HACHE-SARMENTS
une machine à vapeur de 5 à 6 chevaux. La quantité de travail qu’il développe est très considérable ; on peut couper de 8000 à 9000 kilogrammes de tiges de maïs par heure. Une journée suffit pour hacher et ensiler le produit d’un hectare, si, par ailleurs, la coupe et le transport de la récolte au hache-maïs s’opèrent régulièrement. H. S.
HACHE-SARMENTS (mécanique). — Instrument imaginé par M. Eug. Raspail, agriculteur à Gigondas (Vaucluse), pour couper sur place en morceaux les sarments de Vigne dont on se sert comme engrais. Cet instrument consiste en une brouette A (fig. 80) à pieds élargis à leur base pour ne pas enfoncer dans le sol; cette brouctte porte du côté des manches un couperet B de 40 centimètres, ‘composé d’une plaque en tôle et d’une forte lame en acier, maintenu entre deux coulisses verticales en fer ; on l'élève et on l’abaisse au moyen d’un levier C dont le point d'appui est fixé sur une des coulisses. Le mouvement vertical alternatif du -couperet est réglé par une troisième coulisse D dans laquelle passe la tige qui relie le levier au couperet. À la partie inférieure du bâti, une contrelame en acier constitue, avec le couperet, une paire de cisailles très énergiques. La lame du couperet est oblique, pour agir successivement sur toute
sa longueur. Pendant qu’un enfant pousse une:
brassée de sarments sur le fond de la brouette, ‘un homme les coupe à la longueur voulue. Avec cet appareil, on peut débiter par jour de 1600 à 1700 kilogrammes de sarments, ce qui représente Ja production moyenne d’un hectare de Vigne. Le même instrument peut servir à couper les roseaux de marais et les branches d’arbre que l’on emploie comme litière ou comme engrais. Toutefois, le maniement en est assez fatigant. H. S.
HACHETTE (biographie). — Jean-Nicolas-Pierre Hachette, né à Mézières (Ardennes) en 1769, mort -en 1834, géomètre français, s’est beaucoup occupé -des applications de la mécanique et de la science des machines. Il fut membre de la Société natiomale d'agriculture. Parmi ses principaux travaux ‘qui se rapportent à l’agriculture, il faut citer des “écrits sur les charrues et sur les machines hydrau- Jiques. HS
HACK (200technie). — Nom anglais du cheval de -selle pour le luxe, de la monture de parade. Il dérive évidemment du vieux mot français haquenée, -que les lexicographes font venir d’equus.
Ce nom est employé chez nous, comme beaucoup -d’autres termes anglais, dans le langage du turf ou -champ de course, encore appelé hippodrome. Il -s’applique à une sorte de course, de catégorie infé- ‘rieure, désignée par l’expresion de poule des hacks, et qui diffère des autres courses plates en ce que les chevaux qui y prennent part doivent n’avoir pas été préparés par un entrainement spécial, n'avoir point passé, comme on dit, par une écurie d'entrainement. Dans l'esprit de l'institution, il s’agit de chevaux de selle ordinaires, non de chevaux élevés exclusivement en vue des courses.
Dans la langue anglaise, le hack n’est ni un cheval de chasse (Hunter) ni un cheval de route ou “de voyage (Roadster). Comme cela a été dit plus bhaut, c’est le cheval que monte le gentleman quand Al n’a pas d'autre but que celui de faire de l’équitation pour son plaisir ou pour sa santé. Le terme “exprime donc plutôt une spécialité d'emploi qu'une sorte particulière de chevaux, bien que la visée, con- ‘formément aux coutumes anglaises, soit de spécia- Jiser l'aptitude du hack en lui donnant des formes propres, considérées comme élégantes. A. S.
