NUL
forme que par la disposilion de la charnière sur une ligne presque drolle; elle présente cependant dans son milieu un cuilleron interne pour le lii'janient; celte coquille est mince, diaphane, allongée, ayant le côté antérieur atténué, presque pointu; le côté postérieur est plus arrondi, plus large, mais pres(|ue aussi long que l'antérieur, car la coquille est presque équilatérale. Elle est toute blanche.
-j-f Espèces dont les bords sont crénelés.
TS\icisit,TiACHÈt..Nuculamargantacea, Lamk.; ^rca Aiicteus, L.; Jrca margarilacea, Brug., Encyclop., iio22, pi. 31 1, fig. 3, a, b. Espèce répandue dans l'Océan européen, la mer du Nord, la Méditerranée, sur les côtes d'Angleterre; elle se trouve fossile eu Italie, à Bordeau.x, en Tonraine, en Angleterre, etc.
NUCULE. Pj'iena. bot. On appelle ainsi chacun des petits noyaux osseux, contenus dans un Nuculaine. ^'. ce mot.
NUDlBRANCHF,S.yVi/(//&/a«fft(rt.Moi,L. Ce futCuvier qui institua le premier l'ordre des Nudibranches, parmi les Mollus(|ues Gastéropodes. Duméril l'avait indi<|ué sous le nom de Dermobranches, et Lamarck ne l'a point admis; les Mollusques qu'il renferme ont été placés par ce dernier auteur dans la famille des Tritoniens, la première des tjastérnpodes. Blainville n'a point adopté la dénomination de Nudibranches; il a divisé cet ordre de Cuvier en deux, qu'il a nommés : les Polybranches et les Cyclobranches (F. ces mois); Latieille (Familles Naturelles du Règne Animal) a admis l'ordre des Nudibranches; il le place au commencement des Gastéropodes, et il le divise en trois familles : les Orobranches, les Séribrancbes et les Phyllobranches (F. ces mots).
NUUICOLLES. OIS. Duméril nomme ainsi, danssa Zoologie Analyti<iue, sa première famille des Rapaces, qui contient les genres Vautour el Sarcoramphe. f^. ces mots.
NUDICOLLES. Niiclicol/es. iNS. Tribu de l'ordre des Hémiptères, section des Iléléroplères, famille des Géocorises, établie par Latreille. dans laquelle il place six genres : Holoptile, Réduve, Pétalochéire, Nabis, Zelus et Ploière. f^. ces mots.
NUDILIMACES. Nudilimaces. moli. Latreille (Familles Naturelles du Règne Animal, p. 178) divise le quatrième ordre des Gastéropodes, les Pulmonés, en trois familles dont la première est désignée sous le nom de Nudilimaces; cette famille est la même que celle des Limaciens de Lamarck, moins le genre Vitrine. Latreille a adopté pourl'arrangement des genres qu'elle contient celui que Férussac a proposé dans son ouvrage sur les Mollusques terrestres et Huviatiles; voici dans quel ordre ils ont été placés ;
t Point de coquille extérieure.
1» Corps entièrement cuirassé.
A. Deux tentacules.
Genres : Onceiidb, Okchidie.
B. Quatre tentacules.
Genres : Vagincle, Véronicelie.
2» Corps cuirassé seulement antérieurement.
Quatre tentacules rétractiles dans tous.
Genres ; Limace, Arion, Libaceile, Parmacelle.
tt Une coquille extérieure.
Quatre tentacules.
Genres ; Plectropbore, Testacelie. y. Limaciews.
NDDIPÈDES. OI.S. Vieillot donne ce nom à la première famille de son ordre des Gallinacés, qui contient les genres Hocco, Dindon. Paon, Éperonnier. Argus. Faisan, Co(i, Monaul, Peintade, Rouroul, Tocro, Perdrix, Tinamou et Turnix. f. ces mots.
KIIDIPELLIFÈRES. rept. Celte classe, la quatrième du Système de Blainville, contient quatre ordres :
Les BATRACiEPis, qui sont les Grenouilles, Crapauds, etc.
Les PsEDDo Sauriens ou Salamandres.
Les AJIPBIBIE^s, qui sont les Prolées el les Syrènes.
Les PsEODOPUTDiE^s, OU Cœcilies.
NUÉE. MOLL. /'. Nuage.
NUÉE D'OR. MOLL. Nom vulgaire du Conus Magus.
NUGA. BOT. Espèce du genre Guilandinc.
Nl'LLlPORE. iVK////)0/n.POLTP. Genre de productions marines de l'ordre des Milléporées? dans la division des Polypiers entièrement pierreux, ayant pour caractères : polypier solide, inarticulé, polymorphe, rameux. subfoliacé, encroûtant, ou en masse informe, formé d'une substance calcaréo-gélalineuse, à surface presque toujours lisse et sans pores apparents, ou couverte çà el là de granulations tuberculeuses. Quoique plusieurs auteurs aient regardé ces productions marines comme de simples concrétions calcaires, inorganiques, tous les avaient réunies aux Millépores, sans doute par analogie de forme. Lamarck, dans son Système des Animaux sans vertèbres (p. 5.34). distingua ces productions des Millépores et les nomma Nullipores; mais dans son Histoire des Animaux sans vertèbres (t. ii, p. 203), il a réuni les Nullipores aux Millépores, à la vérité dans une section particulière. Ce nouveau rapprochement ne semble pas naturel : outre le caractère essentiel (l'absence de pores à la surface), la structure intérieure des Nullipores, bien vue, bien décrite, bien figurée par Ellis, ne permet pas de les laisser avec les Millépores. Rien n'est plus variable que la forme de ces productions; tantôt elles sont élégamment ramifiées, el leurs rameaux cylindriques, plus ou moins gros, souvent dicholomes, s'anastomosent quebiuefois entre eux; tantôt leuis ramifications sont irrégulières, inégales, bosselées, tortueuses; elles ne paraissent pas toujours avoir été fixées à ipielque corps solide, mais leur ensemble forme une masse irrégulièrement arrondie, couverte de tous côtés de rameaux courts; tantôt les Nullipores sont étendus en membranes larges, minces, prolifères, à bords irrégulièrement arrondis, et paraissent s'être développés, non sur des corps solides, mais sur quelque chose de mou qui aurait disparu; on trouve souvent cuire ces lames de la vase ou du sable; d'autres fois les lames sont assez épaisses, solides et moins larges (|ue dans le cas précédent; elles se croisent et se coupent entre elles dans toutes sortes de directions; le plus souvent les Nullipores encroûtent sous la forme de membrane plus ou moins épaisse, et adhèrent souvent avec beaucoup de force à la surface des pierres des Coquilles vivantes ou mortes, des Polypiers pierreux, des Fucus, etc. On ne peut se faire une idée
de toules ces formes et de leurs variéles qui sont saus nombre, qu'en voyant rassemblés dans un même lieu des Nullipores de tous les pays ; et en même temps on ne peut méconnaître que les êtres revêtus de formes si diverses appartiennent à un même genre, et peut-être ne se tromperait-on pas en avançant qu'ils sont tous de la même espèce, tant on trouve de nuances qui mènent des uns aux autres, et semblent tout confondre. Aussi règne-t-il la plus grande confusion dans la définilion des espèces et dans leur synonymie ; celles admises par Laniarck dans la seconde section de ses Millépores, sont : NulUpora infurmis, racemosa, fasciciiUita, hyssoides, catcarea, agaricifonnis. Les Nullipores se trouvent dans toutes les mers et à toutes les latitudes; c'est une des productions les |)lus répandues dans la nature; il en existe également de fossiles.
KU.MENIUS. ois. y. Courlis.
KUiMlD.i. ois. Synonyme de Peinlade.
ISD.MIMISMAI.es. moll. foss. On donnait ce nom ù des corj)s lenticulaires, organisés, fossiles, qui ont une forme circulaire, et quel(|ue ressemblance avec des pièces de monnaie, y. NcMMCLifiE.
MMMULACÉES. Nnmmiilacea. M01.1.. Blainville, dans son Traité de Malacologie, a proposé celte famille parmi les Multiloculaires, pour rassembler un certain nombre de genres dont lescaractèrescommunsseraient les suivants ; animal entièrement inconnu, conlenant probablement dans sa partie dorsale et verticalement placée, une coquille ou un corps crétacé, discoïde ou lenticulaire, ne laissant voira l'extérieur aucune trace des tours de spire, entièrement intérieure et partagée en un grand nombre de petites loges ou cellules séparées par des cloisons sans sipbon. Les genres contenus dans cette famille sont les suivants • Kumrauline, llélicine, Sidéroline, Orbiculine, Placenlule. f^. ces différents mots.
NUMMULAIRE. Nummidaria. bot. Espèce du genre Lisimaque. (l^. ce mot.) On a quelquefois étendu ce nom au Linnœa borealis.
KUMMULIE. MOLL. (Denys Montfort.) Synonyme de Nummuline. f^. ce mot.
NUMMULINE. Nummulina. MOLi. La découverte d'espèces vivantes, dans ce genre, a dû faire changer le nom de Nummulite en celui de Nummuline; et d'Orbigny est le premier qui ait proposé ce changement. Il est peu de corps, dans la nature, qui aient fait naitre un plus grand nombre d'opinions plus ou moins bizarres, plus ou moins justes sur leur formation. Très-répandues, formant quelquefois des montagnes entières ou couvrant de vastes contrées; d'une forme discoïde, quelquefois aussi grandes que des pièces de monnaie; d'autres fois pas plus grandes que des lentilles, les Kummulines ont servi lour à tour à expliquer des miracles et à exercer la sagacité des naturalistes ou des écrivains de presi|ue tous les âges. C'est en détinitive dans la famille des Nummulacées, du professeur Blainville, qu'il faut placer le genre Nummuline. Ce genre, suivant dOrbigny, doit rassembler les Lenticulines et les Nummulites de Lamarck, les Nummulites et les Uélicites de Blainville, et les genres Nummulie, Licol'Iire, Rotalie et Égéone de Montfort. De tous ces gen-
res, les Licopbres seules, qui sont des Polypiers trèsvoisins des Orbilolites, ne doivent pas faire partie des Nuinmulines. Ce genre est caractérisé de la manière suivante : ouverture contre l'avant-dernier lour de spire, masquée dans l'âge adulte; coquille discoïdale, dépourvue d'appendices. Il se divise en deux sousgenres : 1" les Kummulines dont les tours de spire sont embrassanis à Ions les âges; 2" les Assilines qui ont les tours de spire apparents à un certain âge. Ces caractères ne sont pas très-faciles à limiter.
Il existe un assez grand nombre d'espèces de Nummulincs; comme elles sont presque toutes lisses, qu'elles sont aussi quelquefois assez variables dans leur forme, que souvent leur taille dépend de l'âge, on doit sentir qu'il a dil être difficile de caractériser les espèces; aussi Irouve-t-on beaucoup de confusion dans la synonymie, surtout des auteurs anciens ([ui ont précédé Linné, et même dans quelques-uns de ceux qui l'ont suivi.
NcuMDLiNE LISSE. Nuiiimulina tœvigala, d'Orb.; Nummulites lœcigata, Lamk.; Camerina lœvigata, Brug., Dict. Encyclop., n" 1; Nauliltts lenliciilaris. Ses deux surfaces opposées sont également bombées, lisses, unies, à bords obtus. Son diamètre le plus ordinaire est de six à huit lignes. En Europe.
NuBMCLinE ROTCLÉE. Nummutiiia rotulata, d'Orb.; Lenticulites rotulata, Lamk. Ses deux surfaces opposées sont aplaties, peu bombées, à bords minces et tranchants. Un peu plus petite que la précédente, elle se rencontre de même fossile dans le Calcaire européen.
NUMMULITE. iV(i?«wjM/î7es. moLL. K. Numbulipie.
