‹ Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeusesChapitre 41 sur 89 · SUP · texte numérisé non relu

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faire pleurer, la boune vierge ^ qu'il faut -cuire un pain la veille de Noël et le faire manger aux vaches, pour qu'elles mett^t bas leur portée sans accident ^ qu'on ne doit pas faire de linge , ni mettre sa chemise , ni se peigner le vendredi , si Fou ne veut avoir des poux.

Dans quelques pays, lorsquun malade est à l'extrémité , on le voue à sainte Christine , après ^ue minuit a sonné. On est persuadé , surtout en Basse - Normandie , que sainte Catherine a tous les Jours le pguvQi;: de re^ro la saaité à une personne , et qu'elle accorda cette grà<:e à la première qui la lui demande. Si le malade meurt , c'est quç^ Thorloge va mal ou quou a été prévaufu.

Sii rpn chante jdUelma ou Noël en carême, on fait,]4^rer. la sainte Vierge. ,

Si on lave sçs br«bis la veille de la. saint Jean- Baptiste , et les eufans le Vendredi-Saint , on les préserve de la gale.

Ne mangez point de choux le jour de 1 saint Etienne , parce qu'il s'est caché ^ans des ohoux pour éviter le martyre.

. Faites trois fois le tour du feu de la Saint- Jean, et vous n'aurez ni maux de reins , ni maux de tète.

Laissez le pain sur la table , pendant toutes les nuits qui se trouvent entre Noël et la Circcwicision , parce que la sainte Vierge cherche sa vie toutes ces nuitsr-U, et quç c'est un grand boijiheur ^ ^ pour une liaison qu'elle, veuille bien y souper. , Cei^x qui firent le .jour de saint Saturnin ,

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sont bien sûrs que leurs brebis auront le cou de travers.

Ceux qui ojBTrentderaToineà sainte Radegonde sont guéris du mal caduc.

On empêche les souris ^t les rats de faire dégât dans un tas de blé , en F arrosant d'un seau d'eau tiré à jeun, dans lequel on a mis un verre dWu bénite de Pâques ou de la Pentecôte. G^est aussi avec cette eau bénite qu'on préserve une maison du tonnerre.

On se guérit de la fièvre , en se roulant sur la rosée dans un champ d'avoine, le jour de la Saint- Jean , avant le lever du soleil.

Tournez trois fois autour d'une escabelle, avec un cierge à la main , le jour de la Chandeleur ^ et vous serez à l'abri du tonnerre et des maléfices.

On croit en Espagne que les sorcières font leur grand sabbat, la nuit du 4 février, veille de sainte Agathe. Si on sonne la cloche à minuit , on les chasse de la -contrée.

Ceux qui veulent savoir quelle figure ils feront le jour de leur mort, doivent écrire sur leur front, avec leur propre sang , la mût de l'Epiphanie , \ê$ noms allemands des trois rois mages , Gaspar^ Melchîor et BaMutàar^ et se i^egarder ensuite dans un miroir. ' ' ^

On sait qu'il y a quarante jours de pltiSe , s'il pleut le jour de saint Médarfi.

Qi^lques personnes, qtiî tîeniiiaxt pliis aux superstitions qu'aux préceptes de l'église , mangent un coq le Jeudi-Saint \ en méinôire de celui qui

sus m

ohanta après le péché de saint Pierre. Apparemment qu'on honore les coqs en les mangeant.

C'est un grand péché de faire travailler les chevaux , le jour de saint Éloi, qui est leur patron.

Le blé ne profite point lorsqu'on le sème le jour Saint-Léger. Cette superstition n'est qu'un jeu de mots.

En portant sur soi l'Evangile de saint Jean , un rosaire, un chapelet, un scapulaire, une ceinture de saint Augustin , un ceinturon de sainte Monique , un cordon de saint François , ou quelque autre instrument de piété , on ne sera jamais damné , quelque mal que l'on fasse.

On vend à Conflans des jarretières de sainte Hokiorine , lesquelles procurent d'heureux accouchemens , etc.

n y a tant d'autres superstitions de ce genre , qu'on ne les indiquerait pas dans l'espace d'un gros volume.

SUSANNE. — Tout le monde sait la touchante histoire de la chaste Susanne de Babylone. Mais depuis que Daniel eut fait voir qu'elle était innocente du crime d'adultère dont les deux vieillards l'avaient accusée , il n'est plus question d'elle dans les saintes écritures. On vénérait pourtant son tombeau auprès de Babylone , et ses reliques plus récemment à Toulouse.

Au commencement du seizième^ siècle 4 un prêtre de Bordeaux: 9 accusé d'avoir volé l'argent que les fidèles donnaient pour les réparations de

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son église , ent recours à sainte Susailne , comme protectrice des innocens calomniés. Sasanne lui* apparut en songe , avec Daniel , et lui promit de le délivrer de ses calomniateurs. Mais en récompense, elle lui demande un petit service; c'était défaire rendre im culte à ses reliques , qui étaient à Toulouse dans l'église de Saint-Saturnin.

Le prêtre se hâta de publier sa vision. On reconnut dès lors son innocence; l'abbé de Saint- Saturnin fitune fouille; ontrouva des os qu'on mit dans une chasse , sous le nom de sainte Susanne^ en l'année i5i2.

Jean de Pétra, inquisiteur de la foi, en France, fut chargé de prêchera cette translation. U assura que les reliques de sainte Susanne avaient été ap* portées à Toulouse , avec celles de saint Simon ^ par l'empereur Charlemagne. Mais on ne sait où ce prince avait pris ses reliques,. ni où le. prédicateur avait pris son anecdote.

On montre à Saint-Maximin en Provence, la

tète d'une sainte Susanne, qui est, dit-on,, la

femme que Notre-Seigneur guérît -du flux de

sang , après qu'elle eut touché le bord de sa

robe(i).

SUSANNE , ^ vierge qui souffrit le jpçiartyre à Rome , au troisième siècle. Son corp^ eét à Rome, dans l'église de son nom. Mais elle en a un second à Compostelle en Galice.

. (ï) fi^oyage de France et tTltalimt pwr un goniUhomme frari" ^aii , page cfi.

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SYMPHOROSE , — martyre à Ti von vers Fan t%o , avec ses sept fils Crescent , Julien , Nemèse, Primitif, Justin, Stactée et Eugène. Leurs huit corps sont à Tivoli 5 ce qui^n'empêche pas qu ils en aient huit autres à Rome, dans Téglise de Saint- Michel.

TERRE - SAINTE. — Nous avons déjà parlé du Calvaire et de quelques-uns des principaux lieux que l'on vénère en Palestine. Maîsle lecteur sera peut-être curieux d'en parcourir un tableàà suivi , qui pourra lui servir de guide , s'il fait te pèlerinage de Jérusalem.

PETIT VOYAGE EN VRRKE^AlJfTE.

Extrait j à peu près textuel^ de la Rëtation fidèle d'un franciscain , publiée à Paris en l'jSq., ..,.,.[

(( Je m^embarquai à Marseille ^ et aprè^ quelques jours de navigation j'arrivfii à Malte. .!., *.

» La ville n'est pas grande, mais elle est fort peuplée. Ce que j'y vis qui me parut le plus p|pécieux est une image qui offre }e véritable portr^j; de la Vierge, peint par saint Luc. fille a «lui petit visage basané, les cheveux, les jeut et tés sourcils no}rs, et le nez ^quilin. , ^ . .^

» A deux, lieues dans l'ile est la grottç dç saini: Paul. Tout le monde sait que cet apôtre «Uant à Rome, la tempête Tobligea de prendre ^çt/i

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Tik de Malte , où il prêcha TEvangile et convertit les Maltais ; et qu'ayant été piqué d'une vi» père , il donna sa malédiction à toutes les bétes venimeuses , dont leuômbi*e était infini dans celte île. Elles moururent toutes dans le àioment , «t se changèrent en pierres ^ ce qui fait qu «ujotird'hui on ne peut fouiller la terre, ni casser le% pierres et les rochers, que l'on n'y trouve des serpens , des langues ou des yeux de ces animaux •, et c'est un remède infaillible contre toute sprte de venin (i).

» Il y a encore dans cette ile des serpens vivans

qu^on manie sauâ danger (2).

(i) Ces prétendues langues do sapent ne sont quo det- pétrifications qui ressemblent aussi bien A toute autre chose , et qui n'ont jamais. {NN^rvé de rien.

(a) « J'ai vu des personnes religieuses garder très-dëvotement de la terre de Blalte , pour se premvnir contre la malice et le venin des vipères. J'ai tu même dés inédecins de province l'employer avec respect , et ~éù reconnaître la puissance miraculeuse , quand le malade en revenait. On doit 'è^ré à Un médecin qvc la piété est un sentiment trèslouable, mais qn'il iiiè- ISfit .^^as la otvnfbitdhe avec la sii^iër- (^titien. Dans quel lûrre o«i|i^ vu que saint Pà|il ait attaché à la terre de Malte la prorogative quMs lui attribuent? Si la tegre de Malte avait iMelteaiëiH: le privilège de guérir de la itoorstire des vipères , 'ce'iterèAt pour les Malfais, )k 'soiiY*ce à\9» eommérce iminéBfi&) avec toutes l^s parties dii dionâa ; G8V en quei, lieu lie sç troptent (as les vipères.JUn vrai miracle serait iassurément une chose digne du plus grancl respect) mais il ne faut pas lès proéfigbèr ; s'ils étaient trdp comitiuns, ils Ttë tfapiperaîetat plus pMohue, C'est ddn^^fMe religion Vie^-eiftendae que d'en restreindie le ooaab^ 3 j|| T^n peut , sani.trop d'impiété , douter des vertus de, la terr^ de Malte. » (M. Sàl^uesl des Éfreurs et des Pr^ugés) éic, t.ll, p.'iSÎS.)

