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Si ces inscriptions sont authentiques, elles peuvent en effet s'interpréter de quinze et de trente défunts (que rien ne dit avoir été martyrs) qui auraient reçu la sépulture soit dans une fosse unique soit dans un cubicule à l'entrée duquel on a peut-être fixé ces plaques.
III. Exemples. — On rencontre parfois une lettre plus haute que les autres, encore que l'incorrection ordinaire de l'épigraphie chrétienne demande quelque circonspection avant de supposer la haste de la lettre I volontairement prolongée, car les inscriptions sont loin d'ollrir alors la belle régularité de l'époque classique. Ce petit couronnement devrait être détaché du corps de la lettre, mais trop souvent on n'y a pris garde. Cette lettre est généralement un I atrophié, ce n'est pas le chiffre 1 *.
'Boldetti, op. cil., p. 587; Lami, De erudilione apostolorum, 2° édit., p. 542; Zacciiria, Sluria letteraria d'Ilalia, in-12, Vonezia, 1753, t. v, 'p. 512; P. Lambertini (Benoit XIV), De canonizalione sanclonim, t. iv, p. 806; G. Marini, dans Mai, Script, ueter. noua cuil., t. v, p. 393, n. 5; F. Canecllieri, Memorie di S. Mcdico marlire e citladino d'Otricoli, con le notizic de niedici e délie medichesse illtt.'ilri per sua saidilà, in-12, Roma, 1812. — - Marini, Scriptor. vêler, nova coll., p. 305, n. 3. . — ^ Qu'il y ait eu de ces inhumations en masse, nous ne le nions pas; il suttit de se rappeler l'exécution des martyrs .Jacques et Maricn, la ?ilassa candida, mais ici il est question de catacombes, de dimensions des /ocu/i cl de cliiffres. Prudence, dans siin Iiyninew ni sur les martyrs de Saragosse, atteste le culte de dix-liuit martyrs. iJis noveni noster populus .'iub nno || Martijrnni serval cineres sepnlchro. — • Bottari, Sculture e pitture, in-lol.» Roma, 1737, t. il, pi. cx.xvii, en lace de la page 173; cela
II. A l'époque impériale on continua à réunir ces deu.x barres par une traverse, comme ceci 41- et non pas au milieu afin de maintenir une distinction avec la lettre H '. Le plus souvent, pour bien marquer qu'il s'agit du chiffre 2 on met une barre couchée par-dessus : Il % parfois cette b;irre est courbée fi', ou bien réduite de moitié II '■'. Enfin, on rencontre aussi cette combinaison h " qui s'applique également à d'autres chifires tels que lîTi, ITïïi; au iv» siècle, la négligence l'emporte et on omet le plus souvent la barre couchée, p. ex. : h. Iid '=. Pour les combinaisons de chiffres plus nombreux la barre supérieure se rencontre souvent, sans qu'elle soit de régie.
c,. On a pensé rencontrer Vepiscma à Pompéi ", c'est au moins douteux. Les Latins empruntèrent aux Grecs une note numérale connue sous le nom ù'episemon ';,-r^ et qui répondait au nombre VI. Ce caractère eut d'abord chez les Grecs la forme d'une F, on le confondit ensuite avec l'episemon y.o--x qui était représenté par le ;/. Dans les inscriptions, les manuscrits et les chartes, Vépisème {i-x-j est généralement représenté par un signe qu'on peut confondre aisément avec le G oncial. Cette forme est toutefois sujette à bien des variations, mais la valeur est constante ". Mafïei a rappelé les incertitudes des épigraphistes touchant cette valeur. Gruter comptait Vcpisema pour V, d'autres pour III "; ces hésitations doivent être parfois mises au compte de l'imperfection de la gravure. Les lapicides n'y regardaient pas de très près et un C ou un G oncial leur paraissait chose indifférente. C'est ainsi que Corsini fut induit en erreur sur une lamelle de plomb lisant LC qu'il entendait 100 — 50 = 50, tandis qu'il avait un epi.^ema et le chiffre 56 = L<; ". C'est également un episcma mal conformé qui, sur une pierre chrétienne publiée par Jluratori, mentionne ainsi l'âge de la défunte : ANNO XXCIII ", ce que Corsini interprète 83 ans, tandis que c'est '29 ans qu'on a voulu dire.
