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quelquefois stlplté à sa base, est allongé, un peu oblique, comprimé, finissant insensiblement à son sommet en un style capillaire, que termine un stigmate simple. Le fruit est une gousse comprimée, plane, à une seule loge composée d'une ou plusieurs articulations monospermes, se séparant les unes des autres, et contenant chacune une graine lenticulaire. Les .Mimeuscs, dont ou trouve soixante et onze espèces décrites dans le second volume du Prodrome de De Candolte, sont tantôt des arbres, tantôt des arbustes, ou plus rarement des plantes herbacées, souvent munies d'aiguillons. Leurs feuilles sont alternes, articulées, composées, pinnées, doublement pinnées ou digilées-pinnées. Les folioles sont également articulées; les stipules sont placées sur le pétiole. Les fleurs, généralement très petites, sont roses ou blanches, très-rapprocliées les unes des autres, cl formant des capitules globuleux ou ovoïdes, simples ou groupés eu panicule ou en grappe. Plusieurs espèces de ce genre sont remarquables par les mouvements d'irritabilité que présentent leurs feuilles; toutes sont exotiques; elles croissent dans les régions chaudes des deux Indes, et particulièrement dans l'Amérique méridionale, où habitent environ les deux tiers des espèces connues. Parmi ces dernières, un grand nombre d'espèces nouvelles ont été décrites et figurées par Kuntli dans son magnifique ouvrage intitulé : Mimoses et autres plantes de la famille des Légumineuses du nouveau continent. Dans le second volume de son Prodrome et dans ses Mémoires sur les Légumineuses, De Candolle a formé trois sections naturelles parmi les espèces du genre Mimeuse-
Sect. 1. — Er mimosa.
Gousse comprimée, moniliforiuc, articulée. Fleurs roses.
Mimeuseblaxciiatre. Mimosa albida, Kunih, Mim., p. 2, l. 1. Cette jolie espèce, voisine de la suivante, a été trouvée par lluinboldt et Bonpland, sur le bord de la mer du Sud, entre le petit village de Moche et la ville de Truxillo, dans le royaume du Pérou. Sa tige est rabougrie, pubesccnle, blanchâtre, rameuse, munie d'aiguillons. Ses feuilles sonlconjugées, pinnées, bijugees; ses folioles sont oblongues, aiguës, un peu obliques, pubesccntes et blanchâtres à lèur face inférieure; leurs pétioles sont dépourvus d'aiguillons. Les capitules sont globuleux, géminés, et les fruits velus et presque liispides. Celle espèce diffère de la Mirneusc sensible par son port rabougri, ses feuilles plus petites, son duvet plus serré et blanchâtre, surtout à la face inférieure des feuilles, ses pétioles dépourvus d'aiguillons, et ses fleurs d'une belle couleur rose. Celles-ci ne contiennent chacune que quatre étamines.
Mineuse SKXS18I.E. Mimosa sensitira, L., Sp. 1501. Celte espèce est un arbuste saruientcux, originaire des forêts du Brésil. Sa lige est rameuse et pubescenle. Ses feuilles sont, comme celles de l'espèce précédente, digitées-pinnées et bijugées; ses pétioles sont garnis de j quclquesaiguillons courts; la foliole interne de la paire inférieure est extrêmement petite et presque avortée. Les fleurs sont roses, lélrandres, formant des capitules globuleux et géminés, portés sur des pédoncules moitié plus courts que les pétioles. Les fruits sout liispides et *
terminés par une longue pointe. Les feuilles de celle espèce sont légèrement sensibles lorsqu'on les louche.
Mineuse Seksitive. Mimosa pudica, L., Sp. 1501; Breyn., cent., t. 18. Il est peu de plantes plus célèbres et plus généralement connues que celle-ci; on la désigne communément sous le simple nom de Sensitite. C'est des forêts du Brésil que les graines en ont été transportées en Europe, où elle est aujourd'hui cultivée dans toutes les serres, cl où chaque jour elle fait l’étonnement de l'observateur par les phénomènes nombreux d'irrilahililéqu'elle présente. La Sensitive est une plante annuelle, ayant sa tige rameuse, hqule d'environ deux pieds, un peu étalée, articulée, noueuse, poilue et armée d'aiguillons nombreux et recourbés; les feuilles sont pétiolécs, digitées, pinnées. Les pinnules, au nombre de quatre, sont miillijugées, composées de folioles elliptiques, allongées, obtuses et scssiles. Les fleurs sont roses, penlandres, formant des capitules globuleux, axillaires et pédoncules; le calicule consiste en une simple bradée, ciliée sur ses deux bords. Les fruits sont plans, hispides et ciliés seulement sur leur contour. La Sensitive est sans contredit le végétal dans lequel les mouvements d'irritabilité sont le plus étendus. Lorsque l'on touche seulement du bout du doigt l'une de ses folioles, on la voit se redresser et s'appliquer par sa face supérieure contre celle qui lui est opposée, el presque instantanément le même mouvement se propage dans toutes les paires de folioles qui composent la pinnulc. Non-seulement chaque paire de folioles s'applique face â face, mais encore elles se couchent obliquement vers le sommet de la pinnulc, et se recouvrent en partie par un de leurs côtés. Bientôt la pinnule elle-même se redresse, el si le mouvement ou le choc a été un peu violent, les trois autres pinnules le partagent, el le pétiole commun lui-méme ne larde pas à fléchir vers la terre. Dans cet état la feuille semble flasque el fanée. Mais cette apparence est trompeuse, car si l'on tente de redresser le pétiole, on sent qu'il oppose une résistance réelle el qu'il se trouve dans unétalde rigidité qu'on ne pourrait vaincre sans effort, el peut-être sans occasionner quelque déchirure. Nonseulement ce mouvement a lieu par l'action directe et immédiate d'un choc quelconque, mais par un choc communiqué médialemcnt. C'est ainsi que le mouvement d'une voilure qui roule au voisinage d'un pied de Sensitive suffit pour mettre eu jeu son irritabilité. Bien d'autres agents exercent aussi sur elle une influence marquée. Ainsi l'électricité, les vapeurs irritantes, telles que celles du Chlore par exemple, de l'Acide acétique très-concentré, du gaz nitreux, l'air agité par le vent, l’ombre d'un nuage, l’action trop forte de la chaleur concentrée sur une foliole au moyen d'une lentille. celle du froid, suffisent pour provoquer les mêmes phénomènes que le choc direct, imprimé à l’une des folioles. Dulrochel a fait des recherches curieuses pour reconnaître quelle était la partie de la plante où l'irrilahilité avait son siège, el arriver ainsi à savoir la cause de celle propriété, et pour cela il s'est occupé d'abord de l’anatomie de cette plante. Dans toutes les feuilles articulées, qui sont uniquement celles où s'observent les mouvements d'irritabililé, on aperçoit à la base du
