Livre XIV
221 Epistula Vitalis defensoris (ep. il).
222 Joannis Panormitani petitio, subdita (ep. m).
223 Epistulœ Alcisonis Corcyrœi episc. (ep. vil-viii).
224 Theodelindse scripta (ep. xii).
225 Scripta Joannis et capitulare (ep. xiii).
226 ♦ Felicis Messanensis (op. xvi).
Le regrstre original fut écrit en pleines onciales rom.iines.
Pendant les quatorze années de son pontiflcat, presque jour par jour, saint Grégoire apparaît écrivant et faisant appel aux services de sa chancellerie. Car ce ne sont pas seulement les lettres qu'il fait expédier, le polyptyque gélasicn qu'il fait rajeunir, mais encore il fait collationncr les manuscrits romains avec ceux de Constantinople afin de s'assurer de l'inexactitude des transcriptions pour tout ce qui concerne le concile d'Éphèse, le résultat est, d'ailleurs, tout à l'honneur des manuscrits romains quœ ab antiiiuilatc servata in scriniis habebantur l'emportaient en sincérité'. Romani aiitem codices multo veriorcs sunt Grsecis, quia nos, veslra sicut non acumina, ita ncc iniposluras habemus '. Au scrinium le pape imposait en outre de garder copie de ses homélies, afin qu'on pût les consulter à loisir : rctineri in scrinio sanclic Ecclesiœ... ul (omnes) hic inreniant umte in his, quœ cnifndata sunl, cerliores fiant ^. Le scrinium et la hibliolheca, sous la direction du primicier des notaires étaient alors logés au Latran. Les formules du vri« siècle, insérées dans le Liber diurnus montrent qu'on ne sépare pas alors l 'archivum sancta; Romanx Ecclesiœ et le sacrum Lateranense scrinium*.
A cette date du vu' siècle commençant, la chancellerie pontificale a pris une importance et acquis des traditions et des habitudes de régularité qui n'excluent aucunement une amélioration progressive que nous pouvons ressaisir dans quelques détails, par exemple : la date. Toutes les lettres apostoliques des quatre premiers siècles nous sont parvenues sans date, soit (|u'elles en aient toujours été dépourvues, soit plutôt que les copistes aient négligé de les reproduire. C'est au pape saint Sirice que remontent les plus anciennes lettres datées; elles le sont, suivant l'usage romain, de l'année des consuls '. A la fin du V siècle, on rencontre, mais très exceptionnellement encore, K- signe de l'indiction «. Au milieu du vi« siècle, à la suite d'un voyage du pape Vigile à Constantinople,
'S. Grégoire, Ejtisl., 1. IX, ep. XLix,P. L., t. Lxxvii, col. 805. — 'Ibid., 1. VI, cp. xiv, col. 805. — 'S. Grégoire, Pra^f. ad libr. Xl.homil., P. /.., t. Lxxvi,col.l075. — 'Liber <(iiirnus,édit. de Roziérc, p. 173, n. Lxx.xii. — ' Jatte, Begesta punlij. ronu, 2' écHt., t. i, p. 40; Sirice (384-.398). — ' On la trouve pour la première fois dans une lettre de Félix III, du 1" mai 400. Jaffé, I{egesl<i,2' cdit., n. 614. — ■ Ibid., p. 117. — 'Jean Diacre, Vila Gregnrii, 1. III, c. i. Il faut recourir
on voit apparaître à la date l'année de l'empire'; à partir de saint Grégoire, c'est une formule admise.
Dans les plus anciennes lettres des papes, la suscription, lorsque les copistes l'ont conservée, est fréquemment placée après l'adresse. Le pape s'intitule généralement episcopus, parfois papa, et parfois il exprime son titre par une périphrase. Grégoire I" introduit une formule nouvelle dans le protocole; il emploie pour la première fois l'expression episcopus, servus servorumDei, et, peu à peu, cette formule s'impose et reparaît dans toutes les lettres de ses successeurs; elle est déjà fréquente au vn"" siècle; au viii", son absence est devenue exceptionnelle et elle est de règle absolue à partir du ix= siècle ".
De la plupart des huit cents lettres de Grégoire, on pourrait, écrit le cardinal Pitra, détacher la série de presque toutes les formules qui, après lui, reparaissent dans les bulles, soit pour l'intitulé, soit pour la salutation, soit pour l'exorde, soit pour l'énoncé du fait, soit pour la déduction des motifs de la sentence, soit pour le dispositif, soit pour la commination, soit pour la conclusion, soit pour la date, soit pour la souscription finale. Il suffirait, pour s'en rendre un compte sommaire, de dépouiller rapidement les cent lettres qui, selon l'édition des bénédictins deSaint-Maur, ont passé plus ou moins complètement au Décret de Gratien, dont la dernière édition offre cent quatrevingt-six lettres, fournissant au Décret deux cent soixante-cinq textes, lesquels ont eu force de loi avant et après Gratien '. Le savant éditeur du Liber diurnus n'a pas hésité à dire que le tiers de ce formulaire était tiré du registre du pape Grégoire ">. La proportion se maintient dans les divers canonistes du genre de Gratien ".
Le style de la chancellerie pontificale, relativement supérieur aux écrits de la même époque, conserve jusqu'au temps de la plus grande décadence, une gravité et une noblesse qui rappellent les bonnes traditions du passé. C'est surtout à saint Grégoire qu'on doit cette persévérante dignité et cette distinction de race. Sous le flot des affaires et sous le poids des infirmités, il demeure toujours le préteur disert et mesuré, l'apocrisiaire sentencieux.
