‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 458 sur 477 · PRINCIPIVM IN INFERNO DAMPNETVR FIAT FIAT FIAT · texte numérisé non relu

PRINCIPIVM IN INFERNO DAMPNETVR FIAT FIAT FIAT

Cette notitia contestationis gravée en grands carac-

tères se trouvait près du tombeau de S. Paul et menaçait tous ceux qui porteraient préjudice à la basilique, à ses biens et à ses droits. A la tin, la triple répétition du mot fiât équivaut à l'amen qui sert de conclusion aux bulles majeures. Pas de date, ce qui a fait hésiter sur le nom du pape; Baronius proposait Léon Ier, ce qu'avec raison J.-B. de Rossi ne peut admettre; O. Panvinio, Margarini, Muratori, Jafïé, Ewald opinent en faveur de Léon III; mais se fondant sur des particularités paléographiques, Ue Rossi attribue ce texte à Léon IV (847-855).

Ligne 2 : christianis notiliam au lieu de chrislianis salutem; ligne 21 : placitum, à la place de judicium,

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■ Inscription de Léon IV à Saint-Paul-hors-les-Murs. D'après H. Grisar, op. cit., pi. v, n. 1.

correspond bien à la terminologie en usage à l'époque franque 3.

La même basilique de S.-Paul-hors-les-Murs nous offre un autre exemple d'afficher les décrets pontificaux. Dans l'atrium se trouvait une grande table de marbre portant le texte de la donation faite à cette église par S. Grégoire le Grand, en 604 (voir Dictionn., t. m, col. 885-888, fig. 2667). Le texte est aujourd'hui conservé au monastère de S. -Paul; hauteur : 1 m.; largeur :2 m. 11; [ci-dessus, n. 68].

Pierre Sabinus la vit in porlicu templi divi Pauli où elle se trouvait probablement depuis l'<origine, car Jean Diacre nous dit dans la Vie de S. Grégoire, I. II, c. xx, qu'elle fut placée prae foribus ejusdem basilicae. Angelo Rocca, avant 1620, nous apprend qu'elle se

' De Rossi, Inscr., n, 1" part., p. 56, 350, 411; [Diehl, 1760]. — - Id., ibid., n, 1" part., p. 147; [Diehl, 977]. — * O. Panvinio, De septem ecclesiis, p. 72, 73; Margarini, Nicolai (cités dans le texte); A. Mai, Script, veter. noua

DICT. D'ARCH. CHRÉT

coll., t. v, p. 215, note 1; P. L., t. cxxix, col. 971; J.-B. De Rossi, Inscr. christ, urb. Rom., t. n, lre part., p, 423, n. 40; Jaffé-Ewald, Regest. pont, roni., n. 2535; II. Grisar, Analecta Romana, I. i, 1899, p. 183-185, n. xwi, pi. v, n. 1.

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ROME. EPIGIIAPHIK

trouvait alors in porticu S. Pauli... in editissimo loco, hinc perpaucis et fere nemini nota '. Vers ce temps, elle fut transportée dans la basilique et, d'après Severano, elle se trouvait in una colonna che sostiene l'arco maggiore délia chiesa 2. C'est ce qu'indique également Margarini : inler vigesimam columnam et gradus ad sinistram 3, enfin J. Ciampini : ante ma/us altare prope alleram ex duabus columnis, quae primarium fulciunt arcum, a dextra parle collocalu *, où elle demeura jusqu'à l'incendie de 1823 6.

Ce praeceptum fait partie du Registre de S. Grégoire, 1. XIV, ch. xiv e, et porte la date du 25 janvier 604 •'. Le début : Gregorius episcopus servus servorum Dei et la date qui suit bene vale manquent dans le Régeste. Il existe quelques autres différences entre le texte épigraphique et le texte diplomatique. On peut tirer profit pour l'histoire de la chancellerie pontificale de ce qui se lit à la fin : hoc praeceptum in scrinio ecclesiae nostrae experientia tua restituât et de la mention des brevia du recteur du patrimoine de la voie Appienne : de brevibus suis delere debeal (experientia tua, ligne 19).

