‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 2)Chapitre 231 sur 331 · HEROS · texte numérisé non relu

HEROS

SVMMVS ANlistes

H. Leclercq.

EXALTATION DE LA CROIX. \oir Diciionn., t. ni, au mol Croix, col. 3131-3139.

EXCEPTATUM. Ce tenne, propre à la liturgie de Milan, a déjà été noté et défini : voir Ambrosiex {Rit),t.i,col. 1393^; il n'est point une locution vicieuse pour expectatio, mais un doublet du substantif verbal exceptatio, dérivé, par suite, du fréquentatif exceptare (excipere : ex, capere), l'idée fondamentale restant celle de «recevoir, accepter; » de cet usage, le latin classique et postclassique fournil déjà divers exemples. 11 reste à préciser le témoignage des livres milanais.

L'édition c typique » de 1902 introduit', après la messe du sixième dimanche d'avent, une rubrique In feriis de exceptato, qui vise les jours précédant immédiatement la vigile de Xoél. Ce sixième dimanche d'avent n'est lui-même qu'une fête de Notre-Dame. La station est marquée ad sanctam Mariam, conformément à l'ancienne tradition ^ et toutes les formules — oraisons, préface, antiennes, lectures (évangile de l'Annonciation : A/ ISSUS esO — se rapportent au mystère de la Vierge mère : JEquum et salutare..., dit notamment la préface, beatse Mariœ virginis fesla celebrare de cujus ventre fructus effloruit... '. A cet égard, il est exact que le dernier dimanche d'avent du rit ambrosien correspond à l'ancienne fête mozarabe du 18 décembre, dénommée postérieurement fête de l'Expectation (voir ci-dessous). Mais il faut remarquer que ce dimanche, même dans l'édition de 1902, garde expressément sa qualité de dimanche d'avent, le terme exceptatum étant, d'autre part, réservé aux fériés qui suivent. La rubrique de exceptato prescrit donc une messe propre pour les fériés secundo, terlia et quarto de la dernière semaine avant Noël, simple messe d'avent avec l'évangile de la Visitation (Exsurgens Maria) comme seul trait distinctif. Il est prévu ensuite que, " aux autres fériés de exceptato, » on répétera la messe du dimanche, tout en gardant la péricope Exsurgens Maria.

Les recherches d'Anl. M. Ceriani, récemment codifiées par .\. Ratti et M. Magistretti, pennettent de déterminer approximativement l'arrière-plan du missel milanais '. Nous savions déjà que le missel de Bergame'ne mentionnait pas V Exceptatum, se contentant d'insérer une suite d'oraisons de adventu entre le si-xième dimanche et la vigile de Noël '. La

' Corp.insc. lai., t. x, n. 7533. — ' Tricha ud. Itinéraire des voyageurs dans Arles, p. 33; Histoire de la sainte Église d'.irles, 1. 1, p. 206; Balthazar, dans Congrès archéol. de la France, 1885, p. 490; Corp. inscr. lat. t. xn, n. 946; E. Le Blant, Kouueau recueil, p. 205. n. 205 b. — 'Voir aussi M. Magistretti. Beroldus, Milan, 1894: jVote ad ordinem, p. 193.. — 'Missale Ambrosianum ex decrelo PU IX, P. M. res(i(»/(;m,p.lS. — 'Deux messes, à \Tai dire, sont indiquées dans rêdition typique (de même que dans celle dei 751) : una de adventu et altéra de incarnatione. Cette distinction à part, les anciens li\Tes, Bergame par exemple, oITrent le même assemblage : ime première messe in ecclesia hyentali. l'autre ad sanctain Mariam. — ' Voir cette préface et, d'ailleurs, toute

documentation de Ceriani achève de nous renseigner". Le missel de Biasca, du ix« siècle, est aussi muet que celui de Bergame sur V Exceptatum ; n\ le nom n'apparait ni même la messe. Quatre livres cependant donnent la messe, mais un seul, le plus récent, sous le titre qui a prévalu : 1. Trotti 251, du ix» siècle : Missfi de adventu; — 2. Lodrino, du x" siècle : Missa quotidiana de adventu >'; — 3. Métropole, du x" siècle : In hcbdomada unie natale Domini; — 4. Val-Travaglia, du xir siècle : Missa de exceptato. Ceriani conclut avec précaution que cette messe, attestée dès le ix« siècle et formée de textes gélasiens ou grégoriens, est ' peut-être » plus ancienne que la rédaction des missels de Bergame et de Biasca, témoins de l'usage authentique. De toute façon, exceptatum est une expression médiévale; et l'on voit déjà que celle-ci ne signifie pas autre chose que l'avent, l'avent à sa dernière période.

Ceci se trouve confirmé par VExposilio exceptali de Beroldus, custode de l'Église de Milan, pendant la première moitié du xn= siècle •*. Le long développement de Beroldus tend principalement à fixer l'ordre, assez compliqué, de la psalmodie à l'approche de Noël. Ses explications ont semblé si pertinentes que les manuels postérieurs les ont retenues ". De ce contexte, il ressort que le terme exceptatum était acquis et normal au xn« siècle, qu'il est dès lors appliqué à l'office de la sixième semaine préparatoire à Noël, c'est-à-dire des derniers jours avant la fête, mais aussi bien restreint à ces mêmes jours, à l'exclusion du dimanche, formellement désigné festum (ou festinitas) sancise Maria:. Mais, si ces fériés spéciales ont été mises en évidence par un nom nouveau et caractéristique, il est clair qu'elles le doivent à la même préoccupation qui avait fait attacher le souvenir de la Vierge au dernier dimanche d'avent. Dimanche et fériés commémorent ensemble l'incarnation dès avant la nativité.

A. WlLM.^RT.

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