NUNDl. BOT. ^. Nabu-Nindi.
NU.NNESIA ou NUNNEZAKIA. bot. Ce genre de la famille des Palmiers, institué par Ruiz et Pavon dans leur Flore du Pérou, parait devoir être réuni au Murtinezia des mêmes auteurs. A'. Martinezie.
NUPHAR. Nuphar. bot. Ce genre, établi par Smith (Proilr. FI. Grœc.) pour le Nfm/iliœa lutea, L., fait partie de la famille des Nymphéacées. C'est le même auquel le professeur Richard a donné le nom de Nymplwsanthus , qui ne peut être adopté. On doit caractériser le genre Nuphar de la manière suivante : le calice se compose de cinq à six sépales colorés et pétaloïdes; la corolle de dix à dix-huit pétales très-courts, insérés ainsi que les élamines au-dessous de l'ovaire, et nullement sur les parois de celui-ci, comme dans le Nymphœa. Ces étamines sont fort nombreuses, recourbées en dehors, ayant leurs filets plans. L'ovaire est libre, ovoïde, terminé supérieurement par un stigmate concave, discoïde et rayonné. Le fruit est une péponide charnue intérieurement, où elle est séparée par autant de fausses cloisons membraneuses qu'il y a de lobes au stigmate. Les graines sont très-nombreuses, renversées, |)endantes et attachées aux parois de CCS fausses cloisons. Leur tégument propre est double: l'extérieur plus épais est comme crustacé ; l'interne est mince et pellucide; il recouvre un endosperme charnu, blanc, et à la base duquel est placé un embryon renversé, ayant la même direction et la même structure que dans le genre Nénuphar.
Nuphar coMMuri. A'w/j/mr lutea, Smith, /oc. cit.; DC,
Sxst. Nat. yey., 2, p. 60; Axvipliœa Ititea, L. C'est une planle Irès-comniune dans les rivières dont le cours est peu rapide. Ses feuilles, longuement péliolées,soiit cordiformes, arrondies, obtuses et nageantes à la surface des eaux; ses pédoncules sont cylindriques, élevant les Heurs au-dessus de l'eau. Celles-ci sont jaunes, assez grandes, donnant naissance à des fruits ovoïdes, de la grosseur d'une tête de pavot blanc, amincis vers leur sommet où ils sont comme tronqués par le stigmate. Leur partie corticale se rompt irrégulièrement en lanières qui s'enlèvent de la base vers le sommet.
Les autres espèces rapportées à ce genre sont : Nuphar pumila, Smilb, qui croît en Ecosse et en Laponie; Nuphar Kaimiana, Ait., Kew., de l'Améiique septentrionale; NupharJaponica, DC, figuré dans les Icônes selectœ du baron Delessert (vol. 2, tab. G); Nuphar sagillœfolia, Pursh, de l'Amérique septentrionale, et iV«/>/ia/affce«a, Ait., également de rAméri([ue boréale.
NUQUE. Nuclia. zooL. Partie supérieure de la région postérieure du cou des Mammifères et des Oiseaux, celle qui est annexée à la lête. Chez les insectes la Nuque comprend la partie supérieure du cou.
NURSIE. Niirsia. crcst. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Bracliyures, tribu des Orbieulaires {Leucositlea, Leach), établi par Leach et adopté par Latreille. Les caractères de ce genre sont : tige externe des pieds-màcboires extérieurs dilatée; pieds de la première paire anguleux, avec les doigts des |)inces forlement réHécliis; carapace un peu avancée en forme de rostre, ayant ses côtés postérieurs échancrés et dentelés; avant-dernier article de l'abdomen du mâle pourvu d'une petite pointe à son bord postérieur. Ce genre se dislingue des Leucosies par la carapace qui est rhomboïdale, tandis qu'elle est globuleuse dans ces derniers, et par d'autres caractères tirés de la forme des piedsmàcboires. Les Ébalies ont la tige externe des piedsmâchoires linéaire, ce qui n'a pas lieu dans les Nursies. Les espèces de ce genre sont propres aux mers des Indes et de la Nouvelle-Hollande. On n'en connaît encore que deux.
Ndrsie d'Hardwick. Nursia Hardwickii , Leach. Carapace à quatre dents de chaque côté, ayant sur son milieu, trois tubercules disposés en triangle, et près de son bord postérieur, une ligne transversale élevée portant un tubercule; front avancé, quadriflde. Cette espèce vient de l'Inde.
NUSAH. MULL. Adanson (Voy. au Sénég., pi. 18) nomme ainsi une coquille du genre Donace; Linné lui a donné le nom de Vuiiax denticulata.
NUTRITION. ZOOL. BOT. La Kulrilion est cette fonction par laquelle tous les êtres organisés converlissenl en leur propre substance, pour les faire servir à l'entretien et à raccroissement de leurs diverses parties, les matériaux nutritifs élaborés par les fonctions organiques et assimilatrices. But et complément de ces fonctions, la Nutrition est destinée à réparer les pertes continuelles auxquelles sont incessamment soumises toutes les parties des êtres organisés. A mesure que d'anciens matériaux disparaissent, entraînés au dehors par les sécrétions el les excrétions, de nouvelles ma-
tières ariivent, qui remplacent les premières, et renouvellent ainsi, sans cesse, la composition intime des organes. Celle rénovation des diverses parties du corps est prouvée par des expériences directes el positives. Si pendant quelque lemps on mêle de la racine de Garance aux alimenls d'un animal, on voit bienlôt que ses os prennent une coloration rose, qui devient de plus en plus intense. Celle coloralion n'a pas lieu seulement à la surface exlerne de ces organes, elle pénètre leur tissu le plus intime. Si l'on cesse pendant un certain temps l'usage de cette racine, les os perdent graduellement celle couleur (pii finit par disparaître entièrement. Ce phénomène prouve que les molécules nutritives sont Iransporlées et chariées dans toutes les parties du corps; qu'elles s'y fixent, et en deviennent en quelque sorte partie inlégrante, jusqu'à ce qu'expulsées et remplacées par de nouvelles, elles soient rejetées au dehors el deviennent malièresexcrémenlilielles. La Nutrition se compose donc de deux mouvements bien dislincts : l'un d'assimilation, par lequel les molécules nutritives pénètrent les organes et s'identifient avec eux; l'autre de désassimilalion, opposé au précédent, et qui chasse au dehors les matériaux qui ne peuvent plus servir à l'entretien el au développement des parties.
Un grand nombre de physiologistes ont cherché à mesurer l'espace de lemps employé à celte rénovation des diverses parties du corps. Plusieurs l'avaient fixée à sept ans, chez l'Homme; d'autres, parmi les modernes, avaient dit qu'il ne fallait que trois ans pour que le corps fût en quelque sorle recomposé de matériaux nouveaux. Mais en y réfléchissant un peu, on voit qu'il est impossible d'assigner avec précision les limites de ce phénomène. Sa durée doit nécessairement varier suivant une foule de circonslances. Ainsi l'âge, les dispositions individuelles exercent une influence extrêmement marquée sur la rapidité et la force de la Nutrition, comme au reste sur les diverses autres fonctions. 11 est donc impossible de rien préciser à cet égard.
Bien différente de toutes les autres fonctions, la Nutrition n'a pas d'organe qui lui soit spécialement affecté. Elle s'exerce dans toutes les parties vivantes, pour les- (pielles elle est en quelque sorle l'aliment de la vie. Mais pour qu'un organe se nourrisse, il faut nécessairement qu'il jouisse delà sensibilité et du mouvement; la section des cordons nerveux qui se rendent à une partie, la ligature des vaisseaux qui s'y distribuent, y suspendent el anéantissent le mouvementassimilaleur.
De même que dans la i)lupart des fondions vitales, on connaît les circonslances qui mellenl en jeu el accompagnent l'exercice de laNulrîlion; mais on ignore son essence, son véritable mécanisme; on voit les substances alimentaires soumises aux différentes phases de la digestion, se changer en une pâle fluide qui, en s'animalisanl de plus en plus, forme un liquide nommé chyle. Ce liquide, dans l'intestin grêle, est absorbé par les vaisseaux lym|)hatiqnes. Ces vaisseaux, en se réunissant, forment un tronc commun qui va verser le produit de l'absorption dans le torrent de la circulation sanguine. Chargé de ces nouveaux principes nulrilifs. le sang est ensuite vivifié dans le
poumon par son conlact avec l'air alinospliùri(iuc, auquel il craprunle de nouveaux principes de vie. C'est dans cet état que, par la force contractile du cœur. Il est transporté dans toutes les parties du corps. Chemin faisant, il se dépouille des substances les plus fluides, s'élabore et s'anlmnlise de plus en plus, fournit aux orsanes glanduleux le principe de leur sécrétion, et par la ramification et la division toujours croissante des vaisseaux, arrive jusque dans le tissu des orjîanes où s'opère la Nutrition. Mais c'est ici que cesse l'observation directe des phénomènes, et que commence le champ illimité des hypothèses. La matière nutritive arrivée dans les organes s'y distribue, et c'est alors seulement que commence la Nutrition. Quoique cette matière soit une, elle se convertit cependant en autant de substances distinctes qu'il y a d'éléments organiques; mais ces changements sont inappréciables aux yeux de l'observateui, et leur mécanisme échappe entièrement. Il semble que pour cette fonction, tous les organes du corps deviennent autant d'organes sécréteurs, élaborent chacun un Huide particulier, qui, par une cause inconnue, se convertit aussitôt et ajoute à l'organe qui l'a formé. Ce n'est point par une force spéciale que divers auteurs ont désignée sous le nom de force assimilatrice, qu'ont lieu les phénomènes de la Nutrition, mais c'est par suite de la vertu tonique inhérente à chacun de ces tissus, et par une sorte d'affinité vitale, qui leur fait choisir dans les principes nutritifs les éléments en rapport avec leur nature, que l'on peut concevoir le mécanisme de cette fonction.
Mais ce mécanisme, très-compliqué chez l'Homme et chez tous les animaux d'un ordre supérieur, se simplitie à mesure que l'organisation elle-même offre plus de simplicité. Ainsi, dans les animaux d'un ordre tout à fait inférieur, dans les Infusoires, quelques Vers et quelques Mollusques, les fonctions assimilatrices sont réduites à l'absorption et à la circulation ; encore cette dernière fonction échappe-t-elle à l'observateur, dans quelques cas. Ces animaux qui vivent dans l'eau, absorbent par tous les points de leur surface externe les matériaux nutritifs qu'ils puisent dans le tluide au milieu duquel ils se meuvent, etsouveutsans qu'on puisse suivre ce fluide, il est immédiatement employé à l'entretien et à l'accroissement des tissus. Ici donc il n'a fallu qu'une force de succion ou d'alisorption inhérente à la surface de ces êtres en contact avec le fluide ambiant, pour déterminer tous les phénomènes de la Nutrition. L'un des phénomènes remarquables qui résultent de la Nutrition dans ce qu'on pourrait appeler les animaux purement absorbants, est la viridité des Huîtres et la coloration des Polypes d'eau douce, que la volonté de l'homme peut opérer.
1 1 en est de même dans les végétaux; c'est en vertu d'une force de succion qu'ils absorbent dans l'atmosphère ou dans le sein de la terre les substances solides, liquides ou gazeuses qui doivent servir à leur Nutrition. Il faut donc étudier d'abord la succion exercée par les racines dans le sein de la terre, par les feuilles ou les autres parties vertes au milieu de l'atmosphère , puis suivre la marche des sucs nourriciers des racines vers les feuilles à travers les tiges et leurs ramifications, et
observer successivement les divers phénomènes auxquels elle donne lieu dans sa marche à travers toutes les parties du végétal.
