MELINE, CANS ET C% LIBRAIRES-ÉDITEURS
LIVOlinKK.
EALE. MAM. Nom donné par Pline à un grand animal quadrupède, que, malgré la meilleure volonté, l'on ne saurait reconnaître, comme l'ont fait quelques naturalistes, pour le Rhinocéros à deux cornes. 11 le disait d'Ethiopie, grand comme l'Hippopotame, avec une mâchoire de Sanglier, une queue d'Éléphant et des cornes mobiles qu'il dirigeait à volonté, à droite, à gauche, en avant et en arrière. Il n'en est question ici que pour empêcher, s'il se peut, d'ultérieures recherches qui paraissent complètement inutiles.
EARINE. Earina. bot. Ce genre nouveau delà famille des Orcliidées et de la Gynandrie Monandrie, est dûjau professeur Lindley qui l'a formé aux dépens du genre Epidendrum, en lui assignant pour caractères : sépales dressés, égaux, acuminés, membraneux et carénés; pétales épais et obtus; labelle postérieur, presque parallèle avec le gynostème dont il semble être le prolongement, épais, en capuchon, avec son disque nu et son limbe divisé en trois lobes; gynostème petit et cylindrique; lèvre inférieure du stigmate oblique et prominule; clinandre déclive; anthère à deux loges contenant quatre masses polliniques attachées par paires. L'Eariîie MrcROîiÉE, Earina mucionata, Lindl. ; Epidendrum autumnale, Forst., est une plante de la Nouvelle-Zélande; son rhizome est articulé, et s'insinue entre les mousses et les écorees en pourriture; il s'en élève des tiges hautes d'un pied et de la grosseur d'une plume de Corbeau; les feuilles sont linéaires, ensiformes, légèrement obliques et mucronulées ù l'extrémité; les fleurs sont jaunes, petites, cartilagineuses, striées, en forme de capuchon, réunies en paniculeau sommet de la lige et accompagnées de bractées.
E.'ITONIE. Eatonia. bot. Genre de la famille des Graminées, et de la Triandrie Monogynie, L., institué parRaffiuesquequilui assigne pour caractères : épillets biUores: Heur inférieure sessile, hermaphrodite, la supérieure portée sur un pédicelle en massue; deux glumes carénées, presque d'égale longueur : l'inférieure linéaire, lancéolée, aiguë, à une seule nervure ; la supé- I ieure obovale. obtuse et à trois nervures ; deux pail-
lettes : l'inférieure obovale-oblongue, comprimée et carénée, à une seule nervure; la supérieure plus courte, bicarénée, émarginato-bilobée ; deux squammules tronquées; caryopse linéaire, raucronée, avec la paillette inférieure incluse. Ce genre se compose d'une Graniinée de l'Amérique septentrionale, dont le chaume est droit, grêle, à feuilles Irès-étroites et planes; la panicule est rameuse, contractée, à divisions presque verticillées; les épillets sont portés sur des pédoncules articulés.
EAU. MIN. zooL. BOT. Les propriétés particulières, soit physiques soit chimiques, de cette substance, le rôle important qu'elle joue dans l'économie de la nature, les usages multipliés auxquels on l'a soumise, son immense quantité et sa distribution à la surface du globe terrestre : tels sont les différents points de vue sous lesquels il convient ici de la considérer.
L'Eau est le corps dont l'état physique est le plus susceptible de se modifier par l'action de la chaleur, puisque, à divers degrés de température peu éloignés, elle est solide, ou liquide, ou gazeuse. Sa congélation, opérée naturellement ou artificiellement, est le point de départ des thermomètres les plus usités. Au-dessous de ce terme, l'Eau acquiert une solidité de plus en plus considérable, et présente quelquefois des Cristaux assez nets pour qu'on ait cherché à en déterminer les formes; mais les observations, pour ainsi dire contradictoires, des physiciens à ce sujet , n'ont pas encore donné de résultats satisfaisants sur la forme primitive ù laquelle les Cristaux de glace peuvent être rapportés. D'après les observations de Romé-de-Lisle, Bosc et UaUy, celte forme primitive est l'octaèdre régulier. Le premier avait fait remarquer que les aiguilles de glace, soit dans l'Eau qui se gèle, soit sur les vitres, se croisent sous les angles de soixante et cent vingt degrés. Des grêlons, tombés près de Paris en juillet 1788, furent étudiés par Bosc : ils présentaient à leur intérieur des sortes de géodes hérissées de petites pyramides à quatre faces, qui faisaient partie d'octaèdres allongés; mais d'un autre côté. Hassenfratz et Cordier ont parlé de
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Cristaux de glace en prismes hexaèdres réguliers trèsnets, et celte forme est incompatible avec l'octaèdre régulier, considéré comme forme primitive. Ce qui démontre encore plus l'incertitude dans laquelle nous flottons à cet égard, c'est la propriété que Malus a reconnue à la glace de présenter la double réfraction. Or, on sait que les corps dont le noyau primitif est le cube ou l'octaèdre régulier, ne jouissent pas de celte propriété. Mais elle existe d'une manière très-prononcée dans les Cristaux de Soufre oclaédriques, à triangles scalènes ; et, selon le professeur Alex. Brongniart, il paraîtrait que les Cristaux de glace observés par Bosc ont de grands rapports avec ceu.x-ci, en sorte que cette observation, si elle se représentait de nouveau et qu'on la répétât avec soin, pourrait jeter quelque jour sur la forme cristalline de l'Eau. Tel est l'état de la (luestion : sa solution ne peut dépendre que d'une observation dont l'occasion se reproduira rarement, car on ne pourra y arriver par le moyen du clivage, puisque la cassure de la glace est toujours vitreuse.
La structure de l'Eau solide est analogue à celle du Quartz : le plus souvent elle est compacte et vitreuse; mais quelquefois. elle est un peu grenue, dans les glaciers par exemple, saccharoïde dans les masses de neige accumulée et endurcie par le froid ou par son propre poids; enfin les sphéroïdes de grêle ont une structure fibreuse à fibres divergentes.
Un phénomène curieux que présente l'Eau en se solidifiant, c'est la dilatation qu'elle éprouve depuisH-4" jusqu'au terme de la congélation, dilatation que l'on a évaluée à un quatorzième. Pour expliquer celle augmentation de volume, qui est cause que la glace surnage l'Eau, on admet généralement aujourd'hui que l'Eau k -^- i" offre une tendance à la cristallisation, et que ses molécules prennent des dispositions régulières et symétriques, d'après lesquelles elles occupent de plus grands espaces dans leur assemblage. La force expansive de l'Eau qui se solidifie, est tellement considérable qu'elle brise les tubes et les sphères métalliques les plus épais, dans lesquels on l'a introduite. C'est à celle dilatation que l'on attribue la désagrégation et l'éboulement de certaines roches, ainsi que les accidents qui surviennent aux organes des végétaux lorsqu'un froid vif les surprend, dans le moment de la circulation de la sève.
Après avoir jeté un coup d'oeil sur l'Eau à son état solide, et, par conséquent, après l'avoir considérée plutôt comme une espèce minérale dont les formes sont appréciables cl conimensurables , mais sans étudier autrement ses propriétés physiques et chimiques , il nous importe de faire cette étude, en considérant l'Eau telle qu'elle se présente le i)lus ordinal remenl à nos sens et dont nous en concevons naturellemenl l'idée, en un mot d'étudier l'Eau à l'élat li([uide.
Elle est transparente, incolore, inodore, insipide, élastique, compressible, mais à un degré extrêmement faible, d'une pesanteur spécifique qui a servi de type à celle des autres corps, et que l'on représente par l'unité. La compressibilitéde l'Eau fut révoquée en doute après la fameuse expérience des académiciens de Florence, qui, ayant diminuélacapacilé d'une sphère d'or,
dont la cavité était remplie d'Eau, virent suinter celle-ci à travers ses pores. D'un autre côté, si on met de l'Eau dans la branche la plus courte du tube de Boyle et Mariolte, et du Mercure dans la plus longue, on ne trouve point de changement appréciable dans le volume de l'Eau. Vers le milieu du siècle dernier, Canton, physicien anglais, non-seulement prouva que ce liquide est légèrement compressible, mais essaya en outre d'évaluer les mesures de celte propriété. C'est ici le lieu d'admirer l'exactitude de ce savant qui, n'ayant pas à sa disposition des moyens et des instruments parfaits, comme nous les possédons aujourd'hui, a obtenu néanmoins des résultats qui se rapprochent extrêmement de la vérité. Canton évalue la compressibilité de l'Eau à 0,000044, et dans une autre expérience à 0,000049 à -+- 1» de tempéralure par une pression égale à celle d'une atmosphère. Dans ces derniers temps, le professeur CCrsledl de Copenhague a mis hors de doute, et mesuré de nouveau cette compressibilité de l'Eau, à l'aide d'un nouvel appareil de compression ; il a trouvé que ce Huide est compressible d'un 0.000004S par un poids équivalent à une atmosphère. D'après les expériences de Parkins, qui a opéré avec des pressions de plusieurs centaines d'atmosphères, la compressibilité serait de 0.000048, mais (ïrsledt attribue celle légère différence à la compression qu'a dû éprouver, dans ses expériences, la substance des parois (Ann. de Chimie et de Physique, février 182.j).