» Je visitai la Sicile; de là je passai eu Cbyjii'CL et ensuite à Tripoli. . -

» De Tripoli au pied de mont Liban , il y. . *, une lieue ; mais il en faut monter sept à huit pour arriver jutquaiix cèdres. On en voit quelque^-'* uns que Ton tient être 4^^ çomi^encement du monde : ils sont si gros que quatre hommes ne pourraient pas les esitinrass^r. On a fajt un auti»!. dans l'un de ces gros arbres , et l'on y célèib^e le sacrifi€^ de la messe. Les habi^i^s j^Qut cl^ré)/îmi catholiques romains; on les appelle .maj^ouites; ils ont une fort balle maison religieuse h fLanpbin, où demeure leur patriarche qjp jest souQÛ^ au saint si(ége. Us savent ce qu'ils paient tous les ans au

» De Tripoli de Syrie , pour aller â Jérusalem^ ■ on suit là côte dfi 1^ jm^éti Cki ^^«mlnurque sur depetits haDeonx'tuDCS'poiftr yènir ^ Baknck. GWlà* que saint Georges tua. Ifijdjnigom.; '::n. t^: -. . >,

» De ^ariich^ on-vientàrSéidfi', que;rÉyangiIe appelle Sidonv On rroîtrëndpoit'ou^ était lu maison de la Cananéenne, doçt.Jésus-^d^viflt guérit lai fille, qid était possédée du idémon» jQni«n avait fait autrefois* unisigUsè; I^es Tunes dW>nt tiriiisfoi^- • méc ea-moii^ée.^^- .» J ••

» Adeux pcktéttft^ monsqpeit, est une pefldté montagne où Notre-Seigneiii: poècha^

)) De Séidë^ «bitvient & &niv , qœ rÉvangile appelle Tyf. fif aie arafl^on; voitles. ruines disilar; ville dâ Sareptà^ put le proj[>hète Éiie fut xeçu par • cette pcinvré veuvei, dont tout Je' moAde s»it

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rbistoiiT. On roit aussi lèè fontafnes de Salo* mon , que TÉcrilure appelle le puits des eaux vi^' vantes.

» jaôvLH sommes trop près de Damas, pour passer saris en parleîr. Ce iqui la rend con^dérable , c'est que le grand apôtre allait à Damas pour pers^Kmterles chrétiens,' lorsqu'il fut; renversé de son cheval, et cchVertî à la foi dé Jésus-Christ..

')>'Le mont Cârmel, tpii n'est qu'à quelques Itelies, n'test'pas extraordinairement haut. Un religieux m'accompagna sur le haut de la montagne, oà ilme fit voir la grotte de saint Élie : c'est là qu'il se cmchtfit , étant persécuté de Jézabe).

» Noui vitUés iâUssi un endroit qu'on appelle le jardin d^Elie. Ce saint prophète, passant en ces quartiers, vit un .jardinier qui avait quantité de melons^ en myànt démodé «n pour se rafraîchir, le jardinier im répondit : hé , pauvre homme, ne vois-tu pas que ce: sont ^es pierres? A quoi le saint a*épE^ua;: héhiénj.ià. cecsqnt -des pierres , qu'elles séient'pieiMsi^/Oîkiy trouve en effet des pierres, qu'on prendrait pour des melons. '

: ». Nazareth,à cinq lisiies dumont Carmel, n'est atyourd'hui;«[ii'«a:trèt^tit Vilkge dans la Gali-^ lée. Pour y arriver, on descend .presque, comme dftns unecavet Mai^ on ne peut voir ce saint lieu sans un transport de joie.

» Nous fumes .d'abord visiter la chambre de la Sainte-Vierge.' Cest une eqpëce d» grotte obcure, et petite : elleétt* dan^ft le rocher^ et la route n'est que d'une seule pierre . Cette pauvre chambre peut

TER li.j

Vf oit six. pas de long, et fille n'en a pas tant. 4e large. Elle sert d'église et de chœur aux cordeliers^ qui y font régulièrement Toffice , comme dans. une cathéditile* ,, .

» Ce rocher était Toratoire de la Sainte- Vierge 5^ c'est là qu'elle était en prière^ lorsque, l'ange Gabriel lui vint annoncer, de h part 4^ Dieu,: le mystère de l'incarnation. Cest là qu^après qu'elle eut donné son consentenuent , le Yedbe fut fait chair. La place est marquée par ux^e belle colonne de marbre , que sainte Hélène y a. fait metti*ev;.

» Auprès de ce rocher ^ il y avait, une autre pe^ tite chambre, bâtie à la mode du.pajs. C'est cette chambre que nous appelons, apjourd'hui Notre|- Dame de Lorette, en Italie. Tai eu le bonheur de la voir à Lorette ^ et j'ai vu à Nazareth le lieu pu elle a été prise par les anges , qui en ont laissé les fondemens. Je n'ignore pointle sentimep^ de quelques savans sur ce fait ^ et ç^l% j^uffit.

» Au milieu de Nazareth, se voit IjançicQoe synagogue des Juifs , où Notre-Seîgneur expliquait les écritures. C'est de là qu ils le menèrent sur une micmtagne fort haute, au bas de laquelle est tin effroyable précipice, où ils voulaient le précipiter. On y voit encore les ruines d'une belle ëgUse que sainte Hélène y avait fait bâtir ; et l'on a creusé un autel dans le rocher, où nos religieux vont dire la messe...

» A douze ou qtiinze pas, on montre une grande pierre de la forme d'une meule de moulin ^ on Fappelle la table de Notre-Seigneur. La tradîtiQn

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porte qu'il ms^hj^a |»lusieurâ fois dessus, avec 'tes

» Otxi'cSt àttssî lli fontaine' Aè la Yierge, aîttri appelée à cause que la mère de Dieu y all^t Sbttvèitt;

» Le Thaborest éloigné de deux lieues de Nazareth, dùViôté de l'orient : un -petit dire que c'éî^ la plus belle 'iàoiÀâgue qtîi soh au monde (i).

» Notre cônAicteur ndus montra les testes d*tme Vieille églîie^ qui ëtaît ati lieu où Notre- Seignleurlais^iscfs^pôtres, lorsqu'il monta ^r fe Thâlkifr , À*ayànt avec lùî que Pierre , Jacques et Jean. On voft dëffx petites cbapléHes Tune près de Tatrti^e : îà ^étofière e^t le lieu dû éûdent les trois apôtre» ; la sëcoiide celui où étaient Jésus-Christ^ Moïse et ÉKe ; il y 'à "tfols petits àtrtels que uou^ appelons les trois 'tabernacles , en m Aiioîïe de ces patoles de saint Pîei*re : Seîgtreur il fait bon ici , faisons-y trois tifbéibàctès.

» On voit aussi le Champ-des-'Epis , appelé ainsi à causé que c^est là que les disciples ayïint

— *P «^^a ^»— <l^^^— J^^^M^ I I I I f ^^^—^1 II > ■■ I ■ I m ^mmi^tm^méi^é^'

'(j) <c CW sârciéfte lûôntagoie que Te ivrét/é-toi ^e ^léèn» MfÀchiedcfech , vint A la nsncdbtre d^Abltthadl: , ati l^wff li^ la victoire quMl remporta sur les quatre rots|qttHld^fîtet^*il mit à mort. Après l'avoir reçu à bras ouverts , il le régaia de tout ce c^-il piif , i$dùr ït/bvenir aux tesoîns 'qu'il ép avait , et apaiser sa faim. En récompense , Abi^âlitièii- fik donna la dtme de son butin y d'où est venu- , >ponr lés i^-êtres y le droit de dîme. Autrefois on voyait la table où MeVchise'd^ech fetftojra Abrabam ; mais je ne rai pas vue/» ( Le père Goujon, Biàiàireét P^afage'de Sa Terre-lSàinte ^ page 74-'

faim , pressaient des épis dans leur&mains , le jour du sabbat,

)) On voit plus loin une grande plaine où Jésus-Christ fit ce graiMl miracle de donner à manger à cinq mille personnes, et de les rassasier avec sept pains et quelques poissons^

» Au milieu de cette plaine est une petite montagne , sur laquelle il prononça les huit béatitudes de rÉvangile.

>> Cdui (pii prenait soin de nous conduire , ne nous a p^s laissé sortir de ces quartiers^ sans nous, faire voir la ville de Cana , où lésus-Christ étant aux noces^^ <^ngea Feau eu vin. La fontaine où l'on alla remjdir les craches se voit encore. Sainte Hélène avait fait bâtir une égUsc ^u lieu où se fit le festin : il n'en reste que les ruines.

n Assez près de Cana^ on nous mcmtra le sépulcre du prophète Jonaa. Les Turcs y ont bâti une mosquée •: ils pairaisseat avoir de la vénération; pour ce prophète.

» Nous passâmes par la grande plaine d'Estré^ Ion , qui est au midi du Thabor. Au bout de cette plaine est la vâle die Nai'm, où Notre^Seigneur ressttscita le fils de la veuve : ce n*est aujourd'hui qu'un très^aavre village.

» NoCre conducteur nous fit remarquer les ruines d'une ville Jtommée Ëndor. d'est là quede*- SieurRit dette Pydionis^:jque Saul alla consulter.

» Il me montra aussi le village de Genin^.d'ou sortirent lias dix lépreux pour aUer ^«devant de Jésus-Christ. '*.;•'•.♦'.

