‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeusesChapitre 28 sur 89 · FLÈCHES DE SAINT SÉBASTIEN · texte numérisé non relu

FLÈCHES DE SAINT SÉBASTIEN

Si les .flèches sont dignes d*ètre adorées , ceux qui lès ont décochées ne mériteraient-ils pas également un culte , comme dit Henri Estienne (a)?

On vénérait une des flèches qui percèrent saint Sébastien , dans le trésor de son église de Rome , une autre à L(ambesc en Provence, une autre chez les augustins de Poitiers , et d'autres dans diverses églises.

On révère 'aussi à Rome, dans Féglise de Saint- Sébastien , la colonne à laquelle le saint fut attaché lorsqu'on le perça de flèches.

SEPT FRÈRES MINEURS — Vers Fan 1 220, sept moines de Saint-François , nommés Daniel ,

(i) Bruzen de la Blartinière , au mot Manlieu, (?) Apoloj^ie pour Hérodote , chap. 38.

Samuel , Ange , Domne , Léon , Nicolas et Hugolin j s^avisèrent d'aller prêcher la foi chez les Maro({ains. Ils dirent beaucoup de mal de Ma-^ homet , beaucoup de bien de saint François , et , furent conduits devant FemperéWr de Maroc, qui, regardant leur audace comme un sigùé de folie , leur promit la vie et la liberté de retourner dans leur pays, à condition qu'ils rétracteraient ce qu'ils avaient avancé contre Mahomet. Les sept frères ne demandaient pas mieux que le maityre. Us répondirent à l'empereur par des injures , et l'empereur les condamna à mort. La populace les mit en pièces pour l'honneur de Màhoînçt \ et ils se laissèrent mettre en pièces pour l'honneur du nom chrétien.

Alphonse-le-Gràs , roi de . Portugal i fît cfemander leurs corps à l'empereur dé Maroc, qui les rendit comme ils se trouvèrent ; on les honore à Lisbonne , depuis que Léon X a déclaré que ce n^étaient pas des extravagans , mais t^n de saints martyrs.

SÉPULCaiE DE JÉSUS-CHRIST. — « Le

» corps de Nôtre-Seigneur «^ reçu dans le ventre » d'une vierge ,. quand il vlêttl'atf monde , et îl )) est déposé dans le tombeau d'un juste quand il » en sort. Dans le sein dé la Vierge , il ne reçoit » pas la moindre atteinte de l'impureté humaine , » et dans le tombeau de Joseph d^Arimathîé il est )i exempt de la corruption de la mort. Maîs^ Jésus, yf au sortir du toinbeau, inspire plus de respect

^ft

no SEP

*) qu'au sortir du vçntre de,, sa. mèrq , car^ il es^ M^déga^ç jdq tQu|;e^les infiLn)3iY4sthujQ[ia (i). w.

C'est ppuj; cels^.q^e.le ;S£Û]i).rj$épulcre àB,,Jép su^-Çtiri^f. çst dpven^.u^ liQ^.si,.v.é^çrable« H^ cafisé 4^^9t guerres lopgi:^^ et |Vinej|te;s! ^ e1^ çg5 croi-^ ; sade^ qije Vçt^ne sait trop jugiçir,.

Mais le. Tasse a cYiaLUté le ^ capitaine qifi d^iyra. le^ tombeau de Jfés^r Christ î et^ce^terdique, en^ aUuisl^f^, un^^^en:e , sain^.) a ^in^piré un v bcay. pcj^^e. /

Neiu$ dpiu^^^roi;fS:\la description, du.SaintrSép\4çre^ si^yetut^je^ayes^o cité*dan^ les. note^ au voyage^ du Ï^Yaiijt]de.M^deFox^nj, piE)ge 8961 de

<( L'église du Saint-Sëpulcre coxapj^i^d; le Si^int-Sépulcriç j^le maat.Calyaiji^'ç. et plusiem^^ ?ùtr^s, lieux saints. .Ce .fut sainte H^è|»€;qui:en:fitt b|i^îr uueparjt^e, ppur coi^vxir letoml^U dç^^é^: su$-Chri$^«^j]\l^^îs,.le6 princes chrétiens qi^ji yiprent. apriès , la ^rent ^^;jigïn^jfijQV, ppur y çom^pr^idre let mont CalvaWe , qui n'est qu'à cinquante pajs du Saint-Sépulcre.

