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oratorium sancti Peregrini qui ponitur in hos

pilale dominico ad Naumachiam.

VIII. Les titvli ou églises presbytérales. — Les tituli ou « titres » sont les églises de Rome les plus anciennes gouvernées par des prêtres dont la paroisse embrassait un district de la ville. On connaît l'existence de vingt-cinq églises presbytérales au ve siècle; c'est le nombre régulier consacré, semble-t-il, par l'usage et par la législation; ce nombre s'est conservé jusqu'en l'an mille. C'est le pape Calixte II (1119-1124) qui, le premier, fixa le nombre des titres à vingt-huit.

Le Liber pontiftcalis avance dans la notice du pape Évariste, au début du ne siècle, que les tituli furent institués par ce pape : Hic lilulos in urbe Roma dividit presbiteris '. Déjà dans la notice du pape Clet, le même auteur attribuait à ce pape l'établissement de vingt-cinq prêtres à Rome. Il nous apprend qu'au vie siècle ce chiffre était devenu traditionnel; on attribuait au pape Urbain vingtcinq patènes d'argent pour les messes stationales, et au pape Hilaire (4G1-468) vingt-cinq vases sacrés pour ces mêmes stations; enfin, ce qui est plus audacieux, le rétablissement des vingt-cinq titres par le pape Marcel (308-309) : XXV titulos in urba Roma constituil, quasi diœcesis, propter baplismum et penitentiam. Nous sommes sur un terrain plus solide avec le concile romain du 1™ mars 199 qui a conservé les noms des prêtres titulaires'-; on y lit les noms des litres et ceux des prêtres qui les gouvernaient présents au concile. Un siècle plus tard, sous le pontificat de S. Grégoire le Grand, le 5 juillet 595, un autre concile romain nous a encore conservé les « titres » de Rome 3. Cette liste confirme pleinement le catalogue antérieur; les noms de vingt et un titres sont absolument identiques, et pour les quatre autres, des présomptions permettent de les mettre d'accord.

1 Liber pontiftcalis, édit. Duchesne, 1. 1, p. 126. — * Mansi, Cône, ampliss. coll., t. vin, col. 2.'i5; Thiel, Epist. Rom. pont., p. 651; Hefele-Leclercq, Hist. îles conciles, t. n, p. 947 sq.; Mommsen, Monum. Germ. hist., Auctores antiquissimi, I. xii, p. 399 sq. — s S. Grégoire, Registr., édit. Ewald et Hartmann, Monum. Germ, hist., Rpistuliv, t. î, p. 366. 1 1.. Duchesne, Les titres presbytéraux et les diaconies, dans Mélanges d'archéol. et d'hist., t. vu, 1887, p. 217-243. — '- II. (irisar, Hist. de Rome et des papes an Moyen Ane, t. i, p. 154-157. — " LK. Vielliard, Recherches sur les origines de la Rome clirétienne, p. 25-49.] — 7 L. Duchesne, Xotes sur la topographie de Rome au Moyen Age, dans Mél. d'archéol. et d'hist., t. vu, 1887, p. 20, 28. — ' hpitaphe des prêtres Proclinus et Ursus titulus Byzanti, De Rossi, Bull,

Le concile de 595 ne nomme que vingt-quatre églises; mais il n'est pas douteux qu'il faille y ajouter la basilique de Sainte-Anastasie qui paraît avant et après le pontificat de S. Grégoire Ier comme un « titre ». A ce concile souscrit pour chaque églisetitre un seul prêtre, tandis qu'au concile de 499 il y en a régulièrement plusieurs et comme les titres portaient des noms différents, il en résulte quelque incertitude pour l'établissement de la liste. Il y a en 499 cinq titres qu'on ne retrouve pas en 595 (ceux de Saint-Mathieu, de Saint-Nicomède, de Sainte-Crescentienne, de Saint-Tigridas et de Saint-Romain [?|. Par contre, il lui manque trois titres qui existent sous Grégoire Ier, ceux de Saint-Sixte, des Saints-Marcellinet-Pierre et de Sainte-Balbine.

Nous allons mentionner les titres suivant l'ordre des régions, d'après H. Grisar 4 [qui reprend, avec quelques corrections de détail, l'analyse de L. Duchesne qui, le premier, a débrouillé l'histoire des titres romains dans un remarquable mémoire 5 dont la thèse fondamentale s'est trouvée confirmée par les recherches ultérieures qu'elle a inspirées "].

« Dans la lre région (porte Capène) se trouvait le Titulus S. Xysti, dédié au célèbre pape martyr de la catacombe voisine de Saint-Calliste. C'est au concile de 595 que nous trouvons Saint-Sixte mentionné sous ce nom et comme titre; peut-être est-il le même que le Titulus Crescentianœ de 499 que l'on n'a pu déterminer '.

•> La 2e région (Ca?limontium) possédait deux titres. Celui de Byzantus ou de Pammachius, dit aussi des Saints-Jean-et-Paul, du nom des deux saints martyrs qu'on y honorait, est désigné sous le premier de ces noms dans une inscription du temps d'Innocent 1er (401-417), sous celui de Pammachius au concile de 499, sous celui des SS. Jean et Paul pour la première fois dans le Liber pontiftcalis (vers 530) '. — Le second titre de la 2e région était celui que l'on appelle encore aujourd'hui des Quatre couronnés. Il existait dès le ive siècle, d'après une notice du martyrologe hiéronymien, et a dû porter d'abord le nom de Titulus .-Emilianae qui paraît au concile de 499 »; à celui de 595, il était appelé Titulus SS. Quatuor Coronatorum.

« Dans la 3e région (Isis et Serapis), s'élevaient quatre titres. L'existence du Titulus démentis dès le temps de saint Damase (366-384) est garantie par une inscription damasienne l". — Le Titulus SS. Marcellini et Pétri, qui a gardé ce nom, n'apparaît qu'en 595 et a été transporté à cette église de l'église voisine de Saint-Matthieu in Merulana ll. — Le 3e titre, dit Titulus apostolorum ou ad vincula sancti Pétri ou encore Titulus Eudoxiœ, paraît pour la première fois au concile d'Éphèse, où le représentant de l'évèque de Rome et l'un des présidents de l'assemblée, Philippe, souscrit « prêtre de l'église des Apôtres ». Sous Sixte III (432-440), cette église fut reconstruite aux frais de la famille impériale d'Orient, et particulièrement de la princesse Eudoxie.

di archeol. crist., 1877, pi. m-iv; Liber pontiftcalis, édit. Duchesne, t. i, p. 236. — Titulus Pammachii, cf. De Rossi, Inscr. christ, urb. Romœ, t. n, part. 1 (1888), p. 150; c'est le Pammachius dont il a été question au -s 18. - Le Liber pontiftcalis nomme sous Symmaque (•; 78) un prêtre, Gordien, du litre des Salnts-Jean-et-Paul. — * Marigrologlum hteronymianum, 8 novembre, dans Acta sanct., novembr., t. n, p. |141| : Ad Celio monte. Cf. L. Duchesne, Notes sur la topogr., p. 21, 28. — l0 De Rossi, Bull, di archeol. crist.. 1870, p. 148. (Voir Uictionu., l. m, au mol Clément.) — 11 L. Duchesne, Notes sur la topographie île Home au Moyeu Age, p. 28. Le titulus Nicomedis de 499 pourrait, d'après Duchesne (p. 29), être Identique à S. Matthieu iu Merulana.

ROME. LES EGLISES AU MOYEN AGE

C'est le Liber pontiftcalis (vers 530) qui la nomme pour la première fois a vinculis sancti Pétri; elle en a gardé le nom de Saint-Pierre-ès-liens * (voir Dictionn., t. ni, au mot Chaînes). — Enfin la 3e région comprenait le Tilulus Equitii ou Silvestri construit sous le pape Silvestre Ier par le prêtre ./Equitius sur sa propriété. Il reste quelques parties de l'ancien bâtiment près de l'église actuelle des Saints-Silvestre-et- Martin ai Monti 2.

« La 5e région (Esquiliœ) ne possède aussi qu'un titre, celui de Saint-Eusèbe, qui, nommé dans le martyrologe hiéronymien, existait par suite au ve, voire au ive siècle 3.

« La 6e région (Alla Semita) comporte quatre titres : le Tilulus Vestinae appelé plus tard Sancli Vitalis, fondé sous Innocent Ier (401-417) par la matrone Vestina 4. — Le Tilulus Gaii ou Susannœ, dont le martyrologe hiéronymien précise l'emplacement « près des deux palais qui avoisinent les « thermes de Dioclétien 5 ». — fee Titulus Cyriaci, aujourd'hui disparu, dont la première mention sûre se lit dans le concile de 499 6. — Enfin le Titulus Pudentis ou Pudentianœ (Sainte-Pudentienne), qui apparaît dès 384 sur l'épitaphe d'un lecteur sous la forme de Pudentiana (voir Dictionn., t. vm, col. 2252,

« Dans la 7e région (Via lata), il n'y a qu'un titre, le Titulus Marcelli, dit aujourd'hui Saint-Marcel in Corso. Le Liber pontiftcalis en fait remonter l'établissement à l'évêque de Rome Marcel (308-309) 7. Le préfet de Rome, Symmaque, mentionne cette église dans une lettre de 418 8.

« La 8e région (Forum romanum) ne contient pas de titre.

« La 9e région (Cirais Flaminius) en contient trois. Le Titulus Lucinse ou S. Laurentii in Lucina se rencontre d'abord dans l'histoire du pape Damase, qui y fut élevé sur le siège de S. Pierre ". — Un second titre porte le nom de Titulus Damasi ou Sancti Laurentii in Damaso parce que Damase reconstruisit l'église et fonda le titre d'après le Liber pontiftcalis 10; d'ailleurs des inscriptions de ce pape confirment ce caractère historique de l'église ". — Le dernier titre de cette région était celui de Saint-Marc, Tilulus Marci, fondé par le pape Marc (336) n.

« La 10e région (Palatium) ne possède aucun titre.

« La 11e région (Circus Maximus) n'en a qu'un, le Titulus Anaslasise, la célèbre église du Vélabre, au pied du Palatin (voir Dictionn., t. i). On la trouve dès le temps de Damase, et la chapelle baptismale

1 Sur la fondation du titre, cf. Liber pontiftcalis, dans la notice du pape Silvestre, n. 34, avec la liste des donations. — 2 De Rossi, Bull, di archeol. crist., 1882, p. 65. — ' Martyrol. hieron., 14 août, dans Acta sanct., nov. t. II. — 4 Liber pontiftcalis, notice d'Innocent Ier, n. 57. L'auteur emprunte sans doute à un très ancien inventaire de l'église tous les détails qu'il donne sur la fondation et la dotation.

— s Martyrol. hieronym., 11 août : ad duas domus juxta Diocletianas. — * L'église a disparu dès le xve siècle. Pour son emplacement, voir Lanciani, Forma urbis Roma\ pi. x.

— ' De Rossi, Inscr. christ, urb. Rom., t. i, p. 153, n. 347. Sur les traditions qui rattachent à ce titre la mémoire de S. Pierre, cf. De Rossi, Bull, di archeol. crist., 1867, p. 4'A, 49 sq. Les actes des SS. Praxède et Pudentienne sont apocryphes sous leur forme actuelle. La commission établie en 1741 par Benoît XIV disait d'eux : parum sinecra... nulla fide digna et des seconds corrupta... fabulosa. — 8 Liber pontiftcalis : Lucina vidua... domiim suam nomini beati Marcelli titulum dedicavit; cf. Baronius, Annales, ad ann. 418, n. 79, pour la lettre de Symmaque. On peut avec L. Duchesne, Noies, p. 27, rechercher ce titre dans le Titulus Romani, ainsi nommé évidemment par suite d'une erreur, dans le concile de 499; il faudrait lire dans la souscription Romanus tituli Marcelli au lieu de Marcellus lituli Romani. — 9 Libellus precum, praef., n. 2, P. L.,

en fut érigée en 403 par le préfet de Rome Longinianus 13.