pétiole un renflement ou bourrelet, terminé inférieurement pnr un rétrécissement plus ou moins étroit. Jusqu'à présent on avait assimilé le mouvement des feuilles de la Sensitive au mouvement des membres dans les animaux qui en sont pourvus; c'est-à-dire que l'on avait pensé qu'il avait lieu dans la partie rétrécie ou l'articulation. Mais en examinant plus attentivement ce phénomène, Dutrochel a reconnu que tel n'est pas son mécanisme . Les mouvements se passent, non dans la partie rétrécie, mais dans le bourrelet lui-inêrae, et se réduisent à la flexion et au redressement. Dans le premier cas le bourrelet forme une courbe dont la convexité est tournée vers le ciel, et il y a distension du tissu qui forme la partie supérieure du bourrelet cl refoulement de celui qui constitue sa partie inférieure. Ce bourrelet est principalement composé de cellules globuleuses, qui contiennent un fluide concrescible , et qui sont environnées par un tissu cellulaire trèsdélicat, dans lequel il existe une immense quantité de corpuscules verdâtres, que Dutrochet regarde comme des corpuscules nerveux; ce tissu est un développement particulier de l'enveloppe herbacée ou parenchyme cortical, dont le centre est occupé par un faisceau de tubes nourriciers. C'est ce tissu cellulaire du bourrelet, qui est le siège des mouvements du pétiole, et l'on peut à volonté les anéantir, en enlevant avec soin ce tissu, sans intéresser le faisceau vasculaire. Le mouvement de flexion vers la terre a sou siège dans le tissu cellulaire de la partie supérieure du bourrelet, et celui de redressement dans le tissu de la partie inférieure du même bourrelet. Ainsi quand on enlève le tissu cortical du côté inférieur du bourrelet, la feuille reste flétrie et ne peut se redresser; si, au contraire, c'est la partie supérieure qui a été enlevée, la feuille reste dressée sans pouvoir se fléchir. De ces faits il parait résulter que la flexion du pétiole est produite par l'action de la partie supérieure du tissu cellulaire du bourrelet, et que son redressement est dû à l'action de la partie inférieure. Ce sont en quelque sorte deux res-' sorts antagonistes, dont l'un devient alternativement plus puissant que l’autre et le force à céder. Si l'on coupe une tranche très-mince du tissu cellulaire de la partie supérieure du bourrelet et qu’on la plonge dans l’eau, on la voil se rouler en un cercle, dont la concavité est tournée vers l'axe du bourrelet. Le phénomène se présente de la même manière, si l'on prend une lame du même tissu ail côté inférieur ou sur les parties latérales du bourrelet, toujours la lame se roule de manière à ce que sa concavité corresponde à Taxe du pétiole. Le pétiole se trouve donc composé, selon la remarque de Dutrochel, de ressorts antagonistes et opposés, qui tendent à se courber en sens inverse; ainsi le ressort inférieur redresse le pétiole, et le supérieur le fléchit. L’auteur nomme incurvation celte propriété que possèdent les laines du bourrelet de s'incurver ou se rouler dans un sens ou daus un autre. La cause immédiate de ces mouvements d’incurvation réside, selon cet habile physiologiste, dans Vaction nerveuse mise en jeu pur tes agents du dehors. Il était ualurel qu'ayant attribué aux plantes un système nerveux, analogue à celui des animaux, il lui fil jouer, dans les phénomènes
de la végétation, le rôle important qu'il remplit dans la vie animale. Ainsi donc, selon Dutrochet. l'action du système nerveux est la cause des mouvements visibles des végétaux comme des animaux. Mais, s’il en est ainsi, ce système nerveux doit, comme daus ces derniers, être l'organe de transmission de ces mouvements, ou. en d'autres termes, la partie de l'organisation qui propage le stimulus destiné à mettre en jeu l'action de ce système. Or, c’est ce qui n’a pas lieu, du propre aveu de l’auteur; car, par des expériences fort délicates, i! est parvenu à connaître que l'action nerveuse qui détermine les mouvements des feuilles, se transmet uniquement parles vaisseaux qui forment l’étui médullaire, vaisseaux entièrement privés de tubercules nerveux. Ainsi donc le prétendu système nerveux des végétaux serait l'agent, le siège de la puissance nerveuse, sans être l’organe de transmission de cette puissance, ce qui est impossible. Oii pourrait donc tirer de là celle conclusion, que l'importante question de la cause des mouvements des feuilles n’est point encore résolue, et que de nouvelles données sont encore nécessaires pour arriver à une solution satisfaisante. On sait que ces mouvements sont dus à une propriété des tissus, que par analogie on a appelée irritabilité; mais quel est le siège précis de cette irritabilité:* Pourquoi tous les végétaux, dont l’organisation est la même, ne la présentent-ils pas? Est-elle duc, comme le pense Lamarck, au passage rapide des fluides, et à leur action sur les vaisseaux? Faut-il l’attribuer à l’action vitale? cl par conséquent avouer que l’on en ignore l’essence?
A celte première section du genre Mimosa appartiennent encore plusieurs autres jolies espèces, dont uii assez grand nombre ont été décrites et figurées par Kunlh; telles sont les suivantes : Mimosa peclinuta, Kunlb, Mim., 5, t. 3; Mimosa polycarpa, loc. cil., 8, 1.3; Mimosa polydactyla, loc. cit., 14, U 5; Mimosa tomentosa, loc. cit., 11, t. 4; Mimosa montana, loc. cil., 31, l. 10; Mimosa somniuns, loc. cit., 30, l. 7, et plusieurs autres.
Secl. 2. — Habbasia.
Gousse comprimée, très-bispide , à bords droits, non contractés, à articulations courtes et nombreuses; rameaux et pétioles armés d'aiguillons, opposés sur les pétioles; feuilles bipinnées; fleurs blanches. MmttSK fkluchêe. Mimosa pellita , Willd., Kunlh, Mim., 37, l. 9. Cette espèce est munie d'aiguillons recourbés et rougeâtres; ses feuilles sont bipinnées, composées de neuf à dix paires de pinnules opposées, et composées chacune d’un très-grand nombre de paires de folioles ohlongues, obtuses, entières ; le pétiole commun est velu et muni d'aiguillons droits. Les fleurs sont blanches, disposées en capitules globuleux, pédoncules, généralement au nombre de deux à l'aisselle des feuilles. A ces fleurs succèdent des gousses comprimées un peu falciformes, velues cl liispides, surtout lorsqu'elles sont encore jeunes, composées d’un grand nombre d'articulations dont la largeur est double de la hauteur. Celle espèce croit dans plusieurs parties de l'Amérique méridionale, près de Cumaua. sur le bord de la rivière de la Magdeleine, où clic a été recueillie par Uumboldl et Bonpland. A l'occasion de cette espèce.
le premier de cm deux célèbres voyageurs fait sur les Mimeuscs du nouveau continent une remarque que l'on croit devoir rapporter ici. «* Nous avons observé, dit-il (Relat. histor.. 1, p. 45G), que les Mimcuses, comme toutes les plantes à feuilles pinnées, participent à la paresse qui est commune â tous les êtres des Tropi- | ques. Elles se ferment vingt-cinq à trente-cinq minutes avant le coucher apparent du soleil, cl mettent, après •on lever, autant de minutes pour s'éveiller, même dans les plaines. Le yullur Aura en fait autant. Il paraît qu'accoutumées pendant la journée A une extréfile vivacité de lumière, les Sensitives cl d'autres Légumineuses minces et délicates se ressentent le soir > du plus petit affaiblissement dans l’intensité des rayons, de sorte que la nuit commence pour ces végétaux, là '■ comme chez nous, avant la disparition totale du dis- j que solaire. Mais pourquoi sous une zone où il n'y a presque pas de crépuscule, les premiers rayons de l’astre ne stimulent- ils pas les feuilles avec d'autant plus de force que l'absence de la lumière a dù les rendre plus irritables? Peut-être l'humidité déposée sur le parenchyme par le refroidissement des feuilles, qui est j l’effet du rayonnement nocturne, crapêche-l-elle l’ac- ; lion des premiers rayons du soleil? Dans nos climats, les Légumineuses à feuilles irritables s'éveillent déjà avant l'apparition de l'astre, pendant le crépuscule du matin. •
Celle section renferme encore les Mimosa dormions de Uuinboldt ; .Mimosa canesvens, Mimosa hispida , Mimosa ciliata, Mimosa poljracaniha de Willdenow avec plusieurs autres.