La succion ou l'absorption s'opère dans le sein de la terre par les racines qui y sont plongées ; mais ce n'est pas indislinctemeat par tous les points de leur surface qu'elle a lieu; ce n'est que par les extrémités de leurs fibrilles les plus déliées qu'elles absorbent dans la terre les fluides et les gaz qui y sont contenus. Mais ce ne sont pas les radicelles qui sont les seuls organes de l'absorption : toutes les parties vertes des végétaux exposées à l'air, (elles que les feuilles, les stipules, les jeunes branches, sont également douées de la même force de succion , et concourent aussi à cette importante fonction. Plongées dans le sein de la terre, les radicelles capillaires y pompent par leur extrémité l'humidité dont elle est imprégnée. L'eau est le véhicule nécessaire des substances nutritives qu'absorbe le végétal; ce n'est pas elle (|ui forme la base de son alimentation, comme le croyaient les anciens physiciens ; mais elle sert simplement de dissolvant et de mensirue aux corps qu'il doit s'assimiler. Il est facile de démontrer cette vérité : si l'on fait végéter une plante dans de l'eau distillée, à l'abri de toute influence étrangère, elle ne tardera pas a périr. L'eau seule ne suffit donc pas à sa Nutrition {l^. Eab). 11 faut, pour cela, qu'elle contienne d'autres principes étrangers à sa nature; et d'ailleurs les végétaux ne renferment-ils pas, outre les principes constituants de l'eau, c'est-à-dire, l'Oxigène et l'Hydraffène, du Carbone, des gaz, des substances terreuses, des sels et même des matières métalliques à l'état d'oxides ou en combinaison avec les acides? L'eau, par sa décomposilion, n'ayant pu donner naissance à ces divers principes, il faut en trouver la source ailleurs. Le Carbone existe en abondance dans toutes les parties des végétaux, dont il forme en quelcpie sorte la base. Ce n'est pas à l'état de pureté qu'il a pu s'y introduire, puisque, dans cet état, il est excessivement rare dans la nature et tout à fait insoluble dans l'eau; mais en revanche, l'acide carbonique est très-abondamment répandu. Il se trouve dans l'atmosphère, mélangé avec l'air, dans le sein de la terre, dans les engrais qu'on y mêle. Très-soluble dans l'eau , il est rare que celle-ci n'en contienne pas toujours une certaine quantité. C'est donc à l'état d'acide que le Carbone est porté dans le tissu végétal. Or, voici comment il s'y décompose pour s'y fixer et en faire partie : exposées aux rayons du soleil, les plantes, comme l'expérience l'a prouvé, absorbent l'acide carbonique, le décomposent, retiennent le Carbone, et laissent ensuite exhaler l'Oxigène qui le tenait à l'état acide. L'eau n'a donc pu contribuer en rien à la formation de cette substance.
Quant à l'Oxigène, il n'est pas difficile d'expliquer sa présence dans les tissus végétaux. En efîet, 1» une certaine quantité de l'eau absorbée étant décomposée, son Oxigène se fixe dans le végétal ; 2o Théodore De Salissure a prouvé que les plantes ne rejettent point au dehors tout l'Oxigène qui acidifiait le Carbone, elles en retiennent une certaine quantité ; 3» enfin l'air atmosphérique qui circule dans les végétaux se décompose en partie et cède une portion de son Oxigène. On
voil par là que ce principe élémentaire arrive aux végétaux de plusieurs sources différentes. L'Hydrogène et l'Azote des sul)stances végétales sont également le produit de décompositions analogues. Le premier provient évidemment de celle de l'eau, et le second de l'air atmosphérique.
Mais indépendamment de ces substances inorganiques,.qui entrent essentiellement dans la composition des tissus végétaux, il en est encore d'autres qui, sans faire partie essentielle de leur organisation, s'y rencontrent néanmoins assez fré(piemment; tels sont la Silice, différents sels de Chaux, de Soude, de Potasse, le Fer, etc. Les expériences précises de Théodore De Saussure ont égalemenC prouvé que ces substances arrivent toutes formées dans l'intérieur du végétal. Déposées dans le sein de la terre ou de l'atmosphère, elles sont dissoutes ou entraînées par l'eau qui les fait ainsi pénétrer dans le végétal. Ce n'est donc pas l'acte de la végétation qui forme ces substances, ainsi (|ue l'avaient avancé quehiues physiciens. C'est le milieu dans lequel les plantes se développent qui leur cède les alcalis, les terres et les substances métalliques <|ue l'analyse chimique y fait découvrir. Ce fait, prouvé par les expériences de De Saussure, a été de nouveau mis en évidence par une ingénieuse expérience de Lassaigne, préparateur de chimie à l'école d'Alfort. Ayant fait germer sur de la Heur de Soufre bien lavée et dans un appareil convenablement préparé, dix grammes de graines de Sarrasin qu'il arrosait seulement avec de l'eau distillée, il les incinéra au bout d'une quinzaine de jours, lorsqu'elles eurent développé leur tige et quelques feuilles. La quantité de matières salines qu'il trouva dans leurs cendres fut absolument la même que celle qu'il retira d'une égale quantité de graines non germées qu'il Incinéra. Il est donc démontré d'après cette expérience qu'il ne se forme aucune matière saline par l'acte de la végétation, quand celle-ci a lieu sans la participation des substances capables de lui en céder.
Mais quelle est la puissance qui détermine la succion des racines ? Les lois ordinaires de la physique et de la mécanique sont insuffisantes pour expliquer un semblable phénomène. La force extraordinaire avec laquelle s'opère celte absorption ne peut être conçue d'une manière satisfaisante qu'en admettant une puissance, une énergie vitale, inhérente au tissu même des végétaux, et déterminant par son intluence, dont la nature est entièrement inconnue, tous les phénomènes sensibles de la végétation.
Haies, célèbre physicien anglais, dans sa Statistique des Végétaux dont Buffon a donné une traduction, est le premier qui ait démontré, par des expériences directes, la force prodigieuse de succion des racines et des branches. H dégagea une branche de la racine d'un Poirier, en coupa l'extrémité et y adapta l'un des bouts d'un tube recourbé rempli d'eau et dont l'autre extrémité était plongée dans une cuve à Mercure ; en six minutes le Mercure s'éleva de huit pouces dans le tube. Le même physicien fit une expériejice analogue pour mesurer la force avec laquelle la Vigne absorbe l'humidité dans le sein de la terre. Le fi avril, il coupa
un cep de Vigne sans rameaux , d'environ sept à huit lignes de diamètre, et d'à peu près trente-trois pouces de hauteur. Il y adapta un tube à double courbure qu'il remplit de Mercure jusqu'au coude qui surmontait la section transversale de la tige. La sève qui sortit du sommet tronqué de la lige et qui était absorbée parles racines, eut assez de force pour élever en quelques jours la colonne de Mercure à trente-deux pouces et demi au-dessus de son niveau. Or le poids énorme de l'atrnosphèie ne peut élever le Mercure que de vingthuit pouces au-dessus de son niveau. Dans l'expérience précédente la force avec laquelle la sève s'élevait des racines dans la lige était donc supérieure à la pression de l'atmosphère. Cette expérience a été répétée par le professeur Jlirbel qui en a constaté l'exactitude.
Les feuilles exercent une grande intluence sur celte force de succion, qui peut se produire également par des branches détachées de la plante mère et par consécjuent indépendamment des racines. Aijisi un jeune rameau chargé de feuilles, plongé par son extrémité inférieuie dans un licpiide, absorbe ce liquide avec une grande activité. 11 en sera encore de même si on le retourne, c'est-à-dire si l'on plonge son sommet dans l'eau, l'absorption continuera à s'exercer avec une force presque égale. Il résulte de là (|ue l'absorption a lieu non-seulement par les racines, mais encore par les feuilles et toutes les parties vertes exposées à l'air. Dans quelques cas même ces organes sont les seuls qui servent à cette fonction. Ainsi dans les plantes grasses et particulièrement dans les Cactus, dont les racines sont fort petites et qui végètent d'ordinaire dans les sables brûlants des déserts ou sur des rochers nus et dépouillés (le toute terre végétale, il est évident que l'absorption des fluides nutritifs a lieu presque exclusivement par les feuilles et les autres parties vertes développées dans l'atmosphère, car la faiblesse de leurs racines, l'extrême aridité du sol dans lequel ils croissent, ne suffiraient pas pour les faire végéter.
Ainsi donc, c'est à la fois par les racines. |)ar les feuilles et par toutes les parties vertes, que sont absorbés les fluides qui doivent servir à la Nutrition du végétal. Mais ces fluides qui portent le nom de sève ne sont pas immédiatement employés à la Nutrition, pas plus que le chyle, produit de la digestion dans les animaux. Il faut que la sève ait circulé dans le végétal, qu'elle ait perdu par la transpiration la partie surabondante d'eau qui la compose, avant d'être employée à l'assimilation. C'est lorsqu'elle a ainsi parcouru toute l'étendue de la jilante, qu'elle a acquis véritablement la pro|)riélé de pouvoir renouveler les tissus végétaux. Mais comment s'opère cette Nutrition? On ne le sait pas plus ici que dans les animaux. On connaît simplement l'origine des matériaux constitutifs de la plante, mais comment s'opère la transformation du Carbone, de l'Oxigène, de l'Azote, en tissus organisés ■■ On l'ignore et l'on est forcé d'admettre encore ici une force occulte, une force vitale, inhérente à la matière organisée (|ui est la cause première de son développement.
LaNntrition,dans les végétaux, a de grands rapports avec la même fonction dans les animaux, mais néanmiiins, elle offre quehjues différences dignes d'élre
K A «s. ':iL£^Cêm W£JS^£- ^^^&^W.
raCTAGO JAlix\?A.
notées. Ainsi, c'est par la bouche que les animaux d'un ordre supérieur, ou par toute la surface de leur corps, que ceux qui occupent les derniers deyrés de l'échelle animale, introduisent au dedans les substances qui doivent servir à leur Nutrition. C'est au moyen des bouches aspirantes qui terminent leurs libres radicellaires. ou par les pores absorbants qui existent sur les feuilles ou les autres parties vertes, que les végétaux puisent au sein de la terre ou de l'atmosphère les matériaux qui doivent être employés à leur Nutrition. Dans les animaux, les matières absorbées suivent un seul et même canal depuis la bouche jusqu'à l'endroit où la matière nutritive doit être séparée des substances inutiles ou excrénientitielles. Dans les végétaux, le même phénomène a lieu : les fluides absorbés parcoulent un certain trajet avant d'arriver jusqu'aux feuilles où s'opère la séparation des parties nécessaires ou inutiles à la Nutrition. Les uns et les autres rejettent au dehors les substances impropres à leur développement. Le chyle ou l'aliment des animaux se mêle au sang qu'il eniretient et répare continuellement; il parcoure toutes les parties du corps, auxquelles il cède les principes qui doivent réparer leurs pertes et leur fournir de nouveaux principes dévie et de développement. La sève des végétaux, après avoir éprouvé l'intluence de l'atmosphère dans les feuilles, après s'y être dépouillée d'une partie des fluides surabondants qu'elle contenait; enfin, après avoir acquis une nature et des propriétés nouvelles, redescend dans tous les organes <lu végétal, pour y porter les matériaux de leur accroissement et servir au développement de toutes leurs parties. F. pour les phénomènes de la marche des fluides dans les végétaux et les animaux, les mots Sève et
ClRCt;iATI0IV.