« La 12e région (Piscina publica) contient deux titres : le Titulus Fasciolx devenu plus tard Tilulus sanctorum Nerei et Achillei qu'on rencontre pour la première fois en 377, sur l'épitaphe du lecteur Cinnamius Opas u, puis en 400 dans deux autres inscriptions 15 et le Titulus Balbinœ, mentionné pour la première fois au vie siècle dans une épitaphe sacerdotale ls.

« Dans la 13e région (Aventinus) deux titres : le Titulus Sabinœ où on peut lire encore sur une mosaïque la magnifique dédicace qui parle de son érection sous le pontificat de Célestin (422-432) ", — le Titulus Priscœ dont le nom se trouve sur l'épitaphe d'un prêtre, du ve siècle environ ls et qu'il faut peut-être identifier avec le Titulus Tigridze du concile de 499 19.

« Dans la 14e région (Transtiberim) trois titres complètent le chiffre de vingt-cinq; ce sont le Titulus Julii ou Julii et Callisti, ou encore Sanctœ Marim (au Transtévère) fondé par le pape Jules (337-352). — Le Titulus Cœciliœ (Sainte-Cécile) existait sûrement au iv° siècle, comme on peut le conclure du martyrologe hiéronymien 2tl. — Enfin le Titutus Chrysogoni (Saint-Chrysogone), si l'on fait abstraction des légendes qui se rattachent à son origine, est mentionné pour la première fois au concile de 499 21. »

Ainsi les vingt-cinq tituli, sauf celui de Cyriaque transféré à Sainte-Marie in via lata, se sont conservés à Rome grâce, en partie, à l'institution ecclésiastique des cardinaux-prêtres. Ceux-ci exerçaient, dès le ive siècle, des fonctions qu'on peut comparer à celles des curés. Il en était pour les plus anciens tituli comme pour les plus anciennes catacombes, leur vocable était tiré du nom du fondateur; c'est plus tard qu'on y substitua les noms de martyrs ou de saints et l'emploi du terme sanctus ne devint obligatoire que depuis le ve siècle, mais on a toute raison de soupçonner que les tituli existaient en majorité au ive siècle et que certains parmi eux remontent même au me siècle.

Des indices qui ne sont pas négligeables favorisent cette opinion. C'est ainsi que nous voyons des tituli restaurés ou même reconstruits au début du ve siècle; ils existaient donc depuis longtemps déjà. Le choix de leur emplacement apporte un autre indice : car les « titres » se tiennent en général loin du centre de la ville, abandonné aux monuments de la vie publique païenne. Par exemple la région du Temple

t. xiii, col. 82. — 10 Liber pontiftcalis, t. i, Damasus, n. 54.

— " Inscription concernant la construction d'un bâtiment pour les archives de l'église et inscription do l'abside de l'église. De Rossi, Inscr. christ., t. n, part. I, p. 134, n. 5; p. 135, 151. — la Liber pont., t. i, Marcus, n. 49. — " L. Duchesne, Notes, dans op. cit., p. 387 sq. Une inscription du ve siècle nous apprend que Damase y fit exécuter des peintures (ibid., p. 396). Cf. De Rossi, Bull., 1877, p. 8; Sarti, Append. ad Dionysii crypt. val., p. 91 ; pi. xxxm. Sur Longinianus, L. Duchesne, Notes, p. 394; Grisar, Analect. Romana, t. i, diss. xiv. — » De Rossi, Inscr. christ, urb. Rom., t. i, p. 224, n. 262. — ,s De Rossi, Bull, di archeol. crist., 1879, p. 92; 1875, p. 51 . — >6 De Rossi, Roma sotterr., t. m, p. 515.

— " De Rossi, Mosaici crisliani, fasc. 3-4; H. Grisar. Analecta Romana, 1. 1, p. 88, 146, pi. i, n. 2. — 18 G. Marchi, Monumenti primitivi, 1844, p. 26. — " L. Duchesne, Notes sur la topogr., p. 27, 28. Sur les traditions locales concernant Aquila, Prisca et Pierre, cf. De Rossi, Bull, di archeol. crist., 1867, p. 44 sq. — " Martyrol. hieronym., 22 nov., dans Acta sanctorum, nov., t. n, p. [1461; cf. M. Armellini, Le chiese di Roma, 2e édit., p. 669 sq. — 2I Inscriptions de 521 et de 522 mentionnant des prêtres de ce titre : De Rossi, Inscriptiones christianse urbis Romœ, t. i, p. 440, n. 975; p. 442, n. 977; Roma solterranea, t. m, p. 519, 522.

2 s or,

ROME. LES EGLISES AU MOYEN AGE

de la Paix ne possède qu'un titre, éloigné du Forum; le Forum romain et le Palatin n'ont aucun titre; la région du Cirque Maxime n'en a également qu'un, le Titulus Anastasiœ et elle le doit à la résidence impériale devenue chrétienne sur le Palatin. Tous les autres titres presbytéraux doivent être cherchés [« dans une même zone, qui s'éloigne assez peu, à droite et à gauche du mur de Servius Tullius » : ce sont les quartiers qui, à la lumière des découvertes archéologiques, nous apparaissent, dans la Rome du me siècle, « en plein épanouissement : ...c'est sur cette bande relativement étroite qu'était obligée de vivre presque toute la population romaine, resserrée qu'elle était entre la verte ceinture des grands parcs, propriétés impériales, d'une part, et d'autre part, le centre de Rome, quartier de la vie publique où les bâtiments officiels laissaient peu de place aux simples maisons d'habitation » '.

Le nom même des titres, tituli, nous invite, lui aussi, à remonter vers la même époque : litulus, c'est le titre de propriété immobilière, et par extension la tablette de marbre portant le nom du propriétaire que les maisons romaines présentaient, bien en vue, en guise de numéro 2. Les titres romains portent sur les plus anciens documents non celui d'un saint patron, comme il deviendra de règle à partir de la deuxième moitié du ive siècle, mais celui de simples particuliers : sans doute des chrétiens généreux qui avaient fait don à l'Église d'un immeuble utilisé pour les réunions liturgiques : ce « mode primitif de propriété, certainement antérieur à la législation constantinienne, indique que l'organisation titulaire a été établie... à une époque où la propriété ecclésiastique n'existait pas de plein droit,... avant les dernières confiscations, c'est-à-dire au plus tard à la fin du me siècle 3 ».

L'analyse des monuments a, dans plusieurs cas privilégiés, permis de confirmer cette induction (cidessous, XI. Chronologie des églises de Rome).]

IX. Les églises non titulaires dans Rome. — Toutes les églises de Rome n'avaient pas le titre de paroisses et cette circonstance n'enlevait rien à leur éclat. C'est ainsi que la basilique qui occupait le premier rang entre toutes les églises était le Latran (voir Dictionn., t. vm, à ce nom), où le pape avait sa chaire. Venait ensuite la basilica Liberii, aujourd'hui Sainte-Marie-Majeure (voir Dictionn., t. x, à ce nom) qui remontait au pontificat de Libère (voir Dictionn., t. ix, à ce nom) (352-366) : Hic fecit basilicam nomini suo juxta macethim Libiœ; reconstruite sous Sixte III : Hic fecit basilicam sanctœ Mariœ, quœ ab antiquis Liberii coqnominabatur , juxta macelluin Libiie, ubi et oblulit hoc. A l'origine de cette basilique, la légende médiévale attacha un miracle dont le Liber pontiftcalis ne dit rien, pas plus d'ailleurs que le pape Sixte dans la longue dédicace épigraphique en vers. Rappelons d'un mot que le récit d'un emplacement marqué par une couche de neige au début du mois d'août n'obtenait pas l'acquiescement de la commission instituée par Benoît XIV, en 1741, pour la réforme du bréviaire. En conséquence, elle demandait la radialion des leçons qui relatent le miracle et l'abandon du vocable Sancta Maria ad Nives, pour le retour à celui de Dedicatio sanctœ Mariœ.

Une troisième église portait le nom de Basilica

1 R. Vieillard, Recherches sur les origines de la Rome chrétienne, p. 47 et pi. n (les titres primitifs et les domiis privées attestées au m" siècle). — ' Daremberg et Saglio, Diction, des Antiquités, au mot Tittdus. — J R. Vielliard, op. cit., p. 28. — ' Liber pontiftcalis, t. i, p. 228, n. 1 ; t. Il, p. 11, n. 61. — 6 Eckart, Comment, de rehns Franc, orient., t. I, p. 831 ; De Rossi, Roma sotterranea, t. i (1863), p. 138 sq. — • D'abord Sancta Maria Maior,

Jérusalem ou Sessoriana ou encore Heleniana. Elle remontait au règne de Constantin qui l'avait établie dans une salle du palais habité par sa mère : Fec;Y basilicam in Palatio Sessoriano, ubi etiam de liqno sanctœ crucis Domini nostri Jesu Christi... quœ cognominatur usque in hodiernum diem Hierusalem.

Sur l'Esquilin et non loin de la basilique Libérienne se trouvait une basilique fondée, entre 471 et 483, par le magister militum Valila; l'édifice appartenait à la famille des Junius Bassus; elle portait le vocable de Sanctus Andréas in catabarbara; elle n'existe plus.

Parmi les églises de cette catégorie, il faut mentionner encore pour la période des ive et ve siècles : la basilica Julia élevée par le pape Jules Ier dans la 7e région près du forum de Trajan, restaurée vers 561 par les papes Pelage II et Jean III, consacrée aux apôtres Philippe et Jacques (aujourd'hui des Douze Apôtres); la basilique de Saint-Etienne et de Sainte- Bibiane sous le pape Simplice (468-483), la première dans la 2e région, sur le Cœlius, dans le Macellum magnum, la seconde sur l'Esquilin, près du Palatium Licinianum, toutes les deux encore existantes; il en est de même pour Sainte-Agathe-des-Goths (voir Dictionn., t. i, au mot Ariens) et la basilica Theodorœ dont on ignore l'emplacement, et qui existait en 418 4.

En plus de ces églises, il faut rassembler les noms de quelques autres qui nous sont connues par les Itinéraires. Le De locis sanctis martyrum quœ sunt foris civitalis Romœ 5 contient un chapitre final intitulé : Istœ vero ecclesiœ intus Romœ habentur, qui mentionne vingt et une basiliques et laisse en blanc la place de cinq autres. Parmi ces églises du vne siècle, on trouve mentionnées * : Sancta Maria Antiqua, au Forum (voir Dictionn., t. v, à ce nom); Sancta Maria Rolonda (le Panthéon, depuis le commencement du vne siècle); les Saints-Côme-et-Damien; Saint- Hadrien (aussi depuis le commencement du vii* siècle); Saint-Georges au Vélabre; Saint-Michel archange ' : très vraisemblablement l'église des Saints-Michelet-Magnus, près Saint-Pierre, agrandie par le pape Symmaque et dotée par lui d'un escalier; enfin Saint-Boniface s, martyr, où, d'après la liste, » repose le corps du saint martyr ». On lit : Basilica Boni/acii marlyris, ubi ipsi dormit.

Ces églises sont, avec celles que nous avons déjà citées, les plus importantes de l'époque, situées dans la ville même et qui ne sont pas des « titres » presbytéraux. Sans être des paroisses au sens des « titres », c'étaient des centres où s'exerçait le ministère pastoral, où on distribuait les sacrements, où se réunissaient enfin des assemblées liturgiques régulières 9.

