‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource]Chapitre 184 sur 232 · V. ce mot · texte numérisé non relu

V. ce mot

La LivÊche commune , Ligusticum Levisticum , L. , a été placée parmi les Jngelica par Allioni , Lamarck et De Candolle. Les autres espèces naissent dans les pays montueux de l'Europe méridionale. (g.. H.)

LIVIE. Livia. ins. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Homoplères, famille des Hyménélytres, tribu des Psyllides , établi par Latreille aux dépens du genre Psylle de Geoffioy , et ayant pour caractères :

antennes de dix articles, très-grosses à leur base ; tête cariée et allongée ; premier segment du corselet très-distinct. Ces Insectes ressemblent beaucoup aux Psylles ; mais ils en diffèrent par les antennes qui sout d'une même venue dans ces derniers, par la tête qui est courte et par le premier segment du corselet qui est petit et peu distinct; ils s'éloignent des Pucerons, parce que ceux-ci n'ont que six à sept articles aux antennes et des Th.rips qui ont huit articles à ces mêmes antennes. Les antennes d^s Livics sont de la longueur

des deux tiers du corps ; elles sont insérées au-devant des yeux dans une éehancrure latérale; les trois premiers articles sont, très-grands et les sui vans gi enus , très serrés etdifliciles à distinguer ; le dernier est termiué par deux soies divergentes dont l'inférieure plus courte. La tête est grande , aplatie et carrée avec un enfoncement longitudinal et profond au milieu. Les yeux sont grands et placés sur les côtés ; on voit derrière chacun d'euv un petit œil lisse. Le dessous de la tête e3t creux dans tout le milieu de sa longueur. Le corselet est grand, peu convexe; le premier segmenl est court , transversal ; l'écusson est triangulaire et obtus. Les élytres sont un peu coriaces, en toit assez aigu ; elles sont marquées de deux nervures principales, épaissies à l'aDgle externe de la base el dilatées au bord extérieur qui est fort arqué.

L'abdomen est conique ; son extrémité est munie, dans les femelles, d'une tarière logée entre deux pointes coniques; les pales sont courtes et grosses. Les femelles déposent leurs œufs, qui sont peu nombreux , ovales et asse^ grands , dans les boutons des fleurs du Joncarticulé ; ce qui produit une monstruosité qui a la forme d'une balle de Graminée très-grande. La larve et les n\mphes ressemblent, quant à la figure , à celles des Psylles du Figuier. Elles sont oblongues , fort obtuses aux deux extrémités et très- déprimées ; les antennes sont très-apparentes, annelées et coniques.

Les larves ne diffèrent des nymphes que parce qu'elles n'ont pas les rudiniens d'élytres decelles-ci. Leur démarche, sous ces deux états ,est lourde et leute; elles demeurent constamment enfermées dans l'intérieur des galles qu'elles ont produites sur le Jonc, se nourrissent du suc de l cette Plante, et rendent par l'anus une matière farineuse , très-blanche, ft au milieu de laquelle elles semblent t; prendre plaisir à vivre. L'Insecte l parfait s'y tient aussi fort tranquil- ]j lement et saute, de même que les Psylles , plus qu'il ne marche. La

LIY

scule espèce connue de ce "enre est :

La Liviedes Joncs , L. Juncorurn , haïr. [Gêner. Crust. et Ins. T. m, p.

170 ), Psylla Juncorurn , ibiii. ( Hist. Nat. des Fourmis, p. 5*2 , pl. 12, fig. 3). Elle a un peu plus d'une ligne de long; ses antennes ont les trois premiers articles rouges , les suivans blancs et les deux derniers noirs ; la tête est rouge ; le corselet est rougeâtre; les élytres sont transparentes et les ailes d'un blanc bleuâtre; l'abdomen est rougeâtrc à sa naissance , jaune à la fin ; la tarière esl noire et les pâtes d'un blanc jaunâtre. Cet Insecte fréquente les lieux marécageux des environs de Paris et de plusieurs parties de la France. (g.)

LIVISTONE. Liuistona. bot.

niAN. Dans son Prodromus Florœ !\ovœ Hollandiœ , p. 267 , R. Brown ;i fondé ce genre de la famille des Palmiers et de rHexandrie Monogynie , L., et lui a assigné les caractères suivans : fleurs hermaphrodites; périanlhe double, l'un et l'autre tiipartites ; six étaminesdonl les filets sont distincts et dilatés à la base; trois ovaires cobéiens par leur face intérieure , sui montés de styles réunis et d'un stigmate indivis ; baie monosperme (unique par avortement de deux ovaires) ; albumeu creux dans son centre; embryon dorsal. Ce genre doit être placé, selon II. Brown, entre le Corypha et le Charnœrups.

