est le produit de son union avec 1 Oxigènc dans certaines circonstances favorables , c'està-dire au moment ou celui-ci cesse de faire partie de quelques composés.
L'Acide hydriodique s'obtient en exposant à une chaleur rouge l'Iode et 'Hydrogène. L'Acide chloriodique
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est le résultat de son union avec le Chlore. Les autres combinaisons de l'Iode avec les corps simples ne jouissent pas de propriétés acides ; on les nomme simplement des Iodures , et leur composition , ainsi que leurs propriétés , sont analogues à celles des sulfures , des chlorures, etc. Le Bore et le Carbone n'ont pas encore pu être combinés avec l'Iode , tandis qu'on a obtenu avec facilité des Iodures d'Azote , de Soufre ,de Potassium^ deSodium , de Zinc , de Fer, d'Etain , d'Antimoine , de Cuivre , de Mercure, d'Argent, etc. Pendant la combinaison de l'Iode avec le Potassium ou avec d'autres Métaux, il se dégage de la chaleur et quelquefois de la lumière. L'eau n'a qu'une action trèsfaible sur l'Iode; elle n'en dissout qu'un 0,007 de son poids , et la solution est jaune. Celle-ci se décolore par l'ébullition , et ne contient plus que des Acides hydriodique et iodique vésultans de la décomposition d'une petite quantité d'eau.
Une des propriétés chimiques les plus remarquables de l'Iode , c'est celle de (ormer un composé bleu lors-
3u'on le mat cri contact avec l'amion. Jusqu'à ces derniers temps, on s'était accordé à considérer ce composé comme un Iodure d'amidon , c'est-à-dire comme une combinaisou intime de l'Iode avec l'amidon qui était alors reçaidé comme une substance simple dans sa composition organique. Mais il en est tout autrement, selon les expériences de Raspail , expériences dont il a lu le précis devant la Société Philomatique , le 6 août 182.5. Ce jeune et savant observateur s'est assuré par des recherches microscopiques et chimiques, que la couleur bleue que prend 1 amidon par l'action de l'Iode , n'est due qu'à la superposition de cette dernière sur la surface des granules de fécule dont il a décrit les formes diverses. Ces granules , qu'il compare à des perles de Nacre plus ou moins grosses et plus ou moins irrégulières, après avoir été enduits, pour ainsi dire, d'un vernis d'Iode, peuvent
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être décolorés par le sous-carbouale de Potasse, sans perdre leurs formes ou leur transparence. Ces faits tendent à prouver que l'amidon se compose d'un tégument susceptible d'être coloré par l'Iode ei d'une matière gommoïde située à l'intérieur.
Ainsi que le Chlore , l'Iode décolore les teintures végétales. Cette décoloration paraît due à une décomposition de l'eau qui tient en solution les matières organiques; l'Oxigènc de celle-ci s'unit au Carbone et à l'Hydrogène des substances colorantes , taudis que son Hydrogène se porte sur l'Iode.
On retire l'Iode des eaux mères des cendres de Fucus et d'autres Algues marines. Il y existe à l'état de combinaison saline, c'est-à-dire que ces eaux contiennent des hydriodates de Potasse et de Soude. On les introduit dans une cornue lubulée à laquelle sont adaptés une allonge et un récipient. L'allusion intermittente d'un excès d'Acide sulfurique concentré détermine la décomposition de l'hydriolate. I! se forme du sulfate de Soude ou de Potasse , et de l'Acide sulfureux, parce que l'excès d'Acide sulfurique a cédé une portion de son Oxigène à l'Hydrogène de l'Acide hydriodique. L'Iode est donc mis en liberté , et par l'ébullition it passe dans le récipient en même temps que les autres produits gazeux. On le lave et on le rectifie eu le distillant de nouveau avec une solution étendue de Potasse. Il est alors sous forme de lames brillantes qui ressemblent au Carbure de fer, et que l'on dessèche entre des feuilles de papier Joseph.
Ce n'est pas seulement des Plantes de la famille des Algues qu'on pourrait extraire l'Iode. Plusieurs autres corps marins, et particulièrement lesEpo nges , en contiennent une certaine quantité. On l'a retrouvé dans quelques sources d'eau minérale, et, tout récemment, le savant professeur Vauquelin a lu , à l'Académie des Sciences , une note sur une mine d'Argent des environs de
Mexico qui en contenait à peu près dix— lin i l pour eeut. L'Iode y existe à l'état d'Iodure (Anu. de Phys. et de Chim., i8a4, p. 99).
Nousavons parlé plos haut dePirtij;Oi l!i nec cpie la dc*cô'uvèr'<e de 1 Iode a eue pour la chimie , en ce qu'elle a jeté uu grand jour sur un point de doctrine sujet à controverse. Par les nombreuses combinaisons que ce corps est susceptible de contracter avec les autres substances, on est parvenu à produire une foule de composes intéïessanS pour 1rs chimistes, mais dont les usages techniques sont encore très-bornés. Cependant on a employé avec succès l'Iode ou plutôt ses sels ( liydrio'dates iodurés de Polasse et de Soude) dans le traitement du goitre. Le docteur Coiudet de Gencvij a le premier l'ait connaître son ellicacité dans ce cas, et en a obtenu des succès très-nombreir; . Malheureusement, quelques médecins ignorans en chimie l'ont administré sans employer les précautions convenables, et il en est résulté de très-graves accidens. L'usage de ce médicament a conséquemmeut perdu de sou crédit aux yeux du vulgaire , qui s'enthousiasme toujours pour les nouveautés,ctqui les proscrit avec autant de facilité si par hasard des hommes inexpérimentés en abusent. Il est constant, néanmoins, que l'Iode a guéri, eu Suisse, une foule d'individus affectés de la difformité du goitre; mais on doit observer que son emploi irréfléchi peut avoir des suites très-dangereuses. C'est par l'Iode contenu dans les Eponges carbonisées que l'emploi de celles-ci a produit la guérison d'un nombre trèscousidérable de goitreux, avantqu'on eût soupçonné le principe actif de ec médicament. L'Iode , foi niant un composé bleu avec l'Amidon , est uu réactif excellent pour reconnaître la présence de celte substance dans les Végétaux. (o..N.)
IOLITHE. min. (Werncr.) V. Dicn BOITE.
ION. bot i'iian. La Violette chez
les anciens, d'où les nom- d'Iode, d'Iolitlie, etc. (b.)