HAENTIENS (biographie). — Charles Haentjens, né à Nantes en 1790, mort en 1836, négociant et -agronome, a été le premier organisateur de la ferme-modèle de Grandjouan, sur laquelle M. Riefel a créé l’école d’agriculture du même nom. Ch. Haentjens devint, en 1822, acquéreur de 500 hec-
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tares de landes dites de Grand-Jouan, près de Nozay (Loire-Inférieure), et il y commença les travaux d'amélioration poursuivis quelques années plus tard par M. Rieffel. 45:
HAHA. — Nom donné aux ouvertures pratiquées dans le mur d’un jardin, avec un fossé en dehors, afin de laisser la vue libre et d’accroitre les perspectives.
HAIE. — Clôture qui limite un champ ou une prairie ou qui sépare deux héritages contigus. Les haies sont de deux sortes : sèches ou vives.
Haies sèches. — On donne le nom de haies sèches aux clôtures ou palissades faites avec des pieux, des branchages, des treillages, des échalas ou des roseaux. Ces haies sont souvent désignées sous les noms de haies mortes ou halliers.
Les haies sèches faites avec des branchages présentent une résistance que ne possèdent pas les clôtures en treillages en usage le long des voies ferrées (voy. TREILLAGES). Ces clôtures se font pendant l'automne ou l'hiver avec des pousses demisèches de Chêne, de Châtaignier, de Saule ou d’Aune de quatre à cinq ans. Ces branches ont la flexibilité nécessaire pour se prêter à toutes les dispositions voulues. Sur la ligne que la haie doit occuper, on
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Fig. 81. — Haie sèche en clayonnage. |
implante solidement des échalas ou pieux espacés de 50 à 65 centimètres, puis on les entrelace avec les branchages précités et qui ont de 2 à 3 mètres de longueur, en ayant soin que les parties inféricures de ces ramilles, c’est-à-dire les gros bouts, forment le couronnement de la haïe et que les parties supérieures ou branchages garnissent la partie inférieure. Deux ouvriers sont nécessaires pour que ce clayonnage soit bien exécuté.
Lorsqu'on emploie l’Epine noire ou l’Epine blanche pour établir une haie sèche, on implante d’abord des pieux de Chêne ou d’Acacia en les espaçant de 17,50 à 2 mètres. Cette première opération terminée, on consolide ces échalas à l’aide de trois lignes de gaulettes placées horizontalement ; l’une détermine la hauteur de la palissade, la seconde occupe la partie médiane et la troisième est située un peu au-dessus du sol. Quand cette sorte de charpente a été établie, on ouvre une petite rigole dans toute la longueur de la haie ; puis on y dresse des branchages d’épines que l’on fixe contre la charpente à l’aide de trois autres lignes de treillages horizontaux et de harts de Saule ou de Chêne. On termine la haie en buttant la base des Epines.
Dans les contrés où les essences forestières sont d’une réussite douteuse, on remplace souvent les haies vives par des pierres plates schisteuses ou calcaires appelées palis. Ces pierres, d’une hauteur variable, sont consolidées dans leurs parties supérieures par des ramilles entrelacées ou à l’aide de deux traverses placées sur les deux faces des pierres et reliées les unes aux autres par des chevilles en bois ou des boulons à écrous.
Dans le midi de la France, où le Roseau canne (Arundo donax) est très répandu, on se sert souvent des tiges de cette plante pour faire des palis-
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sades sèches qui servent à la fois de clôture et d’abri contre les vents. Les tiges utilisées dans cette circonstance ont, en moyenne, 1,50 à 2 mètres de longueur. On les plante verticalement les unes à côté des autres dans une petite rigole et on les consolide sur les deux faces à l’aide de traverses horizontales reliées les unes aux autres par des liens d'Osier. Ces haies sèches convenablement établies durent plusieurs années.
Les haïes sèches sont économiques, mais elles ne sont véritablement utiles que lorsqu'on veut clore promptement un terrain ou diviser une prairie ou un herbage. Nonobstant, il est très important de bien choisir le bois qu’on doit employer ; les bois blancs ont peu de durée parce qu'ils deviennent très cassants en se séchant. Souvent les haies sèches sont très utiles pour garantir temporairement une jeune haie vive contre la dent du bétail.