Depuis longtemps, les physiciens évaluaient les densités des corps relativement à celle de l'Eau. Cette comparaison, d'ailleurs si commode et si naturelle, a reçu une grande sanction de la part des savants français, qui ont admis pour unité de poids le gramme, c'est-àdire le poids absolu d'un centimètre cube d'Eau liquide pure au maximum de sa densité ou à -4-4» de température. Ce terme de comparaison est placé de manière qu'il existe un nombre presque égal de substances dont les densités sont au-dessus et au-dessous, c'esl-à-dire que la densité de l'Eau est à peu près moyenne entre celle de tous les corps naturels. En général, les corps solides sonl plus pesants et les fluides plus légers; cepcnùanl il y a quelques exceptions : ainsi le Bois, et même quelques Métaux, tels que le Potassium, le Sodium, etc., sonl plus légers, tandis que des liquides, certains acides concentrés par exemple, ont une plus grande densité. Les deux extrêmes de l'échelle des densités sonl le Platine pour le plus haut degré, et le gaz hydrogène pour le plus inférieur; de sorte que les densités de ces corps, celle de l'Eau étant l'unité intermédiaire, sont représentées par ces nombres : Platine, 20,98
Eau, 1.00
Gaz hydrogène, 0,0000937
L'Eau liquide pure conduit imparfaitement le fluide électrique; elle réfracte considérablement la lumière, et c'est cette propriété qui avait fait conjecturer à Newton qu'elle devait contenir un principe inflammable.
De même que tous les liquides, elle est très-mauvais conducteur du calorique. Dans le phénomène de l'ébullilion, ce sont les portions en contact immédiat avec le
EAU
c-iloiiqiie, qui foiment un courant ascendant d'Eau , cliaude, et sont remplacées par les portions supéiienres j froides, et conséquemment plus pesantes. Selon Riim- 1 tord, le calorique ne se propage pas chez celles ci par | conductibilité; mais il parait se répandre dans l'Eau au moyen de la condensation d'une partie de la vapeur, j L'Eau bouillante, sons la pression barométrique de 1 soixante-seize centimètres, conserve toujours la même température, c'est-à-dire cent degrés du thermomètre centigrade; tant que celte pression ne varie pas, les vapeurs s'échappent uniformément, et entraînent avec elles la quantité entière de calorique appliquée et employée à les former. Si on augmente cette pression, soit par des poids, soit par la dissolution de certains sels, l'Eau, pour bouillir, a besoin d'une température qui excède 100»; quand au contraire la pression est : diminuée, comme cela arrive naturellement lorsqu'on , s'élève sur de hautes montagnes, l'Eau entre en ébul- i lilion à une température bien inférieure. La vapeur d'Eau occupe un volume seize cent quatre-vingt-dixluiit fois plus considérable que celui de l'Eau liquide, et sa tension est proportionnellement inverse de sa densité. 11 y a une si grande quantité de calorique rendue latente et employée à distendre ainsi ses molécules, que si on met un kilogramme de cette vapeur à 100», en conlact avec 5 kil., GG d'Eau à 0», la température des e kil., GG résultants du mélange, s'élève aussi à 100», par le dégagement du calorique contenu dans le seul kilogramme de vapeur.
Aucune substance n'a excité l'intérêt des chimistes et des physiciens, relativement à sa nature, autant que l'Eau; et il n'en est point dont l'analyse bien démontrée ait eu une aussi grande influence sur les progrès des sciences. Ce simple fait chimique a fait beaucoup plus avancer nos connaissances jihysiques, que tous les efforts des hommes de génie qui, pendant plusieurs siècles, ont médité sur les phénomènes de la nature. Dès qu'il fut permis de ne plus croire aux quatre éléments d'Aristole. l'esprit humain ne fut plus enchaîné dans les liens d'une science étroite et presque toute hypotliéti(iue, et la révolution qui s'opéra dans les idées des chimistes, lors de la décomposition de l'Eau, fut aussi l'époque à laquelle les ténèbres qui obscurcissaient toutes les idées scientiliques se dissipèrent. Il est remarquable que la décomposition de l'Eau, de même que la loi de dilatation des Gaz et plusieurs autres grandes découvertes, ail été trouvée presipie simultanément par plusieurs savants de nations différentes. Cela tient à ce que les grandes découvertes ne sont jjas toujours l'effet d'un hasard heureux, comme on le croit communément, mais bien souvent le fruit de combinaisons de l'esprit excité par la connaissance approfondie de certains faits contradictoires avec les fausses idées depuis longtemps dominantes. Cependant il est juste d'attribuer à Cavendish le plus grand honneur de la découverte; car bien que Macquer et Sigaud-Lafond Plissent, dès 177G, annoncé qu'il se déposait de l'Eau sur les parois des vases, au-dessous desciuels on faisait brûler du gaz hydrogène, et qu'au commencement de l'année 1781, Priestley ait vu de l'Eau ruisseler dans l'intérieur du vase où il avait fait détoner un mélange
de gaz oxigène et de gaz hydrogène; Cavendish fui le premier qui, dans l'été de la même année 1781,s'étant procuré plusieurs grammes d'Eau en répétant l'expérience de Priestley, osa en tirer cette conséquence : que l'Eau est un composé des deux Gaz i)récités. En avril 1784, Lavoisier, Laplace et Meusnier, à Paris, lurent à l'Académie des sciences un Mémoire, dans lequel ils prouvèrent aussi, par deux expériences, la composition de l'Eau. L'une de ces expériences consistait à placer sous une petite cloche à mercure, de l'Eau distillée bien pure et delà limaille de fer; celle-ci avait augmenté de poids par l'addition de l'Oxigène, tandis qu'un fluide élastique et inflammable s'était dégagé et occupait la partie supérieure de la cloche. Dans l'autre expérience, on avait fait passer de l'Eau goutte à goutte, à travers un canon de fusil incandescent ; à mesure qu'elle avait touché- le fer rouge, elle lui avait cédé son oxigène; et l'hydrogène s'était rendu sous forme de gaz dans des cloches placées à l'extrémité du canon. Ces faits si concluants étaient observés et mis hors de doute à jif» près dans le même temps, par l'illustre Monge, dans le laboratoire de l'École de Mézières.
Cependant, tel fut l'aveugle attachement pour dantiques erreurs, qu'on vit encore des savants d'un grand mérite écrire en faveur de l'Eau comme élément, nier sa décomposition, et tâcher d'expliquer les nouveaux phénomènes qui la produisent à l'aide de leurs théories surannées; mais dans ce cas-ci, comme dans tout ce qui a pour base la vérité palpable et mise en évidence par des faits matériels, l'universalité des physiciens se rangea du côté de la nouvelle doctrine. La synthèse de l'Eau fut une réponse victorieuse aux sophismes des partisans du phlogislique. Lefèvre-Gineau d'une part, Fourcroy, Vauquelin et Seguin de l'autre, obtinrent une assez grande quantité d'Eau, en la formant de toutes pièces à l'aide de gazomètres et d'un grand ballon de verre, pour que sa composition pût être regardée comme une des vérités les mieux démontrées. D'apiès les résultats les plus exacts que les chimistes aient obtenus, l'Eau est formée de 88,94 parties d'Oxigène, et de 1 1,06 parties d'Hydrogène en poids, ou d'un volume de gaz oxigène et de deux volumes de gaz hydrogène.
L'Eau a une action très-marquée sur plusieurs Gaz; elle en dissout d'autant plus que la température est plus basse et que la pression est plus grande. Ainsi on la sature de gaz acide carbonique, de chlore, de gaz acide hydrochlorique, etc. On sait que toutes les Eaux naturelles sont aérées, et que c'est l'air qu'elles contiennent qui les rend plus sapides et qui sert à la respiration de leurs nombreux habitants pourvus de branchies. Mais ce que cet air offre de remarquable, c'est qu'il est plus riche en oxigène que celui de l'atmosphère, puisqu'on obtient d'autant plus de ce gaz dans celui qu'on reliie de l'Eau, que ce dernier a été recueilli plus tard. Cet effet est dû à une affinité plus puissante entre l'Eau et l'Oxigène qu'entre l'Eau et l'Azote. Dans ces dernière.'; années, le professeur Thénard est i)arvenu, par des moyens très-ingénieux et prenant l'Oxigène à l'état de gaz naissant, à en charger l'Eau de 61G fois son volume, de manière à obtenir un composé nouveau jouissant de
propriiHés (rès- singulières, auquel il avait irabord donné le nom d'Eau oxigénèe, et qu'il considère maintenant comme un second Oxide d'Hydrogène contenant une quantité d'Oxigène double de celle de l'Eau. La densité du Peroxide d'Hydrogène est de 1,452, ce qui fait qu'il coule comme un sirop et ne se mêle pas d'abord à l'Eau. Comme cette substance est toujours un produit de l'art, nous ne devons pas nous étendre sur l'examen de ses inléressanles propriétés. Nous rappellerons seulement ici. pour montrer combien les découvertes, en apparence les moins immédiatement utiles et qui semblent uniquement destinées à ajouter de nouveaux faits à la science, peuvent néanmoins recevoir des applications importantes; nous rappellerons, disons -nous, l'utilité de l'Eau oxigénèe pour la restauration des tableaux gâtés par l'altéralion du blanc de Plomb employé dans leurs couleurs. Elle convertit instantanément le sulfure de Plomb en sulfate qui est blanc et ne ternit aucunement les teintes délicates que le noir du sulfure obscurcissait totalement.