. » Ancienn^n^nt ^-Ic; jHaW^iir^ était .bors- de ' la vi^!^ : c'étaill; le rliw ]9Ù >Xmi exéculsiît: lei^ crîminel§ çojid$mnéskÂ:i«#rt? et? afinfquq tputle peuple y pûj.asjsist»r.»!ilLji »vitttiwiie grande place. entre le mpiit^et iç^mnr^iUes de ià» ville ile^veéledu-mont étai^ eny;irbl^n4iid;Qijfird!n&^: domt i'ùn. appaiïtenait à Joi^e^i id'A^llidtbif «^(disciplensecret der Jésus-

(t) D. ■ Ambrôftii i scriiii 3',- in die Plifasccvae.

O^ri^ ^ il j ayfiivfait fai^.pour lui uu sépulcne , dan^ lei^uéî futiiuis l0;}CQrfi^.4<3iNot][>e«:;SeigiiQur.

. » I^pputumeyparioil^jjiifsi, a'étai|;pas,denr terre]?)l^;CQrps commçnousje fai^oilst. Cbacuiii^t' selon ses moyens » fi^9aitipr«|îquçr dans qutelque > roche \mç espèce dQ petit cabinet , où Tonxiépbsait le corps.,» que l'on -étendait SUT' une table du.ro-<. cher même ^ puis on refermait ce lieu avea> une. pifsrre qU0iLon,mQtt9il:.id«vant k porte y qui navait d'ordinaire que quatre pieds de haut. ^ j i*.

,}fi.JJé^se du Saiut-f-Sépulcre est fort* iurégu^ lièrCi^ cadran s'est assujetti aux lieux>qde l-on vou^> lait y renfermer : elle est à peu près faiteen croix, ayaint vingt pa^ de long et soixante-'dixi de ^ large. ILy a trois dômes.) dont celui qui couvre le Sainir-, • Sépulcre sert de nçf à i'église ; il a trente pas .de diamètre^ et il^t ouvert pan le hauti,| comme la rotonde de I^me. Il est vrai , quil;B'y. a point de voûte \ la couveirtui'e eui est soutenue seulement par de gcands chevrons de oédre^ qui ont: été apportés du moQliIjibaB. .Oja outrait autrefois, dans • cette église p»r, trois portes.; maïs aujound'hui il n'yieii.a plus.qu'uney dout les.- Turcs gardent soigneusement la clef , de craîntp que les pèlérinsi n'y entrent sans payer les neuf sequinâ, ou trente-? six livres, à quoi ils sont taxés^ Cette ; porte est toujours fermée , .etil n'y a qu une. petite fenêtre; , traversée, d'un. barteau de. fer par où. ceux du dehors» donnent, desi vivres à ceux qiû sont dedans, lesquels sont de huit nations différentes.

)) La première est celle des Latins ou Romains,

que représentent les religieux cordeliers. Ils gar^ dent le Saint-Sépulcre , le lieu du mont GalTaire où notre Seigneur fut attaché à la croix , l'endroit où k sainte croix fut trouvée , la pierre de Vonction , et la chapelle où Notre-Seigneur apparut à la Vierge, après sa résurrection.

» La seconde nation est celle des Grecs , qui ont le chœur de Féglise où ils officient , et au milieu duquel y a un petit cercle de marbre , dont ils estiment que le centre est le milieu de la terre.

» La troisième nation est cellô des Abyssins ^ ils tiennent la chapelle où est la colonne du couronnement.

» La quatrième nation est celle des Copthes, qui sont les chrétiens d'Egypte ; ils ont un petit oratoire proche du Saint-Sépulcre.

