zuiucn. — Landes Muséum
Bibl. — Calalog der Sanunlungen der antiquarischen Gesellschalt, Zurich, 189U, n. 4046.
H. Leclercq.
Q. — La plus ancienne forme de la lettre Q est d'origine grecque l; elle se ramène à un cercle pourvu, à droite, d'un bourgeon à peine indiqué z, mais dès le début du Ier siècle, ce bourgeon s'allonge et s'assouplit en forme de courbe 3 dont nous avons des exemples non seulement à Rome, mais en Afrique * et en Espagne 5, à Néris en Gaule 6 et à Pouzzoles en Italie 7. On ne rencontre que rarement et tardivement la queue à gauche; à Sétif, au vie siècle 8; tout aussi rare est la queue rentrée à l'intérieur, ce qui ne se voit guère qu'en Gaule du vc au vne siècle ".
Les trois formes suivantes sont rares, mais non exceptionnelles :
La première forme est cursive, on la rencontre à Rome, en 244 ,0.
La deuxième forme se rapproche de l'onciale, elle se montre sur plusieurs inscriptions chrétiennes du ive siècle, à Rome11; au vie siècle, en Afrique12, en Grande-Bretagne u et en Gaule 14.
La troisième forme a été relevée sur quelques inscriptions chrétiennes d'Espagne ,6.
H. Leclekcq.
QALB-LOUZÉ. — "Voici la description qu'a donnée de cette église Melchior de Vogué, en 1865 :
« Monument du plus grand intérêt et d'une remarquable conservation ; il ne manque que le mur extérieur du bas côté nord et une partie de la façade occidentale, encore ces lacunes peuvent-elles être remplies avec une exactitude mathématique : il suffit de prolonger les lignes interrompues pour reconstruire par la pensée, jusque dans ses plus petits détails, le monument tel qu'il existait au vie siècle de notre ère. C'est la date que nous lui avons assignée par la comparaison de son style avec celui des monuments datés dont il est entouré [et que nos descriptions d'églises syriennes dans le Dictionnaire ont fait connaître].
" L'église a extérieurement 54 pieds de largeur totale sur 114 pieds de longueur. Elle comprend un pronaos ou narthex P, flanqué de tours D, puis une nef de 84 pieds de long, sur 25 de large, avec deux bas côtés de 12 pieds 1/2, piliers compris, et une abside de 10 pieds de rayon intérieur. La nef est portée non par des colonnes, mais par de gros piliers reliés par de larges arcades; un second ordre formé de colonnettes portées par des corbeaux décore l'étage supérieur; chacun de ces couples de colonnettes portait une des fermes de la charpente (flg. 10580).
« Le chœur, surélevé de près de 3 pieds au-dessus du sol de la nef, s'étend au delà de l'abside, jusqu'à une
1 Ritschl, Opuscula, t. iv, p. 530, 719; Bull. delV Istit. di corrisp. archeol., 1882, p. 72. — * E. Huebner, Exempla script, epigr. lat., 1885, n. 2, 23, 43, 155, 866. — » Id., ibid., n. 9, 36, 73, 118, 347, 387, 393. — « Corp. inscr. lat., t. vm, n. 6965, 6981, 7030. — 5 Ibid., t. n, n. 1064, etc. — • A. de Caumont, dans Bull, monum., 1871, p. 600. — ' Corp. inscr. /a(.,t.x, n. 1690, 1691. — « Ibid., t. vin.n. 8483; E. Huebner, op. cit., n. 795. — 8 E. Le Blant, Manuel d'épigraphie
ligne aa, autrefois fermée par un chancel ou balustrade dont l'encastrement se voit encore dans les murs latéraux. Cette barrière n'avait que 3 pieds d'élévation. On remarque en outre les traces d'une iconostase qui montait jusqu'à l'ordre supérieur, mais qui a été exécutée après coup et ne paraît pas avoir fait partie du plan primitif. Une porte b, située en dedans de la barrière, et au niveau de l'abside, mettait le chœur en communication directe avec le diaconicum c, dont l'accès se trouvait ainsi réservé aux seuls membres du clergé. Une autre porte, au niveau du sol de l'église, conduisait les clercs dans le gazophylacium, ou prothesis B, auquel la foule avait accès par une large arcade ouverte au fond du bas côté sud, pour venir y déposer ses offrandes. La différence de niveau des deux portes accuse, non moins clairement que la description des entrées, la différence de destination des deux annexes latérales du chœur. Des crédences ménagées dans l'épaisseur du mur de l'abside servaient à poser les objets du culte. D'autres crédences sont pratiquées dans l'épaisseur des piliers de la nef. Deux chambres ménagées au-dessus du diaconicum et de la prothesis, complètent le système des dépendances ou pièces destinées au service intérieur du sanctuaire.