Les deux espèces qui le constituent sont : i° Liuistona inermis , Palmier élevé de six à douze mètres , et dont les stipes sont dépourvus d'épines.

3°. L. hurnilis , qui ne s'élève qu'à un ou deux mètres , et dont les troncs sont épineux. Ces deux Palmiers croissent dans les contrées intertropicales de la Nouvelle -Hollande.

Leurs frondes sont palmées, à pinnules bifides et séparées par des filame'ns. R. Brown indique en outre comme appartenant à ce genre le Latania c/tinensis , Jacq. ( Frugm.

Bot. , p. 16, t. 11, f. l). (G..N.)

LIVON. moix. Le Turbo Pica de Linné et de Lamarck a été ainsi noni-

UV 469 mé par Adanson ( Voy. au Sénég., pl.

12, fig. 7)- Turbo. (d..h.)

* LIVONÈCE. Liuoneca. crust.

C'est un des genres que Leaeh a établis avec tant de prodigalité dans la famille des Cjinothoadés et que Latreille n'a pas adopté. V. Cymotiioades. (g)

* LIVOT. ois. L'un des noms vulgaires de la Buse. V. Faucon, (b.)

LIVRE, bot. phan. Grosse variété de Poires acerbes qui ne se mangent que cuites. (b.)

LIVRÉE, mam. On nomme ainsi une disposition particulière des couleursdu pelagechezplusieurs Mammifères dans leur jeuneâge, comme chez les Lionceaux, les jeunes Tapirs et les Faons de la plupart des Cerfs. Les couleurs d'un jeune Animal en livrée 1 appellent constamment celles que présentent d'une manière permanente d'autres espèces du même genre; et on pourrait même pour celles-ci, au lieu de dire, comme on le fait ordinairement, qu'elles n'ont pas de Livrée dans leur jeune âge, admettre qu'elles la conservent pendant toute la durée de leur vie. Cette remarque peut servira expliquer, pour certains cas , comment deux espèces très-voisines peuvent différer beaucoup sous le rapport de leur pelage , quoique ordinairement toutes les espèces d uu même genre naturel aient un système de coloration analogue. F. Mammifères, (is. g. st.-h.)

LIVRÉE, moll. Nom vulgaire de l'Hélix nemoratis , l'une des Coquilles les plus communes des campagnes de la France. (b.)

LIVRÉE, ins. Les amateurs et les jardiniers donnent ce nom à la chenille du Bombyx Neustria. Elle se nourrit des feuilles de divers Arbres fruitiers. (g.)

LIVRÉE D'ANCRE, ins. Geoffroy donne ce nom à l'Insecte que Fabricius décrit sous le nom de Trichius fasciatus. F. Tbichtu. (g.)

* LIVRET, bot. i'iian. F. Liber.

47o LIX

LIXE. Lixus. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères , section des Tétramères , famille des Rhyncliophores , tribu des Charansonites , établi par Fabricius, et ayant pour caractères : pénultième article des tarses bilobé ; antennes coudées, insérées près du milieu d'un avancement antérieur et en forme de trompe delà tête, composées de onze articles dont les quatre derniers au moins composent une massue allongée et en fuseau. Ceslnsectes s'éloignent des Brentes , des Atlelabes, des Rhynchênes et des Charansons proprement dits par des caractères tirés des antennes, de la forme du corps et des pales. Ils ont, en général , une forme allongée, rétrécie aux deux extrémités; leur corps est souvent couvert de petites écailles ou d'un duvet grisâtre ou cendré. La Irompe est assez longue et avancée ; les élytres sont très-dures , pointues au bout ; les tarses sont terminés par des ongles robustes au moyen desquels ils s'accrochent fortement aux doigts lorsqu'on les saisit ; ils vivent ordinairement sur les Plantes de la famille des Composées , comme les Jacées, les Chardons et autres. Ils marchent trèslentement. D'après Léon Dufour , l'appareil digestif des Lixes débute dans l'arrière-bouche, par deux vaisseaux salivaires d'une ténuité capillaire , flexueux , repliés et assez longs. Le canal alimentaire a près de trois fois la longueur du corps ; l'œsophage est grêle, suivi d'un jabot ellipsoïde d'une consistance presque calleuse parcourue à l'intérieur par huit colonnes composées de soies imbriquées et destinées à broyer encore les alimens. Le ventricule chylifiqué , d'abord dilaté et boursouflé , devient cylindrique, comme un intestin , se replie et s'enfle de nouveau, et peu avant l'insertion des vaisseaux hépatiques , on voit un espace hérissé de papilles. L'intestin grêle est long, flexueux ou replié; il se dilate en un cœcum allongé, terminé par un rectum filiforme. La larve d'une espèce de notre pays a été observée par De-

