‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 216 sur 477 · GIO · texte numérisé non relu

GIO

diamètre : 0 m. 025x0 m. 03.

Iïibl. — Bull. arch. du Comité, 1906, p. ccxxviii. •i. L'épigraphie de Cartilage a déjà fait connaître3 :

+ MENA LECT • REG • QV

FIDELIS IN PACE VIXIT ANNOS' xxx«;ii DP ÎTJ jg i ND PRIMA Ji^

Le P. Sirmond ' avance que le sermon xxiv, De diversis de saint Augustin a fut prononcé in basilica Pauli regionis sextie, assertion gratuite; de même que celle de A. Toulotte 3 que les six régions « étaient ecclésiastiques en même temps que civiles. * » Les églises n'étaient pas réparties d'une manière uniforme entre les divers quartiers; la population chrétienne ne pouvait pas être égale dans tous, ni par conséquent les besoins spirituels identiques. Les évêques avaient dû profiter des circonstances favorables pour les établir un peu de toutes parts. Pourtant chaque région possédait au moins un lieu d'assemblée et de prière, faute de quoi le sectionnement n'aurait eu aucune raison d'être. Quand elle en renfermait plusieurs, l'un d'eux était l'église principale; c'est ainsi qu'on interprète les textes où il est question, par exemple, de Ici basilique de la IIe région, sans autre explication 5.

IV. A Constantixofle. — Voir Diclionn., t. ri, col. 1384-1393.

H. Leclercq.

RÈGLE. — Nous avons déjà reproduit et commenté un assez grand nombre d'instruments de profession figurés sur des tombes chrétiennes. Nous mentionnerons encore une petite plaque de marbre trouvée en 1911 à 2 kilomètres de la Porta Giovanni et provenant peut-être d'une catacombe de la voie Latine 6. Cette plaque mesure 0 m. 10 x 0 m. 35 et ne vient pas d'un loculus; on y voit un monogramme dans un cercle, entre deux colombes et, à droite, une règle comme beaucoup d'artisans de l'époque pouvaient en faire usage : menuisiers, tailleurs de pierre, etc. J.-B. De Rossi avait publié un fragment daté de l'année 396, trouvé à Sainte-Agnès, sur la voie Nomentane; grâce à un croquis de Philippe de YVinghe (ms. de Bruxelles, p. 30, b) on sait que cette épitaphe était ornée de trois outils, dont une règle, un ciseau et une pointe7.

H. Leclercq.

REICHENAU. — I. Origines. IL Description. III. Date et charte de fondation. IV. Le fondateur. V. Le premier siècle. VI. Les fausses chartes. VIL L'histoire de Reichenau. VIII. Manuscrits de Reichenau. IX. Manuscrits liturgiques. X. Reliquaire.

I. Origines. — Puisque, à propos de l'île et de l'abbaye de Reichenau, on a parlé un peu prétentieusement de Géologie und Vorgeschichte, bornons-nous à dire que ce site se trouve au centre d'une vaste nappe d'eau (Der Untersee) que forme le Rhin, lorsque, sortant du lac de Constance, il se dirige vers Schalïhouse. La célébrité du monastère n'a rien à envier à celle de Saint-Gall (voir Dictionn., t. vi, à ce nom) et lui a valu, de la part de son abbé Walafrid Strabôn, l'épithète bien justifiée d'insula felix.

1 Corp. inscr. lat., I. vin, n. 18423. — * Opéra varia, t. i (1696), col. 337. — 3 Serm., exix, dans P. L. — * Géographie de l'Afrique chrétienne, t. i, p. 30, n. 4. — '' A. Audollent, Cartilage romaine, p. 603. — 4 Id., ibid., p. 6U4.

DICT. D'ARCH. CHRÉT

II. Description. — Vers le milieu du xix1' siècle, l'île de Reichenau fut reliée à la terre ferme par une digue qui aboutit à la rive droite du lac inférieur et part de la petite paroisse d'Oberzell où s'élève une église romane dédiée à saint Georges. Cet édifice, sans ornementation extérieure, paraît avoir été fondé, en l'année 888, par l'abbé Hatton III et doté par le roi Arnulphe. A l'extérieur, il présente une tour basse et massive; à l'intérieur, c'est une basilique à trois nefs, terminée par une abside semi-circulaire orientée à l'Ouest, des colonnes supportent les arcades. Les dimensions de cette église sont assez petites, les chapiteaux des colonnes olïrent presque tous des formes bizarres; à l'Est, une chapelle présente une crypte à trois nefs, surmontée d'un sanctuaire qui s'élève à près de 7 mètres au-dessus de la basilique primitive. Les chapiteaux des colonnes de la crypte ont la»forme d'un cône renversé.

Le vieil édifice qui borde le côté occidental de l'église, et dont le terre-plein constitue un portique, appartenait au couvent, uni autrefois à Saint-Georges. L'étage supérieur a pu servir de salle de chapitre. L'église Saint-Georges sert d'église paroissiale aux habitants de l'île supérieure.

Si. de ce point, on se dirige vers le centre de l'île, on est bientôt rendu à la cathédrale qui a porté successivement les vocables de la très Sainte-Vierge et de Saint-Marc. Construite par les soins de Heddon, évêque de Bâle, sous le règne de Charlemagne, dédiée en 816, redécorée en 985 et agrandie en 1048. Pas plus que Saint-Georges, elle ne présente d'ornementation extérieure, mais sur la face ouest on a relevé des pleinscintres formant une frise à deux étages. A l'intérieur on peut signaler les stalles du chœur, le reliquaire dans lequel est enfermé, dit-on, le sang de Notre-Seigneur et diverses autres reliques.

