‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 3)Chapitre 402 sur 423 · Prœlalio · texte numérisé non relu

Prœlalio

La plupart des manuscrits de la bibliothèque actuelle de Fulda proviennent de Weingarten. Parmi les anciens manuscrits Fuldenses, cinq seulement sont contemporains des origines du monastère, ce sent : 1° le Nccrologe (ix-xi" siècle): 2" la Régula sancli Benedicti (ixe siècle) et 3°-5° les trois codiees Boni/atiani.

Le plus ancien de ces trois Boni/aliani est le Victor- Codex ou Codex Fuldcnsis, qui date du \ie siècle, et contient une harmonie des quatre évangiles et tous les livres du Nouveau Testament. Au xvne siècle, le jésuite Chr. Brower, dans ses Fuldens. antiquilatum libri 1111 se posait à son sujet diverses questions aujourd'hui résoluec. Le Codex Fuldensis comme VAmialinus (voir Dictionn., au mot Ceolfrid, t. n col. 3262) est un manuscrit voyageur. Il a'passé entre les mains d'un anglo-saxon ou d'un irlandais comme le prouvent la teneur et l'écriture des gloses marginales sur l'épître de saint Jacques. Les lettres runiques qui servent de signes de renvoi entre le texte et les gloses constituent un indice de plus de l'insula^ rite du glossateur. Il faut cependant observer que toutes les contrées du nord de l'Europe, visitées par les Scandinaves, ont connu les runes. Un manuscrit de Saint-Gall montre que les moines étaient encore au courant, au x* siècle, de certaines combinaisons ogamiques ou runiques '. Toutefois si, comme on l'a soutenu, les lettres de renvoi employées affectent plus particulièrement la forme des runes anglo-saxonnes, qui fleurirent surtout en Northumbrie du vne au ixe siècle, il se peut que cet élément paléographique fournisse un argument de plus en faveur de l'attribution des gloses à un insulaire, anglo-saxon ou irlandais. Jusqu'ici, on le voit, rien ne s'opposerait à ce que les gloses fussent comme on l'a prétendu, de saint Boniface. Mais, les particularités irlandaises dans la forme du t et de I'e et dans la ligature -Je l'e se retrouvant dans l'écriture en question, il n'est guère possible de n'y point reconnaître l'œuvre d'une main irlandaise, qui serait du vu0 siècle. Il reste néanmoins probable que le codex a sans doute appartenu à saint Boniface, puisqu'il oflre une leçon de la première épître de saint Pierre (v, 8-9) qui ne se retrouve que dans une citation de la lxxviii' lettre de saint Boniface.

Le manuscrit fut écrit en lettres majuscules vers l'année 540 pour l'évêque Victor de Capoue. L'harmonie des quatre évangiles que contient ce manuscrit a été souvent reproduite. L'ordre des sections est, pour la majeure partie, celle du Dialessaron de Tatien.