géef . C'est celte espèce que Linné a nommée Curculio paraplec/icus,-pa\ce qu'il croyait que celte larve étant mangée par les Chevaux avec la Plante <îans Inquelle elle se nourrit , leur donnait la maladie appelée paraplégie, et que les Suédois nomment Staikra, comme la Piaule. C'est dans l'intérieur des tiges delà Phellandrie aquatique , Ombellifère qui croît dans les marais , que vit celte larve ; elle se nourrit de la moelle qui se trouve dans la partie submergée de ces tiges; elle est longue d'environ sept lignes ; toute blanche, avec la tête écadleuse et d'un brun jaunâtre ; la bouche est garnie de très-petits poils et composée de deux mandibules cornées, fortes et très-pointues ; de deux petites lèvres, de deux mâchoires et dequatre palpes; cette larve se transforme en nymphe au commencement de juillet; celle-ci est nue, sans coque et de la même couleur que la larve; les élytres et les pâtes sont appliquées sur les côtés, et la trompe est courbée sous la poitrine; elle vit toujours dans la tige, et quand elle est prête à se transformer en Insecte parfait , elle remonte toujours dans cette tige, au-dessus du niveau de l'eau , la ronge en partie avec les dents et fait une ouverture ovale qui lui sert de passage. Dejean ^'Cat. des Col., p.

97) mentionne vingt et une espèces de Lixes; celle qui est la plus commune à Paris, et dont nous venons de donner l'histoire, est:

Le LlXE PARAPLECTIQUE , JL. pd-

raplecticus , Fabr. , Oliv (Col. T. v, n. 85 , pl. 21 , fig. 2ggy. I' est l°n? ^e plus de six lignes , noirâtre , couvert d'un duvet court, serré, d'un jaune gris ; trompe mince , cylindrique , de la longueur du corselet; élytres terminées chacune par une pointe aiguë; cuisses simples. Cette espèce sctiouve à Paris; parmi les autres espèces de ce genre d y en a une qui a reçu le nom de Lixus odo/i/a/gicus , parce qu'on lui a attribué une vertu odontalgique. Fr. , pour les autres espèces , Lalreille , Olivier, Fabricius , etc. (&•)

LOA

* LIZARI. BOT. PIIAN. V. Ezaiu.

LLAGUNOA. bot. than. P'. La-

GUNOA.

LLAMA. MÀM. D'où , par corruption , Lama. Espèce du genre Chameau, y . ce mot. (b.)

* LLAVEA. bot. crypt. {Fougères.) Lagasca (Gen. et Spec. , p. 55; a donné ce nom à un nouveau genre qu'il a ainsi caractérisé : fructifications en forme de pointes ou de pelites lignes obliques sur la nervure, recouvertes entièrement dans leur jeunesse par un induré membraneux, continu , qui s'ouvre de dedans en dehors ; capsules pédiccllées, munies d'un anneau qui se détache avec élasticité. Ce genre, qui a beaucoup de rapport avec l' Asplenium , ne se compose que d'une seule espèce indigène de l'Amérique méridionale et a laquelle Lagasca a donné le nom de Llavea cordifolia. (g..n.)

LLITHI. bot. piiav. (Feuillée.) Nom de pays du Latirus caustica , Willd. Arbre du Chili qui n'appartient peut-être pas au genre dans lequel on l'a placé. (B.)

LLOQCI. bot. puas. Nom de pays du Piudéa de la Flore du Pérou, (b.)

* LLORENTEA. bot. phan. r.

Lokentea. (b.)

* LLUZ. pois. (Delaroche.) Syn.

de Gadus Mcrlucius , L. , aux îles Baléares. V. Gade. (u.)

* LO. mam. Syu. de Lynx. C'est le Los des Danois. P~. Chat. (b.)