Près de cette église se trouve la paroisse de Mittelzell, la plus peuplée de l'île, environ un millier d'âmes. L'ancien hôtel-de-ville (Rathhaus) est encore debout dans l'Ergerl, nom donné à la petite plaine qui avoisine l'église.

En approchant de la pointe nord-est de l'île, on parvient à l'église placée sous le vocable des Saints-Pierreet-Paul, située à 6 kilomètres environ de l'église Saint- Georges; elle fut fondée par Éginon, évèque de Vérone, en 799, mais sous sa forme actuelle, avec deux tours carrées, elle n'est pas antérieure à l'an 1100. Le chœur est orienté à l'Est, le portail occidental est précédé d'un portique, l'intérieur forme une basilique romane à colonnes, avec des chapiteaux très variés. La tombe du fondateur se trouve devant le maître-autel. Une chétive agglomération entoure cette église, c'est Unterzell, 150 habitants environ.

D'autres sanctuaires ont aujourd'hui disparu : Saint-Jean, construit par l'abbé Ekkehard, en 988; Saint-Pélage, bâti en 985; Saint-Adalbert, Saint- Gothard, etc. L'ancien monastère n'est plus représenté que par les vestiges de quelques dépendances; aucune trace du palais abbatiai (Pjalz) voisin du Munster, de même que pour le château de Schoppelen, jadis résidence des abbés puis des empereurs, situé à la pointe sud-est de l'île. Du point central où s'élève le Llohwart, à 100 mètres au-dessus du lac on embrasse toute l'île, ses ondulations et ses édifices ainsi que sa culture : prairies, vergers et vignobles.

III. Date et charte de fondation. — Reichenau est un des très rares monastères qui peuvent, ou qui osent assigner une date précise à leur fondation :

— 6 A. de Waal, Atlcliristliche Inschriften im Muséum des Campo santo, dans Rômische Quartalschrift, t. xxvi, 1912, p. 85, fig. 2. — ' De Rossi, Inscript, christ, urb. Romœ, t. i, p. 188, n. 433.

REICHENAU

25 avril 724. On dit qu'un moine, nommé Sintlas, ou bien un noble qui résidait sur les rives du Rhin, à Sandegg, invita un moine nommé Pirminius à entreprendre le défrichement de l'île d'Owa (Aue) qu'on trouve désignée, dans certaines chartes carolingiennes, sous le nom de Sintleocesavia qui désigne son propriétaire.

La date inscrite plus haut est d'autant plus remarquable qu'il y a lieu de noter et, même, de s'étonner, de la pénurie extrême des documents touchant la naissance et les débuts de la grande abbaye. Ni charte authentique de la fondation, ni inscription, ni annales anciennes qui la relatent, ni biographie contemporaine, ni lettres de saint Pirmin, dont les reliques elles-mêmes reposèrent ailleurs que là où il s'était surtout dévoué à son œuvre. A la place, de faux diplômes du xne siècle, une Vita Pirminii tardive et originaire de Hornbach, des chroniques farcies de traditions étrangères, quelques rares noms dans les nécrologes. On ne peut se refuser à admirer la sagacité apportée par K. Brandi dans l'étude et l'utilisation des moindres vestiges et des plus légers indices pour dégager le vrai du faux, retrouver des traits authentiques sous le document maquillé et ressaisir dans la mesure du possible les traces d'un lointain et obscur passé dans lequel la politique paraît bien avoir joué, comme d'habitude, quelque rôle. Les pages intitulées Die Grundung der Abtei Reichenau, qui se terminent par le diplôme de Charles- Martel, daté de Jupille, demeureront longtemps à la base de toutes nos connaissances sur l'histoire du monastère.

Ce travail repose en partie et se termine par le texte reconstitué de la charte de fondation (voir ci-dessous : Les fausses chartes), avec une reproduction du texte.

Bibl. — K. Brandi, Die Reichenauer Urkundenfàlschungen, dans Quellen und Forschungen zur Geschichle der Abtei Reichenau, Heidelberg, 1890; W. Wattenbach, dans Deutsche Literaturzeilung, 1891, p. 502; P. Kehr, dans Historische Zeitschrift, 1892, p. 537; P. Joachimsen, dans Histor. Jahrbuch, 1893, p. 854; J. Havet, dans Bibliothèque de l'École des Chartes, t. li, 1890, p. 690-692; K. Brandi, Die Grundung der Abtei Reichenau, dans C. Beyerle, Die Kultur der Abtei Reichenau. Erinnerungsschrijt zur zwôljhunderslen W iederkchr des Griindungsjahres des Insellclosters, 724- 1024, in-8°, Munehen, 1925, t. i, p. 10-16.

IV. Le fondateur. — Qui était le mystérieux Pirminius? D'où venait-il? Quels furent les caractères de son activité? A toutes ces questions dom Gall Jecker s'est efforcé de répondre dans deux études successives, et ses solutions ont eu le mérite de faire progresser une cause qu'on pouvait croire désespérée. Pour Mabillon, réduit comme tant d'autres, en l'absence d'attestations anciennes, à de simples suppositions, le fondateur de Reichenau était un Franc de naissance, attiré aux frontières de l'Est par des visées apostoliques. Mais dans la biographie du saint publiée plus tard par Mone on lit que les gens du Castellum Meltis (Meaux? voir ce nom) s'étonnèrent fort, lorsqu'ils entendirent Pirmin s'exprimer sans trop de peine dans les parlers roman et germanique. Des critiques s'avisèrent alors de reconnaître en lui un Irlandais, un de ces Scots voyageurs à la manière de ceux qui accompagnèrent jadis un Colomban, un Gall sur le continent. Nouvelle objection : le moine Pirmin introduisit partout la règle de Saint-Benoit. In Scot eùt-il agi de la sorte? II parut dès lors plus commode de l'appeler anglo-saxon, comme les disciples de Willibrord, de Boniface, qui tous étaient bénédictins. Fort justement M. Schnùrer fit remarquer que Boniface, si ardent à garder, en pays de mission, des rapports étroits avec ses compatriotes, ne se préoccupa guère d'être en liaison avec Pirmin, lequel pourtant cultiva durant de longues années un champ peu distant du

