‹ Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs & graveurs de tous les temps et de tous les paysChapitre 1 sur 271 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

L’encyclopédie artistique que nous offrons au public nous paraît combler une lacune et répondre à un sérieux besoin.

Les excellents ouvrages du même genre tels que le dictionnaire de Siret, celui de Bellier de la Chavignerie et Auvray datent de plus de vingt ans et sont devenus très rares ; la dernière édition du Bryan dictionary ne s’occupe que des artistes décédés et, systématiquement, se consacre à une catégorie relativement peu nombreuse de ceux-ci.

D’autres ne traitent que des artistes d’une seule nationalité ou bien encore ne paraissent devoir être terminés que dans un certain nombre d’années.

Nous avons cherché à réunir dans notre ouvrage la quintessence des connaissances artistiques acquises à l’heure actuelle en France et à l’Etranger.

La tâche était ardue et aucun effort ne nous a arrêtés pour la remplir aussi complètement que possible.

Par la bibliographie que nous donnons plus loin, aussi bien pour acquitter notre dette de reconnaissance envers nos éminents devanciers que comme une source précieuse d’information pour les travailleurs, on jugera de l’énorme travail qui nous était imposé.

Nous n’espérons pas, dans un domaine aussi vaste que celui de l’Art pris depuis ses premières manifestations et s’étendant jusqu’aux expositions et aux ventes publiques les plus récentes, n’avoir pas fait d’omissions ni commis d’erreurs ; nous espérons, cependant, que, dans un temps relativement prochain, il pourra être remédié à bon nombre des unes et des autres.

L’importance pour le public d’être tenu au courant des prix des ventes publiques des grands marchés mondiaux nous a suggéré le projet de suppléments, que nous nous proposons de faire paraître si l’idée est agréée par nos lecteurs. 11 nous sera possible d’y insérer le résultat de la continuation de nos travaux; nous espérons aussi que nos lecteurs voudront bien nous signaler les défectuosités qu’ils pourront constater au cours de leurs lectures ; leurs avis seront reçus avec reconnaissance, et nous nous efforcerons d’en tirer tout le parti possible pour l’amélioration de notre œuvre.

11 nous a paru essentiel de nous attacher tout particulièrement au côté documentaire, estimant que nous ne pouvions mieux répondre aux désirs des amateurs qu’en multipliant les éléments d’authentification des œuvres d’art. Nous avons dans ce but poussé à l’extrême l’inscription des noms d’artistes, même ceux les moins connus. Pour ces derniers, les répertoires artistiques existants ne pouvaient nous être que d’une utilité très relative ; nous y avons obvié par le dépouillement des catalogues des musées de France et de l’étranger, par ceux des expositions de tous les pays, par les catalogues de ventes publiques, par les registres d’inscription des grandes écoles d’art, etc., etc.

Nous nous sommes attachés à mettre en lumière avec soin les homonymes d’artistes célèbres; notre effort s’est porté également sur les disciples des grands

maîtres, satellites d’ordre secondaire dont les productions ou les copies sont trop souvent attribuées dans le commerce des objets d’art aux personnalités dans le rayonnement desquelles ils ont évolué.

Dans le même ordre d’idées, nous avons cru devoir nous attacher aux artistes de certaines écoles jusqu’ici injustement négligées, à notre avis. Les artistes anglais, dont les productions sont plus appréciées à mesure que le public français les connaît davantage ; les Espagnols, qui par la puissance de leur technique, par l’intensité de leur réalisme peuvent être considérés comme les précurseurs d’une partie — et non la moins intéressante — de l’école moderiie ; les Américains, si intimement liés par leurs études à l’Art français ; les Scandinaves sont de ce nombre. On trouvera sur eux des renseignements que l’on chercherait vainement dans tout autre ouvrage français.

Nous n’avons pas attaché une importance moindre aux peintres, graveurs, sculpteurs et dessinateurs parisiens et provinciaux encore mal connus du grand public. Nous croyons que grâce aux études particulières déjà publiées et dont on trouvera le détail dans notre bibliographie, grâce aussi à la documentation que nous ont'fournie les Archives de V Art français, le Bulletin des Sociétés des Beaux- Arts des départements, les monographies qu’il nous a été possible de réunir, les registres des'élèves de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture, utilisés pour la première fois dans un répertoire artistique, grâce enfin à nos recherches personnelles, nous apportons sur cette catégorie d’artistes des éléments d’information d’un sérieux intérêt.