LOASA. Loasa. bot. piian. Genre établi par Adanson, d'abord placé dans la famille des Onagres , mais dont Jussieu a fait le type d'un ordre naturel nouveau qu'il a nommé Loasées. V. ce mot. Les caractères du Loasa sont les suivans : ce sont des Plantes herbacées, rameuses, ayant beaucoup de ressemblance dans leur port avec les Bryones , ordinairement couvertes depods très-cuisans. Leur tige est volubilc ou sarmenteuse ; leurs feuilles alternes ou opposées, dentées ou incisées, et partagées en

LOA 47i

lobes plus ou moins profonds et quelquefois pinnalifides. Les Heurs sont portées sur des pédoncules qui oilreut en quelque sorte toutes les positions, c'est-à-dire qui sont tantôt uxillaircs, tantôt terminaux, latéraux ou opposés aux feuilles. Ces fleurs , qui sont jaunes ou d'un rouge pâle, sont solitaires ou réunies eu grappes pauci flores. Leur calice adhérent avec l'ovaire infère a cinq lobes profonds et égaux. La corolle ss compose de cinq [létales onguiculés , concaves , égaux, étalés, attachés au limbe du calice. En dedans do la corolle sont cinq écailles dressées, alternes avec les pétales , et offrant h leur sommet deux ou trois lobes. Les étamines sont fort nombreuses; dix d'entre elles plus extérieures, stériles cl dépourvues d'anthères, sont placées par paires en face de chaque écaille; les autres, plus courtes, sont disposées en cinq faisceaux opposés aux pétales. Les anthères sont dressées , à deux loges s'ouvrant par un sillon longitudinal. L'ovaire est infère, à une seule loge, contenant trois trophospermes pariétaux. Le style est droit, divisé à son sommet en trois branches rapprochées. Le fruit est une capsule oblonguc, couronnée par le limbe du calice, offrant une seule loge polysperme et dont les graines sont attachées à trois trophospermes longitudinaux qui correspondent aux sutures. Cette capsule s'ouvre par son sommet en trois valves.

Les graines qu'elle renferme sont très-nombreuses et fortpeliles, ayant un tégument lâche et réticulé à l'extérieur, mince et membraneux intérieurement. Elles contiennent, au milieu d'un endosperme charnu , un embryon presque cylindrique dont la radicule est tournée vers le bile.

Toutes les espèces de ce genre sont originaires de l'Amérique méridionale et particulièrement du Pérou, Linné n'en a décrit qu'une seule , Luasa hispirta. Lamarck , dans le Dictionnaire de Botanique de l'Eucyclopédie Méthodique , en a fait connaître cinq espèces non-

472 LOA

velles qui lui avaient été communiquées par Jussieu. Ce dernier botaniste, dans le cinquième volume des Annales du Muséum, p. 25 , donne une petite Monographie de ce genre dont il porte les espèces au nombre de douze. Enfin , le professeur Kunth [iiiHumb. Nov. Gêner. 6, p. n5) en décrit quatre espèces nouvelles, dont trois originaires du Pérou , et une seule de la Nouvelle-Grenade, (a. r.)

LOASEES. Loaseœ. bot. phan.

Le professeur Jussieu , dans le cinquième volume des Annales du Muséum d'Histoire Naturelle deParis, a proposé d'établir une famille particulière pour les genres Loasa et Menizelia. Cette famille a été adoptée par Kunlh [in Hurnb. Nov. Gêner. 5, p. n3)quiya réuni les genres Turnera de Linné, Piriqueta d'Aublet et un genre nouveau qu'il nomme Klaprothia. Voici quels sont les caractères de la famille des Loasées:le calice est monosépale, tubuleux , libre ou adhérent avec l'ovaire infère; son limbe est à cinq divisions ; la corolle se compose de cinq pétales léguliers, planes ou concaves, quelquefois plus petits que les lobes du calice ; la gorge du calice est garnie de cinq écailles ou d'un bord membraneux et découpé qui manque dans quelques genres. Les étamines sont généralement trè=-nombreuses, quelquefois en même nombre que les pétales ) assez souvent les plus extérieures sont plus grandes; elles sont insérées au calice; les anthères sont allongées, inlrorses, à deux loges s'ouvranl par un sillon longitudinal:

l'ovaire est libre ou infère, à une seule loge offrant intérieurement trois trophospermes longitudinaux , quelquefois saillans en forme de cloisons et portant plusieurs ovules périlropes ou suspendus. Cet ovaire est surmonté de trois longs styles grêles, quelquefois réunis et soudés en un seul , et terminéschacun par un stigmate simple ou sous forme de pinceau. Le fruit est une capsulecouronnée par les lobes du calice , quand

LOA

l'ovaire était infère, nue, quand il était libre et supère; uniloculaire , à trois trophospermes longitudinaux, correspondant au milieu de la face interne des valves dans tous les genres, excepté dans lë LoasaouWs sont placés vis-à-vis les sutures. Celte capsule s'ouvre par son sommet seulement en trois valves incomplètes.