* 10NE. Joue, cnusr. Genre de l'ordre des Auiphipodes , famille des Ilétéropodes de Latreille (Fam. Nat. du Règn. Anim.}, avant pour caractères essentiels : quatorze pieds , tous sans ongles , en ijrme de lanières arrondies à leur extrémité, et simplement propres à la natation ; branchies trèsramiliées ; queue terminée par deux longs appendices presque semblables aux pieds; des antenues distinctes.
Ce genre, établi par Latreille qui le plaçait ( llègn. Anim. T. m) dans l'ordre des Isopodes , a été formé aussi par Leaeh sous le nom deCcclino. Diisniareit (article Malacostracés du Dictionnaire des Sciences Naturelles) le réunit aux Pranizcs dont il dillère cependant par des caractères assez tranchés, tirés surtout du nombre et de la forme des pales ; il s'éloigne des Apscudes par la foime et l'usage de celles-ci. La seule espèce de ce genre est :
L'Io.vE tiioiiacio ue, Io/ie thoracicus , Onisctis thoracicus , Monlagu ( Traits. L'uni. Suc. T. îx, iv, 3), figurée dans l'Encyclopédie Méthodique ( Crusl. et Ins., tab. 556 ,
fig. 28). (G.)
IONESIK. Ionesia. bot. pu an. Genre de la famille des Légumineuses , cl de l'Heplandrie Monogyuie, L. , établi par PiOxburgh {Asiat. Research., 4 , p. 555 ) et ainsi caractérisé : calice a deux folioles ; corolle iufundibulifonnedont le tube est charnu et fermé; le limbe quadrilobé; appendice annuliforme , inséré sur l'entrée du tube de la corolle el supportant sept étarnines ; légume pédicellé en forme de sabre, et contenant quatre à huit graines. Ce genre a des rapports avec le Palovea et le Bauhinia; il ne reu ferme qu'une seule espèce nommée par Roxburgh Ionesia pinnata. C'est X Asjogain de Rhéede (Hort. Malab.,b , p. 117, tab. 59), Arbre des Indes-Orientales , d'une grandeur médiocre, dont les feuilles sont alternes , pétiolées, imparipin-
nées , et les fleurs , d'un jaune orangé , sont disposées en cimes, terminales et axillaires. (g..n.)
* IONIA. bot. m AN. Nom que l'Yvette {Teitcrium Chamcepytis , h.) portait chez les anciens. (G..N.)
* IONIDES. dot. phan. (Ruell.) Syn. de Câprier. (b.)
10NIDION. lonidium. dot. tiian.
Genre établi par Ventenat pour quelques espèces de Violettes exotiques, et qui a été adopté depuis par tous les botanistes. Ce genre , qui appartient à la famille des Violacées , avait été créé auparavant sous le nom de Pombalia , par Vandelli; néanmoins, l'usage a consacré le nom de Ventenat, bien qu'il soit postérieur à celui du botaniste portugais. Dans son Mémoire sur la famille des Violacées , et dans le premier volume du Prodrornus Systematis du professeur De Candolle, le botaniste De Gingins a voulu rétablir le genre Pombalia de Vandelli , comme distinct de Vlonicliurn. Mais Aug. de Saint-Hilaire (Plant, usuell. des Brasiliens, n" xi) a réfuté victorieusement cette opinion , en prouvant que les caractères assignés au Pombalia se retrouvaient évidemment dans plusieurs espèces faisant partie du genre lonidium. Le même auteur a fait une observation semblable pour le genre Hybanthus de Jacquin, qui doit être réuni à V lonidium. Voici les caractères qu'il assigne au genre lonidium : calice profondément quinquépartite , dont les divisions ne sont ni prolongées au-dessous de leur base , ni entièrement séparées. Pétales au nombre de cinq , périgynes ou plus rarement hypogynes, très-inégaux, l'inférieur plus grand, onguiculé, saus éperon , à onglet ordinairement plus large et concave à la base, rétréci au sommet. Elamincs au nombre de cinq , insérées comme les pétales et alternes avec eux ; filets libres ou soudés, le plus souvent courts, quelquefois nuls; anthères aplaties, membraneuses au sommet , attachées par la
base , immobiles , tournées vers le pistil, biloculaircs et s'ouvrant longitudinalcment; les conuectifs ou les filamens des anthères inférieures le plus souvent munis d'un appendice plus ou moins sensible. Style couibé, épaissi au sommet, persistant. Stigmate un peu latéral. Ovaire libre , sessile , olygosperme ou polyspermc ; ovules attachés à trois placentas pariétaux. Capsule entourée du calice, uniloculaire , s'ouvrant en trois valves étalées portant les semences sur le milieu de leur face. Semences petites , horizontales, ovoïdes, globuleuses , creusées au sommet d'une chalaze orbiculaire et ridée, quelquefois relevées d'un côté d'une ligne proéminente (raphé) ; ombilicun peu latéral, rarement toul-à-fait terminal; tégument propre double, l'extérieur crustacé , l'intérieur membraneux , adhérent à l'cndosperme qui est charnu. Embryon axile , droit, ayant presque la même longueur que l'cndosperme; cotylédons planes; radicule tournée vers l'ombilic.
Les espèces de ce genre sont en général de petits Arbustes rameux , à feuilles alternes entières, accompagnées de deux stipules à leur base.
Les fleurs sont pédonculées et placées à l'aisselle des feuilles supérieures. L'une des espèces les plus intéressantes de ce genre est T lonidium Ipecacuanha de Ventenat ou Pombalia Ipecacuanha de Vandelli. Dans l'ouvrage que nous avons cité précédemment , Aug. de Saint-Hilaire a prouvé que le Viola Itoubou d'Aublct n'est qu'une simple variété du Pombalia de Vandelli. Ainsi , celle espèce crok à Cayenne et sur la côte du Brésil , depuis le fleuve des Amazones jusqu'au cap Frio ; mais on ne l'a pas retrouvée au midi de ce cap. Elle se plaît en général dans les lieux bas et sablonneux. C'est une Plante extrêmement variable , dont la tige rameuse est tantôt étalée , tantôt ascendante, lougue de six à vingt-quatre pouces , couverte de poils quelquefois très-longs et très-rapprochés. Ses feuilles sont alternes, ovales, lan-
céolées, dentées en scie et amincies en pointe à leurs deux extrémités et chargées de poils épars. Les divisions du calice sont semi-pinnatifides. La racine de cettePlante, qui est grosse à peu près comme une plume à écrire, un peu tortueuse , grisâtre et striée en dehors , blanche en dedans , est connue au Brésil sous les noms de Poaya, de Poaya da Praia et de Poaya branca. Elle sert à remplacer, dans quelques ' parties du Brésil , le véritable Ipécacuanha fourni par le Cephœlis Ipécacuanha ; on la désigne sous le nom d'Ipccacuanha blanc.
