‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 281 sur 303 · P IN HOC LOCO REQVIESCIT · texte numérisé non relu

P IN HOC LOCO REQVIESCIT

FAMOLVS DÏ STEFANVS PRIMICIRfvS

SCOLAE LECTORVM SERVIE NS ÊCL LVGDVNINSI VIXIT ANNOS LXVI

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IVSTINI INDICTIONË XV

Ce primicerius devait ressembler en quelque façon à un « directeur de petit séminaire ». L'IIistoriu Daliana ecclesix Mediolanensis nous parle d'un autre Primicerius Icctorum et de son afTection maternelle pour les petits clercs', allusion à son nom de Maternus. C'était, en elfet, tout un petit monde qui se rendait plus vite ù la tendresse qu'aux raisons. L'épitaphe de l'évëque d'Arles. Concordius, qui assista au concile de Valence eu .'174. nous le montre : QVI TE- NERIS PRIMVM MINISTRVM FVLSIT INANNIS^ La lecture était la première fonction qu'on pouvait confier aux tout petits; avant même de chanter, ils étaient désignes pour lire et, dés lors, on leur donnait part au « ministère » des lecteurs. La décrétale du pape Sirice le dit : quicumque se ecclesia; vovit obseqniis a sua infanlia... leclorum débet MiNiSTEniii sociari; la formule d'ordination insérée dans les Statuta Ecclesiœ antiquu ne reçoit le lecteur que s'il promet partem cum ils qui l'crbum Dci .MisifrRAVEiiLWT. Sidoine Apollinaire, racontant l'élection d'un évêque. écrit : lector hic priinum, sic Mixisi i-:ri altaris idque ab in/untia K

A Paris, au temps de l'épiscopal de saint Germain, les petits choristes étaient dirigés par l'évëque. Fortunat nous raconte un des otrices auquel il a assisté: I D'un côté, dit-il, l'enfant mêle sa voix douce et perçante aux instruments bruyants : de l'autre, le vieillard (Germain) pousse de son gosier une voix large et éclatante comme la trompette. La voix flûtée des enfants adoucit la voix forte et rau(|uc du vieillard. Ses paroles viennent suppléer à l'accord muet de la lyre... Sur l'ordre du pontife, le clergé, le peuple, les enfants entonnent la psalmodie '. « Il y avait alors un petit clerc de dix ans qui faisait merveille '. C'était, alors comme aujourd'hui, une bonne fortune pour la maîtrise que de mettre la main sur un de ces petits virtuoses qui sauvent la situation dans les instants ililUciles; saint Quentien. de Clcrmont, fut si charmé du timbre clair et pur de la voix d'un enfant nommé Gai qu'il l'emmena dans sa ville épiscopale *. Mais il ne fallait pas trop escompter de pareilles trouvailles, aussi les évêques avaient-ils presque toujours leur monde autour d'eux, formé « au chant et à la lecture des psaumes. »

M.abbc, Concilia, t. n", col. 853, can. 12. — -.J. Spon, Lcilvc à iabbé Nicaise, 9 sept. 1678; Recherches, p. 66; 2*^ édit., p. 7.*^; Miscellanca eriid. antiq., p. 'Mi; Greppo, dans la Hevne du l.ijonnais, 1841, t. xin, p. 186; de lîoissieu, Inscript. de Lljon, p. 5.S2. n. 40; Le Blant, Insvrijit. chrcL de ta Gaule, t. i, n. 65; t. n, p. 667*/, pi. n. 533; Allnicr, dans Revue du I^yonnais, série II, 1858, t. xvii, p. 340; Allmer- Dissard, Musée de Ltjon, t. iv, n. 457; Corp. inscr. lat., t. XIII, n. 2385. Lisne 3 : scruiet in sancta Ecclesia I.ugdunensi. — ' Historia Datianu, odit. Biraghi, Mcdiolani, 1848. p. 71. Également à Mouson, imc lettre de saint Hcmi signale lin primicerius scholœ clarissimœ militiœque leclorum. P. L., t. i.xv, col. 969. — 'Le Blnnt, Inscript, citrcl. de l<i Gaule, t. II, p. 212, n. 509. — '■ Sidoine .Vpoilinaire, Epist., I. I\',

