‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 379 sur 477 · Cœmeterium fontis s. Pétri (Alfarano · texte numérisé non relu

Cœmeterium fontis s. Pétri (Alfarano

lu. Bibliothèque de la basilique.

ii. Secretarium.

o. p. q. Constructions d'époque postérieure.

r. Alfarano y voit la chapelle de S.-Thomas, bâtie par Symmaque, quoique l'autel et la confessio de S. Thomas fussent dans la rotonde de S. -André, au n. 169, qui est le secretarium noveltum.

s. Oratoire ancien anonyme où De Rossi voit la chapelle élevée par Grégoire IV dans la basilique pour recevoir le corps de S. Grégoire le Grand.

t. u. Chapelles anciennes dont on ignore les noms.

x. Chapelle de S. -Ambroise.

y, z. Chapelles anonymes.

aa. Édifice Saint-Vincent et monastère de Jérusalem.

bb. Escalier d'époque postérieure.

ce. Édifice de S. Gregorii in palatio (voir ci-dessus, col. 2857-2858).

dd. Voir ci-dessus, n. 148-148.

ee. Vestibule.

If. Église du Saint-Sauveur et cimetière des étrangers.

gg. Hôtellerie.

hh. Maison Saint-Apollinaire, construite par Honorius Ier.

XIX. Aspect intérieur de la basiliqi'e constantinienne. — Bramante et Michel- Ange ont fait disparaître la basilique constantinienne, témoin de tant d'événements fameux, dont nous ne pouvons juger que par de rares souvenirs figurés. On connaît une coupe intérieure perpendiculaire à l'axe de la basilique, montrant en perspective la profondeur

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des nefs avec l'abside au fond. P. Durrieu est entré à ce sujet dans des détails que nous lui empruntons l. Cette coupe, dit-il, a été gravée pour la première fois par l'architecte Martius Ferrabosco, pour l'ouvrage de Costaguti sur l'architecture de Saint-Pierre, dont la première édition est de 1620 2. Elle a été donnée de nouveau par Ciampini *, Fontana 4, Bonanni 5, et plus récemment par Valentini 6, Mignanti 7, etc. Ces différentes gravures ne font que se répéter les unes les autres dans un format plus ou moins grand. Si l'on y constate quelques très légères différences de détail, cela tient a des négligences ou à des oublis des exécutants. En somme, elles se ramènent toutes au même prototype, et il n'y a là véritablement, en plusieurs exemplaires, qu'un unique document iconographique.

Nous savons avec certitude d'après quels éléments a été établie cette vue en coupe de l'antique basilique. Les auteurs que nous avons cités ont mis à profit, d'une part, les notes manuscrites et les dessins réunis par deux archéologues aussi soigneux que passionnés pour les souvenirs du passé, Tiberio Alfarano 8, auquel on doit le plan détaillé du vieux Saint-Pierre (voir ci-dessus, fig. 10641 et col. 2858)* et Jacopo Grimaldi 10.

D'autre part, ils se sont aussi appuyés sur une peinture exécutée sous Paul V, dans les cryptes vaticanes, pour garder la mémoire de la dernière portion du vieil édifice ". Cette peinture, qui existe encore, ne montre que l'intérieur des cinq nefs. Celles-ci sont arrêtées à leur extrémité par le mur de refend, construit avant le milieu du xvie siècle la, pour permettre de continuer à célébrer le culte dans le vaisseau de l'ancienne basilique durant la construction de la nouvelle église ls.

Ces sources sont relativement récentes, elles nous amènent entre la fin du xvi" et le commencement du xviie siècle. On peut citer, pour une date plus ancienne, la fresque de la donation de Constantin, peinte par Raphaël del Colle au Vatican, en face de la défaite de Maxence. On y voit l'extrémité supérieure de Saint-Pierre avec l'abside et l'autel majeur. De Rossi y voit le seul document iconographique conservé sur cette partie de la basilique 14 et on lui a attribué plus de valeur qu'il n'en a ", car cette fresque est postérieure aux travaux de Bramante sous Jules II. En 1520, le choix du sujet n'était pas encore arrêté u. La perspective en avant est prise d'assez court, l'abside seule de la vieille église apparaît entièrement. De la nef, on ne voit entièrement que les

1 P. Durrieu, Une vue intérieure de l'ancien Saint-Pierre de Rome, au milieu du XV" siècle, peinte par Jean Foucquet, dans Mélanges G.-B. de Rossi, 1892, p. 221-235, pi. iv, n. 2. — 2 Architettura délia basilica di S. Pielro in Vaticano, réimprimé à Rome en 1684, pi. v. — 'De sacris eedificiis a Constantino Magno conslructis, in-fol., Romœ, 1693, 1747, pi. vm. — * II Tempio Vaticano e la sua origine, Rome, 1694, p. 99, n. 1. — s Templi Vaticani historia (ou Numismata summorum pontificum Templi Vaticani fabricam indicantia), Roma, 1695 et 1700, pi. v, fig. 1. — ' La patriarcale basilica Vaticana, Roma, 1845, 1855, t. i, pi. iv, n. 2. — ' Istoria délia sacrosanta patriarcale basilica Vaticana, Roma, 1867, t. i, pi. iv. — 8 Ciampini, De sacris œdificiis, 1747, p. 31. — ' Souvent reproduit par Costaguti, Ciampini, Fontana, Bonanni, Valentini, Mignanti, op. cit., Severano, Memorie sacro délie selle chiese, 1630; Acta sanct., juin, t. vu; Cancellieri, De secretariis basilicœ Vaticana', Rome, 1786; De "Rossi, Inscr. christ., t. n, p. 229-233; L. Duchesne, Liber pontificalis, t. I, p. 192. — 10 Eug. Mûntz, Recherches sur l'œuvre archéologique de Jacques Grimaldi, dans Bibl. des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, fasc. i, p. 225-269. — 11 Bonanni, Templi Vaticani historia, 1696, p. 17; cf. Torrigio, Sacre Grotte Vaticane, Roma, 1639, p. 122-130. ■ — ,z La construction de ce mur est attribuée par Ugonio,

