‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 144 sur 423 · SG · texte numérisé non relu

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primitives avaient été rasées et remplacées par

d'autres, en sorte que, sur certains points, on reconnut trois pavements superposes. Le niveau inférieur, fait de mortier et de petites pierres, se trouvait à 1 m. 50 de profondeur; le deuxième niveau, de ciment très uni. étendu sur un lit de chaux, mêlé de cailloux, à 1 m.; le niveau supérieur, fait de mortier. île sable et de pierres, n'était qu'à 0 m. (0 du sol actuel. Les fouis (t.iient en pierres brutes, jetées dans un bain de mortier; au-dessus du niveau du sol, les murs étaient en petit appareil: parfois on leur a appliqué une couche de ciment sur lequel sont tracés de tangles; cette décoration se voit principalement sur le mur d'enceinte, à l'ouest. Sous le niveau inférieur, furent rencontres des fragments de peintures.

Les moi ils de ces peintures sont de ceux qui appartiennent a l'art alexandrin et hellénistique, dont on a relevé tant de spécimens a Pompe! et à Ilerculaaum: histoire, mythologie, genre, paysage taisaient des tableautins occupant le milieu des panneaux. Les tableaux a ligures étaient de deux tailles, dans les uns les personnages avaient 0 m. 35, dans les autres 0 m. 14 seulement. Des premiers, écrit li. Fillon, il ne restait qu'un buste de femme relevant ses cheveux de la main droite i 1.- geste et les traits du visage indiquaient qu'elle devait faire partie d'une composition retraçant un événement sérieux, sinon tragique); le col, la poitrine et les bras d'une jeune femme assise: une jolie tète d'enfant blond regardant à gauche; le ventre d'un Priape; une jambe et un pied féminin (hausses de la sandale, une main d'homme tenant une bourse (Mercure probablement); une tête de sanglier; un gros poisson et un panier rempli de champignons. Les personnages de moindre taille se détaillaient sur fond rouge ou noir; on a recueilli un Amour avec des ailes vertes, portant un vase jaune: un homme tenant la bride d'un cheval: un filet rempli de poissons, des chevaux marins dont les naseaux, le poitrail et les jambes étaient de couleur rose, et qui paraissaient attelés au char d'une divinité. — Cinq ou six débris <le paysages, l'avant-train d'une petite panthère, un palmier, une tour carrée, un vase contenant une plante aquatique, deux cygnes et un ciel bleu. Pour les encadrements, on avait eu recours à des tritons verdâtres reliés entre eux par des algues tressées en légers rubans. Des raies et des lilets noirs, jaunes, verts et rouges, une belle guirlande de laurier, que soutenaient des agrafes et des glands d'or, et des colliers de perles, auxquels pendaient des vases, entouraient également les compositions et étaient animés par des oiseaux aux riches couleurs, se jouanl dan le feuillage. Les contours étaient Fortement accentués, au moyen d'un trait vigoureux, tranchant sur le fond et rivant de repoussoir aux demi-teintes. L'adresse paraissait plus sensible que la science et les ligures moins irréprochables que les ornements. Les procédés employés pour l'application des couleurs, étaient assez simples, i ne couche de mortier, de chaux, et de gros sable, épaisse de 0 m. 021, avait d'abord enduit toute la muraille, et recouverte par un nouvel enduit, en mortier plus lin, d'une épaisseur de n ni. nul (soir

iubs). Celli té revêtue a sou tour, d'une

préparation sur laquelle l'artiste étendit ses couleurs. C'était bien une peinture et non une fresque, car les couleurs s'enlevaient, par écailles Put minces, el ne

faisaient pas corps avec l'enduit ; de plus, ces couleurs

lois superposées les unes aux autres.