Il faut établir une distinction entre ces églises urbaines et les chapelles funéraires, lieux de culte situés en dehors de la ville et qui avaient été affectées aux martyrs les plus populaires de la communauté romaine. Celles-ci non plus n'étaient pas des tiluli, mais on les désignait couramment sous le nom de basilicœ cœmcteriales: elles formaient une autre série de lieux de culte très renommés appartenant à l'administration ecclésiastique de la cité.

X. Les églises funéraires hors de Rome. — Au delà de l'enceinte d'Aurélien, il n'est plus question

sur l'Esquilin. — ' Probablement la « basilique • dont parle le Liber pontiftcalis dans la notice de Symmaque (498-514) qui l'agrandit et la pourvut d'eau et d'escaliers (t. I, p. 262, n. 20); L. Duchesne, Noies sur la topographie, p. 36. — * Actuellement Saint-Alexis. — [• R. Vielliard, Recherches sur les origines de la Rome chrétienne, p. 51-7.5 : « L'épanouissement dans la paix.de Constantin à Alaric ».]

ROME. LES ÉGLISES AU MOYEN AGE

de « titres », mais d'églises élevées le long des différentes voies d'accès à Rome. A peine est-il besoin de rappeler la loi qui interdisait l'inhumation des cadavres dans l'intérieur de la ville; c'est au delà des murs qu'on enterrait les martyrs sur la tombe desquels la foi et la piété chrétiennes devaient s'empresser d'ériger deS édicules dont certains prirent dès avant la paix de l'Église le nom de cella (voir Diclionn., t. n, col. 2894, fig. 2287) ou d'oratoire (voir Dictionn., t. xn, col. 2346). Constantin croyait « sa gloire » intéressée à ce que ces édicules prissent des proportions et une magnificence auxquelles ne s'appliquait plus le titre de cella et il fit bâtir, sur des tombes vénérées, les basiliques de Saint- Pierre au Vatican, de Saint-Paul sur la voie d'Ostie, de Saint-Laurent-hors-les-Murs, de Sainte-Agnès-horsles-Murs et des Saints-Marcellin-et-Pierre sur la voie Labicane. Ces églises funéraires offraient entre elles une certaine similitude de plan nécessitée par la conformité de leur destination. En efïet, elles s'élevaient au-dessus de la tombe sainte dont elles respectaient la position, en sorte que le maître-autel surmontait la sépulture. Comme il n'arrivait pas qu'un martyr fût enterré isolément, mais toujours parmi une agglomération de tombes, il arriva que ces églises, que nous appelons funéraires, étaient, en réalité, des églises cimitériales, et nous pouvons les désigner en suivant l'ordre des voies romaines, à commencer par le nord.

Nous ne mentionnerons ici que les églises nommées par le Liber pontificalis pour la période rédigée vers 530; nous pourrions, il est vrai, ajouter que le Liber serait susceptible d'être complété par les anciens Itineraria du vne siècle, où on trouverait la mention de quelques églises très anciennes. Nous suivons ici la direction : nord, ouest, sud, est.

1° Voie Cornélienne : basilique de Saint-Pierre, construite par Constantin sous le pontificat de Silvestre Ier, restaurée par Léon Ier et pourvue d'un baptistère par Damase Ier.

2° Voie Aurélienne : église Saint-Pancrace, érigée par le pape Symmaque; — église de Sainte-Agathe du Transtévère, près de Saint-Chrysogone, construite sur la maison de saint Grégoire II, vers 725.

3° Voie de Porto : la basilique Julia, construite par le pape Jules Ier, au troisième mille sur le Cœmeterium ad Insalalos.

4° Voie d'Ostie : basilique de Saint-Paul-hors-les- Murs, élevée par Constantin, remaniée au ive siècle, consacrée à nouveau par Sirice, en 390; — église des saints martyrs Félix et Adauctus, retrouvée en 1904, élevée sur le cimetière de Commodille, restaurée par le pape Jean Ier (523-526) (voir Dictionn., t. ni, col. 2397-2399, fig. 3194).

5° Voie Ardéatine : la basilique de Marc, élevée par le pape de ce nom; — la basilique des Saints-Néréeet-AchilIée (voir Dictionn., t. xn, à ce nom), appelée parfois de Sainte-Pétronille et restaurée par le pape Jean Ier (523-526); — la basilique de Damase, du pape de ce nom.

6° Voie Appienne : la basilique des Apôtres ad Catacumbas et qui est devenue Saint-Sébastien (voir Dictionn., t. xm, au mot Pierre); basilique de Saint- Corneille, près du cimetière de Calliste. Sur ce point se trouvaient deux oratoires ou cellse, dédiés à S. Sixte II (voir Dictionn., t. n, col. 2894, fig. 2287) et à Ste Sotère (voir à ce nom), dont le Liber pontificalis ne parle pas, et ce ne sont pas les seuls.

1 L. Duchesne, Les titres presbytéraux et les diaconies, dans Mélanges d'archéol. et d'hist., t. vu, 1887, p. 217. — * E. Junyent, Il titolo di San Clémente in Roma, Rome, 1932, p. 82 sq. ; E. Junyent, La maison romaine du titre

7° Voie Latine : la basilique de Saint-Étienne fondée sous Léon Ier et retrouvée' de nos jours.

8° Voie Labicane : la basilique des Saints-Marcellin-et-Pierre, près du mausolée d'Hélène (Torre Pignattara).

9° Voie Tiburtine : la basilique de Saint-Laurenthors-les-Murs. Constantin l'avait fait construire au cimetière de Cyriaque dans VAger veranus. Sixte III y rattacha une basitica maior tandis que l'ancienne prit le nom de basilica ad corpus (voir Dictionn., t. vin, au mot Laurent). Plus tard le pape Félix III éleva dans le voisinage de ces deux églises une basilique de Saint-Agapit et le pape Simplice une basilique de Saint-Étienne.

10° Voie Nomentane : la basilique de Sainte-Agnès, élevée sous Constantin, souffrit des restaurations sous les papes Libère, Innocent et Symmaque; leur successeur Honorius Ier la fit reconstruire plus tard.

Il0' Voie Salaire : l'oratoire de Sainte- Félicité (voir Dictionn., t. v, à ce nom) sur le cimetière de Maxime, construit par le pape Boniface Ier et restauré par Symmaque; — la basilique de Saint-Saturnin sur le cimetière de Thrason. La grande catacombe de Priscille proche de cette route était signalée par une basilique érigée par le pape Silvestre et probablement remaniée par Jean Ier; ses restes remarquables ont été de nos jours ramenés à la lumière (voir Dictionn., t. xiv, au mot Priscille).

12° Voie Flaminienne : la basilique de Saint- Valentin située presque à mi-chemin entre la porte Flaminienne et le pont Milvius; cette basilique, de dimensions imposantes, avait été fondée par le pape Jules Ier, dans le voisinage immédiat du cimetière du saint, dans les rochers de Parioli. En 1888, on exhuma les fondations de cette basilique avec ce qui restait des colonnes et des tombeaux. C'était une basilique à trois nefs.

XI. Chronologie des églises de Rome. — [« Il ne s'est conservé aucun document qui permette de déterminer d'une façon certaine où se trouvaient, avant Constantin, les établissements chrétiens compris dans l'enceinte de Rome l. Il est possible, toutefois, d'arriver à quelques précisions fondées sur l'archéologie. Le nom porté, sur les plus anciens documents, par les titres presbytéraux suggère, nous l'avons dit, une origine antérieure à Constantin. » L'étude des monuments, là où il reste des vestiges de l'édifice primitif, a précisé, en les confirmant, les conclusions tirées de l'onomastique.

« Dans les titres de Clément, d'Anastasie, de Vizans (aujourd'hui Saint-Clément, Sainte-Anastasie et Saints-Jean-et-Paul), on a retrouvé les murs de maisons à plusieurs étages, les unes du nc, les autres du ni6 siècle, qui subirent toutes, au cours du me siècle, des remaniements profonds 2; par la suppression de murs de refend, ou même par la reconstruction partielle des étages supérieurs, on semble avoir voulu alors aménager les grandes salles de réunion où le culte liturgique fut célébré jusqu'aux grandes reconstructions du ive et du ve siècle.

« Au titre d'Equitius (aujourd'hui Saints-Sylvestreet-Martin-aux-Monts), la salle qui servit aux réunions liturgiques, sans modification aucune, jusqu'au vie siècle, existe encore, et son appareil permet de la dater du temps des Sévères 3.

« Dans les titres de Chrysogone et de Sabine (Saint-Chrysogone et Sainte-Sabine), les vestiges des sanctuaires primitifs retrouvés au cours de fouilles

de Ste Anastasie, dans Rioisla di archeol. crist., t. vu (1931), p. 91 sq. — 3 R. Vieillard, Les origines da titre de Saint-Martin-aux-Monts à Rome, Rome, 1931, p. 24-

H() M M. LES EGLISES AU MOYEN AGE

récentes, se rattachent au même type de constructions '. De même lé surnom ad duas Domus, que donne le martyrologe hiéronymien au titre de Gaius (Sainte- Suzanne), indique une installation de fortune qui convient mieux au me siècle qu'à l'époque de la paix 2.

« A la fin du ive siècle, les titres de Crescentiana et de Pudens (Saint-Sixte et Sainte-Pudentienne) furent reconstruits et agrandis : leur fondation n'était donc pas récente 3.

« Ainsi donc sur vingt-cinq titres que Rome comptait au ve siècle, les neuf qui viennent d'être énumérés ne sont pas postérieurs aux premières années du ive siècle 4 ».

On peut risquer la même hypothèse pour huit autres églises, « créées avant le développement du culte des saints par des fondateurs » aux « noms sans éclat » • :

Titulus JEmilianœ — Quatre-Saints-Couronnés

— Cyriaci = Saint-Cyriaque Fasciolœ = Saints-Nérée-et-Achillée

— Lucinse = Saint-Laurent-in-Lucina Nicomedis = Saints-Pierre-et-Marcellin

— Praxidee = Sainte-Praxède

— Priscx = Sainte-Prisque

— Tigridse = Sainte-Balbine

« On peut y ajouter trois autres titres : ceux de Calliste et de Cécile (Saint-Calliste et Sainte-Cécile) en connexion avec les fameux cimetières du me siècle et le titre de Marcel (Saint-Marcel, qui date du début du ive siècle '). »

La date de la fondation des autres titres est connue et doit être attribuée à des papes postérieurs à la paix constantinienne, d'après le Liber pontiflcalis, dont les informations, en pareille matière, fondées sur les documents officiels, deviennent dignes de foi '. D'après cette source, le pape Marc (336) fonda le titre qui a conservé son nom iuxla Pallacinis. Le pape Jules Ior (337-352) dédia une basilique iuxta forum divi Traiani qui porte aujourd'hui le nom des Douze-Apôtres et une autre au Transtévère (aujourd'hui Sainte-Marie du Transtévère), sans parler de trois basiliques cimétériales hors les murs (au-dessus des catacombes de Saint-Félix, Saint-Yalentin et Calépode.]

Libère (352-35(5) fonde Sainte-Marie ad prtesepc. Damase (366-384) constitue le « titre » qui porte son nom, devenu plus tard Saint-Laurent in Damaso, et construit la basilique de Saint-Sébastien ad catacumbas.

Sous le pape Sirice (384-498), les témoins épigraphiques attestent l'existence d'une memoria de Saint- Hippolyte in vico patricio. Le titulus Eusebii remonte probablement à la fin du ive siècle, car nous lisons [dans le martyrologe hiéronymien à la date du 14 août (xvmi kal. sept.) : Eusebii tituli sui condiloris, ainsi que le titre connu aujourd'hui sous le nom de Saint- Pierre-aux-liens qui est désigné, au concile de 499, sous celui de titutus Apostolorum 8.