Secl. 3. — Batacaulor.
Gousse comprimée, plane, très-glabre ou à peine pubescente, articulée, non contractée aux articulations, quelquefois bordée d’une simple rangée de poils; feuilles bipinnées; Heurs blanches ou jaunâtres.
MlHECSE ER FORME DE RORCK. MilHOSU rubicaulis,
Lamk. ; Mimosa oclandra, Roxb-, Cor., â, tab. 300. Cette espèce est originaire des Indes-Orientales; scs rameaux et* ses pétioles sont munis d'aiguillons forts et recourbés; les feuilles sont bipinnées, très-velues ainsi que les rameaux, composées de cinq paires de piunulcs. qui sont chacune formées de dix à douze ! paires de folioles linéaires allongées. A la base de chaque pinnule on trouve, surtout dans les jeunes feuilles, une glande ohlongue. Les Heurs sont jaunâtres, forniant des capitules globuleux, pédouculés. naissant au nombre de trois à quatre, à l’aisselle des feuilles supérieures,qui sont rudimentaires. Les fruits sont glabres, ' comprimés, fortement ciliés sur leurs bords, très-rarement dépourvus de cils.
On trouve encore dans cette section les Mimosa ccratonia , L.; Mimosa olitjacanlha , UC.; Mimosa casta , L.; Mimosa leiocarpa, UC., etc.
MIMOi’HYHK. mir. Roche à structure porphyroïde, formée par voie d'agrégation mécanique, et composée 1 essentiellement d'un ciment argiloidt*, qui réunit des grains quarlzcux ou feldspalhiques c'est le Poudingue porphyroïde de Uolomieu. Brongniart en distingue trois variétés : le quarlzcux, le pélrosiliccux et l'argi- j
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leux. Sa position géologique ordinaire est au-dessus du terrain houiller; elle peut être aisément confondue avec les Psammitcs et les Pséphilcs (Grés rouges des géognosles).
MIMOSA, bot. y. Nimecse.
MIMOSE. geoi. Synonyme de Doléritc ou Graunslein. y. ces mots.
MlMOSIiES. Mimosœ. bot. Robert Brown a le premier donné ce nom à un groupe ou trihine la famille des Légumineuses, qui se compose du genre Mimosa de Linné, lequel a été divisé en onze genres distincts parles auteurs modernes, y. L£gumireuses,.où sont donnés les caractères de cette tribu et des genres qui la forment.
MIMULE. Mimulus. bot. Genre de la famille des Scrophularinées et de la Uidynamie Angiospcrmie, L., appelé Monavia par Adanson et Cynorynchium par Mitchell; caractères : calice monosépale, tubuleux, â cinq angles, terminé par cinq dents; corolle monopétale, irrégulière, personnée, ouverte, à deux lèvres : la supérieure bilobée et réfléchie sur ses côtés, l’inférieure â trois luhes inégaux ; étamines didynatnes, dont les anthères ont leurs deux loges divariquées â la hase ; ovaire environné d'un disque hypogy ne annulaire et oblique; style terminé par un stigmate formé de deux lamelles. Le fruit est une capsule recouverte par le calice, â deux loges-polyspermes, s'ouvrant en deux valves entières, portant chacune la moitié de la cloison sur le milieu de leur face interne. Les espèces de ce genre sont ou des plantes herbacées, dressées ou étalées. ou des arbustes portant des feuilles opposées, des fleurs jaunes, orangées, violettes ou blanches, dépourvues de bractées, axillaires et solitaires, ou disposées en épis, ou plus rarement en corymbes. Elles sont originaires de l'Amérique, à l'exception de deux qui ont été trouvées par Robert Brown à la Nouvelle-Hollande, savoir : Mimulus tepens et Mimulus g r avilis.
Mi mu; gi.utirecx. Mimulus gtutinosus , Willd. , Sp.; Mimulus auraniiacits, Curt., Bol. Mag., tab. 354. C'est un arbuste rameux. de trois à quatre pieds de hauteur, dont la tige, ainsi que les feuilles , est glulineusc et pubcscente; ses feuilles soûl opposées, semi- embrassantes à leur base, sessiles, elliptiquesallongées, aigues, obscurément dentées; les Heurs sont grandes, d'un jaune orangé, axillaires, solitaires cl portées sur un pédoncule assez court; leur calice est tubuleux, un peu arqué, à cinq dénis inégales, la supérieure pl us longue, et â cinq angles; la corolle est également tubuleuse, mais son tube est plus long que le calice, elle se termine par un limbe oblique, plan, à deux lèvres, la supérieure bilobée, l'inférieure à trois lobes. Celle espèce, originaire de la Californie, se cultive dans les jardins : elle doit être rentrée dans l'orangerie pendant l'hiver. Dans ce Mimulc, comme dans toutes les autres espèces du même genre, le stigmate se compose de deux lamelles glanduleuses sur leur face interne. Quand on louche la face supérieure ou interne de l'une d'elles avec la pointe d'un canif ou tout autre instrument, on les voit se rapprocher l’une de l'autre par un mouvement assez prompt.
Mimule tacuete. Mimulus gultalus, DC.,Cat. Mont.
mi
137. Celle espèce esl annuelle el originaire du Pérou. Elle esl aujourd'hui très -commune dans les jardins. Elle offre beaucoup de rapports avec le Mi mu lus lutous de Linné; mais elle en diffère néanmoins par sa tige et ses pétioles velus el non glabres, par ses feuilles inférieures longuement péliolées el non sessiles; par les dents irrégulières de celles-ci; par les pédoncules d^scs fleurs plus courts que les feuilles el uon deux f™ plus longs qu'eux comme dans le Mimulus luteus; enfin par ses fleurs presque deux fois plus petites.
Mixüle a fleurs roses. Mimulus roscus, Lindl., Bot. reg., 1501. Scs feuilles sont sessiles, ohlongues, marquées de trois à cinq fortes nervures ou eûtes longitudinales; elles sont dentées au sommet qui est pointu; les pédoncules sont axillaires, solitaires, entourés à la base de feuilles florales plus courtes que celles de la lige; le calice est verl, rougeâtre à l'extrémité, anguleux, à cinq dents cl plus court que le tube de la corolle; celle-ci est d'une couleur rosée, ciliée, bilabiée, à lobes presque égaux, oblongs, cunéiformes, échancrés; l'intérieur de la lèvre supérieure, qui est bifide, forme une sorte de palais jaune et velu. Les étamines sont au nombre de quatre, donl deux plus longues ne dépassent pas cependant le tube de la corolle ; l'ovaire est ohlong, pyramidal, terminé par un style filiforme, divisé à sou extrémité en deux lames arrondies el renversées, qui composent le stigmate. La capsule, recou- i verte par le calice persistant, esl divisée en deux loges imlyspermes.
