‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuseChapitre 9 sur 96 · REI · texte numérisé non relu

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le cercle de fer qui lui ceignait le corps dans sa prison. A en juger par ce cercle , elle avait la taille fort mince.

Le corps de cette sainte attirait une foule îm-> mense de pèlerins à Flavigny en Bourgogne^ quoiqu'elle eût un second corps à Osnabruck en Westphalie,

Le corps qui était à Flavîgny fut découvert au neuvième siècle , auprès d'Alise*, par une colombe qui descendit du ciel, et qui était peut-être la même dont il a déjà été question. On disait au dernier siècle que son cœur était encore frais et entier.

Mais les eaux de sainte Reine sont un peu plus fameuses que ses reliques. La fontaine d'Alise guérissait les galeux, les teigneux, et Ton n'y voyait que des pèlerinages de gens dont la peau se gâtait.

Les cordeliers avaient dans leur église une petite fontaine ^. plus merveilleuse encore que le grand bassin public. Us se vantaient de guérir, les plus vilaines gales et la lèpre la plus horrible , pourvu qu'on eût de la foi.

On vénérait aussi à Paris , dans l'église de Saînt- Eustache , une image de pierre de sainte Reine , qu'un bon marchand de lac rue Saint-Denis avait apportée d'Angleterre. Cette sainte image avait fait tant de miracles , qu'on avait institué , sous sa protection , une confrérie dont les aggrégés étaient assurés contre la teigne.

Les miracles de la fontajnc d'Alise n'ont pas encore cessé.

RELIQUSfS. -— k^V.CDOTE8 DIVERSES. •

— « Cest assez généralement l'usage , chez les Es* pagnols , de n'avoir d'autres médecins que les reliques , dans les maladies grave3. En 1774 ) 1^ &!& du prince des Âsturies s'étant trouvé en danger de mort , on fit venir d'Alcala les reliques de je ne sais ^5* ' quel saint , qui furent portées processionnellement a Madrid et déposées dans le palais , auprès du prince. Mais^ malheureusement, le saint ne se trouva pas d'humeur à faire un miracle (1).

— a Antoine, duc d'Albe, et Isabelle son épouse , avaient un fils qu'ils nommaient Nicolas , et qui , <ymme son père et sa mère , était perdu de vilaines maladies et tombait en pièces. Isabelle sa mère envoya demander des reliques à des moines pour guérir son fils. Aussitôt , comme c'était une grande dame , les moines envoyèrent le doigt d'un certain saint. Isabelle prit ce doigt , le pila dans un mortier, le réduisit en poudre ; puis elle en fit deux parts, l'une qu'elle fit prendre à son fils dans un breuvage , l'autre qu'elle lui administra dans un clystère , afin de porter le remède partout en même temps. Mais Nicolas ne guérit point.

» Il faut pourtant convenir, comme disait la reine d'Espagne , que M. Nicolas , avec les maladies qui le pourissaient , était une belle châsse de reliques (2). »

(i) f^oyage de DaliympU en Espagne et en Portugal , p. 67 . (a) -Mémoire sur l'établissement ' de la maison de Bourbon en Espagne. Extrait de la Correspondance de Lout*ille , etc.

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— On lit, ds^ la vieille chn>iikpie deRobertle^-Diable , cette anecdote quenous &e songeons ni k discuter ni à garantir : Robert , tourmenté d'une grosse fièvre pendant un séjour qu'il fit à Paris, fit demander à Tabbé de Sainte-^Geneviève quelques reliques de son église, pour sa guérison. Cet abbé eut Timpudence de lui envoyer des os de4P^ chat dans un r^quaire* Le prince découvrit la fraude , et fit pendre Tabbé de Sainte-Geneviève par les parties se:suelles à la porte de Tabbaje.

Lejpeuple de Paris montrait encore, il y a cent ans, le gros anneau de fer où la suspension se fit, au-dessus du portail de Sainte-Genevi^e.