NUTTALLIE. A'h/ïh//!». BOT. En rétablissant le genre Neinopuiitlies de RafKnesque, De Candolle lui avait d'abord imposé le nomde Nullatlia, mais il abandonna cette dénomination, parce que, dit-il, elle était déjà employée par Sprengel pour un genre de Légumineuses. Il paraît que ce dernier genre n'a pas été adopté, car on ne le retrouve ni dans lesiMémoircs sur les genres de Légumineuses publiés par De Candolle, ni dans son Prodionius. D'un autre côté, le nom de Niiltnllia a été appliciué par Barton [Flor. Jmeric, 2, p. 74, lab. 62) à un nouveau genre de Malvalcées, constitué sur une plante trouvée par Nuttall lui-même sur le territoire d'Arkansa, dans l'Amérique septentrionale. Nuttall lui avait donné, dans ses manuscrits, le nom de CalUnhoe. Ce genre a le calice des Hiila et le fruit des Mauves; cependant il parait se rapprocher davantage du premier de ces deux genres. Le Nultallia digilata, Bart., loc. cit., et Bolait. Magaz., tab. 2012, est la seule espèce décrite. C'est une plante à fleurs purpurines, portées sur de longs pédoncules, et à feuilles l)eltées. digitées.
NUTïALLlTE.jim.(Brooke, Annales de Philosophie, mai 1824, p. ôGO.) Minéral qui, par son as|)ect extérieur, a quelque analogie avec l'Éléolite ou Pierre grasse, avec la<iuelle on l'avait d'abord confondu ; qui, par sa forme, se rapproche de la Scapolite, mais qui diffère de ces deux minéraux par son clivage, son éclat
plus vitreux, et sa moindre dureté. Suivant Brooke, ses cristaux sont des piismes rectangulaires, droits, divisibles parallèlement aux faces latérales. Les arêtes longitudinales sont remplacées par des plans ; les hases ne sont pas nettes et le clivage qui leur est parallèle est peu distinct. Brooke a donné à cette substance le nom de Kutlallite, en l'honneur de Nuttall qui l'a rapportée des États-Unis. On l'a trouvée en cristaux engagés dans un carbonate de Chaux, à Boston. État de Massachussels. Son analyse faite par Thomson a produit : Silice 58,88; Alumine 25,75; Chaux 18,38; protoxide de Fer 7,89; Potasse 7,40; Eau 1,50.
NUX. BOT. /'. Noix.
NUXIE. Nuxta. bot. Ce genre de la Tétrandrie Monogynie, L., a été fondé par Lamarck {Il/usir. Gen., n» 1508, pi. 71), d'après les manuscrits de Commerson. Il avait d'abord été confondu par Jussieu avec le Manubea d'Aublet, et conséquemment réuni à V/Egiphila par Willdenow. Dans le seizième volume des Annales du Muséum d'Histoire naturelle, Jussieu confirme l'existence du genre Nuxia, après avoir connu la véritable structure du fruit. L'observation en est due à Michaux qui la fit sur la plante vivante, pendant son court séjour à l'Ile-de-France. On devra néanmoins exclure de ce genre le Nuxia etata de Swartz et Persoon, qui paraît être un véritable /Egi/jhita. Les caractères essentiels du genre Nuxie , après ces réformes indiquées par Jussieu, consistent en un calice quadrifide; une corolle presque infundibuliforme. à quatre segments peu profonds et rétlécbis; quatre étamines insérées à l'entrée de la corolle; stigmate tronqué; fruit capsulairc, à deux loges remplies de graines nombreuses. Ce genre, selon Jussieu, doit s'éloigner des Verbénacées, et se rapprocher des Schrophularinées , auprès du Biidleia.
NtJXiE VERTtciLLÉ. Niixia veiticUlala, Lamk.; jEgipliita Nuxia, Willdenow. C'est un bel arbre qui croit à l'Ile-de-France. Son écorce est blanchâtre ou brune, fendillée; son bois a une teinte jaune. Ses rameaux sont opposés et portent des feuilles réunies par trois ou quatre en une sorte de verticille, entières, glabres et luisantes. Les fleurs sont également disposées par verticilles el forment une grande panicule.
NYALEL. BOT. ^'. NiAlEL.
NYCTAGË. Nfclago. bot. Genre de la famille des Kyctaginées, et delà PentandrieMonogynie,L., offrant les caractères suivants : périanlhe double ; l'extérieur campanule, ouvert, à cinq divisions peu profondes, lancéolées, pointues et inégales; l'intérieur, considéré par Tournel'ort et Linné comme une corolle, trèsgrand, pétaloïdc, infundibuliforme, ventru à la base, resserré au-dessous de l'ovaire, puis s'élargissant en un limbe ouvert, presque entier ou à cinq petites dents; cinq étamines dont les filets sont insérés sur le réceptacle réuni à la base autour de l'ovaire et adné au périanthe interne dont la base persiste et couvre l'ovaire qui est turbiné, surmonté d'un style filiforme, de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate globuleux et couvert de petites glandes papillaires; graine globuleuse, i)Ourvue d'un albumen farineux, irès-abiindant. Tournefort donnait à ce genre le nom
lie Jalapa qui fut de uouveau reproduit par Mœnch, parce qu'on croyait que l'espèce principale était la plante qui produisait la racine de Jalap. Linné le nomma Mirabilis, quoique ce mot fût un adjeclif qui ne peut être adopté pour désifjner un genre. C'est pourquoi Jussieu, dans son Gênera Plaiilanim, lui restitua la dénomination employée autrefois par Van- Royen. Les Nyclages sont des plantes herbacées, indigènes du Pérou, du Mexique et d'autres régions circonvoisines de l'Amérique.
Ntctage facx-Jaiap. Nfclago Jalapa, DC, Flore Française; Mirabilis Jalapa, L. Vulgairement Belle de Nuit ou Merveille du Pérou. Celte plante a une racine pivotante, grosse, charnue, blanche en dedans, noirâtre extérieirrement. Sa tige, haute de près d'un mètre, est noueuse, ferme et dicliolome ; elle porte des feuilles opposées, entières, presque en cœur, pointues, glabres et légèrement gliitineuses. Les Heurs forment au sommet des branches des corymbes très-serrés; chacune est portée sur un pédoncule particulier. Elles sont ordinairement rouges, quelquefois jaunes, blanches, ou panachées dans les variétés que la cullure a fait développer. Il est à remarquer ([ue l'on n'a pu obtenir par la culture que des variétés de couleur et non des différences marquées dans les formes; ainsi les fleurs sont toujours à peu près de la même grandeur, mais jamais doubles ou monstrueuses. La Belle de Nuit est ainsi nommée parce qu'elle étale ses fleurs quand l'horizon est privé de la lumière solaire; elle tient ses fleurs ouvertes non-seulement pendant la nuit, mais encore pendant la journée lorsque le ciel est couvert de nuages. C'est donc un effet direct de la lumière solaire, et non pas, comme Linné a voulu e.\pliquer ce phénomène, un effet d'habituile résultant rie ce que la Belle de Nuit est originaire du Pérou, contrée située sous les tropiques et dans un autre hémisphère où les heures pendant lesquelles le soleil éclaire l'horizon correspondent précisément à celles pendant lesquelles d'autres ont la nuit. La racine de ce Nyctage a un goût acre et nauséabond ; elle est purgative à peu près autant que le Jalap, ce qui a fait croire que cette dernière racine provenait de la Belle de Nuit. On est aujourd'hui certain que le Jalap est produit par une espèce de Liseron, y. ce mot et Jalap. Les graines de la Belle de Nuit renferment un périsperme ou albumen farineux, très-abondant, dont il ne serait pas difficile d'extraire de la fécule amylacée. Les Heurs de cette plante se succédant pendant un espace de temps assez considérable, la récolte de ces graines ne pourrait, il est vrai, se faire <|ue successivement, mais elle serait pour ainsi dire continue ; elle donnerait plus d'importance à cette plante qui d'ailleurs est unit des plus agréables parmi celles qui décorent les parterres vers la tin de la belle saison.
Nyctage dichotome. Nfctago ilicholoma, Juss.; AJirabilis dichotoma , L. et Lamk. Elle ressemble beaucoup à la précédenle, mais ses liges se divisent en rameaux plus étalés, plus nombreux et plus touffus. Ses feuilles sont de même forme, mais beaucoup plus petites. Il en est de même des fleurs, qui en outre sont scssilcs, axillaires, presque solitaires ou rarement
réunies plus de deux ou trois dans la même aisselle; elles s'épanouissent beaucoup plus tôt que dans l'espèce précédente, ù peu près vers (|uatre heures de l'après-midi, d'où le nom de Fleur de quatre heures qu'on lui donne vulgairement; elle répand alors une odeur très-suave. Celle plante est originaire du Mexique.
NvcTAGE a longues fi-EDRS. Nyotago toiigiflora, De Cand., FI. Fr.; Mirabilis loiigi/lora, L. Elle se distingue facilement à l'extrême longueur du tube de ses Heurs; ce tube est étroit, penché, et s'ouvre au déclin du jour en un limbe plissé à cinq dents; les Heurs répandent alors une odeur musquée très-agréable. Celte plante a des liges si faibles qu'elles ont besoin d'être appuyées pour ne pas ramper à terre. Les feuilles sont molles, pubescentes, cordiformes, les inférieures péliolées, les supérieures sessiles et amplexicanles. Celte belle plante croit naturellement dans les hautes montagnes du Mexique, d'où les astronomes français en rapportèrent des graines vers le milieu du siècle dernier. Elle est plus recherchée par les amateurs que les deux précédentes.
NYCTAGINÉES. Nyclagineœ. bot. Famille naturelle de plantes dicotylédones apétales et hypogynes, dont le nom est tiré du genre Nyctago qui en est le type. Celte famille peut être caractérisée de la manière suivante : les Heurs sont environnées d'un involucre monophylle ou poly|)hylle, contenant plusieurs Heurs ou quelquefois une seule, et offrant alors l'apparence d'un calice. Celui-ci est coloi-é, monosépale et généralement tubuleux, ayant son tube plus ou moins grêle, renflé à sa partie inférieure, qui persiste quand toute la partie supérieure se détache; son limbe est plus ou moins plan, lareraent entier, le plus souvent divisé en lobes plissés. Les étamines sont en nombre défini qui varie de cinq à dix; elles sont insérées au boid supérieurd'un disque hypogyne, saillant airtour de l'ovaire sous la forme d'un godet concave qiri le recouvre en partie. Les filets des étamines sont grêles, terminés par une anthère bilobée, à deux loges opposées, s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal. L'ovaire est ovoïde, libre, à une seule loge contenant un ovule dressé. Le style est long, grêle, terminé par un stigmate simple. Le fruit est une cariopse recouverte par le disque qui lui forme comme urr péricarpe accessoire. Le véritable péricarpe est mince et adhérent avec le tégument propre de la graine. Celle-ci se compose d'un embryon recourbé sur lui-même, ayant sa radicule repliée sur la face d'un des cotylédons et embrassant ainsi l'endosperme qui se tr'ouve central.
Les Nyctaginées sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, ou des arbustes et même des arbres. Leurs feuilles sont simples, le plrrs souvent opposées et inégales, quelquefois cependant alternes. Les Heur's sont axillaires ou terminales, réunies plusicrrrs ensemble dans un involucre commun ou ayant chacune un involucre particulier et caliciforme. Quelques airleurs partant des genresdont l'involucre est uniHore, comme de la Belle de Nuit, par exemple, ont décrit cet involucre comme un calice et le véritable calice comme une corolle. Mais l'examen des genres dont l'involucre renferme plusieurs Heurs pourvues seulement d'un
périanlhe simple, repousse celle manière de consiiiiirer l'organisalion de cette famille.
Les ijenies qui appartiennent aux Nyclaginiîes ont leurs espèces ou toutes herbacées ou toutes ligneuses : de là les deux sections qui ont été établies pour disposer les genres.
f Tige herbacée.