Mihci.e cardix ai. Mimulus cardinalis, Lindl., Horl. Trans., 3, p. 70. Celte brillante espèce esl due aux recherches du botaniste Douglas, en Californie; il en a enrichi les jardins d'Europe, au moyen des graines qu'il y a fait parvenir en 185 1 . Ses liges sont herbacées, hautes de deux à trois pieds, cylindriques, droites, velues et d'un verl pâle. Les feuilles sont opposées, oblongues, irrégulièrement et fortement drulées en I leurs bords, marquées de cinq nervures longitudinales, ! très-fortes, d'un verl assez intense en dessus, plus pâtes en dessous, où elles sont chargées de poils sur les veines. Les pédoncules sont axillaires el de même nature que la tige; le calice est tubuleux, membraneux, velu, . long d'un pouce, marqué de cinq côtes anguleuses, terminées chacune par une dent aiguë; il esl d'un vert semblable à la tige, mais parsemé de points el de traits d'un rouge brun. La corolle est tubuleuse, d’un jaune orangé, rayée longitudinalement de rouge incarnai â l'extérieur; le limbe est partagé en deux lèvres comprimées, dépassant de beaucoup les bords du calice; j la lèvre supérieure est échancrée au sommet, puis un . peu sur les côtés; l’inférieure est à trois lobes profonds ' et réfléchis, tous d'un rouge orangé â l'extérieur et d'un rouge incarnat à l'intérieur, avec quelques traits plus foncés partant de l’orifice du tube. Les quatre étamines ont leurs filaments d’un blanc rougeâtre; les anlbères sont jaunes et bilocuiaires.
M1MUSOPE. Mimusops. bot. Genre de la famille des Sapolacées el de l'Octandric Monogynic, L., composé d'un petit nombre d'espèces, qui pour la plupart sont de grands el beaux arbres, originaires des Indes-Oricn- I
laies, à l'exception de deux espèces qui croissent à la Nouvelle Hollande, où elles ont été observées par Roi». Brown, savoir Mimusops Knuki et une espèce nouvelle, à laquelle il a donné le nom de Mimusops parvifolia. Les caractères de ce genre sont : un calice monosépale à six ou huit divisions disposées sur deux rangs; une corolle inonopélale dont les lobes forment également deux rangées: Tune intérieure composée de six à huit lobes entiers, l'autre extérieure formée de six à seize lobes divisés eu lanières étroites; les étamines fertiles varient de six à huit et sont opposées aux lobes intérieurs; les étamines stériles, en même nombre que les précédentes, alternent avec elles; l'ovaire présente de six â huit loges; mais par suite d'avortement le fruit esl très-souvent uniloculaire et contient une seule graine presque osseuse, munie d'un endosperme. Ce genre est très-voisin de P / mbricaria de Jussieu, qui en diffère par sa corolle, dont les lanières trifides forment trois rangées, et par ses graines munies d'une crête saillante vers l'ombilic. Selon R. Brown, le genre Iiinectaiia de Forskalil doit être réuni au Mimusops, donl il ne diffère que par les divisions extérieures de sa corolle, qui sont deux fois bifides. L'Achras disserta de Forslcr n'est aussi qu'une espèce de Mimusops.
Mihusope Klexqi. Mimusops Eletuji, L-, Lamk., III., lab. 500. Cet arbre, connu vulgairement sous les noms de Marone , Cavequi , Mayouden, etc., esl originaire des Grandes-Indes. Ses rameaux, donl l'écorce esl grisâtre, portent des feuilles alternes, rapprochées les unes desautres vers l'extrémité des jeunes rameaux, portées sur des pétioles assez longs; elles sont elliptiques, acurainéc8, entières, un peu sinueuses sur leurs bords, coriaces, glabres et luisantes à leur face supérieure; les fleurs sont axillaires, quelquefois solitaires, plus souvent réunies au nombre de deux à six ; les divisions du calice sont lancéolées, aigues, pulvérulentes et jaunâtres en dehors; les fruits sont ovoïdes, charnus, de la grosseur d’une prune moyenne, rougeâtres cl lisses extérieurement, monospermes, accompagnés à leur base par le calice qui est persistant'. Ces fruits ont une saveur légèrement astringente el agréable : les Indiens les mangent. Les fleurs répandent une odeur douce, cl on en prépare une eau distillée très-agréable.
MINA. bot. Le genre établi sous ce nom par De la Llave et Lcxarça (Novor. Yeyet. descri pt., 3 et 5) dans la famille des Convolvulacées, a été réuni au genre Quamoclit de Tourneforl.
MINARET. Turris. moll. Genre déiqembré par Montfort (Conchyl. Sysl., t. n, p. 538) des Mitres de Lamarck et des autres auteurs modernes pour les espèces les plus turriculées. V . Mitre.
MINDIUM. bot. V. Micuaixie.
MINE. xix. el üéol. Ce mol a plusieurs acceptions : il est souvent synonyme de Minerai; on l’emploie aussi pour indiquer le gile des rainerais dans le sein de la terre, el on appelle Mmes les excavations faites par les Hommes pour extraire les minerais de leur gîte. V . Muerai el Mires.
Mixe a t h i f L r e de Traxsylvaxie. C'est le Tellure graphique. Y- Tellcre.
Mire d'Acier. On donne quelquefois ce nom au Fer carbonaté apathique, susceptible dedonner directement l'Acier qu'on nomme naturel, f\ Fer.
Mire d'Arglrtbl arche. C’est de l’Argent antimonial, uni à de l'arsenic sous forme laminaire.
Mise d’Argert grise. C’est le Cuivre gris, où l’Argent ne fait point partie essentielle aux yeux du minéralogiste. V. cuivre.
Mise de Fer blarche. Mine de Fer spath ique, contenant une grande quantité de Chaux carbonalée; elle est sous forme lamelleuse, et présente ordinairement un aspect chatoyant.
Mire de Fer limorelse. C’est le Fer oxidé hydraté.
Mire d'Étair blarc. y. Schéelin calcaire.
Mire de Laitor. On a ainsi nommé le minerai de Cuivre accompagné d’Oxide de Zinc, et susceptible de donner immédiatement du Laiton par le traitement. y. zirc.
Mire de Plomb roire. C’est le Graphite ou Fer carburé dont on fait les crayons. Ce rainerai ne renferme pas un atome de Plomb, y. Fer carblrk.
Mire tigree. Les mineurs allemands ont donné cette mauvaise dénomination ( Tiegcrers ) à divers minéraux qui présentent des taches noirâtres, tels que la variété de Baryte sulfatée avec des taches de minerai d'Argent ; la Dolomie qui ofFrc de semblables taches; et un Calcaire lamellaire mélangé d'un peu de Plomb sulfuré.
Mire a verris. On donne ce nom au Plomb sulfuré parce qu'on le fait entrer dans la composition de l'Émail ou Vernis des poteries. //. Plomb stLrcRt.
MINERAI, mir. Çemot sert à désigner toute substance minérale renfermant un ou plusieurs métaux susceptibles d'en être retirés par des moyens économiques. Si la substance minérale se compose de plusieurs métaux, elle est Minerai par rapport â celui qui s'y trouve en plus grande quantité et dont la valeur est plus considérable. Le Cuivre gris, par exemple, s'exploite tantôt comme Minerai d'Argent, tantôt comme Minerai de Cuivre, d'après la prédominance de chacun de ces deux métaux. Dans certains Minerais très-complexes, on fait, pour ainsi dire, abstraction de plusieurs des métaux qui s’y rencontrent, et l’on ne vise qu’à retirer avec bénéfice ceux qui offrent et valeur etquanlité. L’extraction de cift métaux se fait par le triage, le hocardage, le lavage, le grillage, les essais, etc., procédés dont les détails sont étrangers â l'histoire naturelle proprement dite. y. MEtallcrgie.