Aug. Saint-IIilaire a encore décrit (Plant, usuelles des Brasiliens, n° ix), sous le nom A' lonidium Poaya, une autre espèce nouvelle, voisine fie la précédente , qui a été trouvée à l'ouest iln Rio-San-Francesco , dans la province de Minas- Geracs , et dont la racine est également employée^par les habitans comme un puissant cinétique, (a., r.)
♦IONOPSIDE. Jonopsis. bot.
tiian. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Monandrie, L. , établi par Kunlh ( in Humb.
et Bonpl. Nov. Gen. , I , p. 348) , et qui peut être caractérisé ainsi : le calice est à six divisions disposées sur deux rangs; les trois divisions extérieures sont ovales , lancéolées , aiguës , égales entre elles; 1rs deux inférieures forment , en se réunissant à leur base, une sorte de petit sac obtus. Les deux divisions internes et supérieures sont obliques , ovales , un peu obtuses. Le labelle est onguiculé a sa base qui forme une gouttière; il est beaucoup plus grand que les autres parties de la Heur, inférieur et obcorcliforme. Le gyuoslème est court, stigmatifère à sa face antérieure, terminé supérieurement par une anthère operculiforme à deux loges :
chaque loge contient une masse pollinique, ellipsoïde; ces masses viennent s'attacher l'une et l'autre à la partie supérieure d'une petite lame qui se termine inféi ieurcment par un rctinaclc allongé formant une sorte de
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bec disposé en angle droit à l'extrémité de la petite lame.
Ce genre se compose de plusieurs espèces originaires d'Amérique, et qui toutes sont parasites. La première connue est celle que Kunth a décrite sous le nom A' Jonopsis pttlchella, /oc. cit., tab. 85. Elle croît dans le royaume de la Nouvelle-Grenade, entre Carthagène et Buga.
Nous en possédons une espèce nouvelle à laquelle on peut donner le nom A' lonopsis distichophylla , à cause de la disposition de ses feuilles , qui sont plus larges que dans l'espèce précédente; elle s'en distingue encore par sa hampe deux fois plus élevée et rameuse , par ses fleurs plus petites et son labelle cilié. Elle a été découverte à la Martinique par Richard père , qui l'y a trouvée parasite sur le Café.
Plusieurs autres Orchidées , mieux étudiées , devront encore rentrer dans ce genre ; tel est par exemple le Dendrobiuin utricularioides de Swartz.
fi.it)
Le nom à? lonopsis a été appliqué à une section du genre Cochléaria , par De Candolle [Syst. Regn. Veg. A'c/. , T. il , p. 37 1 J qui , en raison de l'existence du genre établi par Kunth, a changé depuis sa terminaison en celle A' loiiopsidiurn. (G..N.)
* IONOPSIDIUM. bot. phan. (De Candolle , Prodr. Regn. P'eget. nat.
T. 1 , p. 174.) V. Cociiléakia et Io- NorsiD£. (g..n.)
* IONDS et IOPS. rois. Les deux Poissons désignés sous ces noms pâlies anciens ne peuvent être reconnus, (b.)
* IOTA. ins. Espèce de Noctuelle dont la chenille se nourrit d'Armoises et de Santolincs. (u.)
IPÉCACUANHA. bot. tiian. On désigne sous ce nom un grand nombre de Racines appartenant à des Végétaux de genres et de familles différentes, mais qui toutes jouissent de la propriété de déterminer le vomissement. C'est MarcgraaflTet Pison qui ,
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les premiers, parlèrent dp l'Ipécacuanha dans leurîlistoire Naturelle et Médicale du Brésil , publiée vers le milieu du dix-septième siècle. Ils donnèrent une description et une figure de la Plante qui , au Brésil , l'ournitlaracine connue sous ce nom.
Mais celte figure et la description qui l'accompagne sont, tellement vagues et imparfaites , q'jc nul botaniste ne put rapporter la Plante mentionnée par ces auteurs à aucun des genres alors connus. Dès-loi s chacun, s'appuyant sur quelque supposition plus ou moins fondée, attribua la racine d'Ipécacuanha du commerce à quelque genre connu. C'est ainsi que Bai, dans son Histoire générale des Plantes , crut l'Ipécacuanha fourni par une espèce du genre Paris, delà famille des Asparaginées. Morison , Plucknet , Linné lui-même , dans la première édition de sa Matière Médicale , pensaient qu'elle était produite par une espèce de Chèvrefeuille ; plus tard celui-ci l'attribua à une espèce de Violette. En un mot , les opinions les plus opposées furent émises sur l'origine et la nature du Végétal auquel on devait-llpécacuanha. De cette obscurité naquit un autre inconvénient qui n'a pas peu contribué à augmenter la confusion déjà si grande à cet égard :' c'est que n'ayant aucune donnée certaine sur la Plante qui fournissait le véritable Ipécacuanba , on appliqua ce nom à toutes les Racines exotiques douées d'une propriété émélique plus ou moins marquée , et bientôt chaque pays eut en quelque sorte une espèce particulière d'Ipécacuanha.
La cupidité dut. profiter de cette ignorance pour accréditer les incertitudes qui couvraient ce médicament. Comme la véritable espèce d'Ipécacuanha , celle dont Marcgraaff et Pison avaient les premiers donné la description , était assez rare, lés marchands américains y mélangèrent bientôt plusieurs autres racines plus communes et souvent presque iucrles , qui d'un côté accrurent la confusion , et d'un autre côté contri-
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huèrent à diminuer la réputation de la racine du Brésil, dont les vertus se trouvaient ainsi masquées et en quelque soricdénaturécs par cette sophistication. Dès-lors l'Ipécacuanha du commerce ne fut plus qu'un mélange hétérogène de racines différentes entre elles, non-seulement par les Plantes dont on les retirait , mais encore par le lieu d'où elles provenaient.