Haies vives. — Les haies vives sont formées d’arbustes ou arbrisseaux en végétation. On les divise en quatre classes, savoir : 1° les haies défensives ; 2° les haies d'agrément ; 3° Les haies d’abri ou palissades ; 4° les haies fruitières.
Les haies défensives sont établies soit avec des essences à feuilles caduques, soit avec des essences à feuilles persistantes. Les premières sont tantôt épineuses ou défensives, tantôt non épineuses ou forestières. Les secondes présentent aussi les mêmes divisions.
Les essences épineuses à feuilles caduques sont les suivantes : Aubépine, Prunellier ou Epine noire, Epine-vinctte, Paliure, Acacia, Buisson ardent, Nerprun, Févier, Grenadier, Maclure, Rosier pimprenelle, Rosier très épineux.
Les essences non épineuses à feuilles caduques sont assez nombreuses. En voici les principales : Chêne, Châtaignier, Erable champêtre, Erable de Montpellier, Frêne, Orme, Noisetier, Bourdaine, Saules, Fusain, Charme, Sainte-Lucie, Amélanchier, Micocoulier, Cotoneaster, Troëne commun, Olivier de Bohême.
Les essences épineuses à feuilles persistantes sont les suivantes : Houx, Ajonc marin, Smilax, Chêne kermès, Chêne vert, Genévrier commun, Lyciet, Argousier.
Les essences non épineuses à feuilles persistantes sont peu nombreuses : Genêt d'Espagne, Alaterne, Epicea, Buis, Filaria à large feuille, Olivier sauvage, Lentisque, Atriplex.
Les haies d'agrément sont celles qu’on fait naître dans le but de clore un jardin, de masquer une muraille, de diviser un parc. On choisit surtout les essences qui se distinguent par la beauté de leurs fleurs ou de leur feuillage, notamment : Lilas, Troëne du Japon, Syringa, Spirée à feuilles de prunier, Coronille des jardins, Baguenaudier, Aliboufier, Tamaris, Gattilier, Faux ébénier, Myrte commun, Laurier franc, Laurier de Portugal, Laurieramande, Laurier-tin, Laurier-rose, Bambou, Roseaucanne.
Les haies d’abri ou palissades diffèrent des haies précédentes par leur élévation et leur faible épaisseur. Elles sont destinées à protéger des terrains, ou des cultures, ou des plantes mises en terre de Bruyère contre le soleil ou les vents violents. Ces haies spéciales sont communes dans les pépinières, la vallée du Rhône, le bas Languedoc et la basse Provence. Les unes sont toujours vertes, les autres perdent leurs feuilles pendant l'automne.
Les palissades toujours vertes sont formées avec le Thuya occidental, l'Epicéa, l’If, le Cyprès pyramidal, le Genévrier commun, le Lierre, le Chèvrefeuille toujours vert.
Les palissades a feuilles caduques sont formées avec les plantes grimpantes suivantes : Vigne vierge, Chèvrefeuille, Aristoloche, Houblon, Bignone grimpante, Clématite à grande fleur. Toutes ces plantes
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grimpantes, ainsi que le Lierre et le Chèvrefeuille, doivent être soutenues par une charpente verticale légère, mais très solide; elles forment souvent des palissades très décoratives par leur beau feuillage et l’abondance de leurs fleurs.
Les haies fruitières n’existent que dans les régions du Sud et du Sud-Ouest. Elles se composent de l’Amandier commun, du Mürier blanc, de l’Arbousier, du Grenadier et du Citronnier.
Terrains et régions. — Les plantes précitées ne végètent pas toutes dans les mêmes sols et les mêmes contrées. Aussi est-il utile d'indiquer les espèces qui conviennent le mieux aux régions et aux terrains :
1° Région septentrionale. — Sol argileux : Aubépine, Erable champêtre, Charme, Chêne, Orme, Noisetier, Saule, Troëne. — Sol siliceux : Aubépine, Prunellier, Charme, Châtaignier, Bourdaine, Orme, Acacia, Févier, Epicea. — Sol calcaire : Prunellier, Epine-vinette, Cerisier, Sainte-Lucie, Orme, Saule marceau, Genévrier, Cytise.
