Diptyques r.oNsuT.AiREs anonymes
[1°] Deux feuillets d'ivoire, haut. Û'"28, larg. 0"'153 et 0°'132(fig. 376.5).
a. Consul, debout, dans l'attitude si souvent décrite, tenant le sceptre et la mappa. A ses côtés, deux personnages debout, portant la trabée sans broderies. Registre supérieur: deux empereurs assis entre Rome et Constantinople, deux gardes debout; en arrière, une femme. Registre inférieur . des prisonniers, hommes et femmes.
b. Consul, vêtu de la tunique et de la chlainyde, le bras gauche abaissé le long du cor])s, le bras droit sur la poitrine, les deux premiers doigts de cette main allongés. Mêmes sujets que sur les registres du feuillet précédent.
Halberstadt, trésor de la cathédrale.
Bibl. — Fôrstermann, A'eiic Mittheilunrjen, dans Thûringisch-Sœchsischcr Verein, 1844, t. vu, 2, pi. i; Eye et Falli, Kunst und Lcbcn der Vorzeit, ])1. i et n; Bock, Geschichte der liturgische Gewûndcr, in-S", Bonn, 1856-1871. pi. i; Miltheilungen der K. K . Central commission, t. XV ; PulszUy, op. cit., p. 21 (l'attribue à .-Xétius. 454); Kugler, Kleine Schri/ten, t. i, p. 135; Wieselcr, Dns Diptychon Quirinianum, p. 43; J. O. Westwood, op. ci';., n. 45, 46; W. Meyer, op. cit., p. 16, 20, 25, 28, 29, 30, 47, 63, n. 4; E. Molinier, op. cit., t. i, p. 34, n. 38;
Sorbonne, 1803 (1804), p. 229, 242, pi. vu. vin; Bulletin de la Société d'émulation du département de l'Allier. 1858, t. VII, p. 313; A. Chabouillet, dans Revue des Sociétés savantes, 1873, t. vi, p. 298; W. Meyer. op. cit., p. 32, 77, n. 38; E. Molinier, op. cit., t. i, p. 34-35. n. 39, fig.
40 [3°] Feuillet d'ivoire, haut. 0"29, larg. O"'».
Connu sous le nomd',4po//iéos('rfc/?oniiî/i;s. A droite, un triomphateur barbu, la main gauclie appuyée sur une haste, tenant de la droite une branche de laurier, assis sous un édicule en forme de façade de temple, placé sur un char traîné par quatre éléphants montés par leurs conducteurs, conduits par un cornac.
Au second plan, un personnage nu enlevé d'un pyrée à triple étage par un char à quatre chevaux, précédés de deux aigles.
Tout en haut, ce personnage habillé monte au ciel à l'aide de deux robustes gaillards, l'un d'eux barbu, qui remplissent l'oflice d'anges et portent des ailes: ils amènent le triomphateur dans l'assemblée des dieux parmi lesquels on reconnaît Jupiter et .Apollon, puis quatre autres. Le ciel est représenté par un arc avec les signes du Zodiaque.
.\u sommet, ornement découpé à jour cl monogramme.
Londres, British Muséum (olim. coUcct. Gherardesca, à Florence).
Bibl. — Buonarotti, Ossen'azioni sopra alcuni frammente, in-4°, Firenze, 1716, p. 236; Gori, op. cit.. t. u, p. 118-120, pi. .xix, p. 138-141, réimprime les animadversiones de Montfaucon, Antiq. expliquée, Supplém.,
DIPTYQUES (ARCHÉOLOGIE
t. I, I. IX, c. VI, ensuite celles de H. OUvleri, p. 142-143; Millin, Galerie mythologique, pi. 171 ; Bloch, Diptychon, dans Saglio, Dictionn. des antiq. gr. et rom., t. ii, fig. 2460; Pulszky, op. cit., p. 18. Pulszky imaginait sans fondement pouvoir identifier ce diptyque d'apothéose de Romulus (?) avec le consul Aurelius Romulus, en 308; "Wieseler, op. cit., p. 40; ChabouiUet, dans Rev. des Soc. sav., 1873, t. vi, p. 288; W. Meyer, op. cit., p. 34, 77. n. 40; E. Molinier, op. cit., 1. 1, p. 35-36, n. 40,
de ces fragments on a gravé postérieurement la Crucifixion et d'autres scènes de la Passion.