sien. A peine les deux apôtres se rencontrèrent-ils une fois, sur le tard et comme par aventure, à Hornbach. On fit aussi de saint Pirmin un Danois. C'était la thèse de J. Weieherding, qui le mit au nombre des trente jeunes hommes envoyés par saint Willibrord à l'école de Grégoire d'Utrecht. Hypothèse fragile et aujourd'hui sans crédit. La vraie solution de l'épineux problème semble bien devoir nous venir de l'antique et curieux document conservé dans l'une des filiales de Reichenau, à Einsiedeln, sous le nom de Dicta Pirminii. L'unique manuscrit qui nous a gardé cette manière de « vade mecum du missionnaire » date de la fin du vme siècle, peut-être des débuts du ixe. Pour des raisons tirées tant du fond que de la forme de cette pièce, L. Traube le premier orienta la recherche des origines de Pirmin dans une direction nouvelle : l'Espagne. Dom Morin en étudiant les graphies diverses du nom Perminus, Perminius, Pirminius, Priminius, conclut que la forme originale était Primenius. Or, ce nom est nettement roman et méridional. C'est à partir de là que dom Jecker reprend la question. L'analyse serrée des Dicta Pirminii lui a fait découvrir dans ce texte l'influence incontestable de Martin de Braga et de Césaire d'Arles, tandis que son confrère de Silos, dom Justo Pérez, y relève de son côté les traces non moins sûres d'Isidore de Séville, d'Ildephonse et de Julien de Tolède. Dom Jecker conclut : « Pirmin fut un Roman, il faut chercher ses origines soit en Espagne, soit dans les régions de la France méridionale qui furent soumises à la domination des Wisigoths. » Dans une étude postérieure, dom Jecker confirme l'origine romane. Suivant lui, Pirmin est venu du Sud : Espagne ou Septimanie? et va jusqu'à préciser la région de Narbonne, où la règle de Saint-Benoît se répandit de boiine heure et qui vit s'élever dès le premier quart du vne siècle le monastère d'Altaripa. Pirmin, entre 710 et 720, aurait dû fuir son monastère menacé par l'invasion sarrasine. Rappelons que les bandes d'El-Horr franchirent les Pyrénées en 718 et que Narbonne tomba en 720. Réfugié d'abord en Aquitaine, le moine devenu missionnaire serait de là passé en Austrasie.

Ainsi donc, pas de preuve directe touchant cette origine, mais convergence de nombreux indices, tirés principalement du Scarapsus, sorte de précis de la doctrine chrétienne composé par Pirmin en vue de la prédication. Réfugié dans la région de Meaux, le futur missionnaire y aurait vraisemblablement composé son compendium entre les années 718 et 724.

Le Scarapsus ou Dicta Pirminii aurait été composé à l'aide d'écrits catéchétiques. Dom Jecker en a donné une édition critique basée sur le manuscrit 199 d'Einsiedeln, de la lin du vme siècle; l'éditeur a utilisé les manuscrits de Paris, Bibl. nat., 1603 et fonds latin 13 408; il faut signaler que le texte d'Einsiedeln n'a pas toujours été reproduit exactement et ajouter qu'il existe deux autres témoins, l'un du ixe siècle, cod. Phillips 1326, de Chellenham, l'autre à Oxford, Bodl. 572, du ixe siècle. Nous avons dit que parmi les sources du Scarapsus on avait dégagé des réminiscences de saint Césaire d'Arles et de saint Martin de Braga; il faut y ajouter, parmi quelques autres, saint Éloi dont on a relevé un cas de dépendance dès le début, qui ne saurait être contesté.

On a suggéré que la collection d'homélies où ligure le Scarapsus dans le manuscrit 199 d'Einsiedeln sciait arrivée toute faite du sud de la Gaule à Reichenau; elle se compose, en effet, de productions littéraires de cette région. Mais il ne faut pas oublier que ces dernières avaient une place de choix dans la bibliothèque de Reichenau : la composition de l'honiiliaire d'Einsiedeln y est donc parfaitement concevable.

Bibl. — Des trois Vita Pirminii, la première seule a une valeur historique; elle date du ixe siècle et a été

REJCHENAU

composée à Reichenau, édit. Mone, Quellensammlung der badischen Landesgeschichte, t. I, p. 30-36; la deuxième est adressée à un archevêque de Trêves, Ludolf (994-1008), elle a probablement pour auteur Warmann, abbé de Hornbach, mort en 1008 et fut publiée par Mabillon, dans Acla sanct. ord. S. Benedicti, me siècle, part. II, p. 187. En 1515, l'abbé Tritbème, dans son Compendium annalium Francorum, fait de Pirmin un moine de Glanfeuil (voir Dictionn., t. vi, à ce nom). En 1616, Brower donna la Vita poslerior, dans ses Sidéra illustrium virorum Germanise, IIIe partie; en 1655, G. Bucelin dans son Menologium henedictinum, p. 753 sq.; en 1672, Mabillon reproduit la Vita posterior d'après Brower collationné sur un manuscrit de Paris.