MINF.lt ALISATEUR. On désigne vulgairement sous ce nom, le principe qui, dans une substance minérale, est uni à un métal quelconque et en masque les propriétés physiques et les caractères ordinaires. Le Soufre est le Minéralisateurdu Mercure dans le Cinabre natif, l'Oxigène l’est du Fer dans l’Hématite, etc.
MINÉRALOGIE. Science des minéraux, c'est-à-dire des corps bruts, formés naturellement, et que l'on rencontre à la surface ou dans l'intérieur de la terre. Elle embrasse, dans sou objet, la connaissance de leurs propriétés générales, celle des caractères particuliers, qui distinguent les différentes espèces les unes des autres, et les variétés de chaque espèce entre elles ; celle de leurs manières d'être dans la nature, et de leur emploi
dans les arts et les usages de la Me; enfin celle de leur classification, ou de leur disposition dans un ordre propre à en faciliter l’étude, et à faire mieux ressortir leurs analogies et leurs dissemblances.
Le but principal de cet article étant d'exposer rapidement l'état actuel de la science, on ne peut y présenter l’histoire de scs faibles commencements, et de la marche lente qu'elle a suivie jusqu'au siècle de Linné et de Wallerius ; on se contentera de citer quelques-uns des noms les plus célèbres, parmi ceux des auteurs anciens qui ont traité des minéraux dans leurs ouvrages . dans les temps les plus reculés, Aristote, Théophraste, Pline, Dioscoride; pendant la période du moyen âge, le fameux médecin Avicenne; après la renaissance des lettres, Georges Agricola, le père de la Métallurgie, Conrad Gessner, Buece de Boot, Beccher et Boy le. Les notions vagues que la plupart de ces auteurs ont laissées dans leurs écrits, ont été presque entièrement étrangères aux progrès réels de la Minéralogie, que l'on peut considérer comme une science toute récente ; elle doit uniquement son avancement à l’esprit d'observation et de méthode, qui caractérise les travaux des naturalistes modernes, et aux secours importants qu’elle a reçus de la chimie et de la physique, dont les développements récents et prodigieux ont exercé sur elle la plus heureuse influence, en ramenant les faits nombreux dont elle se compose à un petit nombre de lois générales.
Le premier pas à faire dans l'élude des minéraux, c'est de déterminer nettement en quoi ils diffèrent des autres productions naturelles, cl d'abord quels sont les principaux caractères qui distinguent les êtres vivants des êtres bruts, les corps organiques des corps inorganiques. Le corps organique se compose de parties dissemblables. qui concourent par leurs actions réciproques à l’existence du tout ; il a une forme déterminée, constante, qui lui est plus essentielle que sa composition chimique interne, laquelle varie continuellement, et de celte forme dérivent les caractères propres à la détermination de l'espèce; rarement il peut élr^ divisé sans être détruit; il est en général ce qu'on appelle un individu; il naît d'un autre individu préexistant et semblable à lui; il s'accroît par intussusception, et seulement jusqu'à un certain terme, après lequel sa deslruc tion s'opère d'clle-méine. Le corps inorganique, au contraire, est une masse homogène, une simple agrégation de particules semblables, que l'on peut â volonté séparer les unes des autres ou réunir en nombre plus ou moins considérable ; il est susceptible d'être divisé I et subdivisé, sans changer de nature, car il existe tout entier dans la moindre de ses parties; mais quelque loin que l'on pousse ces divisions successives, on n'obtient jamais que des masses plus petites et non des individus isolés, qui ne pourraient être ici que les particules composantes elles-mêmes; le corps inorganique étant une agrégation de molécules similaires, et cette agrégation pouvant avoir lieu d’une infinité de manières. sa forme est variable à l'infini; elle est presque | toujours accidentelle, et le caractère de l’espèce réside j essentiellement, non dans cette propriété extérieure, 1 mais dans la nature chimique de la substance, laquelle
est constante et déterminée; enfin le corps inorganique se forme par In juxtaposition de ses particules, en vertu des forces d’attraction qui leur sont propres ; il s'accroît toujours à l'extérieur, de manière qu'à un instant quelconque de sa formation, tout ce qui existait jusqu'alors n'éprouve plus de changement; il n'y a point de limite à cet accroissement, et le corps inorpanique une fois formé peut durer indéfiniment, si nulle action du dehors ne tend à le détruire.
Il existe des différences assez grandes entre les corps inorganiques, sous le rapport du mode de leur formation : les uns ne peuvent être produits que sous l’influence des forces vitales, qui aident ou modifient l'action des forces d'affinité; tels sont : les sucres, les gommes, les résines et la plupart des matières qui prennent naissance dans les êtres vivants. D'autres au contraire se sont formés sans aucune participation des forces vitales, comme les sels, les pierres et les métaux. D’autres enfin sont d'origine mixte; ils proviennent de matières organiques qui, enfouies depuis longtemps dans le sol, y ont changé de nature par suite des décompositions qu'elles ont éprouvées; tels sont les combustibles charbonneux et bitumineux. La première division des corps inorganiques est tout à fait étrangère à la Minéralogie; il faut encore exclure des deux autres tous les corps formés artificiellement dans nos laboratoires, et limiter le champ de la science à ceux que la nature a produits dellc-mêinc et que nous reti- 1 rons du sein de la terre. C'est à eux seulement que peut ! convenir le nom de Minéraux , auquel on substitue ; souvent dans les langues étrangères le terme équivalent de Fossiles, employé chez nous dans une acception toute différente.
Les minéraux, considérés dans leur ensemble, sont doués «le propriétés générales fort remarquables en elles-mêmes, et dignes de toute l'attention du philosophe. Ces propriétés, par les modifications qu'elles éprouvent dans la série des différentes substances, fournissent des caractères, qui servent à la détermination rigoureuse des espèces, ou seulement à leur distinction relative. Les caractères dont il s'agit dérivent ou de la simple observation, ou de l'expérience. Mais tous n’ont pas la même valeur aux yeux du minéralogiste; le minéral étant pour lui un agrégat de particules semblables, doit lui offrir des caractères de différents ordres; les uns uniquement dépendants de la nature des particules, et par là véritablement spécifiques, d’autres dépendants plus ou moins du mode d'agrégation de ces particules, cl n'étant, pour la plupart, que des caractères de variétés.
Les idées fondamentales d 'Espèce et de Fariètè semblent établies tout naturellement par la supposition précédemment faite, que le minéral consiste dans une agrégation quelconque de particules semblables. En effet, d’après cette supposition, tous les minéraux composés des mêmes particules, quel que soit d’ailleurs leur mode d’agrégation, doivent former une même , espèce; et tous les minéraux de la même espèce, qui diffèrent par le mode d'agrégation de leurs particules, ; et par suite par quelques-uns de leurs caractères exlé- ; rieurs, doivent constituer autant de variétés. Mais la !
supposition admise n'est pas rigoureusement le cas de la nature, et fréquemment la même masse minérale se trouve mélangée de molécules diverses, appartenant À de* espèces différentes. Toutefois, dans l'examen des principales propriétés des minéraux, il est indispensable de les considérer comine étant chimiquement purs, sauf à modifier ensuite les résultats auxquels on sera parvenu, de manière à tenir compte des circonstances dont on doit faire abstraction d'abord.