VIII. Home. — L'institution d'une sclviUi conlorum dut hâter, probablement par voie de fusion, la disparition de la scliola leclorum •. La lecture fut considérée comme un exercice un peu secondaire et qui put devenir encore un titre honorifique pour quelques petits privilégiés, mais l'admission dans les rangs de la sclwla reconstituée ou créée par saint (irégoire le Grand se fit certainement d'après les aptitudes musicales des enf;mts. Si l'on parcourt les Vies des papes dans le Liber pontificulis à partir du vii'' siècle, on constate que toutes les allusions relatives ii la jeunesse des papes ne font aucune mention du lectorat, mais seulement du chant et de la psalmodie. p;ir exemple pour Léon IL Benoit II, Serge I"^'. .^vant le pontificat de saint Grégoire, cette tendance prévalait déjà sans doute puisque la notice du pape Deusdedit. mort en C18, nous rapporte qu'il fut, dès sa petite enfance, élevé parmi les enfants de la sclwla : ab e.rortn Pétri nutritus orili.et on ne dit rien de sa qualité de lecteur. Malgré cette préférence donnée désormais an chanta on ne laissait pas de recevoir des enfants que leur âge rendait tout ;iu plus cjipables de faire masse en qualité de figurants;;iinsi le pape Eugène L'^.qui fut agrégé à la sclwla. nous dit-on. u cunahulis. et ([ui sans doute se vit peu à peu confier un bout de lecture, comme le pape Jean XII (955-9G4) qui fut a cuiuibutis lector^". Nous ;ivons décrit le fonctionnement et les vicissitudes de \a sclwla romaine (voir Chantres), nous n'avons donc pas à y revenir ici.

IX. Lecteur et cii.\NTr,E. — En somme, leclure et psalmodie, voici les deux fonctions des choristes remplies simultanément ou successivement, suivant les besoins du culte ou la capacité des individus. Les inscriptions mentionnent beaucoup de lecteurs, mais il faut se garder de croire que le lectorat ne comptait c[ue des infantuli. des pueruli, des pusinni: nous le montrerons en son lien (voir Lecteur); cependant, il ne parait pas douteux que ces bambins de huit, de cinq ou même de trois ans portaient régulièrement leur titre. Justinien fixera l'ordination des lecteurs â l'âge de huit ans, et quelquefois. dit Balsamon.on ordonne des lecteurs âgés de six ans ou même de trois ans:c'cst bien ce qui peut s'appeler a cunahulis.

Si l'on prend le phiisir délire les sermons de saint Augustin, on se convainc très vite et sans peine que ces deux termes légère et canlarc sont pris indifiéremment l'un pour l'autre quand il s'agit de l;i liturgie. Un même texte que l'î^sembléc vient d'entendre est dit tour à tour avoir été lu ou chanté, ce (jui s'explique par la pratique". Chaque fois qu'on allait chanter un psaume, le lector. celui qui entoniKÙt. avertissait de qui était ce psaume, par exemple : Psalnms David. Ciissiodore l'explique clairement : Usus quoque Ecclesiee catlwlicœ SpiriUis .Sancli inspiralione generaliter et immobililer tenet, ut quicumque eorum ccuUandus fuerit. qui ttii'crso rwmine pru;noluntur, lector ulind prœdicare non audcat. nisi psalmos David. Quod si essent proprii, id est. aul Idithum, cuit ftlinrum Cure. <uit Asaph. cuit Moijsi, corum luimina utiquc prirdicarcntiir : sicut cl in cvangeliis fit, quando aut

ep. xw, /* ï.. t. T.viH. col. 531. — ^ Ven;inee rortunat, .Miscellanca. I. II, c. xm, /'./,., t.l.xxxviil, col. 102. — ' Venance Fortunat nous a gardé ce détail dans la Vie de saint (iermain. — ' (irégoire tie Toiu^s, De ritis patrum, c. viii, /'. L., t. l.x\l, cot 1040. — " De l'.ossi. liull. di arch. crisl., 188:i, p. 19; P. BatifTol, llislnirc du brci'iairc romain, in-12, Paris, 189.5, p. 51-54; .\. Cleival, /.'(i/icicnno ni«i/risc de Xotrc-Dame de Chartres du i''^ siècle à la Réuoltdion, anec pièces, documents et introduction sur rcntploi des enfants <le chœur dans l'office dinin cui.v premiers siècles, 111-8", Paris, 1899, p. v. — '" Liber ponlificalis, édit. Duchcsnc, t. 11, p. 247; cf. ibid. t. i, p. 320, 359, .303, 371; t. II, p. 844- 847. — "S. .\ugastin. Tractât, in psalnt. u\; r..vr, lxssviii.

CHORISTES

GHOSROÈS I-

Mani, mit Liicn'. aut Matiluvi, end Johannis vocabulo pronuntiantur'. Le lecteur entonnait le psaume et ainsi tour à tour faisait acte de lecteur, de chantre, de psalmiste -;et Giorgi conclut avec raison : Xcquc veio e.vislimandum est, ut monct Thomasiiis,priscisEcclesiasœculis lectures eos appellatos, qui tantum ex codicr legerent, sed ex priscaEcclesise disciplina ii proprie vcniebant. qui in leclonim ordine consliluli fuerant '.