Sous le pape Innocent Ier (401-417), est créé « le dernier en date des titres romains », Saint-Vital, grâce à la générosité d'une riche Romaine, Vestina, inlustris femina. « Selon la coutume encore récente, le sanctuaire fut placé sous le vocable des saints Vital, Gervais et Protais; mais selon l'usage ancien,

1 H.-I. Marrou, .Sur les origines du titre romain île Sainte- Sabine, dans Arehivum Fr. Prœdicalorum, t. il, 19.52, p. 316- 325; M. Mesnard, La basilique de Sainl-Chrysogone à Rome, 1935, p. 19-32; R. Krautheimer, Corpus basilicarum christianarum Romœ, Rome, 1940, i, 3. — 3 J.-P, Kirsch, Die romischen Titelkirchen im Alterlum, Paderborn, 1918, p. 70- 74. — 3 Kirsch, ibid., p. 23-26, 61-67; A. Petrignani, La basilica di S. Pudenziana in Roma seeondo gli scani reeente-

le titre lui-même, c'est-à-dire le centre administratif et religieux, portait le nom de sa fondatrice : titulus Vestinœ ad sanclum Vitalem, dira-t-on encore au vme siècle 9. »]

Saint Léon le Grand (440-461) fonde le monastère des Saints-Jean-et-Paul près de Saint-Pierre. Le pape Hilaire, son successeur (461-468), outre les oratoires toujours debout au baptistère de Latran dédiés à S. Jean-Baptiste, à S. Jean-1'Évangéliste et à la sainte Croix, en éleva un quatrième consacré à Saint-Étienne. Sous son pontificat ou sous celui de son successeur Simplicius (468-482), Flav. Ricimer fonda la basilique de Sainte-Agathe-des-Goths super Suburam; sous ce même pape, Flav. Valila transforma une salle du palais de Junius Bassus en église de Saint-André. Ce fut encore Simplicius qui fit la dédicace de la basilique de Sainte-Bibiane et de Saint-Étienne au Cœlius.

A la fin du ve siècle appartient le document déjà mentionné d'un concile romain tenu en 499 où nous lisons les noms de vingt-neuf titres, par suite d'une augmentation apparente, car sous le pape Hilaire nous savons par le Liber pontiflcalis que : in Urbe vero Roma constiluit... scyphos argenteos XXV per litulos, pens. sing. lib. X; amas argenteas XXV pens. sing. lib. x; calices ministeriales l, pens. sing. lib. il. Dans les vingt-neuf titres du concile de 499, le titulus Romani s'explique par une erreur du copiste, le titulus Vizantis est le même que le titulus Pammachii et le titulus Laurentii est probablement celui de Damase. Enfin le titulus Nicomedis est identique avec Saint-Mathieu in Merulana. Le titulus Cyriaci n'est pas situé sur la voie Salaire, au nord des Thermes de Dioclétien, mais à l'intérieur même des Thermes et a dû être élevé à une époque où ces thermes commençaient à être abandonnés.

Pour suivre plus facilement les changements de nom des tituli, on peut se reporter au tableau suivant où ils sont classés suivant leur appartenance à l'une des sept régions.

Au commencement du vie siècle, le pape Symmaque (498-514) consacra Saint-André, près de Saint- Pierre, les Saints-Côme-et-Damien ad prœsepe, Saint- Michel archange au viens palricius et Saint-Pancrace sur la voie Aurélienne. Le pape Félix IV (526-5311) transforma la rotonde du templum Urbis en basilique des Saints-Côme-et-Damien et ordonna la restauration, après un incendie, de la basilique cémétériale de Saint-Saturnin sur la voie Salaire. Sous le pape Vigile (537-555) s'éleva, près de la voie Lata, le xenodochium de Bélisaire, près duquel existait peut-être dès l'origine l'église de Sainte-Marie in Sinodochio; quant à l'église des saints Cyr et Julit te, on ne peut affirmer qu'elle remonte à ce pontificat. Ce fut probablement le pape Pelage (579-590) qui fit construire la basilique cémétériale de Saint-Hermès sur la voie Salaire. Un passage souvent cité de Grégoire de Tours nous apprend que, vers 580-590, il existait à Rome cinq églises dédiées à S. Laurent, parmi lesquelles il mentionne Saint-Laurent ad craticulam (in Panisperna) et Saint-Laurent in Pallacinis. A la dernière année du pontificat de Pelage se rapporte une mention épigraphique de l'église Saint-Menas, datée de l'année 589.

Le pontificat de S. Grégoire le Grand fait époque

mente esequiti. Cité du Vatican, 1934. — ' Vielliard, Reclierches, p. 28-29. — s Vielliard, ibid., p. 30. — • Vielliard, op. cit., p. 29-30, citant Kirsch, Titcli;irchcn, p. 104-108, 113- 116, 77-80. — '• R. Vielliard, Les titres romains et tes deux éditions du Liber pontiflcalis, dans Rirista ili archeol. crist., t. iv, 1928, p. 89-103. — 8 .1.-1'. Kirsch, Dit romischen Titelkirchen, p. 45-52. — » R. Vielliard, Recherches..., p. 7 I ; Saint- Vital, dans Rioista di arch. crist., t. xi, 1935, p. 103-118.

ROME. LES EGLISES AU MOYEN AGE

(590-604) dans l'histoire des églises de la ville de Rome. La fondation du monastère de Saint-André (-et-Grégoire) ad clivum Scauri est inséparable du souvenir du pape et de sa famille. Les monastères de Saint-Pancrace, au Latran, de Saint-Simmetrius, de Saint- André-et -Lucie, l'église de Saint-Severano in Merulana sont mentionnés pour la première fois dans les écrits de S. Grégoire. Rappelons d'un mot le concile tenu en 595 qui nous a conservé les noms de vingt-quatre tituli, d'où celui de Sainte-Anastasie est exclu. On remarquera que, dès lors, au nom de

les plus anciennes mentions de Saint-Césaire iu Palatio et de Saint-HTienne, près de Saint-Paul. Entre 608 et 610, Boniface IV (608-615) consacre le Panthéon d' Agrippa à Sainte-Marie ad martyres, il dédie la petite église de Saint-Ange au sommet du mausolée d'Hadrien. Le pape Honorius Ier (625- 638) fonda l'église de Saint-Apollinaire ad palmata, près de Saint-Pierre, le monastère des Saints-André et-Barthélémy près du Latran, la basilique de Saint- Hadrien dans l'ancienne salle du Sénat et la diaconie de Sainte-Lucie in silice. Sous le pontificat d'Hono-

Région

Concile de 499

Concile de 595

Vie d'Hadrien 1er

Catalogue de Léon III

Titre

Sabinae Priscse Tigrida?

Fasciola:

S. Savinae

S. Prisca;

S. Balbina*

SS. Nerei et Achillei

b. Prisc;p

b. Savinae martyris b. Aquila; et Priscae S. Balbinœ

Crescentianae Aemilianae Pammachii ) Vizantis *

S. Sixti

SS. IV Coronatorum

SS. Johannis et Pauli

S. Sixti

SS. IV Coronatorum Pammachii SS. Johannis et Pauli

b. \i:-,ti martiris et conf. Emiliana;

Pammachii

Eusebii Clementis Equitii Nicomedis / S. Matthrei î Apostolorum

S. Eusebii S. Clementis S. Silvestri

SS. Marcellini et Pétri

SS. Apostolorum

S. Eusebii martyris

b. Clementis

b. Silvestri. ..sito in Ortea

Apostolorum q. app. Eudoxi» ad vincula

S. Eusebii b. Clementis

b. Pétri q. app. Eudoxia;

Praxid*

Pudentis

Vestinae

Cyriaci

Gai

S. Piaxedis S. Pudentis S. Vitalis S. Quiriaci S. Susannse

S. Praxedis

Pudentis = S. Pudentianse

Cyriaci mart.

b. Susannse mart. q. app.

duas Domus

b. Praxedis Pudentis b. Vitalis S. Cyriaci b. Susannae

Lucinse

S. Laurentii

b. Laurentii mart. q. app.

Lucinse

b. Laurentii mart. q. app.

Lucinse

Marcelli Damasi i Laurentii * Marci Anastasiae

S. Marcelli S. Damasi S. Marci

S. Marcelli via lata b. Laurentii q. app. Damasi b. Marci pontif. et conf.

b. Marcelli

ipsius martyris q. app.

Damasi b. Marci mart. atq. pont.

b. Anastasise

Caecilise

Chrysogoni

Julii

S. Caecilise S. Chrysogonj SS. Julii et Calisti

S. Dei genetricis q. v.

Calisti trans Tiberim

b. Caecilise b. Grisogoni mart.

ipsius Dei genetricis in titulo Calisti

fondateur d'un « titre » fait place celui d'un patron. Des raisons archéologiques permettent de faire remonter au vie [ou au vne] siècle les églises de Sainte- Marie-Antique, de Sainte-Marie-tn-Cosmedm, [Sainte- Maxie-in-via-Laîa, Saint-Théodore, Saint-Saba, Saint- Fé\ix-in-thermis-Traianis, Sainte-Marie-in-Cannapara »].

Aux dernières années du pontificat de S. Grégoire, coïncidant avec le début du vne siècle, appartiennent

1 [W. de Griineisen, Sainlc-Marie-Antique, Rome, 1911; E. Tea, La basilica di Santa Maria Antiqua, Milan, 1937; G.-B. Giovenale, La basilica di S. Maria in Cosmedin, Rome, 1927; L. Cavazzi, La diaconia di Sta. Maria in via Lata e il monasterio di S. Ciriaco, Rome, 1908; A. Bartoli, Gli horrea Agrippiana e la diaconia di S. Teodoro, dans Monumenti Antichi, publ. par l'Acad. dei Lincei, t. xxvn, Rome, 1922, p. 339 sq.; J. Lestocquoy, Notes

rius fut composé un catalogue des églises cémétériales inséré dans les Gesta regum Anglorum de Guillaume de Malmesbury 2; on y voit mentionnée pour la première fois l'église de Sainte-Tatiana.

Le pape Théodore (642-649) construisit l'oratoire de Saint-Silvestre au Latran et l'église de Saint- Euple sur la voie d'Ostie. Sous Adéodat (672-676), on trouve la première mention de Saint-Érasme, au Celius, et sous Léon II (682-684), celle de Saintsur l'église de Saint-Saba, dans Rivista di archeol. crisl., t. v, 1929, p. 313-357; C. Hiilsen, Le chiese di Roma nel medio evo, au mot S. Felicitatis in thermis Traianis; A. Rartoli, Ultime vicende e Irasformazioni cristiane délia Basilica Emilia, dans Monumenti Antichi des Lincei, t. xxi, 1912, p. 758 sq.] — • [Lib. IV, c. 351-352 : Valentini-Zucchetti, Codice topografico délia Ciltà di Roma, t. n (Fonti per la Storia d'Itaîia, vol. 88), p. 133 sq.]

ROME. LES EGLISES Al MOYEN AGE

Georges au \ élabre. Ce fut Léon II qui construisit l'église Saint-Paul près de Sainte-Bibiane. La notice du pape Serge Ier (687-701) rappelle une restauration de l'église Sainte-Euphémie dont l'origine remonte au commencement du vne siècle ou plus haut encore. Le Catalogue de Salzbourg, compilé dans la deuxième moitié du vne siècle, contient, pour la première fois, les noms des Sain ts-Boniface-et- Alexis, et celui de Saint-Anastase ad aquam Salviam. On peut encore attribuer au vnc siècle, d'après les caractères archéologiques, Sainte-Marie in Capitolio et Saint- Théodore.