colonnes les plus voisines du transept. Tout le haut est entièrement caché et on peut y relever beaucoup de fantaisie 17. Le peintre s'est inspiré de ce qui avait existé pour reconstituer une vue, en partie idéale, d'un Saint-Pierre du temps de Constantin, bien plutôt qu'il n'a entendu retracer l'aspect exact du vieux monument condamné à périr.

On trouve plus de sincérité dans le dessin d'après nature conservé à Londres au Sloane Muséum (voir Dictionn., t. xiv, col. 911, fig. 10217), mais qui a été exécuté à une époque où l'œuvre de destruction était fort avancée. Déjà, de l'ancienne basilique, il ne subsistait plus que les parois latérales de la partie inférieure de la nef. Si donc ce dessin nous apporte un renseignement très digne de foi, ce renseignement ne s'applique qu'à une faible portion de la basilique constantinienne.

Il n'y a lieu de mentionner que pour les écarter les représentations apocryphes comme la fresque exécutée au xvne siècle dans l'église de Saint-Martindes-Monts à Rome et à laquelle Viollet-le-Duc s'est laissé prendre et, après lui, Francis Wey ia. Tout autant faut-il se défier des tentatives de restauration où l'arbitraire a la plus grande part 19. Heureusement nous avons un monument d'une valeur exceptionnelle qui nous reporte à une date antérieure au pontificat de Nicolas V. L'auteur est un grand maître de la Renaissance française, ce Jean Foucquet, qui fut peintre et enlumineur des rois Charles VII et Louis XI 20. Ce fut pour Charles VII que Foucquet enlumina le manuscrit des Grandes Chroniques de France, qui fait partie, du fonds français 6465 de la Bibliothèque nationale. Le travail de copie fut commandé en 1458, l'illustration aura été de peu postérieure à cette date et antérieure à 1481, date de la mort de l'artiste. Mais, suivant l'observation de P. Durrieu, certaines de ces miniatures offrent des souvenirs frappants d'Italie, qui supposent le recours à des notes et esquisses prises sur les lieux-mêmes, et par conséquent lors du séjour que Foucquet fit à Rome dans sa jeunesse. Nous savons qu'il exécuta alors un portrait d'Eugène IV (1431-1447), et il est même probable qu'il s'agit de l'époque où le pape revint à Rome après un long séjour à Florence, soit

L'hypothèse d'un voyage de Foucquet en Italie est confirmée par la miniature du manuscrit des Grandes Chroniques, fol. 89 verso, que nous allons décrire.

La miniature en question représente le couronnement de Charlemagne par le pape Léon III, dans

Historia délie stationi di Roma, p. 100, à Jules II, et par Panvinio, De septem ecclesiis, 1750, p. 46, à Paul III. — 13 Au-dessous de la vue on lit : Contignatio tecti partis vêler, basil. sub Paulo V demolitœ. Eug. Miintz a signalé l'existence d'un dessin de cette peinture à la Barberine XLIX, 19, ancien 10 46, fol. 24. Les sources de l'archéol. chrét., dans Mélang. d'arch. et d'hist., t. vm, 1888, p. 114.

— " Parère del comm. G.-B. de Rossi intorno ai lavori... délia chiesa di Grottaj errata, Grottaf errata, 1881, p. 6; cf. L. Duchesne, Le Liber pontificalis, t. i, p. 422. — " Sarti et Settele, Appendix, 1840, pi. iv. — " E. Muntz, Raphaël, 1886, p. 447. — " Ainsi, les colonnes qui supportent l'arc triomphal sont de la même grandeur que celles de la nef, tandis qu'elles devraient être plus fortes. Le peintre a supprimé l'oratoire de la Vierge contre le support de gauche de cet arc. Au lieu de douze colonnes au portique des columnœ vitineœ devant l'autel, on n'en voit que quatre, etc.

— ls Rome, description et souvenirs, in-4°, Paris, 1875, p. 274, 278; Mme de Witt, Les chroniqueurs de l'histoire de France, in-8°, Paris, 1883, p. 243. — » Letarouilly, Le Vatican et la basilique de Saint-Pierre de Rome, in-fol., Paris, 1882, t. i, pi. m. — 20 H. Bouchot, Jean Foucquet, dans Gazette des Beaux-Arts, t. H, 1890, p. 419. — " An. de Montaiglon, Jean Foucquet et son portrait du pape Eugène IV, dans Archives de l'art français, 2e série, t. i, p. 454-468.

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Saint-Pierre. Le sujet était d'ailleurs indiqué par celte lubrique inscrite immédiatement au-dessous de l'image dans le volume : « Cy commence le second livre des histoires de Charlemagne. Premièrement comment il fut couronné empereur en l'église Saint-Pierre de Rome ».