Voici, a ce propos, 1' « examen d'un fragment repré-

ut une cuisse et une jambe de femme, avec un

pied chausse d'une sandale sur un fond verdàtrc «

par h savant chimiste Chevreul :

' ette peinture, écrit-il, couvrait un morceau de mortiei de 0 m. 04 d'épaisseur, composé, dans l'orl

gine, de chaux grasse, de sable et de gravier. La chaux grasse était entièrement convertie en sous-carbonate. ... Si l'œil ne distingue pas des couches différentes dans ce mortier, il est impossible que la surface peinte ne soit pas d'une pâte plus fine que celle du mortier. Mais comment la peinture a-t-elle été appliquée sur l'enduit?... Le fond, d'un gris verdàtre. a été probablement appliqué avec un pinceau, car on voit des traits parallèles les uns aux autres,... il ne serait pas impossible que l'enduit eût été frotte avec des matières dures qui auraient creusé des sillons à la surface. La couleur est évidemment de la « terre de Vérone » mélangée de particules bleues distinctes à la loupe et même a la vue simple. Ces particules sont vraisemblablement du bleu égyptien... Lorsque les figures ont été peintes, le fond était parfaitement sec; car, en détachant avec précaution, les couleurs rouge, rose et blanche des carnations, on retrouve dessous le fond d'un gris verdàtre, et on aperçoit dans celui-ci, mis à découvert, la lerre de Vérone et le bleu égyptien. La couleur de chair était du peroxyde de fer anhydre, et la rose un mélange du même oxyde et de souscarbonate de chaux nuire d'alumine et d'une trace de magnésie. Il est probable que, dans l'origine, la chaux avait été mêlée à l'état caustique avec l'oxyde de fer. La sandale présentait une belle couleur jaune, qui avait été ajoutée sur la carnation après la dessiccation de celle-ci. Il y avait donc eu trois applications successives de couleurs superposées : le fond, la carnation et la teinte de la sandale. »

On verra plus loin que plusieurs des couleurs utilisées par l'artiste ont été retrouvées en nature dans son tombeau. Après traitement chimique ■ d'un fragment représentant une figure nue d'enfant à ailes vertes sur un fond rouge ■ le célèbre savant disait comment ces peintures avaient pu être appliquées sur les parois du mur : « N'ayant pu découvrir, dans ces deux fragments de peinture, rien qui annonçât l'emploi d'une manière gommeuse. résineuse, huileuse, gélatineuse ou caséeuse pour appliquer la peinture sur l'enduit, j'ai cherché a voir s'il ne serait pas possible de faire cette application, en ne recourant qu'à un simple mélange de la matière colorante avec de la chaux humectée. L'expérience a justifié ma prévision. Le peroxyde de fer, employé de cette minière, est extrêmement solide aux injures de l'air; lorsque la chaux, qui peut être en excès est carbonatée. le frottement et la pluie n'enlèvent pas la matière. Le vert-de-gris donne un bon résultat: mais il n'est pas aussi solide que le peroxyde de fer. .l'ai appliqué de la même manière encore, le bleu égyptien au mélange de terre de Vérone, et de bleu égyptien et de vermillon, avec le même succès, ,1e crois doni ■ la possibilité de faire des peintures murales avec des matières colorantes et de la chaux hydratée réduites en une matière suffisamment coulante au moyen de l'eau. »

La villa de Saint-Médard était probablement isolée. A l'extrémité sud-ouest du mur d'enceinte, on trouva deux petites dalles pavées en briques ,i ni sur un lit de chaux. Là furent trouves, parmi les décombres, quatre ou cinq monnaies romaines du moyen et du bas empire, une fibule, une balance en bronze de petite dimension, dis morceaux de poteries rouges et noires a figures, et des anses et bouclions d'amphores estampillées. En 1861, B, Fillon écrl vait : « La position des pi. -ers .le la villa qui ont été retrouvées annonce que l'on n'est pas encore arrive aux appartements babil. s par les maîtres, et qu'il y

a tout lieu de croire que des découvertes importantes

sous le rapport de l'art, surgiraient du sol. •

Le 21 octobre 1847, à quatre-vingts ou cent m de la villa, on retira du soi .les vases en verre d'une

