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avoir au moins huit ou dix pieds de taille. C! était un grand saint.
SUAIRE. — Q!ft' voit $ ^ai^s les quatre évangélistes, c^v^^ Jésus-Çhrist fut en;5çveli par Joseph d^Arîmathie. Mais saint Jean observe que le corps était enveloppé dans un linceul , et la tête dans un linge sép^é, à la manière des juifs. C'est ce linge que Von appelle proprement suaire. On devait donc ^istinguejc, ces sortes de linges et ne pas faire honorer des suaires tout d'une pièce.
L'Écriture n'a pas niarqué que personne ait pris soin deVamasser leslinçeuls de Jésus-Christ, pour les conserver à la postérité : maison s'est peu embarrassé de ce silence.
Parmi les suaires que l'on pmposa au culte des fidèles , quelques-uns ne sont qu'une simple toile ; d'autres portent l'emprçinte du corps entier de " Jésus-Christ. On pourrait mettre dans cette dernière classe la. fameuse image d'Edesse en Mésopotamie , qui avait été envoyée au roi Abgare par Jés^is-Christ lui-même*. O^ assurait que Jésus avait imprimé sa face» et même l'effigie de sa personne entière sur' ce linceul en se l'appliquant sur le corps. Evagre raconte^ mèm^e quelques grands mirc^d^s opérés par cette image , qui passa à Con- ^ta,ntinople et de là à Gènes , où elle fut véixérée asse:^ .mal à propos, comme le suaire qui. avait couvert Jésus-Christ dan& lé tombeau.
Mais les deux suai,re$ ^es. plus célèbre$ sont k Turin et à Besançon ..Us portent tous deux l'em-
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perinte du corps de Jésus-Clirist ; cl tous deux ont fait des prodiges.
SUAIRE DE TVRIN.
Le saint suaire de Turin offre la double effigie du corps de Jésus-Christ, vu par devant et par derrière, et dépouillé de tout vêtement, à rexception d'une large ceinture. On a dit qu'un chrétien Tavait emporté de Jérusalem, lorsque cette ville fut prise par Titus ; que cette précieuse relique fut long-temps vénérée dans la Perse ; qu'elle retourna, en6i49 dans la Palestine, et que delà, pendant les croisades, elle fut transportée à Chambéri en Savoie. Elle passa à Turin au seizième siècle. Mais long-temps avant, ce suaire faisait déjà du bruit en France. Il se trouva entre les mains ^de Geoffroi de Charny , qui le donna à l'église coUégiale du bourg de Lire , dont il était seigneur , à trois lieues de Troyes en Champagne. Il disait que ce sacré linceul était une conquête qu'il avait faite à la guerre contre les infidèles , et que deux jiflges l'avaient tiré miraculeusement d'un cachot où il avait été jeté par les Anglais , qui l'avaient fait prisonnier quatre ans auparavant.
Ce suaire était un long drap de toile , où Ton voyait , comme nous l'avons dit , la doublé représentation du corps de Jésus-Christ , peint' en couleur de sang un peu passée. Les chanoines , considérant le profit qu'ils pouvaient retirer d'une telle relique , se hâtèrent de l'exposer 5 et leur église fut bientôt rétablie d'une affluence
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nuelle de dévols. L'évèque de Troyes , Henri de Poitiers , ne voyant aucune preuve de Tauthehricité de ce Suaire , défendit de Texposer comme un objet de culte; et pendant vingt-quatre ans on ne le vit plus.
Vers l'an iS^S, le fils de GeofFroi de Chamy obtint du légat du pape la permission de remettre la relique de son père dans Téglise de Lire. Les chanoines Texposèrent de nouveau entourée de cierges , devant leur jubé. Mais Pierre d'Arcys , alors évêque de Troyes , défendit à son tour de montrer cette relique , sous peine d'excommunication.
On obtint en même temps un ordre du roi Charles VI , qui permettait d'honorer le saint suaire dans l'église de Lire. L'évèque vint à la cour, et représenta au roi que le cuhe de ce prétendu linceul de Jésus-Christ n'était qu'une idolâtrie, si bien que Charles révoqua sa permission)* par un édit du 4 d'auguste iSSg.
. Le nls de Geoffroi de Charny alla se pourvoir devant le pape , qui siégeait à Avignon \ et Clément VII rétablit la permission d'exposer le saint suaire. L'évéque de Troyes envoya bien vite au saint père un mémoire , où il dévoilait toutes les impostures de cette prétendue relique \ Oément ne défendit pas d'exposer le suaire;' mais il défendit de le montrer désormais conmie le {rentable suaire de Jésus-Christ.
tes chanoines renfermèrent donc leur relique,