Foucquet a traité sa composition avec toute l'ampleur de son talent. La scène se passe à l'extrémité inférieure de la grande nef d'une basilique. Au centre, au premier plan, le pape est debout; un cortège d'évêques l'accompagne. A ses pieds, Charlemagne s'agenouille pour recevoir la couronne impériale, tandis que, derrière lui, ses officiers portent les insignes de la souveraineté, l'épée, le globe, ou encore de grandes bannières armoriées au blason mi-partie de France et d'Empire. Dans le reste de la nef et dans les bas-côtés, une foule nombreuse se presse. Elle est contenue par des sergents d'armes et des massiers, que l'on voit des deux côtés du tableau, vêtus de costumes courts et portant des coiffures de modes tout à fait italiennes.

On peut admirer avec quelle aisance Foucquet a groupé ses nombreux acteurs sur une surface de quelques centimètres carrés, et quelle noblesse, en même temps que quel naturel il a su donner à ses figurines, malgré leurs très petites dimensions. Mais ce qui nous intéresse le plus, c'est le cadre dans lequel celles-ci se meuvent. Tandis que Raphaël, traitant le même sujet dans une des fresques de la Chambre de l'Incendie du Bourg en Vatican, en a pris à son aise avec le décor d'architecture, Foucquet a recherché l'expression de la vérité, et a représenté le vaisseau central du vieux Saint-Pierre tel qu'il a pu le voir pendant son séjour à Rome.

Il faut faire une observation d'ensemble en ce qui concerne le coloris. Foucquet, guidé ici comme partout dans ses créations, par un sentiment exquis de l'harmonie générale à atteindre, a volontairement traité dans une gamme très discrète la partie monumentale, afin de laisser toute leur valeur aux personnages. II n'a employé que des tons gris, avec ries traits noirs, comme dans une sorte de lavis, à l'exclusion de toute note plus voyante. Ce parti pris a forcément entraîné pour lui le sacrifice de l'indication de tout l'élément uniquement polychrome, tel que les peintures ou les mosaïques ornant des surfaces planes '. C'est au dessin général de l'édifice, dans ses grandes lignes, que le maître tourangeau s'est arrêté. Mais à cet égard, quelle exactitude irréprochable! Rien de plus convaincant que de mettre en regard sa miniature et les vues en coupe données par Ferrabosco, Ciampini, Fontana et leurs successeurs. L'identité est absolue.

Voilà bien la grande nef avec sa charpente apparente, avec ses colonnes à chapiteaux corinthiens, réunies par une puissante architrave, au-dessus de laquelle s'élève une haute muraille, percée à sa partie

1 On ne trouvera donc pas dans la miniature de Foucquet l'indication des peintures du temps du pape Formose qui couvraient les murs latéraux de la grande nef, ni celle de la mosaïque de l'arc triomphal, si tant est du moins qu'il y ait eu une mosaïque à cet endroit, et que cette mosaïque ait encore existé au xve siècle; car le témoignage du cardinal Domenico Jacobacci, cité à ce propos par Arthur !.. Frothingham, dans la Revue archéologique de 188.'5 (janvier-février, p. 68-72), nous paraît encore fort sujet à discussion. D'ailleurs, par suite de la petitesse de l'échelle, ces détails n'auraient pu guère être rendus d'une façon distincte. On peut voir, en'effet, dans la miniature de Foucquet, à quelles dimensions microscopiques il a dû réduire, pour obéir aux lois de la perspective, les ligures pourtant colossales de la mosaïque de l'abside. — 2 Cf. Eug. Muntz, Notes sur les mosaïques chrétiennes de l'Italie, VI. Des éléments antiques dans les mosaïques romaines du

supérieure de fenêtres cintrées. On n'aperçoit qu'à peine les bas-côtés par une échappée à droite et à gauche au premier plan. Mais ce coup d'œil suffit pour nous permettre d'entrevoir les colonnes plus petites qui séparaient les deux nefs secondaires de chaque côté, et de constater que ces colonnes, ainsi qu'elles l'étaient dans la réalité, sont reliées par des arcatures au ,lieu d'une architrave comme dans la nef principale. Voilà bien, plus loin, les énormes piliers à l'entablement saillant qui supportaient l'arc triomphal. Au delà, nous sentons un espace vide correspondant à la largeur du transept. Enfin, tout au fond, s'ouvre l'abside. Malgré l'éloignement, nous pouvons distinguer la silhouette des figures colossales de la mosaïque qui en ornait la voûte 2.

Si nous passons ensuite à un examen critique plus approfondi, en prenant comme termes de comparaison non seulement les croquis et les autres représentations graphiques, mais l'ensemble de tous les textes quelconques que l'on peut consulter sur l'ancienne basilique 3, nous achèverons de nous convaincre de l'exacte rigueur apportée par Jean Foucquet au tracé de sa vue intérieure de Saint-Pierre.

La justesse des proportions relatives des colonnes, de l'entablement, du mur qui le surmonte, et des fenêtres cintrées dans les deux parois de la nef, peut être vérifiée à l'aide du dessin (voir Dictionn., t. xiv, col. 911, fig. 10217) retrouvé au Sloane Muséum, dessin fait certainement d'après nature sur les lieux. Dans cette partie latérale, les fenêtres sont vues de côté, sous une perspective oblique. Pour juger de leur disposition, il faut se reporter aux cinq fenêtres percées dans l'abside, que Foucquet a, au contraire, représentées de face. On retrouvera dans celles-ci la division intérieure de la baie en arcatures géminées au moyen de meneaux, telle absolument que nous la donnent les relevés publiés par les différents auteurs.

