‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 172 sur 423 · SISTE CRADVM PROPERET QUAMVIS BREVIS HORA VIATOR · texte numérisé non relu

SISTE CRADVM PROPERET QUAMVIS BREVIS HORA VIATOR

HEVS TV QVI TRANSIS SECVRA MENTE VIATOR SISTE CRADVM

QVISQVIS ES HIC OCVLOS PAVLVM CONVERTE VIATOR

c'est là, comme on le voit et on le comprend, une formule purement épigraphique. L'invocation au saint que présente l'avant-dernier distique du petit poème :

TV QVOQVE QVI CAELIS HABITAS MARTINE PRECATOR PRO FORTVNATO FER PIA VERBA DEO

est également lamilière aux compositeurs d'inscriptions °.

Les deux pièces destinées au baptistère de Mayence et à la basilique Saint-Georges débutent ainsi :

ARDVA SACRATI BAPTISMATIS AVLA CORVSCAT MARTYRIS ECRECII POLLENS MICAT AVLA CEORCII

début caractéristique qui se rencontre sous une forme analogue et partais avec un choix de mots identiques dans les légendes murales des églises d'Italie '

Aula Dei claris radiât speciosa metallis

■j- Ista domus pridem fuerat confracla ruinis nunr rutilai jugiter variis decorala metallis

Hœc domus ampla mirai variis fabricala meialiis Inclyta prsefulgent sanclorum limina lempli.

Emicat aima /oris ruliloque décore venusla arca metallurum gemmis quae compta coruscai

1 F. X. Kraus, Die altchristlichen Inschriften der Rhein-

lan.de, in-t», Fribourg-im-Br., 1890. — ' E. Le Blant, Nouvi'uu recueil des inscriptions chrétiennes de la Gaule, 1892, p. 453-454. — * Venance Fortunat, Miscellanea, 1. V, epist. vi, P. /... t. i.xxxvnj, col. 197. — ' Ibid., I. I. n. 5, P. L., t. Lxxxvm, col. 68. — 'Burraann./iiil/inl.ijiu, 1759, t. n, p. 42. 70; Fabrettf, Inscript. antiquar., IToli. pi. m, n. 432. — ' J .. Le Blaat, Recueil des inscriptions chrétiennes de lu Gaule, t. I, p. 226, note 1. — * A. Mai. Scriptor. vêler, nova collectif), t. v, p. '.<.';. n. 3 ; p. 137, n. 1 ; C. Cavedoni, Aimone canonîco, p. 2; De Rossi, Inscnpl.. christ, urbis Borna, t. n, part. I, p. 151, 152, 156, 353, 438, 439 440 —

Marmoribus sculplis domus harc micat undique pulchris. l'ulchra patris splendet Baptislse mensa Johannis Virginis aula micat variis fabricala metallis. Virginis in variis radial domus alla flguris. Emicat aula pia e variis decorala metallis.

Ces débuts qu'affectionnaient les poètes de l'épigraphie se retrouvent également chez Fortunat * :

EMICAT AVLA DECENS VENERANDO IN CVLMINE DVCTA OICNA SACERDOTIS BIBIANI TEMPLA CORVSCANT EMICAT ALTITHRONI CVLTV VENERABILE TEMPLVM

ainsi commencent trois de ses pièces écrites pour des basiliques de Tours, d'Auch et de Saintes que d'autres traits encore semblent permettre de regarder comme des légendes murales. Citons encore ce premier vers d'une pièce qui devait se lire sur l'oratoire d'Artonne •:

QVISQVIS AD HAEC PROPERAS VENERAND1 LIMINA TEMPLI

et qui a son pendant dans le début de l'épitaphe du pape Benoît III 10 :

QUISQVIS HVC PROPERAS CHRISTVM PROCRIMINE POSCENS

Les poètes étaient rares et il n'était pas toujours facile ni possible de se procurer une épigramme n'ayant jamais servi; on se contentait alors des dédicaces de seconde main. C'est ainsi que l'église de Primuliacum dans la Seconde Aquitaine et celle de Noie en Campanie portaient ce même distique :

PAX TIBI SIT QUICVMQVE DEI PENETRALIA CHRISTI PECTORE PACIFICO CANDIDVS INCREDERIS

C'est encore ainsi que l'archivolte de l'église de Mozat, près de Clermont, porte pour seule inscription et bout à bout ces deux vers empruntés à deux légendes différentes de la basilique de Tours ] > :

INCREDIENS TEMPLVM REFER AD SVBLIMIA VVLTVM INTRATVRI AVLAM VENERANTES LIMINA XPI

On a trouvé à Belcodène, près de Marseille, trois débris d'une inscription carolingienne gravée sur une pierre épaisse et où se lisent les mots-suivants :