Cependant l'opinion que la racine d'Ipécacuanha était celle d'une Violette , prévalut pendant fort longtemps ; mais on n'était pas d'accord sur l'espèce à laquelle il fallait l'attribuer. Ainsi quelques auteurs pensaient que c'était le Viola Jpecacuanha de Linné fils, ou Pombalia Ipccactian/ia de Vandelli; d'autres, le Viola diandra , L. ; quelquesuns le Viola patvifiora , L. ; ceuxlà le Viola ltoubou d'Aublet. Tel était l'état d'incertitude qui régnait sur ce médicament, quand le célèbre Mulis , directeur de l'expédition botanique de Santa-Eé de Bogota, dans le royaume de la Nouvelle-Grenade , fit parvenir à Linné , en 1764, la description et la figure du Végétal qui , au Pérou , produisait la racine d'Ipécacuanha. Ces rcuseignemens ne. furent publiés qu'en 1781 par Linné fils , qui, dans son supplément, décrivit la Plante de Mutis sous le nom de Psychotria ernetica , que lui avait donné le botaniste espagnol. Il crut, mais à tort, que cette espèce était la même quccellc décrite long-temps avant par iUarcgraalï et Pison , en sorte que depuis cette époque ou pensa généralement que c'était la même Plante qui , au Pérou et au Brésil, fournissait l'Ipécacuanha.
Cependant don Avellar Brotero , professeur de botanique à l'université de Coimbrc, en Portugal, fit connaître en 1800 , dans les Actes de la Société Linnéenne de Londres, la Plante qui, au Brésil , produit l'Ipécacuanha. Cette Plante, quoiqu'apr par tenant à la famille des tlubiacées, commcle Psychotria du Pérou, en est
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génériqucment différente ; il la nomma Callicocca Jpecacuanha. Ces travaux jetaient un grand jour sur l'histoire de ce médicament. Néanmoins , on tomba dans une nouvelle erreur en croyant que toutes les racines que le commerce nous fournissait sous le nom d'Ipécacuanha étaient celles du Psychotria ou du Callicocca. Ce fut pour détruiie cette opinion erronée que De Candollc publia, en îiioa , un Mémoire dans lequel il démontra nue , loin d'être uniquement produites par les deux seuls Végétaux décrits par Mutis.ct Brotero , les divers Ipécacunnhas provenaient d'un très-grand nombre de Plantes , de genres et de familles quelquefois fort éloignés.
Plusieurs observations publiées depuis cette époque, et en patticulier les faits nouveaux inséiés dans les Plantes usuelles des Brasilicns , que rédige Aug. Saint- ililaire, ont confirmé celte assertion de De Car.dolle. Nous croyons donc utile d'énumérer ici rapidement les diverses Plantes dont les racines ont reçu le nom d'Ipécacuanha.
Famille des Rubiacces. C'est à cette famille, déjà si intéressante par le grand nombre de médicamens importaus qu'elle fournit, qu'il faut d'abord rapporter les deux espèces réellement officinales, savoir : celles que nous désignons sous les noms d'Ipécacuanha annelê et d'Ipécacuanha strié. Outre ces deux espèces principales , cette famille nous offre encore plusieurs autres racines, employées sous le nom d'Ipécacuanha dans diverses contrées de l'Amérique méridionale. Ainsi , au rapport d'Auguste Saint -Hilaire , ou emploie dans diverses parties du Brésil , les racines du Spermacoce Poaya et du Spermacoce ferruginea ; celles du Richard sonia roseael du R icltan/so/iia scabra. Cette dernière a même beaucoup de rapports avec I Ipécacuanha aunelé; mais les anneaux qu'elle offre sont beaucoup plus larges que ceux de celte espèce , cl sa saveur est moins acre. Selon
Dandrada , on ferait également usage des racines du Psychotria herbacea.
Famille des Violariêes. Les Ipécacua.nb.as) fournis par les Plantes de celle famille , ont , en général , une couleur blanchâtre , et sonl beaucoup moins énergiques. L'espèce princi-
Çale est Y lonidium Ipecacuanha de cnlenat ou Pombalia deVandelli , à laquelle il faut réunir le V iola Itoubou d'A.ublct qui n'en est pas spécifiquement différent. Celte Plante croît à Cayenne. On la trouve également par intervalles sur le littoral du Brésil , depuis le fleuve des Amazones jusqu'au cap Frio ; maison ne la retrouve pas au midi de ce cap. Ces racines , employées fréquemment à Cayenne et au Brésil, sont d'un blanc pâle, cylindriques, allongées, quelquefois rameuses , grosses comme une plume à écrire , un peu tortueuses , offrant quelquefois des étranglemens et des intersections plus ou moins marquées. L'axe ligneux est en général plus épais que la couche corticale , et plus jaune; la cassure est assez nette, peu résineuse; son odeur est manifestoment heibacée et nauséeuse; sa saveur est comme amylacée, d'aljord faible , mais bientôt un peu amère , et surtout d'une arrêté remarquable.
Auguste Saint- Hilaire a fait connaître une espèce nouvelle qu'il nomme lonidium Poaya , et que les habitans des provinces intérieures du Brésil emploient pour. remplacer l'Ipécacuanha annelé. Ou peut en dire autant du f-'iola paivijlora de Linné fils, qui appartient au genre lonidium. On la désigne aussi au Pérou sous le nom d'Ipécacuanha blanc.
Celte propriété émétique des Violariêes exotiques se retrouve également dans les racines de nos Violettes indigènes, mais avec moins d'énergie.
Famille des slpocynées. Les genres de cette famille sont généralement remarquables par le suc blanc et laiteux qu'elles renferment, et qui leur donne des qualités Acres et plus ou moins irritantes; aussi plusieurs fournissent-elles des racines que l'on dé-
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signe , dans les pays où elles croissent, sous le nom d'Ipécacuanha.
Tels sont : i° le Cynanchum vomitofitirn de Lamarck ou le Cyn. Ipecacuanha de Willdenow, tftfî croît à Ceylan et à Java , et qu on cultive îi l'Ile-de-France; 2° le Cynanckurn Mauriiianuiii de Comnierson , aux îles de France et de Bourbon ; 3° le Cynanchtim lœvigatum de Relz , au Bengale ; 4° le Cynanchum tomentosum de Lamarck, dont les racines sont employées sous le nom d'Ipécacuanha dans les hôpitaux de Ceylan; ft° aux Indes-Orientales , on emploie aussi les racines du Feriploca emeti.ca de Retz; 6* enfin , aux Antilles, les racines de Yjlsclepias Curassavica , L., appelé Ipécacuanha blanc ou bâtard, et de plusieurs autres espèces du même genre, sont employées comme éméliques et désignées sous lé notn de faux Ipécacuanha brun.
