Missa unius dcfuncli
Joa., XI, 21-27 : Dixit Alartha : Dne si fuisses Iiic 259. Item alia missa plurimorum defunctoram.
Joa., V, 21-24 : Sicat Pater suscitât mortuos. 262. Missa pro deju.nct. anniocrsar.
Joa., VI, 51-54 : Ego sum panis vivus. 265. Missa in tempore jejunii.
Matth., VI, 16-21 : Cum jejunatis, noiitc llcri. 207. Missa qui a demonio oexalur.
Marc, IX, 14-29 : Attuli filium meum habentem spiritum mutum.
Dans cette longue série, on peut distinguer aisément des restes de leclio continua, surtout au cours du carême. Pendant les fériés des quatre premières semaines (n. 45-48, 52-55, 60-63, 67-70), les chapitres V, VI, et VII de saint Matthieu se déroulent Intégralement. Les trois dimanches : scptuagésime, sexagésimc et quinquagésime, présentent aussi trois passages du même évangile, dont deux se suivent exactement (n. 41-42-43).
Les dimanches de carême (n. 51, 59, 66, 73, 80) sont dotés de péricopcs de saint Jean dans l'ordre des chapitres iv, vin, ix, xi, xii.
Pendant la semaine sainte et la semaine in albis,\e récit des événements et, en particulier, de la résurrec-
tion, est emprunté aux quatre évangélistes, comme dans tous les autres systèmes.
Puis la lecture de saint Jean reprend depuis le samedi in albis jusqu'à la Pentecôte (n. 103-123), avec des inter\'ersions qu'une étude approfondie arriverait peut-être à expliquer : on trouve ainsi la succession suivante : Joa., xvi, 16-22, 5-14, 23-30; x\Ti, 1-26. La lecture du quatrième évangile cesse à ce moment.
Au cours des dimanches après la Pentecôte, en effet, n'apparaissent que les trois synoptiques, surtout le troisième, saint Luc, qui fournit 15 pcricopes sur 27, extraites des chapitres v à xix, mais dans un ordre extrêmement dispersé, comme il est facile de s'en rendre compte par un simple coup d'oeil sur le tableau qui précède.
Les lectures des dimanches de l'avent sont empruntées à Matth., Luc, Joa.; leur choix s'explique par les circonstances.
A la fin de la semaine sainte et au cours de la semaine in albis, on note un assemblage curieux. Le mercredi et le jeudi saints (n. 84-85), on trouve le début du récit de la passion selon saint Matthieu, puis, la veille de Pâques, le récit du même évangéliste sur la résurrection (n° 88). A partir du samedi saint un double office est prévu, l'un in ecclesia majori pour les fidèles, l'autre in ecclesia minoriponr les nouveaux baptisés; or, la série des péricopes se présente ainsi : In ecclesia minori :
Joa., III, 1-13.
Joa., ^^I, 37-39.
Matth., V, 1-12.
In ecclesia majori :
Matth., xx\-ni, 1-7.
Joa., XX, 11-18.
Luc, XXIV, 1-12.
Matth., xxvni, 8-15.
Luc, XXIV, 13-35.
Matth., xx\-ni, 16-20.
Marc, x■^^, 1-7.
Joa., XXI, 1-14.
Joa., XX, 19-31.
où l'on suit facilement la lectio cuntinua de plusieurs évangiles entremêlés.
A noter encore que les dimanches de carême tirent leurs noms du sujet de leurs péricopes : de Abraham (3«), de cœco (4"), de Lazaro (5"), in l'almis (G'), et que le récit de la résurrection de Lazaro est placé ici à la même date que dans le Comicus de Silos (n. 47), au dimanche précédant les Rameaux, alors qu'il est assigné au vendredi avant le dimanche de la Passion dans d'autres systèmes.
ir. SYSTÈMES DE LA II AVTE ITALIE. — SoUS Ce titre,
nous allons réunir quatre manuscrits qui représentent, à travers des divergences nombreuses, un fonds commun, qui est la liturgie en usage dans les Églises du nord de l'Italie avant l'expansion et la suprématie définitive du système liturgique romain.
1. \.a codex /{e/idffferanij.'i appartenant à la Bibliothèque de la ville de Breslau, sous la cote R. 169.