Nyctago , ,Iuss.; Osybaphus , l'Héritier, (|ui est le
Calxxliymenia d'Orléga; AUionia, L.,qui comprend
le ll'eilelia de LœfBing; Boeihaatia , L. ; Abionia ,
.luss., qui est le Tricratus de l'Héritier.
■f-f Tige ligneuse.
Pisonia, L., auquel il faut réunir le Culpiilea de Du Petit-Thouars; le Muntwatia de Roltler; Salpian- Ihiis, Kuntb, <|ui est le Boldoa de Cavanilles; Neca, Kuizet Pavon; Axia, Lour.; Biiginvillea, ComvuMs., qui comprend le Tricycla de Cavanilles, et enfin le Toircya, Spreng.
La famille des Nyclaginées est très-voisine des Amarantliacées, dont elle diffère surtout par son fruit monosperme et indéhiscent, et par le port des végétau.v qui la composent.
NYCTALOPES. zooL. Les animaux qui voient mieux dans la nuit, ou du moins dans le crépuscule que pendant le jour, ont quelquefois été désignés sous ce nom.
NYCTANTHE. Nyctanihes. bot. Genre de la famille des Jasminécs et de la Diandrie Monogynie, L., offrant pour caractères essentiels : calice tubuleux, entier; corolle tubuleuse, dont le limbe est à cinq lobes obliques et en cœur renversé; deux étamines ayant leurs anthères presque sessiles et renfermées dans le tube; capsule obovée, comprimée, coriace, indéhiscente, à deux loges parallèles; chaque loge ne renfermant qu'une graine convexe d'un côté, plane de l'autre, attachée au fond de la loge. Linné, auteur de ce genre, l'a composé de plusieurs espèces hétérogènes, parce qu'il n'en connaissait pas le fruit. Toutes celles qui possèdent un fruit bacciforrae ont été reportées dans le genre Jasminum. f^. Jasjuiv. Jussieu, d'après une note de Vahl, cite comme synonyme du Nyctanihes de Linné, le Scabrila de cet auteur lui même. En conséquence de la suppression de toutes les espèces linnéennes à fruit non capsulaire, il ne reste qu'une seule espèce originaire des Indes orientales et qui est cultivée depuis longtemps dans les jardins d'Europe.
NvcTAriTaE Arbre triste. Nyclanthes Jrbor trislis, L.; Matijapumeran, Ehéede, Hort. Malab., vol. i, p. 55, tab. 21 . C'est un petit arbre dont les branches sont écartées, longues et garnies de feuilles opposées, sessiles, ovales, pointues et entières. Les fleurs, au nombre de deux ou trois, sont portées sur des pédoncules axillaires, moins longs que les feuilles. Leur couleur est jaunâtre, et elles exhalent une odeur agréable aux approches de la nuit. On cultive cette plante de la même manière que les Jasmins.
NYCTÉE. Nycteus. ipis. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Serricornes, tribu des Cébrionites, mentionné par Latreille (Fam. Nat.) et dont il ne donne pas les caractères. Ce genre avoisine les Elodes et les Scyrtes, et s'en distingue paice que tous les articles de ses tarses sont entiers.
NYCTEIDE. NycleJs. ins. Genre de Coléoptères pentamères, de la famille des Carnassiers, voisin des Catascopes, formé par Gory qui lui assigne les caractères suivants : palpes à pénultième article triangulaire, le dernier est long, presque cylindrique, un peu arrondi à l'extrémité; menton uni; lèvre supérieure avancée, non échancrée en avant; antennes filiformes, assez courtes, à premier article grand, le second court, les autres égaux; tèle grande, piesque liiangulaire, trèspeu rétrécie en arrière; yeux ronds, assez saillants; mandibules fortes, arquées et aiguës; corselet court, à peine plus large que la léle, rétréci en airière, rebordé sur les côtés; écusson très-petit; élytrcs larges, Irèséchancrées en arrière; pattes moyennes. La lèvre trèsavancée de ces insectes, leur donne une grande analogie avec les Calascopes, mais ils en diffèrent, ainsi que des Thyrcoj>tères et des Eurydères, par l'absence de la dent du menton; ils sont au nombre de deux et originaires de Madagascar.
NYCTELEA. bot. y. Ellisie.
NYCTÉLIE. Nyctelia. ins. Nom donné par Latreille (Fam. Nat. du Kègne Anim.) à un genre de Coléoptères de la tribu des Blapsides, famille des Wélasonies. Caractères : bord antérieur de la tête profondément échancré; labre aussi long que large; lèvre inférieure recouvrant presque entièrement la languette, échancrée en avant et arrondie aux angles antérieurs. Tels sont les caractères dislinctifs du genre établi par Latreille pour une seule espèce qu'il a nommée Nyclelia brunnipes; depuis Lacordaire a rapporté de l'Amérique méridionale, trois insectes qu'il a placés dans ce genre sous les noms de Nyclelia ebenina, eiylhiopus et discicolis; enfin Guérin en a aussi ajouté quatre ou cinq parmi lesquelles :
Nyctélie piiipÈDE. Nyctelia pilipes, Guér. Son corps est tout noir, avec les pattes garnies de longs puils jaunâtres; sa tète est petite, insérée dans une large écbancriire du corselet; les antennes sont de la longueur du corselet, grenues et poilues; le corselet est grand, arrondi sur les côtés, un peu plus étroit en avant, avec les angles antérieurs et postérieurs aigus, trois sillons longitudinaux au centre et des plis transversaux de chaque côté; élylres lisses, s'élargissant;à l'extrémité où l'on voit un commencement de queue; pattes noires, couvertes de longs poils jaunâtres. Taille, huit lignes. Du Pérou.
NYCTÈKE. Nycteris. mab. Genre de Carnassiers, de la famille des Chéiroptères, établi par Geoffroy Saint- Hilaire, aux dépens du genre f^espeitilio de Linné. Caractères; un sillon longitudinal très-profcmd sur le chanfrein; narines recouvertes par un opercule cartilagineux, mobile; oreilles grandes, réunies par leur base; oreillon extérieur; membrane interfémorale trèsgrande comprenant la queue, dont la dernière vertèbre est terminée par un cartilage bifurqué. La formule dentaire est -, (|uatre incisives en haut, six en bas; deux canines en haut, deux en bas; huit molaires en haut, dix en bas.
Ntctère de Geoffroy. Nycteris Geoffroyi, Desm., p. 190; Nyclère de la Thébaïde, Geoff. Les oreilles sont très-grandes; une forte verrue est placée sur la lèvre
inférieure, cnlre deux bouirelels ayant la forme d'un V. Le pelage esl gris hrun en dessus, plus clair en dessous. Elle halule la TliébaWe el le Sénégal.
IVtctère de Dacberton. Nxcleris Daube ntonii , Geoff.; le Campagnol volant de Daubenlon; f^espertilio hispidus, L. Les oreilles sont assez grandes, à opercules des pourtours des narines trés-pelils; lèvre inférieure simple; pelage brun- roussâlrc en dessus, blancliâtre en dessous, avec quel(|ues teintes fauves. Elle liabile l'Europe méridionale et l'Afriiiue.
NïCTÈRE DE Java. Nyoteris Javanicus, Geoff. Cette espèce a le pelage d'un roux vif en dessus et d'un cendré roussâlre en dessous.
NYCTÉaiBlE. Nfcteribia. iNS. Diptères; genre de la famille des Pupipares, tribu des Pbtliiromyies, établi par Latreille, avec les caractères suivants : corps aptère; léte très -petite, sous la forme d'un tubercule capsiilaire, implanté sur le thorax. Yeux composés de petits grains; thorax demi-circulaire. Ce genre a été le sujet de bien des erreurs, et Latreille lui-même l'avait d'abord placé, sans doute d'après les formes extérieures, parmi les Arachnides. Linné l'avait considéré comme voisin des Mlles; Fabricius avait d'abord suivi son exemple, et ce n'est <|ue plus tard qu'il a adopté la dénomination et la place que Latreille assigne à ce genre. La tête desNycléribies est très-distincte du corselet, et ressemble à un tubercule assez grand et presque ovoïde, velu, implanté, au moyen d'un article très-court servant de pédicule, sur le ilos de cette partie, entre son milieu et celui de son extrémité antérieure, immédiatement derrière le point où prennent naissance les deux premiers pieds; cette tête forme une sorte de capsule coriace, en cône renversé, comprimée, écliancrée à son extrémité supérieure ou la plus grosse, et creuse en voûte à la partie antérieure. Les antennes sont insérées dans l'échancrure du bord supérieur; elles sont très-courtes, contiguês l'une à l'autre, avançant parallèlement, composées de deux articles doni le dernier plus grand, presque triangulaire, mais arrondi extérieurement. Les yeux sont placés de chaque côté et immédiatement au-dessous de la naissance des antennes ; ils sont légèrement saillants, noirs et composés de petitsgrains réunis. Les palpes sont insérées en avant des yeux et aux extrémités un peu avancées des bords internes de la cavité orale ; ce sont deux petites lames oblongues, étroites, de la même largeur, obtuses ou arrondies à leur sommet, garnies de poils dont les su- |)érieurs sont plus longs; ces lames remontent parallèlement en présentant la tranche la plus mince, convergent et se touchent à leur extrémité qui fait une saillie au delà des antennes, au-dessous desquelles elles sont placées : dans l'intervalle (|Ui les sépare, on dislingue le tubercule arrondi ou le bulbe d'où part le suçoir, et que Latreille présume être semblable à celui des autres Pupipares. Le corps des Nyctéribies est trèssingulier : le corselet est plat et demi-circulaire; le derme de la face inférieure est coriace, en forme de plan égal, el présente, près de son exliémilé extérieure, une ligne enfoncée, offrant un angle qui semble indiquer la suture ou la réunion du segment antérieur du tronc avec le suivant. Le dorme de la face opposée ou du
dos est membraneux, avec divers enfoncements, séparés par des arêtes dont les crêtes sont d'une consistance plus solide, ou coriace, ou de la nature du derme inférieur. Le milieu du dos présente une cavité longitudinale et qui se termine postérieurement, du moins dans la Nycléribie ordinaire d'Europe (Nycteribia Fesperlilionis), par une partie élevée, formant le capuchon. La tète peut se rejeler en arrière, et son extrémité est reçue dans le capuchon. Les arêtes des côtés sont transversales. Si l'on observe que par une disposition très-bizarre, mais que nécessitait l'altitude ordinaire de ces insectes, les pattes sont insérées sur le pourtour supérieur du thorax, que le premier article des quatre hanches postérieures est soudé avec lui, et qu'il présente deux plans membraneux avec une arête solide au point de leur réunion , en un mot, que cette face du thorax devient en quebpiesorle. en raison de ce changement, la poitrine, les inégalités que l'on y remarque s'expliqueront facilement. Les deux premières pattes naissant à l'extrémité antérieure et supérieure du thorax, sont très rapprochées à leur base, et se portent en avant ; elles diffèrent des autres en ce que le premier article de leurs hanches est libre, comme dans les pieds des autres insectes, et même assez allongé; le second article de ces hanches, ainsi que le même des suivantes, est très-court, cl ne peut se montrer qu'en dessous. Ejitre la première paire de pattes et la seconde, près des bords et de chaque côté, est une cavité, tantôt presque ovale, tantôt linéaire et arquée, dans laquelle on observe une rangée de petites lames ou de dents imitant un peigne et formant en cette partie une tache noire.
Ces insectes vivent sur les Chauves-Souris ; Montagu a observé qu'ils se renversent sur le dos pour sucer le sang de ces animaux; leur tête étant placée sur le dos, il était difficile, avant celle observation, de concevoir comment l'insecte aurait pu approcher sa bouche de la peau de la Chauve-Souris. Les Nyctéribies courent trèsvite quand elles sont sur le corps de l'animal, mais une fois qu'on les en a séparées, elles ne peuvent plus marcher, et ne font que des mouvements désordonnés.