A ce que nous avons dit au sujet de l'éclairage des églises (voir Dictionn., t. iv à ce mot), il faut ajouter ce texte intéressant d'un don d'une massa ad Aquas salvias avec deux jardins près de l'Almone et les termine de la fossa latronis; c'est un riche présent exclusivement destiné aux lampes et cierges de la basilique et spécialement du tombeau de l'apôtre : quidquid exinde accesserit, luminaribus ejus [sancti apostoli] inpendi (ligne 17). Cette profusion de lumières était habituelle suivant la juste remarque de Baronius 8 et nous lisons dans le Liber ponlificalis à la notice d'Hadrien Ier (772-795) pour la tombe de S. Pierre : Eius beatitudo fecit (arum majorem in eadem beali Pétri ecclesia, in tipum crucis, qui pendet anle presbilcrium habentem candelas mille CCCLXV et constitua ut quatuor vicibus in anno ipsum farum accendalur ».

Ce texte nous amène à S. -Pierre où la basilique nous offre dans l'atrium une bulle de Grégoire II mentionnant une donation analogue; il reste deux parties de cette table de marbre dans l'atrium actuel, à l'origine elle devait en compter trois 10.

7° Inscriptions liturgiques. — Les anciens pèlerins découvraient un attrait particulier dans les inscriptions liturgiques. Heureusement, toutes celles qui rentraient dans cette catégorie n'étaient pas aussi barbares que la prose de Grégoire III dans la basilique de S. -Paul qui fixe les oblationes ou oblatae à offrir chaque jour aux autels désignés u. Les trois oraisons pour le repos de l'âme de Grégoire III nous ont été conservées12 (voir Dictionn., t. xm, col. 1249, fig. 9682); on sait qu'elles ornaient la paroi de l'oratoire où ce pape était inhumé dans la basilique vaticane; elles sont conformes pour le rythme et le style aux oraisons liturgiques dont on fait encore usage de nos jours.

Ces sortes d'inscriptions liturgiques se lisaient parfois sur un ambon, sous un tableau, un portrait en mosaïque. Par exemple sur l'ambon du pape Pelage II, on lisait des paroles d'encouragement au lecteur ou au chantre avec ces vers 13 :

Scandite cantantes Domino Dominumque legenles Ex alto populis verba superna sonent.

' Rocca, Opéra, 1719, t. u, p. 408. — » Severano, Selle cliiese, p. 390. — ' Margarini, Inser. S. Pauli, p. 18, n. 213. — 4 Ciampini, De sacr. eediftciis, p. 110. — * Nicolai, Basil, di San Paolo, p. 205, n. 426 a. — • Jaffé-Ewald, Beg. pont, rom., n. 1991; P. L., t. lxxvii, col. 1318. — 7 Ewald, dans Neues Arckiv, t. m, 1878, p. 549. — " Baronius, Annal, eccles., ad ann. 001, n. 75. — ' De Rossi, Inscrii>t. christ. urb. Rom., t. n, p. 423, n. 38; J.-B. Pitra, Analecla novis-

Au Moyen Age, ce même texte fut utilisé pour l'ambon de l'église des SS.-Silvestre-et-Martin ".

Sur la fontaine baptismale un vers de l'inscription du pape Damase exprime l'unité du pouvoir ecclésiastique et du sacrement de la régénération15 :

A'o/i haec humanis opibus, non arle magistra

Sed praestante Petto, cui tradita janua caeli est Antistes Christi composuit Damusus,

Una Pétri sedes, union verumque lavacrum. Vincula nulln tenent [quem liquor iste lavât].

Une autre inscription sur cette même fontaine baptismale invile à recevoir la vie de la grâce avec les eaux du baptême. Ces vers ne nous ont été conservés que dans la seule sylloge de Verdun; à l'avant-dernier vers il faut lire limina au lieu de lumina 16 :

I 10. Sumite perpeluam sancto de gurgite vitam. Cursus hic est fidei, mors ubi sola périt. Roborat hic animos divino fonte lavacrum,

Et, dum membra madent, mens solidatur aquis. 5 Auxit apostolicae germinalum sedis honorem Christus, et ad coelos hune dédit esse viam. Nam cui siderei commisit lumina regni, Hic habet in témplis altéra clauslra poli.

8° Inscriptions des dépendances basilicales. — Les alentours d'une basilique offraient matière à diverses inscriptions : canthare, portiques, galeries, bâtiments destinés aux dépendances indispensables. La plus belle inscription d'un canthare (voir Dictionn., t. n, à ce mot) est probablement celle que S. Léon le Grand destina à celui de la basilique de S. -Paul. J.-B. de Rossi à réussi à rétablir l'ordre des distiques qui se lisaient sur les pans d'une corniche soutenue par des colonnes et portant le toit du canthare " :

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