J. F. Schannat, Vindemiœ litlerarix colleclio prima, Fulda, p. 218-221 ; Nouveau traité de diplomatique, par deux religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, Paris, 1750-1765, t. m, p. 40 sq., pi. xxxv, p. 201 sq.: pi. xlv (p. 411 sq., pi. lvii, p. 146; pi. lix); E. Ranke, Schreiben an dein Herrn Prélat D. Ullmann, den Fuldœr Codex des Neuen Testaments betrefjend, dans Theologische Sludien und Kritiken, 1856, p. 406- 411; Spécimen codicis Novi Teslamenli, in-8°, Marburg, 1860, i.l. ; Codex Fuldensis, Kovum Teslamentum latine inierp ete Hieronymo ex manuscripto Victoris Capuani, etc.; Marburg und Leipzig, 1808, 2 pi. ; Zangemeister-Wattembach, Exempta codicum lalinorum litteris moiusculis scriplorum, in-fol., Heidelberg, 1876-1879, pi. xxxiv, p. 8; Th. Zahn, Talions Diatessaron, Forschungen zur Gescluchte des Neuteslamentlichen Kanons, Erlangen, 1881, t. i, p. 1-5, 298- 313; Nùrnberger, Aus der lilerarischen Hinlerlassenschaft des heiligen Bonifutius und des heiligen Burchardus, dans 24 Berichl der wissenschaftlichen Gesellschajt Philomathie in Neisse, 1888, p. 147-151; Wordsworth and White, Novum Testamentum, p. xii, p. 708; E. Riggenbach, Die Kapiteluerzeichnisse zum Rômer und zum Hebraerbrief im Codex Fuldensis der Vulgata, dans Neue Jaltr bûcher fur deulsche Théologie, 1894, t. ni, p. 350-363; E. M. Thompson, Handbook oj Greek and Latin Palœography, in-8°, Londres, 1894, p. 191; A. von Keitz, Die Codiees Boni/atiani in der Landesbibliolhek zu Fulda, dans Hessentand, 1900, t. iv, p. 197 sq., 211 sq. ; L. Traube, Palœographischc Anzeigen, dans Neues Archiv des Gesellsekaft /ùr altère deulsche Geschichlskunde, 1901, t. xxvi, p. 238 sq. ; C. R. Grcgory, Textkrilik des Neuen Testaments, Leipzig, 1900, p. 629; Amdt-Tangl, Sc/iri/llu/eln zur Erlernung des lateinischen Palàogrcphie, Berlin, 1904- 1906, t. n, p. 4, pi. xxxin, d., p. 21 ; C. Scherer, Die Codiees Bonilalianiin der Lande sbibliothek zu Fulda, Fulda, 1905, p. 6-12, fig. 1, pi. i; Stellens, Laleinische Palaograiilue, 1" édit., 1903, pi. xv: 2« élit., 1907, pi. xxia. Cf. Fr. Falk. Beilrùge zur Rekonslruction der alten Bibliotheca Fuldensis und Bibl. Laureshamensis, Bcihe/te zum Centralblall Bibliothckwesen, 1902, t. xxvi, Leipzig, p. 112.

H. Lrcr.Li i;ro.

FULMINATA (LÉGION xil ). — A Rome, au centre de la place Colonna, s'élève la célèbre colonne de Marc-Aurèle, construite, sur le modèle de la colonne Trajane, peu après le décès de l'empereur, en l'an 180. La place formait alors une vaste cour entourée de portiques. Creuseàl'intérieur,un escalier permettait de monter jusqu'au sommet, ofi se dressait la statue de l'empereur avec, probablement, celle de Faustine. Avec les siècles, le sol se releva et la base se trouva audessous du niveau actuel des rues environnantes. Le pape Si\te IV lui fit donner la base actuelle sur le sol de la place et de même que saint Pierre se dressait au sommet de la colonne Trajane, la slatue-de saint Paul couronna la colonne de Marc-Aurèle. Une petite chapelle, dite de Saint-André de Columpna, relevant de la basilique voisine de Saint-Silvestre, avait la garde du monument au moyen âge, et on conserve, dans le portique de Saint-Silvestre in Capile, une inscription de l'année 1119 qui détermine les droits de ce monastère sur la columpna Antonini et l'ecclesia S. Andrée que

1 Philippe Berger, Histoire de l'écriture dans l'antiquité, in-S", Paris, 1889, p. 314 sq.

Il LM INATA LÉGION XII<

circa tant sita est '. La petite chapelle tenait l'emploi qu'avait rempli jadis te gardien Adri auprès

du monument dont il était qualifié procurator columnee cenienaria dioi Muret *. En bon cicérone. Adraste expliquait sans doute aux visiteurs le sujet des riches relief-, en spirale représentant un choix d'épisodes inspires par les victoires remportées par .Mai c-Aui elc sur les Quades et les Marcomans '. Un des bas-reliefs et qui uve en assez bonne place, à la troisième spire la rue représente une figure aux larges ailes ruisselantes et commémore certaine pluie miraculeuse et bienfaisante qui. au milieu d'un épouvantable orage, sauva tout a la fois l'armi Dacie, de la

soif et de la défaite ' I |. L' épisode fameux a

iei un caractère tout pari iculier : fore, i artiale,

elle tient le milieu entre la conception chrétienne et

l'attitude neutre et prétendument philosophique que le' ■ plu! Marc Aurèle gardait vis-à-\ is des reli-

gions de l'empire.