Au-dessus de l'architrave qui réunit les colonnes, Foucquet a figuré une balustrade qui court tout le long des murs de la nef. Sa forme est très simple. Elle consiste en une succession de montants réunis par des traverses se croisant obliquement. Cette balustrade existait en effet dans l'ancienne basilique, ayant pour but de faciliter la circulation sur un passage de trois palmes de large qui régnait au-dessus de l'entablement. Chacun des écrivains qui se sont occupés d'une manière spéciale du vieux Saint-Pierre en parle. On la voit reproduite dans les gravures donnant les vues en coupe 4 ainsi que dans la peinture des Cryptes vaticanes; et partout elle apparaît identiquement avec la même disposition générale que chez Foucquet. L'exactitude de cette disposition est d'ailleurs confirmée par d'anciens dessins, existant dans les archives de la basilique, et par le témoignage d'AIfarano qui en avait vu encore une partie en place 5. Nous devons insister sur la pré- Moyen Age, dans Revue archéologique, septembre 1882. — * Severano, Memorie sacre dette sette chiese di Homa, t. i, p. 38 sq.; Paulus de Angelis, Descriptio \'aticanœ hasilicœ veteris et novee authore Romano canonico, Homa, 1616; cf. De Rossi, Inscr. christ., I. Il, i, p. 193-221; .1. Ciampini, De sarris eedificiis; Uonanni, Templi Vaticani historia; Acta sanct., juin, t. vu, p. 37 sq., contenant les

textes anciens de P. Mallius (XIIe sicclel et de Mafeo Vegio (xve siècle!; voir aussi les ouvrages plus modernes, comme ceux "déjà cités de Valentini et de Mignanti. — ' Voir, par ex., la gravure de Ferrabosco dans l'ouvrage de Costaguti, el celles données par Ciampini. Fontana, Mignanti, etc. La balustrade a été omise par erreur dans la gravure jointe à la l'empli Vaticani historia de Uonanni; mais celui-ci en parle longuement dans son texte. — ' rionanni, Templi Vaticani hisl., 1696, p. 19. Cf. Ciampini, De sarris eedificiis, 17-17, p, X\.

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sence de cette indication de la balustrade au-dessus des colonnades dans la miniature de Foucquet. Nous avons là une véritable pierre de touche; la conscience que le maître tourangeau a mise à conserver ce détail, en réalité si secondaire, est la meilleure preuve qu'il a exécuté sa miniature en suivant fidèlement des notes très exactes.

En voici un autre témoignage. A l'extrémité supérieure de la nef, du côté gauche, adossée au pilier qui supporte l'arc triomphal, on distingue une construction de forme rectangulaire qui paraît de dimensions assez importantes, comme s'il y avait là un petit édifice construit à l'intérieur du grand. Les documents dignes de foi que l'on peut consulter, depuis le Liber pontiflcalis et la description de Saint- Pierre faite au xue siècle par Petrus Mallius jusqu'au plan d'Alfarano \ sont d'accord pour nous confirmer que Foucquet représente ici ce qu'il avait vu en réalité. Tous, en effet, nous indiquent à cette place la présence d'un oratoire particulier, appelé Oratoire de Grégoire III ou oratoire de la Vierge, ou de la Vierge et de S. Gabinius, en avant duquel se développait un chœur où les chanoines de Saint-Pierre chantaient l'office.

D'après le Liber pontiflcalis, l'oratoire avait été construit par Grégoire III. Il est mentionné par le guide des pèlerins dans la basilique de Saint-Pierre au vme siècle. Il fut remanié par Eugène III, et il existait encore à la fin du xvie siècle, car, en 1495, le cardinal Lorenzo Cybo, neveu du pape Innocent VIII, y fit édifier un tabernacle par Bramante, pour recevoir la sainte Lance donnée au pape Innocent VIII par le sultan Bajazet II 2. Les constructions nouvelles entreprises à Saint-Pierre amenèrent bientôt après sa destruction. L'existence de cet oratoire, avec le chœur des chanoines, dans la grande nef, auprès de l'arc triomphal, à gauche, est donc une particularité bien connue; mais la miniature du maître tourangeau est jusqu'ici l'unique représentation graphique où on la rencontre figurée.

Enfin, Paul Durrieu a noté que Foucquet, tout en observant les doubles lois de la perspective linéaire et de là perspective aérienne, pour faire sentir l'éloignement où s'enfonce l'extrémité de la basilique, a cependant su trouver le moyen d'indiquer d'un trait fort léger, mais suffisamment distinct, les grandes figures de la mosaïque de l'abside.

Un dernier détail, au contraire, a pu être marqué par lui d'une façon plus accentuée, parce qu'il se trouve toul à fait au premier plan en avant; c'est le pavé de l'ancienne basilique, composé de grandes plaques de marbre et d'autres matières rares, de formes et de couleurs variées. Foucquet n'a eu garde d'oublier parmi elles les disques ou roues (rote) de porphyre rouge qui ont été replacées et se trouvent aujourd'hui encore, à divers endroits, dans la basilique actuelle.