Les graines sont très-nombreuses , péritropes ou pendantes. Dans le genre Turnera, elles sont accompagnées d'un arille membraneux , incomplet et unilatéral, que nous n'avons point observé dans les autres genres; leur tégument propre est généralement réticulé ; il renferme au centre d'un endosperme charnu, un embryon ayant la mêmedireclion que la graine , c'est-à-dire dont le bout de la radicule est tourné vers le bile.

Les Loasées sont des Herbes rameuses , souvent couvertes de poils hispides et dont la piqûre est brûlante comme celje des Orties; leurs feuilles sont éparses ou opposées , entières ou diversement lobées ; leurs fleurs, assez souvent jaunes et grandes, sont tantôt solitaires, tantôt diversement groupées. Cette famille, qui ne se compose que d'un petit nombre de genres, a été divisée par Kunth {in Humb. Nov. Gêner. 5 , p.

n 5) en deux sections caractérisées de la manière suivante:

§ I. Loasées vraies.

Etamines indéfinies; ovaire adhérent avec le calice; trophospermes placés devant les sutures du péricarpe :

Loasa , Adans. , L. ; Menizelia , L. ; Klaprothia , Kunlh.

§ II. Turnéracçes.

Etamines définies ; ovaire libre ; trophospermes placés sur le milieu de la face interne des valves; graines arillées :

Turnera , L. ; Piriqueta , Aublet.

Il n'est pas très-facile de déterminer la place que les Loasées doivent occuper dans la série des ordres naturels ; voici ce que dit à cet égard le

LOB

célèbre botaniste à qui l'on en doit la formation. Cette famille se rapproche des Onagraires , mais en diffère par des caractères tranchés , et surtout par ceux tirés de son ovaire et de son fruit. Elle a, comme les Myrlées , des étamines nombreuses et un seul style; mais elle en est distinguée par son port et la structure de son fruit ; sa corolle polypétale , ses étamines nombreuses et son fruit uniloculaire l'éloiguent des Campanulacées qui sont monopétales , multiloculaires et à étamines définies. On ne peut la rapprocher des Cucurbitacées quoique celles-ci aient des graines également attachées à des trophospermes pariétaux , puisqu'elles ont ne plus des fleurs à sexes séparés, sans pétales, et des étamines trespgu nombreuses. Si on la compare enfin avec les Nopalées ou Cactées , on trouvera peut-êlre une affinité plus caractérisée par ce .style et cette loge uniques, et par l'adhérence des graines ou des placentas qui les portent aux parois du fruit. Ce rapport se fortifiera par l'examen comparatif de la fleur du Loaza avec celle du Cactus Pe reskia dans laquelle on trouve une conformation extérieuie presque semblable , deux espèces de pétales et des étamines nombreuses qui ont la même structure, (a. r.)

* LOBAC bot. phan. On ne sait positivement à quel Végétal appartient cette racine des Philippines citée par Camclli comme ua excellent antidote contre le venin des Serpens.

Jussicu pense que ce peut être l'Ophioxylum. (b.)

LOBARIA. bot. crypt. (Lic/iens.) Hoffmann a créé ce genre dans ses Plantes lichénoïdes pour la presque totalité des Lichens membraneux et lbliacés placés depuis , par Acharius ( Lichenograpli. univ. ) , dans les Cornicularia, Imùricaria, PAjscia, Platisma et Lubaria , subdivisions du genre Lichen tel qu'il avaitété partagé d'abord dans son Prodromus. De Caudolle a établi , à l'aide de ces sections , autant de genres distincts , qui n'ont

LOB 47$

point élé adoptés. La méthode des Lichens avait conservé un genre Lobaria qui n'est pas le même que celui d'Hoffmann. Il ne comprend qu'un petit nombre d'espèces à folioles coriaces , membraneuses , libres , lobées , à lobes larges , arrondis , hérissés en dessous , fructifères , à scutelles éparses , sous-sessiles. De Candolle a conservé ce genre qu'on ne retrouve plus dans la Lichénographie universelle ni dans le Synopsis.

Des cinq espèces qui figurent dans la Flore Française, trois ont été réunies aux Stictes; ce sont les Lobaria herbacea , pulmonaria et scrobiculata , et deux se retrouvent parmi les Parmélies , sous les mêmes noms spécifiques; ce sont les Lobaria perlata et glomulifera. V. Parmelie et Sticte. (a. f.)

LOBE et LOBÉ. Lobus, Lobaius.

bot. phan. Une feuille , une corolle , un pé'ale et en général un organe plane quelconque est appelé lobé quand il est partagé par des sinus plus ou moins profonds, en un certain nombre de divisions qu'on nomme des Lobes ; ainsi on dit feuille bilobée , trilobée, multilobée. On a également donné le nom de Lobes ou feuilles séminales aux coiylédons de l'embryon. C'est dans ce sens qu'on dit embryon unilobé ou bilobé. (a. h.)