Au vme siècle, sous le pontificat de Grégoire II (715- 731) on rencontre la première mention du monastère de Sainte-Agnès ad duo furna et la diaconie de Saint- Eustache. Le pape Grégoire III (731-742) renouvela et agrandit l'oratoire des Saints-Serge-et-Bacchus près de Saint-Pierre, ainsi que l'oratoire de Sainte-Marie in Aquiro et l'église de Saint-Calliste au Transtévère. Dans sa constitution synodale de 732 on parle pour la première fois des deux monastères dépendants de Saint-Pierre, qui sont Saint-Martin et Saint- Étienne cata Galla palricia. Une tradition peu sûre attribue au pape Zacharie (741-752) la fondation du monastère de Sainte-Marie-au-Champ-de-Mars. Le pape Etienne II (752-757) restaura la basilique a longis lemporibus diruta de Saint-Laurent super S. démentent; il fonda l'église de Sainte-Pétronille près de Saint-Pierre et le monastère de Saint-Élienne de agulia. Le même pape construisit en 755 la basilique de Saint-Ange in Pescheria.

Paul Ier fonda l'église des Saints-Pierre-et-Paul in via sacra et probablement le monastère de Saint- Silvestre in capite. La première mention de la chapelle de Saint-Laurent in Palatio ou du Sancta Sanctorum se lit sous Etienne IV (768-772).

La notice du pape Hadrien Ier (772-705) contient la mention de nombreuses églises et celles-ci pour la première fois : Saint-Apollinaire, Saint-Félix in Pincis, Saint- Jean-devant-la-Porte-Latine, Saint-Laurent-arf TaureUum, Saints-Laurent-et-Hadrien, Sainte- Marie in eapul portici, Sainte-Marie-in Hadriano, Sainte-Martine, Saints-Serge-et-Bacchus in Capitolio, Saint-Silvestre près de Saint-Pierre, Saint- Etienne Vagaudœ.

Dans l'Itinéraire d'Einsiedeln (vine siècle ou ixc), on lit pour la première fois les noms de Sainte-Agathe in diaconia, Saint-Antoine juxta infernum, Sainte- Agnès de agone, Saints-Jean-et-Paul au Janicule, Saint-Isidore, Sainte-Lucie in septem soliis, Sainte- Marie de Minerva.

Dans le catalogue des largesses de Léon III, en 806, voici encore des noms nouveaux d'églises : Saint-Abbacyr in xenodochio Valeriorum, Saint-Agapit ad Vincula, Sainte-Agathe in caput Ajricae, Sainte- Agathe in Tempulo, Saint-André juxta Sanclos Apostolos (de Biberatica); Saint- André près de Sainte- Marie-Antique; Saint-André de massa Juliana; Saint- Archange du palais de Latran; Saint-Basilide in Merulana; Saint-Césaire in monasterio Corsarum; Saints-Côme-et-Damien in xenodochio Tucio; Saint- Donat près de Sainte-Prisque; Saint-Grégoire (de Nazianze) au Champ-de-Mars; Saint-Hadrien juxta prœsepe; Saint- Jean sur l'Aventin; Sainte-Marie d'Ambroise (de Maxima); Sainte-Marie in Domnica; Sainte-Marie in Julia; Sainte-Marie de Lutara; Sainte-Marie du milieu; Sainte-Marie du monastère de Michel; Sainte-Marie de Tempore; Sainte-Marie

1 M. Andrieu, Chronique d'archéologie chrétienne, dans Revue des sciences religieuses, t. ix, 1929, p. 542-543. — ! Leur nom même l'indique souvent. C. Hiielsen a dressé une liste de près de cent églises romaines (p. civ-cv) où

in via Lala; Sainte-Marie in xenodochio Firmis; Saint- Pérégrin; Saints-Serge-et-Bacchus in Callinico; Saint- Etienne in Dulciti; Saint-Etienne près du Latran; Saint- Vite in macello; Saint-Vite in monasterio Sardorum.

Sous le pontificat d'Etienne V (816-817), on trouve la première mention de l'oratoire de Sainte-Barbe in Subura; le pape Pascal Ier (817-824) fonda le monastère de Sainte-Agathe ad colles jacentes et reconstruisit celui de Saint-Serge de forma. Sous Grégoire IV (827-844), on lit la mention de l'église Saint-Abbacyr ad Alefanlum. Le pape Serge II (844- 847) restaura l'oratoire de Saint-Étienne de schola cantorum. Léon IV (847-855) crée la diaconie de Sainte- Marie-Nouvelle, qui remplace Sainte-Marie-Antique, et reconstruit l'église de Sainte-Marie-;/? Saxia. Une bulle de ce pape, du 10 août 854. donne pour la première fois les noms de Saint-Michel in Borgo, et de Saint-Zénon. Sous le pontificat de Jean VIII (872-882) fut décorée l'église de Sainte-Marie de gradellis.

XII. La popularité variable des maints titulaires. — On ne peut résumer les notices d'un catalogue, quelque attrayant qu'il soit pour un fervent des antiquités romaines. En le lisant, un érudit ' a noté, à l'intention des liturgistes, ce qu'il nous apprend sur la popularité diverse des saints patrons auxquels fuient dédiés oratoires et basiliques. C'est là un aspect de la dévotion romaine qui mérite d'être observé. La plupart de ces sanctuaires sont de fondation privée ' : la fréquence ou la rareté d'un vocable reflète évidemment le crédit dont jouissait le saint en question auprès du commun des Romains.

« Nous sommes aujourd'hui portés, lorsque nous songeons aux saints des premiers temps ou du Moyen Age, à établir entre eux une sorte de hiérarchie, d'après l'efficacité avec laquelle il nous semble qu'ils continuèrent en ce monde l'œuvre du Christ, soit par leurs travaux, soit par l'exemple de leurs vertus. Apôtres, grands missionnaires, martyrs illustres, docteurs et défenseurs de l'Eglise, initiateurs de la vie monastique et religieuse, pénitents et ascètes héroïques marchent en tète du long cortège. Peut-être s'attendrait-on à ce qu>'. dans la capitale du monde chrétien, l'écho de ces glorieuses réputations, ait. de tout temps, dominé la renommée des saints que nous placerions aujourd'hui à un rang plus modeste. La vieille liturgie romaine nous donne, en effet, l'impression d'une dévotion grave, judicieuse, directement orientée vers l'essentiel, aussi peu sujette que possible à céder aux impulsions irraisonnées ou à subir le prestige de passagers engouements.

« Mais il faut se souvenir que les formules où elle s'exprime, et d'après lesquelles nous la caractérisons, sont de très ancienne composition. Un grand nombre d'entre elles était déjà en usage au temps de S. Léon. Au contraire, le Sanctoral romain se forma lentement. Au petit groupe de martyrs locaux, dont l'anniversaire commença d'être célébré dans la seconde moitié du mc siècle, s'ajoutèrent peu à peu d'autres noms : martyrs nouveaux et évèques, d'abord romains, puis étrangers, — plus tard encore, ascètes, vierges et saintes femmes, moines, clercs ou simples laïques ayant vécu en réputation de haute vertu. Le catalogue s'accrut au gré des circonstances sans qu'on ait prétendu y voir une sélection raisonné», portant sur l'ensemble des saints dont pouvait se glorifier l'Église universelle, ou même simplement la

le nom du patron est suivi de celui d'une famille ou d'un individu, le nom des fondateurs étant demeuré attaché à leur oeuvre. Dans eelte liste les noms de femmes dominent.

ROME LES ÉGLISES AU MOYEN AGE

communauté de Rome. Aussi le calendrier des anciens sacramenlaircs oflre-t-il, à côté de noms que nous jugerions aujourd'hui très obscurs, d'étranges lacunes. Et cependant il s'était constitué sous le contrôle de l'autorité, tandis que dans les donations, dans les fondations d'oratoires ou de monastères, de basiliques votives, la piété populaire manifesta plus librement à quels saints allaient ses prédilections. Il faut évidemment, même ici, faire la part des initiatives officielles, mais, à mesure qu'on descend vers leTVloyen Age et que les exigences intellectuelles s'affaiblissent, on peut dire que chez les clercs aussi, même les plus élevés en charge, la dévotion s'éloigne de son antique et austère simplicité. Sans oublier les mystères fondamentaux, où se résume l'économie du salut, on se plaît aux récits merveilleux, on s'enthousiasme pour les thaumaturges, dont la renommée vient parfois de fort loin.

« On ne doit pas être surpris que les saints les plus honorés de Borne n'aient pas toujours été ceux que nous estimerions nous-mêmes les plus grands. Quelques apôtres seulement eurent des églises, et, sauf deux ou trois exceptions, en petit nombre et assez tard. Les Pères, tant orientaux que latins, n'apparaissent presque pas. Les martyrs, vierges ou confesseurs, même romains, ne sont pas toujours ceux que l'on attendrait. Il y aurait grand intérêt à étudier chaque cas particulier. »

XIII. Les SANCTUAIRES PLACÉS sous un vocable de saint. — ■< Les premières basiliques romaines que l'on ait désignées par le nom d'un saint semblent bien être celles que fonda Constantin sur les tombes des plus célèbres martyrs romains : Saint-Pierre du Vatican, Saint-Paul-hors-les-murs, Saint-Laurent sur la voie Tiburtine, Sainte-Agnès sur la voie Nomentane, auxquelles il faut joindre la basilique du Sauveur au Latran, et, tout auprès, celle qui fut dédiée non à un saint personnage, mais à la sainte Croix.

« Les quatre grandes basiliques cémétériales remplacèrent-elles des sanctuaires érigés aux siècles précédents et portant déjà le même vocable? C'est fort peu vraisemblable. Les tombes vénérées étaient certainement marquées par des monuments connus de tous les fidèles. Mais ces monuments, s'ils s'élevaient à la surface du sol — ce que nous ignorons — devaient être tout au plus de petits édicules, analogues, par leur forme générale et leurs dimensions, aux sépulcres païens — pourvus peut-être, dans un voisinage plus ou moins immédiat, d'un local où pouvaient prier les pieux visiteurs. La Iriclia récemment exhumée sous la basilique de Saint-Sébastien (voir Dictionn., t. xiv, au mot Pierre, col. 874, fig. 10201) nous donne une idée de ce que pouvaient être, lorsque l'état des lieux permettait leur érection, ces modestes oratoires. Mais on ne saurait parler d'églises, au sens courant du mot...

« L'exemple de Constantin fut suivi. Des basiliques s'élevèrent rapidement dans les cimetières, au-dessus des tombes sacrées. D'autres furent bâties pour recevoir les corps saints ou les reliques transférées à l'intérieur de la cité, ou même, en l'absence de tout vestige matériel, pour honorer une mémoire

1 Liber pontificatis, édit. Duchesne, t. i, p. 212 : Hic fecil basilicas duas, una beato Laurenlio juxla theatrum et alia via Ardeatiiia ubi requiescit, et in Calacumbas, ubi jacuerunt corpora sanctoram aposloloruni Pétri et Pauli, in quo loco plalomum ipsam, ubi iaruerunt corpora sancta, versibus exornavit. — 2 Chr. Huelsen, Le Chiese di Homa, p. 460. — 3 H. Liet/.mann, Petrus und Paulus in Ftom, 2e édit., p. 151, note 1. En supprimant, comme le suggère L. Duchesne, op. cit., t. i, p. 214, note 9, dans la phrase citée plus haut, les mots in quo loco, le texte devient correct et n'attribue plus à Damase que la décoration de la

glorieuse. De ces sanctuaires, plusieurs ont pu disparaître sans laisser aucun souvenir. D'autres, fondés dès cette époque, mais dont aucun document ne nous a conservé la date d'origine, n'apparaîtronl qu'aux siècles suivants dans les textes ou inscriptions venus jusqu'à nous. Néanmoins, ceux qu'on peut, avec certitude, restituer aux ive et vc siècles, sont assez nombreux.