1) -j- EEEEDO 2) MINI QVE DVCIT 3) HVC PROPRE

RATIVIRLCA PRO LVCTV R HICTRISTIS

QVI LACRI PRECES IANVA TEMPLI

+ HOE OPVS B PAX ECRE

Dans ces fragments, M. Albanès a reconnu la reproduction des cinq premiers vers d'une légende murale, écrite au vu* siècle, par l'évêque saint Eugène de Tolède pour une église de l'Espagne. L'inscription de Belcodène débutait donc ainsi ,:! :

+ ECCE DOmusdoMINIQVEDVCITad atria coeli cordibus

[afflictis HVC PROPE

RATE VIRI : CAudi'a PRO LVCTV tteferet laetusque redibil

l/uderit HIC TRISTIS

QVI LAGRImando PRECES quatuor in titulis constat

[haec IANVA TEMPLI

8 Fortunat, Miscellanea, 1. Ln.iv, xn; 1. X, n. vi. P. L.. t.i.xxxvm.col. 67.74.E. LeBlant, L'épigraphicchrctiennt in Gauli i ! dans l'Afrique romaine, 1S90, p. 65-70. — 9 Ibid., 1. X. n. v, P. L.. t. Lxxxvm, col. 328; voir 1. I.c.xxn, une inscription composée par lui pour une basilique de Ravenne. :" De Rossi, Inscript. christ, urb. Rom., t. n, part. 1, p, 21 l. — » E. Le Blant, Recueil, t. i. p. 232: voir pour un autri emprunt à la pièce d'où est tiré le premier de ces vers, De Rossi, op. cit., t. n, part. 2, p. 275, Revue archéologique, 1898, p. 281-285. - 1! S. Eugène de Tolède, Carmina, I, x : In basilica, S. Felicis quœ est in Tutanesio, P. L.. t. Lxxxvn. col. 302.

FOHTl "NAT

lin légende gravée au vn* siècle sur une église du \\ i formée de morceaux empruntés a deux

poésies composées par Fortunat et où E. Le Blant avait reconnu des inscriptions.

En même temps que des pièces destinées à être peintes ou gravées sur les parois des édifices, Fortunat parait avoir écrit îles épitaphes métriques. Ain fait tant d'autres auteurs en renom; saint Jérôme

osait l'épitaphede l'an la. El dius écrivait pour

la tomiie d'une chrétienne tniis distiques relevés par Sirmond dans une église de Milan ', Sidoine Apollilarle a deux reprises de l'exécution matérielle de ce qu'il nomme ses nenise funèbres. Je n'ignore pas disait Edmond Le niant qu' epitaphium signifie pai toi

.■ funèbre . et qu'il faudrait se garder de tenir pour des épitaphes Véritables toutes les pièces en tète

desquelles on lit ce mot. Cependant, dans un de nos is manuscrits de Fortunat, n. I3fi4s du tonds latin de la Bibliothèque nationale, fol. 50 v°, l'epitaphium Ruriciorum porte le titre suivant : Epitaphium super sepulcra Episcoporum Domnorum Ruriciorum mention qui contribue a démontrer la nature de cette pièce. De même, une pièce épigraphique de saint Damase intitulée dans les éditions : De sanclis Chrysaniho et Daria, porte, dans un de nos manuscrits, le titreplussignilicatif: Isti versiculi scripli sunl super sepulchrumChrysanth . LesEpita-

phiti composés par Venance Fortunat sont presque tous d'ailleurs caractérises par leur contexte même OÙ ligurent des formules qui ne laissent gui m place au doute :

HOC RECVBANT TVMVLO VENERANDI MEMBRA LEONTI

HÔclÂCET IN TVMVLO VENERANDVS HILARIVSACTV

CELSVS IN HOC HVMILI TVMVLO IACET ATTICVS ILLE

QvTcVPIS HOC TVMVLO C0CN0SCERE LECTOR HVMATVM

ÛrjNDÏTA SVNT TVMVLO IVLIANI MEMBRA SVB ISTO

E. Le Blant, n'a recule que devant l'insertion d'une seule pièce, V epitaphium WililhruUe qui compte cent soixante versets, et par son étendue, lui paraissait rentrer plutôt dans la classe des éloges funèbres; toutefois s'empressait -il, et avec raison, de faire remarquer : il n'eu faudrait pas induire que les inscriptions

tumulaires n'avaient jamais une longue étendue, celle

arine, entre autres, qui compte cent dix neuf

vers, aétérel rouvée sur son monument bout, i

Les compositions de Fortunat n'uni pas eu cette

oi tune, mais il n'j a pas lieu d'en être surpris

Invasions des barbares, les guerres religieuses,

les révolutions ont couvert notre sol de ruines. Que

us, en effet, les marbre où 'inscrivirent

les épitaphes composées par Sidoine Apollinaire? Que

et les pièces métriques écrites par Cons-

i i Secundinus pour une basilique de Lyon, les

i le saint Ci d dnt J usl . de Sj agrius

i li ;ende épigraphique où se lisait

l'hisl ■ de ainl Élie étreignant un païen venu pour

violet i cclli de tous les saints lieux que visitait la piété de nus pères? La disparition des vieux sanctuaires de fours nous doit-elle faire rejeterl'impordes inscriptions qui I ent ?