On voit, par ce qui précède, que la vue donnée par lui constitue, au point de vue archéologique, un document de la plus haute valeur. A l'heure présente, la miniature de Foucquet dans le manuscrit des Grandes Chroniques doit être classée la première parmi les sources iconographiques à consulter sur

1 N. 38 et 39 de l'explication du plan d'Alfarano donnée par De Rossi, Inscr. clirist., n, i, p. 232, et par Duchesne, Liber ponlificalis, t. i, p. 527. — a Duchesne, Liber pont., 1. 1, p. 417, 422: De Rossi, Inscr. christ., t. n, 1" part., p. 200, n. 2; p. 226, n. 10; Acta sanct., juin, t. vu, p. 39 (témoignage de P. Mallius», p. 82 (Mafeo Vegio) et p. 100; Severano, op. cit., t. i, p. 106; Ciampini, op. cit., p. 61; Bonanni, op. cit., p. 39; Mignanti, op. cit., i, p. 69-73, etc. — 3 Petrus Mallius, Descriptio basilicœ Vaticanee, dans De Rossi, Inscr. christ, urb. Rom., t. n, part, i, 1888, p. 218 ;

dict. d'arch. chrét.

l'aspect de l'intérieur de l'antique Saint-Pierre de Rome.

Nous ne pouvons quitter la basilique vaticane sans accorder un souvenir à une inscription conservée par Bosio :

AD SANCTVM PETRVM APOSTOLVM ANTE RECIA IN PORTICV COLVMNA SECVNDA QV0M0D0 INTRAMVS SINISTRA PARTE VIRORVM LVCILLVS ET IANVARIA HONESTA FEMINA

Bibl. : A. Bosio, Roma sotterr., 1632, p. 107; Aringhi, Roma subterr., 1651, t. i, p. 329; G. Marchi, Monum., t. i, p. 42; Renier, dans L. Perret, Catac. de Rome, t. vi, p. 12; De Rossi. Inscr. christ., n, lre part., p. 233; [Diehl, Inscr. lat. christ, vet., 21271- On a pu voir sur le plan d'Alfarano, au n° 12», la porta Romana par laquelle les femmes entraient dans la basilique (voir Dictionn., t. xm, col. 1241, fig. 9679); elle se trouvait à droite en entrant ; la droite était la pars mulierum et la gauche la pars virorum.

XX. Les cryptes vaticanes. — (Voir Dictionn., t. xiv, col. 901-919, et en particulier fig. 10218); [pour les transformations effectuées à partir de 1940, cf. ci-dessous l'art. Vatican].

Ce qu'on désigne sous le nom de cryptes ou grottes vaticanes (fig. 10642) consiste en un vaste souterrain à un niveau inférieur à la basilique de Saint-Pierre. Cet hypogée existait déjà, du moins pour la partie la plus vénérable, sous le sanctuaire de l'église constanlinienne offrant une galerie en forme d'hémicycle, sur l'ombilic de laquelle se détachait une autre galerie dont le sommet était amorti en forme d'abside. Les deux extrémités de cette galerie semi-circulaire aboutissaient, de chaque côté du sanctuaire, près de deux petits autels dédiés à S. Pierre et à S. Paul 3, et un autel à Saint-Sixte 4. Dès le vme siècle, une opinion se transmettait que l'ensemble que nous venons de décrire surmontait la tombe de l'apôtre Pierre, dans le sens de la tête de l'apôtre 6. II se pourrait que ce fut là qu'on voyait les quatre colonnes supportant un baldaquin au-dessus de l'autel que mentionne Grégoire de Tours et qu'il semble placer à tort devant la Confession 6. A certaines fêtes solennelles, le pape et sa suite descendaient dans cette crypte, procédaient à l'encensement de l'autel et au chant d'un office '.

Dans la basilique constantinienne, on ne voyait aucune différence de niveau entre le pavement des nefs et celui de la chambre de la Confession. Dans la suite, VOrdo du chanoine Benoît signalait une légère différence de niveau, il fallait descendre pour pénétrer dans la chapelle. Lors de la reconstruction générale au xvie siècle on rehaussa le pavement sans modifier la disposition de la Confession. Autour du tombeau de l'apôtre, Paul III (1534-1549) voulut former comme une autre église, une basilique souterraine : celle-ci fut terminée sous ses successeurs.

Ainsi l'hypogée se compose de deux parties : 1° un vaste rectangle partagé en trois nefs par des

Ante aditum qui ducit in confessionem beali Pétri est altarc apostolorum Pétri et Pauli. — * Liber pontiflcalis, Pascal Ier : Ante aditum qui ducit ad corpus (S. Pétri) in loco Ferrala, altare constituit in quo venerandum beati Xysti martyris atque pontificis corpus honestissime collocavit. — • Encliiridion de sacellis et altaribus basilics: Vaticanee, 11, dans De Rossi, op. cit., p. 226. — 6 De glor. mart., 1. I, c. xxvni, P. L., t. lxxi, col. 728-729; cf. De Rossi, op. cit., p. 229- 230. — » Ordo Tiomanus XI, 8, P. L., t. lxxviii, col.

ROME. LES ÉGLISES

piliers et qui s'étendrait, dans la direction de la place Saint-Pierre, aussi loin que la basilique primitive, s'il n'avait été fermé à peu près à la hauteur de l'autel du Saint-Sacrement; 2° une galerie semicirculaire, enveloppant la Confession et représentant la courbe de l'abside constantinienne de façon approximative. On pénètre dans les cryptes vaticanes par quatre escaliers dont le point de départ se trouve marqué par les statues de Ste Véronique, de S. André, de S. Longin et de Ste Hélène.