On peut croire que les fidtl quelque complai elief qui rappel

surprenant récit qu'on se raconta un joui une armée, commandée par l'empereur en personne, sauvée par d'une troupe d

tiens. Telle était du moins la version q I chez

les fidèles; on leur a montré depuis qu'ils s'étaient ".ainsi que tous ceux qui ont voulu voir dans ce bas-relief une preuve de l'intervention suppliante et exam oldats chrétiens *. Il n'était pas ques-

tion de Romains se sentant défaillir et mourant de soif, s'ils levaient leurs boucliers, c'était en guise de parapluies et non pour recueillir l'eau et se désaltérer; pas

4758. — La legio (XII) julminata, bas-relief de la coloiuie de Marc-Aurèle. D'après une photographie.

la conception païenne : au-dessus des soldats romains pressés les uns contre les autres et qui se précipitent contre Iei rangs de l'armée ennemie, ce n'est pas un Jupiter PluoiU* qui parait comme i n'est

pas une autre divinité païenni moins une

ligure chrétienne, c'est simplemi

gantesque de la pluie. Cela s'accorde bien avec

1 M. Armellini, ht Chtese di Huma dut secolo IV ci XIX, 2- édlt., Roma, 1891, p. 298;V. Forcella, ;

• it'ultn tdificii fit Roma dal secolo xi, flna m uuirm m-Iol., Roma, 1869, 1884, t. i\. p. 79, m. i < ette Inscription est aujourd'hui i lans. la galerie

lapidaire du Vatican. - ■ L'exécution en est tique el moins achevée que pour la colonne Trajane. — '11. . Histoire </*■ /*'<./,

t. i, part. -'. p. 2" lit : le

i \a fulminate el lu colonna dt

Marco Aun • toilta callolica, 1895, t. i, p, 716-

monun

and s. Polycarp, t. i. p, i Cf. S Inreffi Antoninl, 1704,

question non plus de Quades anéantis par la foudre,

puisque l'ouvrage construit par eux pour attaquer

Itlon des Romains, ouvrage livré aux flammes,

a tient pas au bas-reliel de la pluie; pas question

enfin de chrétiens agenouillés, ce sont • . s qui

lu lieuse, i ratûi-

tement qu'on impose a la légion XII le .surnom de

pl. xv;Bellori,Ld colonne anlonine, pl.m;ECkhel, Doctrina ninnmorujn oettrumt t. m. p. < j

1897. en, Doj Wundtr en ./. r • ,». Au-

relllj dans Mithi ilungen </. k< m. Ablheil, 1894,t.ix,|

. IS'' I. t. »L1V, |'. 61 I

tersen, mén ■

.M. ml. i">n H, rlm. : ttttn i r wundtr

terlint

FULMINATA (LÉGION XII*)

Fulminala. Pour que ces explications fussent acceptées il eût fallu supprimer d'abord le bas-relief, ensuite les récits qui nous ont conservé la relation de l'événement. Ces récits rapportaient que pendant que l'armée était engagée, probablement dans la région du Gran, les chaleurs de l'été avaient succédé sans transition à un long hiver. Les Quades trouvèrent moyen de couper aux envahisseurs l'approvisionnement d'eau et, dévorée par la soif, épuisée de fatigues, l'armée attaquée allait périr ou capituler, déjà les Romains répondaient plus faiblement aux coups de l'ennemi quand un terrible orage éclata, la pluie survint rafraîchissant les Romains tandis que la foudre et la grêle frappant les Quades les effrayèrent au point qu'une partie d'entre eux se rendirent. Voici ce qui se raconta.