— Un bon Picard, entrant dan» une église, le jour de la fête du saint , vit toutes les reliques étalées , ^ et au bout de Tautel un encenapir d'argeht qui venait de servir, et qui était encore plein de feu. n se mit à baiser dévotement tous les reliquaires , et prenant Fencensoir pour une châsse , il le baisa aussi , se brûla les lèvres , et s'écria en son patois : « Tidié ! que ce petit saint à la gueule chaude ! ( i ) »

— Lorsque la réforme commença de s'établir en Lithuanie , Christophe Radziwil , très-fâché qu'un prince de sa maison l'eut embrassée , s'en alla à Rome, où il honora le pape ^ qui , à son départ, lui donna une boîte remplie de reliques.

La nouvelle de ces reliques s'étant répandue , quelques mois après son retour, des moines vinrent avertir le prince de Radziwil qu'ils avaient '

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(i) Bibliothèque de société , tome III.

un possédé » dont le démon résistait à tous les exorcîsmes. Us le prièrent de leur prêter les précieuses reliques qu'il avait apportées de Rome ; ce qu'il accorda volontiers. 0^ les porta en pompe à Téglise ; on les déposa solennellement sur Tautel ; et au jour assigné , une mtdtitude innombrable de peuple étant rassemblée , après les conjurations Ordinaires , les moines appliquèrent les reliques. A Tinstant même le démon sortit hors du corps du possédé, avec les gestes et les grimaces ordinaires. Chacun cria miracle, et le prince rendit grâces au ciel de ce qa'il avait chez lui une boite de reliques si saintes.

Mais quelques jours après , comme il était toujours dans l'admiration et qu'il ne cessait de vanter la vertu de ses reliques, il s'aperçut qu'un jeune gentilhomme de sa maison , qui avait la garde de ce trésor , souriait d'un air moqueur. Il voulut en savoir la cause. Le gentilhomme, ayant été assuré qu^on ne lui ferait aucun mal , déclara secrètement au prince, qu'en revenant de Rome, il avait perdu la boite de reliques qu'on lui avait donnée en garde ^ et que , n'ajrant osé l'avouer , il avait trouvé le moyen de se procurer un coffret pareil ; qu'il l'avait rempli de%)ut ce qu'il avait pu trouver de petits os de bêtes et de bagatelles semblables aux reliques perdues -, enfin qu'il avait lieu de s'étonner qu'on fit faire des miracles à cet amas d'ordures.

Le prince , voulant éclaircir la fourberie , fit venir les moines et leur demanda^ s'il n'y avait

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plus de dëmcmiaques qui eussent besoin de seâ reliques. Ils lui amenèrent bien vite un autre possédé , qui faisait également des contorsions. Lé^ prince commanda ^u'on fît en' sa présence les exorcismes ordinaires 5 mais tout fut inutile. Le démon attendait , pour sortir , la sainte boite d'os de bètes.

On fit retirer les moines , sous prétexte qu'on voulait garder le démoniaque aii palais jusqu'au lendemain.

Quand les bons pères furent partis , le prittce mit le possédé entre les mains de ses palefreniers tarlares , . qui , selon l'ordre qu'ils avaient reçu^ l'exhortèrent d'abord à confesser la fourberie. Il ne répondit que par des gestes furieux. Mais six vigoureux palefreniers n'eurent pas plus . t&t commencé de l'exorciser à grands coups de fouets , qu'il-courut se jeter aux genoux du prince , à qui il confessa qu il n'était possédé que pour faire un miracle.

On rappela les moines , devant qui ce malheureux répéta qu'il n'avait jamais été démoniaque, mais que ces bons pères l'avaient obligé à jouer le rôle de possédé pour édifier le peuple.