Ntctéribie de Blaikville. Nycleribia Blainviltii, Lalr.; Phlhiridium Blainvillii, Leach. Elle est longue de près de deux lignes; d'un brun marion foncé, avec les pattes plus claires. Elle a été rapportée de l'Ile-de- France.
Nyctêrieie de la Chadve-Socris. Nyoteribia f^esperlilionis, Lalr.,Plithiiidiiim hiarliculaluiii, Herm.; Phlliintliuin Hermannii, Leach; Plilhiiidium La- IreiUii, ibid.; Acants P'esperlilioiiis, L.EWe est beaucoup plus petite que la précédente; dessus du corps et pattes d'un jaune roussâlre ; dessous du corselet d'un brun rougeàtre, avec une ligne noire au milieu. Celle espèce se trouve aux environs de Paris et dans toute l'Europe, sur la Chauve-Souris fer-à-cheval.
«YCTÉRICÉES. MAM. Kaffinesque i)ropose de former sous ce nom un groupe séparé des Vesperlilions, et composé des espèces qui ont, avec des oreilles médiocres et un museau simple, deux incisives seulement à la mâchoire supérieure; tels sont : l'espertilio huiii-
rus, Schreh. \ f^es/ieiiUio voieboracensis, Peiiii.; f'espeitilin borbonicus, GeofF.
NYCTÉRINIE. Nfctciinia. bot. Genre de la famille (les Scropluilarinées, Uidynamie Anfiiosperermie, de Linné, élahli par Don, aux dépens du genre Erinus, dont quatre espèces avaient toujours laissé aux botanistes des doutes sur l'exactitude de leur classification. En effet, Don les ayant soumises à nn examen plus sévère, leur a reconnu des caractères bien distincts de ceux qu'offrent les véritables Erines. surtout en ce qui concerne la structure des anthères et du stigmate, ainsi que l'inserlion des filaments ; il donne au genre nouveau le nom de NfCleiinia, dérivé de wxnpmii, nocturne, exprimant que la floraison de ces plantes ne s'effectue que pendant la nuit. Les quatre espèces désignées par Don sont les Erinus fragians, tn'stis, Africanus et Lychniilea, tous quatre originaires du cap de Bonne- Espérance.
NvcTÊRiPiiE A FiEDRS DE Ltchnî DE. iV^c/ennm irc^tiidea, Don; Erinus Lychniclea , Lin. , Siipp.,^S7; Thunb., Prodr., 102; YVilld., Sp. pi. 5, Ôô3; Erinus Capensis, Lin., Mantis. 252. La piaule est haute d'un pied, entièrement d'un vert obscur, recouverte de poils assez longs et rudes, et enduite d'un vernis poisseux et odorant. La tige est suffrutescente, droite, cylindrique elbranchue.Les feuilles sont opposées, sessiles, linéaires, obtuses, roulées en leurs bords qui ont quel(|ues dents fort distantes, longues d'un pouce environ et glauques en dessous. Les fleurs sont terminales, groupées en pyramide; elles exhalent une odeur fort agréable; le calice est formé de deux folioles ovales-oblongues. presque labiées et égales, ciliées en leurs bords : la supérieure à trois dents, l'inférieure à deux; le tube de la corolle est étroit, long de quinze à dix-huit lignes et d'un blanc verdàtre;il a son orifice interne garni d'une rangée de poils ou cils Irès-petits; le limbe est profondément divisé en cinq découpures presque égales, bifides et obtuses; la surface interne est blanche, l'externe d'un bleu pourpré, fort obscur. Les élamines, au nombre de quatre, sont didynames, insérées à l'ouverture de la corolle : les filaments sont très-courts, comprimés et glabres; les anthères sont exsertes, linéaires, à un seul lobe, jaunes, longiludinalement déhiscentes, attachées à un connectifvert, épais et caréné. L'ovaire est oblong, cylindrique, biloculaire et polysperme; il est surmonté d'un style filiforme, blanc, couronné d'un stigmate simple, long, linéaire, émoussé, plat, floriforme et roulé. Les fleurs de celle espèce font, quoi(|u'elles ne s'ouvrent que vers le soir, l'ornement des parterres pendant l'été. La plante réussit très bien, dans le terreau de bruyère ou dans un mélange de terre grasse, substantielle et de sable; on la rempote en automne pour la conserver dans l'orangerie; elle se propage facilement de semis et de boutures.
NYCTERINS. ois. Nom donné par Duméril. à une famille d'Oiseaux nocturnes, de l'ordre des Rapaces.
NYCTÉRISTION. Nycterislium. bot. Genre de la famille des Sapolées, et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Ruiz et Pavon, et adopté par Kunth qui lui a imposé les caractères suivants : calice à cinq divisions profondes; corolle dont le tube est court, le limbe à
cinq segments profonds et réfléchis; point d'écaillés à la base des divisions de la corolle : cinq élamines insérées au sommet du tube, et opposées aux segmenis de la corolle; ovaire à cinq loges, renfermant un seul ovule dans chacune de celles-ci; style court, surmonté d'un stigmate obtus, presque à cinq dents; fruit inconnu. C(! genre ne se compose que de deux espèces qui ont le port des Bmnelia.
NïCTÉRiSTion FERRUGINEUX. Nyclerisliiim fernigineum, lîuiz et Pavon {Flor. Peruv. et Clttl., ii, p. 47, t. 187). 11 est le type du genre. C'est un grand arbre du Pérou dont l'écorce est ferrugineuse, le tronc épais, laissant écouler par incision un suc laiteux qui rougit à l'air. Les branches, étalées, portent des feuilles éparses, pétiolées, ovales, allongées, légèrement acuminées et échancrées au sommet, lisses en dessus, couvertes eu dessous d'un duvet ferrugineux; les fleurs sont en petits fascicules agrégés.
NVCTÉRISTION A FEUILLES ARGENTÉES. NfCtcristium
argeiiteum, Kunth (Nov. Gêner, et Spec. Plant. /Equin., m, p. 2ô8, t. 244). Cet arbre, qui se rapproche beaucoup du Nycteristiumferrugineum, croit près de Jaen de Bracamoros, dans la république de Colombie. Ses rameaux sont alternes, un peu ridés, légèrement pubescenls dans leur jeunesse, mais ils ne sont pas ferrugineux comme dans l'espèce précédente. Ses feuilles sont en outre plus petites, et couvertes en dessous d'un duvet soyeux argenté. Les Heurs sont disposées en petits groupes qui naissent dans les aisselles des feuilles et le long des rameaux; elles forment également de petits fascicules.
NYCTERIUM. BOT. Ventenat (Jardin de Blalmaison. n" 85) a formé sous ce nom un genre qui a pour lype le Solanum yespertilio d'Alton, mais qui ne diffère pas sulBsamment du genre 6'o/awMW pour mériter d'être adopté, y. MoRELLE.
KYCTÉROPE. Nyoleropus. ms. Coléoptères hétéromères; genre de la famille des Mélasomes, établi par Klug, pour un insecte nouveau, apporté de Mada(;ascar. Ce genre voisin des Blaps, ne peut cependant être comparé qu'aux Ténébrions, car (pioique les élytres soient bien réunies à la suture, elles ne sont cependant pas soudées et elles recouvrent des ailes bien développées. Les antennesontunestructure particulière comme celles des Dolichodères, ([ui ne se représente que dans le genre Cryphéc de Klug; mais le corps, la forme de la tèle et d'autres organes sont bien différents, excepté la présence des ailes, qui fait rentrer les Nyctéropes dans une autre famille. Ils ressemblent beaucoup aux Dolichodères, mais leur corps est moins rétréci et moins cylindrique; il est plus large, plus aplati; le corselet est particulièrement plus large et proportionnellement plus court, avec les angles plus saillants; l'écusson est assez grand, presque triangulaire; les élylris sont insensiblement rétrécies vers l'extrémité qui est arrondie, sans ligne transverse relevée au bord antérieur, et les épaules en saillie ronde; la tête, plus large au milieu, se prolonge latéralemetjt par-dessus linserlioii des antennes, dont le premier article, plus long que le deuxième, égale le troisième : massue formée par les quatre derniers qui sont déprimés et larges, avec le
pénulliènie arrondi à rcxirémilé. La seule espèce connue a élé nommée Nycteropus biparlitiis.
NYCTIBIUS. OIS. A'. IniJAD.
NYCTICÈBE. NycUcebus. mam. Genre de Quadrumanes Lémuriens, établi par Geoffroy Saint-Hilaire, et dont le type est wm espèce indiquée par Linné sous le nom de Lemur Tan/ù/railiis. Très-voisins du genre Loris par leur système dentaire, par la forme de leurs oreilles, par celle de leurs ongles, par l'état très-rudimentaire de leur queue, par plusieurs autres caractères d'une moindre importance et même par les couleurs de leur pelage, les Nycticèbes se distinguent par leur museau obtus et peu prolongé, leurs membres courts et assez forts, et leur corps gros et épais. Le Loris a, au contraire, le museau saillant et relevé, et les membres et le corps d'une longueur excessive et d'une gracilité qui le rendent très-remarquable: d'où est venu le nom spécifique de giacilis sous lequel il est ordinairement désigné. A ces caractères, qu'on peut regarder comme les plus importants, ou même comme les seuls importants, du moins sous le rapport de la distinction générique des Nycticèbes, on a ajouté les suivants : tête ronde; yeux grands, rapprochés et dirigés en avant; l'os jugal sans ouverture appréciable à la simple vue; les intermaxillaires courts, verticaux et sans saillie; les oreilles courtes et velues; la langue rude; les narines entourées d'un mufle; le pelage laineux; les os de la jambe et du bras distincts; le tibia plus long que le fémur, et le tarse égal en longueur au métatarse (Geoffroy Saint-Hilaire, Tableau des Quadrumanes, Ann. Mus., t. XIX; et Desmarest, Mammalogie). Quant au système dentaire, il suffira de dire, au sujet des canines et des molaires, qu'elles sont très-semblables à celles du Loris : il en est de même des incisives inférieures, dont le nombre est de six, et qui sont proclives, comme cela a généralement lieu chez les Lémuriens. Le nombre des supérieures varie de deux à quatre; les incisives latérales étant toujours, lorsqu'elles existent, beaucoup plus petites que les deux autres ; celles-ci sont constamment séparées sur la ligne médiane par un intervalle vide, assez étendu. Le Muséum de Paris possède plusieurs squelettes de Nycticèbes, dont quel- <|ues-uns, qui lui ont été envoyés de Sumatra par Duvaucel, sont dans le plus parfait état de conservation; leur comparaison avec celui des Loris donne le même résultat (pie l'examen des caractères extérieuis : beaucoup de ressemblance générale avec d'importantes différences sur quelques points. Le nombre des côtes est de seize.
