‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 1 sur 303 · Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie · texte numérisé non relu

Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie

CHAINAGE. Parmi les édifices que nous avons eu jusqu'ici l'occasion de décrire ou de ligurcr, il n'en est guère • — ■ depuis les plus parfaits jusqu'aux plus grossiers — qui ne nous ollre l'emploi des chaînages, c'est-à-dire d'armatures secondaires qui remplissent dans la construction le rôle d'une charpente formant corps avec la bâtisse. Les chaînages se rencontrent dans les parements aussi bien que dans les voûtes, les cintres ou les coupoles d'un édilice. Toutefois, on peut dire, d'une manière générale, que le chaînage des parements est en pierre, celui des partics sphériques est en briques ou en tuilcaux. On voit du premier coup par cette distinction la différence des services qu'on attend des chaînages suivant le cas. Dans le parement, on lui demande l'immobilité, dans les parties sphériques on lui demande l'élasticité, mais dans un cas comme dans l'autre, on réclame de lui la résistance. Le chaînage n'a, en effet, pas d'autre destination. .Son rôle dans le parement n'a aucune prétention décorative; il lui importe peu de rompre la monotonie des lits superposés de la construction concrète; ce sera affaire à l'ornement d'enjoliver le mur. Le chaînage est une sorte de pilastre ravalé, un contrefort simplifié, destiné à renforcer le parement et à l'immobiliser contre toute menace de lléchissement, contre tout danger de crevasscment.

Mais c'est dans les parties sphériques que le rôle du chaînage devient considérable. Pendant la durée de la construction il rend les mêmes services qu'on pourrait attendre d'une charpente intérieure, soutenant les masses et empêchant les maçonneries de diriger leur poussée totale sur les cintres. Cette armature faite en matériaux choisis et ouvrés coûtait, il est vrai, plus cher que la portion de blocage dont elle tenait la place; mais outre que la dilïérence était peu considérable, la solidité et les garanties de dureté offraient une compensation sans comparaison possible avec ce léger renchérissement. On réduisait d'ailleurs ce coût en réduisant le chaînage à un simple réseau, une sorte de quadrillage ajouré, ou bien à une chaîne isolée, noyée dans l'épaisseur du blocage, une sorte de claîre-voie de briques tapissant, de distance en distance, les zones étroites de la voûte. Parfois, on substituait au chaînage une sorte de carrelage à l'aide de briques posées à plat'.

Va\ Orient, une circonstance, heureusement locale,

' IL Leclercq, Manuel d'archéologie chrélienne, in-S" Paris, 1907, 1. 1, fig. 157-160, 163-10.^). — '■ A. Choisy, Essai

DICT. D'aRCH. CHRÉT.

imposait l'adoption de procédés particuliers. Nous avons dit l'instabilité du sol à Antioche, à Byzance, les fréquentes oscillations et les tremblements de terre qui déterminaient la ruine des édifices les plus solides. Les chroniques du Bas-Empire oITrent presque à chaque page le récit d'un écroulement, et l'on en vient il se demander, en face de ces désastres périodiques, si le mode de construction approprié à ces climats n'eût pas dû reposer sur l'emploi de charpentes légères, au lieu de voûtes massives qui menacent, à la moindre secousse du sol, de se rompre et de s'effondrer.

Il n'en est rien, répond A. Choisy. J'ai pu visiter, quelques mois après un de ces terribles ébranlements du sol, une ville d'Asie-Mîncure en ruine, Echekli; et j'observai, a mon vif étonnement, que les mosquées à coupoles se dressaient presque intactes au milieu des décombres. Leur conservation tenait à la structure même de ces voûtes : ces voûtes n'étaient pas seulement maintenues par de vigoureux massifs de butée, elles étaient, pour ainsi dire, cerclées par un chaînage en pièces de charpente contre lequel les trépidations ne pouvaient rien. C'est un usage vieux comme les civilisations asiatiques de chaîner ainsi les voûtes et les murailles elles-mêmes; la tradition s'en est conservée dans l'.\sie-Mîneure et la Grèce, et il est peu d'édilices du Bas-Empire qui ne soient ainsi consolidés dans toutes leurs parties par des cadres en charpente plus ou moins apparents, habituellement noyés dans l'épaisseur de leurs massifs =.

Ces chaînages n'avaient pas d'ailleurs en vue ciue les tremblements de terre, on attendait d'eux un service plus immédiat qui était de prévenir dans la maçonnerie encore fraîche, les déformations accidentelles de nature à altérer la régularité et à compromettre la durée de l'édifice. Mais les Byzantins étaient trop habiles pour ignorer que la durée de ces chaînages noyés est essentiellement restreinte et leur entretien impossible, car le bois privé d'air s'échauffe et pourrit. Le chaînage en bois n'était donc qu'un pis aller, d'ailleurs ils avaient des matériaux plus résistants sous la main. Et même, le chaînage n'était rien de plus à leurs yeux qu'une mesure de prudence destinée à rendre service pendant la période des tassements et lors des oscillations du sol. Aux efforts permanents ils opposaient un système de butée combiné comme si les tirants n'avaient pas existé. H. Leclercq.

sur l'art de bâtir chez les Byzantins. p. 115.

in-fol., Paris, 1883,

CHAINES DE SAINT PIERRE

CHAINES DE SAINT PIERRE. — I. Textes et monuments rcUilifs ;iux cliaincs de saint Pierre. II. La basilique de Saint-Pierre-cs-liens. III. La tombe des Macchabées. IV. Mosaïque de l'autel de Saint-Sebastien. V. La chaîne de samt Pierre. VI. Bibliographie-

I. Textes et monuments relatifs aux chaînes de SAINT Pierre. — L'histoire des chaînes de saint Pierre est inséparable de l'histoire de la basilique qui les conservait. Le vocable de cette basilique : basilica Eudoxiana a longtemps fait croire qu'elle était l'ouvrage de l'impératrice Eudoxic la Jeune, fille de Théodose II et femme de Valentinien III, ce qui nous reporte vers le temps du pontificat de saint Léon le Grand '. Il faut remonter à une date plus ancienne. Dès avant le commencement du V siicle, une église s'élevait à cette place dédiée à la mémoire des saints Apôtres. Le prédécesseur de saint Léon, le pape Sixte III, grand bâtisseur, la fit reconstruire sur un plan plus spacieux et décorer avec richesse, grâce à la munificence de l'impératrice Eudoxie. Le Martyroloqium Ilieromjmianwn, document du v* siècle, mentionne ainsi sa dédicace, au l*^' août^ : 'Sferf ^--.tm ^-^

Page 1