D'abord les moines s'Avèrent que c'était un artifice du diable , qui parlait par la bouche de cet homme. Mais le prince- répondit que si ses Tartares avaient pu contraindre le diable à dire la vérité , ils sauraient bien la tirer aussi de la bouche des moines. Les révérends pères , effrayés de la mine des palefreniers, qui apprêtaient d^à leurs coups

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tje fouets , avouèrent Vimposture , et dirent que ce qu^ils en avaient fait était à bonne intention et pour empêcher le cours de Thérésie. Le prince les chassa de sa présence et embrassa la religion réformée (i).

H est probable quMl ne garda»plus ;ivec tant de respect sa boîte de saintes reliques.

-— Nous n'avons point foit d'article pour sainte Grimonie , vierge et martyre honorée à Lcquielle près d'Autun, parce qu'il est trop évidemment reconnu que son histoire n'est qu'un petit conte imaginé il y a deux ou trois cents ans, et parce qu'elle n'est pas fameuse. Il y a pourtant quelque chose de curieux dans la découverte de ses reli-*ques, qui furent indiquées par un bœuf; car t)n observera que les bêtes jouent toujours un grand t*ôle dans^ les rencontres des sainteç^ reliques.

Il faut savoir d'abord que sainte Grimonie était fille d'un roi d'Irlande ; qu'elle s'enfuit la première nuit de ses noces ; qu'on là trouva à genoux dans un champ ; qu'on la ramena k son père qui lui dit : a Ma fille, pourquoi me fuyez^vous? je ne veux que votre bonheur. »

A quoi Grituionie répondit : « Vous êtes païen^ )> convertisses- vous à Jésus-Ghrist'^ et faites péni- » tence , ou bien vous serez damné. »

Le roi, rugissant, la fit mettre en prison. Un iange l'en tira ', elle se réfugia, ee France au pays

(i) Drelincourt , Réponse au prinœ Ernest , Umàgra^e de Ueste , page 35?} cité daav Bayle , au mot JRadziwii*

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On demande à ces trois cents évêque* ^*îl^ ftyaient assiste à la conception de Frédégonde.

On pourrait ci tei* d'autres sermens^ remarqua-» Mes pour leur absurdité pu pour leur barbarie « CHramnus , fils de Glotaire P*". , promit à Childebert P'. , roi de Paris, d'être à jamais l'implacable ennemi de Glotaire 6on pèrq , et lui jura sur lesrelicpies des saints qu'il mourrait dans ces bons sentimens (i)*

—Les légendaires prétendent <ju'i)nepeutpas y avoir de fausses reliques, paroe que les saints ne 1er souffriraient pas. Ils ajoutent que les bienheureux sont très-'sensibles aux .honneurs qu'on rend ici-* bas^ leurs restes^ Un cpnvers de l'ordre de Citeaux ayant reçu une des têtes des onze mille vierges j la lava dévotement dans du vin , et la baisa tendrement ,. après qu'il l'eut lavée. Il s'alla coucher ensuite. Vers deiix heures du matin , il vît paraître devant lui uner jeune pucelle , extrêmement fraîche, belle , charmante, qui l'emb^sa avec un doux sourire et lui dit : « Hier , quançt tu tti'as lavé la tête , tu l'as baisée avec tant d'amour, que j'ai Toulu te le rendre (2). »

' *— Les saints veulent quelquefois que oeux qui portent leurs Telîques aient l'âme pure et le corps aussi. Vn moine de Citeaux portait soù^sûn froc quelques petites reliques de saint Jean et de saint

(i) Déjà cité dans le Dictionnaire féodal, au mot Jugement, Voyez aussi V Introduction au Dictionnaire des Reliques, (a) CœsarU beîst» miracula* Lib. YIÏl ^cap. 88.

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Paul 'y et toutes les fois qu'il se laissait aller aux mQuyemens impudiques , ces saintes reliques lui pinçaient le flanc. D'abord il ny prit pas garde et alla son traiù ^ mais sa petite châsse le mordit si bien,. qu'il r^c^nnut ses fautes et eo fit pénitence (i)* : . .; ^

On ne roit pas aisément le but moral de ces histoires^à) Le Yoici pourtant^ e'est quilfaitt acheter des reliques et les porter sur soi.