L'Eau ne dissout qu'un petit nombre de combustibles simples. Les substances métalliques, à l'exception de quelques Oxides, y sont insolubles. Une série de métaux en opèrent la décomposition à la température ordinaire; tels sont les métaux des Alcalis et de certaines Terres qui s'emparent de son Oxigène avec unesi grande avidité, qu'ils dégagent une quantité de calorique capable de les rendre incandescents et d'enflammer l'Hydrogène. D'autres substances métalliques ne peuvent décomposer l'Eau qu'à une baule température. C'est sur cette propriété et ses modifications que Tbénard a fondé sa classification des corps métalliques.
Enfin l'Eau forme, avec certains Oxides, des combinaisons en proportions déterminées et que Proust a nommées Hydrates. Une foule de Sels s'y dissolvent facilement, tandis que d'autres paraissent n'avoir aucune affinité avec elle. Ces propriétés positives ou négatives des Sels relativement à leur solubilité, sont des caractères saillants et fréquemment employés par les chimistes. Le grand nombre de substances solides que l'Eau dissout et l'immense quantité de ce fluide, lui avaient fait donner par les anciens, le titre pompeux de ijraml dissolrant de la nature. La solubilité d'un grand nombre de substances dans l'Eau, nous amène naturellement à parler de la composition cbimique des Eaux minérales. On nomme ainsi celles qui contiiennent assez de matières étrangères pour avoir de la saveur et une action très-prononcée sur l'économie animale. Les Eaux dont la température est constamment plus élevée que celle de l'atmosphère (et il en est, comme aux sources minérales de l'Acerra, de la Trincbera, de Dax, de Bourbonne-lcs-Bains, de Wisbaden, etc., qui sont presque aussi chaudes que l'Eau bouillante), ont reçu le nom d'Eaux thermales; tandis qu'on nomme Eaux froides celles dont la chaleur est en équilibre avec la température de l'air ambiant. Nous présenterons à la suite de cet article, l'analyse chimique des principales Eaux minérales, dont il sera encore traité convenablement au mot SoiiRCEs; mais nous nous attacherons ici à donner une idée générale des substances soit gazeuses, soit solides, qu'on y a rencontrées, l'arnii les Gaz,
on y trouve : l'Oxigène, l'Azole, l'Acide carbonique, l'Acide hydrosulfuriquc et l'Acide sulfureux. Les deux premiers existent dans quelques Eaux dont la température est assez basse; les Acides carbonique et hydrosulfuriquc y sont très-communs ù l'état de liberté. Les substances solides dissoutes dans les Eaux minérales sont très-nombreuses. Contentons-nous d'une simple énumération ; l'Acide borique existe dans les Eaux de certains lacs en Italie. La Silice, ce corps si peusoluble, a été trouvée en quantité nolable dans les sources nommées Geyzer de Uikum en Islande, ainsi que dans quelques Eaux thermales d'Allemagne. Une foule de Sels déterminent les propriétés médicamenteuses des Eaux minérales. Les plus communs sont les sulfates, les hydrochlorates et les carbonates de Soude , de Chaux et de Magnésie. C'est à la faveur d'un excès d'Acide carbonique que les carbonates de Chaux et de Magnésie, ainsi que celui de Fer, y sont tenus en dissolution. On y rencontre plus rarement l'hydrochlorate d'Ammoniaciue, les sulfates d'Ammoniaque, de Fer, de Cuivre, d'Alumine et de Potasse, les nitrates de Potasse et de Chaux , et le borate de Soude. Enfin , plus rarement encore, les Eaux tiennent en dissolution le nitrate de Magnésie, l'hydrochlorate de Potasse, le carbonate de Potasse et le carbonate d'Ammoniaque.
Ayant considéré l'Eau d'abord comme substance isolée et ensuite dans ses rapports avec les autres corps de la nature, il nous resterait à parler, d'après le plan que nous nous sommes tracé, des usages de l'Eau dans l'économie de la nature, de l'utilité que l'homme a su en tirer pour ses besoins, et de sa distribution à la surface de notre globe. Ce dernier point de vue étant entièrement du domaine de la géologie , sera exposé plus bas et séparément. A'. Eacx. Quant à l'emploi que la nature en fait dans la production et la succession des phénomènes qui constituent la vie organique, il est immense. Loin d'avoir la témérité de vouloir tracer ici le tableau de ses usages divers, à peine oserons-nous en esquisser quelques traits, abandonnant aux personnes qui réfléchiront sur la composition des organes, un sujet aussi fertile en applications.
Tout être organique est composé de solides et de fluides; les seconds concourant à la formation des premiers et ensuite à leur entretien, doivent être aussi plus répandus et d'une importance majeure. Nous ne connaissons aucun organe qui, primordialement, n'ait été plus ou moins mou, et par conséquent plus rapproché de la forme fluide. Eh bien, la base de tout corps liquide organique, le véhicule de toute substance assimilable, c'est l'Eau. Elle peut être extraite et isolée du sang et des humeurs variées des animaux, aussi bien que de la sève et d'une multitude de sucs des végétaux. C'est elle qui lubréfie et facilite le jeu de toutes les parties solides; c'est elle qui, sans cesse pompée et exhalée au moyen des phénomènes continuels de l'absorption et de la transpiration , établit un admirable équilibre entre les proportions de certaines substances inertes, des êtres organisés, elle en introduit continuellement de nouvelles, et entraîne au dehors celles <|uc les sécrétions ont élaborées ou que le changement de nature a rendues inutiles et même nuisibles
EAU
aux organes; c'est elle enfin qui dissout ou cluirrie toutes les substances alimentaires de l'organisation, mais avec cette différence que les animaux, prenant une nourriture intermittente, ont besoin d'aliments plus substantiels et par conséquent plus solides, tandis que les plantes, puisant continuellement leurs aliments dans les milieux où ils sont irrémissiblement plongés et fixés, n'absorbent à la fois que peu de matières nutritives, délayées dans une quantité d'Eau extrêmement considérable; d'ailleurs, la nature, la disposition et la ténuité de leurs vaisseaux nourriciers ne permettraient pas aux végétaux un antre mode de nutrition. Mais gardons-nous d'exagérer l'impoi lance de l'Eau comme substance alimentaire; ne prétendons pas vainement, avec certaines personnes, que seule elle soit suffisante pour la nourriture et l'accroissement des plantes. Les expériences de Th. de Saussure et de Lassaigne ne laissent aucun doute sur sa nullité quant ù la nutrition des végétaux, dans la stricte acception du mot, puisqu'elle n'en augmente point la quantité des parties solides.
L'Eau elle-même, indépendamment de son usage comme menstrue, entre comme élément organique de certains tissus. C'est ainsi que les tendons, la gélatine, l'albumine, ont besoin d'une quantité déterminée d'Eau pour jouir des propriétés et des fonctions qui les caractérisent. Enfin, s'il n'est pas démontré que l'Eau soit une partie constituante d'une foule de corps liquides ou solides, et provenant de substances organiques; du moins existet-il un rapport simple entre la quantité des principes qui la composent et celles de ces mêmes principes qui font aussi partie des corps organiques. Ceuxci, selon Gay-Lussac et Tbénard, sont composés d'Oxigène, d'Hydrogène, de Carbone et d'Azote; les deux premiers, tantôt dans les proportions nécessaires pour constituer l'Eau, tantôt avec un excès d'Oxigène, et tantôt avec un excès d'Hydrogène, circonstances qui déterminent l'état chimique de ces corps. On peut même, selon Gay-Lussac, considérer quelques liquides comme formés par la combinaison de deux ou plusieurs composés binaires au nombre desquels l'Eau doit être comptée. Ainsi, pour nous borner à un seul exemple, l'Alcool est formé par la combinaison d'un volume de vapeur d'Eau et d'un volume d'Hydrogène percarboné.