« Jules Ier (337-352) éleva, au cimetière de la voie Flaminienne, une basilique sur le tombeau de S. Valentin. Lin peu plus tard, mais encore au ive siècle, on visitait sur le flanc du Viminal, une memoria sancti martyris Hippohjti.

« Damase (366-384) construisit, près du théâtre de Pompée, une nouvelle basilique, qu'il mit sous le patronage de Saint-Laurent, et une autre dédiée au même martyr, dans le cimetière de la voie Ardéatine, où il devait un jour reposer lui-même. Une phrase obscure du Liber pontificalis 1 peut donner à croire que le même pape éleva sur la voie Appienne, ad Calacumbas, une basilique en l'honneur des apôlres Pierre et Paul, dont les corps avaient reposé en cet endroit. C'est l'opinion de Chr. Huelsen 2. Les fouilles récentes (voir Dictionn., t. xiv, au mot Pierre) ont cependant montré que la première basilique érigée ad Calacumbas existait avant le pontificat de Damase, puisque, dès 356-357, on en creusait le pavement pour y pratiquer des sépultures 3. Cet édifice du ive siècle était-il la basilique cémétériale de Saint- Sébastien, auquel, sous le pontificat d'Innocent Ier (401-417), deux prêtres dédiaient une inscription votive? ' Il ne le semble pas, car les documents postérieurs l'appellent longtemps encore basilica ai>oslolorum 5. Mais, comme le corps de S. Sébastien y était vénéré, et que les souvenirs apostoliques s'éloignaient de plus en plus, le vocable du soldat martyr finit par l'emporter définitivement.

« Au temps d'Innocent Ier (401-417), des moines apportèrent d'Alexandrie les corps des martyrs Cyr et Jean. L'église de Saint-Abbacyr * Irans Tibcrim ' dût être aussitôt construite pour les recevoir. Du même temps sans doute, est l'oratoire encore existant qui marque, dit-on, au premier mille de la voie de Porto, le lieu où furent débarquées leurs reliques (SS. Cijri et Joannis extra portant Portuensem), devenu depuis le xvme siècle, par corruption du nom Sant' Abbaciro, Santa Passera.

« Le Liber pontificalis rapporte que Sixte III (432- 440) fecit basilicam sanclo Laurentio. J.-B. de Rossi et L. Duchesne croient qu'il s'agit de la basilica major de l'Agro Verano7; J.-P. Kirsch8 et Chr. Huelsen pensent qu'il s'agit au contraire de la reconstruction de l'ancien titulus Lucinœ qui sera désormais Saint- Laurent in Lucina. Parmi les souscriptions du concile romain de 499, nous trouvons encore le titulus Lucinie. Mais il y a aussi un titulus (sancti) Laurenlii qu'il faut plutôt identifier avec le titulus Lucinœ qu'avec le titulus Damasi de la même liste.

« Dans la seconde moitié du ve siècle, le pape Simplicius (468-483) dédia sur l'Esquilin une basilique à Sainte-Bibiane, une sur le Célius à Saint- Étienne [-le-Rond], une autre à Saint-André [in Cata-

platoma. — ' Liber pontificalis, édit. Duchesne, t. i, p. 36, note 13. — 5 H. Lietzmann, op. cit., p. 150-151, 152, note 4. Le Liber poidificalis dit d'Hadrien 1er (772-795) : Verwn eliam et ecclesiam Aposlolorum foris porta Appia, miliario tertio, in loco qui appellalur Çatacumbas ubi corpus beati Sebastiani martyris cum aliis quiescit, in ruinis prseuentam, noititer restauravit; t. i, p. 508. — ' L'astérisque * désigne les noms des églises disparues. — : Liber pontificalis, t. i, p. 235, note 12. — s Dans son excellent livre Die rômischen Titelkirchen im Altertum, in-8°, Paderborn, 1918, p. 82-83.

ROME. LES ÉGLISES AU MOYEN AGE

barbara] dans un palais légué par le Goth Valila (t 471), près de Sainte-Marie-Majeure.

« Une trentaine d'années plus tard, Symmaque (498-514) érigeait, près de Saint-Pierre du Vatican, une deuxième petite église en l'honneur de S. André. On dut à ce même pape Saint-Pancrace sur la voie Aurélienne; près de l'ancien titulus Equitii, une basilique dédiée à Saint-Martin[-aux-Monts], et, près de Sainte-Marie-Majeure, un oratoire des Saints- Côme-et-Damien.

« La basilique de Saint-Martin fut, sans doute, la première qu'on éleva à Rome sous le patronage d'un simple confesseur. Mais la Vierge possédait depuis près de trois quarts de siècle, une des plus belles églises de la ville, Sainte-Marie-Majeure. Libère (352- 363) avait bâti sur l'Esquilin une basilique à laquelle, selon l'usage, il avait donné son nom : Hic fecit basilicam nomini suo juxta macellum Livise. Mais, après le concile d'Éphèse, où avait triomphé le dogme de la maternité divine, Sixte III (432-440) reconstruisit l'édifice et le plaça sous le vocable de Marie : Hic fecit basilicam sanctœ Marisa, quse ab antiquis Liberii cognominabalur.

« L'archange S. Michel avait aussi sa basilique. Elle était au moins du ve siècle, puisque Symmaque l'agrandit : ad archangelum Michael basilicam ampliavil *.

« Au cours du vie siècle, le mouvement ne ralentit pas. Félix IV (526-530) restaure la basilique cémétériale de Saint-Saturnin *, près de la voie Salaire. Il transforme en église, dédiée aux Saints-Côme-et- Damien, l'héroon de Romulus Augustule, au Forum. La basilique cémétériale de Saint-Hermès fut probablement élevée par le pape Pelage II (579-590). Vers le même temps, une inscription de 589 mentionne l'église de Saint-Mennas *. Un peu plus tôt (vers 580), Grégoire, le futur successeur de Pelage, avait établi, dans sa maison paternelle et dédié à S. André, un monastère et une église (Saint-André in clivo Scauri), aujourd'hui Saint-Grégoire. Devenu pape, il convertit au culte catholique deux églises ariennes, qu'il consacra, l'une à S. Séverin *, l'autre aux Saints-Sébastien-et-Agathe (aujourd'hui Sainte- Agathe-des-Goths).

« La correspondance de S. Grégoire mentionne plusieurs sanctuaires qu'il n'est pas téméraire d'attribuer au vie siècle, même lorsqu'ils n'apparaissent que dans les dernières années du pontificat : le monastère de Saint-Symmétrius *; l'oratoire de Saint-Césaire * et le monastère de Saint-Pancrace * inpalatio Lateranensi;\e monastère des Saints-Étienneet-Césaire *, près de Saint-Paul; le monastère des Saints-André-et-Lucie *. L'église beali Felicis confessoris, dans laquelle Grégoire prononça une homélie, était sans doute celle de la voie de Porto.

« Vers le même temps, la basilique de Saint-Laurent in Panisperna, ou in Formoso, était connue de Grégoire de Tours. Enfin, d'après le style des peintures qui les décoraient, on peut aussi restituer au vie siècle l'oratoire de Sainte-Félicité et Sainte-Marie- Antique. Sainte-Marie in Cosmedin n'a du guère être plus récente que cette dernière »'.

1 M. Andrieu, op. cit., p. 513 sq. [Cf. R. Viclliard, Recherches..., p. 89-96, 105-108.] — « Liber ponlificalis, édit. Duchesne, t. i, p. 213, note 7. — ' Souscription du concile de 499. — ' Le souvenir de S. Laurent devait finir par prévaloir; au concile de 595, S. Grégoire lui-même parle de l'ecclesia beati Laurentii mwtgris quœ ex nomine conditoris Damasi vocatur. — 6 Les manuscrits du synode de 499 portent : tit. sanctw Sabina'. Mais il paraît très probable que l'adjectif sanctœ est une addition de copiste. On en trouve de semblables, çà et la, dans quelques manuscrits pour 7 ou 8 autres titres. — * Le titulus

XIV. Chaque sanctuaire a un patron céleste. — « Ces églises votives se multipliant, depuis le deuxième quart du ive siècle, on en vint peu à peu à l'idée que tout sanctuaire devait avoir son céleste patron. Tel n'avait pas été, primitivement, le cas des tituli, ou églises paroissiales de Rome, dont un bon nombre remontaient au me siècle. On les considérait tous également comme « la maison du Seigneur », dominicum, sans établir de relation spéciale entre chacun d'eux et un saint particulier. Ils n'avaient d'autre nom que celui de leur fondateur ou du propriétaire de l'immeuble dans lequel on les avait aménagés.

« Cependant, dès le ive siècle, apparaissent les premiers indices d'une conception nouvelle. Dans le titre qu'il fonda près du théâtre de Pompée 2, Damase fit orner l'abside de cette inscription :

Hœc Damasus tibi Christc Deus nova tecta dicavi Laurenti saeptus martyris auxilio

« L'église a été construite pour le Christ. C'est à lui qu'elle est offerte, mais avec une pensée pour S. Laurent, dont Damase se diclare le protégé. Cependant elle ne prend, dans l'usage officiel, ni le nom du Christ, ni celui de S. Laurent; on l'appelle titulus Damasi 3. Et lorsque, au cours du vie siècle, la règle devint générale de placer toute église sous le vocable d'un saint, Damase l'emporta, au moins provisoirement, sur S. Laurent : au concile de 595, le Ut. Damasi est devenu le lit. sancti Damasi *.

« Le titre qui nous apparaît le plus tôt, dans un document officiel, sous un vocable saint, est celui des Saints-Apôtres (Pierre et Paul) dont un prêtre souscrit en cette qualité au concile d'Éphèse (431). Le tit apostolorum (499) ou sanctorum apostolorum (595) était encore connu comme tel au ixe siècle. Mais en même temps, et cela depuis le début du vie siècle, on lui donnait le nom de basilica a vinculis Pétri. A partir de l'an 1000, cette appellation devint la seule courante (Saint-Pierre-aux-Liens).

« Pour les autres, c'est entre les deux conciles de 499 et de 595 que s'accomplit la transformation. Comme nous l'avons vu à propos du titre de Damase, un certain nombre de fondateurs furent changés en saints patrons, ce qui entraîna, dans l'esprit populaire et chez les rédacteurs de vies de saints, maintes substitutions de personnes : les tituli Marcelli, Marci, démentis. Eusebii, Pudentis ou Pudentianœ, Praxedis, Sabinœ 6, Prisar. Anastasitr, Cecilise, Chrysogoni, Cyriaci deviennent les /;'/. sancti Marcelli. sancti Marci, etc. Le tit Julii devient le tit sanctorum Julii et Callixti ".

« En d'autres cas, le fondateur disparaît complètement, pour faire place à un ou plusieurs saints de nom différent. Au début du ve siècle, une pieuse matrone, Vestina, fit construire dans le Vicus Longus, en l'honneur des martyrs milanais Gervais et Protais, une basilique que le pape Innocent Ier (401- 417) dédia et érigea en titre '. Ce fut le titulus Ycstinse (concile de 499). le nom de la fondatrice éclipsa celui des patrons qu'elle avait donnés à la basilique, avant que celle-ci ne fut convertie en titre. Au cours du siècle suivant, on ne fit pas de Vestina une sainte,

Matthœi (concile de 499; quelques manuscrits portent sancti Matlici) n'est plus mentionné en 595. Mais l'église réapparaît plus tard sous le vocable de S. Mathieu. Il est probable que la substitution du saint au fondateur eut lieu dès le vj" siècle. — 7 Liber pontiticalis, t. i, p. 220 : Bodem tempore dedicaoii basilicam sanctorum Gervasi et Protasi ex deootione cujusdam inlustris fantruc \'cstirur... Et eonstructam usque ad per/eclum basilicam, in quo toeo bealissimus Innocentius ex délégations inlustris feminiv \'estinœ titulum Romanum constitua, et in todem dontinico obtulit.