Ce ms de la fin du \ai"' siècle contient les quatre évangiles en latin. Son texte est l'un des témoins les plus importants des versions latines des évangiles avant la correction opérée par saint Jérôme. II a été édité par H. F. Haase, à Breslau, iii 1865-1868. Une nouvelle édition, beaucoup plus exacte, a été donnée en 1913 par H. J. Vogels, dans la collection de textes publiée par la commission cliar);i !■ de la revision de la Vulgate '.
Au point de vue litnrgiiiiK , li ^( ni qui importe ici,
•II. .1. Vogels, Codex Iichili{iiruiii nea biblica tatina, nome l',)i:i. vul. ir.
les Collecta-
ÉVANGILES
ce ms a conservé des indications de grande valeur. " Au folio 92, à la suite du sommaire de Marc, un feuillet blanc a été utilisé par une main lombarde du viii" siècle pour y transcrire, non sans maints indices de barbarie, un vrai Capilulare evangeliorum, c'est-àdire la table, mois par mois, des différentes réunions liturgiques, avec l'indication exacte du capitulum et même les premiers mots de la lecture assignée à chaque réunion '. »
Ce capilulare n'est pas complet : il s'arrête vers la fin de juin. Il a été édité séparément et commenté par dom G. Morin ' et S. Beissel en a donné un tableau succinct". On le trouvera ci-dessous, sous forme aussi concise que possible, d'après l'édition de H. J. Vogcis; les numéros d'ordre sont ceux de l'édition de dom Morin.
Le premier éditeur, Haase, a affirmé que ce ms provenait d'Aquilée, mais il n'a point donné les preuves de son affirmation. Dom Morin estime que cette provenance est en effet probable et il a fait valoir quelques observations qui appuient cette probabilité. Mais on ne peut assigner avec certitude Aquilée comme la patrie d'origine du Rchdigeranii!:. En tout cas, la parenté entre la liste liturgique de ce ms. et les documents milanais est certaine; et comme, d'autre part, cette liste est antérieure d'un siècle au moins aux témoins les plus anciens de la liturgie de Milan, qui ont déjà subi des influences étrangères, on en conclut avec vraisemblance que nous atteignons dans le Rehdigeranus une forme ancienne du système de lectures en usage dans les Eglises du nord de l'Italie, peut-être spécialement à Aquilée, vers le \ï'-vn^ siècle.
2. Le codex Forojuliensis, appartenant à la bibliothèque de Cividale, en Frioul, est aussi l'un des plus anciens manuscrits des évangiles : il date du vi= ou peut-être du commencement du xii' siècle.
Ce ms contient une centaine de notes liturgiques qui ont été publiées et commentées avec tout le soin désiralile par dom D. de Bruyne*. " Dans le Forol'aliensis on ne trouve pas, comme dans tant d'autres manuscrits, de ces lectures intitulées simplement cottidiana, mais toutes sont assignées à des jours déterminés, ce qui permet de reconstituer dans tous ses détails le cadre presque complet de l'année liturgique. Les dimanclies y sont divisés par mois, exactement comme dans le Rehdigeranus. C'est pour.quoi j'ai pu reconstituer un vrai capilulare evangeliorum, c'està-dire la table, mois par mois, des différentes réunions liturgiques, semblable à celle qu'on trouve dans le manuscrit de Breslau. Évidemment l'annotateur a eu sous les yeux une liste de ce genre ^ »
La provenance de ce ms est incomiue et les notes liturgiques ne suffisent pas pour résoudre la question de façon précise. Cependant, la liste de péricopes du Forojuliensis est en rapport étroit avec celle du Rehdigeranus, et cette parenté certaine permet de conclure que le ms de Cividale est, lui aussi, un témoin des usages liturgiques du nord de l'Italie. «Écrits pour deux Églises différentes, d'après des modèles différents, ils (ces deux mss) viennent de la même province, ils sont les deux seuls témoins de l'année liturgique dans cette vénérable Église aquiléienne avant les envahissements de l'influence romaine. Mais les annotations du Forojuliensis ont, sur celles du Rclidigeranas le double avantage de nous présenter le cycle complet de l'année liturgique et d'être en grande partie, me semble-t-il, plus anciennes °. »
1 Dom Morin, dansKeo. bénéd.. 1902,t. xix, p. 2. — 'Ibid. , p. 1-12. — 'Entsiehung, p. 95-100. — 'Dans la Reo. bénéd., 1913, t. xxx,p.20S-218. — ' D. deBruyne,!oc.,ci(., p. 210. — ' Ibid., p. 210. — 'Rev. bénéd., 1903, t. xx, p. 375-388.