» Derrière la ville de Naïm scmt les montagne» de Gelboé , où Saûl se tua de son épée : on les appelle aussi montagnes maudites ; il n y yient ni herbes , ni buissons , et Tean du ciel ne tombe jamais dessus,

» Les montagnes de Samarie ne sont pas loin ^ et à une journée, on trouve le puits tant renommé dans TEvangile , où Jésus-Christ trouva et convertit la Samaritaine. Il y a apparence qu'autrefois on disait la messe dedans , puisqu'on y voit encore ime chapelle»

» L'on nous montra un village nommé Iscariote ^ c'est le lieu natal du trail;re Judas.

» Jaffa est le dernier port de mer pour arriver à Jérusalem, on me conduisit en une maison, qui est la véritable demeure de Simon-le-Corroyeur, chez lequel saint Pierre logeait , lorsque Corneille le Centenier l'envoya quérir. C'est aussi dans Jaffa que demeurait cette bonne femme nommée Tabir tha , que saint Pierre ressuscita , à la sollicitation des pauvres qui lui montraient les robes qu'elle leur avaient données.

i> Rama est une ville assez propre pour la Turquie. Les Turcs y sont très-méchans. On m'y montra la maison de Joseph d'Arimathie.

» On nous mena^ aussi au village du bon larron, près duquel on découvre, sur une éminence, une vieille église où le prophète Samuel est «n^ terré. '•' »

» On voit encore près de là Anathoth ^ li«a natal du prophète Jérémie.

» Nous arrivâmes à Émaus, ou allaient les deux pèlerins lorsque Notre-Seigneur leur apparut. J'avais pris quelques branches d'olivier par dévotion , je les perdis dans le chemin.

» En approchant de Jérusalem , on voit cette plaine où David défit Goliath.

» Après avoir passé de très-mauvais chemins , nous arrivâmes enfin à Jérusalem. La coutume des chrétiens est de descendre de cheval, à la vue de cette sainte ville , qui en premier lieu fut nommée Jébus , et ses habitans Jébuséens ; ensuite elle fut nommée Salem, comme nous voyons que Melchisédech, qui en était le roi , est nommé roi de Salem.

» S'il est vrai, comme le marquent quelques auteurs, que le lieu ou Jâcob eut la vision de l'échelle mystérieuse , était le même que celui ou Salomon fit bâtir le temple , nous dirons qu'elle a été encore nommée Lusa, et ensuite Béthel par lé même patriarche , conmie on le voit au vingt-huj- -tîème chapitre de la Genèse.

» Elle est non-seulement sur les montagnes , mais encore entourée de montagnes. L'ancienne ville renfermait le mont Sion j et le Calvaire était dehors. Aujourd'hui le mont Sion, ou du moins une partie est au dehors de la ville , et le Calvaire est dedans. Elle a environ une lieue de circuit, et elle est presque aussi large que longue. Les rues y sont étroites, etlesbâtimenspen remarquables. Le plus bel édifice est la principale mosquée , qui est bâtie à l'endroit où était le temple dé Salomon»

Si par malheur nous y mettions le pied, il n^y aurait pas de milieu, il faudrait être empalé ou se faire turc (i).

(i) ce Le temple de Salomon est au plus bas de la ville de Jérusalem , à cent pas des murailles , vers l'orient , sur le mont Moria. Salomon voulant construire lé temple , assembla des ouvriers au nombre de trente mille , pour couper let bois de cèdre et de cyprès au mont Liban. Des trésors immenses furent employés à la perfection d*un si prodigieux ouvrage. Il fut détruit par Nabuchodonosor, quatre cent^quaranteun ans après qu'il fut bâti. — Zorobabel le fit rebâtir, et cincf cent quatre-vingt-six ans plus tard , il fîit de nouveau brûlé par Titus. •'— Quant à celui qui se voit à présent, il a été bâti par les Turcs, au lieu même où était le Sancta Sanctorum de celui de Salomon , sur la partie orientale du mont Moria. On entre par un parvis de cinq cents pas de longueur et de quatre cents de largeur. Pour entrer dans ce parvis , il y a douze portes , chacune couverte d'une voûte de dix ou douze pas , où sont quatre on cinq lampes. Ces voûtes servent d'oratoire mix Mahométans , lorsque le temple est fermé. — Ce temple «st tout enrichi, et revêtu par dehors de tables de marbre , et de carreaux damasquinés» où sont peintes des moresques dorées , chose agréable a voir , lorsque le soleil dardeses rayons dessus , pour le grand éolat qu'ils rendent. — Il est tout couvert 4e plomb » et les vitres sont de diverses^ couleurs. — ^ans l'intérieur , il y a trente-deux colonnes dç marbre gris en deux rangs , dont seize «grandes soutiennent la première voûte , et les autres le dôme ; chacune est posée sur son piédestal et. ornée de son chapnteau. Toatautoai' des colonnes , il y a de très-beaux ouvi>ages de fer et de cuivre doré, faits en forme de chandeliers , sur lesquels sont posées sept mi'ille lampes , ' lesquelles brûlent depuis le jeudi après le coucher du soleil , Jusqu'à vendredi à midi , et tous les ans , ipendant le temps du rftfnazan on caréauf ^ 4]» dure up mois. — Dans le milieu du temple est tiine petite tour dé marbre , où l'on monte en dtAiors par dix-Jiuit degrés ; c'est 1^ que.fee met le cadi , tous les vendredis , dippnis midi jus^pi'à

» Le mont Sion est en partie hors de la ville , comme notis 1 avoné dit \ ia towr de David et son palaîs étaient en cet cfndroit. C'est de là que, se promenant snr le soir , il vît Bcfisabéè, <jm se lavait dams la pisc^é tpii <âst eh bas. Ce fut aiiM dans cfe palai» que le prophète Nathan le vint rep¥endi«e d^«oii péché ^ «t c'est encore le lien oA ce saint toî-{>i^phéfte et son Sà^ Salomon sont emerfés.

» Mais ce n'est pas tout , ce lieu eftt ârppelé im- )ôurdTmî \e sàirft Cénacle, à caiïse <jtte^'ést4à que Notre-Seîgnettr fit la cène avec ^es arpôtue». C'est là qu'il lettf envoya le Saint-Esprit, et qu^il fit iftéttfe le doigt de saint Thomas dans ses pRiïes.

deux heures que durent les cérëmonies. ^ Outre le temple de SAknrioti, (fae tes Anbes apt>etleÉft Banan , il j €ta « un antre qu^ils ndmmenl D^iamû-eî'hadrdh , qû est le teohple de la Vierge , lequel est à cent ou cent vingt pas plus loin » du côté du midi. Après celui de Salomon , 6*est le plus l>el ëdifite &e la Tefre-Sahlte : il est de fôrtfle longue , du ifddi «d se|it«iiti*ion , bdti de bdle» piern» ; il y a trois v«àtes couvertes de plomb « soutenues de deus rangs de colonnes de pierre grise ^ la porte est au septentrion , prise dans le pâiVié'chi TéAple de Salôiûbn ; le pdrclie est 'forme de tfois aVéàdet kottfenaes de doute èolotitvés de mstrhre* Cest en ce lieu que la Vierge demeura depuis Tâge de trob ans , qti''elle y fut présentée par sainte Anne et saint Joachim , jasqu^à ce qu'elle t&t préfe de se marier. Ce lieu est en grande vénération parmi les Turcs , et leurs femmes vont ordinairement y faire leurs dévotions. »

( Ilotes au ^^àfm^û au Lei^ani de M. le cônlU^e Farbin , pages 3gi etsuip.de VéâUion in-8*. ). y^èzVlnlroduction au dictionnaire des Reliques , tome V*, , "page xlîj , notes.

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)) Au même endroit était une maison , dans Ia>quelle la sainte Vierge se retira avec saint Jeanr- Ie-Bien*aimé, après la passion de Notre-Seigneur : elle y demeura jusqu^à sa mort , qui arriva , si je ne me trompe , environ vingt ans après Tascension de Jésus-Christ ; et selon la tradition , tous les ap6tres se trouvèrent miraculeusement rassemblés pour assister à son glorieux trépas^ Elle a vécu soixante-dix ans, selon Fopinion la plus commune (i).

» Pn nous mena à la Piscine probatique ; ce ^ fut Salomon qui la fit bâtir. Ce qu'il y a de remarquable dans cette piscine , c'est ce que dit le saint Évangile, qu'un ange venait tous les ans troubler Teau , et qu'aussitôt le premier malade qui y descendait était guéri de toutes sortes de maladies.

» Ensuite on nous conduisit à la maison de Caïphe , qui est dans la ville. C'est là que saint Pierre renia Notre-Seigneur. On montre le lieu où il se chaufiait , pendant que son maître était sous un olivier , que l'on voit encore , et que l'on dit être le même. Ce fut sous cet olivier que Jéaus reçut un soufflet de la main d'un soldat. On voit aussi où le coq chanta ^ il est gravé sur la muraille.

»De la maison de Caïphe, nous allâmes à la

(i) Nous avons remarqué que le plus grand nombre des savans font mourir la Vierge à Éphèse. Voyez Marie , et l'In-^ troduetion aux Notrc-Dames.

grotte où f on dit que saint Pierre vint pleurer son péché. Elle est devant un village que Ton nomme Silot , on Salomon tenait une partie de ses concubines , où il adora leurs idoles^ et leur donna de Fencens. Cest là aussi qu'il avait une idole monstrueuse, toute de métal de fonte, à laquelle les pères et mères , plus dénaturés que les brutes, sacrifiaient leurs propres enfans (i).

» Nous passâmes par la grotte de. Jérémie , où ce saint prophète pleura sur la désertion qui der vait arriver aa temple de Salomon et à. la ville de; Jérusalem. Tout proche , Fon voii le jpuits où il fut .mis en prison.