D La cinquième est celle des Anfténiens; ils ont la chapelle de sainte Hélène , et celle où les habits de Notre-Seigneur furent joués et partagés.

v« La sixième nation est celle des nestoriens ou jacobites , qui sont venus de Chaldéaet de Syrie ^ ils ont une petite chapelle située près du lieu où Notre-Seigneur apparut à la Madeleine en forme de jardinier, et qui , pour cela, est appelée la chapelle de Madeleine.

» La septième nation est celle des Géorgiens , qui habitent entre la mer Majeure et la mer Caspienne ; ils tiennent le lieu du mont Calvaire où fut dressée la croix , et la prison où demeura Notre-Seigneur , en attendant que Ton eût fait le trou pour la placer.

» Lb huitième uaiion est celle des maronites qui habiient le mont Liban; ils reconnaissent lu pape comme nous le faisons.

n Chaque natîoQ, outre ces lieux, que tous ceux

^lâ sont dedans peuvent visiter , a encore dans

les ToAtes et les coins de cette église , quelque en-

L 4K>>t particulier qui lui sert de retraite; et où

Leile fait Toffice selon son usage ; car les prêtres et

£s religieux qui y entrent, demeurent d'ordi*-

t ^re deux mois sans en sortir , jusqu'à ce que ,

'ouvent qu'ils ont dans la vîUe, l'on y en envoie

'itres pour servir en leur plaoe. D serait diffi-

d'y demeurer long-temps sans être malade ,

ce qu'il y a fort peu d'air , et que les voûtes et

.'■murailles rendent une fraîcheur assez mal-

• ^ En entrant dans l'église onreocoQtre la pierre • de l'onction , sur laquelle le corps de Notre-Seigneur fut oint de myrrhe etd'aloès, avant d'être mis dans le sépulcre. À cause de l'indiscrétion de quelques pèlerins qui la rompaient, ou a été contraint de la couvrir de marbre hlanc , et de l'entourer d'un petit balustrc de fer , de peur que l'on ne marchât dessus. Elle a huit pieds moins trois pouces de long, et deux pieds moins un pouce de large; et au-dessus il y a huit lampes qui brûlent continuellement.

u Le Saint^Sépulcre est à trente pas de cette pierre , justement au milieu du grand d6me dont j'ai parlé ; c'est comme un petit oabioet qui a été creusé et pratiqué dans une roche vive, à la pointe

du cîséàu. Là porte , qui regarde rôrient , n'a gue quati* pîédi' de haut et deux ^t un quart delaWe^' de sorte qu'il se faut gi^anâëmeftt' Laisser pour y' entrèi".' " ' .

» Le dedans du sëptdcre est pre^cme carr^ : îï. a SIX |>ieds moins un pouce de long , et six pieds màink ' detCz pÀùcès de' large 5 et' depuis le ^m^ jusqifà la voûte , huit pieds un pouce. H .y â une tablé' solide dé' la inèpae pierre , qui fût laissée en crettâânt le reste : elle a deux pieds quatre pouces, et demi de haut, et contient la moitié du sépulcre j car' elle à six piéds moins un pouce de long ^ et'deUi pieds deux tiers et demi de large. Ce fût sur Cette table que le corps de'Nôtre-Seigneur fut ^ mis ;■ ayàht la fêtié vers FOcciâent , et les pieds à l'Orient.

» A l'entréfe de la porte du sépulcre , il y a ûpe pierre d'un pied et demi en carré , et relevée d'un pied , qui est du même roc , laquelle servait pour , appuyer la grosse pierre qui bouchait la porte du sépulcre :' c'était sur cette pierre qu*étaît Tange, lorsquMl parla aux trois Maries 5 et , tact à cause dé ce mystère que pour ne pas entrer d'abord dans le saint së|)ulcreVles premiers chrétiens firent une petite chapelle au-devant, qui est appelée la Chcpclle-de-rAngé .