Chez les Grecs, les chiffres étaient représentés par les lettres suivantes : I, un; n, cinq; û, dix;
lAI, cinquante; H, cent; Th\, cinq cents; X, mille; IXI, cinq mille; M, dix mille.
Nous croyons utile de donner en outre la valeur des lettres avec le Sampi '> :
;oo
voudrait dire : l^ocus marli/nim 269 in Clirislo. — = Boldetti,
Osservazioni, p. 435, 436; Visconti, op. cit., p. 621.
• E. Hubner, E.cempla scriptnrie epiyraphica; latinw, in-4'>, Bcrolini, 1885, n. 200, 362, 364, 456. — ' Corp. inscr. lut.. t. II, n. 1256; t. xi, n. 1065, 1185, voir cependant t. m, n. 58. — » E.rempla, n. 89, 135, 265, 298, 330, 368, 405, 41S, 456, 4.57, 489, 574, 575, .579, 673. — • Ibid., n. 282, 347, 660; cf. 261, 273, 312,338, 412, 466, 467, 631, 675 non courbée sauf pour 312. — "'/^ic/.,n. 557. — " Ibid.,n. 383. — ^'-Ibid., n. 492, 887, 1103 ; cf. 261, 306. — " Corp. inscr. lai., t. n-, n. 3043. — '» V. Gardthauscn, Griechische Paléographie, in-8'>, Leipzig, 1879, p. 265. Cf. Corp. inscr. grœc., t. iv, n. 9350, ;)351, 9352, 9353, 9354. — " S. MafTci, Muséum Veronense, in-fol., Verona', 1749, p. 180, n. 4. — » Corsini, \otiV Grœcorum, in-foI-, Florentin, 1749, dissert. III. — " Muratori, .Vomis thés, vêler, inscript., in-fol., Mediolani, 1739, p. MucccxLii, n. 5. — '• Corsini, op. cit., Pref. p. x.xv.
CHIFFRE
IV. Combinaisons. — Les Romains faisaient nsage de quelques signes spéciaux destinés à exprimer les nombres élevés. .\u signe Wl qui signifiait 1000 ils suljstituaient un signe assez semblajjle à notre chifïre S couché : oo . « Cette figure, remarquaient les bénédictins, paraît plusieurs fois dans un acte de Ravenne de l'an 444. » Voir Chartes. On rencontre aussi fréquemment ce sigle D qui équivaut à 500, de même que D. Si à la droite du sigle D on ajoute un, deux, ou trois >, la valeur du sigle devient 10, 100, lOOO fois plus grande, soit : O = 500, 135 = 5000, 05D = 50 000, etc. Pour doubler chacune de ces valeurs on plaçait à gauche de la lettre I le même nombre de C ([u'elle avait à sa droite, ainsi : 15)5) = 5o0 000, et CCCCI5555 = 1000 000.
Au lieu de voir, comme quelques auteurs, dans le signe 015 les éléments dont se compose le D, c'est-àdire la haste et la panse, les auteurs du Xoiiveau traité de diplomatique présument avec raison que ces chiffres sont dérivés de l'IVl onciale, ainsi que le oo. Les copistes ont parfois confondu ces caractères avec l'Oû. C'est également à eux qu'il faut imputer rom])loi de CLC au lieu de CD parce que les deux C étant souvent moins élevés que le trait qui les sépare, les écrivains ont pris cette ligne verticale pour une l cursive.
On se trouverait entraîné parfois à des erreurs assez fortes si on majorait le premier chifïre d'un nombre composé de plusieurs barres verticales, parce qu'il arrive souvent que le premier dépasse les autres, p. ex. : II, lu, lui, ou bien encore xbi; il ne semble pas qu'on puisse, en règle générale, attribuer à cette barre une autre valeur que l'unité. Quelquefois on prolongeait à la fois le premier et le dernier I, ainsi on rencontre lui, liiiil. Pour ne pas s'exposer à confondre ces I avec des L, il faut examiner le bas des lettres; la première s'achève par un trait droit, la deuxième par une courbure assez marquée.