C'est encore Mabillon qui, le premier, publia le Scarapsus, dans ses Vêlera analecta, 1685, t. iv, p. 569-601 ; on peut aujourd'hui recourir de préférence à l'édition récente (1927) de dom G. Jecker, Die Heimat des hl. Pirmin, des Aposlels der Alamannen, in-8°, Munster in W., et P. Lehmann, Dicta Pirminii, dans Studien und Mittheilungen zur Gesch. d. Benedikt. Ordens, t. xlvii, 1929, p. 45-51; un feuillet reproduit dans C. Beyerlé, op. cit., p. 21.

Sur le personnage on peut consulter utilement : Rettberg, Kirchengeschichte Deutschlands, 1848, p. 57; Wiegand, dans Allgem. deutschc Biogr., t: xxvi, 1888, p. 179 sq.; Ch. de Smedt, dans Acla sanct., nov. t. il, 1894, p. 1-56; Malnory, Qiiid Luxovienses monachi, 1894, p. 53; Sauer, Die Anfànge des Christentums in Baden, 1911, p. 58; A. Hauck, Kirchengesch. Deutschl., t. i, 1914, p. 347; Schubert, Geschichte d. christl. Kirche im Frûhmiltelalter, 1921, p. 293.

Sur l'origine de saint Pirmin, cf. Gallandi, Bibl. veter. Palrum, t. xm (1779), x; L. Traube, Einleitung zu G. Grobers philolog. Untersuchung des âltesten ràloromanisches Sprachdenkmals, dans Mùnchner Sitzungsberichte. Phil.-hisi. Klasse, 1907, p. 72-74; G. Morin, D'où est venu saint Pirmin? dans Revue Charlemagne, t. i, 1911, p. 1-9, et Encore la forme primitive du nom de saint Pirmin, dans ibid., p. 87-89; J. Pérez, dans Boletin de la real academia de la hisloria, t. cxxvn, 1920, p. 135-150; G. Jecker, Saint Pirmins Herkunjt und Mission, dans C. Beyerle, Die Kultur der Abtei Reichenau, 1925, 1. 1, p. 19-36; cf. M. Coens, dans Anal, bolland., t. xlv, 1927, p. 177-178; G. Jecker, Die Heimat des hl. Pirmin. des Apostel der Alamannen, dans Beitràge zur Geschichte des allcn Mônchtums und des Benedictinersordens, t. xm, in-8°, Mùnster-im-W., 1927.

V. Le premier siècle. — La fondation de Reichenau, en 724, était à peine implantée que l'abbé Pirmin fut contraint de l'abandonner. Il gouverna le monastère pendant trois années seulement qui suffirent à répandre son influence au dehors par la création ou la réforme de plusieurs monastères dans la plaine du Rhin : Neuwiiler et Marmoutier en Alsace, Schuttern, Gengenbach, Schwarzach, sur le revers occidental de la Forêt-Noire. Ces abbayes sont énumérées, avec celles d'Altrich en Bavière, de Pfâffers en Suisse, au c. ix de la Vita antiquior. Entre toutes ces maisons, Pirmin établit un lien de confraternité. La protection de Charles-Martel et la bienveillance du pape Grégoire II ne purent mettre l'abbé de Reichenau à l'abri de Theutbald, duc des Alamans, qui ne voyait en Pirmin que la créature du maire du.palais et le contraignit à s'éloigner, en 727. Pour ce qui a trait à l'activité de Pirmin après son départ de Reichenau et à la fondation de Hornbach, ainsi qu'à son culte et à ses reliques, on trouvera tout l'indispensable dans M. Pfeilîer, Saint Pirminius in der Tradition der Pjalz,

1 Monum. Germ. hist., Poetœ latini eevi Carolini, t. n, p. 224. — * Etnm. Munding, Abt-Bischof Waldo, Be-

dans C. Beyerle, op. cil., t. i, p. 37-52, et p. 56-58. Le fondateur de Reichenau se réfugia auprès du comte Eberhard d'Eguisheim qui lui fit don du site de Murbach, où un monastère fut fondé; le saint nous échappe désormais, on sait qu'il mourut à Hornbach, près de Deux-Ponts, en 754, où il fut enterré. Voici son épitaphe par Rhaban Maur ' :

VERSUS JUXTA COUP V S PERMINll SCRIBENDI Permenius Prœsul Christi confessor et ipse,

Hanc sedan inhabitat, con.secrat atque locum. Qui propler Christum pra:sentia gaudia mundi

Spernens, pauperiem elegit atque sibi.

Deseruit patriam, gentem simul atque propinquos

Ac peregrina petens œtliera promeruit.

Gentem hic Francorum quœsivit dogmate claro,

Plurima construxit et loca sancta Deo.

Hic quoque nunc pau.sal deponens corporis artus,

Atque anima sursum régna beata tenet.

Adiuvat et quosque, qui digne eœleslia queerunt.

Rite conservât ipse suos famulos.

Pirmin établit son successeur à Reichenau, ce fut Hcldo, ou Heddo, qui implanta dans le monastère la règle bénédictine pendant son gouvernement qui dura de 727 à 734. Mais il avait dû, lui aussi, s'éloigner, dès 731, devant les menaces du duc Théobald et, en 734, il fut élevé sur le siège épiscopal de Strasbourg.