Lors de la démolition de la basilique constantinienne, on préserva l'autel et la Confession, mais les travaux de fondation rendus nécessaires pour l'érec-

10642. — Plan des cryptes vaticanes.

D'après Goyau, Peraté, Fabre, Le Vatican, 1895, p. 781.

A. Autel do la Confession de S. Pierre. — B. Les grotte

nuove. — C. Les grotte vecchie.

tion du nouvel autel produisirent une crevasse dans la maçonnerie et c'est alors qu'on crut apercevoir la croix d'or déposée par Constantin sur le sarcophage de l'apôtre (voir Dictionn., t. xiv, col. 902, 903, flg. 10215, 10216). Le pape Clément VIII averti (ibid,, t. xiv, col. 911) ne voulut pas autoriser des fouilles, craignant peut-être une profanation ancienne et la déception qui en résulterait : il fit combler l'ouverture en y jetant des débris et du ciment.

Actuellement [1940], quand on a franchi la porte de bronze doré, a deux battants, qui fait face à la statue de Pie VI, on se trouve dans une petite chambre oblongue terminée par une absidiole ou niche que décore une mosaïque représentant le Sauveur (xme siècle) et les apôtres Pierre et Paul (xvne siècle). Dans le pavement de cette chambrette,

1 Sindone et Martinetti, Delta sacrosancta basilica di San Pielro, 1750, p. 81, rapportent que ce puits leur ayant été ouvert, ils remarquèrent sur les parois des traces de fumée, et près du bord un clou solidement enfoncé, capable

au-dessus de l'autel, on voit l'orifice d'un puits sur lequel sont déposés les palliums avant d'être envoyés aux archevêques. Les Ordines Romani nous apprennent que le jour de la fête de S. Pierre, le pape retirait un encensoir placé dans ce puits à pareille date l'année précédente, distribuait les charbons entre les assistants et le remplaçait par un autre encensoir *. Les fidèles désireux de posséder des brandea ayant touché la tombe apostolique obtenaient à ce moment qu'on les y descendît. Au ive siècle, Ru fin sollicitait de ces reliques pour une basilique de Chalcédoine; S. Grégoire le Grand en fait mention dans sa correspondance 2; une inscription de Carthage nous apprend qu'une basilique de cette ville en était pourvue s. Le dallage de la chambrette a toujours été très ornementé; à certaine époque, il se composait de lames d'argent, aujourd'hui c'est du bronze doré' et ciselé, offrant l'image de la croix rayonnante encadrée par la tiare, les clefs et une colombe. L'un des carrés formés par les bras de la croix est une porte qui recouvre l'ouverture des puits. Cette décoration remonte au pape Innocent X, tandis que la feneslella confessionis fut placée par Innocent III. Le sarcophage même de l'apôtre se trouve au-dessous du petit puits. La grille dorée qui ferme la chambrette de la confession a été exécutée sous Innocent III. A la partie supérieure, on lit ces vers :

+ SIC CVM DISCIPVLIS BIS SEX CHRISTVS RESIDEBIT CVM REDDET P0PVLIS CVNCTIS QV0D QVISQUE MEREBIT

+ TERCIVS HOC MVNVS DANS INNOCENTIVS VNVS SIT C0MES IN VITA TIBI PETRE-COHISRAELITA

On verra ici une coupe du monument que nous venons de décrire : A, l'absidiole; B, le pavement; C, l'orifice du puits qui commence en D, pratiqué dans une maçonnerie. A une profondeur de 35 centimètres, il communique avec une chambre G dont le plafond est formé par une plaque de marbre et qui est obstruée par les débris jetés par ordre du pape Clément VIII. A l'aide d'une longue tige de fer, introduite dans ces débris, on tenta d'y pénétrer sans pouvoir réussir au delà de 50 centimètres. La dalle de marbre F est percée d'un trou carré correspontant à l'orifice du puits. Elle a perdu son aplomb, elle est brisée en deux parties qui se sont affaissées vers le milieu, les extrémités restant engagées dans la maçonnerie. L'ouverture n'est pas non plus d'une parfaite régularité : un seul angle a ses arêtes droites, les autres ont été endommagés. Tous ces détails sont sans doute difficiles à expliquer par un simple accident; on peut penser qu'il y a eu violence, par exemple de la part des Sarrasins qui, en 846, occupèrent pendant plusieurs jours la basilique vaticane. Toutefois, cette violence resta manifestement sans succès, puisque la dalle est encore adhérente aux murs dans lesquels elle était fixée (fig. 10643).

Les monuments qui remplissent les cryptes vaticanes appartiennent à des époques très différentes; ils y ont été disposés pour la plupart sous Paul V (1605-1621) et Urbain VIII (1623-1644). quelquesuns ont pris place depuis lors. L'ordre en a été plusieurs fois modifié, si tant est que l'on puisse donner le nom d'ordre au désordre. Dans l'énumération qui va suivre, on limitera la mention et la description aux seuls monuments des neuf premiers siècles. Chaque monument ou fragment est surmonté d'un numéro; nous suivons cet ordre.

de supporter un objet assez pesant. — ' Registr., lib. IV, ch. xxx, P. L., t. i.xxvii, col. 701 sq. — ' Liber pontificalis, t. il, Léon III.