Les Nycticèbes diffèrent peu des Loris par leurs habitudes; leur lenteur et leur indolence sont excessives; d'où les noms de Paresseux et de Tanligrailus qui leur ont été donnés par Vosmaer, par Linné, par Séba et par quelques autres auteurs. Ces animaux semblent même ne pouvoir se soutenir. Lorsqu'ils marchent à quatre pattes, leurs jambes s'écartent de leur corps, de sorte que leur poitrine et leur ventre louchent presque le sol, ce qui leur donne une physionomie fort singulière, et ce (|ui les a fait comparer à de jeunes Chiens qui viendraient de naître, et (|ue leurs membres n'auraient point encore la force de porter. Cette curieuse observalion [leut seule faire comprendre
les remarques faites sur les Nycticèbes par Vosmaer et par d'Obsonvillc (Essais Philos, sur les mœurs de divers Animaux étrangers) : le premier dit que la marche de ces animaux est une sorte de reptation, et le second affirme que, lorsqu'ils paraissent se hâter, ils parcourent à peine un espace de quatre toises en une minute. Cette lenteur les a quelquefois fait comparer aux Bradypes ou Paresseux, avec lesquels ils ont aussi assez de ressemblance par leur voix : on les entend continuellement, surtout lorsqu'on les irrite, répéter sur un Ion plaintif un cri que Vosmaer exprime parles syllabes aï, aï. Ils dorment presque tout le jour, la tête posée sur la poitrine; et l'étendue considérable de leurs orbites annonçait en effet en eux des animaux nocturnes. Leurs pupilles sont transversales, et suivant F. Cuvier, elles peuvent se fermer entièrement; ce qui expliquerait parfaitement l'assertion de d'Obsonville, qui les représente comme ne redoutant nullement l'éclat de la lumière solaire. Suivant le même auteur, ils mangent volontiers des fruils sucrés et du pain; mais ils sont surtout friands d'oeufs, d'insectes et de petits Oiseaux. <. S'il apercevait, dit d'Obsonville au sujet de l'individu qu'il a eu occasion d'observer, s'il ai)ercevait une pièce de pareil gibier, que je m'amusais à attacher à l'autre extrémité de la chambre, ou à lui présenter en l'appelant, aussitôt il s'approchait d'un pas allongé et circonspect, tel que celui de quelqu'un qui marche en tâtonnant. Arrivé environ à un pied de dislance de sa proie, il s'arrêtait : alorSj se levant droit sur ses jambes, il s'avançait debout, en étendant doucement les bras, puis tout à coup la saisissait, et l'étranglait avec une prestesse singulière. "
On a cherché à expliquer la lenteur des Nycticèbes par une disposition particulière que présentent les artères de leurs membres; disposition dont on doit la connaissance à Carlisle. Suivant cet auteur, l'artère brachiale est entourée d'un lacis vasculaire, résultant de l'anastomose d'un très-grand nombre de rameaux, fournis par l'axillaire; et la même chose a lieu à l'extrémilé inférieure, à l'égard de la crurale. Cette même disposition existerait également, suivant Carlisle, chez tous les Mammifères remarquables par leur excessive lenteur, tels que le Loris et les Bradypes; et il est de fait qu'elle a été retrouvée par Quoy et Gaymard dans une des espèces de ce dernier genre.
Nycticède du Bengale. Nfcticebus Bengalensis , Geoff. St.-Hil. C'est l'espèce la plus anciennement et la mieux connue : c'est à elle qu'on a rapporté le Lemur Tartligradusde Linné; le Loris du Bengale, Buffon; le Paresseux penladactyle du Bengale, Vosmafir; le Thevangues ou Tongres, d'Obsonville, et le Poucan ou Lori-Poucan, Duvaucel et Fr. Cuvier. Geoffroy Saint-Hilaire la caractérise ainsi -. pelage roux; ligne dorsale brune; museau large; quatre dents incisives à la mâchoire supérieure. Sa longueur totale est d'un pied environ.
NvcTicÈBE DE Java. Nfcticcbus Javanicus, Geoffroy St.-Ililaire, Ann. du Mus., l. xix. Pelage roux; ligne dorsale plus foncée ; museau étroit; deux dents incisives à la mâchoire supérieure. Sa taille est peu différente de celle du Nycticèbe du Bengale.
Nycticébe de Cevlxk. jSycticebas Ceylonicus , GeofF. Sl.-Hil. Celte espèce n'est connue que par une planche de Séha, el par la description qu'en a donnée le même auteur sous le nom de Tarcligiadus Ceyloniciis : elle serait caractérisée par son pelage d'un lirun noirâtre, avec la ligne dorsale noire.
Quant au Potio de Bosman, tour à tour placé parmi les iNycticèhes et parmi les Galagos, F. ce dernier mot.
NYCTICËE. Nycticevs. mab. Genre de Carnassiers de la famille des Chéiroptères, formé aux dépens du grand genre Fespertilio de Linné, par le professeur Raffinesque (|ui lui donne pour caractères : deux incisives supérieures, séparées par un grand intervalle, accolées aux canines, et ayant des crénelures aiguës; six incisives inférieures tronquées; les canines sans verrues à leur hase.
NvcTicÉE HDMÉRALE. Nj'cticeus humeialis , Raffin. Queue presque aussi longue que le corps, et très-mucronée; oreilles ovales, noirâtres, plus longues que la tête ; pelage d'un brun foncé en dessus, gris en dessous, avec les épaules noires. Elle habile le Kenlucky.
Nycticée MARQUETÉE. Nycltceus tcssellatus, Raffin. Queue de la longueur du corps, terminée par une verrue saillante ; nez bilohé; pelage bai en dessus, fauve on dessous, avec un étroit collier jaunâtre; ailes réticulées el pointillées de roux. Du Kenlucky.
NYCTICORAX. ois. Synonyme de Iléron-Bihoreau.
NYCTINOME. Nyctinomus. jiaji. C'est encore à Geoffroy Sl.-Hilaire qu'est due la formation de ce genre de Carnassiers, placé dans la famille des Chéiroptères ; il l'a opérée aux dépens du grand genre yespertilio de Linné, pour les espèces qui se distinguent par les caractères suivants : nez camus, confondu avec les lèvres qui sont profondément fendues et ridées; oreilles grandes, couchées sur la face, à oreillon extérieur: membrane interfémorale moyenne et saillante; queue longue, à demi enveloppée à sa hase. Formule dentaire : incisives, deux en haut, quatre en bas; canines, deux en haut, deux en bas; molaires, dix en haut, dix en bas.
Nyctinome d'Egypte. Nyctinomus Mgypliacns, Geoff. ; Dysopes Geoffioyii, Temm., p. 226. Cette Chauve-Souris est rousse en dessus, brune en dessous; sa queue est grêle; la membrane interfémorale n'envelo|)pe que la moitié de la queue, et n'a point de brides membraneuses. On la trouve dans les ruines et dans les souterrains en Egypte.
Nyctinome dc Bengale. Nyctinomus Bengatensis, Geoff. C'est, selon Temminck, la même chose que son Molosse Chamcbé. K. ce mot.
Nyctinome du Fort -Louis. Nyctinomus acetabulosus, Herm., Geoff. Cette espèce, que Commerson a fait connaître, est brune-noirâtre; les oreilles sont très -grandes cl un peu relevées; la membrane interfémorale enveloppe les deux tiers de la queue. On l'a trouvée aux environs du Port-Louis, à l'Ile-de- France.
Nyctinome on Brésil Nyctinomus Brasiliensis, Isid. Geoff.; Molossus nasutus, Spix. Elle est à peu près de la même taille que les espèces du Bengale et d'Egypte; sa longueur totale est de trois pouces onze
lignes; son poil, qui est assez moelleux et touffu, présente quelques variétés de couleur : c'est toujours un fond cendré, mais avec une nuance de brun, qui varie du brun noir au brun fauve. En général, on peut dire qu'il est cendré brun; d'une leinle plus grise el moins foncée vers sa région abdominale, un peu plus foncée vers sa poitrine, plus foncée encore el plus brune à la région dorsale. Les poils qui revêlent la partie interne de la membrane de l'aile, sont de même couleur que ceux qui couvrent l'abdomen. Des poils très-rares se remarquent à la portion de la queue, comprise dans la membrane inlerfémorale à peu près dans sa première moitié.
NYCTIPITHÈOUE. Nyctipithecus. mam. Humboldl. dans ses Mélanges de zoologie, proposa la formation d'un genre nouveau pour recevoir un animal découvert par lui dans les épaisses forêts de l'Orénoque, el décrit sous le nom de Douroucouli. Ce genre reçut du naturaliste prussien la dénomination iVAûlus, d'à grec, privatif, sans, et olus , oreilles; mais ce nom, forgé contre la réalité el très -mal choisi, fut changé en 1823 par Spix en celui de Nyctipithecus ou Singe de nuit, nom plus convenable parce qu'il repose sur une particularité essentielle des mœurs des animaux de ce genre. Sans connaître celle dernière synonymie, Frédéric Cuvier a proposé en 1820 le nom de Nocllioia en place dc celui à'Jottis. Les Nyclipilhèques présentent des caractères génériques fort remarquables, que Humboldl, puis llliger et Geoffroy adoptèrent ainsi qu'il suit : dents comme dans les Callilriches; museau obtus; face nue; point d'abajoues; yeux grands; oreilles nulles; queue longue, à poils lâches; deux pectorales; mains et pieds penladactyles; fesses velues sans callosités. Or, on conçoit (|ue de tels caractères ont dû être singulièrement modifiés par une connaissance plus parfaite des formes de l'animal, puisque les oreilles externes, dont on supposait ([u'il était privé, sont au contraire nolablemenl développées. Aussi Desmaresl, dans sa Mammalogie, donne-t-il pour caractères au genre Jotus, les suivants : tête ronde el fort large; museau court; yeux nocturnes, Irès-grands et rapprochés; les narines séparées l'une de l'autre par une cloison fort mince; les oreilles très -petites; la queue plus longue que le corps, non prenante, et recouverle de poils; tous les pieds à cinq doigts et à ongles aplatis. Tout, dans les Nyctipilhè(|iies, rappelle la coupe générale des Loris. En effet, leurs grands yeux, leur tête arrondie, leurs formes grêles, leurs habitudes nocturnes, semblent en faire les représentants, dans le nouveau monde, des Quadrumanes Loris exclusivement confinés dans les régions équaloriales de l'ancien. Geoffroy Saint -Hilaire (Leç. sténog.) a trouvé dans le squelette sept vertèbres cervicales, quatorze dorsales, neuf lombaires, deux sacrées, dix -huit coccygiennes et jusqu'à trente vertèbres caudales. Longtemps on n'a connu qu'une seule espèce de ce genre, le Douroucouli, nommé Aotus Irivirgatus par Humboldl; mais deux autres espèces ont été plus lard décrites par Spix dans son Simiarum et yespertilionum Brasilienses Species novœ, publié à Munich en 1820. Ces deux espèces sont peu connues, et tous
les détails de mœurs relalifs aux habiliides et à la manière de vivre des Kycti|)illiè(|iies sont rapportés plus bas à l'histoire du N. Douroiieouli «lu'ils concernent exclusivement.
NYCTtPiTnÈQiiE A FACE DE CiiAT. NfcUpilhecus felinus, Spix, pi. 18. Il a le pelage d'un gris-brun uniforme, le ventre roussâtre, le tour des yeux blanc, et la queue noire à sa moitié terminale.
Nyctipithèqoe hdrleur. Nxclipillieciis vocffeiatis, Spix, pi. 19. 1! a le pelage gris-roux par tout le corps, même sur la tête, seulement le tiers de la queue est noirâtre. Du Brésil ainsi que le précédent.