« Les bas côtés sont couverts en dalles de pierre dont les joints sont à recouvrement et dont le bord extérieur, mouluré, constitue la corniche supérieure du monument. La nef était couverte en charpente; le comble a naturellement disparu, mais la place des colonnettes, la hauteur de l'encastrement qui les surmonte, l'inclinaison des pignons sont des données qui permettent d'en retrouver la disposition; on a essavé de rendre cet effet dans la vue restaurée (fig.*10580).
< L'ornementation est fort intéressante : plus riche que dans la plupart des autres églises, elle affecte des formes qui tendent vers les pratiques byzantines; les éléments empruntés à la décoration antique sont mêlés à des croix et à des symboles chrétiens; la grande archivolte de l'abside est d'un bel effet; la colonnette qui, dans chaque angle, reçoit la retombée du dernier rang de moulures a un chapiteau réticulé en forme de corbeille, d'un aspect tout à fait byzantin; la console qui supporte cette colonnette porte en-dessous la figure d'un bœuf sculpté en très bas relief, c'est sans doute l'animal symbolique de l'évangéliste saint Luc.
« On sait combien les représentations de la nature vivante sont rares dans la sculpture ecclésiastique des églises orientales. L'église de Qalb-Louzé, à ce point de vue, possède un détail fort curieux : sur le linteau de la première porte latérale, se trouvent deux bustes
chrétienne, 1869, p. 42. — ,0 Corp. inscr. lat., t. VI, n. U2; E. Huebner, op. cit., n. 505. — " De Rossi, Inscr. christ, urh. Roma1, t. i, n. 38, 879; Roma sntterr., t. I, pi. xix, n. 4. — 12 Corp. inscr. lat., t. vin, n. 2245; E. Huebner, op. cit., n. 796. — '* E. Huebner, Inscr. Brit. christ., pnef., p. xx. — 14 E. Le Blant, Manuel d'épigraphie chrétienne, in-12, Paris, 1869, p. 41. — " Y.. Huebner, Inscriptiones Ilispaniœ chrislianee, n. 33, 142, 165.
QALR-LOUZE
d'hommes, malheureusement martelés; au-dessus de la tête sont gravés les deux noms :
MIXAHA
TABPIHA
Ces deux hustes offraient donc la figure des deux archanges : placés au-dessus de l'entrée ils semblaient veiller à la garde du sanctuaire.
Les portes latérales étaient précédées de porches qui ont disparu, laissant sur la surface du mur les traces de leur présence; les uns étaient en bois, couverts d'un toit à double égout; les autres étaient en pierre et formés d'une voûte en berceau.
« Le narthex qui précède la porte principale est d'un grand effet et la large arcade qui lui donne accès est
piteau et cette base intermédiaires, devenus inutiles» disparaissent ou soient remplacés par un simple anneau, que la longue colonne ainsi obtenue se rapproche de sa voisine, que les corbeaux de la corniche se serrent et se découpent, l'abside romane de France, ou des bords du Rhin apparaît et sa filiation s'établit.
« Prenons un exemple, c'est la nef de l'église de Silvacanne (Bouches-du-Rhône). Ce monument, comme plan, structure et style, appartient à l'école romane du Midi; il a été bâti vers 1195. La nef est supportée par trois larges arcades de chaque côté; elle est voûtée en berceau ogival; des arcs doubleaux, correspondant à chaque pilier, s'appuient sur des colonnettes qui reposent elles-mêmes sur des consoles en encorbelle-
10580. — Plan, élévation, coupe el restauration de la basilique île Qatb-Louzé. D'après de Vogue, Syrie centrale, Architecture, pi. cxxii-cxxvi.
