‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 4)Chapitre 6 sur 99 · Dauphin (Delphinus · texte numérisé non relu

Dauphin (Delphinus

u nombre de deux à chaque mâchoire; point de car

LES LOIRS (Glires).

Ordre V.

Nulles à la mâchoire supérieure LES BESTIAUX (Pccora).

1 Existant aux deux niàchoi-

On y voit que Linné rapporte tous les Mammifères à quarante genres, qu'il répartit dans sept ordres, désignés sous les noms de Primates, de Bruta, de Ferœ, de Glires, de Pecora, de Beliuœ et de Celœ, et qu'il forme principalement sur la considération des dents. Cette classification, extrêmement simple, est infiniment supérieure à celle de Ray, parce que le génie de Linné avait senti les véritables rapports des élres, et parce qu'il avait enfin créé une méthode naturelle. Aussi toutes ses coupes ont -elles été généralement adoptées. Tous ses ordres sont encore admis aujourd'hui par la plupart des naturalistes modernes, et particulièrement l>ar Cuvier, qui seulement a substitué aux noms de

Linné, presque tous peu susceptibles d'être traduits en français, ceux de Quadrumanes, d'Édentés, de Carnassiers, de Rongeurs, de Ruminants, de Pachydermes et de Cétacés. Enfin, parmi ses genres, ceux même qu'on a été obligé de subdiviser se retrouvent encore conservés dans les classifications les plus récentes, où elles forment des familles naturelles. C'est ainsi, par exemple, que l'ordre des Quadrumanes comprend deux grandes familles, les Singes et les Lémuriens, qui correspondent exactement au genre Simia et au genre Lemur de l'illustre législateur de la Zoologie.

La méthode du Systema Naturœ n'est pas moins remarquable à d'autres égards. Avant Linné, les Cela-

ces avaient loujours été séparés des Quadrupèdes vivipares, et la classe des Mammifères n'avait point été établie. Déjà, il est vrai, l'illustre Bernard de Jussieu avait senti les véritables rapports des Cétacés, que tous les naturalistes, et Linné lui-même (dans ses premières éditions) avaient jusqu'alors rangés parmi les Poissons; déjà Brisson, en les séparant de ceux-ci pour en former la seconde classe de son règne animal, les avait placés à la suite des Quadrupèdes vivipares; mais Linné fit plus encore : on les avait rapprochés, il les réunit; et c'est ainsi qu'embrassant, sous le nom commun de Mammalia, tous les animaux à mamelles pour n'en former qu'une seule grande classe, il partagea avec Bernard de Jussieu et Brisson la gloire de la découverte. Vint ensuite la classification purement artificielle de Klein, et celle de Brisson, publiées l'une en 1751, sous le titre de Quadrupediim lUsquisitio brevisque historia natuialis, et l'autre en 1756, dans un ouvrage intitulé : Distribution du règne animal, en neiif classes. Le premier, dans sa mélbodc ]ires(|ue nni(|uement basée sur la considération du nombre des doigts, établissait parmi les Mammifères deux ordres, dont l'un renfermait tous les Ongulés réiiarlis en cinq familles, nommées Motiochiles, Dichiles, l'richiles, Tétrachiles et Pentachiles. Les Onguiculés formaient quatre familles également caractérisées par le nombre de leurs doigts, les Didactyles, les Tridactyles, les Télradactyles et les Penladactyles. Enfin une dixième famille comprenait, sous le nom à'Jcromalopèdes, toutes les espèces à pieds palmés. Dans son système mamraalogique, Brisson s'altachant, au contraire, principalement à la considération du système dentaire, et n'accordant, avec juste raison, qu'une importance secondaire aux caractères tirés du nombre des doigts, divise les Mammifères en dix-buit ordres, qu'il caractérise de la manière suivante : le premier n'a point de dents; le deuxième n'a que des molaires; le troisième a, de plus, des canines; le qualrième et le cinquième ont des incisives à la mâcboire inférieure; mais l'un six seulement, et l'autre huit. Tous les ordres suivants ont des incisives aux deux mâchoires; mais ils se distinguent, soit par le nombre de ces dents, soit par celui des doigts. Ainsi le sixième a la corne du pied formée d'une seule pièce; le septième a le pied fourcbu; le huitième a trois doigts ongulés à chaque pied; le neuvième et le dixième ont également quatre doigts ongulés devant, trois derrière; mais l'un a deux incisives, et l'autre dix à chaque mâchoire. Le onzième se distingue par quatre doigts ongulés à chaque pied. Les sept ordres suivants sont tous unguiculés; mais le nombre des incisives varie : il y en a à chaque mâchoire, deux dans le douzième, et quatre dans le treizième. Le quatorzième en a quatre en haut, six en bas; le quinzième, six en haut, quatre en bas; le seizième, six à chaque mâchoire; le dix -septième, six en haut et huit en bas, et le dernier, dix en haut et huit en bas.