-^ Nous avons cité quelques- saints, comme saint Quintien^ qui iie voulaient pas qu'on honorât letirk os. Nous en avons vu d'autres qtd prirent tôutéè leurs précautions pour avoir uti ètilté après-leur mort. Saint Guigfttolé doima à sa sœur une dé ses ,dents j cotntne une relique futurie; et Ton gardait pour le hièta!è ùsàge les cheveux qui tombaient dé la tète dé la bienhéuretue Isabelle de France ; lorsqu\>nlaipeignait. '

Mais ces préparatifs n ont pas réussi à tout le monde. Un jésuite du collège de Presk , nommé fiohola, laissa en mourant une cfaissetté pleine d'argent, avec un billet qu'il avdt si^é de sa main', et qui était conçu en ces tertuë^^:' ce Je prie màà D cbet confrère , dépdsitaiire dé (Jette cassette ^ ée » l'ouvrir lorsque j'aurai fait des miracles. L^nPu gent qu'elle contient servira aux frais du pro- D ces de ma béatification. J'y ai joint' quelques » mémoires authentiques pour la confirmation

mmmÊ^-^mimm>i^imm»émmmmêmémmmmÊ.^tl^„m-*'^'^*mf0^m*t'*^tmmmmmmm»mmmi^'^'mm^

(i) Ejuadem Caesarii, libri ejusdem ^ cap. G7.

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» de mes f[randes vertus et pour lutilitë de ceux » qui écriront Biavie(i)« » Cependant samt Boliela n est pas encore béatifié.

•«-JL'attteiir de la Légende dorée dit queles pierres mêmes ont quelquefois vénéré les saintes reliques ; que les anges les ont toujours honorées , et que les bètes kur ont souvent rendu un culte. Suivons ces gnands exemples^ igoute-t-41; car les os des saittts sonf; très^psdssans ; et lorsqu^on met une châsse sur la tête d'un possédé ^ c'est un feu opuraculeux Kpfi brûle le diable , et Toblige à sortir touf gsillié (a^

-p^-*C'était une^lK^e Ai wppi^<<4uite aau^£iu^ qu'une chassa de reliques , que les papes les éliraient .soumises .a\ix taxes deis partiesicasuelle^. Oii.vQit dans le livre du pape Jean XXII , que celui qui a tué son père ou S4 mère doit payer en cofur de Rome, i^ liv. i4 sous 6 deniers; et que^^luiqui se permet de tran^érer les reliques d'une ville ^ d'une paroisse y aune autre, dmtp^yer 33 livres i3 sous (3). Ces di stii^ictions ne sont plus en usage , et on ^e paye, pljis rien sans doute pour le transport à^fi saintes reliqiiî^s:,

^^ — -J^enri E^enne .observe que les saints ontporté diable profit aux gens d'église. Leurs corps ont

(0 Tableau de la bonne oompagmif^ tome II, pstge 99.

(a) Legendse , operis aurei , leg. i58.

(3) Voyez les Taxes des parties c€uuelles de la boutique du pape f rë<ligëe8 -par Jean XXU et publias par L^n X , pour rabsolation (argent comptant) de toute espèce de crimes. Publie par M. J. de Saint- Acbèul , rh. 33 et 4^(^«.'ëdit. i8ai ).

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fait des relique ^ et leurs âmes , placées dans le ciel, t»i été chargées de dÎTers patronages.