LOBELI A. bot. phan. F~. Lobélie.

LOBËLIACËES. Lobeliaceœ. bot.

FtiAN . A l'article Campanulacées, nous avons déjà dit que le groupe de N égétaux établi sous le nom de Lobéliacées nous paraissait devoir demeurer réuni aux Campanulacées. f.

ce mot. (a. r.)

LOBELIE. Lobelia. bot. phan.

Genre de la famille des Campanulacées , section des Lobéliacées, composé d'un nombre très - considérable d'espèces qui croissent dans presque toutes les parties du globe , mais plus spécialement dans l'Amérique méridionale et le ca p de Bonne-Espérance.

Ce sont des Plantes herbacées , annuelles ou plus souvent vivaecs , ou

474 LOB

des Arbustes portant des feuilles simples, alternes, dentées; des fleurs bleues , blanches ou rouges, disposées en grappes terminales ou quelquefois solitaires et axTillair'es. Presque toutes les espècesde Lobélies sont lactescentes, ainsi qu'on le remarque dans un grand nombre d'autres Plantes de la famille des Campanulaeées. Plusieurs sont extrêmement acres et vénéneuses. Les caractères de ee genre sont les suivans : le calice est adhérent avec l'ovaire infère; son limbe est à cinq divisions égales. La corolle est monopétale, irrégulière, tubuleuse; son limbe est à cinq lobes inégaux, disposés eu deux lèvres :

l'une supérieure , formée de deux divisions; l'autre inférieure, de trois divisions. Les étamines, au nombre de cinq , sont réunies entre elles par les filets et les anthères, et forment un tube généralement saillant, terminé par des poils, et au travers duquel liassent le style et le stigmate ; celuici est généralement bilobé. Le fruit est une capsule , libre seulement par sa partie supérieure , couronnée par les lobes calicinaux, offrant une, deux ou rarement trois loges polyspermes ets'ouvrant par son sommet en deux valves septifères sur le milieu de leur face interne. Nous allons donner ici la description de quelquesunes des espèces les plus remarquables, soit par la beauté de leurs fleurs qui les a fait introduire dans nos jardins , soit par leurs usages et leurs propriétés. Nous ferons seulement remarquer ici que sur plus de cent espèces qui composent ce genre , trois seulement croissent en Europe, savoir : Lobelia Dortmanna , dans les marais du Nord, mais qui a été trouvée jusque dans l'étang drCazaudansl'Aquiianie par Bory de Saint-Vincent.

V. Landes. Lobelia urens , dans les régions moyennes , et L. laurentia , en Italie et dans le midi de l'Espagne.

Lobéltl cardinale , Lobelia cardinalis , L Cette espèce , qui est originaire de la Virginie, est herbacée et vivace. Sa tige , qui est simple , s'élève à une hauteur de deux à trois

LOB

pieds et porte des feuilles ovales-Iaucéolées , aiguës et sessiles. Ses fleurs , qui sont grandes et d'une belle couleurécarlate, forment à la partie supérieure de la tige un épi de huit à douze pouces de longueur. Celte belle espèce est aujourd hui fort commune dans les jardins. Elle peut passer l'hiver en pleine terre , en ayant soin de la couvrir; mais néanmoins il est plus prudent de la rentrer dans l'orangerie. Il faut, pour cette espèce 7 un terre franche et légère. On la multiplie facilement de graines, de boutures au printemps ou d'éclats en automne.

Lobélie Éclatante , Lobelia fuigens, Bonpl. , Pl. Nav. et Malm. T.

vu. Cette espèce , l'une des plus belles dè ce genre , a été trouvée près de Valladolid, au Mexique, par Huraboldt et Bonpland. Sa tige est simple, dressée , cylindrique, purpurescente et un peu velue ; ses feuilles sessiles , lancéolées, aiguës, irrégulièrement dentées et légèrement velues; ses fleurs grandes , disposées en un long épi et du pourpre le plus pur et le plus intense. La Lobélie éclatante est aujourd'hui assez commune ; elle doit être rentrée en orangerie pendant l'hiver.

Lobélte a longues fleurs , Lobelia longiflora, L. , Jacq. , Hort.

Find.,l. 27. Celte espèce est annuelle et croît dans presque toutes les Antilles. Sa tige est rameuse, haute d'environ un pied, velue et un peu rude; ses feuilles sont lancéolées, velues à leur face inférieure, profondément et irrégulièrement dentées.