Notre tâche a été considérablement simplifiée pour les écoles Flamande, Hollandaise et Suisse par les remarquables travaux du D*' Von Wurtzbach pour les deux premières et ceux, non moins consciencieux, du D*' Cari Brun, sur les artistes suisses.

Nous avons précisé autant que possible les dates, les lieux de naissance, ceux où les artistes ontétudiéet travaillé. Dans les cas douteux, nous avons usé du point i d’interrogation. I

Affirmant encore le caractère encyclopédique qui nous paraît inséparable d’un ^ ouvrage du genre du nôtre, nous avons consacré une notice aux principaux musées ; et établissements d’art de France et de l’étranger; il nous a paru indispensable d’y | adjoindre l’histoire des grandes écoles artistiques, des foyers d’art où s’est pratiqué avec le plus de ferveur le culte du Beau.

Nous espérons aussi qu’on appréciera le soin apporté par nous dans le choix ‘ et la reproduction des monogrammes d’artistes connus ou non encore identifiés ainsi que dans la reproduction des signatures. On trouverait difficilement, ■ croyons-nous, un ensemble aussi complet, même dans les ouvrages spéciaux.

Diverses observations nous ont été soumises au cours de nos travaux relativement à l’ordre alphabétique ainsi qu’à la désignation de certains artistes anciens connus indifféremment sous leurs prénoms, leurs surnoms, leurs noms patronymiques.

Après une étude minutieuse de ces questions, il nous a semblé préférable pour un ouvrage de travail destiné surtout à fournir rapidement les renseignements cherchés, d’appliquer les règles les plus simples.

Nous avons classé les noms et prénoms dans l’ordre parfait, sans tenir compte des rpialités, des surnoms, sauf pour ceux non précédés de la mention dit \ par i exemple, Pierue l’Entaillecr, Adam le Gigue, les qualifications nous ayant paru, dans cc cas, tenir lieu de prénoms, etc.; les noms composés, après les homonymes de leur premier nom. Nous avons placé les particules de, von, van après les noms

— vu —

auxquels elles se rapportent, conformément au Manuel du Bibliothécaire \ d’après les mêmes règles, nous avons laissé à la lettre L les noms précédés des articles Le et La. Pour la désignation des artistes, nous nous sommes conformés à celle généralement adoptée dans les catalogues des grands musées mondiaux, indiquant par des renvois les autres appellations.

Au moment de livrer notre ouvrage à l’appréciation du public, nous avons le devoir, tâche pour nous des plus agréables, d’exprimer nos plus vifs remerciements aux amis connus et inconnus, à nos collaborateurs qui nous ont apporté l’autorité de leur nom, de leur savoir, de leur talent, aux bonnes volontés de toutes sortes qui, avec un inlassable dévouement, se sont groupées autour de nous pour nous aider à mener notre œuvre à bonne fin.

Une part notable de cette reconnaissance revient aussi à Messieurs les conservateurs des Musées de France et de l’étranger, particulièrement ceux ne disposant pas encore de catalogues imprimés et qui ont bien voulu nous fournir la nomenclature manuscrite des trésors artistiques confiés à leur garde ; à Messieurs les directeurs des Académies et des grandes écoles d’art dont les renseignements nous ont été si précieux. En adressant notre tribut de reconnaissance à M. Simu, nous tenons essentiellement à y joindre le témoignage de notre admiration pour sa magnifique création de musée public à Bucarest.

Merci à nos illustrateurs ; à M. Leris-Gambetta qui, spécialement pour cet ouvrage, a reproduit en véritable maître les chefs-d’œuvre de nos grands musées; à MM. Alinari frères qui nous ont gracieusement permis de puiser dans les trésors de l’art italien. Merci encore aux photographes, photograveurs et particulièrement à M. Dumoulin qui par l’impression de nos gravures nous a permis d’offrir à nos lecteurs, dans toute leur beauté, un choix de reproductions de chefs-d’œuvre qui, nous l’espérons, leur paraîtra digne de leur attention.

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