Les noms des abbés qui suivirent nous apprennent peu de chose, ce sont : Keba (734-736), Arnefrid (736- 746), Sidoine (746-760), Jean (760-782), Pierre (782- 786), Waldo (786-806), Heito (806-823). Au cours de ce premier siècle de son histoire, Reichenau n'avait pas cessé de se développer, au point de compter, sous l'abbatiat de Waldo, environ six cents moines. Après l'acte de fondation du 25 avril 724 était venue une opulente donation faite par Charlemagne, en 780, et coïncidant avec la visite du roi des Francs à Reichenau, ensuite une autre donation du même prince, en 813, affectant le domaine royal d'Ulm. Enfin, celle de l'empereur Louis le Débonnaire (janvier 816) qui accorde à l'abbé Heito confirmation des privilèges et plus particulièrement de l'immunité du monastère dans ses rapports avec les juges publics.

L'abbé Waldo avait attiré sur lui l'attention de Charlemagne qui écrivit à son sujet au pape Hadrien, voulant le faire évêque de Pavie; la lettre a été retrouvée dans le ms. lai. 6333 de Munich. Il se pourrait que Waldo appartînt à la famille carolingienne, on ne saurait rien affirmer, mais c'est à tort qu'on a distingué deux Waldo, l'un abbé de Saint-Gall, mort en odeur de sainteté; l'autre un abbé de Reichenau. Il s'agit d'un seul et même personnage qui passa d'une abbaye à l'autre, en 784, par suite d'un conflit avec Éginon, évêque de Constance et qui mourut à Saint-Denis. On alluma une lampe près de son tombeau, mais ce ne fut pas un culte proprement dit -.

Sous l'abbatiat de Waldo la bibliothèque commença à acquérir de l'importance et Heito y fit entrer les premiers manuscrits précieux. Le souvenir des dons et acquisitions s'en conserva longtemps, puisqu'au xve-xvie siècle, le moine Gall Oheim dressait la liste des prêtres et évèques bienfaiteurs de la bibliothèque. Parmi les donateurs on rencontre le nom du comte (iérold de Bussem, apparenté à Charlemagne et qui reçut la sépulture à Reichenau, en 799. En cette même année, Eginon ayant quitté le siège épiscopal de Vérone, sollicita en vain, son admission dans la communauté et bâtit l'église de Niederzell.

Heito ne fut pas moins favorable au développement de Reichenau que l'avait été son prédécesseur. Il construisit entre l'école et le cloître la cathédrale romane (816) en l'honneur de la vierge Marie, sur l'emplace-

grunder des goldenen Zeilalters der Reichenau, in-8°, Beuron,

REICHENAU

ment même du sanctuaire élevé jadis par saint Pir- Tnin. Walafrid Strabon a décrit cette dédicace d'un édifice dont une tour subsiste encore.

ISibl. — C. Beyerie, Von der Grùndung bis zum Ende des freiherrlichen Klosters, dans Die Kultur der Abtei Reichenau, 1925, t. i, p. 55-71.

VI. Les fausses chartes. — Reichenau a dû posséder un très beau fonds d'archives. Ses plus anciens actes remontaient, selon toute probabilité, à Charles- Martel. Mais beaucoup ont été perdus ou détruits, et le fonds de Reichenau, tel qu'il nous est parvenu, est particulièrement riche en chartes fausses. Cette fausseté a été reconnue et dénoncée depuis assez longtemps pour qu'on la doive tenir pour acquise; toutefois il y avait lieu de procéder à un nouvel examen de ces documents de mauvais aloi; ce qui fut fait et a produit d'utiles résultats et d'abord on en a tiré des pièces ou des fragments de pièces authentiques.

Souvent les faussaires, à court de parchemin, ont, pour s'en procurer, gratté des chartes anciennes et substitué le texte fabriqué par eux à celui de la pièce primitive; c'est ce qui explique la disparition d'une lionne partie des actes les plus anciens du chartrier de l'abbaye. Dans ces palimpsestes, on a relevé quelques mots qui avaient échappé à la destruction et on a pu restituer ainsi des analyses ou des mentions plus ou moins sommaires des actes perdus. D'autres fragments ont été rétablis d'après le texte des pièces fausses. Une analyse pénétrante et méthodique de chaque mot a permis de déterminer la date à laquelle telle expression était en usage et l'âge de la forme adoptée pour chaque nom propre. Grâce à ces procédés d'analyse très délicats, K. Brandi dans son livre intitulé : Die Reichenauer Urkunden.falschu.ngen, paru dans les Qucllen und Forschungen zur Geschichle der Abtei Reichenau, in-4°, Heidelberg, 1890, est parvenu à dégager, dans chaque document faux, les passages copiés sur les documents authentiques que nous n'avons plus, à les isoler des additions du faussaire et à leur rendre la place qu'ils doivent occuper dans le recueil des chartes de Beichenau. L'exemple le plus frappant de cette méthode est donné dans un appendice consacré à deux fausses chartes de Charles-Martel, fabriquées au mi' siècle. L'éditeur y rétablit presque complètement peut-être un peu trop complètement — depuis l'cxorde (arenget) et le protocole jusqu'aux souscriptions, le dispositif el les formules d'une charte authentique et perdue du même maire du palais.