Des lois de ta composition chimique dans les minéraux.
]« Composition qualitative. Les chimistes, en examinant tous les minéraux connus, en ont retiré par l'analyse cinquante-deux substances différentes, que dans l’état actuel de la science ils considèrent comme autant de corps simples, et qui sont pour le naturaliste les éléments du règne inorganique. Ces éléments sont presque toujours combinés entre eux dans la nature, mais ce qu'il importe de remarquer, c'est qu'ils ne te sont pas indifféremment les uns avec les autres. Il eu est beaucoup qu’on ne trouve presque jamais unis ensemble; il en est un petit nombre au contraire qu'on rencontre dans presque toutes les combinaisons connues, comme si les premiers avaient peu de tendance à former des composés, el les seconds une grande énergie de combinaison. Ceux-là sont des êtres en quelque sorte passifs, qui ont besoin pour se réunir entre eux de l'action médiale des autres corps. On peut' leur donner le nom de bases ou de corps tninèralisables , et désigner avec Ileudant par celui de mineralisateur8, ces principes actifs, sans lesquels la plupart des combinaisons naturelles ne pourraient exister. Ces derniers sont en petit nombre : on distingue parmi eux l'Oxigène, le Soufre, le Fluoré, le Chlore, le Carbone, l'Arsenic, le Sélénium, etc. Les combinaisons binaires formées par l'Oxigène avec les corps minéralisables, el qu'on nomme Oxides, sont les plus nombreuses; les combinaisons du Soufre, ou les Sulfures, sont aussi assez abondantes. Les Chlorures, les Arscniures, les Séléniures, le sont beaucoup moins. Après les combinaisons binaires, celles que l'on rencontre le plus fréquemment dans la nature, sont les combinaisons auxquelles ou peut donner le nom de 'J'ertiaires; elles résultent en général de l'union de deux composés binaires qui ont un principe commun, telle que de deux Oxides, de deux Sulfures, de deux Arseniures, etc. Celles qui sont formées de deux Oxidqs sont les plus abondantes de toutes. On peut faire ici sur les corps oxigénés la même remarque qui a été faite sur les corps simples : c'est qu'on ne les trouve pas indifféremment combinés entre eux, et qu'on peut aussi les partager en deux séries : l’une composée de ceux qui oui une grande tendance à se combiner avec la plupart des autres pour former des Sels , et qui s'unissent rarement entre eux : ce sont les Acides proprement dits et quelques Oxides capables de jouer le même rôle; l’autre, composée des Alcalis el des Oxides qui se comportent de la méinc manière, el auxquels on peut donner le nom commun de bases salifiablcs. Les combinaisons ternaires les plus abondantes sont les Silicates simples, les Carbonates, les Sulfates, les lMios-
pliâtes, les Arsénialcs. Il existe aussi des combinaisons d'ordres plus élevés, niais elles deviennent de plus en plus rares, à mesure (|u*el|es se compliquent davantage. Parmi celles qu’on peut appeler quaternaires, les plus remarquables sont les sels doubles et les sels aqueux, qui résultent de l'union de deux composés ternaires, entre eux. ou d’un composé ternaire avec l'eau. Tels sont les doubles Silicates, les doubles Cnrbpnates, et les sels simples avec eau de cristallisation.
2° Composition quantitative, (.es combinaisons des éléments se font toujours dans la nature en proportions définies, c'est-à-dire constantes et déterminées. Un même corps peut à la vérité s'unir avec un autre en. plusieurs proportions différentes, mais ces proportions sont fixes. Elles n’ont pas lieu au hasard; mais elles sont réglées par une loi remarquable, celle des multiples. Celle loi consiste en ce que les différentes quantités en poids de l'un des corps, qui se combinent avec une même quantité de l'autre corps, sont toujours multiples les unes des autres. On connail par exemple trois degrés d’oxidalion du Soufre, qui sont tels que pour 100 de Soufre il y a 40,7 d'Oxigène dans le premier. 00,44 dans le second, cl 140,12 dans le troisième. Or, il est visible que ces trois quantités d'Oxigène données par l’expérience, sont à très-peu près entre elles comme les nombres 1, 2, 3. Celte loi des multiples reparaît sous une autre forme dans les combinaisons ternaires. Lorsque deux Oxides s'unissent entre eux, ils le font dans un rapport tel, que la quantité d'Oxigèue de l'un est multiple de la quantité d'Oxigène de l'autre. Pareillement dans les combinaisons de deux Sulfures ou de deux Arseniures, la quantité de Soufre ou d'Arsenic de l'un est un multiple exact de la quantité de Soufre ou d'Arsenic de l'autre.
On rend raison de ces faits importants au moyen de la théorie atomistique, qui eu outre a l’avantage d'en fournir l’expression la plus simple. Celte théorie admet en principe, que tout corps inorganique est un agrégat de molécules ou d’atoines égaux en poids, et que, dans toute combinaison chimique, des nombres déterminés d'atomes de diverses espèces s'unissent intimement pour donner naissance à des atomes plus composés. Dès lors il est aisé de voir à quoi tiennent ces rapports multiples, dont il a été cité plus haut un exemple pris dans les combinaisons de l’Oxigènecldu Soufre. Ils proviennent nécessairement de ce que pour le même nombre d'atomes de Soufre il y a un atome d’Oxigène dans la première , deux atomes dans la seconde, cl trois atomes dans la troisième. Cela démontre qu'il est possible d'exprimer les lois de ces combinaisons autrement que par des rapports de quantités pondérables : on peut le faire beaucoup plus simplement et plus rigoureusement, en indiquant les nombres relatifs des atomes qui se combinent, et la chose est facile si l'on connaît d'avance les poids relatifs de ces mêmes atomes. Oue l'on suppose que l’atome d’Oxigène étant pris pour terme de comparaison, son poids soit représenté par 100; que l’on suppose de plus, que par un moyen quelconque, on soit parvenu à connaître le poids de l'atome de Soufre, égal à 201,20; il y aura, dans le premier degré d’oxidation du Soufre, un cer-
tain nombre d'atomes d'Oxigène, dont le poids total est 49,7, combiné avec un certain nombre d'atomes de Soufre, dont le poids total est 100; et il est clair qu'on obtiendra ces deux nombres d’atomes, en divisant successivement le poids total de chacun d'eux par le poids de l'atome simple. Or, les quotients de ces divisions étant les mêmes, on en conclura que, dans le premier degré d’oxidation du Soufre, il y a un atome de Soufre pour un atome d'Oxigène, et par conséquent dans le degré suivant, deux atomes d'Oxigène pour un de Soufre; dans le troisième degré, trois atomes d'Oxigène pour un de Soufre. On peut rendre ces compositions en quelque sorte sensibles à l’œil , et faciliter par là leur comparaison, en les représentant par des signes de convention analogues aux signes de l'algèbre. Il suffit pour cela de désigner les différents corps simples par leurs lettres initiales, de placer ces lettres à côté les unes des autres pour indiquer une combinaison, et de les accompagner de chiffres, en forme d’exposants, pour marquer les nombres d'atomes. Lorsqu'il n'y aura qu'un atome du corps, on omettra l'exposant. Ainsi, les trois combinaisons de l’Oxigène cl du Soufre dont il a été parlé, seront représentées par les signes suivants : SO,SO\SO\ On abrégera encore ces signes, en exprimant les atomes d'Oxigène par des points placés au-dessus de la lettre qui désigne la hase; on aura de celle manière les formules très-simples : S, S, S.