X. Disparition et restavratiox. — Presque toutes les scholœ disparurent — celles du moins qui subsistaient encore à la fin du vu": et au début du viii« siècle *. Pépin et Charlemagne les relevèrent . toutefois, sous une forme un peu modifiée et, prenant des maîtres et des méthodes à Rome, établirent des schnlse de petits clercs à Saint-Gall, à Metz, à Rouen, à Soissons. Les conciles firent de leur mieux pour encourager ce réveil et sous cette impulsion il y eut, avec des alternatives, jusqu'aux Normands, une véritable renaissance. On se modelait sur les usages et les méthodes de l'École palatine sous les premiers Carolingiens, les évêques en relation avec la cour impériale, comme Gauthier et Théodulphe d'Orléans, pressèrent l'érection d'écoles paroissiales. La plupart des cathédrales comptèrent au moins dans" leur manécanterie une dizaine d'enfants.

CHOSROÈS l<^'. Nous ne toucherons pas dans cette dissertation à l'histoire du christianisme en Perse (voir ce mot); il sera exclusivement question d'un monument archéologique offrant l'effigie du roi Chosroés '.

Le trésor de l'abbaye de Saint-Denis conservait depuis les croisades ou les temps carolingiens une coupe connue sous le nom de /fisse de Salomon '. En 1625, dom Jacques Doublet la décrit ainsi : ; Une très riche tasse garnie de son pied d'or, qui est la tasse du sage roy Salomon, enricliie sur le bord de hyacinthes, au dedans de très beaux grenats, et de très belles esmeraudes, aussi, au tond d'un très excellent et grand saphir blanc entaillé, à enleveure par dehors, de la figure au naturel du dit roy, séant en son throsne, avec un escalier orné de lyons de part et d'autre, à la façon qu'on le voit représenté dedans la saincte Bihle. Cette tasse donnée par l'empereur et roy de France Charles le Chauve ". ■ En 1638, dom Germain MiUet dit cette coupe ■ enrichie de hyacinthes par le bord, et au dedans de grenats et d'esmeraudes très fines, au fond d'un très beau saphir blanc, sur lequel

■ Cassiodore, l'Twjiit. in Psalleriiim, c. ii, P. L., t. lxx, col. 14. — = S. Augustin, Serm., xviii, 5; Tract, in psalm. cxLvir, in psatni. v.v.t//, m psuïni. * v/.v, in psalm. <.\.r///, c.Kxrit, c.\.x.xviii, cf. Tommasi, Opéra, édit. Yezzosi, t. iv, p. xxii sq. — ■ ' D. Giorgi, De lilunjia romani ponlificis, m-i", Roma». 1743, 1. ii, p. xcvi. — 'Sauf ù Rome. — ^ L'histoire de la Perse offre deux princes de ce nom : Chosroés I"' i531-.')78l,Choroès II (590-6281. Cf. .1. Labourt, Le clirislianisme dans Vempire perse sons la dijnastie sassanide, in-12, Paris, 1904. — ».\. de Longpérier, Explication rr une coupe sassanide inédite, dans Antudi de l'Instilute di cormp.arc/ifo/., Rome, 1843, t xv, p. 9S-114; Œuvres, 18S3, t. I, \otice sur fiuelt/ucs monuments ènuiillés du moyen âge, in-S**, Palis, 1842, p. 13: i'.h. de Linas, Orfèvrerie méruvin- (jienne. Les œuvres de suint Éloi, in-S", Paris, 1864, pi. vii, tig. A, B: Les nriijincs de Vorjèvrerie cloisonnée, in-S*, Paris, 1877, t. I, p. 223, pi. v his, n. 1, 2; .\. Chabouillet, Catalogue des camées et pierres gravées, in-lG, Paris, 1858, p. 3t>4-365; Babelon, Le Cabinet des médailles, pf. xxi; H. Leclercq, Manuel d'arcbéol. cbrétienne, in-8^', Paris, 1907, t. ii. p. 406, 407, fig. 304; J. Labarte, Lteclierches sur la peinture en émail, in-i", Paris, 1856, p. 14. — ■ F.-J. Doublet, Histoire de Vabbaye de Saint-Denjjs, 1(>25, t. ï, p. 342. — ^ Catalogue du trésor de l'abbaye royale de Saint-Denys. Inventaire manuscrit du trésor de l'abbaye de Saint-Denys, dressé en 1034. Archiv. nat., LL. 1327, fol. cxvi, v : Item, une tasse d'or garnie d'un pied d'or que les dits religieux disoyent estre fe plat de Salomon, gamy par le bord de hyacinliies