ROME. LES EGLISES AU MOYEN AGE

mais on mit le titre sous le vocable du martyr S. Vital (concile de 595).

« Par un procédé semblable, on eut, au lieu du titulus Aequitii (499), le titulus sancti Silveslri (595), nom déjà employé au début du vie siècle, sous le pape Symmaque ; au lieu du titulus Byzantin ou Pammachii (les deux noms sont employés simultanément en 499), le lilulus sanctorum Johannis et Pauli (595); au lieu [de titulus Gai] (499), le lit. sanctœ Suzannse (595); au lieu du Ut. Fasciolae (377, 499), le tit. sanctorum Nerei et Achillei (595). Enfin, trois titres apparaissent pour la première fois, au concile de 595, sous les patronages respectifs de S. Sixte, de Ste Balbine, des SS. Pierre et Marcellin.

« Un changement analogue s'opéra pour des églises autres que les titres. Jules Ier (337-352) avait fondé, près du forum de Trajan, une basilique que le catalogue libérien appelle encore basilica Juliana. Elle fut reconstruite par Pelage II (556-561) et Jean III (561-574) en l'honneur des saints apôtres Philippe et Jacques (aujourd'hui Saints-Apôtres). Vers le même temps, le mausolée de Constance, fille de Constantin, devint l'église de Sainte-Constance (voir Didionn., t. m, à ce nom).

« A notre connaissance, Rome possédait donc, dès la fin du vie siècle, plus de soixante sanctuaires portant un vocable de saint. Un petit nombre a disparu l. Les autres, restaurés, remaniés, ou même entièrement reconstruits, ont prolongé jusqu'à nos jours le culte de leur éponyme 2. Titres ou basiliques de martyrs illustres, ils ont toujours été, à travers les siècles, les monuments essentiels de la Rome chrétienne » 3.

XV. Inégale popularité des saints patrons. — « Les uns n'obtinrent guère, dans la suite des temps, d'autres sanctuaires : les Stes Anastasie, Balbine, Bibiane, Constance, Félicité, Praxède, Prisque, Pudentienne, Sabine; les SS. Chrysogone, Clément, Eusèbe, Gervais et Protais, Hermès, Marcel, Mathieu, Mennas, Nérée et Achillée, Philippe et Jacques, Quatre- Couronnés, Séverin, Symmétrius, Vital. On reconnaît, dans cette série, la plupart des fondateurs, plus tard transformés en martyrs, et dont, en dépit des passiones qui ne tardèrent pas à paraître, les fidèles ne savaient pas grand'chose.

« A quelques autres, un peu plus favorisés, on dédia plus tard une ou deux églises nouvelles : Ste Agnès possédait, avant la fin du vme siècle, l'église de la place Navone et un oratoire près de Ste-Praxède *. Le Moyen Age proprement dit n'en ajouta pas d'autres. De même, vers la même époque, les SS. Jean et Paul avaient un monastère près de Saint-Pierre * et une église sur le Janicule *, tandis que S. Félix n'avait sur le Pincio qu'une seconde basilique *. Tous ces édifices ont aujourd'hui disparu. S. Pancrace avait, dès la fin du vie siècle, son église du Janicule et un monastère au Latran *.

« Sur l'ensemble des patrons d'églises romaines que nous trouvons du ive au vie siècle, ceux que la dévotion des siècles suivants ne dota guère de sanctuaires nouveaux furent donc les plus nombreux. Quant aux autres, si nous les rangeons d'après le nombre de basiliques ou oratoires qui leur furent consacrés jusqu'au début du xve siècle, nous obtenons la liste suivante : Marie, avec 94 sanctuaires; le Sauveur, avec 44 ; S. Laurent, avec 33 ou 35 ; S. André, avec 32; S. Etienne, avec 28; S. Michel et Ste Lucie, avec 10; Ste Cécile, avec 9; S. Silvestre et les SS. Côme et Damien, avec 8; S. Pierre, avec 8, dont 2 en commun avec S. Paul; S. Martin, avec 7; Ste Agathe

1 Ce ne sont guère que des oratoires et des monastères érigés près des grandes basiliques. — ! La basilique des

et S. Césaire, avec 6; S. Cyr (Abbacyr), avec 5; S. Paul, avec 5, dont 2 en commun ayec S. Pierre; S. Sébastien, avec 4.

1. La vierge. — « La Vierge vient en premier lieu. Nous avons déjà rencontré trois de ses sanctuaires. Elle en aura près de cent à la fin du Moyen Age Ce nombre est atteint par progression régulière, chaque siècle fournissant son apport.

« Au début du vme siècle, le pape Boniface IV (608-615) consacre à Marie la rotonde du Panthéon (Sancta Maria ad Martyres). Du vne siècle sont également Sainte-Marie du Capitole ou in ara cœli, la diaconie de Sancta Maria in Aquiro et la petite église de Sancta Maria in Cannapara *, construite au Forum, sur le côté ouest de la basilica Julia. Au delà du Tibre, le titre fondé par Jules Ier, appelé au concile de 595 titulus SS. Julii et Calixti, apparaît vers le milieu du vir3 siècle, dans le catalogue de Salzbourg, sous le vocable de la Vierge : Basilica quse appellatur Sanctœ Mariœ Transtiberis, ibi est imago Sanctse Mariée quse per se jacta est.

« Vers 727, Ina, roi de Wessex, créait la schola Saxonum dont l'église fut reconstruite au milieu du ixe siècle par Léon IV. Elle était dès lors dédiée à Marie, et sans doute depuis l'origine de la schola. Aux environs de 750, Etienne II rattache un hôpital à une diaconie qui existait déjà près de Saint-Pierre, sous le vocable de la Vierge (Sancta Maria in caput portici). Un peu plus tard, Hadrien Ier (772-795) érige, près du môle d'Hadrien, la diaconie de Sancta Maria in Transpadina *. Vers le même temps, l'auteur de V Itinéraire d'Einsiedeln note les deux églises de Sancta Maria in Domnica et de Sancta Maria in Minerva.

« Au début du ixe siècle, parmi les églises enrichies par le pape Léon III, nous relevons sept nouveaux sanctuaires consacrés à Marie : Sancta Maria de Julia *,... de Lutara *,... Mediana *,... in monasterio Michaelis *,... in lempulo ou in tempore *,... in Via Lata,... in xenodochio Firmis. Vers le milieu du siècle, Léon IV (847-855) fonde Sancta Maria Nova (depuis le xvne siècle, Sainte-Françoise-Romaine) pour remplacer Sainte-Marie Antique, qui menaçait ruine. Sous Jean VIII (872-884), un temple antique, au bas de l'Aventin, fut transformé en église et consacré à la Vierge : Sancta Maria in Gradellis *.

« La plupart de ces sanctuaires, notamment ceux qui ont disparu, n'étaient que de modestes oratoires, de petits asiles de prière, tels que les pèlerins en rencontraient à chaque pas dans les vieilles rues de la cité apostolique.

2. Le Sauveur. — « Constantin lui avait dédié, au Latran, la basilique qui devait demeurer cunctarum mater caput ecclesiarum. Il faut ensuite descendre jusqu'au xe siècle (993) pour trouver l'église de Saint-Sauveur de thermis *, citée dans une contestation. (Toutes les autres étaient du xie siècle et depuis lors.)

3. Saint-Laurent. — « Après le Christ et la Vierge, c'est envers S. Laurent que les Romains furent le plus prodigues d'églises. Nous en avons rencontré cinq avant la fin du vie siècle. Le sanctuaire de Sanctus Laurentius prope sanctum Eusebium *, connu seulement par une inscription, avait probablement disparu dès la rédaction des plus anciens catalogues. Il devait donc être de très ancienne fondation. Dans le cours du vme siècle, le Liber pontificalis en mentionne cinq autres, dont l'origine était certainement déjà ancienne à cette date : Etienne II (752-757) restaura la basilique de Sanctus Laurentius super

SS. Jules et Callixte est cependant devenue Sainte-Mariedu-Transtévêre. — 3 M. Andrieu, op. cit., p. 548 sq.

liOMI. LES^EGLISES AU MOYEN AGE

sanctum Clementem *, quse a diuiurnis temporibus diruta manebat. Etienne III, en 768, reçoit le sousdiaconat et le diaconat dans l'oratoire de sanctus Laurentius intro patriarchium, le célèbre, Sancta Sanctorum. Hadrien I" (772-795) répare ou rebâtit Sanctus Laurent! us in Pallacinis *, sanctus Laurentius ad Taurellum * et le monastère des Saints-Hadrien-et-Laurent *.

4. SAINT-ANDRÉ. - « Le plus ancien sanctuaire qu'il ait possédé à Rome, au moins d'après les renseignements dont nous disposons, est celui que le pape Siinplicius érigea dans le palais du Goth Valila, entre 471 et 483. Les restes de l'apôtre avaient été transférés, en 357, de Patras (Achaïe) à Constantinople. Mais d'autres villes se glorifiaient d'avoir reçu ses reliques : Fundi et Noie, Ravenne, Aquilée, Brescia, Milan, Rouen. Il est probable qu'à Rome, une semblable translation partielle donna lieu à l'érection d'une première basilique. D'autres fondations suivirent d'assez près. Nous avons déjà parlé de celles de Symmaque et de Grégoire le Grand. Dans la première moitié du vne siècle, Honorius (625-634) créa le monastère des Saints-André-et-Barthélêmy juxta Lateranum. La popularité de S. André dans les milieux romains doit certainement beaucoup à la version romaine des Actes gnostiques de l'apôtre. Le sacramentaire grégorien en subit l'influence et des échos s'en conservent aujourd'hui encore dans notre bréviaire (voir Dictionn., t. t, col. 2033). Au début du ix1' siècle, trois autres sanctuaires dédiés à S. André figurent parmi ceux qui bénéficièrent des largesses de Léon III : Sanctus Andréas juxta SS. Apostolomm ou de Biberatica *,... prope S. -Marias Antiqu.se * et... in massa Juliana *.

5. SAINT-ETIENNE. " On ne lui connaît, à Rome, aucun sanctuaire antérieur à Saint-Étienne-lc-Rond, fondation du pape Simplieius. Après celui que mentionne Grégoire le Grand, en 504, il faut descendre jusqu'au VIIIe siècle. En 732, un décret synodal de Grégoire III cite le monastère de Saint-Étienne- Majeur. situé près de Saint-Pierre (aujourd'hui S. Stefano degli Abissini). Un peu plus tard, Etienne II (752-757) fonda, de l'autre côté de la grande basilique. .S. Stephanus de Agulia *. Un troisième monastère Sanctus Stephanus Vagauda * fut restauré par Hadrien I" (772-795). En 806, Léon III fait divers dons à Sanctus Stephanus in Dulcili * et à... juxta Lateranum (peut-être Saint- Venance, attenant au baptistère). Vers le milieu du siècle, le pape Serge III (841-847) restaura la Scota cantorum à l'intérieur de laquelle s'élève un oratoire dédié à S. Etienne *.

6. Saint-Michel. — « L'archange avait aussi sa basilique. Elle était au moins du ve siècle puisque Symmaque l'agrandit : ad archanijetum Michael basilicam ampliavit *. Neuf églises placées sous son vocable apparaissent à intervalles assez réguliers jusqu'à la lin du Moyen Age. La chapelle qui donna son nom au Château Saint-Ange date probablement du début du vne siècle. La diaconie sancli Angcli in foro Piscium (aujourd'hui S. Angelo in Pescheria) est connue depuis le vme siècle. Léon III (795-816) fonda au patriarchium du Latrau un oratoire ;'/i honore beali Archangcli *. L'ne bulle de Léon IV (854) mentionne, sous le seul nom de S. Michel, l'actuelle église de San Michèle e Magno, au Borgo San Spirito.