Les fleurs, solitaires à l'aisselle des feuilles, sont blanches. Leur tube, long de trois à quatre pouces , se termine par un limbe ouvert , à cinq divisions inégales. La Lobélie à longues fleurs, que l'on cultive quelquefois ici dans les serres, est extrêmement vénéneuse. Son suc est très-âcre et caustique.

Lobélie Tupa , Lobelia Tupa , L.

Originaire de la côte occidentale de l'Amérique méridionale , celte espèce a sa tige dressée , haute de cinq à six

LOB

'oicds , rameuse , portant des feuilles oessilcs et un peu aécurrentes, ovalessancéolées, aiguës, légèrement cotonneuses et blanchâtres. Ses fleurs, jpji forment un long épi terminal , «ont d'un rouge vif , longues d'environ ileux pouces. Celte cspèceest l'une des ;olus vénéucusesdu genre. Toutes ses pparties sont remplies d'un suc Liane »3t laileux d'une extrême àcrelé. Son wdeur seule , suivant plusieurs voyageurs, suffit pour provoquer le vonmissement.

Lobélie syphilitique , Lobe/ia isyphilitica , L., Rich., Bot. Méd., 1 , fp. 346. Originaire des forêts de l'Aunérique septentrionale , cette Lobélie [présente une lige herbacée, simple, daroile, haute d'environ deux pieds , aanguleuse, velue , surtout inlérieurrement; ses feuilles sont alternes , ssessiles, rapprochées , lancéolées, aaiguës, légèiement pubescenles , irrégulièrement dentées , et un peu sirnueuses sur les bords. Ses fleurs , wiolacées et solitaires à l'aisselle des Ifeuillcs, forment à la partie supérieure de la tige un épi ti ès-allongé , enttrecoupë de feuilles. Toute la Plante test lactescente et répand une odeur tun peu vireusc, lorsqu'on la froisse centre les doigts. Sa racine , qui se ccompose d'une touffe de libres grêles <et blanchâtres, a une saveur âcre que ll'on a comparée à celle du Tabac.

I Elle a été analysée par Boissel (Bull. rPharm., de'cemb. i824)qui y a trou- ■vé : j° une matière grasse de consis- I tance butyreuse; a" du sucre incristtallisable et infcrmeulescible ; 3° une i matière mucilagineu&e; 4° du mala- Ite acide de Chaux ; 5° du malate de lPotasse ; 6" des traces d'une matière ; a mère très-facilement altérable ; 70 ides muriate et sulfate de Potasse , «etc., et du ligneux. Donnée à faible idose, la décoction de cette racine • excite la transpiration cutanée; à 'dose un peu plus élevée, elle augi-mentc les déjections alvines, et enfin ••agit quelquefois comme émélique, si ■ elle est plus concentrée. Cependant , d'après Boissel , l'extrait qu'il a fait iprendre à plusieurs Animaux n'a ja-

LOB 47ft mais provoque le vomissement. Cette racine jouit chez les médecins de l'Amérique septentrionale d'une trèsgrande réputation dans le traitement de la syphilis, et ils l'administrent quelquefois seule, d'autres fois en lui associant l'usage du mercure. Les Canadiens l'emplov aient depuis longtemps et en faisaient un secret que le docteur Johnson parvint à leur arracher. Il le communiqua au voyageur Rai m , qui le fit connaître en Europe vers l'année l'jbG. Mais on l'y emploie très-peu , malgré les essais tentes il y a une cinquantaine d'années par Dupau qui dit avoir constaté sou efficacité dans un grand nombre de cas. Le Lubelia viens , L., qui croît dans les bois humides aux environs de Paris , possède à peu près les mêmes propriétés; mais on n'en fait pas usage. (A- n-)

LOBIER. bot. cRYPT. Paulet donne ce nom à un Bolet subéreux qu'il décrit comme nouveau dans son genre Xylometron. (B-)

LOBIOLES. bot.cryft. (Lichens.) On nomme ainsi les subdivisions du thalle en petites pièces ou lanières dont la forme imite celle des. feuilles.

LOBrPËDE. ois. Genre établi par Cuvier (Règn. Ai.i.n.)pour le Tringa hyperburœa. V. Tringa. (dr..z.)

*LOBOITE. min. Cette substance pierreuse , regardée d'abord comme une espèce particulière, n'est qu'une variété d'Idociase , voisine de l'Egeran. Elle a été dédiée au comte de Lobo, qui en avait donné le premier une description. On la trouve à Frugard , en Uplande, non loin des mines de Dannemora. Elle est composée , d'après Berzelius , de Silice , 36 ; Alumine, 17, 5o ; Chaux , 37,65; Magnésie, 2,52; Fer oxidd,5,25. (g. del.)