Les manuscrits transcrivent invariablement quatre par llll et non par IV; de même Vllll et non pas IX ': plutôt que de faire usage de IX, on emploie de préférence Vepisema comptant pour six avec trois unités à la suite.
Pour le chiffre XL, on rencontre ce sigle très anciennement et aussi LX, mais on leur préfère XXXX et XXXXXX.
Dans les tables et dans la pagination des registres, les nombres depuis 120 jusqu'à Itlt) étaient toujours exprimés par des chiflres traduisant les anciennes locutions : six-vingts, sept-vingts; par exemple, au lieu de CXXXVII, on écrivait VlxxXVil, au lieu de CXLV, on écrivait VllxxV.
On trouve quelques exemples de chiffres romains écrits au rebours et qui correspondent à des locutions latines : au lieu de deeimus lertius on disait terlius deeimas, et on écrivait VI X pour seize, ae.vtus deciinua. Cette méthode a été employée dans l'épigraphie chrétienne. Gaetano Marini en a recueilli quelques exemples, notamment <lans une inscription incisa in una ijran tai'ola di niarmo, e con bimnc e dislinte lettere, ma con straL'((f/ante ortoyrafta -.
' Cf. Comptes rendus de VAcad. des inscriptions, 1S94, P- 7. — = G. Marini, Lellcra al siynor Gaspero Garatoni sopra un* antica iscrizionc cristituia, dans A. Zaccaria, Raccoltà di dissertazioni di sloria eecicsiastica, in-S", Roma, 1S41, t. III, p 355. — ' Ibid-, t. m, p. :«7. — ' :Muratoii, -Voi). thés, veter. inscr., 1739, p. Dcci.xi, n. 6. — = Fabretti, Inscript, antiqiiarnm, quie in ivdiluis pntcruis asseroantttr, e.rplicatio,m-U>\., Roiiia>, lij'.iSi, c \, n 485. — 'Fabretti, l'ii. cit., c. VII, n. 21). Ici une dilliculté; pas moyen de lire 18 puisqu'il n'y a que S) jours entre les ides et les nones; sans doute X tient la place du monogramme du Ciirist. — '.\i-inglii, Roma subterr., 1. II, c. xxii, p. 307;
HIC QVIESCIT ANCILLA DE! QVe DE SVAOMNIA POSSEDIT DOMVWl ISTA QVEIVI AMICE DEFLEN SOLACIVWIQ REQVIRVN PROHVNCVNVWIORASVBOLEIVIQVEMSVPERIS 5 TITEM REQVISTI-ETERNA REQVIEM FELICITA SCAVSAM ANBISIIIIX KHLENDAS OT03RIS CVCVRBITINVS ET-ABVMOANTIVS HICGIMVL
[QVIESCIT DDNNGRATIANOEII EODOSIO AAVGG
Hic f/uiescil ancUla Dci, quœ rc sua amni possedii domum istam, quam amicœ de/lenl, sûlaciumc/ue rcquirunl. Pro hue una ora subole quam sui/erstitem reliquisti; œtcrna in rcqnic Félicitas... manebis 14 kld. octobr. Cucurbiiinus et Abandantius hic simnl quicscant Dominis nostris Graliano V et Theodosio Auguslis.
L^ne autre inscription porte ' :
BALENTINIANO ET BALENTI ITER VM-BALERIVS-
QVI VIXIT ■ ANNOS-VI-WlxT-D-XVl-DEPOSITVS. EST-VX CAL • DEC • D • MARTIS • p BENE
MERENTI IN PAGE i.
A première vue. on i>eut se demander quelle devinette on nous offre dans cette combinaison VX; puisque les chiffres inférieurs placés à gauche du chifïre supérieur se retranchent, on auradonclO — 5 = 5, et, pour arriver à ce résultat, il est p.irfaitemenl inutile d'écrire X, puisque à lui seul V donne le total qu'on voulait exprimer. En réalité, on a simplement le nombre 15. Les exemples sont nombreux et probants :
BIXIT AN IVL • >
DEPOSETVS VX KL ■ lAN '
DEP • VINCENTIES VIIIX IDVS AVG. '