d'un vigoureux caractère; un plafond de bois le recouvrait et formait terrasse entre les deux pavillons ou tours de la façade. Cette disposition est fort originale. Il est facile d'y reconnaître en germe la disposition des façades du Moyen Age occidental. Mais c'est à l'abside surtout qu'apparaît de la manière la plus évidente ce lien de parenté qui unit les églises de la Syrie centrale à celles de l'Occident. Extérieurement elle est décorée de deux ordres de colonnettes. directement superposées; la donnée est encore antique, quoique l'application en soit absolument nouvelle; l'architecte, doué d'un grand sens pratique, a supprimé les membres inutiles, les tranches d'architrave et de frise qu'un architecte romain n'eût pas manqué d'intercaler dans sa composition. Néanmoins, la colonne est restée la colonne antique, dans ses proportions, dans le rapport des deux ordres; mais, que le temps et la réflexion fassent litière de ces derniers scrupules, que ce cha-
înent. Si l'on compare cette disposition à celle de Qalb- Louzé, il est impossible de ne pas être frappé de leur ressemblance, au style près. L'architecte provençal n'a pris en Syrie qu'une idée. mais, cette idée, il l'a traduite selon ses propres habitudes, remplaçant le plafond de bois par la voûte, les grandes poutres par les doubleaux, l'ornementation du vi° siècle par celle du xir l. i
On rappellera encore la façade de l'église de l'ontorson avec laquelle celle de Qalb-Louzé offre une frappante analogie.
Nous axons donné un chrismon de Qalb-Louzé (voir Dictionn., t. m, col. 1503. fig. 2845-2847), une vue de la nef {ibid., t. m. col. 22S3. fig. 3142), une vue de
' M. de Voguét Syrie centrale. Architecture civile el religieuse tlu f" au Vif siècle. in-l°, l'a: is, 1S05, p. 133-137;
cf. p. 23-24, pi. cxxu-cxxix.
OALB-LOUZE
OOKONIEH
l'abside {ibid., t. ni, col. 2285, fig. 3144), et vue de la façade restaurée, ibid., t. n, col. 1499, fig. 1800.
H. Leclercq.
QENNAOUAT. — Syrie centrale. Voici la description qu'a donnée de cette basilique Melchior de Vogué en 1865 :
«Grand ensemble d'édifices comprenant des constructions de diverses époques et qui porte de nos jours le nom de serai, « le palais ».
« A, B, grande basilique du ive siècle, construite suivant la tradition romaine avec des propylées ou portique extérieur, un atrium A ou cour entourée d'une colonnade intérieure, puis la basilique proprement dite, disposée comme celles de Sainte-Agnès et de Saint-Laurent à Rome, avec un bas côté qui fait le tour complet de l'église (fig. 10581). Les colonnes posées sur des piédestaux portent des arcades en plein cintre directement appuyées sur le chapiteau, simple
« Quelque temps après la construction de la basilique, cet ensemble fut l'objet d'un remaniement complet. Une église D fut bâtie sur l'emplacement du temple antique suivant le système hauranite des arcs parallèles et des dalles; l'abside fut largement éclairée par une triple baie percée dans le mur de l'atrium et supportée par des colonnettes trapues et des chapiteaux à oves et à feuillages pris à un des temples de Qennaouât; en même temps la grande basilique fut transformée suivant le même système. On suppose qu'elle cessa d'être une église et devint une sorte de palais : les colonnes furent englobées dans les piliers des arcs parallèles, des murs percés de fenêtres fermèrent le chœur et l'abside. Un grand ensemble d'habitations, entouré par un mur d'enceinte, flanqué à l'angle nordest par une tour, fut accolé à l'édifice transformé.
« C'est au V siècle que ce remaniement fut effectué : la porte h de la petite église I) est d'un style qui con-
10581. — Plan des basiliques de Qennaouat. D'après de Vogué, Syrie centrale, pi. xix.
évasement rappelant grossièrement le dorique. Aux deux extrémités de la nef, ces colonnes soutenaient des galeries supérieures qu'un second ordre d'arcades mettait en communication visuelle avec l'intérieur de l'édifice. Les bas côtés latéraux ne supportaient pas de galeries; des trous encore visibles dans le mur du fond prouvent qu'ils étaient recouverts par un toit rampant en charpente. Un chœur, flanqué de deux sacristies, et une abside demi-circulaire complétaient la construction.
« La porte a est très ornée : les éléments qui la composent ont été pris à des monuments antiques.
« On a utilisé pour la construction de l'atrium le mur latéral d'un édifice antique dont il reste des fragments importants teintés de noir sur le plan : le pronaos G est assez bien conservé; il est porté par six colonnes, comprises entre deux antes e très proéminentes et percées de deux larges arcades; l'entre-colonnement du centre est beaucoup plus large que les autres et supportait une arcade, dont les sommiers existent encore et qui s'ouvrait dans le fronton suivant un système spécial à l'architecture romaine en Syrie; les autres colonnes portent, en guise d'architrave, de petits arcs surbaissés. Cet édifice se terminait par une sorte d'abside à trois niches, flanquée de salles obscures d'une destination difficile à déterminer.
vient à cette époque. La porte g de la même église est d'une exécution bien meilleure, une charmante branche de vigne délicatement sculptée dans la pierre orne son linteau; mais il est facile de voir que ce joli morceau de sculpture a été arraché à un monument antique : l'artiste chrétien s'est contenté d'y ajouter une croix aux dépens d'un des motifs de la composition primitive *. »
Nous avons donné une porte en pierre de Quennaouât (voir Dictionn., t. i, col. 1782, fig. 471) et un piédestal de colonne {ibid., t. ni, col. 2310, fig. 3164).