Par sa combinaison chimique avec certains minéraux, l'Eau est réellement solidifiée, mais elle leur donne des apparences variées et qui semblent dépendre de la nature de sa combinaison. Tantôt elle s'unit, en proportions variables, avec telle substance qui ordinairement n'en contient pas du tout, et, sans en altérer la forme, elle change souvent sa texture ou sa cassure, et parait lui ôter la propriété de cristalliser. L'aspect de ces minéraux est gélatineux, leur cassure est résineuse, et ils ont moins de dureté et de pesanteur que ceux qui ne contiennent pas d'Eau combinée. Tels sont entre autres le Quartz ou Silex résinite , les Opales, les Hydrophanes, etc., dont l'Eau peut être chassée par l'action d'une chaleur assez faible. D'autres fois, l'Eau se combine aux minéraux dans des proportions constantes, et leur imprime une structure laminaire, une transparence
vitreuse et des formes régulières; en un mot, ces minéraux sont spécifiquement différents de ceux qui ont la même composition, sauf la présence de l'Eau. L'Alumine Huatée, la Chaux sulfatée-hydratée, la Mésolype, l'Analcime , la Stilbite , la Chabasie , le Talc , le Manganèse-hydrate, le Fer arséniaté, le Cuivre muriaté, et une foule d'autres Sels, Pierres ou Oxides métalliques, sont dans ce cas. L'Eau, dans ces corps, adhère avec une telle force que la chaleur n'est souvent pas assez énergique pour l'en dégager complètement, et qu'il faut alors avoir recours à une action chimique plus puissante. Sa présence est démontrée par la perte en poids des minéraux et la manifestation des vapeurs aqueuses lorsqu'on les chauffe. Elle est indiquée par l'aspect résineux, par le boursouflement pendant la fusion et par la décrépitation au feu. Le premier de ces indices est celui qui souffre le moins d'exceptions.
Lorsque les Sels solubles dans l'Eau cristallisent , ils retiennent une quantité du dissolvant sans pour cela paraître humides. Si l'Eau n'est qu'interposée entre les particules du Sel, elle s'échappe facilement à l'aide de la chaleur, en projetant par son expansion instantanée ces particules dont la transparence n'est point troublée; mais quand elle se trouve répandue entre toutes les molécules intégrantes du Sel , on lui donne le nom d'Eau de cristallisation. Berzelius a prouvé que l'Eau , dans ce cas, était chimiquement combinée, et qu'elle faisait partie constituante de chaque molécule saline. La constance, en effet, de sa quantité, le rapport simple qui existe entre" la quantité de son Oxigène et celle de rOxigène que contiennent les principes saligènes , sont des preuves décisives en faveur de celte théorie. L'Eau de cristallisation est tellement privée de sa qualité humide, que le Sel pulvérisé reste parfaitement sec; mais son adhérence y est extrêmement faible, puisqu'il suffit d'une chaleur modérée pour la faire disparaître. C'est en cela que se distinguent les Sels qui contiennent de l'Eau de cristallisation, de quelques autres dont les caractères extérieurs sont semblables, mais qui cependant ne renferment pas d'Eau qui soit propre à leur état de combinaison. Cette Eau est nécessaire à l'existence d'un de leurs principes constituants, et ne peut être dissipée par la chaleur. Ainsi le nitrate de Potasse et d'autres combinaisons n'ont pas d'Eau de cristallisation ; celle qu'ils contiennent appartient à leurs Acides ou Oxides hydratés.
Nous avons parlé de l'indispensable nécessité de l'Eau comme aliment ou comme véhicule des aliments; maintenant nous dirons un mot des usages principaux auxquels l'homme l'a soumise et qui ont puissamment contribué aux progrès de son industrie. 11 n'est peut-être aucun art qui n'emploie ce liquide, soit comme moyen de lavage , soit comme dissolvant. Dans la purification des minerais, elle sert surtout à séparer les corps dont la pesanteur spécifique est différente. L'extraction du Nitre, de l'Alun, du Sulfate de Fer, du Sel marin; celle du Sucre, de la Gomme, des couleurs, de la colle forte ; l'art de préparer le bleu de Prusse et une foule de composés chimiques; celui du blanchiment, etc., sont fondés sur la propriété dissolvante de l'Eau. Elle est un des moyens de thérapeutique les plus puissants dont la mr
decine puisse faire iisaye coiilre une foule d'affections, et à ce tilre. on iloil la considérer, sinon comme un médicament liés -actif, du moins comme le plus efficace pour la majorité des cas où l'on ne peut réellement voir le mal même et y porter le remède spécifique.
Enfin la plus grande utilité que les peuples civilisés ont su tirer de l'Eau, c'est sans contredit son emploi comme moteur inanimé. Les machines <iui ont pour force motrice l'impulsion naturelle et impétueuse des Eaux, étaient connues dés la plus haute antiquité : mais il était réservé à ces derniers temps de connaître la puissance et les avantages de la vapeur. C'est à l'emploi des machines à vapeur que l'industrie manufacturière est redevable de son élonnante prospérité; c'est par l'application de la force expansive de la vapeur, à la navigation et aux arts que le commencement de notre siècle a vu s'effectuer tant de merveilles au profit de notre utilité ou de nos jouissances.
E.vi) DE l'amnios. Humeur séreuse, sécrétée par la membrane que les anatomistes ont nommée amnios. C'est au milieu de ce liquide, qui est ordinairement limpide ou blanchâtre, que reste plongé le fœtus jusqu'au moment de la naissance. Les fonctions de cette humeur paraissent se borner à amortir les effets des percussions extérieures, à en garantir le fœtus, et à faciliter la sortie de celui-ci au terme de la délivrance. L'Eau de l'amnios paraît varier de nature et de composition, suivant l'espèce d'animal qui la produit. Celle de la Femme a donné àVauquelin de l'Albumine, de la Soude, du chlorure de Sodium, et du phosphate de Chaux. Le même chimiste a reconnu dans celle de la Vache un Acide particulier qu'il a nommé amniotique, une matière extractiforme azotée, du sulfate de Soude, du phosphate de Magnésie et du phosphate de Chaux. Nous avons été à portée de constater la présence de l'Acide amniotique dans l'Eau de l'amnios de la Jument et de la Chienne.
Eau de cristallisation, y. Eac.
Eau des nvoROPiQUES. Liquide sécrété par les membranes séreuses, et (|ui se rassemble dans l'abdomen. Sa couleur est le jaune citrin; son odeur est légèrement fétide; sa saveur amère; elle contient de l'Albumine, di;s matières animales muco-extractives, des hydrochlorate, phospbale et sous- carbonate de Soude dans des proportions trés-variables.
Eau des Pierreries. Expression que l'on emploie vulgairement pour donner l'idée de la transparence des pierres fines. On dit qu'elles sont d'une belle Eau, ou que leur Eau est nébuleuse, etc.
EAUbUKON. BOT. (Champignons.) Synonyme vulgaire de Poiviés-Laiteux, famille de Champignons du docteur Paulet, et qui répond aux Agarics dont le suc est caustique. L'^gahcus lactifluus acris, L., en est le type.
EAUX. GÉoi. Pour peu que l'on examine avec quelqu'attenlion la structure intime des couches solides dont se compose l'écorce de la terre, et que l'on étudie la forme et la nature des inégalités qui partagent la surlace de celle-ci en montagnes, collines, vallées, plaines , etc. ; on ne peut se refuser à considérer l'Eau ou los Eaux comme un des agents les plus puissants employés aux (lifîérenirs é|io(iues de la formation de celte
écorce terrestre, des changements qu'elle a successive ment éprouvés depuis sa formation jusqu'à Pépoque où nous sommes parvenus.
Si. sous nos yeux, les Eaux n'exercent plus une action comparable ii celle que l'histoire du monde ancien doit leur attribuer, cependant, soit par leur abondance, soit par les déplacements qu'elles éprouvent, les changements d'état qu'elles subissent ou par les effets qui en résultent, les Eaux considérées dans leur ensemble jouent encore un rôle des plus importants à la surface du globe.
Disséminées dans toutes les parties de Palraosplièrc sous forme de vapeur, les particules aqueuses se rapprochent loisque le calorique qui les tenait suspendues vient à leur être enlevé. D'invisibles qu'elles étaient elles deviennent sensibles à nos yeux; elles humectent d'une rosée bienfaisante la terre qui les recueille; elles l'environnent d'épais brouillards ou bien elles se groupent dans des régions plus ou moins élevées de Pair pour produire des nuages.
Ceux-ci, portés par les vents dans des climats plus froids ou condensés par les causes nombreuses qui font varier la température dans l'atmosphère, se résolvent bientôt en pluie, en neige, en grêle, suivant que le refroidissement qu'ils éprouvent est plus ou moins grand et subit. D'autres nuages, attirés par les montagnes, couvrent de neiges perpétuelles leurs cimes élevées et remplissent de glaciers immenses les hautes cavités que les cimes laissent entre elles.
Se renouvelant, pour ainsi dire, d'une manière continue parleur surface extérieure, aux dépens des nuages, les neiges et les glaces des hautes montagnes perdent dans le même temps une quantité presque égale de leur volume au point de leur contact avec la terre qu'elles recouvrent; elles se liquéfient, et l'Eau, sous ce nouvel étal, s'infiltre en partie dans les fissures du sol, pour donner naissance , après un trajet caché plus ou moins long , à des sources qui se font jour dans les montagnes ellesmémes ou plus rarement dans les pays plats i|ui en sont peu éloignés.