Historiquement, le fait est certain, et il se place selon toute vraisemblance dans la treizième année du règne, soit 173-174. Il est attesté par trois relations indépendantes entre elles et qui ont respectivement pour auteurs Apollinaire de Hierapolis, Tertullien et Dion Cassius. A la suite de ces témoignages fondamentaux prennent rang des attestations qui en dépendent du moins en partie, ce sont ceux d'Eusèbe de Césarée, de Grégoire de Nysse, de Rufin d'Aquilée, de saint Jérôme, de Paul Orose et de l'auteur de la fausse lettre mise sous le nom de Marc-Aurèle et placée à la suite de l'Apologie Ir8 de saint Justin. Parmi les auteurs païens, Jules Capitolin et Themistius dans son xvc discours à Théodose, Claudien dans le In Vlum consul. Honorii, ne sont pas moins tardifs et dépendants de Dion Cassus ; on en peut dire autant de Xiphi- Iin. L'auteur des Livres Sibyllins, quoique chrétien, admet la version païenne de Capitolin, de Themistius et de Claudien. Il est surprenant que Tertullien qui vint à Rome et a dû voir la colonne et le bas-relief n'y fasse pas même allusion, mais, peut-être ne voulait-il pas qu'on put lui opposer certains tableaux, d'inspiration tout à fait païenne, sur lesquels on voyait Marc-Aurèle suppliant les dieux et disant : « Jupiter, j'élève vers toi cette main qui n'a jamais fait couler le sang. » Pour lutter contre l'exploitation chrétienne on mit en circulation une autre explication du prodige : un magicien égyptien, nommé Arnouphis, qui suivait l'armée avait su, par ses incantations faire intervenir les dieux, en particulier Hermès aérien1.

Tout ceci ne fait que rendre plus nécessaire le recours aux textes et leur discussion.

Le premier en date et en importance nous est donné par Apollinaire, évèque de Hierapolis en Phrygie (et non pas de Hierapolis en Syrie). Eusèbe, qui nous le fait connaître, énumère ses ouvrages dont « une grande partie, dit-il, a été conservée par beaucoup de personnes » et il place sa période d'activité à l'époque où « Montan et ses speudo-prophétesses faisaient leur début dans leurs errements 2. » Ceci ne permet pas de placer l'écrit antimontaniste d'Apollinaire après l'année 175. £et écrit succédait, |ast' où tcoXÙv xxivotou.ï;6V:cs7)ç xpovov, à un A6yoç Tcpô; tov (3xaiXéx, à cinq livres Ebô; 'EXXïjva;, à deux livres IIspl àkrfislaç et deux livres II?6; 'IouSxîoo;. Mais si ces ouvrages ne sont pas datés, il faut observer néanmoins qu'Eusèbe ne mentionne Apollinaire qu'à la suite de Méliton de Sardes, auteur lui aussi d'une Apologie adressée à Marc-Aurèle; on est donc fondé à croire que celle d'Apollinaire avait le même destinataire. La Chronique pascale le dit d'ailleurs formellement, ainsi que Photius (Cod. xiv) qui a eu entre les mains un Ilept

'Dion, Hist. rom., 1. LXXI.c. vm-x, 'Kvrf,.- xépio<;Dion ne doute pas que le prodige n'eut une origine divine : Tixpà 6soû è8b>pT|8yi... 'Pi.iuxioj; irapaSoÇoTara -h Geîov i%ïau>tic Terb; -Tioïù; o'jx àôSïÇxaxeppayY]. — 2Eusèbe, Hist. eccles., I. IV, c, xxvu; cf. Th. Zahn, Forschnngen, t. v

xaù Ilxaxx el un-IIspl sùo-eSe^x; qu'Eusèbe, qui en convient d'ailleurs, n'a pas connus. Comme l'apologie était adressée à « l'empereur » et non pas « aux empereurs », elle doit donc être datée entre 170 et 176 et comme elle est antérieure à l'écrit contre les montanistes et postérieure à l'épisode de la campagne contre les Quades on n'a de choix qu'entre les années 174 et

C'est encore sous le règne de Marc-Aurèle, immédiatement après la lettre des martyrs de Lyon, en 177, qu'Eusèbe rapporte le fait emprunté à Apollinaire. Contre son habitude il ne dit pas auquel de ses ouvrages il l'emprunte et il est vraisemblable que c'est de l' Apologie qu'il l'a tiré 3. Voici son récit * :

