‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 212 sur 423 · In · texte numérisé non relu

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FOSSOYEURS

juge pas antérieurs au iv siècle. Nous avons cité au début de cette dissertation une épitaphe de L. Faustinus qui acheta sa sépulture du mansionarius Jules SVB CONSCIENTIA PRESBYTERI MARCIANI '.Voici un autre témoignage sur une inscription provenant du cimetière de Commodille et encore en place sur le loculus 2.

CAIANVS EMIT CVM VIVIT SIBI ET VXORI SVAE AB ADEO DATO FOSSORE SVB PRESEN Tl SANCTI MAXIMI PRESBITERI . M P C5

Nous possédons une inscription de l'année 521 qui mentionne l'achat d'un locum... a presvileris tituli sanc(li) Crisogoni, id est Petro priore, Crisogono secundo, Calello tertio, Gaudioso quarto, vel a Filippo /ireposito beati marliris Prancali sub presentia nonnes Cutties ancille Dei vel sub presenliri Johannitis virgari 3, ces deux derniers sont vraisemblablement la sacristine et le bedeau. En 523, autre inscription portant concession d'une tombe a domino papa Hormisda et Transmundo prœposito basilicie beati Pétri apostoli *. On voit ainsi que les fossores ne faisaient que suivre un exemple venu de haut, seulement les fossores ne concédaient que contre espèces sonnantes 3 (fig. Mil 1. n. 11):

EMPTVM LOCVM AB AR TAEMISIVM VISOMVM HOC EST ET PRAETIVM DATVM FOSS ORI HILA ROID EST FOL N ><]d PRAE SENTIA SEVERI FOSS ET LAVRENT

Le loculus a été acheté au prix de J-J00 folles, monnaie de très petite valeur.

Et ce n'est pas seulement aux fossores qu'on a affaire. On pourrait croire que leur antique organisation subsiste et que c'est moins avec le /ossor qu'avec la corporatio'n qu'on passe le contrat, car il y a contrat dont la pierre témoigne et de même que sur les tombes anciennes qui prescrivaient un payement au fisc en cas de violation, il y avait enregistrement du contrat dans les archives de l'administration. C'est ce que nous apprend une épitaphe fort curieuse ' :

LOCVM VICENTI QVEM CVMPARA VIT CVM SVIS SI QVI VOLVERIT REQVI 5 RERE VENIAT IN CLE (meterium)

« Tombe de Vincentius... Si quelqu'un veut (connaître) réclamer (le contrat d'achat), qu'il vienne au cimetière. » Évidemment, là, il aura satisfaction, on lui montrera les originaux.

Mais ce qui complique c'est que certains fossores s'étaient rendus acquéreurs, ou s'étaient constitues propriétaires d'une galerie, d'un cubicule. et alors l'administration des cimetières n'avait rien à voir dans l'acquisition. Ces fossores avaient légué cette parcelle de souterrain comme ils eussent légué un

1 O. Marucchi, Epigrafia cristiuna, 1910, p. 332, n. 104. au musée Kircher. — ' O. Marruchi, Vlteriori osseruazioni salle tombe dei martiri nel cimitero di Commodilla ad ultime scoperte iui latte, dans Nuooo bullettino di archeologia cristiana, 1905, t. xi,p. 53, n. 15. — ' De Rossi, Inscriptiones christiarac, t. i, p. 440, n. 975. — * Ibid., 1. 1, p. 448, n. 989; Voir aussi, Bullelt. di arcli. crist., 1S7G, p. 17: sedente papa Libéria. — ■ O. Marucchi. I monument i, pi. un, n. 29. — * De Rossi, Romu sotterranea. t. m, p. 545. ■ — • T De Rossi, op. cit., t. m, p. 545; O. Marruchi, / monumenti pi. lui, n. 30. — 8 J. Labus, Intorno due antichi epitafft or-

champ, un lopin de terre à leurs héritiers et ceux-ci exploitaient ce bout de cimetière. Une inscription du cloître de la basilique de Saint-Laurent est ainsi conçue ' (fig. 4614. n. 10) :

A V R EX S V PE R ANTIVS COSTAT ME EMISSE A FO 5 SSORISDISC INDENTIB(us)

Mais le constat indique bien que tout en passant aux mains des héritiers la parcelle exploitée continuait à faire l'objet de contrats enregistrés par l'administration du cimetière.

Pour plus de sûreté, on prenait la précaution de bien désigner le lieu choisi et concédé, comme sur cette inscription provenant de la catacombe de Saint-Sébastien, et qui a émigré dans la cour de la bibliothèque ambrosienne à Milan 9 :

EGO EVSEBIVS ANTIOCENO S AN PL-MLXX COMPARAVIE GOSSVIVVS IN CATACVMRAS AA LVMENAREM A FOSSORE OA 5 APATOSTANEES AMICV S D III IDVS SEPT ^

Ego Eusebius Antiochenus annis plus minus 70, comparavi, ego suprascriplus, vivus in catacumbas ad lumenarem a fossore Odolpalo. Slanees amicus; Deposilus III idus seplembris. Est-ce bien depositus qu'il faut lire, ne serait-ce pas plutôt : die, le jour où Eusèbe a conclu son achat, plein de vie, avec le fossor Odolpatus, dans la catacombe, en présence de son ami Stanees? Quoiqu'il en soit, si Eusèbe, Odolpat et Stanees jargonnaient entre eux le latin de la même façon dont ils l'écrivaient, on se demande comment ils parvenaient à s'entendre.