Les Eaux qui proviennent de la fonte des neiges et des glaces, descendent en <u;7e«<« rapides sur les Qancs des montagnes qu'elles sillonnent de ravins profonds. Arrivées à leur pied, leur cours se ralentit, les torrents ne sont plus que des ruisseaux tranquilles qui fertilisent et embellissent d'heureux vallons; plusieurs ruisseaux se joignent, ils augmentent de volume en recevant sur leur route les Eaux des sources qu'ils rencontrent et celles retombées sur la terre sous forme de pluie, de neige et de grêle; ils deviennent de larges rivières navigables, qui parcourent les longues vallées, et serpentent dans les plaines jusqu'à ce qu'elles rencontrent d'autres rivières avec lesquelles, réunies sous le nom de fleuve, elles vont verser leurs Eaux dans la mer, réceptacle immense qui reçoit ainsi en définitive la plus grande partie des Eaux qui ont été enlevées à l'atmosphère par la série des phénomènes que nous venons d'analyser. La mer est aussi le réservoir principal où cette même atmosphère vient puiser, au moyen de l'évaporation , les vapeurs aqueuses qui lui sont nécessaires pour réparer les perles qu'elle éprouve.
Admirable circulation ! image de la vie qu'elle crée et entrelient sur la terre! Sans elle, sans ces transl'orinations successives de l'Eau en vapeur et de celleci en Eau, les riches continents, les îles fécondes que couvre une végétation si nombreuse, que peuplent tant d'êtres vivants, ne seraient que d'arides et d'affreux déserts.
En traçant la marche la plus ordinaire des Eaux à la surface de la terre, nous avons omis de parler de quelques circonstances particulières sur lesquelles nous devons revenir : souvent les cours d'Eau que nous avons appelés sources, torrents, ruisseaux, rivières', etc., au lieu de retouiner directement à la mer, comme nous l'avons supposé, ou se perdent dans des cavernes et sous des sables, ou bien ils s'arrêtent dans des bassins plus ou moins vastes qui prennent le nom de lacs; de ces lacs, les uns n'ont pas d'issue, au moins apparente; d'autres, au contraire, alimentent des fleuves qui se rendent au réservoir commun. Dans quelques lieux, les Eaux des sources et des i)luies séjournent sur des parties basses ou dans des dépressions peu profondes; elles y forment des marais et des mares (f^. tous les mots qui ont été distingués par des caractères italiques).
Telles que nous les considérons , les Eaux ne se rencontrent à peu près pures qu'à l'état gazeux ou solide; devenues li(|uides, elles contiennent presque toujours des principes qui leur sont étrangers et qui leur donnent des propriétés particulières; les Eaux de pluie et celles qui proviennent immédiatement de la fonte des glaces sont les plus pures; les Eaux courantes, qui pendant un certain temps ont circulé à la surface des terres, non-seulement charrient avec elles des matières insolubles , mais tiennent encore en dissolution différents Sels terreux ou alkalins, dont la présence est facilement reconnue par les moyens chimiques, lorsqu'elle n'est pas appréciable par nos sens. Très-souvent les Eaux qui ont pénétré plus ou moins profondément dans les tissures ou les intervalles des couches terrestres, n'en sortent que chargées de substances minérales gazeuses et solubles, après avoir acquis quelquefois aussi une température beaucoup plus élevée que celle de l'atmosphère ; telles sont les diverses sources minérales et thermales. Enfin les Eaux qui remplissent les bassins des mers et ceux de presque tous les lacs sans issue sont de véritables dissolutions salines qui ont une densité bien supérieure à celle de l'Eau pure, et dont la saveur est très-prononcée.
Sous le rapport de leur composition ou plutôt de la nature et de la proportion des principes étrangers qu'elles renferment, les Eaux liquides qui existent libres sur le globe peuvent donc être distinguées :
1" En Eaux dodces. Telles sont celles de presque tous les cours d'Eau qui, des parties élevées des continents et des îles, descendent par mille canaux dans les parties les plus basses; telles sont aussi celles d'un grand nombre de lacs, de marais et de mares; leur saveur est presque nulle ; leur température est rarement plus élevée que celle de l'air ; elles nourrissent dans leur sein des végétaux et des animaux particuliers que l'on désigne par l'épithète de Huviatiles et de lacustres, pour indiquer le lieu de leur séjour, mais qui en général dif-
fèrent assez des plantes et des animaux marins, pour que les géologues aient été conduits par la connaissance de ce fait et par l'analogie, en étudiant les débris de corps organisés que renferment les couches de la terre, à diuinguer d'une manière presque certaine celles de ces couches qui ont été formées dans le sein des Eaux douces , de celles qui ont été déposées sous les Eaux saléss. Les Eaux douces sont ou slagnantes. comme dans les lacs, les marais et les mares, ou courantes, comme dans les torrents, les rivières et les fleuves ; c'est principalement à la vitesse de leur marche progressive, à leur volume et aux chutes, cascades et cataractes au.tquelles elles donnent lieu, qu'est due l'action qu'exercent ces Eaux à la surface des continents. Cette action se borne à transporter dans les plaines, dans les lacs ou à la mer, les matériaux désagrégés qu'elles rencontrent dans leur route et qu'elles enlèvent à leurs rives. Quelquefois cependant les torrents et les rivières, dans leurs débordements, creusent et sillonnent le sol sur lequel ils courent; ils peuvent détacher et rouler des pierres. Mais ces effets sont bien restreints, et loin de creuser leur lit, on peut plus généralement soutenir que les Eaux courantes comblent et élèvent aux dépens des parties ténues qu'elles charrient le sol sur lequel elles coulent. P^. Terre, Tor- BENis, Rivières.
2» En Eacx îiiNÉRAiES. Leur gisement est extrêmement varié , et donne naissance à une foule de modifications que l'on explique facilement par l'examen do la nature du sol. Comparées aux Eaux douces, elles ont une saveur particulière, soit saline, soit acide, soit ferrugineuse, soit d'hydrogène sulfuré, qui les fait reconnaître au goût; leur température est souvent plus élevée que celle de l'air, et quelquefois de plus de cent degrés ; elles sortent du sein de la terre avec un volume peu considérable, et ne donnent jamais lieu à des cours d'Eaux puissants comme sont les rivières et les fleuves; les plantes et les animaux ne se rencontrent ordinairement que dans celles qui se rapprochent des Eaux douces par la faible proportion des principes étrangers qu'elles contiennent, et ces êtres alors ressemblent à ceux qui habitent les Eaux douces. Les Eaux minérales sont presque toutes courantes, mais l'effet produit par leur mouvement progressif est proportionné à leur peu devolume; elles exercent quelquefois dans le sein de la terre et à sa surface une action chimique décomposante et reproductive qui est plus ou moins sensible ; ainsi celles de ces Eaux qui contiennent un Acide, l'Acide carbonique par exemple, peuvent dissoudre et elles dissolvent en effet une quantité plus ou moins grande des substances minérales solubles dans cet Acide, sur lesquelles elles passent; si à leur sortie de terre la pression à laquelle elles étaient soumises devient moins forte , si leur température diminue, si elles s'évaporent, les molécules dont elles étaient chargées se déposent, elles forment des couches quelquefois très -puissantes, et incrustent les corps qu'elles louchent.
û» En Eabx salées. La saveur salée, amère et nauséabonde, qui les caractérise, ne les distinguerait pas des Eaux minérales, si on ne les considérait que sous
le rapport de leur coinposilion; mais elles en diffèrenl i sous un assez grand nombre d'autres pour mériter d'être i étudiées à part. Leur abondance est extrême, puis- | iiu'elles recouvrent près des trois quarts de la surface du globe ; leur température est ù peu près égale à celle de l'air environnant, sauf les différences qui sont dues à la propriété inégale de conductibilité du calorique. Les Eau.t salées, qu'il vaudrait mieux appeler Eaux marines, si les Eaux de grands lacs sans issue ne jouissaient pas de toutes les piopriétés des Eaux de la mer, sont l'habitation obligée d'un grand nombre d'êtres vivants et de plantes; les uns et les autres sont, comme nous l'avons déjà dit, différents de ceux des Eaux douces. L'action qu'exercent les Eaux salées et celle qu'elles ont pu exercer sur les continents tient à leur nature, à leur volume et aux mouvements généraux et particuliers dont elles sont douées. Nous ne saurions entrer ici dans des détails qui trouveront plus rigoureusement leur place aux mots Mer , Lacs salés et Terre.
Eacx ACIDULES OU AÉRÉES. Nom que l'on donne vulgairement à l'Eau imprégnée naturellement ou artificiellement d'.\cide carbonique. Une Eau que l'on a chargée d'un Acide quelconque, autre que le carbonique, porte le nom d'EAn acidclée.
Eacx alcalines. Eaux qui tiennent naturellement en dissolution un ou plusieurs Alcalis.
Eaux crues. Eaux chargées naturellement de sulfate et de carbonate de Chaux; elles sont peu favorables au lessivage en ce qu'elles décomposent une grande partie du savon. Elles s'opposent aussi à la facile cuisson des légumes que d'ailleurs elles rendent croquants et durs, en déposant dans leurs pores des molécules calcaires.