Dans l'inscriptio : Igilur ego in Dei nomme Karlus major donws, il manque non seulement les mots inluslcr vir, mais aussi, semble-t-il, ceux-ci : filius Pippini quondam. Dans ceux qui suivent : inlustrihus niris Lantfrido duci et Bertoaldo comiti, il y a deux difficultés : l'adresse à un duc et à un comte, usuelle dans les actes royaux, est insolite dans ceux des maires du palais; de plus, d'après l'usage des premiers, il faudrait viris inlustribus, et, d'après l'usage des seconds, ce titre ne devrait être donné à aucune autre personne que le maire du palais '. La phrase qualiter vir venerabilis Perminius episcopus una cum peregrinis suis monachis de parlibus Galliiv in /'mes Alemannorum ad peregrinandum propter nomrn Domini venerat. peut contenir des éléments empruntés à des actes anciens, mais il est permis de douter qu'elle ait ligure telle quelle dans la charte de Charles-Martel. On cherchera en vain dans Marculfc, 1. I, n. 3. les mots ad peregrinandum propter nomen Domini-, et dans K. l'ertz 3 l'exemple allégué de la chute des mots inluster vir par suite du voisinage des mots inlustribus viris 4. Au lieu de eoncessimus ou de visi fuimus eoncessisse, on vou-

drait lire : donanuis donatumque in perpetuum esse volumus 6.

Ce travail rend une sorte d'existence à des documents qui paraissaient perdus pour toujours, en outre il suggère des observations instructives. Il détermine d'abord, par des rapprochements d'écriture dont la subtile finesse s'appuie de fac-similés décisifs, la personnalité du faussaire Odalric, cuslos et scolasiicus de Reichenau dans la seconde moitié du xne siècle. Ensuite il analyse la portée de ses fabrications, les motifs qui l'ont fait agir, ce qui conduit à un résultat inattendu : en fabriquant des pièces fausses, Odalric n'a cherché, ni à augmenter indûment l'étendue des biens du monastère, ni à lui assurer des privilèges auxquels il n'avait pas droit. Il a voulu simplement rétablir l'ordre dans l'administration des biens monastiques et la discipline parmi les subalternes de l'abbaye. Bar des moyens qu'aujourd'hui nous réprouvons il n'a poursuivi qu'un but honorable et utile.

On doit encore signaler les appendices de ce livre où, à propos des chartes attribuées à Charles-Martel, l'éditeur a entrepris l'exposition méthodique des règles encore assez mal connues de la diplomatique de ce maire du palais. Dans une note sur la propagation des fausses chartes en Souabe, on peut voir un groupe d'abbayes voisines qui se sont inspirées des procédé^ en honneur à Reichenau et se sont fabriqué des titres faux en prenant pour modèles lei compositions d'Odalric.

liibl. — K. Brandi, Die Grùndung des Klosters, dans C. Beyerie, Die Kultur der Abtei Reichenau, 1925, p. 10-16; pi. hors-texte et transcription, p. 17-18.

VII. L'histoire de Beichenau. — Le douzième centenaire de la fondation de saint Pirmin a inspiré une entreprise dont on ne saurait faire un trop grand éloge, c'est une histoire monumentale intitulée : Die Kultur der Abtei Reichenau. Erinnerungsschrift zur zwôl/hundertsten Wiederkchr des Grùndungsjahres des Inselklosters, 724-1924. A ce recueil ont collaboré trentedeux auteurs sous la direction de M. K. Beyerie. Dans les pages qui précèdent nous avons utilisé les premiers chapitres contenus dans ces deux volumes de format in-4°, avec xx-1243 pages et 217 figures. La plus grande partie de ce travail se trouve en dehors de la période chronologique qui fait l'objet de nos études. Nous croyons cependant devoir mentionner à cette place quelques chapitres qui y touchent d'assez près :

B.-M. Bothenhausler et C. Beyerie. Die Hegel des heil. Renedikt.das Gcselz des Inselklosters und seine Verwirklichung. Saint Benoît et sa règle; la vie monastique à Reichenau jusqu'à la réforme de 817; la confraternité de Reichenau; le développement de la constitution monastique et les officiers de l'abbaye, p. 265-3-1 5.

l'.-A. Manser el C. Beyerie, Ans dem liturgischen Leben der Reichenau : développement de la liturgie de Beichenau et ses relations avec la liturgie romaine; le Christ et les saints, les reliques et les châsses, surtout celle dite du précieux sang; les églises, chapelle-- et autels; la liturgie des défunts; les anniversaires, les nécrologes et les cantates, p. 310-437; influence de Beichenau sur la diffusion des fêtes de la Toussaint, de saint Joseph; les histoires, parfois déconcertantes, cpii ont trait à plusieurs des reliques insignes, par exemple la Translatio S. Januarii in Augiam au iv siècle (Ribl. hagiogr. lai., n. 4131); les Miracula S. Genesii (ou Sencsii, Ribl. hag. Itd., n. 3314); le voyage des prétendus restes de saint Marc, enlevés à Venise, et gardés à l'abri du nom de saint Valens (Ribl. hag. lat., n. 5285); la fameuse Translatio sanguinis Domini, récit du v siècle (Ribl- hag. I<d., n. 4152). l'urne de Cana apportée sur les bords du lac de Cons-

'.I. Ilavet, Questions mérovingiennes, t. i, p. 15. Brandi, op. cit., p. 97. — 3 Diplomata, n° ou p. 93.

Brandi, op. cit., p. 90, note '-.

K. Pertz, ci/), cit., i>. 98,

tance par un moine grec (Bibl. hag. lot., n. 7950); l'activité hagiographique de Walafrid Strabon et d'Hermann Contract, etc. Relevons encore, dans le martyrologe du cod. Aug. cxxvm la mention, au 26 septembre, de la dédicace d'un oratorium ad virgines. C'est là une des attestations les plus anciennes de la diffusion du culte des martyres de Cologne, car elle suppose la consécration d'une chapelle dès avant la dernière décade du ixc siècle.