1» On nous mena à la maiaen d*Ânne le Pontife, qui n'est pas loin de celle de.Ciapiie. Les Arméniens en ont fait un couvent. Us nous dirent que leur égike était la salle métoe dans laquelle oh fit comparaître Notre-Seigneur..Gé qu'il.y i^ de certain, c'est quelle est bâtie au nième endroit.

» De la* maiiaon d^Anne,* noua fîmes un bon trajet pour avenir à celle de 'dilate ; l'entrée est une grande porte cochère ronde; Cest là qu'était ce bel escalier dé marbre blanc, qui a ^été transporté à Rome : on le nomme l'Escalierf Sainit (%) à cause que Notre-Seigneur passa et repaésa> dessus , en, idlant et sortant de la maison de Pilate ^ il ne se monte qu'à genoux, et j'ai eu une sainte consor

(i) Le père Goujon dit que Salomon avait autant d^idoles que de femmes, et il avait mille femmes.' (a) Seala-Santa.

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latiou après l'avoir monté ei examiué plusieurs fois à Borne , lorsque j'ai vu le lieu où il a été pris à Jérusalem.

» On nous montra le Prétoire ^ où Ton ^arde un morceau de colonne sur laopelle les soldats firent asseoir Jésiis-Christ , pour lui mettra la couronne d'éphnes-, après Tavoir. fustîgpé. .

» De la maîsoftfile Pilate, on va sur uae grande arcade qui couvre toute la rue ycett là que^Pilate mena lui^^mémeNotre^-Seigneur, poar le faire voir au peuple , ea leur .disant : ecce homo. La me qui passe «crus Tàvcado est appelée le Chemin-de- Douleurs , à cause que Notre-rSeignevr y passa ea portant sa croix ^ «ôs religieux .àtenl- leurs sandales pour la traveeseii.

D On baise- >une grosse pierre qui est dans le. ahemim , et qui num|iie^ dct^on , le lîtii où Notre* Seigneur tomlia ,.«i ooà les scddats contraignirent Simon*le*-Cjrénéen de Faider à pqrt0r sa croix.

» Dans la maison de-saint Joaolum et: de sainte Afine 1, on montrëiMne igrotte sous ioqueUe on dit €[ué la sainte Vierge fot conçue. , ■ •

n Nous.fiiboeiî7iQiF la prison dèsauit Pierre , où l'aiige .<dKiiâi'vc»a' rompit les jckéuies , ouvrit les porte», ot-le leonduisit jusque dans la rue*-'^* On voitcncdséè où lôs clialnes éuieot attachées ', et où cet âpôtve «tait couché ait milieu des soldats.

)> Il y a une église qui renferme le lieu où saint Jacqucs-le-Majeur eut la tète tranchée. On voit une pierre de jaspe de la grandeur d^une as-

siette, queTonbaise avec grande dévotion, comme étant le lieu ou ce saint fut martyrisé. L*histoire nous apprend ({ne ses disciples portèrent son corps en Espagne^

)) L'église du Saint^Sépuldre est à peu près grande comme la nef de Notre-Dame de Paris ; elle n'en a point la forme -, il n'y a point d^ailes ; elle est prescpie ronde , et soutenue de gros piliers d'une belle pierre dure. L'entrée de cette église^ est une grande porte que le Turc tient toujours fermée de barres de fer et d'un gros cafdeHas.

» La pierre de Vonction est la pretnîère* (jni se présente aux yeux : tiovLB Tappelons ainsi, à cause que Notre-Scfîg&etir fut embaunié dessus , après avoii'été détaché de la croix. Il y a huit oti diî: lampeiS d'argent qui brûlent continuellement. * - » Le Calvaite est renfermé danis. cette égKse": ce n'est pas une montagne élevée , cpntmie la plupart se la figui^At-, il n'y ti qu'un escalier de dixneuf degrés , qu'on a fait dans le roc pt)ur y monter. La tradition porte que c'est le 'lîeu que Dîeu marqua à Abraham- j pourie sacrifice dé son fils/ Otk a)6ut6 que l'endroit ou Notre^'Seigneur fut attaché sur la croix , est le même où Isaac fut mis sur le bûcher po^nr être immolé. L'Évangile le tamsxnie Golgodui, et nous l'appelons Calvaife. » Sur la gauche il y a une élévation de deux bons pieds 9 sur iaquelk étût plantée la croix du Sauveur , le trou y est encore , comfne une espèce de forme de chapeau , en sorte que les pèlerins peuvent y mettre leurs dévotions.

ia8 TER

» A un pas , se voit le rocher qui se fendit -, il est ouvert de plus d'un pied de large. Pour la profondeur , on ne. peut en voir la fin.

» A trois ou quatre pas est Tendroit où Notjre-^ Seigneur fut attaché sur la ci^oi^.

» Les lieux où les croix des larrons furent plantées, sont marqués par deux petites chapelles. Une belle pierre marque Tendroit où étaient la Vierge et saint Jean.

» On voit une, grande arcade , qui donne sur la porte de Téglise; elle servait dans Tançien temps pour montrer la vraie croix au peuple.

9 Quand on est sorti de ce saint lieu , et qu on a descendu Tescalier y on trouve une chapelle , justement sous le Calvaire. Dans le fond de cette chapelle , il y a comme une fenêtre , avec, une grille de fer qui la ferme , par laquelle on voit la continuité du rocher fendu. La tradition porte que c'est Tendroit où Adam fut enterré , ou du moins sa tête.

» Le lieu ou la vraie croix fut 4fOUvée est justement sous le rocher du Calyaire ; c'était un véritable abime 9 ou Ton jetait toutes portes d'ordur res. C'est aujourd'hui une cave kioire et obscure» qui ne reçoit la lumière d'aucune part , que p^r. le moyen de cinq ou six lampes qui y brùlwt continuellement. t

» On trouve dans le même lieu , une chapelle où les soldats partagèrent les habits de Notre- Seigneur.

)> Le Saint-Sépulcre est dans Tautre partie de

TER ^ là^

^église , à Fopposite de rinvention de la croix» Tout le monde sait que ce sépulcre est creusé dans le rocher. La porte n a que deux pieds et demi de haut et deux de large. On voit le lieu où était Tange , quand les trois Maries vinrent au sépulcre , et qu^il leur dit : Jésus-Christ n^est pas ici , il est ressuscité. La place est marquée d'une pierre de marbre blanc , élevée d'un demi-pied. » Le Saint-Sépulcre est pour sa longueur de la taille d'un grand homme. Le dessus est couvert d'une belle table de marbre blanc , qui sert d'autel pour dire la messe, sans autre ornement qu'une nappe. Au-dessus sont suspendues plus de soixante lampes d'argent , toutes différemment travaillées. Ces lampes brûlent nuit et jour.

» L'endroit où Notre-Seigneur apparut à la Madeleine j en forme de jardinier, après sa résurrection 9 n'est éloigné du Saint-Sépulcre que de neuf ou dix pas. Il y aune grande pierre de marbre blanc , qui marque la place.

I» Tout proche on voit une pierre de marbre gris, sur laquelle on dit que sainte Hélène fit apporter les trois croix , pour connaître celle de Notre-Seigneur d'avec celles des deux larrons. Derrière le Saint-Sépulcre , on voit deux autres tombeaux. On dit qu'ils sont de Joseph d'Arimathie et de Nicodème (i).

( i) 11 y aurait encore bien des choses à dire sar les mines de Fancienne Jérusalem, sur son temple qu'on n'a pu rebâtir , etc.

i3o TER

)) Le sépulcre de la Sainte-Vierge n'est qu*a une portée de mousquet des murailles de Jéru^ aalem. Pour y aller, on passe par la porte de Saint- Etienne , où l'on trouve une pierre de roche , sur laquelle ce saint fut lapidé. Il j a eneore quelques vestiges de sou corps , que Ton voit imprimés sur le rocher.

n Le torrent de Cédron , qui va se déchargea dans la mer Morte, et que je trouvai en chemin , n'est pas bien furieux, puisque, quand je l'ai vu, il n'y avait pdlnt d'eau : c'était à la fin de septembre.

» Le sépulcre de la Sainte-Vierge est un grand bâtiment, profond comme une cave. On nous fit voir les sépulcres de saint Joseph , de saint Joachim et de sainte Anne. Le Jardin des Olives était eu ce mÊme endroit, à un jet de pierre (i).

» Derrière le sépulcre de la Vierge, nous voyons la grotte en laquelle Wotre-Seîgneur sua sang et eau. L'endroit où Nôtre-Seigneur priait , lorsque l'ange lui apparut , ^t marqué par trois ou quatre mots latins que ie tenp) a etSatcés.

(i) On Fftppelle la mopta^M ét$ Olives , é caisse db qmD-^ tité d'oliviers dont elle ^tait embellie. On la nomme aussi la Montagne des trois lumiètes , parce que Godefroi de Bouillon assiégeant Jérusalem » qu^il délivra , ses soldats- Curent «fl«e«* rages par un cavalier céleste , qui apparaissait sur le mont d<*s Ofives avec un boiHsHer chargé de trois éto\]és éclatantes , qui éUient peut-être trois Umpions. Ct cavalier ne parut plus quand Jérusalem fut prise. ( Le père Goujon, page 235 , etc.)

TER ili

r^ Après qu'on est sorli de la sainte grotte > on voit le lieu où étaient les apôtres endormis.

^) A sept à huit pas on remarque un petit olivier : c^ est là que les soldats tombèrent tous, quand Notre-Seigneur leur dit : C'est moi. C'est aussi là que Judas lui donna le baiser : c'est encore là que saint Pierre tira son épée ; et c'est là enfin que Jésus fut pris. Ce lieu est appelé le Jardin des Oliviers ; il y en a encore sept ou huit, d'une hauteur et d'une grosseur extraordinaires , que l'on tient être du temps de Noire-Seigneur. On ne peut, sous peine d'excommunication , en ôter seulement une feuille. Lorsqu'on cueille les olives , les noyaux sont conservés •, l'on en donne une poi* gnée à chacun des religieux.