Eaux ferrugineuses. On donne ce nom aux Eaux qui tiennent naturellement en dissolution un ou plusieurs Sels ferrugineux.
Eaux gazeuses. Eaux qui tiennent en dissolution un fluide élastique quelconque, mais qui ordinairement est l'Acide carbonique.
Eaux hépatiques ou hépatisées. Même chose qu'Eaux sulfureuses.
On a vu plus haut que l'on distinguait sous la dénomination vulgaire d'Eau.v Minérales, celles qui tiennent en dissolution ou même en suspension, à l'état de simple mélange, des substances minérales. Sous cette dénomination assez impropre, puisqu'elle peut et doit s'appliquer à la masse entière qui s'offre aux recherches de l'homme, on n'a cependant voulu comprendre que les Eaux dont l'usage avait paru apporter quelques changements dans l'économie animale, celles dont la médecine avait su faire une application heureuse au traitement de certaines maladies jugées, pour la plupart, incurables par d'autres moyens. On a cherché à diviser méthodiquement et d'après la nature des principes qui y étaient contenus, les Eaux minérales auxquelles on a jusqu'ici accordé des propriétés médicales ; on les a rangées dans quatre grandes classes susceptibles d'un plus grand nombre de sousdivisions. Ces classes comprennent : 1» les Eaux *«/fureuses, 2» les Eaux ferrugineuses , ô" les Eaux acidulés, i" les Eaux salines. Les Eaux minérales
sullureuses, qu'anciennement l'on nommait aussi liépatiques, exhalent une odeur fétide, semblable à celle des œufs pourris; une laine d'argent (|ue l'on y plonge noircit et perd plus ou moins promptement son éclat métallique. Par leur exposition au contact de l'air, ces Eaux se recouvrent d'une pellicule irisée et laissent déposer un précipité presi|ue entièrement compnsé du soufre que le gaz hydrogène y tenait en dissolution et qu'il abandonne au moment de sa volatilisation; elles perdent en peu de temps leurs propriétés principales. Les Eaux minérales ferrugineuses ou marliales se reconnaissent assez aisément à leur saveur stiptique plus ou moins prononcée, suivant la quantité de Fer qu'elles contiennent et l'état de combinaison dans le(|uel il s'y trouve ; elles noircissent promptement l'infusion de noix de galle que l'on y verse ou les copeaux de Chêne. d'Aulne, etc., que l'on y trempe; elles sont, moins que les précédentes, sujettes à s'altérer par leur exposition à l'air; cependant elles ne tardent point à se décomposer et se recouvrent aussi d'une pellicule irisée. Les Eaux minérales acidulés sont généralement portées à cet état par le gaz acide carbonique qui s'en sépare à la moindre élévation de température ; aussi doit-on les conserver dans des vases herméli<|uement fermés et dans des lieux abrités de toute chaleur; elles ont une saveur agréable, fraîche et légèrement piquante. Les Eaux minérales salines sont les moins altérables en ce que les principes qu'elles contiennent sont peu volatils et difficilement déconiposables ; leur saveur, en général amère et nauséeuse, est plus ou moins modifiée, selon la nature et la quantité des Sels contenus dans ces Eaux qui constituent les sources les plus communes et les plus abondamment répandues à la surface du globe. Les propriétés médicamenteuses des Eaux minérales, que l'on a peut-être trop vantées, sont aussi variées que leur nature et leur composition. Les exemples où leur administration a produit les cures les plus extraordinaires dans des genres de maladie tout à fait opposés, ne sont point rares, ce qui tendrait à faire croire que le déplacement des malades ou d'autres circonstances analogues entrent pour beaucoup dans le succès de ces moyens curatifs; du reste, quelles qu'en soient les causes, les effets parlent en faveur du remède ; c'est au médecin habile à saisir l'instant le plus favorable à son application, en attendant que la science nous en ait dévoilé l'action. L'art est parvenu à imiter la nature dans la production des Eaux minérales, et chaque ville un peu populeuse voit maintenant , lorsque le cas l'exige, sourdir des Eaux minérales du sein des laboratoires de pharmacie.
Résultat de l'examen analytique des principales
Eaux minérales.
ACQUi (Italie).
Température, 75". Analyse par Majou, sur un kilogramme : hydrochlorate de soude, 1 gramme 420; liydrochlorate de chaux 0,ôl4; sulfate de chaux 0,303. Adour (Pyrénées).
Température, 43". Analyse par Poumier, sur un kilo gramme : carbonate de chaux 0, ICI ; hydrochlorate de magnésie 0,040; hydrochlorate de chaux 0,705; idem de magnésie 0,258; silice 0,01 S.
AlGCES-BONNES.
Analyse par Poumler, sur un kilogramme ; gaz hydrogène sulfuré, trois pouces cubes; carbonate de chaux 0,110; hydrochlorate de soude 0,077; idem de chaux 0,050; sulfate de chaux 0,546; idem de magnésie 0,204; soufre 0,010.
Aix (Bouches-du-Rhône).
Température, 55". Analyse sur un kilogramme : carbonate de chaux 0,557; idem de magnésie 0,478; sulfate de chaux 0,186; silice 0,219.
Aix (Savoie).
Température, 68». Analyse sur un kilogramme : gaz acide carbonique, trois pouces cubes; gaz hydrogène sulfuré, en quantité notable; carbonate de chaux 0,035; idem de magnésie 0,031; hydrochlorate de soude 0,004; idem de magnésie 0,016; sulfate de soude 0,017; idem de chaux 0,039; idem de magnésie 0,013; soufre 0,022. Aix-ia-Chapelle.
Thermale. Analyse par Monheim, sur un kilogr. : gaz azote sulfuré,vingthuit pouces cubes; gaz acide carbonique, dix-huit pouces cubes; gaz hydrogène sulfuré, en quantité notable ; carbonate de soude 0,544; idem de chaux 0,130; idem de magnésie 0,044; hydrochlorate de soude 2,909; sulfate de soude 0,263 ; silice 0,070.
ASCIANO.
Température, 40». Analyse sur un kilogramme : carbonate de chaux 0.218; idem de magnésie 0,116; hydrochlorate de soude 0,258; idem de magnésie 0,187; sulfate de chaux 0,694; idem de soude 0,331; silicc0,009; alumine 0,040.
ASTCRGI.
Analyse par Fray, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, deux pouces cubes; carbonate de chaux 0,139; hydrochlorate de soude 0,219; idem de chaux 0,320; sulfate de chaux 0,100; oxide de fer, une trace.
AtDIGJIAC.
Analyse par Lafont, sur sept kilogrammes : carbonate de chaux 3,877; idem de fer 0,340; hydrochlorate de magnésie 2,656; sulfate de soude 5,312; sulfate de magnésie 4,781 ; gaz acide carbonique et hydrogène sulfuré, des traces.
ACMALE.
Analyse par Dizengremel, sur un kilogramme : gaz
acide carbonique, onze pouces cubes; gaz hydrogène
sulfuré, une trace; carbonate de chaux 0,053; idem de
fer 0,159; hydrochlorate de chaux 0,319.
Avè:ses.
Analyse par De Saint-Pierre, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, un pouce cube; carbonate de chaux 0,042; idem de fer 0.006; hydrochlorate de soude 0,013; idem de chaux 0,013; idem de magnésie 0,013; sulfate de soude 0,020.
BAGNÈRES-DE-BlGORnE.
Analyse par Ganderay, sur vingt-cinq kilogrammes ; gaz acide carbonique, neuf pouces cubes; carbonate dechaux6,650; idem de magnésie 1,100; hydrochlorate de soude 1,350; idem de magnésie 5,230; sulfate de soude 4,900; idem de chaux 42,220; idem de magnésie 5,000; silice 0,090; oxide de fer 2,000.
Bacnères (Source de la Ueine).
Analyse par Pouraier, sur un kilogramme : gaz acide
carl)oni(|ue, quatre pouces et demi cubes ; hydrogène sulfuré, neuf pouces cubes; carbonate de chaux 0,011 ; hydrochlorate de soude 0,080; idem de magnésie 0,110; sulfate de chaux 0,023; idem de magnésie 0,010; silice 0,040; soufre 0,060.
Bain (Source du Robinet de fer).
Analyse par Vauquelin, sur un kilogramme : hydrochlorate de soude 0,008; sulfate de soude 0,028; idem de chaux 0,008; silice, une trace.
Bain-Fort (lUe-et-Vilaine).
Température, 51». Analyse par Julia, sur un kilogramme : acide carbonique , deux pouces cubes ; carbonate de chaux 0,250; idem de magnésie 0,237 ; idem de fer 0,112; hydrocblorate de soude 0,062; idem de chaux 0,123; idem de magnésie 0,663; sulfate de chaux 0,275.
Baiaroc.
Température, 47». Analyse par Figuier, sur six kilogrammes : gaz azote, quantité faible, indéterminée; gaz acide carbonique, trente-six pouces cubes; carbonate de chaux 7,000; idem de magnésie 0,530; hydrochlorate de soude 44,050; idem de chaux 5,450; sulfate de chaux 4,200.