Musée Britannique et Musée de South Kensington.
Bibl. — Maskell, Catalogue oj the ivories ancienl and médiéval in the South Kensington Muséum, p. 107; J. O. Westwood, op. cit., p. 73; W. Meyer. op. cit.. p. 31, 73, n. 34; E. Molinier, op. cit., t. i, p. 36, n. 42.
43. [6"] Deux feuillets d'os de chameau, haut. 0°'32.i. larg. 0"13.
-^&ï>feta!-/C?i^i
3766. Diptj-que de Bourges. D'après Mémoires lus à la Sorbonne, 1863, pi. vii-viii.
fig.; Venturi, Sloria deliarte ilaliana, in-S", Milano, 1901, 1. 1, p. 393, fig. 359.
41. [4°] FeuiUet d'ivoire, haut. 0"'34, larg. 0°'12. Au centre, couronne de fruits et feuillage avec buste
de consul imberbe, tenant mappa et sceptre. Quatre rosaces aux angles. Dans le haut, cartouche avec : v(ir) c(larissimus) et inl{ustris) ex c(omi7e) d(omesticorum) cons{a[) ord(inarius).
Rome. Bibliothèque Barberini, début du vi» siècle.
Bibl. — W Meyer, op. cit., p. 11, 31, 75, n. 33, pi. i; B. Borghesi, Œuvres, t. vu, p. 51; E. MoUnier, op. cit., t. I, p. 30, n 41 ; A. Venturi, Sloria delVarle ilaliana, t. I, p. 374, fig. 344; M. Grisar, Histoire de Rome et des papes au moy.n âge, 1906, t. i, p. 112, fig. 26.
42. [5°] Deux fragments d'un feuillet d'ivoire, haut. O^ie, larg. 0">10.
Malgré l'usure on voit encore les traces d'un consul assis, attitude ordinaire. Au-dessus, arc en plein cintre accompagné de deux oiseaux et un disque sur lequel était probablement gravé un monogramme. .\u revers
Au centre, médaillon circulaire feuillage, avec buste de consul, jeune, tenant la mappa et le sceptre. Audessus et au-dessous, deux rosettes encadrées par l'e grands rinceaux grossièrement sculptés comme sur le feuillet du diptyque d'Aréobindus, conservé au Louvre.
Liverpool. Musée Meyer.
Bibl. — Pulszky, op. cit., p. 44, n. 34, 35; J. O. Westwood, op. cit., n. 70; W. Meyer, op. cit., p. 5, 31, 76, n. 31); E. .Molinier, op. cit., t. i, p. 36-37, n. 43.
44. [7°] Deux feuillets d'ivoire, haut. 0°3C, larg. O-^H (fig. 3767).
a. Consul imberbe, les cheveux coupés sur le Iront et frisés au-dessus des oreilles, assis sur une chaise curule ornée de feuillages et ù pieds terminés par des grilTcs de lion. Sous ses pieds, un escabeau également orné de feuillages. Vêtu de la trabée brodée, la main droite levée et tenant la mappa. tandis que la main gauche tient un sceptre terminé par un fleuron. Cette figure est placée sous un arc en plein cintre, inscrivant une coquille et reposant sur d(ni\ pilastres cannelés
DIPTYQUES (ARCHÉOLOGIE
qui descendent jusqu'au bas du diptyque où ils encadrent un compartiment feuillage en très bas relief. A la naissance de l'arc, au-dessus des chapiteaux, est sculptée en relief l'inscription :
DAVID REX Unt croix surmonte l'arc, qu'accompagnent deux aigles. Bordure de feuillages.