Ainsi, il y a deux manières d’exprimer les lois des combinaisons des corps : lu par les rapports des quantités en poids des éléments : c’est l'expression ordinaire d’une analyse en centièmes du poids du corps analysé; 2° par des formules représentatives de la composition, indiquant les nombres relatifs d'atomes élémentaires, qui ion! unis dans chacun des atomes du composé. Celte seconde méthode a l’avantage de servir à rectifier le résultat de la première, en en faisant disparaître par le calcul les petites erreurs inséparables des observations. Ces méthodes sont d’ailleurs équivalentes, et il est toujours facile de repasser d’une analyse donnée en formule à une analyse en poids; il suffit pour cela d'un simple calcul de parties proportionnelles. Mais la détermination des nombres d'atomes d'une combinaison suppose la connaissance préalable des poids relatifs de ces atomes, et par conséquent il faut avoir les moyens de connaître ces poids et d'en dresser des tables. On détermine le poids de l'atome d'un corps quelconque parla comparaison de scs différents degrés d’oxidation ou de sulfuration. Ainsi, dans l'exemple du Soufre cité plus haut, les quantités relatives d'Oxigène qui sont combinées avec une même quantité de Soufre sont entre elles comme 1, 2, 3. Ce résultat d'observation fait voir qu'il y a un certain nombre n d’atomes de Soufre combinés avec 1, 2 et 3 atomes d’Oxigène. Si l'on représente par p le poids de l'atome de Soufre, et par 100 celui de l'atome il'Oxigène, le rapport des quantités de Soufre et d'Oxigène qui enlrenl dans la combinaison au minimum sera celui de n p à 100, le même que celui de UH) à 49,7; par conséquent
/lettégilà — ou à — — . On voit par là
que la détermination complète de la valeur de p ne
dépend plu* que de celle que l’on mpposera au nombre n ; el ci pour faire la supposition la plus simple possible, on pose « égal a 1. on aura p, ou le poids de l'atome de Soufre, égal à 201,20, comme il avait été admis plus haut et comine le donnent les tables de poids atomistiques. S'il y a quelque chose d'arbitraire dans la détermination de ce nombre, on peut dire cependant que sa valeur ainsi calculée est probablement la véritable ou du moins qu’elle en est la moitié, le tiers, etc., ou un multiple fort simple. Or une pareille donnée est tout ce qu’il faut pour l’expression des lois de la composition quantitative, (elles que l'observation les fait connaître.
Indépendamment de t’avantage que l'on a de rectifier les résultats de l'analyse, et d'atteindre les véritables rapports des éléments, en mettant ainsi ces résultats sous la forme atomistique, on trouve encore dans celte méthode un avantage précieux sur l'ancienne manière de présenter les analyses en poids. C’est que par les nombres simples d'atomes dont elle indique la combinaison, on se fait une idée plus nette de la nature du composé, el de la différence qu'il y a entre deux corps formés des mêmes éléments dans des proportions diverses, mais assez rapprochées. Par exemple, les sulfures rouge el jaune d'Arsenic renferment, le premier : Arsenic 70, et Soufre 30; el le second : Arsenic 01, et Soufre 39. Ces deux rapports ont entre eux une différence assez faible pour que plusieurs minéralogistes aient été tentés de la regarder comme non essentielle; mais cette différence se trouve confirmée et expliquée par le calcul atomistique, qui nous montre clairement, par la traduction exacte en formules des résultats précédents, que dans le Réalgar il y a deux atomes de Soufre el un’ atome d'Arsenic, tandis que dans l'Orpiment il y a trois atomes de Soufre el un atome d'Arsenic.
Les composés ternaires oxigénés se traduisent aisément en formules, en plaçant l'un à côté de l’autre les signes des deux Oxides dont ils sont la combinaison, affectés chacun d'un exposant qui marque le nombre des atomes : ainsi, la Chaux ayant pour signe C«, et l’Acide Carbonique C, le Carbonate de Chaux naturel sera représenté par C«C’, étant formé d'un atome de Chaux et de deux atomes d'Acidc carbonique. Mais les composés ternaires, résultant de deux composés binaires qui ont un principe commun, peuvent encore s'exprimer d'une manière plus simple, fondée sur la loi des multiples, à laquelle ils sont soumis. Pour cela on supprime entièrement les signesd'oxidalion,et l'on indique par les exposants non plus les nombres d'atomes, mais seulement les quantités relatives d'Oxigène contenues dans les quantités de base el d’Acide combinées, lesquelles sont toujours en rapport simple et multiple l'une de l'autre. Dans le Carbonate de Chaux dont on a parlé, la quantité d'Oxigène de l'Acide étant double de la quantité d’Oxigène de la base, on peut écrire la formule de ce sel ainsi : c«c*, en employant les caractères italiques, pour ne pas confondre ces signes avec tes premiers, ni avec ceux des combinaisons de corps simples. Ces nouveaux signes portent le nom de signes minéralogiques, parce qu'on en fait un fréquent usage en Minéralogie, à raison de leur simplicité et de la faci-
lité avec laquelle on peut les lire. Il faut les distinguer soigneusement des autres signes, appelés signes chimiques', et qui expriment la composition chimique d’une manière rigoureuse et complète. Les composés quaternaires se représentent au moyen des signes des deux composés binaires, que l’on place à la suite l'un de l'autre en les séparant par le signe -i-.
Pour faciliter la lecture des signes minéralogiques, on a imaginé une nomenclature fort simple, à l'aide de laquelle on les traduit immédiatement en langage ordinaire. Les composés binaires, qui résultent de la réunion d'un atome d'un élément avec un atome d’un autre élément, se désignent par le nom chimique de la combinaison employé seul ou précédé de l'épithète mono : ainsi l'on dit un sulfure simple , ou un mono • sulfure , pour marquer la combinaison d'un atome de Soufre avec un atome d'un autre corps. Pour les combinaisons en d’autres nombres, on ajoute au nom chimique une autre épithète, qui marque le nombre d’atomes du principe minéralisateur. uni avec un atome du second élément. Par exemple, on dit bisulfure, trisulfure, quudrisutfurc, etc., pour indiquer la combinaison d'un atome d'un corps simple avec deux, trois, quatre, etc., atomes de Soufre. Beudant a proposé de dire dans le même sens : Oxide, Bioxide. Trioxide, etc. On dit également : Silicate. Bisilicate, Trisilicale, etc.; Sulfate, Bisulfate, Trisulfale, etc.; pour désigner des sels dans lesquels la quantité d'Oxigène de l'Acide est égale à la quantité d'Oxigène de la base, ou en est le double, le triple, clc.Si la base renferme plus d'Oxigène que l’Acide, c’est devant le nom de la première que se place alors l'épithète : ainsi, on dit : Silicate tri-alumineux pour désigner un Silicate dans lequel l'Oxigène de l'Alumine est triple de l'Oxigène de la Silice.
Les faits relatifs aux proportions multiples des éléments dans les combinaisons chimiques soit naturelles, soit artificielles, sont dns aux travaux de Richter, el aux recherches de Dation, de Gay-Lussac et de Berzélius. C'est principalement à ce dernier chimiste que l'on est redevable de la théorie atomistique, telle qu'on vient de l'exposer, el doul il a fait le premier une application de la plus haute importance au règne inorganique. Pour en donner ici un aperçu rapide, on a mis à profil l’excellent Traité de Minéralogie, publié par Beudant en 1H30, et dans lequel toutes les généralités de celle science sont présentées avec une clarté et une précision vraiment remarquables.