est entaillée, à demy-relief, la figure dudit roy, séant en son throsne, tel que l'Écriture saincte le représente au troisième livre des Rois, ch. x '. • Dom Félibien, moins crédule, se borne à parler d'une « espèce de souscouppe d'or ornée de crystaux de différentes sortes de couleurs. Au milieu, l'on y voit un roy assis dans son trosne'. » Mongez,dans le dictionnaire qu'il a fourni à V Encyclopédie méthodique '■", dépouilla cette coupe de la haute antiquité traditionnelle que lui attribuait le siècle précédent, et il n'hésita pas à y voir un roi sassanide, sans pouvoir toutefois opter entre les trente princes qui régnèrent sur la Perse depuis 223 jusqu'en l'an 639. C'est que Mongez ne connaissait les portraits cjue de quatre de ces rois, ceux que M. de Sacy avait, avec tant d'habileté, retrouvés sur plusieurs monnaies d'argent. En 1842, on proposa de restituer au roi Chosroés I":' la coupe en question"; -ce dont il est impossible de douter en présence de la médaille d'or de ce roi qui existe dans le cabinet de M. le duc de Blacas. et que j'ai publiée, » disait Adr. de Longpérier'-. La monnaie est assez grossièrement gravée, tandis que le cristal est travaillé avec un grand soin; cette différence de style n'empêche cependant pas de suivre dans les moindres détails l'identité des deux types. Voici comment on est arrivé à cette identification.

En examinant de près les couronnes des divers rois sassanides dont on possède les monnaies, on s'aperçoit que chacun de ces princes modifiait la forme et les attributs de cet insigne. Or la couronne de Chosroés I«f sur les monnaies et particulièrement sur la pièce du cabinet de Blacas, est identique à celle du prince représenté sur notre coupe; il ne manque sur la monnaie que les bandelettes flottantes, sans doute, faute d'espace.

Voici les principales dimensions de ce bijou. Largeur des cloisons : épaisses, 0'°004; minces, C^OOlô. Diamètres : vase entier. 0"'2825; disque central, O^OT.ï; grands disques, 0 ""034; moyens disques, 0'°021; petits disques, 0"'018. Les écussons triangulaires et les grandes losanges ont environ O^Ol.^ de côté; les petites losanges, 0'"(fl2. Les hyacinthes de la lèvre mesurent 0 01(107 sur oni004, celles de la bordure inférieure, o°'012 sur OmQoe.

Profondeur centrale, 0 ""03 ; hauteur du pied, O^OlSô.

Cette coupe transparente se compose d'une sorte d'armature en or massif et de trois rangées circulaires et concentriques de dix-huit médaillons en cristal de

et Lv places ^•uides, et au-dessous dudit bord neuf grands ronds de grenat entaillez, les deux cassés en deux pièces: entre les dits ronds et fe dit bord, di.x-huit escussons de verre vert et au-dessous des dits grands ronds neuf ronds rie cristal et neuf ronds de grenat moindre que les dessus dils entaillés comme îes dessusdits, entre iesdits grands ronds et les dessusdits moindres dixhuit fozanges de verre xevi, audessous des dits ronds moindres neuf autres petits ronds de crislaf et neuf de grenat, et entre Iesdits petits et moyens ronds di.\huit fozanges de verre vert, tous Iesdits ronds tailfez en fleurs enfevez îx quatre pompes, dessous Iesdits petits ronds un grand rond faisant te milieu du fond dudit plat bordé de onze liiacinthes, fes deux cassées en deux pièces de douze pfaces vuides, entre fesdits petits ronds et fedit grand rond dixiiuit pfaces \Tiides d' escussons de pierre, au mifieu (fudit rond un grand rond de cristal entailir -À enîeveure par dehors d'un personnage d'iromme qu'on disoit estre Salomon. ^ — ' Félibien, Histoire de Fabbaye de Saint- Denys, in-fol., Paris, 17U6, p. 543, et figure trop minuscufc, pi. \ , lettre M. — '^ On peut voir fa figure du médaillon centrai dans V Encyclopédie méthodique. Antiquité, t. ii, pi. 304, fig. 4, et Description des planches, p. 166. Cette reproduction est d'aiffeurs parfaitement inexacte. — " A. de Longpérier, Description de quelques monuments émaillés du moyen âge, dans fe Cabinet de V amateur et de V antiquaire, 1842, t. I, p. 145-160, réimprimé dans Œuvres, t. IV, p. 128. — ''Essai sitr les médailles des rois perses de la dynastie sassanide, pi. x, n. 4, p. 72.

CHOSROES P

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