Toutou St) àSîXçôv Mâxpov Aùpï]Xi,cv Kaîaapa Xôyoç e%zi Tcpixavotç xal Exp[xàxaiç àvxt rrapaxaxxé jievov |jtâ/Y), SÎ'Jjei tue^o u.Év7iç aùxoù trjç axpaxiâç, èv à;j.y])(avtayevéo'Ôal- xoùçS'ÈTrl TÎjçMeXmivïjç oûtcoxxXouu.Éj7;; XEyscovoç oxpaxicoxaç Sià tûotecoç èÇ èxeivou xal sic, Ssùpo auvEaTcitTTjÇ év xyj i;pôç xoùç iroXEuiouç Ttapaxâ- Çet yôvu 0Évxaç£7Ù y9jv xxxà t6 oîxeïov ïjuùv xgùv e jjc/ov e0:>; lirl xà; irpô; ton/ 8eov Ixs-jiaç xpa7tÉ,0xi., rrapaSô- Çou Se xotç rcoXeuioiç xoù xoioùxou Sy) 0Eàu.axo; çx'.evxoç, ééXXo xt Xoyo; è'/ei 7rxpaSD;6TEpov ÈTCixaxaXa6EÏv aùxixa, o-xyjtitôv (xèv si; <p jyJjv xal à7câiXELxv o-oveXaùvovxa xoù; tcoXeu/.ou;, op.6pov 8È èjtI xyjv xcùv xo 6eïov 7rapaxexXr,xôxcov cxpxxtàv, Tràaxv aùx/jv Èx xoù S.youç [xÉXXouaav ôsov oùrcw Sia90EÎpEtT0xi à;axxco[XEvov.

'H 8' tcrropîa çÉpsxat p.èv xal ~apà xotç Ttôppco xoù xa0' 7)[xxç Xôyou cruyypaçEÙaiv oï; [xÉXov yly jvev xtjç xaxà xoù; S r\Kox>\ii jou; ypacpïj; SeSyjXcoxxi Se xal Trpô;

XÔJV 7)[i.E7£pôW. 'AXXà XOÏÇ [XZJ È'ÎCOÔEV loTOplXOÏÇ, àxE

xîjç TctaxEcoç àvoixsloiç, xé0sixxi |xèj xô TtxpàSjÇov, où u,ï]V xal xxï; xàiv •JjjXEtEpcôv eù^xï; xoG0' û(i'Aoyr)0/) yEyovÉjat" xoùç Se ys Y]U.ErÉpoiç' are àXr,0Eiaç 91X01;, â7rXcô xxl à/.xxoT)0E!. xporteo xô Ttpa^0Èv rcapaSÉS 3xai. Toùxwv S' av eïï) xal 'A7roX1.vap1.oc, èÇ Èxetvou <pï|iaç T7]v Si' EÙ)(^; xè 7rapâSD50V Trejtoiijxuïav XEyEÔÙva olxsîav xto yEyovÔTt repôç xoù (3xo\Xsco; eïkrftè 10.1 nrpoc/)yopiav, xEpauvo66Xov xyj Pcû[xaltdV È7ti./.XrJ0EÎO'av 9COV7).

« On raconte que le frère de celui-ci, Marc-Aurèle César 6, rangeait ses soldats en bataille contre les Germains et les Sarmates : son aimée réduite par la soif était dans l'impuissance. Or les soldats de la légion appelée Mélitine, à qui sa foi a valu de subsister depuis ce temps jusqu'à ce jour, tandis qu'ils étaient en ligne de combat en face des ennemis, mirent le genou en terre selon l'usage qui nous est familier dans les prières et commencèrent à invoquer Dieu. Les ennemis furent surpris de ce spectacle étonnant : on raconte qu'on en vit bientôt un autre plus surprenant : un orage soudain mit les ennemis en fuite, puis en déroute, tandis qu'une pluie douce rendait à elle-même l'armée de ceux qui avaient prié la divinité et qui avaient tous été en péril de mourir de soif.

« Le récit de ce prodige est rapporté même par les auteurs qui sont éloignés de notre foi et se sont occupés d'écrire l'histoire du temps dont il est question : on le rencontre d'ailleurs aussi chez les nôtres. Cependant les narrateurs païens, étrangers à notre croyance, racontent le fait merveilleux sans avouer qu'il est le résultat des prières des nôtres : ceux de notre parti au contraire, amis de la vérité, le présentent simplement et ingénument comme ils s'est accompli. L'un d'eux est encore Apollinaire; il dit que depuis ce moment, la légion qui, par la prière, avait fait ce

p. 4 sq. ; P. de Labriolle, La crise nwntanislc, in-S° Paris, 1913, p. 151-1 52. — 3 C'est l'opinion commune, cellede Tillemont, Duchesne, Harnack, etc. — ' Eusêbe, Hist. eccles., 1. V, c. v. — s C'est-à-dire, d'après le système d'Eusèbe, Vérus.