» Du Jardin des Olives , il n'y a pas un demiquart de lieue pour arriver à la cime' de cette montagne, d'où Notre-Seigneur monta au ciel.

On entre d'abord par une petite porte dans une grande place. On voit au milieu un bâtiment avec un dôme. La forme qu'il laissa de ses sacrés pieds était bien imprimée sur une pierre dure. Les Turcs en ont pris le pied droit, qu'ils ont mis dans leur grande mosquée *, le pied gauche est encore aujourd'hui à sa place.

)> Tout proche on nous montra la grotte daos laquelle sainte Pélagie fit pénitence.

» En descendant nous vîmes les endroits où Notre-Seigneur composa le Pater^Noster , et ou il pleura sur Jérusalem. On nous mena ensuite

i3^ TER

diins uue petite cave , où les apôtres étaient cachés lorsqu'ils composèrent le Credo.

^) C'est dans la vallée de Josaphat que toutes les nations doivent être rassemblées , pour recevoir le dernier jugement : sa largeur n'est pas plus que d'une portée de pistolet.

» On y voit le lieu où Judas se pendit. On nous montra aussi où le prophète Isaie fut scié \ et à quelque distance , la piscine de Siloé , où Notre-Seigneur donna la vue à l'aveugle-né.

» La coutume est de passer dans le champ du potier , qui fut acheté de l'argent que Judas avait reçu en trahissant Notre-Seigneur. Ce champ n'est pas grand ; et dans ce qu'il contient , il est renfermé sous une voûte , que sainte Hélène y a fait bâtir (i).

» Sur le chemin de Bethanie , qui est éloignée de trois bons quarts de lieue de Jérusalem , on montre l'endroit où était le figuiel: que Jésus- Christ maudit , pour n'y avoir pas trouvé de fruits.

» On voit ensuite les ruines de la maison de Simon-le-Lëpreux : c'est là que Notre-Seigneur était à table , lorsque la Madeleine le vint trouver.

» Bethanie est un très-méchant village, aussibien que les Turcs qui n'y valent rien. Nous y vîmes les ruines d'un beau bâtiment. Notre cou-

Ci) On voit qae sainte Hëîène a fait bâtir bien des choses , pour le peu de temps qu*elle a passif en Palestine. Vfïfex

Htk&RB.

TER i33

ducteur me dit que c'était le ciiàteau de Madeleine et de Lazare.

» On entre dans le sépulcre du Lazare , par une petite porte. On desc^id par un petit escalier de seize degrés taillé dans le rocher. Après cela il y a une échelle de huit pieds y qui conduit dans une petite cave , où Ton voit la pierre qui était sur le sépulcre. Elle est de figure carrée , un peu plus longue que large, et peut avoir deux pieds et demi de largeur et trois de long : elle sert de table pour dire ta messe. On passe une autre petite porte , où il faut presque se coucher, et marcher en cette postulée le temps de deux PMer; après quoi on trouve une autre petite cave ^ c'est là qu était le Lazare depuis quatre jours ,. lorsque Jésus-Christ lui dit : Lazare , lève-toi.

» De Béthanîc, on revient par le mont des Olives ; et sur le chemin on voit une grande pierre , sur laquelle Notre-Seigneur était assis, lorsque la Madeleine , Tétant venue trouver , lui dit : Seigneur , si vous aviez été ici , mon frère ne serait pas mort.

» Sur la même route , on voit les ruines du château de Betphagé , où les deux disciples allèrent prendre Tânesse , sur laquelle le Sauveur fit son entrée dans Jérusalem, le jour des Rameaux; La porte par où il entra , fait face au mont des Olives. Les Turcs la tiennent toujours bouchée. Ds ont une prophétie entr eux , qui dit que notre monarque très-chrétien doit conquérir là Terre-Sainte et entrer par cette porte dans Jériv-

i34 TER

salem, un jour de vendredi. Ils ajoutent que fe temps est arrivé.

» De Jéru^lem à Bethléem on compte deux lieues. On me ât traverser ime très-belle plaine ; la tradition porte que c^est le lieu d'où venaient ces hommes de haute taille, que TÉcriture ap** pelle les géans.

» En continuant, on me fit voir sur la route les ruines de la maison du saint vieillard Siméon , qui reçut entre ses bras Notre^igneur dans le temple; ensuite on me fit remarquer sur la droite le lieu où était autrefois un arbre que Ton appelle térébinthe, sous lequel la Sainte- Vierge s'arrêta avec Fenfant Jésus. La tradition porte que cet arbre épanouit ses branches , pour leur faire oiiibrage«

i> Plus loin, on trouve un beau puits , où Yon dit que les trois rois s'arrêtèrent, ayant perdu la vue de l'étoile qui les conduisait à Bethléem.

» On voit encore le lit d'ÉHe ,: c'est une grande pierre de roche à rase terre, au bord du chemin^ sur laquelle on voit comme la figure d'un grand homme. On tient que ce saint prophète passant par là fatigué , se coucha sur cette pierre , et qu'elle reçut ainsi les marques de son corps.

» On me montra l'endroit où était le prophète Habacuc , lorsque l'ange le prit par les cheveux, et le transporta à Babylone sur la fosse aux lions» dans laquelle on avait jeté le prc^hète Daniel.

» Après cela , on trouve le sépulcre de la belle Kachel. On voit aussi un village nommé Rama , où tous les enÊins furent égorgés par le comman-

TER i35

dément d'Hérode. flnfin, ua peu en-deçà de Bethléem, on voit cette citerne tant renommée que l'Écriture appelle citerne de Bethléem , de laquelle David souhaitait avec tant de passion d'avoir uh peu d'eau.

n Bethléem, ou David fut sacré roi par Samuel^ n est aujourd'hui qu'un village. Notre couvent, avec l'église qui renferme la sainte étable , est à gauche. Le portail de l'église fait face au village. Je trouve que celte église a beaucoup de rapport avec celle de Saim-De»is en France, non-seulement pour être couverte de plomh, mais pour le dessin, excepté que celle de Bethléem est {Atfi grande.

» On entre par une ^xftde poorte carrée. Ncrs religieux Font fait condunner> et ont fait au milioi uae petite parte fort faasBe , pour empêcher le< Turc» d'j frire entrer leurs ànés et autres kestidi^x.

n La sainte étable est entre le choiur et k nef : on y entre pak* deux endraîts dtei oôté'dvi ekœur , qui est plus él^é que le reste de toute Féglsse. Les portes sont d'un beaubronse, faiem p<^ et bien travaillé. Oft descend un petit escalier de marbre blanc, d'environ douze degrés , au bout duquel il y a un autel ;un peu à gaueke v c'est le lieu où Notre-Seîgneur est né. La pdaoe est marquée d'tme pîreiredfi {àispe, de la grandeur d'une as.. sie)4^ 9 wlrtour de laquelle on a mis une bordure dVfg^ntaveo des rayons de même métal , qui forment une belle éloîle. Ces rayons sôut ornés de grosses pierreries et de diamans.

i36 TER

» On descend encore trois petits degrés ponr aller à la sainte crèche. Elle est de. figure carrée^ d'environ trois pieds et demi de long ^ et deux de large. Il est vrai que ce n'est que la place où elle était que Ton a conservée; car pour la sainte cr«cke, elle a été levée et portée à Rome. Je l'ai vue à Sainte-Marie-Majeure.

» Tout auprès de la sainte crèche , il y a une pierre que l'on conserve , sur laquelle , suivant la tradition , la Saiute-Yierge était assise tenant l'enfant Jé&us, lorsque les trois rois vinrent l'adorer «

» On montre aussi l'endroit où Notre-Seigneur fut circoncis.

» On descend ensuite un escalier de quinze ou vingt degrés. Lia première station est une chapelle de saint Joseph ; la tradition porte cpe ce grand saint ^ voyant le temps où la Vierge imtttaculée .devait mettre au monde le créateur, il la laissa par pudeur et se retira pour quelque espace de temps dans ce lieu. .

» La seconde station est le sépulcre des Innocens. C'est une petite cave , danif laquelle on dit que plusieurs mères avaient caché leurs enfans^ et qu'Hérode y envoya des soldats qui les massa^ cpèrent.

» Le sépulcre de saint Jérôme, est à l'occident ; et à un pas tout vis-à-vis est le sépulcre de sainte Paule et d'Eustochie sa fille. El]ieS''80iit to(utcs les. deux dans le même tombeau , ou du méîns elles y ont été \ car leurs saintes reliques, aussi^bien que celle de saint Jérôme, ont été portées à nomC^

TER ÎÎ7

» L^oratoire de saim Jérôme , est une grotte un peu plus longue c[ue large ^ d'une grandeur assez raisonnable ^ c'est là que t;et homme admirable a demeuré un si grand nombre d'années ; c'est dans ce rocher qu'il a tant passé de nuits, à étudier, à travailler , à traduire la Bible , à expliquer l'Ecriture, et à composer de si excellens livres.

)> Ce que je trouve de plus remarquable dans le voisinage , c'est la grotte des pasteurs , où l'ange vint leur annoncer la naissance du Messie , la nuit de Noël, comme ils étaient à veiller sur leurs troupeaux. Nos religieux l'appellent grotte ; maïs c'est plutôt une méchante cave , qui peut avoir vingt pas de circuit.

)) Nous passâmes dans un village de Turcs ^ qui est le pays natal de ces pasteurs.