NvcTiPiTHÈQDE DoDROocoULi. Nyctipitliecus tiivirr/alus; ^otus triviigatus, Humb., Obs. zool., pi. 28, p. 806; Geoff., Ann. Mus., t. xix, sp. 1 j Desm., sp. 83; Noclliora Irivirgala , F. Cuv., 40'= liv. Le Douroucouli, aussi nommé Cara raxada par les missionnaires espagnols établis sur les bords de l'Orénoque, est, sans contredit, un des Singes les plus remarquables de l'Amérique méridionale, tant par ses formes corporelles que par les couleurs de son pelage. Sa longueur totale est de vingt-trois à vingt-quatre pouces. Tout le pelage, sur les parties supérieures du corps, est d'un gris varié, ce qui est dû à ce que chaque poil est annelé de blanc et de noir; les parties inférieures, depuis le menton jusqu'à l'origine de la queue, sont d'un jaune orangé qui colore aussi les côtés du cou; la queue, noire à son tiers terminal, est grise-jaunâtre dans le reste de son étendue ; un sourcil blanc surmonte l'œil ; trois raies noires sillonnent le front en divergeant: l'une occupe la ligne médiane, et chacune des deux autres liait de l'angle extérieur de l'œil et se recourbe vers l'angle interne ; l'intérieur des mains et des oreilles est nu et couleur de chair; la face, également nue, est fuligineuse; l'iris est brim-jaunàtre; les ongles sont noirs. Les dents du Douroucouli ne différent point de celles des Sajous; les mains ont aussi la même conformation ; les doigts antérieurs ne sont point extensibles, les ongles sont longs, étroits, creusés en gouttière et un peu crochus. La queue, qui n'est pas prenante, est assez toufîue et mobile. Le globe de l'œil est Irès-développé; la pupille est ronde. L'oreille externe est trèsdéveloppée. Le nez n'est point terminé par un muHe; les narines sont étroites; la bouche est fort grande et sans abajoues. Les poils sont doux, épais et très-soyeux. Les intestins grêles sont extrêmement petits; les colons sont au contraire largement développés. La vulve est grande et assez semblable, pour la forme extérieure, à celle des Chiens. Les mamelons sont placés sur chaque aisselle. Le Douroucouli dort pendant le jour, parce que la lumière du soleil l'incommode, et ne se met en quête de sa nourriture qu'aux approches du crépuscule. Ses tanières sont des trous d'arbres vermoulus où il fait le guet lorsqu'il est inquiété par le bruit. En captivité, il se nourrit de lait, de biscuit ut de fruits; en liberté, au contraire, suivant Humboldl, il chasse aux petits Oiseaux, et ne dédaigne point les fruits, tels ipie les bananes, les cannes à sucre, les amandes du Deithollelia et les fèves du Mimosa Inga. Cet aniuial vit par paires ; pour dormir il prend la même position que les Loris, c'esl-à-dirc qu'il s'assii^d sur la croupe, les
jambes de derrière rainenées sur le ventre, les quatre mains réunies, le dos courbé, la tête baissée, presque cachée dans les mains. Cette position est facilitée par une grande mobilité dans l'articulation des vertèbres. Son cri nocturne ne peut mieux être rendu que parla syllabe muh-muh et n'est pas sans analogie avec celui du Jaguar. Aussi est ce pour cela, dit Humboldt, que les Créoles des missions de l'Orénoque l'appellent Tili- Tigre. La voix du Douroucouli, en effet, est d'une force considérable par rapport à la petitesse de sa taille. 11 paraît iiu'il a aussi deux autres cris, l'un qui est une sorte de miaulement {e-i-aou), et l'aulre un son guttural très-désagréable qu'on peut rendre par les syllabes ^«e/-gi/er. Sa gorge enfle lors(iu'il est iriité; il ressemble alors, par ce rentlement et la position du corps, ù un Chat attaqué par un Chien. Un individu mâle, que Humboldt essaya d'apprivoiser, fut rebelle à tous ses soins; une femelle qui a vécu à la ménagerie du Muséum, était d'une grande douceur. Le Douroucouli habite les forêts épaisses des bords du Cassiquiaré et du Haut-Orénoque, près des cataractes de Maypures.
NYCTOBATE. N/clobates. ms. Genre de Coléoptères hétéroraères, de la famille des Mélasomes, formé par Guérin aux dépens des Ténébrions de Fabricius, avec les caractères suivants ; labre très-saillant et arrondi; antennes grossissant vers le bout, avec les derniers articles très-comprimés. Le type de ce genre nouveau est le Tenebrio gigas, Fab. Plusieurs autres espèces d'Amérique viennent également s'y ranger, ainsi que la suivante :
Nyctobate TiBiALE. Nyctobates tibialis, Guér. Tout son corps est noir et terne; sa tête est finement rugueuse, avec une petite élévation au-dessus de chaque œil ; le corselet est transversal, arrondi aux angles antérieurs et sur les côtés, avec les angles postérieurs un peu aigus; Il est finement ponctué, avec un sillon médian longitudinal et une faible impression de chaque côté; l'écusson est petit et triangulaire; les élylres sont plus larges que le corselet, arrondies sur les côtés et aux angles huméraux; elles ont chacune huit stries formées par des points enfoncés; pattes grandes : les antérieures dépassant toutes les autres; jambes fortement courbées vers l'extrémité. Taille, huit lignes. Du Bengale.
NYCTOCI.EPTE. Nfclocleples. bam. Genre de la famille des Rongeurs, institué par Teniminck (Monogr. des Mamm., vol. 2, p. 40) qui lui assigne pour caractères : deux dents incisives à chaque mâchoire : les supérieures arrondies et unies par devant; trois dents molaires de chaque côté : celles de la mâchoire supérieure dirigées en arrière, marquées de deux sillons, les inférieures dirigées en avant, la première pointue par devant; pieds antérieurs munis de quatre doigts à peu près d'égale grandeur et d'un rudiment de pouce, dont l'ongle seulement est visible; pieds postérieurs munis de cinq doigts parfaits; tous les ongles courts et un peu comprimés; oreilles très-courtes, rondes. Le crâne, d'ujie forme toute particulière, difîère de celui de tous les autres Rongeurs, par l'écartement extrême des arcades zygomaliques, extraordinairemcnl larges et fortes, surtout par rapport au peu de longueur du
crâne coupé en ligne verlicale à l'occipnl; les liranclies montâmes des arcades s'insèrent au frontal et à des crêtes soiircilières Irés-dislantes, s'unissant en crêie coronale vers l'insertion de la crête transversale, qui forme une ligne droite entre les orifices de l'ouïe élevés en tubes proéminents; à côté du condyle, et presque à sa hauteur s'élève une protubérance grosse et obtuse, d'où naissent les incisives inférieures; celte conformation sinijulière existe, quoique sous des apparences difTérentes, dans les Spalox, qui ont une longue apophyse fort au delà du condyle; on trouve une gaine ou fourreau latéral à peu près semblable dans \e Mus giganleus de Hardwyck. Les trois màclielières aux deux mâchoires du Nyclocleple ressemblent le plus, par leur forme, à celles des Spalas. La place que doit occuper ce genre nouveau est entre les Hontias {Ciipromys) et les Rats proprement dits. La seule espèce connue jus(|u"à ce jour est :
Nyctoclepte Dekan. Nyctocleples Delcan , Temm., Mon. des Mamm., pi. ôô. La tète est courte, à peu près aussi large que longue; les oreilles sont très-courtes, arrondies et nues; les yeux sont très-pelils, placés à peu près à la hauteur du front; les ouvertures des narines sont trèsrapprochées. Tout le pelage consisie en des poils soyeux et doux, pas très-longs, recouvrant à peine la peau; sa couleur est blanchâtre aux joues, roussàtre sur la tète; le coronal est marqué d'une grande tache brune-noirâtre, sur laquelle est dessinée une bande de poils blancs, qui s'avance sur le front ; quelques poils bruns, annelés de gris, maniuent la colonne dorsale; tout le reste est d'un gris blanchâtre annelé de brun et de jaunâtre; le croupion est couvert d'un poil cendré clair-semé et laissant voir la peau; les parties inférieures ne présentent que quelques poils rares, la queue est nue, de la moitié de la longueur du corps, revêtue d'une peau lisse et nue. Longueur totale, dix -sept pouces six lignes. Cet animal habile Malacca où il vit, en famille, dans des trous qu'il se creuse parmi les racines de Bambou ; ces racines ainsi que les jeunes pousses lui servent d'aliment; il se cache avec le plus grand soin pendant le jour et ne sort que la nuit.
NYCTOPHILE. Nyotophilns. mam. Genre de Carnassiers de la famille des Chéiroptères, établi par Leach (Trans. de la Soc. Linnéenne. t. XIII, Ire partie), pour une nouvelle Chauve-Souris observée dans la collection du docteur Brookes à Londres, et qui fait maintenant parlie de celle du Musée des Pays-Bas. Caractères : deux incisives supérieures allongées, coniques, aiguës; six incisives inférieures égales, Irifides, à lobes arrondis; deux canines en bauteten bas, les inférieures ayanlune petite pointe en arrièredeleur base; quatre molaires de chaque côté des mâchoires, à couronne, garnies de tubercules aigus; deux feuilles nasales, dont la postérieure est la plus grande; la queue dépassant un peu la membrane inlerfémorale, et formée de cinq vertèbres dans sa partie visible. Ce genre constitue une coupe distincte, bien caractérisée, parmi les Chéiroptères munis de follicules nasales; il doit prendre place entre le genre Morinops et le genre Vesperlilion.
Ntctophile de Geoffroy. Nectophilus Geoffroy i , 7 DicT. des sciences riAT.
Leatb; Teni., Mon. des Mam., pi. 54. Son pelage est en dessus d'un brun foncé, avec la base des poils noire, en dessous d'un cendré blanchâtre, avec la hase des poils noirâlre; ses oreilles sont très grandes, longues, arrondies par le bout, réunies sur le front en un large ruban transversal, le bord interne venant s'étendre jusqu'à la commissure des lèvres; le tragus est de la moitié de la longueur de l'oreille, large à sa hase et terminé en feuille arrondie; le museau est pointu, avec deux petites feuilles transversales sur le nez, qui est terminé en mufle; la feuille postérieure la plus élevée a un étranglement au centre, l'autre est rudimentaire, en ligne parallèle aux orifices des narines; la membrane est d'un noir bleuâtre; des poils garnissent la partie supérieure des flancs; la queue est de la longueur du corps et d'une partie de la fêle, sans cartilage bifurqué. Longueur totale, deux pouces huit lignes.
NYCTOZOILE. Nyctozoilus. iws. Coléoptères bétéromères; genre de la famille des Mélasomes, tribu des Blapsides, établi par Guérin pour un insecte rapporté de la Nouvelle-Hollande, par les naturalistes de l'expédition de la Coquille. Caractères : labre entier, trèsétroit et transversal; lèvre inférieure en forme de cœur, très-rétrécie en arrière, dont les angles antérieurs latéraux sont arrondis; languette tressaillante, laissant l'insertion des palpes labiales entièrement à découvert; mâchoires courtes : lobe interne armé d'une épine cornée, et l'externe arrondi, simplement cilié; palpes maxillaires terminées par un grand article en hache; antennes presque filiformes, n'ayant que les derniers articles grenus, le troisième le plus long.
NvcTozoïiE STiipiDE. Nyclozoitus abesiis, Guér. Il est noir, peu luisant; sa tête est grande, arrondie eu avant, avec deux petits rebords devant les yeux, qui couvrent l'insertion des antennes; corselet transversal , un peu plus étroit antérieurement, arrondi sur les côtes, bombé au milieu; élytres ovalaires, très-bombées, plus larges au milieu, ayant chacune trois côtes élevées, lisses, réunies entre elles par un réseau de réticulalions formées de petites lignes irrégulières, élevées; pattes noires; dessous des tarses garni de poils fauves. Taille, dix lignes.
NYLGAUT. MAM. Espèce du genre Antilope. F. ce mot.
NYMPHACÉES. conch. Lamarck, dans son dernier ouvrage, a proposé de rassembler dans celle famille un certain nombre de genres dont quelques-uns ont élu démembrés des Solens, et quelques autres des Vénus. Celte famille, dans la manière de voir de Lamarck, serait intermédiaire entre les Solens et les Conques. Elle n'a point été adoptée par Cuvier; mais Férussac l'a admise en y apportant quelques changements dont le plus important a été d'en ôter le genre Crassine pour le porter près des Crassalelles. Lamarck caractérise ainsi celle famille : deux dents cardinales au plus sur la même valve; coquille souvent un peu bâillante aux extrémilés latérales; ligament extérieur; nymphes en général saillantes au dehors. 11 divise celte famille en deux sections et de la manière suivante :