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7. Sarcophage, du ve siècle environ, dont le couvercle portait ces mots :

CONSTANTI LO CVS QVI ADVC COS j0£&- TAT

Bibl. : A. Bosio, Roma sotterr., 1632, 1. II, c. vm; Sarti et Settele, De Vatican, crypt. appendix, 1840, p. 16; D. Dufresne, Crypt. vatic, 1902, p. 8, n. 7; [Diehl, Jaser. M. christ, vel., 3531 B].

10. Fragment d'une bulle de Grégoire III (731- 741) qui déposa dans le chœur des chanoines de Saint-Pierre un grand nombre de reliques et prescrivit les dispositions à prendre à leur égard, dispositions adoptées par un synode romain de 732 et gravées sur marbre. J.-B. de Bossi en a reconstitué le texte en s'aidant de deux fragments fixés dans la chapelle de Sancta Maria de Febri et de la sylloge de

10643. — Coupe du puits.

Petrus Sabinus, composée en 1494; on lui doit ainsi le texte et les signatures du concile romain du 12 avril 732. Après lui, M. Giinther retrouva le texte intégral dans deux manuscrits du ixe siècle : Munich lat. 6355 et Vatic. Beg. 1021, contenant chacun la collection canonique dite Dionysio-Hadriana. D'une confrontation instituée entre ces différents textes, il ressort que l'exemplaire d'après lequel nous viennent les deux copies du ixe siècle a été fait directement d'après l'inscription lorsqu'elle était encore entière comme on peut s'en convaincre en la voyant se conformer aux bévues du lapicide; d'autre part, les suppléments proposés par De Bossi sont généralement justifiés. Celui-ci a eu raison de soutenir que la formule : prœsedente sanctissimo ac ter beatissimo Gregorio papa sec. iun. (secundus junior) doit s'interpréter non de Grégoire II, mais de Grégoire III. La longueur de ce document ne permet pas de lui donner place ici.

Bibl. : De Bossi, dans Annali dette scienze religiose di Roma, 1854, p. 1-5 : Due monumenti inediti spettanti a due concilii romani dei secoli vm e xi ; Inscript, christ, urb. Rom., t. n, part, i, 1888, p. 412- 417; O. Gïmther, Kritische Beitràge zu den Akten der rômischen Synode vom 12 April 732, dans Neues

Archiv der Gesellschajt fur altère deutsche Geschichtskunde, t. xvi, 1890, p. 237-249; De Bossi, Scoperta del lesto completo degli atti del sinodo romano dell' anno 732 incisi in marmo nella basilica vaticana, dans Bull, di arch. crist., 1890, p. 154-155; D. Dufresne, Crypt. vatic, 1902, p. 10-11; Hefele-Leclercq, Histoire des conciles, t. ni, part, n, 1910, p. 681- 685, où nous donnons le texte.

16. Statue de S. Pierre, en marbre, ancienne; la tête a été refaite au Moyen Age, les mains à la Benaissance (voir Dictionn., t. xiv, col. 1368, fig. 10445).

26. Éloge de S. Boniface IV (608-615) en vers léonins (voir Dictionn., t. xm, col. 1229, fig. 9677).

27. Inscription contemporaine d'Hadrien Ier (772- 795), relative à une déposition de reliques, en l'année 783. Paléographie, peu soignée, beaucoup de

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10644. - D'après D.

Inscription contemporaine d'Hadrien Ier.

Dufresne, Les cryptes uaticanes, 1902, p. 21.

lettres conjointes, fautes d'orthographe : sum pour sunt, reliquias pour reliquix, binea pour vinea, nobebri pour novembri. Au dire de Grimaldi, cette inscription se trouvait dans la chapelle du pape Jean VII. Sarti en avait donné un bon croquis et J.-B. De Bossi a retrouvé le texte dans la sylloge de Petrus Sabinus (fig. 10644) :

Temporibus Dni Adriani papse. hic recondita sunt reliquias Sanctorum. In mesem Nobebri. Die xu. Ind. septima binea clusura. In Integra qp. In Sepliniana Atmviolve gina malu fecit

lign. 2, il faut lire reliquise sanctorum et die XXII. La dernière partie mentionne une fondation destinée à l'entretien des lampes qui brûlaient devant les reliques; on assigne à cette fin le revenu brut d'une vigne close située près de la porte Septimienne. Les derniers mots font allusion à ceux qui violeraient cette prescription.

Bibl. : O. Panvinio, dans ms. Vatic. 7010, fol. 100; Grimaldi, dans Ms. Barberini xxxiv, 50, fol. 94; Torrigio, Grotte Vatic, p. 81 ; Dionysius, Crypt. vatic. monum., p. 38, pi. xvn, 2; Marini, dans A. Mai,

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Vêler, scripl. nova coll., t. v, p. 44, n. 2; Sarli et Settele, Appendix, p. 25 : De Rossi, Inscr. christ, urb. Rom., t. n, lre part., p. 431, n. 70; D. Dufresne, Crypt. vat., 1902, p. 20-21, n. 27, flg.

28. Portrait en mosaïque de Jean VII (voir Dictionn., t. vu, col. 2197-2212; t. xm, col. 1243, flg. 9680); la présence du nimbe carré montre que ce portrait fut exécuté du vivant du pape.

29. Inscription sur marbre placée au-dessus du portrait (voir Dictionn., t. xm, col. 1244, flg. 9681).

30. Table de marbre sur laquelle sont gravées trois oraisons pour le repos de l'âme de Grégoire III (731-741) (voir Dictionn., t. xm, col. 1247, flg. 9682).