Parfois aussi, semble-t-il. la vente et l'achat d'une tombe a entraîné à des contrats privés d'où les fossores étaient exclus, l'ne inscription du cimetière de Domitille mentionne un contrat de vente grave sur une grande pierre employée à la fermeture d'une tombe construite sous le pavement ' :

VII CALENDAS FEBRARAS EGO AV R CONSTANIIVS SCRIPSI PRO AVR B IATVRINV • EVM VENDIDISSE LOC VM OVEM EMIT ■ AVR • LAVREN

vu calendas febr(u)arfi)as ego Aurelius Constanlius scripsi pro Aurelio Bialurinu (Yiatorino) eum vendidisse locum quem émit Aurelius Laurenftius ). Cette formule est précisément celle des contrats originaux dont on conservait le texte complet sur des tablettes de cire, qu'on on a retrouvé par centaines d'exemplaires à Pompéi dans la maison de L. Cecilius Jucundus 10, ou bien sur des feuillets de parchemin. La transcription épigraphique ne donnait que l'essentiel, ce qui importait à la légalité du contrat. Ceci explique ces débuts d'inscription de 426 déjà citée : Costati nos émisse ( = constat nos émisse), et cette autre" :

COSTASE- -MISE A FOSSORE SVSTV AVRI SOL llll Trimisse

quistali dai sign. ab. Sebastiano Ciampi , prof, a ^'a^zal>ia, ui-s ', Medii il.-ini. 1887, p. 8; Annales encgclop., 1818, t. n, p. 351 ; Orelli, Jnscripl. latinor. sclectar., in-8°, Turici, 1828, I. n, p. 311. n. 4575; De Rossi, Roma sotteiranea, t. n:. p. 422; Diclionn.,t. n, col. 2488. — 9 De Rossi, Bull, cii archeol. crist., 1S74, p. 11; Roma solteranea, t. m, p. 546. — 10 De Petra, Le tavolete cerate di Pompei, Roma, 187G, extrait du t. m, de la IIe série des Atti délia renie arcademia dei I.incci. — ll Fahretti, Inscripl. domest., p. 739, n. 435; Muratori, Thésaurus, p. 1863, n. 9; De Rossi, Roma sotterranea, t. m, p. 546.

FOSSOYEURS

Toutefois il ne faut pas se flatter de retrouver dans quelque recoin des catacombes des contrats sur tablettes <lc cire: on a fait usage de parchemin, de papyrus et il semble que tout a péri.

Sur les contrats île vente et d'achat de tombes, outre les noms des stipulants et des témoins, on prenait soin, nous l'avons vu par l'inscription d'Eusèbe de liien mentionner le cimetière et le lieu précis du cimetière, galerie, cubicules, luminaire, capacité de la tombe, prix convenu. Mais sur la pierre même tout cela était abrège, ainsi la mention du cimetière est rare, néanmoins on la rencontre : in catacombas, in Cullisti. in cimiterio Balbinee (flg. 1225 et 1614, n. 6).

FELIX FASTINIAN VS EMIT SIBI ET VX ORI SVAE FELISITA Tl FELICE FOSORE 5 IN BALBINIS BASILI CA LOCVM SVB TE GLATA SE VIBVM

et cette autre sur laquelle le mot Balbinn a été substitue au mot PRETEXTATI ' (fig. 461 1, n. 7).

SABINI BISO MVM SE BIB»M FECIT SIBI IN CYMI IE RIVM BALBINAE ô IN CRYPTA NOBA

Nous avons déjà fait connaître une inscription mentionnant l'achat d'un arcosolium in Callisti ail domniam) Soterf ita un (voir l)ictinnn.,au mot Arcosolium t. i. col. 2774). Dans la basilique de Saint-Paul, Margarini a transcrit ce fragment * :

■NSJ

se l'ii'jO CONPARAVlS/ locum 'JN CIMITERIO)

Un peut suppléer le nom manquant par celui d'un des cimetières voisins : I.ucinœ, CommmliU.i . Timolhei, Thecla .

La mention du cimetière devait être accompagnée sur les contrats de la mention du lieu, nous en retrouvons quelques indices rien que dans l'épigraphie du cimetière de Calliste : ad sanction Cornelium,ad tppoli/tum, ad domnum Gaium, ou bien des indications plus précises encore : ;;i luminare majore super arcosolium ad luminarem, in crypta nova rétro sanclos, crypta nova in sinistrum, undecima crypta.

Dans les sépultures des cimetières a ciel ouvert et des basiliques, nous retrouvons les mêmes indications empruntées au contrat original3 :

... inbasilica sanclorum Nasari cl Naboris secundo ami juxta fenestram...

... incontra columna Vil...

... m parle mulicrum columna i>rima :....

... ad sanclum Pelrum apostolum anle regiam (porlam) in partit u columna secundo, quomodo intramus sinistra parle virorum :...

.... in basilica maiort ad domnum Laurentium in medio et silu presbylerii .....

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