« Quant aux reliques , ajoute-t-îl ^ ils ne se*9Dnt pas cdntcntsés de âtîre adorer les charognes de ceux qui avaient été un peu plus gens 'de bien que les mitres ; ils ont fait adorer aussi cellei de quelques damnés. Mukorum corpora adorantur in terris , quorum animœ cruciantur in inferis^

» Je lais^ de ci^ deux tromperies qui tenaient à ce culte \ Tune quand on faisait accroire à quel^ que pauvre saint , qui n y pensait nul n^l ^ qu'il avait eu une demi-douzaine d'oreilles ^ lofent de mains , autant de bras, autant de )ambes« L'autre tromperie*consiste i jremplacer le corps d'un saint qui est pouri , par un autre corps , plus frais et quelquefois par le corps d^un pendu. JMais lâ.carcasse vl!j f^it rien ; car le corps d'un saint n'est comme uu autre qu'une charogne. » Le corps n'est rien en effet. Il doit être la proie des vers et retomber dans le néant , selon la sentence que Dieu porta dès le commencement.

« Calculons, dit en^re le même critique , combien les reliques ont rapporté. Ne mettons les meflleures qu'à cent mille écus , quoiqu'il y en ait qui aient produit {dusieurs millions, les moyennes à soixante mille écus , et les plus mauvaises à dôïiîie mffle (i). « Que l'on compte maintenant combien il y avait de mille châsses.

(f) Apologie pour Béroâate , chap. 38.

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-— Ge qu'il y a encore de singulier, c'est que les restes d'un saint tout-à-fait inconnu occupent tous les pays chrétiens ; on sait partout où trouver les reliques nombreuses de saint Pancrace , qui n'a peut-être pas existé ^ et très-peu de persqpnes savent que le cerveau de Voltaire est chez M. Mitouard , à Paris , rue du Bouloi ,

n". lo.

Tout ui^rand royaume s'occupera de la perte d'un ossemeht précieux , ou de quelque semblable béatille. Henri III prit des mesures extrêmes et dépensa des sommes énormes, pour retrouver un morceau de la vraie croix que l'on avait volé à la Sainte-Chapelle. On a mis en 1820 toute la police allemande à la piste des dévots qui avaient dérobé à Cologne les reliques des trois rois ; et il est rare qu'on fasse , pour préserver une ville de là peste , ce qu'on fait pour conserver quelques restes inutiles.

— • Leloyer donne aux saints moins d'immensi té qu'à Dieu \ mais il prétend qu'il sont plusieurs présences réelles ; que d'abonl ils sont dans le ciel , et qu^ils sont également présens dans tous les lieux où l'on vénère quelque chose de leurs reliques, n a raison , si les miracles sont vrais. Il cite les saints évêques Chrysante et Musonius , qui signèrent après leur mort le concile de Nicée. H est vrai que le concile rétablissant le culte des reliques, les morts y étaient intéressés. Il cite encore les reliques qui punissaient le paijure , qui chas-

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saieni^es démons ^ et (jui étranglaient les voleurs sacrilèges (i).

—■Au dernier siècle, lorsque la fameuse baguette divinatoire faisait tant de merveilles, on publia qu'elle découvrait les reliques des saints.

On porta à mademoiselle Ollivet , qui se vantait de remuer très-heureusement la verge de Moïse , et de distinguer surtout les reliques des saints d'aVec les os des morts non canonisés , deux petits reliquaires à éprouver. Mademoiselle Ollivet prit la baguette ; et tout à coup on la vit tourner avec rapidité sur le premier reliquaire , ttndis qu'elle ne fit pas la sixième partie d'un tour sur le second , qui ne contenait en effet que quelques morceaux d'étoffe qui avaient servi à une carmélite de Baune , morte en odeur dp grande piété. Le premier paquet était plein de bonnes reliques venues de Rome , comme celles du prince de Ràdziwil (2)

Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire d'ajouter que la baguette divinatoire n'était qu'un petit charlatanisme 9 que le père Lebrun met asses maladroitement sur le compte du diable (3).

— « Les prêtres , hommes rapineux et avares, » ont cherché à entretenir leur avarice , non-

'' (i) Leloyer , Histoire des Spectres , Liv< VI , chap. 10.

(a) Histoire des pratiques superstitieuses du P. Lebrun , tome m , page 38o^

(3) Voyez aussi Tartide Baguette dans le Dictionnaire m* fernal.

