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hranes séreuses est adhérente aux parties qu'elle recouvre, mais à un degré variable ; elle est comme floconneuse. La surface interne, qui est partout contiguë avec elle-même, lorsqu’on l'observe à l'œil nu, parait extrêmement lisse; mais vue au microscope, elle se montre toute couverte de villosités très fines, qui paraissent être les extrémités des vaisseaux exhalants, destinés à verser le fluide qui lubréfie sans cesse celte surface. Les Membranes séreuses sont généralement d'un blanc mat, minces, et paraissant demi-transparentes, d’une assez grande résistance, malgré leur peu d’épaisseur. Quoique homogènes au premier aspect, elles sont néanmoins composées de filaments entremêlés éternisés en tout sens. Elles sont formées par une sorte de tissu cellulaire très-condensé, et par un nombre prodigieux de vaisseaux exhalants et absorbants. Dans l'étal sain il n'y existe aucune trace de vaisseaux rouges; mais par suite de l'inflammation longtemps prolongée, la partie colorante du sang pénètre jusque dans les vaisseaux blancs, les colore et les rend visibles. Ou n'a pas encore observé les nerfs de ccs Membranes.
Le liquide, qui humecte la surface libre des séreuses, est, dans l'étal de santé, limpide et incolore. Dans les cavités splanchniques, il est très-ténu et ressemble ù de l’eau à peine visqueuse. Celui des Membranes synoviales, qui a reçu le nom de synovie, est au contraire épais, filant et visqueux, et très-analogue au blanc d'œuf. Ce liquide se compose généralement d'Eau, «l'Albumine, d'une matière incoagulable et gélatiniforme, de Fibrine et de différents’Sels à base de soude. La proportion et même la nature de ses éléments peuvent éprouver de grands changements suivant l'état sain ou pathologique des Membranes qui l'exhalent.
$ II. Membranes muqueuses.
Le nom de ces Membranes indique la nature de l'humeur qu'elles sécrètent; car ici ce n’est plus une simple exhalation comme dans les Membranes séreuses : c’est une véritable sécrétion, opérée par des glandes et des follicules muqueux. Les Membranes muqueuses tapissent toutes tes cavités intérieures qui communiquent au dehors avec la surface externe du corps, de manière qu’il y a une sorte de communication ou de passage insensible entre ces Membranes et la peau. Quoique le nombre des organes qui se trouvent revêtus de Membranes muqueuses soit très-considérable, on peut néanmoins les rapporter à deux surfaces principales, la gastro-intestinale et la génito-urinaire. La surface gastro-intestinale ou mieux nasalo-inlcstinale, commence d’un côté, à l’ouverture de la bouche, du nez. et à la surface externe de l’œil, et finit à l’extrémité nu ouverture inférieure du gros intestin. La surface génito-urinaire commence et finit, dans l'Homme où elle est simple, à l'orifice du canal de l'urètre, et dans la Femme où elle est double à l'entrée du méat urinaire et du vagin. Si l'on considère ensuiteque ces deux Membranes communiquent entre elles par le moyen de la peau, qui leur sert d'intermédiaire, on verra qu’elles forment avec elle une Membrane générale, partout continue, ! qui non-seulement enveloppe toutes les parties extérie u res de l’animal, mais péuèlre cl tapisse le plus grand
nombre de scs organes intérieurs. De même que toutes les autres espèce» de Membranes . les muqueuses présentent deux surfaces : l’une libre et humectée de mucosités, l’autre adhérente aux parties sous-jacentes. Celte partie adhérente est partout appliquée sur des muscles, auxquels elle est unie par une couche de tissu cellulaire extrêmement dense et serré, que les anciens anatomistes désignaient sous le nom de tunique nerveuse. La surface libre présente constamment deux sortes de plis ou de rides. Les unes sont permanentes, et formées à la fois par la couche fibreuse et la muqueuse; telles sont les valvules connivenles des intestins grêles, le pylore, la valvule de Bauhin, etc. Les autres, au contraire, uniquement formées par la Membrane muqueuse, lie sont qu'accidentelles et produites par la contraction du la partie musculeuse de l'organe, qui plisse la Membrane muqueuse, en diminue l'étendue sans en diminuer la surface, laquelle reste toujours In même.