H. Leclercq.
QOLON1EH. — Village de Palestine près duquel on découvrit, en 1887, un hypogée chrétien décoré de peintures dans le style des catacombes. On y lit dans deux couronnes séparées, soutenues par des anges, les deux inscriptions suivantes qui paraissent ne faire qu'une seule phrase :
eiceeoc
KAIOXPICOC AYTOY
OÛCZH
MNHC0H BAPG0XIC
1 M. de Vogué, Syrie centrale. Architecture civile et religieuse du l" au VIW siècle, in-4°, Paris, 1865, p, 59-60, pi. xi.x, xx.
QOLONIEH QUARANTE MARTYRS DE SÉRASTE
Eïç (r)sbc xod ô Xpia(T)ôc aùxoù, wç Zfl [t-vriaQf, Râpcoxiç-
« Que le Dieu un et son Christ se souvienne de Raruch pour qu'il vive! »
L'hypogée a été refermé sans qu'il ait été possible de dessiner les peintures.
Bibl. — Palestine exploration fund. Quarterly Slatement, janvier 1887, p. 55; Ch. Clermont-Ganneau, Recueil d'archéologie orientale, t. i, p. 169; Germer- Durand, Épigraphie chrétienne de Palestine, dans jRévue biblique, t. il, 1893, p. 20<5.
H. Leclercq.
QUADRAGÉSIME. — Voir Dictionn., t. n, col. 2139-2158, au mot Carême. — Depuis cette étude de l'abbé Vacandard, nous devons signaler les écrits suivants de M. C. Callewaert, La durée et le caractère du carême ancien dans l'Église latine, in-12, Bruges, 1913-1920; Le carême à Milan au temps de saint Ambroise, dans Revue bénédictine, t. xxxn, 1920, p. 11-21 ; Le carême à Turin au Ve siècle, d'après saint Maxime, dans même revue, t. xxxn, 1920, p. 132-144. Disons en quelques mots que les anciens faisaient commencer le carême au 1er dimanche actuel et le conduisaient jusqu'au jeudi saint inclusivement. D'après ce calcul, le 1er dimanche se trouvait bien la quadragesima [dies] avant la Passion. Le carême ne se composait pas seulement des jours de jeûne, mais encore des dimanches, quoique ces jours-là on ne jeûnât point, mais ils servaient à faire l'appoint du chiffre de quarante jours. Au ive siècle, le carême romain devait être construit d'après ce modèle. Toutefois on n'en fut pas satisfait et, dès le milieu du ve siècle, on compléta les quarante jours de jeûne par le rattachement des deux jeûnes des mercredi et vendredi de la quinquagésime. La preuve certaine de cette combinaison ressort de la désignation des églises stationales et de la série des communions tirées des psaumes.
On conserve au British Muséum une cuiller d'argent avec ce mot QVADRAGISIM A '.
H. Leclercq.
QUADRAPULUS. - Le nom de l'étoffe dite quadrapulus, qui se lit à plusieurs reprises dans quelques notices du Liber pontiflealis des vme et ixe siècles, n'a pas encore trouvé d'étymologie satisfaisante. W.-E. Cruin s'appuyant sur un document copto-arabe du xe-xie siècle, propose d'y voir une transcription plus ou moins déformée de l'arabe qoulraboulhj, lequel dériverait d'un nom de ville indéterminée à chercher peut-être en Mésopotamie. Le mot rentrerait alors dans la famille assez nombreuse des noms d'étoffes désignées par leur provenance, tels que mousseline, calicot, cachemire 2.
H. Leclercq.
- Voir Dictionn., t. IV, col. 2656, flg. 4049; t. vi. col. 801, fig. 4929; col. 802, flg. 4930; col. 2140. lig. 5018; col. 2147-2150, flg. 5019-5622; col. 2405, flg. 5722, 5723; col. 2107. flg. 5725; col. 2408, fig. 5720; col. 2071, lig. 1019; t. ix. col. 611, fig. 7081.
QUADRISOMUS. — Voir Dictionn.. t. i, col. 153, fig. 1230; col. 91 1.