» Pour revenir en Bethléem, on nous fit remarquer les ruines de quelques églises. En approchant du couvent , on voit une cave où se prend la pierre sur laquelle est tombée une goutte de lait de la Vierge. La tradition porte que la Sainte- Vierge , étant sur son départ pour s'enfuir en Egypte , entra dans ce rocher , pour s'y cacher pendant que saint Joseph était allé à la ville pour prendre quelques provisions ; et comme elle donnait à téter au divin enfant , une goutte de son lait vint à tomber sur le rocher , qui s'amollit. Depuis ce temps les nourrices qui manquent de lait s'en servent, ou en prennent un peu dans du vin ou du bouillon -, et l'on en voit tous les joiîrs des effets merveilleux ; les femmes turques en pren-

las TER

nentelles-iv^mes, pour rexpérience qu'elles en ont.

» On nous montra les montagnes d'EagadcU y.

qui sont à deux bonnes lieues de Bethléem ; c'est là que se voit cette grotte célèbre , dans laquelle Dayi4 coupa le bout de la robe de Saùl.

TU Saint-Sabas est une furieuse montagne tçute de roche, dans laquelle je crois que Ton voit plus de vingt mille cellules telles quelles. La tradition et les histoires nous apprennent qu'elles étaieat autrefois toutes remplies de saints religieux.

» Hébron n est qu'à une journée de Bethléem ; on y voit les sépulcres d'Abraham , de Sara , de Jacob et de plusieurs autres patriarches.

Ily a deux lieues , de Bethléem jusqu'à Saint- Jean ; c'est un village que nous nommons ainsi y à cause que saint Jean-Baptiste y est né.

» Nous arrivâmes à la^ fontaine ou saint Philippe baptisa l'eunuque de la reine d'Ethiopie : elle est sur le bord du chemin , bien entreteuue , et ornée de belles pierres.

)) Une charmante église est bâtie à la place de la maison de sainte Elisabeth. Le lieu oà saint Jean-Baptiste est né , est à gauche du grand autel. Il est nrarqué d'une pierre d^ porphyre. La table de l'aukel est au-dessus ; o» y célèbre la messe, etau-^dessousde cette table sont représentés en scuJ^ure les mystères de la vie de saint Jeaa. Tout cet édifice , qui était u|ie peiite chambre dans laquelle sainte Elisabeth a^ceuçha du divin précurseur , est aujourd'hui une chapelle du plus beau marbre du monde.

TER i39

» Après avoir demeuré quatre ^ours dans ce saint lieu , je brûlais du désir die voir le désert où saint Jean avait prêché la péuitei&ce , et où il Favait mise en pratique* Il n'y avait qu'une petite lieue. Nous passâmes par des vignes et dès figuiem. Toute la campagne pour y arriver est fort agréable; et quand- le #ain& Évangile appelle ce lieu un désert , ce ne peut être que par oapport à ce qu'il était éloigné , comme j'ai dit , d'une petite liciae du village. C'est un des plus agréables s^ours qui se puissent voir.

» La grotte dans laquelle le :grand saint se retirait, est une chambre fabriifuée par la natnrê dans le rocher ; Ib porte et la fentoe soot aussi proprem^l eonsibruiled que si les architectes s'en étaient mêlés. La porte est. élevée de dixpieds. — Il y a des trous dans le roeher , et l'on monte comme on peut.

» A l'extré^té' de cette chambre , il y a une élévation du rocjb^r , que nouai appelons le htéé saint Jean-Baptiste , parce que le aaint y eoochait; On dit la s^ease dessus.

» i^u pied dn rocher, on reman^^ une fontaine qui fournissait l'eau au préeùrseor.

» A une douzaine de pas, en voit- un arbre creux , ouvert et noir 9 mais pour sa verdUre c'est une merveille. Cet arbre s appelle un camiche. Les chrétiens du pa^a tiennent fso" ti*aditîon qu'il est da temps de jiaint Jean-Baptiste , et qWil en man* geait les fruits, qui sont comme des eosses de grosses fèves ^ j'en ai apporté par

i4o TER

» Nous pas6»mes par la maison de campagne de sainte Élisabetli , à un quart de lieue du village de saint Jean. Elle est en ruines. Cest Tendroit où la Saînte-Viergc vint rendre visite à sa cousine y le lien où le Magnificat fut composé et conservé par nos religieux.

» De Saint-Jean à Jérusalem il n'y a que deux lieues. Je ne sais rien de remarquable sur la route, qu'un couvent de chrétiens schismatiques géorgiens. Ils se sont établis là , disant que c'est le lievi où fut pris le bois dont on fit la vraie croix.

D De Jérusalem , après avoir marché environ trois heures, on trouve le lieu où , comme dit TEvangile , un homme venant de Jérusalem à Jéricho 9 tomba entre les mains des voleurs.

» On voit aussi une fontaine , sur^ le bord de laquelle Notre-Seigneur s'arrêtait souvent avec ses apôtres.

» Ensuite on vient à la plaine de Jéricho. Le terrain n'en vaut rien ; ce n'est qu'un sable ingrat. L'Evangile fait mention d'un nommé Zachée , qui était monté sur un arbre pour voir Notre-Seigneur^ il était de Jéricho. On montre encore les ruines de sa maison , dans laqtielle Jésus-Christ lui fit la grâce de manger A sa table et de le convertir avec sa famille.

» On voit aussi l'arbre sur lequel il était monté. La tradition dit que c'est le même. Il rapporte un espèce à% fruit qui a des noyaux blancs^ , grok et longs comme de petites noix. L'Évangîk l'appelle un sycoûbre.

TER tit

. » Rahab, que l'Écriture surnomme la Paillarde, tenait de Jéricho *, elle cacha les espions juifs dans sa maison ; et Josué, ayant pris cette ville, mit tout à feu et à sang , excepté la maison de cette femme. » La fontaine d'Elisée est proche ^ on l'appelle ainsi, à cause que ce prophète changea Tamertume de son eau.

» La grotte où Notre-Seigneur jeûna est éloignée de Jéricho d'une petite lieué. C'est un véritable endroit de pénitence , et il faut avoir une grande dévotion aux saints lieux , pour entréprendre d'aller dans cette sainte grotte , où le Sauveur jeûna quarante jours. On y monte par un mauvais chemin mal accommodé dans le roc \ ensuite on trouve des rochers droits, qu'il faut grimper comme si on escaladait des murailles ; mais ce qui est plus capable de fai^e perdre le jugement, c'est un abime furieux , dans lequel on tomberait indubitablement, si par malheur le pied ou la main venait à manquer.

» Enfin, après bien des craintes et bien des frayeurs , on arrive à la grotte , qui fait deux parties. On entre dans une première chambre qui condmt dans l'autre , plus petite ^ c^est là que Noire-Seigneur se retirait. U y a apparence qu'autrefois elle était enrichie de belles peintures ; on en voit encore quelques restes.

» On trouve aussi la place où étaient les pierres que le démon lui présenta , pour les changer en pains , et où les anges vinrent le servir après la tentation.

t^^ TER

» Le Jourdain sert de bornes à la piaine de Jéricho , qu il sépare de celle de Moab. Tout le inonde sait que saint Jean-Baptiste y baptisait ceux qui , de toutes parts ^ accouraient à lui. Notre^ Seigneur le vint trouver , se mêlant dans la foule des pécheurs pour être baptisé comme eux (i). L'Évangile ne marque pas positivement l'endroit^ et nous ne le ^vons pas non plus. Ceux qui veulent le déterminer prennent un peu trop de liberté. Le Jourdain décharge ses eaux dans la mer Morte , qui n'est pourtant pas une mer , mais un lac , et un lac bien extraordinaire , puisqu'il nous représente et nous prêchera jusqu'à la fin du monde les justes chatimens de Dieu^

» Tout le monde connaît Sodome et Gomorre, dont la seule histoire fait horreur. Outre ces deux villes , il y en avait trois autres , Âdama , Seboin et Segor* Elles avaient cbacunse leur souverain ; elles étaient entourées de campagnes v-astes et fertiles. Cette abondance ne servit qu'à les précipiter dans des débordetn^is si désordonnés , que noire nature même , toute corraonpue qu'Ole est , en tremble au seul rapport de la Genèse , où nous apprenons que le feu et le soufre toniJ>èrent sur ces cinq miséraUes villes y qui furent abtmées et remplacées par ce lac dont nous parlons , que lés gens du pays nomment aujourd'hui lac dé Loth ,

(i) C«st une grande dërotion de se baî]gner dans le Jourdain. M. ûe CtiâWsatibiiaivt a rsppoHé nne bouteille de ^on eau mainte , que Ton vënère en divers lieu^.

TER î43

peut-être à cause qu'il n'y eut que ce saint pairiaroke et sa famille qui n^y furent point submergés.

» Le nom vulgaire dans notre Europe est la mer Morte (i). Je trouve que cela lui convient assez ', premièrement , parce que ses eaux sont salées comme l'eau de la mer ; secondenient , elle ne produit rien de vivaàt. Que si on y met quelque poisson , il meurt aussit&t. Cependant Fcau en est belle et claire , et il n'est pas fecile d'en trouver la raison.