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D seulement par le mîmstère de la pierre et du- » bois qu^ils font adorer dans les images. , mais >^ aussi en se servant des es des trépassés- et des )» relises des saints martyrs ; ils en oiit £eât.les » outils et instnunens de leur art et bontiiopDe. )x Ils vendent rattouchement et le baiser de ces » choses , les ornent et leur célèbrent des fêtes » en grande pompe , et prêchent les. louanges » des saints , dont ils fuient la vie tant loin qu'ils » peuvent (i)^ »

Voilà ce que disait Agrippa au seisi^e ssède ; et les prêtres déclarèrent qu'Agrippa était sorcier, sans doute parce qu'il avait rencontré la vérité.

«j^Les reliiques des bons saints, qui disaient peu de miracles , n éti^ient pas très*-bien gardées. On les laissait sur quelqtfê planche de sacristie. Mais les reliques précieuses étaient surveittées continuellement. Les restes de saint Louis de Mar» seille, richement enchâssés, étaient dans cette ville sous trois clefs , dont Tune était tenue par le seliéchal de Provence , l'autre par quelqu'un des principaux habitans^ et la troisième par un religieux du couvent des frève»^mmeurs. D'autres reliques, étaient ieniermées plus soigneuseÀient encore. , f

— Il y avait des églises qui possédaient les reliques de deux ou trois cents saints ou davantage, coxD^ne Saint-Victor de Marseille, la Sainte-Gha-

(i) Agrippa , de la f^anitc des sciences , trad. de Maycrne- Turquel, chap. 57,

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pelle de Paris , r&curial, et mille autres^ à Cologne j à Rome , à Milan ^ àRaguse , à Naples , etc. Toutes ees reliques, araieiit leurs £èCtfs de transla* tioa , outre celle du saint; Maj» MMes ces choses subsistent encore ; et de même qu'o» feît Te l*^ de novembre la fête de tous les saints,, ou célèbre toujours, le 8 du même mois , h fèlô dé txnttB&ks relii{ua8w

— - U j a des cérémonies qui ne se font plus , en France du moins. Dans les grandes fêtes pu« bliques d'autrefois ^ ônesposait les ifeiif|ues au peuple , sous la garde de trois ou quatre nobles capitaines. Nos généraux ne feraient peut-être pas de bon cœur aujourd'hui une. pareille faction.

On ne recevait pas non plus un souverain dans une ville y sans porter au-devant de kd tes chasses que Ton vénérait \ et la principale chose du prince était d'aller visiter les reliques et les madones j de faire des fondations et de donner de Targent. Louis XIV n'y manquait pas.

— On cite dans les miracles des saintes reliques deux corps morts qui ont chanté. C'étaient deux moines italiens que les Lombards pendirent à un arbre , en haine de la religion chrétienne. Quelque temps après, comme on allait décrocher leurs corps 9 on entendit avec surprMilirjBS doux saints pendu s ^ui c hantaient les psaumes^ On emporta leurs corps avec respect , on leur^flft faire dViltres miracles *, on les honore encore en Italie „ ef la légende les £ète le i4 de mars. ISpus ne savons pas leurs noms.

a4 REL

. •— Noua . avons, dil que , sans leur rendre un culte , on avait souvent conservé avec un certain respect les ^tos^eaux des grands kommes et les :objets qui rappelaient leur souvenir. Nulle part on n*a porté plus loin que les Anglais cette noble yinération. Us vont visiter, à Strafibrd sur F Avon, le.]|iausolée de. Shakspeare , les restes de son* arquebuse , sa boite à tabac , Tépée avec laquelle il jouait le rôle du spectre dans Hamlet , la lanterne qu^il portait dans le personnage de frère Laurence , au tombeau que- Roméo et Juliette avaij^t choisi pour refuge , et les débris de son mûrier , «qui semble doué, pour se multiplier, delà » même vertu miraculeuse que la vraie croix, » dont il reste encore assez de morceaux pour « construire un vaisseau de ligne (i) »

On voit toujours dans sa maison la chaise sur laquelle il aimait à s^asseoir. Ojd garde lui de ses vieux habits , comme on garde à Montpellier la .|x>be de Rabelais , à Pise le froc de François d'Assise , à Paris Tarmure de François P*", et la veste v deDamiens.