33. Emplacement du tombeau où reposèrent Léon I" (f 461), Léon II (f 683), Léon III (t 816), Léon IV (j 855). Le pape Serge Ier, en 688, transféra le corps de S. Léon Ier devant la façade de la basilique; Léon IV le fit transporter près de l'abside, à gauche de la Confession, et Pascal II (1099-1118) lui réunit ses trois homonymes.

38. Épitaphe d'un sous-diacre, trouvée en 1617 devant la façade de l'ancienne basilique, près de la porte Sainte; le défunt appartenait à la VIe région ecclésiastique, celle du Vatican :

LOCVS MARCELLI SVBDRËCSEXTE CONCESSVM SIBI ET P0S TERIS EIVS A BEATISSIMO PAPA IQANNE

Qvivixij ANNPMLXVIIIDËP~PC-BASILI VC ÂNN XXII ÎND • XI • VNDECIMV KÂI ■ IANVARII

i,a date assignée est la 22e année du post-consulat de Basile, par conséquent 563, et le pape mentionné est Jean III (561-574).

Bibl. : De Rossi, Inscr. christ, urb. Romœ, t. i, n. 1096; [Diehl, 1241].

39. Voici une autre concession de tombe sur. laquelle est mentionné le pape Hormisdas et un prœpositus de la basilique vaticane. Le défunt avait été tribunus voluptatum.

+ FL • MAXIM0 VC CONjsu/e

CONCESSVM LOCVM PE \tro? (v. s. praef. nnn. urb.)?

ROME EX .'TRB .V0LVPTJ«fH/7i

ET CONIVCI EIVS IOHAN(na> sp. f. u. domino

PAPA HORMISDA ET TRA NS Uundo

PRAEPSTBASC BEATI PETRJI aposloli

Flavio Maximo v. c. consule... concessum locum Petro? (viro spectabili prœfecto annonse Urbis? ) Romœ, ex tribuno voluptatum... et conjugi ejus Johannae spectabili feminw a domino papa Hormisda et Transmundo prœposito basilicie beati Pétri aposloli.

Ce Flavius Maximus avait la surveillance des jeux et plaisirs publics. De Rossi a conjecturé qu'il devint ensuite priefectus annonie Urbis, titre supérieur à celui de priefectus voluptatum et cependant de même ordre; le titre de priefectus Urbis qui, dans l'inscription appellerait le nom de Rome, est d'un autre ordre.

Bibl. : Bosio, Roma sotterranea, p. 106, et une multitude qui l'a suivi; enfin De Rossi, Inscr. christ, urb. Rom., t. i, p. 448, n. 989, qui y voit multa notatione dignissima... sed nunc non est his explicandis locus; [Diehl, 110].

43. Épitaphe de deux nnlarii F.cclesiie Romanie et d'un sous-diacre :

LOC DVLCITI ET EVTICHITIS-NOT- ECCLROMQ-C P-RBR + LOCVS PETRI SVBDIACONISANCTE ECCLESIAE ROMANE RECPRIMAE QVEM CONPARAVIT es SE BIVVM

Sur les notaires ecclésiastiques, voir Dictionn., t. xn, col. 1623-1640. On connaît un notaire Dulcitius qui était en relations avec S. Augustin qui lui adressa son livre : De octo Dulciiti questionibus

(P. L., t. xi, col. 147 sq.). Est-ce le même? — Il faut lire la fin de la première ligne : q(uem) c(om)p(a)r(a)b(e)r(unt). Le sous-diacre Pierre appartenait à la Ire région : Aventin et voie Appienne.

Bibl. : D. Dufresne, Crypt. vatic, 1902, p. 27- 28, n. 43; [Diehl, 1242].

45. Épitaphe trouvée dans la démolition de la basilique constantinienne :

+ LC I0HANNIS ALICENS/s SE VIBO CONPARAVIT PC VIATORIS Alicensis désigne Halycse (aujourd'hui Salemi) en Sicile. Le post-consulat de Viator est l'année 496. Bibl. : De Rossi. Inscr. christ, urb. Rom., t. i, p. 407, n. 916; D. Dufresne, Crypt. vatic, p. 28, n. 45; [Diehl, 3727 F].

47. Inscription damasienne rappelant les travaux entrepris par les soins du pape S. Damase pour préserver les tombeaux de l'humidité et canaliser les eaux de la colline vaticane dont elles alimentèrent le baptistère :

Cingebant lalices monlem teneroque meatu... (Voir Dictionn., t. iv, col. 168-169, n. 4.)

49. Fragment du rescrit impérial en faveur des biens ecclésiastiques et du clergé, provenance inconnue; mention de trois empereurs qui pourraient avoir été Gratien, Valentinien II et Théodose (379-383).

Bibl. : D. Dufresne, Crypt. vatic, p. 30, n. 49; Corp. inscr. lai., t. vi, n. 31982.

50. Mosaïque ayant fait partie du ciborium de l'oratoire de Jean VII et représentant la Vierge Marie et l'enfant Jésus.

Bibl. : D. Dufresne, Crypt. vatic, 1902, p. 30-31, n. 50.

76. Épitaphe de Catellus (voir Dictionn., t. xu, au mot Noms propres), mort en 502.

Bibl. : De Rossi, Inscr. christ, urb. Romœ, t. i, p. 411-414, n. 927.

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