1 I I.MINATA LÉGION X I I<M

miracle, reçut de l'empereur le nom latin caractéristique «le Fulminante. • Le deuxième témoin fondamental est Tertullien.

Immédiatement à la suite du témoignage d'Apollinaire, Eusèbe écrit ceci : « Tertullien peut lui aussi être de cela un témoin digne de créance : dans une Apologie de la foi qu'il adressa au Sénat romain, il continue notre récit par une preuve plus forte et plus éclatante. Il assure, eu effet, qu'on possédait encore de son temps une lettre de Marc-Aurèle, l'empereur le plus intelligent, dans laquelle il atteste que son armée, sur le point de périr de soif en Germanie fut sauvée par les prières des chrétiens et Tertullien dit que ce prince menaça de mort ceux qui essaieraient d'accuser les nôtres. ■ Tertullien a parle deux fois, brièvement, du «miracle delà pluie , dans VApologeticum, e. v, et dans Ad Scapulam, c. iv. Eusèbe ne se réfère qu'au premier de ces écrits qui est de l'année 197 (le deuxième est de l'année 212). Le témoignage e.- ( d, me postérieur île moins d'un quart de si l'événement qu'il atteste. Tertullien, ayant vécu longtemps à Rome avant sa conversion, avait non seulement pu voir la colonne Antonine, mais rencontrer des témoins de l'époque où la nouvelle du prodige avait circule: il avait même pu rencontrer des soldats de la légion de Melitine; cependant ses souvenirs personnels Semblent n'entrer pour rien dans son témoignage. Emporte par son besoin de démonstration à tout prix, trompé par une information inexacte, il écrivait :

Al nos e contrario edimus proteclorem, si litterte Mari i Aurelii gravissimi imperaloris requirantur quibus illam germaniram silim christianorum forte militum precalionibus impelnito imbri discussam conleslatur. Qui sirut non palam ab eiusmodi hominibus peenam dimovit itaalio modo palam dispersit . adiei ta eliamaccusaloribus damnnlione. et quidem tetriore.

• Nous pouvons nommer un empereur qui s'est déclai i leur des cl Qu'on lise la lettre

où le très grave empereur Marc-Aurèle atteste que la soif cruelle qui désolait son année en Germanie fut apaisée par la pluie que le ciel accorda aux prières des soldats chrétiens. S'il ne révoqua pas expressément les éditsqui punissaient les chrétiens, du moins les renditil absolument sans effet, en établissant des peines. même plus rigoureuses contre leurs accusateurs. •

Le troisième témoin fondamental est Dion Cassius,

consul pour la deuxième fois en 229. Il écrivit sous

gnes de Caracalla et d'Héliogabale une sorte de

compilation historique qu'il termine sous le règne

d'Alexandre Sévère. Mais déjà, avec Dion, nous nous

éloignons de l'événement d'environ un demi

lui, certainement, qui- visait Eusèbe quand il parlaii eurs éloignés de notre foi • qui]

tent le fail sans admettre l'influence des prières chrétiennes. Dion préférait y découvrir l'influence d'Hermès aérien provoqué par les sortilèges du magi nonphis.

Dion est-il tributaire d'Apollinaire ou de Tertullien? On n'en a pas la preuve ni l'indice. Tertullien

ai il eu entre li , mains l'Apologie d'Apollinaire 1 'ni peut à peine en douter quand on se rappelle les immenses lectures de 'Tertullien el qu'on songe que pour la compositiou 'h- son Apologeticum il n'avait dû négliger la lecture d'aucun écrit similaire antérieur

au sien. Il avait certainement connaissance de Ml et de Miltiades, mais jamais il ne mentionne Apollinaire et n'emprunte aucun passage (reconnaissable) de ses écrits. Ce qu'il a su du ■ miracle > il a pu l'ap-