, ,9E tA CONGRÉGATION D£S RBLIQUES.

' "( f.jttviiiJtàu'Tabieau delà cour de HomCj par Jean Aymon ,^.H&ye, i')%6 , cânquiéme partie).

: La congréÉjÉén des reliques est composée de

.. Ci^yojragfd*tn. américain à Londres, par.lif. Iryrin yVaS" tiington , tome II, page 371 , delà traduction publiée chez Poàthiea , i8'ii. Voyez aussi la notice sur le jubilé de Shakspéare> en téBe 4ffl<k traduction de Sbakspeare par Letournctir,

six cardinaux et de quatre prélats , parmi lesquels sont le cardinal vicaire et le préfet de la sacristie du -ptpe.' Ds ont Tinspecdon des reliques des anciens martyrs , qu'on trouve dans les catacombes et dans les autres souterrains de Rome.

Quand tous ces cardinaux et prélats sont réunis , ils examinent les procès-verbaux dressés par ceux d^enti*e eux qui sont descendus sur les lieux, pour examiner les marques qui font distinguer les ossemens ou les tombeaux des martyrs , d'avec ceux des païens. Ces marques sont communément des fioles qui contiennent quelque reste de sang , ou bien des palmes gravées sur la pierre , ou les instrumens du martyre , comme un cimeterre , une lance , une épée , un couteau , ou enfin quelque inscription.

Lorque ces marques paraissent anciennes et dignes de foi , les prélats de la congrégation opinent^ et s'il n'y a point d'opposant, le préfet de l'assemblée déclare les reliques dont il s'agit dignes de la vénération des fidèles.

On les baptise ensuite , parce qu'on ne sait pas leur nom. On leur donne un parrain et une marraine 'y et on leur impose le nom de saint qu'elles doivent porter.

Après cela , la congrégation remet ces reliques entre les mains du vicaire et du sacristain du pape , qui les distribuent aux pieux qui les demandent , avec des attestations de la vérité desdîtes reliques 5 en faisant signer toutefois un reçu en forme

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par ceux qui sont favorisés , argent comptant , de quelque parcelle de ce trésor inépuisable*

•«-^ Voyez le reste , dans les divers article» dJd ce Dictionnaire , et dans Tintroduetion*

REMI , — évêque de Reims. Le peuple l'ayant choisi pour son prélat , on vit tout à coup briller sur sa tête ime lumière surnaturelle , et Ton sentit autour de lui une excellente odeur. Il fit beaucoup d'autres miracles.

Quand sa cave était vide , il faisait une petite prière et aussitôt tous ses tonneaux se trouvaient pleins.

U éteignit un jour un incendie, qui n'avait encore brûlé que la moitié de la ville.

Des mécbans, qui Faccusaient d'amasser du blé dans un temps de famine , pour le revendre ensuite à haut prix , mirent le feu à ses greniers. I^e saint se contenta de donner de grosses maladies à ces incendiaires , et d'envoyer des goitres à la gorge de leurs femmes.

La ville d'Epemai n'était alors qu'un château qui appartenais k un gentilhomme nommé Etilage , lequel s'étant trouvé coupajble d'un crime de lèse-majesté , obtint sa grâce par l'enti^mise de saint Rémi. Le bon saint eut pour cela le beau château que le gentilhomme aimait beaucoup ; i] lui donna en retour cinq mille livres , qn'il prit dans le trésor de l'édise de Rdms., et fit du chàteau d'Epemai sa maison de campagne. U y avait peu de saints alors qui fussent aussi ricH^s que saint Rémi.

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