Après avoir emprunté a Edm. Le Blant tous les éléments de cette démonstration qui n'est pas une des moins utiles contributions de son œuvre épigraphique d nous reste à dresser, comme pour le pape l tamase, le catalogue di lièces que leur longueur ne nous per-

mettra pas de transcrire

1* Inc. : Postquam syderéus dlsrupit tarlura princeps.

Ui Optra, idlt. J. Sirmond, 1611, p. 601 el les note» p. xs; Mlegranza, /'■■ tepulchrla christianil in tedtbus

In- 1 . Mi -'b. n. .m. 1773, p, i ; Bibllothêqui Anecdota aUailca, fbndi latin n. /r<<<.', fol, :is; (oltm Rési-

DtCT. d'aiicii. lui

Des.: Perquem debilibus ferlur arnica sains. Épitaphe de saint Grégoire, évêque de Langres, inhumé d basilique Saint-Jean à Dijon; voir le texte dans Djctionn. t. iv. col. 834. Grégoire fut le bisaïeul di goire de Tours; d'abord comte d'Aulun. puis évêque, il i trente-deux ans et mourut en 539.

Bibl. — Grégoire de Tours, Hist. Franc., I. V, c. \ ; Vitse Palrum, c. vnj Citron. S.Benigni, dans d'Achery, Spicilegium, 1723. t. u, p. 359; D. Planchet, Hist. de ogne, t. i. p. 158; t. iv, col. 834-835. Fortunat, Miscellanea, 1. l\', c. n; Baronius, Annales una cum crilica Pagii, in-fol., Lucae, 1738, t. i\, p, 626 saint. . janv.. t. i, p. 169; t. a, p. 858; De Sainte Marthe, Gallia chrisliana, in fol., Parisiis, 1715, t. rv, col. 619, 020; De Mangin, Histoire ecclésiasti civile, politique, littéraire et topographique du d de Langres et de celai de Dilua, qui en est un démembrement. in-12, Paris. 1765, t. i. p. 203; Pli. Labbe, Thesaurus epilaphiorum veterum ac recentium seleclorum, in s1. Parisiis, 1666, p. 97; E. Le Blant, Inscriptions

chrétiennes de la tinnle antérieures au V III siècle, in I'. Paris. 1856, t. i, p. â. n. 2.

2° Inc. : l'aima sacerdotii venerando Tetrice cutlu. 1 irs. : (jualis honore mies hic pielate probes. Épitaphe de saint Tetricus. lils du précèdent et son SUCCi sur le siège de Langres, qu'il gouverna trente-trois ans, enseveli dans la même basilique de Dijon: voir le texte dans Diclionn., t. rv, col. 835.

Bibl. — Grégoire de Tours. Hist. Franc, I. IV. c. xvi ; Vitse Palrum, c. vn, n. 4; !.. d'Achery, Spii il., t. n, p. 359. Fortunat, Miscellanea, I. IV. c. m: Baronius, t. \. p. 83; .1 la saint., mart. 1. n, p. 634; Gallia christiana, t. iv, col. 521 ; Ch. Le( ointe, innales eccksiaslici Francorum, in-fol., Lutetise Parisiorum,

I. n, ]>. 127; Roget de Belloguet, On dijonnaises dégagées des fables et des erreurs qui tes ont enveloppées jusqu'à ce jour, suivies il' une dissertation particulière sur les actes et la mission de suint Bénigne, l'apôtre de Dijon, in-8°, Dijon, 1851, p. 3; E. Le Blant, Inscr. clircl., t. i, p. 6, n. 3.

3° Inc. : Dius apex Adam ut fecit dal omnia donec. Des. : Ipsave libertas Vus libéral atq. beabit. Acrostiche

ligure adressé à t'é\ l que s> agrius d'Autun en échange

de la liberté d'un captif et destinée a être gra peinte dans l'atrium de l'église de Saint-Étienne, pus du polyandre de Saint-Pierre l'Estrier, et Mont la construction était due a Syagrius. Voir le texte dans Diclionn., t. i. col. 369 370, 3189 1190 Fortunat, llanea, I. V, c. vu; Corpet, .buis "Revue de philologie, 1876, t. n. p. 150; Labbé, fVooa bibl. manuscriptorum, t. i. p. 123, 566; E. Le Blant, Inscr. chrét., i i, p. 22, n. 8. (X H. Mowal. Découverte d'une strophe cruefforme inédite de Fortunat dans un manuscrit du

i /.'. dans Mémoires de la Société national antiquaires de France, 1906, t. lxv, p, 161 186.

■I" Inc. : Qui celerare paras lier hue déficelé vialor.

Des. : Quantum posse valet plus mihi relie placet.

i ; ■ a la demande de < irégoire de

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