LOBULA.IRE. Lobularia. polyp.

Genre de l'ordre des Alcyonées , dans la division des Polypiers sarcoïdes , formé aux dépens des Alcyons de Linné , ainsi caractérise : corps commun , charnu , élevé sur sa base , ra-

«76 LOB

ranent soutenu par une lige courte, simple, ou munie de lobes variés; surface garnie de Polypes épars ; Polypes entièrement rétractiles , ayant huit cannelures au dehors et huit tentacules peclinés. Il a été établi par Saviguy, el ne renferme encore que trois espèces qui vivent dans les mers de l'Europe, lies Animaux habitant ces masses polypeuses , ont été observés et décrits par plusieurs auteurs; Lamouroux a donné une description détaillée , avec figures , de celui du Lobularia digilata ( Alcyonium lobatum), dans son Histoire des Polypiers , p. 3jK et suivantes. Les figures données par Ellis , Spix et Lamouroux, ne se ressemblent guère; nous pensons néanmoins que ces différences ne peuvent être rapportées à aucune inexactitude , mais dépendent de l'état du Polype , à l'instant où il a été dessiné. Ainsi, par exemple , la figure de l'Animal du Lobularia digilata, donnée par le dessinateur Spix , et copiée par Lamouroux, pl. i4, fig. 1 , a, nous semble représenter le Polype comme nous l'avons observé lorsqu'il est déjà mort depuis quelque temps , mais nullement desséché et encore saillant, hors de sa cellule; ses tentacules sont contractés , on ne peut plus les dérouler sans dilacération. Les Polypes des Lobulaires sont placés à la surface du corps charnu qui les soutient ; ils sont trèsnombreux , entassés sans ordre , et logés dans des cellules à ouverture crénelée et profondes de quelques lignes; elles communiquent, parleur fond, avec des canaux longitudinaux plus étroits , qui parcourent toute la longueur du Polypier. Le corps du Polype est renfermé dans un sac membraneux, fortifié, à l'extérieur, par huit bandelettes filiformes , longitudinales , fixées, d'une part, au bord de la cellule , et de l'autre à la base des tentacules. Par sa contraction , le sac peut faire saillir au dehors le corps du Polype dont l'extrémité antérieure est munie de huit tentacules couverts, sur une de leurs faces, de papilles mobiles. Au milieu des ten-

LOB

tacules se trouve la bouche, petite ouverture arrondie , entourée d'appendices très- irritables. Toute cette partie supérieure de l'Animal est ^ fixée à un corps cylindrique beau- 1" coup plus petit , se terminant en ar- t" ricre par huit filamens tortueux, in- *' teslinifoi mes , dont l'extrémité paraît '} libre et flottante dans le fluide qui remplit le sac. Les mouveinens de ces Polypes sont lents ; les œufs sont 5 gros , sphériques et rougeàtres lors de w leur maturité. Il nous semble que r c'est à tort que Lamarck pense que le ^ corps mollasse qui supporte les l'oly- j; pes des Lobulaires , ne doit pas être (, considéré comme un Polypier. Son tissu a le plus grand rapport avec ^ l'écorce des Gorgones. Comme celte écorce , il est formé d'une substance gélatineuse empâtant une infinité dç * petits grains calcaires; si l'on place dans l'Acide nitrique affaibli un fragment de Lobulaire digitéc, frais 5 ou desséché , il se produit une effervescence assez vive, et bientôt la por- [, tion gélatineuse , plus cou.-àdérable i que la portion calcaire, reste à nu. \ Nous n'avons pu y découvrir de tra- / ces de fibres , et moins encore de ces filamens roides que l'on voit dans l'intérieur des Alcyons desséchés.

L'ouverture des cellules est crénelée ou étoilée comme celle de plusieurs Gorgones; mais au lieu d'un axe corné, la partie centrale des Lobulaires est composée de canaux irréguliers , longitudinaux , dont les pavois sont formées d'une substance semblable à celle de l'extérieur du Polypier; elle contient néanmoins une plus petite quantité de granulations calcaires; dans l'état vivant , ces tubes sont remplis d'un liquide transparent. Ajoutons que les Polypes des Lobu- 1 laires ont les plus grands rapports de forme et d'organisation avec ceux des Gorgones; el que la masse qui les soutient est, comme l'écorce et l'axe de ces dernières , le résultat évident du travail des Polypes.

Le genre Lobulaire comprend les" Lobularia digitala , co/ioidea et palmata. (E.D..L.)

Page 1