FONTF.NAY-LE-COMTE

conservation parfaite. Après quelques jours de travail on dégagea une tombe consistant en une fosse carne. ayant quatre mètres de côté dans sa partie inférieure. six dans sa partie supérieure, à cause du talus et deux mètres de profondeur (fig. 4554). Aucun vestige de maçonnerie, seulement des débris de poutres en bois de chêne, formant la voûte de la sépulture. De grosses pierres posées par-dessus ce plafond improvisé pour lui servir de protection, avaient roulé au fond avec les débris du bois pourri. Le cercueil et les autres objets déposés dans la fosse avaient été entourés de sable fin et de terre rendue noire par la décomposition des matières organiques. Le tassement et la chute du plafond avaient brisé plusieurs des vases et des autres

Autour du cercueil et dans divers endroits de la fosse étaient quatre-vingts vases en verre de toutes les dimensions. La plupart avaient été brisés par le tassement desjterres et par la violation de la sépulture ; une vingtaine cependant avaient résisté à tant d'épreuves. Le plus grand de ceux qui subsistent est en hexagone et d'une contenance de trois litres cinq décilitres; un autre, dont nous n'avons que les débris, devait contenir au moins six litres. Ils étaient, en général, bouchés avec des tampons de bois recouverts d'une feuille de cuivre.

Ces vases en verre se divisent en trois catégories distinctes : les uns, d'un blanc verdâtre, et ce sont les plus nombreux, sont de même nature que nos bou-

4554. — Objets divers trouvés à Saint-Médard. D'après Fillon et de Rochebrune, Poitou et Vendée, t. i, p. 124.

ustensiles, dont quelques-uns portaient aussi la trace d'une violation postérieure. A l'angle nord-est de la fosse était le cercueil où avait été renfermé le cadavre, la tête tournée vers l'orient. Il était confectionné en bois de noyer, encore reconnaissable grâce a quelques parcelles épargnées par la corruption. Quatre cercles de fer ayant 0 m. 07 de largeur et 0 m. 02 d'épaisseur, et soigneusement attachés au moyen de vis, assuraient la solidité du cercueil, qui, à chaque extrémité, présentait une poignée semblable à celles de nos malles. Des plaques de même métal fortifiaient les angles. Le squelette, long de 1 m. 53, était celui d'une jeune femme. La tête, retirée intacte, avait des dents d'une conservai ion parfaite; malheureusement elle fut presque aussitôt brisée par un enfant. Au cou avait été placé un collier de perles d'ambre, une seule était entière. Sur la poitrine, deux dents de sanglier, percées de trous qui servaient à les suspendre :i une chaînette d'argent passée au cou. Autour de la défunte, la pieie des survivants entassa tout le matériel artistique qui avait charmé e1 rempli sa vie.

teilles ; les autres formés de silice, de potasse, de soude, et d'oxyde de plomb, appartiennent à la classe des cristaux artificiels; un seul, coloré en jaune, est orné de marbrures blanches, mêlées à la pâte, qui lui donnent l'aspect des produits vénitiens. Un petit godet de même couleur a un simple filet blanc dans son rebord (fig. 4555).

Vases en verre de bouteille.

1. Vase hexagone à une anse (les anses ne sont pas de la même pièce; elles ont toujours été soudées après coup et sont ornées de cannelures) : haut. 0 m. 23, diam. 0 m. 18. Le fond orné de cercles concentriques.

2. Vase rond à deux anses; h. 0 m. 17; d. 0 m. 18 (deux exemplaires).

;>. Bouteille carrée à une anse; h. 0 m. 20; 1. 0 m. 11. Le fond orne d'un carré inscrit dans un cercle; au milieu du carré trois autres cercles concentriques (deux exemplaires, dont un brisé).

! Même forme; h. 0 m. 12; 1. 0 m. 06, le fond orné de deux cercles concentriques.

.V Bouteille carrée de forme allongée, à une seule

F0N1 ENAY-LE-COMTE

anse; h. 0 m. 25; I. 0 m. 08. Le fond orne de trois cercles concentriques.

6. Grand flacon rond à une anse; h. 0 m. d. 0 m. 19 (deux exemplaires brises).

7. Grande bouteille à fond évasé el a long col renflé au milieu, h. 0 m. 24. d. o m. 18 (deux exemplaires, l'un rempli d'une matière bleue, l'autre brisé).

8. Bouteille, h. 0 ni. 20, d. 0 ni. 15 (le haut du col est tri

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