Famille des Eup/iorbiacées. De même que les Apocynées , les Plantes de celte famille contiennent un suc laiteux d'une extrême âcreté, et la racine de plusieurs Euphorbes est employée comme émétique; telle est celle de VEuphorbia Ipécacuanha dans l'Amérique septentrionale, de VEuphorbia Tiruçalli de Linné, aux graudes Indes , etc.
Il nous serait facile de citer encore ici un grand nombre d'autres Végétaux dont les racines ont été employées comme succédanées de l'IpécacUanha ; mais un pareil développement nous entraînerait trop loin du but que nous nous proposons dans cet article qui ne doit avoir pour objet que les deux Ipécacuanhas du commerce ,1'annelé et le strié.
Dans le .commerce, on dislingue généralement deux espèces principales d'Ipécacuanha. L'une , beaucoup plus commune que l'autre et en quelqué sorte la seule que l'on emploie en grand en Europe , vient du Brésil. Elle offre les caractères sutvans : racines ordinairement de la grosseur d'une plume à écrire , allongées , irrégulièrement contournées et coudées, simples ou rameuses, (oi-
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mées de petits anneaux saillans , inégaux , très-rapprochés les uns des autres, ayant environ une ligne de hauteur, séparés par des enfoncemens circulaires moins larges, formées de deux parties , savoir : un axe ligneux plus ou moins grêle , et une couche corticale beaucoup plus épaisse. Ces racines sont lourdes , compactes , cassantes ; leur cassure est brunâtre, manifestement résineuse dans sa partie corticale; leur saveur est herbacée, un peu acre et amère ; leur odeur fpible , mais nauséabonde.
La seconde espèce vient généralement du Pérou. On ne la rencontre que rarement dans le commerce. Voiciquels sont ses caractères dislinctifs : racines cylindracées, le plus souvent simples, rarement rameuses, de la grosseur d'une plume à écrire , peu contournées, non rugueuses, offrant de distance en distance des espèces d'étranglemens ou d'intersections circulaires , profondes, éloignées les unes des autres ; épiderme d'un brun foncé, formant des stries longitudinales plus ou moins marquées; cassure brune, noirâtre, faiblement résineuse ; couche corticale moins friable , moins cassante que dans l'espèce précédente; odeur presque nulle; saveur fade, nullement amère, offrant à peine une légère âcreté , après une application long-temps prolongée.
Telles sont les deux espèces d'Ipécacuanha du commerce. On avait donné à la première, qui est la racine du Callicocca Ipécacuanha de Brotero , le nom d'Ipécacuanha gris, et à la seconde, que l'on retire du Psycholria emeti.ca de Mutis, celui d'Ipécacuanha brun ou noir. Mais nous avons fait voir , soit dans le Bulletin de la Société de la Faculté de Médecine de Paris , soit dans notre Dissertation sur l'Ipécacuanha du commerce, que le caractère tiré de la coloration extérieure ne saurait être employé avec avantage pour distinguer ces deux espèces, et qu'il était même la cause de nouvelles confusions Nous avons au contraire pro-
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posé de tirer les caractères distinctifs de ces deux espèces , de leur organisation qui est fort différente dans chacune d'elles , et qui n'offre aucune variation. Ainsi nous avons donné à la racine du Callicocca , qui est irrégulièrement contournée et formée de petits anneaux saillans et superposés , le nom A' Ipécacuanha annelé, èt celui d'Ipécacuanha strié aux racines du Fsychoti ia , qui n'offrent nullement ces anneaux , mais de simples élranglemens écartés les uns des autres, avec des stries longitudinales. Quant à la couleur des racines, elle n'est plus devenue qu'un simple caractère pour former des variétés dans ces deux espèces. Ainsi on distingue dans le commerce, deux espèces d'Ipécacuanha, Y annelé et le strié.
Cet Ipécacuanha annelé, comme nous l'avons dit précédemment , est fourni parle Callicocca Ipecacuan/ia de Hrotero. Mais nous ferons remarquer que le genre Callicocca , établi par Sclireber, est le même que le Cephœlis établi long-temps avant par Swartz. Le genre de Schrebcr ne doit donc pas être adopté , et c'est pour cette raison que dans les deux travaux cités précédemment, nous avons nommé Cephœlis Ipécacuanha l'Arbuste qui produit l'ipécacuanha annelé. ( f. pour sa description et celle du Pijc/iotria emetica, les mots CÉ-
l' H V 1 . 1 1 1 1; et PsYCIlOTlUE.)
Li'Ipécact/a/i/ià annelé présentetrois variétés principales de couleur , savoir : i° Ipécacuanha annelé BnuN :
c'est la plus commune et la plus abondante; c'est elle aussi qui paraît jouir des propriétés les plus énergiques. Son épiderme est d'un brun plus ou moins foncé, quelquefois même presque noir ; c'est dans cet état qu'on la désignait autrefois sous le nom île Fsychotria emetica , quand on croyait pouvoir distinguer ces deux espèces uniquement par la couleur. Mais son organisation prouve évidemment qu'elle n'est que la racincdii Cephœlis ; 2° Ipécacuanlia annelé c-ius : épiderme d'un gris blan-
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châtre , anneaux moins rapprochés , moins saillans. Cette variété n'est pas très-commune. Elle se trouve parfois mélangée avec la précédente; 5° Ipécacuanha annelé rouge. Elle est presque aussi commune dans le commerce que l'ipécacuanha annelé brun.
Son épiderme est d'un brun rougeàtre , couleur de rouille.
Quant aux Ipécacuanhas blancs , ils sont fort variables , et l'on a donné ce nom aux racines d'un grand nombre de Plantes ; telles sont : Ylonidium Ipécacuanha , V Ionidium parvijlorutn ^ le Cynanchum vomitoi iurn , et une foule d'autres. Mais ces es-
fièccs ne sont jimais répandues dans e commerce. Aussi est-il moins important de distinguer ces diverses racines les unes des autres.
Les Ipécacuanhas ont été, dans ces derniers temps, l'objet de travaux très-impoi tans de la part des chimistes. C'est à Pelletier que l'on doit une connaissance exacte des divers principes constituans de ces racines. Il y a trouvé : i° une matière grasse, huileuse , ti ès-odorante , d'une couleur brune, qui paraît communiquera cette racine son odeur et sa saveur nauséabondes; 2° une substance particulière, simple de sa nature, dans lauelle réside la propriété émétique es Ipécacuanhas , et à laquelle il a donné le nom à'Ernétine; 3° de la Cire Végétale ; 4e de la Gomme en assez grande quantité; 5° presque la moitié du poids total d'Amidon ; 6° du Ligneux ; 70 enfin, quelques traces d'Acide gallique.