Barèges (Bain Royal).
Température, 23». Analyse par Poumier, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, quatre pouces et demi cubes; hydrogène sulfuré, un pouce et demi cubes; carbonate de chaux 0,478; hydrochlorate de soude 0,242; idem de magnésie 0,200; sulfate de chaux 1,115; idem de magnésie 0,611 ; soufre 0,007; silice 0,017. Bath.
Analyse par Murray, sur un kilogramme : gaz acide
carbonique, deux pouces cubes; carbonate de chaux
0,850; idem de fer, une trace; hydrochlorate de chaux
0,329; sulfate de soude 0,384; silice, une trace.
Beroa.
Température, 20». Analyse par Ilemani, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, un pouce cube; gaz hydrogène sulfuré, un pouce et demi cube; carbonate de chaux 0,468; idem de magnésie 0,003; idem de fer 0,021 ; hydrochlorate de soude 2,109; idem de chaux 0,038; idem de magnésie 0,126; sulfate de magnésie 0,586; silice 0,021.
Bleviiie.
Analyse par Vauquelin, sur un kilogramme : carbo nate de chaux 0,000; idem de fer 0,100; hydrocblorate de soude 0,110; idem de magnésie 0,000; sulfate de chaux 0,100; matière extractive, une trace.
BOSSÈRE.
Analyse par Poumier, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, quatre pouces et demi cubes; gaz hydrogène sulfuré, six pouces cubes; carbonate de chaux 0,150; hydrocblorate de soude 0,005; idem de magnésie 0,031 ; sulfate de chaux 0,203 ; idem de magnésie 0,148; soufre, une trace; silice 0,002.
Boulogne.
Analyse par Berthier, sur un kilogramme : carbonate de chaux 0,880.
Botreon-l'Archameailt.
Thermale. Analyse par Faye, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, faible quantité; carbonate de
chaux 0,079; caibonale de fer 0,1C3; liydrochloralc de soude 0,345; idem de chaux 0,142; suU'ale de soude 0,115; idem de chaux 0,123; idem de magnésie 0,163; silice 0,033.
Bristol
Analyse par Garick, sur un kilogramme : gaz acide
carhoniqiie, sept pouces et demi cubes; carbonate de
chaux 0,185; bydrochlorate de soude 0,033; idem de
magnésie 0,10C; sulfate de soude 0,150.
Cambo (Grande-Source).
Température, IG". Analyse par Poumier, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, quatre pouces et demi cubes; gaz hydrogène sulfuré, six pouces cubes; carbonate de chauxO, 130; hydrochlorale de magnésie0,010; sulfate de chaux 2,512; idem de magnésie 1,118; soufre et silice, des traces.
C\jiBO (Source ferrée).
Analyse par Poumier, sur un kilogramme : gaz acide carboni(|ue, deux pouces cubes; carbonate de fer 0,700; hydrochlorate de soude 0,900; idem de chaux 0,020; idem de magnésie 0.500; sulfate de chaux 0,020; silice 0,013; oxide de fer 0,010.
CAMPACiVE.
Température 27°. Analyse par Berthier, sur vingtcinq kilogrammes : gaz acide carbonique, dix décimètres cubes; carbonate de chaux 3,000 ; idem de magnésie 5,000; idem de fer 1,100 ; hydrochlorate de soude 1,000; idem de magnésie 2,700 ; sulfate de magnésie 9,700.
Capbern.
Température, 25». Analyse par Save, sur un kilogramme : carbonate de chaux 0,10G ; idem de magnésie 0,006; hydrochlorate de magnésie 0,013; sulfate de chaux 0,929; silice 0,158; idem de magnésie 0,010. CASTELLAT-ADOR^o (Piémont).
Analyse sur dix kilogrammes : gaz acide carbonique, deux pouces cubes ; gaz hydrogène sulfuré, deux pouces et demi cubes; carbonate de chaux 1,328; hydrochlorale de soude 7,G10; idem de chaux 2,737 ; sulfate de chaux 0,912; soufre 0,051.
CAiiTERETS (Source de la Raillière).
Température, 34". Analyse par Poumier, sur vingt kilogrammes : gaz acide carbonique , quatre pouces cubes; gaz hydrogène sulfuré, huit pouces cubes; carbonate de chaux 0,537; hydrochlorate de soude 0,423; idem de magnésie 0,425 ; sulfate de chaux 1,80G; idem de magnésie 0,930; soufre 0,2.37; silice 0,212. Cauïerets (Source des Espagnols).
Tempéiature, 38». Analyse par Poumier, sur vingt kilogrammes : gaz acide carbonique, quatre pouces et demi cubes; gaz hydrogène sulfuré, huit pouces et demi cubes; carbonate de chaux 0,G37; hydrochlorate de soude 0,372; idem de magnésie 0,372; sulfate de chaux 1,540; idem de magnésie 0,744; soufre 0,206; silice 0,139.
ChateXb-Gojitier.
Analyse par Becœur, sur un kilogramme : carbonate de chaux 0,163 ; idem de magnésie 0,012 ; idem de fer 0,170; hydrochlorale de soude 0,080; idem de magnésie 0,078 ; sulfate de soude 0,346 ; idem de chaux 0,223; idem de magnésie 0,130; silice, une trace.
Chaudes-Aigues.
Température, 88». Analyse par Chevalier, sur un kilogramme : carbonate de soude 0.920; idem de chaux 0,046 ; idem de magnésie 0,008 ; idem de fer 0.000 ; hydrochlorale de magnésie 0,066; sulfate de soude 0,032; silice 0,138.
COSTREXEVIIIE.
Analyse par Nicolas, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, des traces ; caibonate de fer 0,027 ; hydrochlorale de soude 0,080; sulfate de chaux 0,206; idem de magnésie 0,026.
Dax (Deux-Louts, département des Landes).
Thermale. Analyse par Salaignac, sur unkilogrammc : gaz acide carbonique, un pouce cube; gaz hydrogène sulfuré, un pouce et demi cube; carbonate de chaux 0,228 ; hydrochlorale de soude 0,700 ; idem de magnésie 0,087; silice 0,001.
Deubianc.
Analyse par Murray, sur un kilogramme : carbonale de chaux 0,331; idem de fer 1,806; hydrochlorale de soude 2,350; idem de chaux 1,912. Eri.SEN (Allemagne).
Température, 28». Analyse par Duméril, sur vingt kilogrammes : gaz acide carbonique, quatre pouces; gaz hydrogène sulfuré, quatre pouces et demi ; carbonate de chaux 3,082 ; idem de magnésie 0,372; idem de fer 0,1 60 ; hydrochlorale de magnésie 2,1 16 ; sulfale de soude 4,506; idem de chaux 27,186; idem de magnésie 5,164; silice 0,148.
EîVCACSSE.
Température, 23». Analyse par Save, sur un kilogr. :
carbonate de chaux 0,106; idem de magnésie 0,031 ; liy-
drochlorate de magnésie 0,174; sulfale de soude 0,159;
idem de chaux 0,797; idem de magnésie 0,131.
EsGHiEN (Source de la Pêcherie).
Température, 13». Analyse par Frémi, sur un kilogramme : gaz acide Carbonique, quatre pouces cubes; gaz hydrogène sulfuré, un pouce cube; carbonale de chaux 0,340; idem de magnésie 0,000; idem de fer 0,003; hydrochlorale de soude 0.037; idem de magnésie 0,030; sulfate de chaux 0,290; idem de magnésie 0,130; silice 0,000.
Fécamp.
Analyse par Germain , sur treize kilogrammes : carbonale de chaux 1,580; idem de magnésie 0,433; idem de fer 0,637; hydrochlorate de soude 0,212; idem de chaux 0,433 ; silice 0,425.
Forges (déparlement de la Seine-Inférieure).
Analyse sur un kilogramme : gaz acide carbonique, six pouces cubes; carbonate de chaux 0,014; hydrochlorate de soude 0,038; idem de magnésie 0,003; sulfale de chaux 0,018; idem de magnésie 0,004; oxide de fer 0,006.
Forges (Source-Cardinale).
Analyse par Robert, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, deux pouces cubes; carbonates de chaux et de magnésie 0,040 ; idem de fer 0,048 ; hydrochlorale de soude 0,030; idem de magnésie 0,011; sulfale de chaux 0,026; silice 0,004.
Forges (Source-Reinette).
Analyse par Ruberl, sur un kilogramme : gaz acidi-
EAU
carboniriue, environ un demi-pouce cube; carbonates de chaux et de magnésie 0,026; idem de fer 0,008; hydrochlorate de soude 0,039; idem de magnésie 0,020; sulfate de chaux 0,018; silice 0,005.
Forges (Source-Royale).
Analyse par Robert, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, un pouce et demi cubes; carbonates de chaux et de magnésie 0,027; idem de fer 0.026 ; hydrochlorate de soude 0,030; idem de magnésie 0,026; sulfate de chaux 0,026.
Gamarde (département des Landes).