b. Consul imbertje, portant la couronne cléricale, debout sur un escabeau de deux marches, sous une arcade d'architecture semblable à celle figurée dans le feuillet précédent; la mappa dans la main droite, un sceptre crucifère dans la main gauche. Même décoration de la partie supérieure que dans le feuillet a. sauf l'inscription :
SCS GREGOR Entre la coquille sculptée dans l'arcade et la tète du consul, on Ut ces mots gravés :
-rGREGORIVS PSVL MERI TIS ET NOMINE DIGNVS VNDE GENVS DVCIT SVMMVM CONS CEN DIT HONOREM
Gori avait expliqué ce diptyque comme originairement consulaire et remanié au ix« siècle afin de lui donner une apparence chrétienne. Cette opinion a été accueiUie par Martigny et par Molinier, elle s'impose comme l'évidence même, et le goût de la contradiction quand même peut seul expliquer comment Pulszky, Meyer, Bloch ont imaginé de soutenir un tabletier sculptant un dipt\'que consulaire pour y loger les figures d un roi juif et d'un pape. Xi l'un ni l'autre ne furent consuls ; quant aux artistes chrétiens, ils eussent naturellement représenté le premier en empereur et le second en évêque. Au lieu d'une explication biscornue, mieux vaut s'en tenir à celle du bon sens. On a retouché un ivoire ancien. Les sceptres ont perdu leur aigle d'où on a tiré une feuille et un croisillon; on a gravé l'éloge de saint Grégoire avec des lettres dont le tv-pe n'est pas antérieur au ix« siècle et même on ne s'est pas mis en frais d'imagination, puisque cet éloge est tout simplement le début d'une pièce de vers qu'on Ut en tète des manuscrits de l'Antiphonaire dit grégorien. Cette pièce est l'ouvrage d'un nommé Erfridus, il nous l'apprend et son nom seul comme son talent disent assez qu'il est de l'époque carolingienne.
C'est donc un diptyque consulaire qui a été tardivement démasqué. Les sceptres, les inscriptions, les vers le prouvent déjà, le siège consulaire n'a pas été épargné, on l'a chargé de ces rinceaux grossiers qu'on rencontre dans la sculpture du viii= et du ix« siècle en ItaUe; les pieds n'ont gardé que les griffes terminales; le feuiUage cpii remplit le carré inférieur est également de ce temps. .A saint Grégoire il a faUu tailler les cheveux pour lui donner la tonsure cléricale.
Monza. Trésor de la basUique.
Bibl. — A. Gori, Thésaurus veter. diptgchorum, t. ii, p. 201-218, pi. VI ; J. Labarte, Hisl. des arls industriels. 1864, t. I, p. 10-12; Martigny, Dictionn. des anliq. chrét., p. 255, 256; E. Oldfield, Catalogue of sélect examples of ancient irory carvings, London, 1856, classe m c; W.^Meyer, op. cit., p. 31, 32, 76, n. 37; Bloch, Diptychon, dans E. Saglio, Dictionn., t. ii, p. 271 ; F. Pulszky, op. cit., p. 23; J. O. Westwood, op. cit.. n. 83, 84; G. Rohault de Fleury, La messe. Études archéologiques sur ses monuments, 1888, t. v^, p. 118-119; H. Graeven, dans Rômische Millheilungen, 1892, p. 218; Gôttingische geherhte Anz., 1897, p. 77; E. MoUnier, Hist. gêner, des arts appliqués à l'industrie, t. i, p. 38, n. 44; A. 'Venturi, Storia dell'arte italiana, 1. 1, p. 381, fig. 350; O. Dalton, Byzantine art and archileclure, in-8°, Oxford, 1911, p. 200 (donne plusieurs références inexactes).