L'Emétine ou le principe actif se trouve également dans l'ipécacuanha annelé et dans l'ipécacuanha strié.
Pelletier l'a trouvée dans les racines du Cynanchum vomitorium qu'il a analysées sous le nom de Viola emetica, et nous en avons nous-même constaté l'existence dans les racines de V Ionidium Ipecacuan/iaou Poaya branca du Brésil. Mais ce principe, n'existe pas en égale quantité dans ces quatre espèces d'Ipécacuanha.
Ainsi dans les racines du Cephœlis ou lpécacuauha annelé, on trouve dç.
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i4 à 16 pour cent d'Emétine; dans celles du Psychutiia ou Ipéeacuaiiha strie, on en trouve environ 8 pour cent; dans le Cynanchuin vomilorium , 5 pour cent ; et environ 3 pour cent dans les racines à'IonL/ium Ipecacuanha. Il résulte de-là nécessairement que l'Ipécaeuanha annelé mérite la préférence sur tous les autres puisqu'il renferme beaucoup plus du principe aelif.
,•• Disons quelques mots des propriétés médicales de l'Ipécaeuanha. Nous avons déjà dit que Marcgraaff et Pison lurent les premiers qui, vers le milieu du dix-septième siècle , firent connaître en Europe l'Ipécaeuanha , et signalèrent ses propriétés médicales principalement dans la diarrhée.
Malgré les éloges qu'ils prodiguèrent à cette nouvelle substance , son introduction fut lente et rencontra beaucoup d'obstacles. En 1672, un médecin, nommé Legras , qui avait fait trois fois le voyage d'Amérique, en l'apporta une certaine quantité d'Ipécacuaulia , qu'il déposa chez un pharmacien alors fort en vogue. Mais cçlui-ci l'ayant administre à des doses trop fortes, nuisit à son débit , plutôt qu'il ne servit à en répandre l'usage. L'ignorance du marchand et le peu de succès qu'il retira de l'administration du nouveau médicament, tournèrent en quelque sorte contre la substance elle-même , et les incrédules saisirent ce nouveau prétexte de douter de son efficacité.
Environ quatorze ans après ces essais infructueux, vers l'année 1686 , un négociant français, nommé Grenier, revenant d'Espagne, rapporta à Paris près de cen^ quarante livres d'Ipécacuanha. Pour favoriser la vente de celte substance , et en retirer plus d'avantages , il s'adjoignit Adrien Helvétius, médecin renommé de la ville de B.eims , qui se chargea d'en Eurveiller avec soin l'administration.
Les premiers essais d'Helvétius ayant eu des succès , il obtint de Louis XIV la permission de les continuer à l'Hôtel-Dieu de Paris, où , par de nombreuses expériences , il constata l'ef-
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ficacité de la racine du Brésil , surtout dans le traitement de la diarrhée.
Ce remède avait été tenu, secret jusqu'à ce moment. Le roi, voulant répandre dans la société les avantages qu'il offrait dans le traitement de plusieurs maladies, en fil l'acquisition, moyennant une somme d iligent considérable. Nous ne rapporterons pas ici les détails de la querelle qui s'éleva alors entre le marchand et le médecin, le premier voulant partager la récompense magnifique dont Louis XIV avait couronne les succès des tentatives d'Helvétius. Le Parlement et le Châtelet décidèrent qu'elle appartenait entièrement à celui dont l'habileté et les connaissances avaient pu mettre si avantageusement en usage une substance jusqu'alors dépréciée, et la venger en quelque sorte de l'oubli dpnt on avait voulu la couvrir dès son prigine. Ce fut depuis celle époque que l'usage de l'Ipécacuanli 1 fut introduit en France. Bientôt après il se répandit en Allemagne, en Angleterre , et dans les autres contrées de l'Europe.
L'Ipécaeuanha est un médicament extrêmement précieux et dont l'emploi est en quelque sorte journalier.
Son action cinétique est une de celles pour lesquelles on l'emploie le plus fréquemment. L'on peut donner ce médicament comme émélique, dans deuxintentions différentes : i° comme simplement évacuant ; 20 comme évacuant et dérivatif. Ainsi, par exemple , dans l'embarras gastrique , il agit simplement comme évacuant , en débarrassant l'estomac des matières bilieuses et muqueuses qui y sont amassées. Mais dans d'autres circonstances , sou action ne se borne pas à l'estomac. Ainsi l'on voit souvent des ophtalmies , des angines , des pneumonies et des pleurésies très-intenses céder comme par enchantement à l'administration d'un vomitif. La dose à laquelle ou administre la poudre d'Ipécacuanha comme émélique varie suivant l'âge, le sexe et le tempérament. Chez les enfaus très-
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jeunes , un seul grain suffit souvent pour produire d'abondans vomisseniens ; chez les jeunes sujels de huit à dix ans , la dose est de cinq à huit grains ; pour les jeunes gens et les l'emmcs on porte cette dose à quinze et dix-huit grains ; enfin , on eu donne vingt , vingt-cinq ou même trente grains aux sujels vigoureux etadultes.
Nous avons déjà dit précédemment que c'était à cause de l'action tonique qu'il exerce sur le canal intestin il , dans le cas de diarrhée chronique , que ce médicament avait d'abord été recommandé aux médecins européens par. Marcgraafl' et Pison. Depuis que son usage a élé introduit dans la thérapeutique , il a constamment justifié sa réputation dans le traitement de cette maladie. Mais on doit bien se garder de l'employer dans la dyssenterie , quand cette maladie est accompagnée de symptômes d'une irritation aiguë ; car nlorsil aggraveraitl'inflammalion de la muqueuse des gros intestins, au lieu d'y porter remède.
On a encore fait usage de ce médicament donné à petites doses souvent répétées clans la fièvre puerpérale, dans les rhumes ou catarrhes pulmonaires chroniques , etc. (A. n.)
IPÉCA- GUACU. ois. (Pison.) r.
Canard musqué.
IPËCU. ois. (Marcgraafl'.) V. Pic
NOIU HUPPÉ.
IPECUTIRI. ois. Espèce du genre Canard. F~. ce mot. (b.)
* IPMONE. Iphiuna. bot. phan.
Genre delà famille des Sy nanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L. , établi par H.