On trouvera ci-dessous la reproduction de l'édition de D. de Bruyne. Les numéros d'ordre ont été ajoutés par nous pour faciliter les comparaisons.
3. Le codex C. 39 Inj. de la bibliothèque Ambrosienne de Milan, manuscrit des évangiles en onciales du VI» siècle. Il porte dans les marges des notes nombreuses relatives aux lectures liturgiques, qui ont été publiées pour la première fois et commentées par dom. G. Morin'. Ces notes, inscrites le long du texte des Évangiles à l'endroit où commence chaque péricope, ont été numérotées de 1 à 134 par dom Morin. En les plaçant dans l'ordre de l'année liturgique, on obtient le tableau que l'on trouvera ci-dessous : les numéros d'ordre sont donc ceux de l'édition Morin dans l'ordre normal des quatre évangiles : Matth., Marc, Luc, Joa.
Mais ces annotations liturgiques ne sont pas contemporaines de la transcription du texte évangélique. • Elles datent presque toutes d'une même époque, le vn^-vm" siècle, bien que l'écriture ne soit point partout la même... Les additions postérieures sont rares et faciles à distinguer».» Ces additions sont placées dans le tableau ci-dessous entre crochets [ ].
A quelle Église a appartenu la liturgie représentée par ce système de péricopes? Il est impossible de le dire avec précision. Le type est certainement milanais, mais il ne provient pas de l'Église même de Milan : il faut songer simplement à l'Italie du nord, sans pouvoir déterminer davantage. « Contentonsnous de savoir que le type liturgique reconstitué à l'aide des annotations marginales des évangiles Ambros. C. Î9 Inj., quoique apparenté à l'usage milanais, n'a jamais cependant été suivi à Milan même, mais dans quelque autre Église indéterminée du ressort de cette métropole ». »
4. Le codex Clm. 6224, appelé aussi le Valerianus, appartenant à la Bibliothèque royale de Munich, contenant les quatre Évangiles en onciales du vn" siècle environ. Il a été édité par H. J. White, en 1888, dans la collection des Old latin biblical Icxls, à Oxford. Il contient, comme les précédents, des iiidications liturgiques qui ont été disposées selon l'ordre de l'année liturgique et publiées par dom Morin '". S. Beissel a reproduit le travail de dom Morin ". On en trouvera le tableau ci-dessous. Les numéros d'ordre ont été ajoutés par nous.
La provenance de ce ms est indéterminée. On sait seulement qu'avant d'arriver à Munich, il appartenait au chapitre de Frisingue. Par son texte biblique, il se rattache à la Haute Italie. Quant aux notes liturgiques, deux seulement sont contemporaines de la transcription du manuscrit : n. 4, in nalivilale Domini, MatUi., II, 1 ; n. 11, in apparilionem r»omini,Matth.,m, 13-17. Toutes les autres ont été ajoutées à la marge par différentes mains en écriture cursive qui peut dater du vm» ou ix" siècle. Cette liste de péricopes ne se rattache à aucun système de façon bien nette. Mais elle présente des analogies avec les usages de la Haute Italie, de même que le texte biblique du ms se rattache certainement aux familles de mss de cette région. Dom Morin estime que cette liturgie doit être celle d'une Église du sud-est de l'Europe, plus précisément, de la région danubienne ".
Les sigles conventionnels de ces quatre manuscrits reproduits dans les tableaux suivants sont : Rehdigeranus ; l ; Forojuliensis : J ; Ambros. C. 39 : M ; Clm. 6224 : q.
— • Dom Morin, /oc. cit., p. 37G. — ' Ibid.. p. 3S6. — '• Reu. bénéd., 1893, t. x, p. 246-256. — ^' EnUitelmng. p. 100-102.
— '= Dom Morin, dans Renne bénédictine, 1902, t. xix, p. 12.
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