» Ce lac n'a guère que vingt lieues de long et

(i) La mer Morte, appelée aussi lac Asphaltite, a été le snjet de beaucoup de contes. On disait autfefois ses eaux si épaisses «t si fortes , qu^on pourat y «larcher oomme sut un pave solide. Mais personne ne s'y âe. On contait aoasi que Todeur qui «*eo exlialait tuait les oiseaux au vol ; et; qu''il croissait sur ses bords des pommes superbes en apparence , mais qui n^étaient^ soas la dent, qn'mi ebarbon qui tombait en cendres, U est reconnu que le pays de Sod6mt est tout simplement une contrée volcanique ^ que la mer Morte est un lac bitumineux.' Quant aux fruits de cendres et de cii»rbon , t les voyageurs qnî ont voulu véfifieF , sur les bords du lac y ce pHHOaiène merveilleux « ont e« eflbt remarqué des fruits qui » sous une belle env^ppe , ne contenaici^t qu^une poussière sècbe ; mais ces fruits étaient des grenades gâtées , dont Tintérieyr s'était dessécbé , tandis que la surface avmt conaervé l'édat de «es «eolenrs. On a pris aussi pout' un effet miraculeux nn autre phé«omèifee qui ae répète partout: il arrive souvent que dès insectes piquent la feuille ou Técorce dft quelques arbres. Il $^y forme alors nne tumeur qui se cîbarge souvent de couleurs édatantes » tandis que rintérieur ne renferme que des insectes , ou quelques ^étriswâs que Tamour du merveilleux a transformés en cendres. »

( M. Salgucs , des Erreun et des Pr^ugés , etc. 1. 1, p. a68 ).

t44 TEK

quatre de large* C^était tout le circuit de ces ciai{. yilles. Les terres de ces belles campagnes, autrefois si grasses et si fertiles , sont aujourd'hui comme de la cendre , qui ne produit pas seulement des chardons. On n'y voit presque point de pierres 9 et s'il y en a quelques-unes, on dirait, à les sentir, que ce sont des morceaux de soufre.

» On m'a dit qu'il y avait, auprès de cette mer, des endroits où Ton Voit des arbres qui portent un très-beau fruit, comme de grosses pommes ^ mais en les pressant ils se cassent, et le dedans n'est que de la cendre. Je n'ai pas eu la consolation d'en voir \ mais ce que j'ai vu fait que j'y ajoute foi facilement.

)> Nous ne manquons pas de nos Français qui se piquent d'avoir tout vu. Il y en a même qui disent avoir vu la statue de sel en laquelle fut transformée la femme de Loth 5 je veux croire qu'elle y est encore ', mais l'impossibilité qui se trouve d'aller en cet endroit, à cause des Arabes , me fait conclure qu'ils ne disent pas la vérité (i).

» Après que j'eus visité tous les saints lieux de la Palestine , je revins par Marseille, où je m'étais embarqué à mon départ. » —

Il y aurait bien des choses à ajouter au voyage du bon père franciscain. Il ne parle pas de la mer Rouge , si fameuse chez les Juifs. Grégoire de Tours conté (2) que de son temps on voyait encore,

(i) Voyez Tarticle Edith , fimme de Loth.

(a) Histor. lib. I , cap. 10.

TER t45

^m fond de la mer Rouge, leis sillons traces par les ckars égyptiens* .. . Il est vrai > dit^il ensuite, qu^on les perd de vue quand les flotsisont agités ;.mais ils reparaissent dès que la mer redevient calme*, j • Il oublie aussi le mont Horeb , où. Dieu apparut à Moïse dans 1^ buisson ardent , où Moïse frappa

le rocher dont il tira une fontaine ^ où Ton véné»[«

la grotte dans laquelle le prophète Elie se réfugia lorsqu^il fuyait devant Jézabel, etc.

Nous avons indiqué ailleurs les. autres lieux saints , auprès desquels on pourrait mettre Co-* logne , qui a trois cent soixante^cinq églises plei-^ nés de reliques , Rome qui a plus de châsses que d'habitans, la Sainte-Chapelle de Paris , et beau-^ coup d'églises fameuses chez les catholiques.

Cest généralement Thabitude des pèlerins de rapporter de la Palestine quelques reliques locales ) comme un peu de la terre du tombeau de' Jésus'-Christ. Cette terre a fait souvent de grands miracles.

On vénérait, àVabbaye de la Celle en Champa^ gne, une poignée de la terre qui était sous les pieds de Jésus-Christ , au moment de la transfiguration^^ On guérissait les malades à San - Salvador avec un peu de la terre qui se trouvait soUs les pieds de Jésus , quand il ressuscita Lazare. On rendait un culte dans Tarascon à une petite châsse pleine de terre prise au pied de la croix, et trouvée sur le sein de sainte Marthe*

Saint Augustin^ au livre XXII de h^^iié dé Pieu^ chapitre 8 , parle d'une maisoa d'bù. Von. III. lO

t46 TET

t hassa une faanéc de malins esprits , en jr mettant un peu de terre àa toiabeau de Notre-Seigneur. On dit que le eimetière que les Pisan» un»

pellent le Campo^Siinto déyote les cadavres en une heare. On ajoute quil a cette vertu , parce que la surface est couverte de terre sainte, que ks' Pisans ajqK>rtèrent de la Palestine , au lemj^ des croisades.

A Rome et partout , on avait quelques livres de terre sainte, quelques bouteilles d'eau du Jourdain, él d'antres reliques qui ne doivent leur impor* îstnct qu'au pays ou Jésus-Christ mourut.

H n'est pas nécessaire d'obsierver que la PaleatîHe était autrefois considérée comme une grande relique, pour la conquête de laquelle les chrétiens* Sacrifièrent des sommes énormes et des millions dliommes.

Aux siècles des croisades , un pieux catholique ne pouvait faire son testament sans laisser quelque' legs pour la délivrance du tombeau de Jésus- Christ. II fallait en faire le pèlerinage. Un brave n^était fameux que s*3 avait porté les armes contre les infidèles.

Toutes ces choses ne sont plus que de brillans souvenirs qui ont fait naître de beaux jromans.

TETRIC , — évèqufi d'Auxerre , où Ton conserve son corps. Il fut massaoré par son archidiacre {.qui voulait avoir son évéché ) , sur un banc où il fMrenan un peu de repos. « Ce banc a été depuis

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une '^source do mnté , pour ceux qmi «ont affligés du mal de dents (i). »

THADÉE , — ap6tre d'Édesse seloa quel({ue9uns , et Yvax des soixanie-doiue disciples. Mais d'^utre^ prétei]kdent que cesi le même que sai^ Jude. Ses reliques sont peu connues. -— Voye» les articles Jude et Bernard.

THECLE , — vierge , née à Icône ^ convertie pgr saint Paul , et ]La première martyre du nom ^bjr^tien. EUe abandonna sa mère et Tépoux au«^ quel on Tavait fiancée pour suivre les apôtres. Cet époux irrité la fit prendre , et la livra aux juges qui la condamnèrent aux bêtes.

EUe parut toute nue dans Tamphithéâtre. Mais le^ lions vinrent lui lécher les pieds. On la condamna au feu qui ne la brûla point. Toutes leH peines du tyran ne purent lui faire mal ; et elle mourut de gabelle mort. Maison la dit martyre, à cause de ses supplices.

Elle fut enterrée à Séleucie ^ et il y a apparence qu^elle laissa plusieurs corps, car on en montre un à Milan , un second à Chamalières en Auvergne, un troisième à Chartres, un quatrième à Tar^ ragone , un neuvième bras à Prague ,<etbeauGOttp d'autres reliques ailleurs.

Ribadéneira dit que Pierre IV , roi d'Aràgon, ayant voulu prendre un champ qu'on avait dooné

(i) Le P. Giry , 18 mars , d^ns le Mari.

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au corps de sainte Thècle à Tarragone , pour Fentretien de ses prêtres , la sainte sortit de son tom-^ beau , et donna à ce prince impie un grand soufflet dont il mourut (i).

Ce soufflet devait en effet être un peu sec , car le corps de Tarragone n'avait d^à plus que les os sans la peau (2).

THÉODORE , — soldat et martyr à Hëraclée , au commencement du quatrième siècle. Son corps était à Héraclée ; mais il en avait un second dafts la ville de Venise , dont il fut le patron avant qu'on Teût remplacé par saint Marc. On prétendait qu'il y était venu de Constantinople.

Son troisième corps était à Brindes ^ on lui en compte un quatrième à Chartres ^ il avait une cinquième tète à l'abbaye de Molesme, une si:s:ième à Gaëte , et une foule de reliques à Rome , à Cologne , à Saint-Denis , à Cambrai , etc. On montrait son bouclier à Ronke , à Dalisande en Asie , et ailleurs.

THÉODORE, — martyr qui souffrit la mort sous Michel-le-Bègue, pour la défense du culte des images. Son corps était à Chalccdoine en Bithynîe* .

(1) Fleurs des uies des saints , ^3 septembi^e* (a) On donnait , daos les premiers siècles de Feglise , le nom de Thècles aux femmes courageuses. Comme on abuse de tout , on appelle maintenant Thècles , en Provence , les filles effrontées et méprisables.

THÉ i49

THÉODOSIE , — martyre de Cés^rée en Palestine, au quatrième siècle. Son corj^s est à Constantinople et à Moscou. Elle en avait un troisième à Tabbaye de Montiérender en Champagne , et divers demi-corps à Liège , à Bologne , en Es-« pagne et ailleurs.

THEODOTE , et les sept vierges d'AHCVRE. —

Au commencement du quatrième siècle.

(( Nilus , témoin oculaire à la vérité , mais qui est inconnu , et c'est grand dommage , assure que son ami saiiit.Théodote , cabaretier de son métier , faisait tous les miracl<es qu il voulait. C'était k lui de changer Teau en vin ; mais il aimait mieux guéri r les malades en les touchant du bout du doigt. Le cabaretier Théodote rencontra un curé de la ville d'Ancyre , dans un pré tout-à-fait propre & y bâtir une chapelle dans un temps de persécution. « Je le veux bien , dit le prêtre , mais il me faut des reliques. » — Qu à cela ne tienne , dit le saint , vous en aurez bientôt \ et voilà ma bague , que je vous donne en gage. » 11 était bien sûr de son fait ,' comme vous allez voir.