Cassini (Bullet.de laSociét. Philom., octobre 1817) qui lui a donné les caractères suivans : involuerc formé d'écaillés imbriquées ; réceptacle nu, planiuscule; calathide sans rayons,, composée de fleurons égaux , nombreux , réguliers et hermaphrodites; anthères munies d'appendices basilaircs; akènes cylindracés, hispides, surmontés d'une aigrette légèrement plumrusc. Les deux Plantes sur Ies-
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quelles ce genre a été constitué diffèrent entre elles par quelques caractères. L'une d'elles (/. punctata, Cass. ) est originaire de Galam en Afrique; la seconde (/. juniperifoiia,ll. Cass. , Dicl. , ou /. dubia , Cass. , Bullel. Philomat. ) croît en Egyple, aux environs du Caire. C'est le Conysa puiigens de Lamarck, le Chrysocuma mucronata de Forskahl , et le Stœhelina spinosa de Vahl.
* IPH1S. Ipliis. cnusT. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brach\ m es , tribu des Orbiculaires , établi par Leach et que Latreille n'a pas adopté (Fam. Natur. du Règne Anim. ); il le réunit (llègue Anim.
de Cuvier) au genre lxa de Leaçli (f. ce mol), dont il ne diffère que parce qu'il a, de chaque côté, une grosse et longue épiue transverse.
L'espèce qui servait de type à ce genre , est le Cancer septem-spinosus (Herbst , Cancr. T.. 1, tab. 20, fig.
na). y. Ixe et Leucosie. (g.)
* IPHTSE. bept. oph. Daudin a donné ce nom à une Couleuvre qui paraît être le Serpens siamensis de Séba , T/ies. 11 , tab. 34, fig. 5. (b.)
IPHYON. bot. phan. (Théophraste.)Syn. d'Asphodèle jaune. (b.)
IPO et UPAS. bot. pu an . Poison qui passe pour le plus violent de tous ceux que fournissent les Végétaux. Les voyageurs ont raconté des choses incroyables de sa violence; Leschenault, dans un Mémoire fort étendu sur les Plantes vénéneuses de Java (Ann. du Mus. T. xvi, p. 45g), a prouvé que ses cft'ets n'avaient pas besoin d'être exagérés pour être terribles. 11 a reconnu que les deux poisons employés, sous les noms d'Ipo et d'Dpas, par les habitans des archipels de l'Inde dans le but défendre leurs armes plus sûrement meurtrières, provenaient des ArbrcsdécritS' et figurés par lui (/oc. cit., pl. a3 et 22) sous les noms de Stryc/mus Tieutc et Antiaris toxicaria. (b.)
IPOMLE. Ipornœa. bot. phan.
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Genre de la famille des Convolvulacées, établi par Linné dans la Pentandrie Monogynie , très-voisin des Liserons ( Conuolfiilus ) dont il ne diffère que par des caractères d'une faible importance. Mais comme ce dernier genre est extrêmement nombreux en espèces , il est ulile de conserver Ylpohiœa , en convenant ue ses caractères distinclifs sont 'une très-faible valeur. Linné , en établissant ce genre , ne le distinguait des Liserons que par son stigmate capitulé et à trois lobes , et par sa corolle infundibulilbrme. Jussieu [Gen.
Plant.) oqnserve ce genre avec Je caractère de Linné; il ajoute que dans les Liserons les loges contiennent une ou deux graines , tandis qu'elles sont polyspermes dans leslpontœa.
Kimth ( in Humb. et BonpL. Non.
Gen., 3,p: 110) adopte le genre dont il s'agit ici , mais eu le circonscrivant d'une autre manière. Il y place toutes les espèces qui ont la corolle tubuleuse, infuudibuliforme , et les étamines saillantes au-dessus du tube de la corolle. Voici comment on peut le caractériser : le calice est monosépale , à cinq divisions profondes, nu et persistant. La corolle est monopélale , régulière , tubuleuse, infundibuliforme, ayant son limbe à cinq divisions plissées. Les étamines, au nombre de cinq , sont saillantes au-dessus du tube de la corolle. L'ovaire est libre , à deux ou trôis loges renfermant chacune deux ovules. Le Style est simple, saillant, terminé par deux ou trois stigmates globuleux et rapprochés les uns contre les autres. Le fruit est une capsule ordinairement globuleuse , en partie recouverte par le calice. Elle pffrë une, deux ou trois loges , avec une ou deux graines dans chacune d'elles.
Ce genre , ainsi caractérisé , se compose encore d'un très-grand nombre ^.'espèces. Ce sont des Plantes herbacées , annuelles ou vivaces , tantôt dressées et volubiles. Leurs feuilles jdternes sont entières , quelquefois lobées ou pinnatifides. Les Heurs sont
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quelquefois très-grandes etde couleur très-éelatante ; elles sont portées sur des pédoncules simples ou rameux qui naissent à l'aisselle des feuilles ou au sommet des ramifications de la tige. Plusieurs espèces de ce genre sont cultivées dans les jardins. Nous mentionnerons les suivantes :
Ipoiviée Quamoci.it , Iponiœa Quarnoclit , L. , Willd.,Sp. i, p. 879.
Cette espèce , que l'on désigne sous le nom vulgaire de Fleur du cardinal, est originaire de l'Inde. On la trouve aussi dans l'Amérique méridionale.
Elle s'est naturalisée aux îles de France et de Mascareigne. Elle est annuelle; sa tige est volubile, et ses feuilles sont pinnnlitides et découpées en lobes linéaires et presque sétacées. hes fleurs sont d'un rouge éclatant, portées sur des pédoncules biflores plus longs que les fleurs.
IroiiÉE Bonne-nuit ,IpomœaBonaiwx , L. , Cavan. , Icon. 3 , p. 5a , tab. 3oo. Cette belle espèce est également annuelle et volubile , mais ses feuilles sont entières , ovales , arrondies , acuminées aii sommet , échancrées en forme de cœur à leur base, et glabres. Les fleurs sont rouges , portées sur des pédoncules axillaires et multiflores plus longs que les feuilles. Elle est originaire de l'Amérique méridionale, (a- n-)
* IPOMERIA. bot. PHAN.Le genre ainsi nommé par Nuttal ( Gen. of nort/i Amer. Plants) est le même que l'Ipomopside. V. ce mot. (a. r.)