On voit que ces deux méthodes , quoique publiées après les premières éditions du Systema Natitrœ, sont tout à fait différentes de celle qui se trouve exposée dans cet ouvrage. Presque tous les auteurs systématiques.

dont il resie à faire connaître les travaux, peuvent au contraire être considérés comme appartenant à l'école de Linné. Tel est particulièrement Erxleben qui, en publiant, en 1777, son Systema regni animalis , ne l'annonça, en quelque sorte, lui-même que comme une nouvelle édition plus complète du Systema Nciturœ. L'auteur fit en effet connaître beaucoup d'espèces nouvelles, établit plusieurs genres qui tous ont été adoptés, et rendit surtout son ouvrage trèsrecommandable par le soin avec lequel il compléta la synonymie, en citant, pour chaque animal, tous les auteurs qui en ont fait mention dans leurs écrils, depuis Aristote jusqu'aux contemporains : travail immense, et qui ne pouvait être véritablement utile, qu'autant qu'il était exéculé par un naluralisle aussi laborieux et un critique aussi éclairé que le fut Erxleben. Le Systema regni animalis diffère d'ailleurs, à quelques égards, du Systema Nalurœ : remarquant qu'on a beaucoup de peine à former et à caractériser des divisions secondaires vraiment naturelles, l'auteur s'est affranchi de la difficulté à laquelle s'étaient soumis ses devanciers, en partageant la classe en un certain nombre d'ordres, sous lesquels se trouvaient ensuite compris les genres. 11 les place tous dans une seule série continue, et paraît s'attacher presque uniquement à conserver exactement à chacun d'eux, le rang que lui assignent ses rapports naturels.

Dans les années qui suivirent la publication du Systema d'Erxleben. plusieurs méthodes parurent successivement dans d'autres ouvrages, tels que le Prodromus methodi Animalium, de Storr, qui fut publié en 1780; VElenchus Animalium deBoddaerl,en 1787; une nouvelle édition du Systema Natiirœ revue par Gmelin, en 1789; le Manuel d'Histoire naturelle de Blumenbach, et le Système anatomique des Quadrupèdes (1792) où Vicq-d'Azyr présenta une nouvelle classification faite par Daubenton. A l'exception de cette dernière où les Mammifères forment ([uinze classes, et sur laquelle il est inutile de s'arrêter, parce <iu'elle est peu digne du nom de son illustre auteur, toutes n'étaient au fond que celle de Linné avec des modifications plus ou moins importantes, et plus ou moins heureuses.

Storr divisait tous les animaux en trois phalanges : 1"ceuxqui sont pourvus de pieds propres à la marche : ils forment deux cohortes, les Unguiculés et les Ongulés; 2» ceux qui ont les pieds en forme de nageoires, mais à doigts distincts, comme les Phoques et les Lamantins; ôo ceux qui ont de véritables nageoires : ce sont les Cétacés. La première cohorte de la première phalange comprend trois ordres : 1" les Primates, qui se subdivisent en deux tribus, ceux qui ont des mains (Mamiati), et ceux qui n'en ont pas {Emanuati): cette dernière comprend les Chauves-Souris et les Carnassiers; 2" les Hosores, cesontlesBongeurs; et 3" les Mutici, ou les espèces qui manquent de dents ou du moins qui n'ont pas d'incisives. La seconde cohorte comprend également trois ordres : 1» les Jumenta, qui n'ont qu'un seul sabot; a» les Pecora, (|ui en ont deux; 3° les Belluœ, qui en ont plus de deux.