» On condamna bientôt sept vierges chrétiennes d'Ancyre, dç soixante et dix ans chacune , à être livrées aux brutales passions des jeunes gens de la, ville. La légende ne manque pas de remarquer quer ces demoiselles étaient très-ridées; et, ce qui est fort étonnant , c'est que ces jeunes gens ne leur iirent pas la moindre avance , à l'exception d'un :»eiil^ qui , ayant en sa personne de quoi négliger

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ce pointa f Tôuliit tancer raveuture , et s'en dégoûta bientôt. Le gouverneur , extrêmement ir^ rite que te$ sept vieilles n'eussent pas subi ht supplice qu'il leur destinait , les fit prêtresses de Diane ; ce que ces vierges chrétiennes acceptèrent sans difficulté. Elles furent nommées pour aller laver la statue de Diane dans le lac voisin ; elles étaient toutes nues ^ car c'était sâtis doute Tusage que la chaste Diane ne fut jamais servie que par des filles nues, quoiqu'on n'approchât jamais d'elle qu'avec un grand voilé : deux chœurs de ménades et de bacchantes , armées de thjrses , {irécédaient le char, sçlon la remarque judicieuse de l'auteur^ qui prend ici Diane pour Bacchus ; mais , comme il a été témoin oculaire , il n'y a rien à dire.

)» Saint Théodote tremblait que ces sept vierges ne succombassent à quelques tentations : il était en prières , lorsque sa femme vint lui apprendre qu'on vetiait de jeter les sept vieilles dans le lac : il remercia Dieu d'avoir ainsi sauvé leur pudicitë . Le gouverneur fit faire une garde exacte autour du lac f pour empêcher les chrétiens , qui avaient coutume de marcher sur les eaux , de venir enlever leurs corps. Le saint cabareder était au désespoir : il allait d'église en église \ car tout était plein de belles églises pendant ces affreuses per» sécutions \ mais les païens rusés avaient bouché {putes les portes. Le cabaretier prit alors le parti d« dJDraair : l'une des vieilles lui apparut dans son premier sommeil ; c'était , ne vous déplaise, sainte Técuse , qui lui dit en propres mets: et Mon c1i»er

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Théodoit, souffrirez - vous que nos oorpt «oiMt jnasgés par les poissons ? »

)i Théodoie s'éveille ; il rësom de repêcher les Mtntes du fond du lac , au péril de sa vie. il ttAl tant qa an bout du trois jours , ayant d^mné ûiaex poisaons le temps de les manger , il ccmrt au Iftc par une nuit noire , aTec deuic braves chrëtienA*

».Un cavalier céleste se met à leur tète , portaint un ^rand flambeau devant eux , pour empêcher les gardes de les découvrir : le cavalier prMd "ifi lance » £md sur les gardes , les met en fmie ; «*étaity comme chacun sait , saint Sosiandre , ancien ami de Théodote , lequel avait été martyrisé dirais peu. Ce n'est pas tout ^ un orage violent mêlé de foudre etd'échiirs , et accompagné d'unis .pluie prodigieuse , avait mis le lac à sec. Les sept vieilles sont repêchées eVpromptement enterrées.

» Vous croyez bien que Tattentat de Théodote fut bientôt découvert ; le cavalier céleste ne piit Tempêcher d'être fouetté et appliqué à la question. Quand Thcodote eut été bien étrillé, îl cria aux chrétiens et aux idolâtres : « Voyez mes amis , dé quelles grâces notre Seigneur Jésus comble ses serviteurs ^ il les fait fouetter jusqu'à ce qu'ils n'aient plus de peau, et leur donne la force de supporter tout cela, s Enfin îl £at pendu.

» Son ami Frontoii le curé fit bien voir alors que le saint était cabaretier ; car , en ayant reçu précédemment quelques bouteilles d^excellent vin , il enivra les gardes et emporta le pendu^ lei^imI lui dit : «i Mottsienr le eni^ , je vous avais

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promis des reliques, je vous ai tenu parole (i).-» Nous ne saurions dire ce que sont devenues les reliques de saint Tliéodote et des sept vierges d*Âncyre. Elles se nommaient Técuse , Alexan- 4rîa, Phaïné , Claudia , Euphrasie , Matro^e et Julitte. Quelques voyageurs prétendent qu'on garde leurs corps à âalamine.

THÉRÈSE. — Sainte Thérèse naquit à Avila en Castille, dans l'année i5i5. Elle montra de bonne heure un esprit vif, une imagination ardente^ son coeur était formé pour les grandes passions.

Les Espagnols ne lisaient que des romans et des légendes. Les vies des saints tournèrent la tète de la jeune Thérèse ; elle voulut aller prêcher la foi aux Maures et mériter le martyjpe ; eUe débaucha un jeune frère qu elle avait , et à Tage de dix ans elle s'enfuit avec ce frère de la maison paternelle. Mais Thérèse était encore trop jeune pour propager la foi.

Un parent qui les rencontra ,

Commençant leur vojrage , Sans dire pourquoi les força

De rentrer au village ; Et leur père ayant entendu

Le projet de la belle , Fit évaporer par leur eu

La moitié de leur zèle (3).

(i) Voltaire, Examen important de mitord Bolinjghrohe ; Moonde partie , chap. tiS.

(3] -Complainte de sainte Thérèse, sur le vieil air de Jocx>nd«.

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Gomme elle ne put être martyre , elle se fit aimchorSle , et convertît en ermitage une grotte du jardin de son père.

Elle paya plus tard le tribut à Tamour , car elle était aussi sensible que belle \ et c'est avec justice que M. de Jouy l'appelle la plus aimable ^ies saintes. . .

La mort de son amant toucha fortement son cœur ; elle se fit pénitente , et les extases de la plus tendre piété succédèrent dans sou âmé aux ravissemens de Tamour.

Nous ne pouvons parler ici de la vie de sainte Thérèse , de ses travaux religieux , de ses ouvrages ; nous devons nous contenter de dire qu'elle ^ mourut . dans sa soixante-huitième année ; et qu'aussitôt après sa mort, son corps répandit une excellente odeur ; sa peau redevint fraîche ; deux religieuses furent guéries du mal de tète , pour avoir baisé ses pieds.

Un an après , on lui coupa la main gauche pour l'emporter à Lisbonne. Son corps , qui sua longtemps une huile miraculeuse , resta au mo&astèrs d'Alve; mais on.domia les doigts de sa main droite à diverses personnes.

Six ans après sa^mort, le corps de sainte Thérèse, ainsi .estropié , mais toujours entier et frais , était exposé debout à la vénération publique. Il se dessécha par la suite sans se corrompre.

TT

Dans les trois animaux philosophes p chap. y, dea J^oyagcs de Cours de saint Corbiniatfi,

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Le5 airme« décbAa5sés de Bome obtinrent y ci» i6i5) un de ses pieds ^i sue eontintidlemem une huile sainte, aveé laquelle on procure dvyerses guérisons»

Sainte Thérèse est h. patnme de TEspagoe^ Tôuies ses reliques font des miracles» et se» cœur, que les Espagnols conservent avec vinéeÉ^ lion y T&»à la santé aux malades et la piété aux tièdes»

Le père Hcxioté de Sainte*Marie (i) mppona même des prodiges opérés par un coMir de Caifetsav feit. à là ressemblance du cœur de sainte Thérèse.

Comme cette sainte était jésuitessé , la société de Jésus s'en empara et la mit dans ses églises. Ses images flont tontes séduisantes ^ le ubleau de rex-tase de sainte Thérèse « dans la grande église des jésuites de Rome , est ^ku6t fait pour inspirer des idées de concupiscence , que des seutimens de piété.

• THIBÉE. — On vénérait au bourg de Grand ^ dans le tliocèse de Toul , le tombeau de saint Thl^ bée, seigneur du heu, décapité^ conimo disent Ito bonnes gens 4 par Julien FApostat. Ce tombeau était visité par une grande afiluence de pèlerins , parce que le saint avait la réputation de guérir pai^ ticulièremem les maladies incurables (m); U laia>-

(1) Cite par Godescafd , 3 mai. Notes.

(a) Baugier , Mémoires sur Itt Champagne , t. I, p. Î5<i.

THO îâS

sâii le resie aux médecins , à qui û n« Toulait ^as foire wrt.

THlOU^-^iOïbé de Saîiàt-Thierrj de Reims, M dixième siècle. Son cprp$ était dans son obi^e , qnoiquon en momràt mi douille à TriTBt.

THOMAS i — >- ap6(i€ , «umo&uné Vinaréàaby parce quVvant d'être habitue aux miracles^ il tt^ youlait croire que ceux qu^il avait (ouchés du bout du doigt. Les légendaires raconlenl iptaj^ès qu'il eut reçu le Saint-Esprit , il aUn en Orient ^ baji-» tiaa les trois rois mages , et les emmena prêcher avec lui. On dit encore qu'il catéchisa le roi 4àb->gare ; et les anciens historiens prétendent qu'il mourut paisiblement à Edessé ; car on ne.disait pas dans les premiers siècles qu'il eût souJBfert le martyre. >

Mais, par U suite, les auteurs de légendes ayant voulu donner à tous les apôtres une mort vio* iente , changèrent l'histoire de «aint Thomas , qui d'ailleurs n'avait déjà rien de certain. On Vm^ voya pi»rter TEvangile chea les.Parthes , les Mé* ' des, les Perses, les HîrcaQiens, aux bords du Gange et ailleurs. Quelques docteurs avancent même que saint Thomas alla sous le pôle arctique^ et qu'on y trouve des églises dédiées sous son nom. On demande à ces docteurs chez quels Toyngeurs ils ont pris leurs documens (i).

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