Lies caractères chimiques des minéraux.
Lorsque cherchant les caractères spécifiques d’une substance que l'on rencontre pour la première fois, on veut arriver à la connaissance précise de sa composition chimique, c’est-à-dire de la nature diverse el des proportions de ses éléments, il faut en faire une analyse exacte, en opérant avec tous les soins convenables sur un poids déterminé de celte substance. Mais s’il ne s’agit que de reconnaître un individu, appartenant à une espèce déjà connue, il n'est besoin pour cela que d'un simple essai de la substance, que l'on pratique sur une parcelle infiniment petite, et par lequel on cherche seulement à distinguer les éléments qui la composent, sans aucun égard à leur quanti lé relative, en les isolant
les uns des autres, et les forçant à manifester successivement leurs caractères. Ces essais chimiques sont de deux sortes : les uns se font par la voie sèche, à l'aide du chalumeau et des fondants ou des réactifs solides; les autres par la voie humide, à l'aide des réactifs liquides.
1° Essai des minéraux par la voie sèche. Le chalumeau dont on fait usage pour soumettre tin minéral à l'action du feu, est un instrument emprunté de l’art du metteur en œuvre, et qui se compose essentiellement d’un tube métallique recourbé vers l’une de ses extrémités, où il se termine par une ouverture trèsdéliée. On souffle dans le tube par l’autre extrémité, et le courant d'air qui en sort est dirigé sur la flamme d’une bougie ou d’une lampe à mèche plate : celle-ci s'allonge horizontalement en forme de dard, dont la pointe possède un degré de chaleur très-intense. Le corps que l'on veut exposer à l’action de celle flamme se place à l'extrémité d'une pince en platine, ou sur un charbon dans lequel on a creusé une petite cavité qui fait en quelque sorte fonction d'un creuset. On doit toujours choisir un très petit fragment de la substance, et souvent il est bon qu'il ait une arête vive ou une pointe déliée. Il y a deux mauières d’opérer avec le chalumeau : ou bien on chauffe le corps avec le contact de l'air, en le plaçant au sommet du petit cône lumineux, et dans ce cas il s'oxide, s'il est combustible; c'est ce qu’on appelle le sou inc lire nu feu d'oxidation ; ou bien on le chauffe sans le contact de l’air, en le plongeant tout entier dans la partie brillante de la flamme, et alors il se désoxide, s'il est oxigéné; c'est ce qu'on nomme le traitement au feu de réduction. — Pour faire manifester à un minéral ses caractères pyrognostiques, on le traite tantôt seul, c’est-à-dire sans addition de corps étrangers, tantôt avec addition de flux ou de réactifs.
* Sans addition. — On a pour but, en opérant ainsi, de reconnaître si la substance est fusible ou infusible, si elle est réductible ou non en un globule métallique, si la chaleur en dégage un principe volatil, qui s'y trouvait tout formé, ou qui s'y forme pendant le grillage même. Pour essayer la fusibilité, on fait usage ordinairement de la pince de platine. Dans le cas de fusion/ on examine si le morceau d’essai se fond en un globule parfait, s’il s'arrondit seulement sur ses bords, ou se couvre à la surface d’un simple vernis vitreux; si le résultat de la fusion est une scorie, c’est-à-dire une matière boursoufflée et irréductible en globule; une fritte, c'est-à-dire un corps dont une partie composante non fondue est disséminée au milieu de l’autre partie fondue; un émail , ou corps vitreux opaque, blanc ou coloré; enfin un r erre proprement dit, ou globule vitreux transparent; également blanc ou coloré, et dont l’intérieur peut être compacte ou bulleux. On examine encore si la forme du globule est sphérique ou polyédrique, si sa surface est lisse ou couverte d'aspérités, etc. Dans le cas de non fusion, on observe si la matière d'essai éprouve quelque altération ou changement d'aspect, si elle durcit ou devient plus tendre, si elle acquiert des propriétés alcalines, faciles à reconnaître au moyen des papiers à réaction ; si elle prend
I de la saveur; si elle décrépite, c’est-à-dire éclate et se disperse en une multitude de parcelles; si elle s’exfolie ! par la séparation des feuillets ou lames dont elle est | composée; si elle se boursouffle et s'épanouit à la mai nière d'un chou-fleur; enfin, si elle bouillonne par le | dégagement de quelque matière gazeuse. Plusieurs de ces effets peuvent précéder celui de la fusion cl le modifier. Dans le cas de volatilisation, on examine si elle est complète ou partielle. Pour sublimer les matières toutes formées dans le minéral, on met celui-ci dans un petit malras de verre à long col, ou simplement dans un tube de verre fermé par un bout; et par l’action du feu, les matières volatiles se portent et se déposent or dinairement dans la partie supérieure du tube. Si le minéral renferme de l'eau, elle se dégage en vapeur, et se condense en gouttelettes dans le col du malras. La présence de l’Acide fluorique s'annonce par la forma tion d'un anneau blanc siliceux, un peu au dessus de la matière d'essai. Celle de l’Arsenic se manifeste par un sublimé métallique, etc. Pour reconnaître les matières volatiles qui se forment pendant le grillage, on met le minéral dans un tube de verre ouvert par les deux bouts et un peu courbé vers sa partie moyenne, puis on le chauffe au travers du tube; ou bien on l'essaie en le plaçant sur un Charbon. Dans le premier cas on recueille ordinairement le sublimé dans le haut du tube; dans le second cas, il se répand dans l'atmosphère, et on ne peut le reconnaître qu'à son odeur, à la couleur de sa vapeur, et à la teinte qu’elle communique à la flamme du chalumeau. Une odeur d'Acide sulfureux annonce la présence du Soufre, une odeur d'ail l'Arsenic, une odeur de raves le Sélénium, etc. C’est aussi sur le Charbon qu’on essaie tes minéraux, pour savoir s'ils sont réductibles en globules métalliques.
*• Avec addition. — On ajoute à la matière d’essai différents flux ou réactifs, pour aider la fusion du minéral ou sa décomposition, pour découvrir les Oxides qu’il renferme, et quelquefois amener leur réduction. Les principaux réactifs solides sont : le Carbonate de Soude, le Borate de Soude et le Phosphate double de Soude et d'Ammoniaque, que, pour plus de brièveté, on désigne dans les essais pyrognostiques, par les noms techniques de Soude, Borax et Sel de phosphore. On emploie la Soude pour reconnaître la présence de la Silice en quantité considérable dans un minéral pierreux, infusible sans addition. Ce minéral, traité par la Soude, fond avec effervescence en donnant un verre transparent, qui a la faculté de dissoudre la base enlevée par la Soude à la Silice, et qui conserve sa transparence après le refroidissement. Mais le principal lisage de la Soude est de servir à réduire les Oxides métalliques, et à faire découvrir dans les minéraux des quantités de métal réductible, assez petites pour échapper aux analyses faites par la voie humide. On pulvérise la matière d’essai, on la pétrit dans le creux de la main avec de la Soude humectée, et on chauffe le tout sur un Charbon. Si le métal est en grande quantité dans le minéral, il sc réduit en petits globules distincts, que l’on peut recueillir et examiner. Mais si le métal est disséminé en quantité très-petite dans le minéral, il est absorbé avec