» A douze pas du Saint-Sépulcre, en tirant vers le septentrion , on rencontre une grande pierrie de msfrbrè gris , qui peut avoir quatre pieds de diamètre, que Ton a miisé là poui: marquer le lieu où Notre-Seignéur se fit voir h la Madeleine en forme de jardinier.

SKP 75

)) Plus avant, est la chàpeAte^dë ràppàfitiolti , où ron tieait pair > tradition , qUe Nbttie^Séi^chir apparat 'premièrement 'à la^ Vîërge - a^iffe' sa: ' ré'surrectioiK *Oest' le^ lieir où le^ religieux 'cordéHer'â foiBt leur offiéJe ^ et omils^se i-etiitot*; cai'; dé 15*/ ils entrent dims des ebambres «pxi'n^ôilt'lkôhfr^d^u*^ tpe issue que cellB» chà|>eUe.

» Continuant 'à Éaîrë- le 'tétii-* dé' rëgli&e^ oiî' trouve ' une • -petite^ cbapellè- voûtëé^,' qui ' a sej)t pieds de long -et èixdeflarçe ; que rdri appelle ïiu-i tremeitt la prison de Notre-»SéignéUr'V pardéqù'rl fut mis dans- ce lièù , en atteoldâht que Ton eût^ fait le trott pour planter la 'croix; cette' chipellé^ est à Fopposite du montCalraîre'.'

» Asteez proche de U est 'une afdtrè'tîhapellfe^dé ' cinqpas'de long-, et de'troisdé lâifgfe V quî'dst'k'ù' même lieu où Nôtre-Seigneur ftrt dé|)ôùin5 'pàt\ les soldats^ avant d'être attarchi? à la citiîx*; et'tJù ' ses vétémens furent joués' et' partagé!^."

^ Eri sortant de • cettë->ch?ipéllè, on rehfcbnLttà ' à main gauche , un grand (escalier qui'perèëia* muraille de l'église, pour descendre dans une espèce de cave qui est creusée dans leVoc.

» Après avoir descendu trente marches /il y a une chapelle que Tcin nomme vulgairement la chapelle de sainte Hélène , ' à causé (ju^elld était là 'en prière pendant qu'elle faîshil cherché):' la sainte croix. On descend encore onze marches , jusqu'à l'endroit où la croix fut trouvée* 'avec les clous, la couronne d'épines et le fei* de 'là lance, qui avaient été cachés cii ce lieu 'peùdaiit plus de trois cents ans.

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» Proche du haut de ce degré , en tiraut vers le mont Calvaire, est une chapelle qui a quatre pas de long et deux et demi de lai^e , sous Fautel de laquelle on voit une colonne de marbre gris , marquetée de taches noires, qui a deux pieds de haut et un de diamètre : elle est appelée la colonne d^impropère , parce que Ton y fit mettre Notre-Seigneur pour le couronner d'épines.

» On rencontre à dix pas de cette chapelle , un petit degré fort étroit , dont les marches sont de bois au commencement et de pierre à la fin ; il y en a vingt en tout , par lesquelles on va sur le mont Calvaire ; ce lieu qui était autrefois si ignominieux Ayant été sanctifié par le sang de Notre- Seigneur , les premiers chrétiens en eurent un soin particulier -, et , après avoir ôté toutes les immondices et toute la terre qui était dessus , ils Tentourèrent de murailles : de . sorte que c'est à ' présent comme une chapelle haute , qui est enclose dans cette grande église. Elle est revêtue de marbre en dedans , et séparée en deux par une arcade. Ce qui est vers le septentrion est l'endroit où Notre-Seigneur fut attaché à la croix. Il y a toujours trente-deux lampes ardentes , entretenues par les cprdeliers , qui célèbrent aussi tous les jours la messe en ce saint lieu.

» Dans l'autre partie qui est au midi, fut plantée la sainte croix. On voit encore le trou qui est creusé dans le roc environ un pied et demi, outre la terre qui était dessus. Le lieu où étaient les croix des deux larrons est proche de là : celle

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