Température, 15". Analyse par Meyrac, sur 25 kilogrammes : carbonate de chaux 4,511; idem de magnésie 0,452; bydrochlorate de soude 1,698; sulfate de chaux 0,478 ; soufre 0,080 ; silice 0,424.
JODHE.
Analyse sur un kilogramme : carbonate de soude 0,042; idem de chaux 0,13'J; idem de magnésie 0,035; bydrochlorate de soude 0,796; idem de magnésie 0,478; sulfate de chaux 0,382.
Lamotte.
Thermale. Analyse par Murray, sur un kilogramme ; carbonate de chaux 0,185; bydrochlorate de soude 2,330; sulfate de chaux 1,280; idem de magnésie 0,950.
Le (Source de Montferrat).
Analyse par De Brézé, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, deux pouces et demi cubes; gaz hydrogène sulfuré, douze poucescubes; carbonate de chaux 1,022; hydrochlorate de soude 5,074; idem de chaux 9,230; sulfate de chaux 1,405; silice 0,230.
Lcciioiv.
Température, 54». Analyse par Poumier, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, un demi-pouce cube; gaz hydrogène sulfuré, un pouce cube; carbonate de chaux 0,533; hydrochlorate de soude 0,400; idem de magnésie 0.355; sulfate de chaux 1,150; idem de magnésie 0,300; soufre 0,300; silice 0,200.
BlARECQUERlE.
Analyse par Dubuc, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, un indice; carbonates de chaux et de magnésie 0,037; idem de fer 0,053; hydrochlorate de chaux 0,159; silice 0,018; matière extracto- bitumineuse 0,090.
iMoLiTG (Pyrénées).
Température, 29». Analyse par Julia, sur vingt-huit kilogrammes : gaz acide carbonique, douze pouces et demi; gaz hydrogène sulfuré, quatre-vingt-seize pouces cubes ; carbonate de soude 3,900 ; idem de chaux 0,050; bydrochlorate de soude 5,200; sulfate de soude 1,500; silice 0,093.
MONDORE.
Température, 43». Analyse par Berthier,sur un kilogramme : gaz acide carbonique, deux pouces cubes; carbonate de soude 0,065; idem de chaux 0,016; idem de magnésie 0,006; liydrocblorate de soude 0,038; sulfate de soude 0,000; silice 0,021; oxide de fer 0,001.
Mo>TlIG^o?^.
Analyse sur un kilogramme : gaz acide carbonique, une trace; carbonate de magnésie 0.053; idem de fer
0,100; hydrochlorale de chaux 0,107; idem de magnésie 0,139; sulfate de chaux 0,026.
Neris.
Thermale. Analyse par Berlhier, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, une trace ; carbonate de soude 0,026; idem de chaux 0,017; hydrochlorate de soude 0,020; sulfate de soude 0,037.
OssiAN (Vieille-Source).
Température, 26». Analyse par Poumier, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, quatre pouces et demi cubes; gaz hydrogène sulfuré, deux pouces et demi cubes; carbonate de chaux 2,073; bydrochlorate de soude 1,330; idem de magnésie 0,930; sulfate de chaux 0,445; idem de magnésie 5,900; soufre 0,200; silice 0,225. OssiAN (Fontaine-du-Roi).
Température, 30». Analyse par Poumier, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, quatre pouces etdemi cubes; gaz hydrogène sulfuré, deux pouces etdemi cubes; carbonate de chaux 2,000; hydrochlorale de soude 1,250; idem de magnésie 0,900; sulfate de chaux 0,150; idem de magnésie 5,800; soufre 0,225; silice 0,175.
Passy.
Analyse par Deyeux, sur un kilogramme : gaz acide
carbonique, deux pouces cubes; bydrochlorate de soude
0,326; sulfate de chaux 2,283 ; idem de magnésie 1,170;
idem d'alumine 0,572; idem de fer 0,915.
PiTCAlTHLY. .
Analyse par Murray, sur un kilogramme ; carbonate de soude 0,106; idem de chaux 0,053; hydrochlorate de soude 1,381 ; idem de chaux 2,018. I Plombières.
Température, 56». Analyse par Vauquelin, sur un kilogramme : carbonate de soude 0,109 ; idem de chaux 0.020; hydrochlorate de soude 0,040; sulfate de soude 0,065 ; silice 0,070.
Porrie.
Analyse par Hectot, sur seize kilogrammes ; carbonate de chaux 0,106; idem de magnésie 0,936; idem de fer 0,212; bydrochlorate de soude 2,808; idem de magnésie 0,212; sulfate de chaux 0,106; silice 0,159; oxide de fer 0,212.
PorccES.
Analyse par Hassenfralz, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, dix poucescubes; carbonate de soude 1,075; idem de chaux 1,270; idem de magnésie 0,110; hydroclilorate de soude 0,252; silice 0,161; alumine 0,041; oxide de fer 0,102.
POZZELIO.
Température, 42». Analyse sur un kilogramme : gaz acide carbonique, un demi-pouce cube; carbonate de chaux 0,738; idem de magnésie 0,245; hydrochlorate de soude 0,699; idem de magnésie 0,327; sulfate de soude 0,798; idem de chaux 3,375; silice 0,026; alumine 0,109.
Provins.
Analyse par Vauquelin , sur un kilogramme : gaz acide carbonique, trois pouces et demi cubes; carbonate de chaux 0,354; idem de magnésie 0,0-35; idem de fer 0,076; hydrochlorate de soude 0,042; silice 0.025; oxide de manganèse 0.001.
IG
EAU
rii.i.?i\ (Bohème).
Analyse par Boiissingault, sur un kilogramme : carbonate de chaux 0,131; idem de magnésie 0,09G; idem de fer 0,021; hydrochlorate de soude 0,022; sulfate de soude 0,031; silice 0,023.
Rio-ViivAGRE (Colombie).
Analyse sur cinq kilogrammes ; sulfate de chaux7,224; idem de magnésie 2,CoC.
ROISORFF.
Analyse sur un kilogramme : gaz acide carbonique, trois pouces cubes ; carbonate de soude 0,91 1 ; idem de chaux 0,080; idem de magnésie 0,700; hydrochlorate de soude 1,000; idem de chaux 0,084; sulfate de soude 0,029; idem de chaux 0,034; idem de magnésie 0,011. Saint-Aiban.
Analyse par Carlier, sur un kilogramme ; gaz acide carbonique, deux pouces et un quart cubes; carbonate de soude 1,G39; idem de chaux 1.200 ; nitrate de chaux 0,260; alumine 0,200; oxide de fer 0,100.
Saiht-Amamd (département du Nord).
Température, 25<>. Analyse par Drapiez, sur un kilog. : gaz acide carbonique, deux pouces cubes; carbonate de chaux 0,390; hydrochlorate de soude 0,423; idem de magnésie 0,080; sulfate de chaux 0,000; idem de magnésie 0,751 ; silice 0,024; oxide de fer, une trace. Saiiïte-Marie.
Analyse sur un kilogramme : carbonate de chaux 0,301; idem de magnésie 0,021; sulfate de soude 0,133; idem de chaux 0,100; idem de magnésie 5,013. Saint-Geivis (Piémont).
Thermale. Analyse par Socquet, sur un kilogramme : gaz acide carbonique, deux pouces et demi cubes ; gaz hydrogène sulfuré, trois pouces cubes; carbonate de soude 0,532; idem de chaux 0,313; hydrochlorate de magnésie 0,120; sulfate de soude 0,398; idem de chaux 0,188; idem de magnésie 0,190; silice 0,002. Saint-Nectaire.
Température, 27". Analyse sur un kilogramme : carbonate de soude 0,141; idem de chaux 0,022; idem de fer 0,0G0; hydrochlorate de soude 0,120; sulfate de soude 0,007; silice 0,001 ; oxide de fer 0,001. Saint-Pardocx.
Analyse parFaye, sur un kilogramme : gaz acide carboniciue, deux pouces cubes; carbonate de chaux 0,037; idem de fer 0,072; hydrochlorate de soude 0,039; sulfate de chaux 0,053 ; silice, une trace. Saint-Parize.
Analyse par Hassenfratz, sur un kilogramme ; acide
carbonique, deux pouces cubes; carbonate de chaux
1,180; idem de magnésie 0,053; sulfate de chaux 1,330.
Saint-Paul (Savoie).
Température, 28». Analyse par Poumier, surun kilogramme ; gaz acide carbonique, quati e pouces et demi cubes; gaz hydrogène sulfuré, sept pouces cubes; carbonate de chaux 0,503; hydrochlorate de soude 0,478; idem de magnésie 0,425; sulfate de chaux 2,018; idem de magnésie 1,169; soufre 0,183; silice 0,016. Saim-Sacvecr.
Analyse sur un kilogramme : gaz acide carbonique, cinq pouces cubes ; gaz hydrogène sulfuré, sept pouces cubes; carbonate de soude 1.1G9; idem de chaux 0.620;
sulfate de chaux 0,600; soufie 0,030; silice 0,013. Sedlitz (Bohême).
Analyse sur un kilogramme r carbonate de chaux
0,183; idemde magnésie 0,122; hydrochlorate de soude