7. SAINTE-LvCIE. ■- « Un monastère était déjà placé sous son patronage au temps de S. Grégoire. Un peu plus lard, Honorius I" (625-638) fonde la diaconie sanctse Lucite in Silice (aujourd'hui... in Orfea). A la fin du vme siècle, V Itinéraire d'Einsiedeln mentionne sanctse Luciœ in septem Soliis *. Parmi les sanctuaires dotés par Léon III (806) figure un oratoire sanctse Lucipe in xenodochio Aniciorum.

8. Sa 'NTE-CÉC1LÈ. — « Dès le Ve siècle, on célébrait sa fête au 22 novembre, dans le titulus (sanctse.) Ceciliœ du Transtévère. Il semble que l'on ait attendu assez longtemps pour élever à la sainte de nouveaux sanctuaires. Pascal Ier (817-824) construisit un monastère in honore S. Agatae et Ceciliœ *.

9. SaInt-Silvestre. — « Dès la fin du ve siècle, on mettait sous son patronage le titulus Equitii. Vers le milieu du vne siècle, le pape Théodore (642- 649) fonde, dans le palais du Latran, un oratoire dédié à son illustre devancier. La diaconie S. Silvestri prope S. Petrum * est mentionnée dans la biographie d'Etienne II (752-757). Paul Ier (757-767) établit dans sa maison paternelle un monastère en l'honneur des SS. Etienne et Silvestre qui ne porta bientôt que le nom de ce dernier et dont l'église, plusieurs fois refaite, existe encore (Saint-Silvestre in Capite).

10. SAINTS-CoitE-BT-DAIflEN. — « Dès le vie siècle, les deux médecins martyrs étaient honorés à Rome en deux sanctuaires. Dans la biographie de Léon III (795-816) est mentionné un nouvel oratoire in Xenodochio Tucio. *

il. Sautts-Piehre-bt-Paul. — « Les patrons de l'Église romaine eurent, en commun, deux ou trois églises. Pierre en eut cinq ou six en propre, et Paul deux seulement. Il ne faut pas conclure que S. Pierre venait, dans la piété des Romains, après S. Etienne. S. André et tous les saints que nous avons déjà nommés. Mais son culte était concentré dans la grande basilique Vaticane, auprès de son tombeau. C'était, et de beaucoup, le sanctuaire le plus vénéré de Rome, celui qui attirait, des extrémités du monde chrétien, un incessant concours de pèlerins. Il éclipsait d'avance toute autre église que l'on aurait pu avoir l'idée de dédier au prince des apôtres. La présence d'une relique insigne put seule achalander Saint-Pierre-aux-Liens, placé d'abord sous le vocable des apôtres (Pierre et Paul). Vers le milieu du vme siècle, le pape Paul Ier (757-767) avait fait construire au Forum, près du temple de Rome, un petit sanctuaire en l'honneur des SS. Pierre et Paul, lequel disparut de bonne heure.

« On ne pouvait davantage multiplier les sanctuaires dédiés à S. Paul. La basilique de la voie d'Ostie exerçait trop d'attraction. Léon II (682-684) éleva, près de Sainte-Bibiane, une église sous le vocable de l'apôtre, pour y recevoir les corps des SS. Simplieius, Faustinus et Béatrix. Elle avait disparu avant le xne siècle.

12. Saint-Maktix. — « L'église que lui avait dédiée le pape Symmaque, Saint-Martin-des Monts, est la seule qui subsiste encore. En 732 apparaît, près de Saint-Pierre, le monastère de Saint-Martin * qui pouvait être déjà ancien à cette date.

13. SaINTB-Aqa THE. — » Le souvenir de Ste Agathe semble avoir été en grand honneur aux premiers siècles du Moyen Age. Sainte-Agathe-des-Goths eut bientôt plusieurs succursales. Parmi les églises dotées par Léon III (806) nous trouvons Sancta Agalha in caput Africœ *,... in diaconia *,... de lempulo *. Le pape Pascal [•» (817-824) fonda un monastère en l'honneur des Stes Agathe et Cécile *.

14. SaINT-CÉSAIRE. — « Le patron de Terracine. S. Césaire, avait déjà deux sanctuaires à Rome au temps de S. Grégoire. On lui en éleva quatre autres par la suite. L'église de sanctus Ctesarius in nwnasterio Corsarum * bénéficia des largesses de Léon III. Vers le même temps fut aménagé dans les restes des palais impériaux sa/ictus Csesarius de Grsecis ou de Palatin *.

16. SaINT-ABBACTR. — L'arrivée des reliques des martyrs alexandrins Cyr et Jean avait, dès le début du ve siècle, déterminé la construction de deux sanc-

ROME. LES EGLISES AL MOYEN AGE

tuaires. Cyr, ou Abbacyr, fut • encore le patron de trois autres églises ou oratoires. Léon III (806) dota l'oratoire de S. Abbacyri in xenodochio qui appellatur a Valeriis *. Dans la biographie de Grégoire IV est citée une église de S. Abbacyri et Archangeli ad Elephantum *.

16. Saint-Sébastien. — «S. Sébastien fut toujours très honoré dans sa basilique de la voie Appienne. On ne lui trouve un deuxième sanctuaire qu'au xne siècle. 11 faudrait ajouter qu'à Sainte-Agathedes-Goths et plus tard à Saint-Georges du Vélabre, S. Sébastien avait été nommé comme deuxième patron par les fondateurs. Mais, dans aucun des deux cas, son nom ne fut retenu par le peuple » l.

XVI. Éponymes signalés pour la première fois, entre 601 et 816. — « L'Itinéraire d'Einsiedeln, les biographies d'Hadrien Ier et de Léon III, dans le Liber pontificalis, sont les principaux documents qui nous permettent de dresser un état, sans doute à peu près complet, des églises que possédait Rome au début du ixe siècle. Mais ces textes, postérieurs au milieu du vme siècle, mentionnent des édifices qui pouvaient être de fondation déjà ancienne et remonter au moins au vne siècle. Il nous serait donc impossible de dresser, même en nous contentant d'une exactitude approximative, une ligne de démarcation entre les sanctuaires érigés au vme siècle et ceux du siècle précédent.

1. Saint-Jean. — « Du vne au ixe siècle, nos documents font apparaître une trentaine de nouveaux saints à qui l'on dédie des églises. La plupart d'entre eux ne furent titulaires que d'un sanctuaire unique. Quelques autres, au contraire, jouirent d'une faveur plus grande et, bien après le ixe siècle, on continua de leur élever basiliques et oratoires. Ce fut le cas pour les deux Jean, le Précurseur et l'Évangéliste. Il est parfois impossible de distinguer auquel des deux avait été primitivement consacrée telle église appelée Saint-Jean. La dévotion populaire confondit souvent les deux homonymes. C'est certainement en l'honneur de l'Évangéliste qu'avait été construite l'église de Saint- Jean ante portam Latinam, qui tombait déjà en ruines (ruinis prœventam) à la fin du vme siècle, lorsque Hadrien Ier (772-795) la restaura. Les faits sont moins clairs pour sanctus Johannes in Mica Aurea *, mentionné dans V Itinéraire d'Einsiedeln, et pour sanctus Johannes in Aoenlino *, cité dans la biographie de Léon III.

« De même que les deux S. Jean, neuf autres saints, qui apparaissent pour la première fois entre le vne et le ixe siècle se virent encore dédier des églises bien après cette dernière date.

2. Saint-Anastase. — « Les reliques du martyr dalmale furent apportées à Rome au vne siècle. Presque aussitôt, le monastère de sanctus Anastasius ad aquas Salvias est mentionné dans le catalogue de Salzbourg (aujourd'hui SS. Vincent et Anastase près les Trois Fontaines).

3. Les QvaRante-MaRTYRs. — « Le petit oratoire du Forum, où l'on a trouvé, en 1901, des fresques du vne ou vme siècle représentant le supplice des Quarante Martyrs, était peut-être dédié à ces saints.

4. Saint-Georges, Saint-Antoine, Saint Vit. — « Léon II (682-G83) éleva au Vélabre une église en l'honneur des SS. Sébastien et Georges. Le second vocable élimina rapidement le premier.

« Dans l'oratoire dit des Quarante- Martyrs au Forum, quelques-unes des fresques illustrent la vie de S. Antoine, premier ermite. Peut-être le petit sanctuaire était-il sous son vocable? Un autre oratoire lui était consacré dans l'atrium de Sainte-Marie- Antique (ruiné vers l'an 1000) 2.

« L'église de Saint-Vit in Macello (aujourd'hui

Saint-Vit ad Lunam) et celle de Saint-Vit in monasterio Sardorum participèrent aux largesses de Léon III.

5. Saint-Apollinaire. — « Honorius Ier (625- 638) fonda un oratoire en l'honneur de S. Apollinaire, dans le portique de Saint-Pierre (détruit en 1610). L'église actuelle de Saint-Apollinaire est déjà mentionnée dans la biographie d'Hadrien Ier (772- 795).

S. Sainte-Pêtronille. — « L'oratoire fut érigé dans le mausolée qui flanquait le côté sud rie la basilique vaticane, par Etienne III (752-757).

7. Saint-Théodore. — « L'origine de la diaconie de Saint-Théodore est inconnue. File possède des mosaïques du viie siècle au plus tard. Le premier document qui en parle est le Liber pontificalis, dans la notice de Léon III.

8. Saint-Donat. — « Le monastère sancti Donati in Aventino * n'est connu que par la biographie de Léon III (806).

9. Saints-Serge-et-Bacchus. — « Les martyrs syriens Serge et Racchus eurent, à Rome, quatre sanctuaires, dont aucun ne semble avoir été élevé postérieurement au vme siècle. Grégoire III (731- 741) restaura la diaconie des Saints-Serge-et-Racchus érigée près de Saint-Pierre *. Hadrien Ier (772-795) en reconstruisit une autre du même nom, qui était située sub Capitolio *. Pascal Ier (817-824) restaura le monastère des SS. Serge et Racchus de Forma *. Ces trois édifices étaient donc déjà anciens à la fin du vine siècle. En 806, Léon III fit des dons au sanctuaire des SS. Serge et Racchus de Subura *. Après avoir jeté un vif éclat dans la période où Rome fut la plus ouverte aux influences byzantines et orientales, le culte des deux martyrs ne semble pas avoir suscité de fondation nouvelle durant le Moyen Age proprement dit. L'unique sanctuaire des saints qu'il nous reste à énumérer fut également antérieur au ixe siècle.

10. Saint-Evplvs. — « L'oratoire de ce saint, hors de la porte de Saint-Paul *, avait été fondé par le pape Théodore.

11. Saint-Érasme. — « Le monastère de Saint- Érasme * sur le Celius, existait au moins dès la première moitié du vne siècle, car le pape Adéodat (672-676) y avait été élevé.

12. Sainte-EvphÉMIE. — « L'église de Sainte- Euphémie * déjà ancienne au temps de Serge Ier (687-701) fut restaurée par ce pape.

13. SainT-BonifaCE. — « Le catalogue de Salzbourg mentionne l'église de Saint-Roniface sur l' Aventin qui deviendra, au xe siècle, Saint-Alexis.

14. Sainte-Hélène. — « Le tombeau de la mère de Constantin, sur la voie Labicane, est déjà appelé dans le catalogue de Salzbourg : ecclesia sanctœ Helenœ.

15. Saint-Calliste. — « Auprès du titulus Calisti, qui devait devenir Sainte-Marie du Transtévère, une église dédiée à S. Calliste marque, dit-on, le lieu de son martyre. Elle eut déjà besoin d'être restaurée au temps de Grégoire III (731-741).

16. Saint-EvstaCHE. — " La diaconie, encore à sa place primitive, est mentionnée dans la notice de Grégoire II (715-731).

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