Par leur organisation intérieure les Membranes muqueuses diffèrent beaucoup des deux autres sortes de Membranes simples. Celles-ci en effet ne sont jamais formées que d'une seule couche ou feuillet; les muqueuses, au contraire, de même que la peau avec laquelle elles offrent la plus grande analogie de structure, se composent de trois feuillets, savoir l'épiderme, le corpspapülairectlecborion. L'épidermedes Membranes muqueuses semble être la continuation de celui de la peau, qui, au voisinage de* ouvertures naturelles, s’y enfonce et s’y prolonge. Il est très -apparent sur les lèvres, l’intérieur de la bouche , la surface du gland, cl en général sur toutes les parties voisines des ouvertures naturelles. On peut le soulever et le détacher du corps papillaire au moyen de la pointe d’un instrument; l'eau bouillante le détache et l’isole aussi avec une grande facilité. Mais lorsque l’on s'éloigne de ces orifices, et qu’on pénètre plus profondément, il s'amincit de plus en plus, et sa présence devient de plus en plus difficile à constater. Néanmoins U est prouvé qu'il y existe encore, et si dans l'étal sain il échappe à nos sens, l'inflammation et d’autres affections pathologiques le mettent en évidence. Au-dessous de l'épiderme on trouve le corps papillaire qui ici , comme dans la peau, parait être le siège de la sensibilité de ces organes. Ces papilles sont très-apparentes au commencement des Membranes muqueuses, au dedans des joues, sur la langue, le gland, etc. Quoique moins apparentes, elles n’en existent pas moins sur tous les autres points de l'étendue de ces Membranes. Ces villosités que plusieurs anatomistes avaient considérées comme destinées à l'exhalation ou à l'absorption du suc gastrique, sont bien certainement étrangères à ces fonctions, et ne servent qu’à la sensibilité de ce* Membranes. Les papilles nerveuses sont enveloppées, dans les Membranes de l'estomac et des intestins, d'un réseau vasculaire, qui leur donne celle teinte rouge qu’elles n’onl pas à la peau. Le « horion est la couche la plus profonde des Membranes muqueuse.1;; son épaisseur varie suivant les partie»; ainsi il est épais au palais, aux gencives, plus mince à l’estomac cl aux intestins, à peine sensible à la vessie et dans les conduits excréteurs. C’est, comme celui de la peau, du tissu cellulaire très-condensé. Indé-
pendamment des trois feuillets qui viennent d’être indiqués, les Membranes muqueuses se composent encore d’une énorme quantité de glandes très-petites, placées soit au-dessous, soit dans l'épaisseur même de leur chorion, et qui sécrètent le fluide muqueux qu’elles versent à la surface libre des Membranes par des orifices imperceptibles. Les glandes sont surtout très -abondantes dans les parties of) doivent séjourner les matières étrangères, qui traversent les voies muqueuses, où le fluide qu’elles sécrètent sert à la fois et à les défendre du contact immédiat de ces matières, et à en faciliter le glissement. Les Membranes muqueuses sont munies d’un très-grand nombre de vaisseaux sanguins et lymphatiques. Elles reçoivent aussi beaucoup de nerfs : aussi ces Membranes sont-elles fort sensibles.
5 IlL Membranes fibreuses.
Parmi les Membranes fibreuses, que le professeur Cliaussier désignait sous le nom de Membranes aibuginées, on range les aponévroses, le périoste , le périchondre, les capsules articulaires, la sclérotique, la Membrane fibreuse des corps caverneux, des reins, etc. Ces Membranes qui, au premier abord, semblent être isolées les unes des autres, sont néanmoins continues entre elles au moyen du périoste, auquel elles viennent toutes aboutir, ou dont elles tirent leur origine. On peut donc les considérer, de même que les Membranes muqueuses, comme formant un seul système, mais offrant quelques différences suivant les régions où on l'observe. Bichat divisait les Membranes fibreuses en deux grandes classes; dans l’une il plaçait : 1«1es aponévroses d’enveloppe, c’est-à-dire celles qui revêtent les membres; les aponévroses d'insertion, qui s'interposent entre les muscles et fournissent des points d’altaclie à leurs fibres; 2° les capsules fibreuses des articulations; 3° et les gaines fibreuses qui forment les coulisses des tendons. Dans la seconde classe il rangeait les Membranes fibreuses proprement dites, comme le périoste, la dure-mère, la sclérotique, l'enveloppe des corps caverneux, de la rate, des reins, en un mol toutes les Membranes fibreuses qui semblent faire partie essentielle des organes. Les Membranes fibreuses ont leurs deux faces adhérentes aux parties voisines, c’esl-à dire qu’elles n’ont pas, comme les séreuses et les muqueuses, l'une de leurs surfaces libre cl humectée d’un fluide. Ces Membranes représentent des sortes de gaines ou de sacs recouvrant différents organes. Cette enveloppe est percée, dans son étendue, de trous destinés au passage des vaisseaux. Elles sont formées de fibres blanches très-résistantes, souvent lisses et nacrées, ordinairement parallèles, quelquefois entrecroisées. Ces fibres sont dures, insensibles, élastiques, peu contractiles; elles sont aussi la base des ligaments et des tendons, où elles sont rassemblées en faisceaux. Les Membranes dont il est ici question reçoivent une très-grande quantité de vaisseaux sanguins, qui s'y ramifient souvent à l’infini , avant de pénétrer dans l’organe qu’elles enveloppent. On ne connaît pas les nerfs qui s'v rendent, aussi leur sensibilité est-elle généralement très-obtuse. Néanmoins Bichat a remarqué qu’elle n'y est pas tout à fait nulle, comme plusieurs physiologistes, et entre autres llaller, l’avaient cru. Ces organes insensibles aux agents