A la suite de quelques notices sur les privilèges de Reichenau.ses rapports avec le Saint-Siège, son exemption et surtout la bulle d'Innocent III, du 22 mars 1207 (p. 438-451); sur les possessions et les droits de Reichenau (p. 452-512); sur les fondations de marchés et les origines de la commune de Reichenau (p. 513- 539); sur les monnaies de l'abbaye (p. 540-556); sur la noblesse (p. 557-605): sur le « gubernator » de l'abbaye, H. de Klingenberg (p. 606-615), on aborde l'étude de :

M. Hartig, Die Kloslerschule und ihre Mânner. Les renseignements que l'on possède sur l'école de Reichenau sont peu nombreux et peu explicites. Elle acquit quelque célébrité dès les premières années de Charlemagne. Ses maîtres et élèves les plus illustres furent Waldo, Heito, Erlebald, Wetti, Tatto, Reginbert et Walafrid Strabon qui, seul, a imposé son nom à l'histoire littéraire. Sa mort, en 849, marqua le déclin de l'école de Reichenau. Le programme suivi ne se distinguait pas de celui des autres écoles (p. 619-644).

Paul Lehmann, Die Mitlelalterliche JJibliolhek : ses origines, ses accroissements, son importance, son caractère ; écriture et contenu de ses manuscrits

Karl Preisendanz, Aus Bùcherei und Schreistube der Reichenau, notes paléographiques accompagnées de fac-similés médiocres. S'autorisant des deux plus anciens catalogues de Reichenau (ixe siècle) l'auteur essaie de déterminer l'activité et la méthode de travail de Reginbert et de ses disciples dans la transcription des manuscrits (p. 657-683).

Th. Làngin, Altalemanische Sprachquellen aus der Reichenau (p. 684-702).

K. Kunstle, Die Théologie der Reichenau. Elle n'y occupe qu'une place assez effacée, on peut toutefois retenir les noms de Haito, de Reginbert, auteur d'un Super oralionem dominicam nonnullorum catholicorum explanationes, enfin Walafrid Strabon (p. 703-710).

A. Rergmann, Die Dichtung der Reichenau im Mitlelalter; ce fut le même Walafrid qui mit la poésie à la mode à Reichenau; à sa suite on nomme Ermenrich d'EHwangen, Burchard, Ruotpert, l'abbé Bernon, Herman Contract. Tous ensemble ne font pas un poète (p. 711-755).

Hermann Sierp, Walafried Strabo Gedicht uber dem Gartenbau. Ce poème De cullura horlorum rapproche son auteur, Walafrid, de l'auteur du « Poème des jardins », l'abbé Delille; le De cullura est intéressant comme témoin des connaissances botaniques de l'auteur (p. 756-772).

Jul. Reinh. Dieterich, Die Geschichlschreibung der Reichenau. Les œuvres principales sont le grand Reichenauer Jahrbuch, les « Annales » des premiers temps, les œuvres d'Herman Contract et de son disciple Bertold (p. 773-801).

R. iMolitor, Die Musik der Reichenau (p. 802-820).

Cl. Blume, Reichenau und die Murianischen Antiphonen; les antiennes mariales, spécialement le Salve regina (p. 821-825).

Otto Gruber, Die Kirchenbauten der Reichenau

Konrad Grôbcr, Reichenauer Plaslik bis zum Ausgany des Miltelallers (p. 872-901).

J. Sauer, Die Monumentalmalerei der Reichenau (p. 902-955).

Alb. Boeckler, Die Reichenauer Buchmaterei (p. 956- 998).

Dans une cinquième et dernière partie, on trouve :

G. Pfeilschrifter, Das Klosler Reichenau im ai/// Jahrhunderl : Ausgang und Ende, expose les derniers temps du monastère de 1700 à 1790 et la fin du dernier prieur (p. 1001-1051).

L. Braumann-Honsell, Aus Volkstum und l.eben der Reichenau (p. 1052-1076).

K. Preisendanz, Die Reichenau in der ncueren Literatur (p. 1077-1089).

J.-A. Beringer, Die Reichenau in der ncueren bildenden Kunst (p. 1090-1104).

C. Beyerle, Das Reichenauer Verbriiderungsbuch als Quelle der Klnsiergeschichle (p. 1107-1217) avec des listes de fratres et d'amici vivants ou défunts, et de précieux fac-similés.

"VIII. Manuscrits de Reichenau. — La bibliothèque du monastère a été dispersée, mais le lot le plus considérable de manuscrits précieux est conservé dans la bibliothèque de Karlsruhe. Ces documents ont fait l'objet d'une description qui ne laisse presque rien à ajouter, c'est l'ouvrage de Alfr. Holder intitulé : Die Reichenauer Ilandschrijlcn beschrieben und erlàulerl von A. H., I. Die Pergamenlhandschrijten, in- 1°, Leipzig, 906; II. Die Papierhandschriften : Fragmenta, Nachlràge, 1914. Alf. Holder étant mort le 9 mai 1916, le troisième volume contient : 1° le Register zum I und II Band; Grundslock der Bibliothck; Die alten Katalogc et dix planches; cette première partie est l'ouvrage de Alfr. Holder; 2° Zeugnisse zur Bibliolheksgcschichlc gesammelt und bearbeitet von Karl Preisendanz, et huit planches, 1918.

Ce troisième volume contient tous les textes à l'aide desquels il est possible de reconstruire l'histoire de la bibliothèque de Reichenau, depuis le catalogue dressé par Reginbert en 821. Entre autres appendices, on doit signaler l'édition du Liber de viris illustribus monasterii Augiœ de Jean Egon (p. 213-245) et le catalogue des manuscrits de Reichenau dispersés dans diverses bibliothèques (p. 246-253).