La méthode de Boddaert se rapproche davantage de

celle de Linné; mais elle a beaucoup moins de précision et d'exaclilude que celle de Slorr, à laquelle elle ressemble d'ailleurs en ce que lous les Mammifères sont d'abord divisés en deux grandes sections, les Terrestres et les Aquatiques. La seconde comprend en outre de véritables Aquatiques, l'Hippopotame, le Castor et la Loutre. Boddaerl admet d'ailleurs, parmi les Terrestres, presque tous les ordres établis par Linné; seulement il réunit en un seul les Primates et les Bnita, qu'il embrasse sous le nom d'Unguiculés.

Blumenbach s'est encoie plus rapproché de Liimé; seulement, aux sept ordres admis dans le Syslema Nalurœ, il en ajoute trois autres (F. cinquième édition) qu'il désigne sous les noms de Bimanes, de Chéiroptères et de Solipèdes (Solidiiiignla). Le genre Homme, jusqu'alors ordinairement placé à la lêle des Primats, compose le premier; les Chauves Souris et le genre Cheval forment les deux autres. Quant à Gmelin, il s'est seulement proposé, en publiant une nouvelle édition du Sj'sleiiia Naturœ, quelques années après la mort de son auteur, de mettre cet ouvrage au niveau de la science en employant les travaux de Buffon, de Pallas, de Schreber, de Blumenbach et des autres savants ses contemporains. Malheureusement, l'esiirit de critique, si nécessaire pour les travaux de cette nature, n'a point présidé à ceux de Gmelin ; et il serait dangereux de consulter sans détîance la compilation de cet auteur.

Dans la même année où parut la cinquième édition du Manuel d'Histoire naturelle de Blumenbach (1797), Cuvier et Geoffroy publièrent aussi en France (dans un des journaux du temps ; le Magasin Encyclopédique) une nouvelle classification des Mammifères, et celte méthode, modifiée dans la suite à plusieurs égards, fut généralement adoptée. Us divisèrent d'abord la classe en trois embranchements : les espèces à ongles, les espèces à sabols et les espèces marines; et c'est de la subdivision de chacun de ces embranchements, que résultèrent leurs ordres, au nombre de quatorze. Voici successivement l'indication des caractères de chacun d'eux :

I. QcADRuaANES. Doigts unguiculés; trois sortes de dents; pouces séparés aux quatre pieds.

II. Cbéiroptères. Doigts unguiculés; trois sortes de dénis; mains allongées, palmées; membrane s'étendant du cou, entre les pieds, à l'anus.

III. Plantigrades. Doigts unguiculés; trois sortes de dents; point de pouces séparés ; plante entière appuyée.

IV. Pédihanes. Doigts unguiculés; trois sortes de dents; pouces séparés aux pieds de derrière seulement.

V. Vermiforbes. Doigts unguiculés; trois sortes de dents; point de pouces séparés; corps allongé; pieds n'appuyant que les doigts ; métatarses inclinés ; membres courts.

VI. Bètes féroces. Doigts unguiculés ; trois sortes de dents; point de pouces séparés; pieds n'appuyant que les doigts; membres redressés.

VU. Bo:^GEiiBS. Doigts unguiculés; dents incisives et molaires seulement, sans canines.

VIU. ÉDEKTÉS. Doigts unguiculés; point d'incisives

ni de canines (les Fourmiliers, les Pangolins, les Tatous).

IX. Tardigrades. Doigts unguiculés; point d'incisives; des canines et des molaires (le genre Bradype).

X. Pacbtdermes. Pieds à sabots ; plus de deux doigts aux pieds.

Page 1