1 Flavius Jotèphe, De bello /udaien. 1. VII, c. i, n. 3. — 1 Dion Ca»5his, IIi\l. mm., I. VI. r. i \ \i. i \ \ n. - M,r<»i> frnil, GtëCbtchte '1er etnzrlnen mm. Leglonai m <lir hm^r- -, il, dans Panly, Btal-Encyeloptldle, t. iv, p, 81

prendre seulement par la lettre apocryphe de Marc- Aurèle. M donc Tertullien a été nus ,m l.i soie par Apollinaire, on n'en sait rien: ce n'est pas chez lui qu'il a eu connaissance de la lettre apocryphe, tout au plus a-t-il pu emprunter a Apollinaire l'interpn donnée sur l'efficacité de la prière des soldats, (rite fausse lettre de Mare Aurclc au peuple romain et au seii.it a ete copiée a la suite de l'edil apocryphe d'Antonin au conseil d'Asie dans le manuscrit de saint Justin (Bibl. nat. gr. -i'iii). Toutefois on ne peut assurer que ce texte soit celui qu'a eu sous les veux Tertullien. Le texte nu nie d'Apollinaire ne non conserve qu'à travers le récit d'Eusèbe. Bien ne permettant d'affirmer qu'il cite le texte, il semble plutôt qu'il l'adapte a son récit: en tous cas, il ne dit pas que ce suji une citation textuelle. On serait nu nie

fonde a croire, en le lisant, que ce n'est pas seulement

a Apollinaire qu'il doit le récit qu'il arrange. Du moins, Apollinaire a rapporté le prod 'ances

et le résultat qui lut un nouveau n lonné ;. la le

gion de Méliténe, en Asie.

Xiphilin, abréviateur de Dion Cassius, attribue lui aussi le prodige aux pi liens et relaie le

nom nouveau donné à la légion. Il ne peut s'. que de la deuxième légion, qui, après avoir pris part

au siège de Jérusalem, sous Vespasien, avait ete

envoyée en garnison à Méliténe, sur les bon

l'Euphrate, où elle demeura longtemps el d'où elle ne

fut probablement rap] momentanément eu

Europe, si elle le fut. pour les besoins de la guerre du

Danube. Josèphe .i parle des exploits de la douzième

légion hors du siège de Jérusalem el de s, m envoi a Méliténe1. Une monnaie frappée sous Hadrien, a

Césarée de Cappadoce, el une autre monnaie frappée à Ancyre sous Antonin le Pieux, mentionnent toutes deux la douzième légion el nous apprennent ainsi que,

pendant le règne de ces princes, elle n'avait pas quitté

l'Asie. Ce sérail donc Marc-Aurèli qi appelé

à la défense des frontières du Nord une des légions destinées a protéger l'Orient alors pacifié, et cette légion serait retournée plus laid dans son ancienne

garnison où nouslaretrouvonssous Alexandre-Sé\ ère1. Taudis que certains, récusaient le témo Xiphilin et se refusaient à admettre que la douzième légion eut jamais quitte sa garnison d'Asie a, d'autres consultaient Tacite 4 pour apprendre de lui a quelles distances dans les circonstances impérieuses, on déplaçait les légions. Dans les guerres terribles contre les Germains, aucune force n'elail négligeable et on voit la légion A' l'relensis, tenant garnison en S\rie, amenée en Germanie. Quoiqu'il en soit, et bien que le récit d'Apollinaire et de Xiphilin ail été accueilli et répandu par Eusèbe, saint Jérôme et d'autres qui les onl suivi, il faut convenir que le danger couru par la Nil li chez le i e dont elle en fui d.

a aucune Influence sur le sobi Iqui <

I n j.i une Inscription i

nous avait appris que. des I,

militaire portait l'appellation a laquelle Apol

donne une origine tendani

QPETRONIVSC F

PVB MODESTVS Plnmi) P(ilus)

LEGXII ■ FVLM-

1 tepuis lois ..n a lu sur le piédi

Meinuoii, en i gypte, le nom d'un centurion «le i

même légion '. et une aul re I

vince nous montre un Aulu» Imtuleti

— ' Tacite, Annale*, 1. XV,n.S

Page 1