Ces brèves indications doivent suffire, croyons-nous, à expliquer le parti que nous avons pris de n'entrer dans aucun détail, relativement à cette riche et célèbre bibliothèque, et à nous en tenir aux plus anciens manuscrits liturgiques.

IX. Manuscrits liturgiques. — Nous ne nous arrêtons pas à ceux qui appartiennent à une époque déjà tardive, par exemple les lectionnaires des xic au xme siècle; d'autres, un peu plus anciens, sont décrits dans les Reichenauer Handschrijten dont nous venons de parler et nous y renvoyons brièvement.

14. Leclionarius de tempore, ixe siècle, cf. A. Holder, op. cit., t. i, p. 26-33.

15. Homilise. et sermones de tempore, ix" s., ibid., p. 33-45.

19. Homiliarium Pauli Diaconi,ix.es., ibid., p. 69-78. Homiliarium Pauli Diaconi, ixe s., ibid., p. 107-

Lectionarium, xe s., ibid., p. 140-155.

Lectionarium, xe s., ibid., p. 241-248.

Pœnitentiale Cummeani, ixe et vnr3 s., ibid., p. 256-260.

112. Fragmenta, ibid., p. 289-295. Ce manuscrit est bien connu des érudits. Il a fourni aux éditeurs des Monumenta Germanise historica, Leges, t. v (1886) les formulée Augienses, xxi-xxxm, p. 347; aux philologues et aux liturgistes des hymnes fort anciennes et précieuses (cf. F.-J. Mone, Lateimsche Hymnen des Mittelatters, t. i, p. 97, 111, 183, 218; t. n, p. 450; t. m, p. 430) et surtout le fragment palimpseste du psautier gallican (fol. 80-89) qui fait suite au sacramentaire dont nous allons parler.

REICHENAU

Fr. .1. Mone a parlé à deux reprises de ce sacramenlaire, dans ses Latcinische und griechische Messen aus dem //.(l) bis ri. Jahrhundert, in-4°, Frankfurt-am-M., 1850, p. 40, 1 16-122, et dans son De libris palimpscstis tam latinis quam greccis, in-8°, Carlsruhe, 1855, p. 47 (voir Dictionn., t. vi, col. 519-522). Il y voyait le reste d'un missel grégorien, ou plutôt d'une compilation de prières gallicanes, grégoriennes et gélasiennes. Il le croyait d'origine franque et lui assignait pour date la fin du vne siècle ou le début du vme; il en donna un fac-similé de trois lignes (p). n. 8). Cette date fut acceptée par Alfr. Holder et par L. Delisle, dans son Mémoire sur d'anciens sacramenlaires, p. 82, n. vin, 2; Em. Châtelain, Les palimpsestes latins, dans VAnnuaire de l'école pratique des hautes études, 1904, p. 32, se rangea à cette opinion; enfin A. Holder caractérisa ces fragments par ces mots : Auszug aus gregorianischen, gelasianischen und gallicanischen Mcssbuch; ensuite il fit l'objet d'un examen de dom C. Mohlberg qui constata que le document se composait de quatre cahiers insérés dans le manuscrit 112 dans lequel 34 feuillets, plus 4 demi-feuillets, soit 72 pages sont palimpsestes; 20 de ces pages contiennent, comme nous l'avons déjà dit, un psautier gallican. Le sacramentaire occupe les 52 pages qui restent, plus deux autre pages, grattées mais non récrites, en tout 54 pages que dom Mohlberg reconstitue en quatre cahiers, dont trois de quatre feuillets et un de cinq. Les feuillets de ces quatre cahiers ont été traités différemment, les uns lavés, les autres grattés et, ces derniers, maltraités à tel point qu'on n'a pu y écrire de nouveau. Déjà Mone avait fait usage des réactifs pour les fol. 40 r°, 46 v°, 30 v° et 31 r°-v°, cependant on n'avait pu déchiffrer que peu de chose. La méthode dite de « fluorescence » appliquée à Beuron a opéré la résurrection du texte. Pour Mone, on l'a vu, l'écriture remontait au début du vin0 siècle et le manuscrit avait été écrit en France; pour dom Mohlberg, l'écriture rajeunissait le texte d'un siècle environ; pour dom Alban Dold, Bas Palimi>sestsakramentar im Codex Augicnsis CXIJ. Ein Messbuch attester Struktur aus dem Alpengebiet, in-8°, Beuron, 1925, la provenance est bien Heichenau et la date le vne siècle; enfin M. A. Baumstark conjecture plutôt qu'il ne démontre dans l'introduction mise à cette dernière publication que les fragments palimpsestes de Reichenau enregistrent les échos de quelque liturgie locale ayant gardé des vestiges d'un type fort ancien, et en usage dans une église de la région alpestre (sic;. Dom C. Mohlberg, Fragments palimpsestes d'un sacramentaire gélasien de Reichenau, dans Revue d'histoire ecclésiastique, t. xi, 1910, p. 471-482, avait présenté des conclusions moins nuageuses. « C'est à notre avis, disait-il, le reste d'un sacramentaire débutant avec la vigile de Noël, pour finir au samedi saint, et qui se divise en deux parties bien distinctes ».

161. Psallerium divitis Augiœ ]eriatum,xv s. Alfr. Holder, op. cit., t. i, p. 386. Psautier avec notes de musique; Litanie des saints; Miniatures.

1741. Evungelia cum concordantiis evangelistarum, ixe s., ibid., t. i, p. 407-409.

1 70. In alphabet en rune et quelques lignes de cette écriture, déhut du ixe s., ibid., t. i, p. 412-413.

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