IPOMOPSIDE. Ipomopsis. bot.
phan. Genre établi par le professeur Richard dans la Flora Boreali-Jmericanade Michaux , vol. ier, p. î4i, pour Ylpomœa rubra , L. , et qui fait partie, non de la famille des Convolvulacées , mais bien de celle des Polémoniacées. Il ne se compose que 'd'une seule espèce, Ipomopsis elegans , Michx. , loc. cit. , et planches de ce Dictionnaire; Ipomœa rubra , L . ; Cantua coronopifol ia , Wi lld . , Sp. 1, 879. C'est une Plante vivace, dont la tige sous-fiutcscente et dressée s'élève à une hauteur d'environ
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deux pieds, et se ramifie beaucoup vers sa partie supérieure. Les feuilles sont alternes, sessiles , très-rapprochées , étalées , pinnatifides , à divisions écartées , étroites et presque linéaires. Les fleurs, qui sont d'un beau rouge, forment une sorte de panicule pyramidale à la partie supérieure de la tige ; elles sont d'abord dressées , puis pendantes. Leur calice est presque cylindrique, à cinq divisions peu profondes, dressées et aiguës; la corolle est monopétale , régulière , iuf'undibuliforme , ayant son limbe à ciuq divisions obtuses ou un peu acuminées. Les élamines, au nombre île cinq , sont inégales et légèrement saillantes. Leurs anthères sont globuleuses , à deux loges , s'ouvrant par un sillon longitudinal.
L'ovaire est allongé , assis sur un disque h^pogyne , aunulaire; il offre trois logis qui contiennent chacune de six à dix ovules insérés sur deux rangs alternatifs. Le style est simple,» saillant , terminé par un stigmate à trois divisions linéaires recourbées en dessous. Le fruit est une capsule ovoïde , allongée , à trois côtes , terminée supérieurement par une pointe formée par le style. Cette capsule , qui est enveloppée par le calice persistant, offre trois loges contenant chacune de six à dix graines insérées sur deux rangées à l'angle interne , et portant une pointe à leur sommet.
Les graines sont irrégulièrement cubiques , attachées par le milieu d'une de leurs faces. L'embryon est droit , placé transversalement au bile, au milieu d'un endosperme un peu corué. La radicule est assez longue, conique; les deux cotylédons sont obtus, planes, et nullement chiffonnés.
Ce genre est évidemment distinct des Ipomées , puisqu'il n'appartient pas à la famille des Convolvulacées.
Il diffère du Cantua dont il se rapproche par son calice urcéolé , ses graines qui ne sont pas membraneuses , et par son poi l. (a. n.)
*IPOTARAGUAPIN\ bot. piian.
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Lcefliug a cité sous ce nom un Arbrisseau de l'Amérique méridionale, dont il n'a décrit que le fruit qui se compose d'une noix à deux loges monospermes, recouvertes par un brou un peu allongé. Les feuilles opposées de cet Arbrisseau , ses épines également opposées et axillaires , ses stipules inlei médianes , et ses fruits pédoncules, axillaires , ont fait supposer que c'était une Rubiacée voisine du genre Cantkium. (g..N.)
IPREAU. bot. phan. Espèce du genre Peuplier, f. ce mot. (b.)
IPS. Ips. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères , section des Pentamères , famille des Clavicornes, tribu des Peltoïdes (Latr., Fam. Nalur.
du Règne Anim.), ayant pour caractères : élytres tronquées ; tarses à articles allongés et grêles ; massue des antennes étroite; extrémité postérieure dd l'abdomen nue. Ce genre a subi un grand nombre de changemens , et il n'en est pas un dont la synonymie soit aussi embrouillée.
Mous allons laisser parler Lalreille à ce sujet. On désignait anciennement, sous le nom d'ips , dit ce savant , des Insectes qui rongent la corne et le bois. Degéer, en 1775 , appliqua cette dénomination à un genre de Coléoptères , qu'il détacha de celui des Dermestes de Liuné , et très-voisin de celui des Scolites de Geoffroy. Fabricius , dans son Manlhsa Insecturum, comprit sous le nom générique d'ips , nos Milidules à forme oblongue, nos Dacués, des Tritomes de Geoffroy, ou des Mycétophagcs et d'autres Coléoptères analogues. Les Ips de Degéer devinrent pour lui des Bostriches.
Olivier les réunit aux Scolites, et sonr genre Ips fut composé de quelques Coléoptères désignés ainsi par Rossi^ et de quelques Dermestes de Linné ; il le plaça dans la section des Pentamères ; mais plusieurs espècesqu'il y rapporta appartiennent à d'autres sections. Fabricius ensuite (Actes de la Soc. d'Hist. Natur. de Paris y Enlom. Systcmal.) le divisa en plusieurs genres , niais sans presque rien-
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changer à la coupe qu'il avait ainsi nommée, et à laquelle il conserva la même dénomination. Herbst , dans yon ouvrage sur le.-» Coléoptères, éclaircit encore ce sujet par l'établissement de quelques autres genres et par la description de plusieurs espèces inédites. Payku'l {Tfiun. Suec.) forma avec les Ips de Fabricius, le genre Engis (Dacne), et plaça dans la seconde division de celui des Cryptopliages d'Herbst , nos Ips proprement dits, Insectes qu'il avait auparavant confondus avec les Derinestes.
Fabricius enfin, dans un ouvrage postérieur {Syst. Elsitt/i.), adopta le genre Engis, et réunit les Cryplophages du précédent, soit aux Mycétophages, soitaux Dcrmestes. Les Ips , tels qu'ils son t adoptés par Latreille, se distinguent des Dacnés et des Byturcs {V. ces mots), par les élytres qui recouvrent tout l'abdomen dans ceuxci cl qui sont arrondies postérieurement; ils diffèrent des JNitidules et des autres genres voisins , par des caractères de la même valeur. Ce sont, en général , de petits Insectes qui se trouvent sous les ccorces des Arbres, sur le bois et même dans nos habitations ou on les voit courir, dans toutes les saisons de l'année , sur les châssis et les vitres de nos fenêtres.
Leurs larves , qui vivent probablement dans le bois, sont inconnues.
L'espèce qui sert de type à ce genre et qui sa trouve le plus communément à Paris , est :
L'Irs cellerier, Ips cellaris , Oliv .
(Entom., t. 2, n° 18, pl. 1, f. 5, a-b); Derinestes cellaris , Scopoli ; le Dermeste du fumier, Geoffroy; Cryptophagits cellaris, Payk.; Cryp.'op/ingus crenatus , Herbst.; Derinestes fungorum, Panz. (Faun. Ins. Gerin., fasc.
3g, fig. i4). H est très-petit , d'un brun fauve, pubescent, pointillé avec deux dents de chaque côté du corselet. (G.)
IPSIDA. bot. ni an. Double emploi d'Ispida dans. le Dictionnaire de Détervillc. V. ce mot. (b.)
1PSIDES. Ipsides. iNs.Divisioncta-