2? Région méridionale. — Sol argileux : Aubépine, Erable de Montpellier, Olivier de Bohême, Paliure, Grenadier, Olivier sauvage, Micocoulier, Buisson ardent, Argousier, Roseau-canne. — Sol siliceux : Aubépine, Prunellier, Grenadier, Olivier de Bohême, Argousier, Erable de Montpellier, Paliure, Acacia, Maclura, Févier, Arbousier. — Sol calcaire Aubépine, Amandier, Chêne kermès, Chêne vert, Argousier, Buis, Prunellier, Paliure, Genêt d’Espagne, Alaterne, Térébinthe, Lentisque, Smilax, Genêt hérissé.
3° Région de l'Ouest. — Ajonc marin, Houx, Arbousier.
4 Région maritime. — Tamarix, Atriplex, Argousier. On utilise souvent, sur les rives de la Méditerranée, le Caclus opuntia et l'Agave americana ; ces plantes y forment, comme en Afrique, des haies impénétrables.
Plantation. — C'est en automne qu’on opère la plantation pour les haies. L'époque la plus tardive est le mois de février. La plupart des essences propres à former des haies commencent à végéter au plus tard au commencement de mars. Les plants doivent avoir de deux à trois ans; plus âgés, ils sont d’une reprise moins certaine.
Les haies sont dites haies simples quand elles se composent d’une seule essence ; elles sont appelées haies composées lorsqu'elles sont formées de diverses espèces de végétaux épineux ou non épineux. Les haies qu’on se propose de tailler tous les ans doivent se composer d’une seule espèce bien appropriée au terrain et au climat. Les essences qui se taillent le mieux sont l’Aubépine, l'Epicéa, le Grenadier, le Troëne et l’Atriplex. Plusieurs essences se dégarnissent du pied, comme le Prunellier, le Troëne, etc.; d’autres ont le grave inconvénient d’être très traçantes quand elles ont été une fois recepées, comme l’Argousier, l’Acacia, l’Epine noire, etc.
Les haies vives sont désignées sous des noms divers, selon la manière dont elles ont été créées. La haie est simple quand l'essence choisie a été plantée sur une seule ligne; elle est appelée double lorsqu'elle se compose de deux rangées de plantes. On la désigne sous le nom de haie forestière quand elle comprend du Chêne, ou de l’Erable, ou de l’'Orme, etc., et qu’elle est dominée çà et là par des arbres de plein vent. On lui donne le nom de haie composée quand elle est formée de diverses essences : Aubépine, Houx, Erable, etc.
La mise en place des plants doit être faite sur un bon labour à la bêche ou à la pioche. La partie ainsi divisée doit avoir au minimum 0,60 de largeur. Les plants sont placés verticalement et espacés de 0,16 à 0,25 les uns des autres. Pendant l'été et durant les deux années qui suivent leur mise en place, on opère les binages nécessaires pour que le sol soit toujours propre et meuble.
Lorsqu'une haie vive doit dominer la douve d'un
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fossé, on place le plant horizontalement sur le sol, en ayant soin que son collet excède de quelques centimètres le talus de l’ados qu’on doit élever en creusant le fossé. Le plant se trouve ainsi entre deux couches de bonne terre.
C’est à la deuxième, quelquefois seulement à la troisième année qu’on procède au recépage des plants, opération qui a pour but de rendre la jeune haie plus touffue. L’Aubépine, l’Erable, le Chêne, l’Orme, le Noisetier, le Grenadier, le Micocoulier, l’Acacia, ete., se prêtent très bien à cette opération. Dans les circonstances ordinaires, on ne rabat pas les jeunes plants de Houx, de Chêne vert, etc., ni ceux des essences résineuses. Le recépage d’une jeune haie doit être exécuté en février ou au commencement de mars, à 10 centimètres environ du sol.
Dans quelques contrées et principalement en Normandie, on eroise les pousses des haies simples pendant deux ou trois années consécutives, dans le but de donner à la haie une très grande solidité. Ces pousses, en se croisant à droite et à