La continuité et l'influence du registre ressort surfout de la reproduction des mêmes formules. Il y aurait un livre à faire, aussi curieux qu'important, sur les protocoles grégoriens et leur long voyage à travers les vicissitudes de la chancellerie apostolique. En voici un exemple entre bien d'autres. Les privilèges accordés aux monastères d'Autun contiennent uneformuled'excommunication contre tout roi, prêtre, juge, etc., violateur du privilège; or, cette formule a été adoptée dans les mêmes termes, durant plus de cinq cents ans, pour la plupart des privilèges monastiques '- : Si quis vcro regum, saccrdolum, judicum, personarumque sœcularium, hanc constitutionis noslrœ paginam agnoscens, contra eam venirc lentaverit, potestatis honorisquc sui dignitate careat, reumque se divino judicio cxislere de perpetrala iniquitate cognoscat, et nisi vel ea qute ab illo maie ablata sunt restituerit, vel dignapxnitenlia illicite acla dcflcverit, a sacratissimo corpore ac sanguine Dei cl domini noslri redemptoris Jesa Chrisli atienus fiai, cUque in ivtcrno examine districtœ ultioni subjaccat.
Au siècle suivant, en 729, sous Grégoire II, on retrouve la formule légèrement modifiée : Ex auetoritate
aux lettres reproduites par Bédé, il'aprés les originaux, et aux bulles gravées sur marbre pour retrouver cette formule, car les extraits dont se compose le registre ont supprimé toutes les formules solennelles, ce qui rend très difficile une étude diplomatique. Cf. Pitra, Ariat. /iopi.s.s., 1. 1, p. 72, note 1 .
— • E. Friedberg, Corpus j'iiris caiwnici, t. i, p. xxviii-xxx.
— ^'E. de Rozière, Liber diurnus, introd., p. x.xviii. — l' Pitra, Analecta novissima, t. i, p. 72. — " Ibid., 1. 1, p. 55.
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B. Pelri... inlerdicimus, ut nullas diix, milliis cornes, nulla prorsiis persona ecclesiaslica,sii'e miindana, etc.'. En 867, Nicolas I""' reproduit textuellement la formule grégorienne, dans un privilège pour Vézelay : Si guis vero sacerdolum, judicum, atque ssecularium personarum ^: en 897, Etienne VI, pour le même monastère fait usage de termes à peu près semblables : Slatuimus ut nulli regum, neque episcopo cuilibel, val comiti, etc. En 875, Jean VIII prononce plus brièvement le mê 1 e anatlième dans les privilèges de Fulda^, de Saint-Waast d'Arras', de Saint-Médard de Soissons': le même pape énonce la formule textuelle en faveur de Saint-Pierre de Nimes ', de Vézelay ' et de la cathédrale de Poitiers '. Elle est considérablement amplifiée dans une bulle du Mont-Cassin ', et surtout, dans le privilège très extraordinaire de Saint-Gilles, lequel est contresigné par quarante-quatre évëques de France '". Vers le même temps, il y aurait à citer Etienne VI" qui remémore nommément Nicolas I'-': puis, au siècle suivant, Benoît IV '^, Serge III '^. Jean X", Jean XI", à qui on doit le célèbre privilège de Cluny, dont la formule mitigée devient, à son tour, un type traditionnel, surtout pour les deux mille monastères de cette observance. lien est de même pour Vézelay et le Mont-Cassin sous les papes Marius I*' " et Benoit VII ^'. Nommons encore, par surabondance, les bulles de Léon VII, .\gapit II, Jean XII, Benoît VII", enfin de Jean XV, qui, dans un privilège vidimé de Corbie, se prévaut des grands noms de saint Grégoire et de Nicolas le^i' : Vt plenius prosequaniur quod sanctos aposloticos jam dictas intendisse sentimus, atque ante eos beatum Gregorium ac révérendes memoriœ Nicolaum, sanxisse de statihus monasteriorum invenimus, etc. Il nous faut encore indiquer sur la fin du même siècle Grégoire V et Sylvestre II '°. Le célèbre Gerbert est l'un des plus énergiques et des plus explicites en renouvelant le privilège de Vézelay : Constiiaimus et apostolica nuctoritate censemus, atque per hoc nostrum apostolicum privilegiuni confirmawus, ut nullus rex autpontifex, vel abbas aut cornes, velqualiscumque magna vel pcwi'opersona,avaritia.'cupiditilc corrcptus,cmdeat vel prsesumat contra tuuni honorem,o venerabilis Roberte abbas,... aut... viotentias inferre, si non vult auctoritate Dei et S . Pelriet nostra apostolica excommunicatione, etc. La continuité de cette formule devient au xi= siècle, par la multiplicité des bulles, de plus en plus manifeste. Chose même inattendue : dès l'année 1102, le saint empereur Henri II prend et développe la formule, en sa partie civile, dans un mundiburdium, en faveur de l'abbesse Ouda de Ratisbonne -'. Sous Léon IX reparait confirmé le privilège de Vézelay, avec le souvenir de Nicolas P' et la pleine formule : Si quis vero regum, episcoporum, sacerdolum, abbatum, judicum, comitum, etc.. percussus apostolico anathemate, potestatis honorisve sui dignitate careat '-... Du même genre sont les privilèges postérieurs de Victor II 2', ÉUenne VU", Nicolas II". Alexandre II-''
ip. 7,.,t. Lxxxix.col. 530. — !£pis/.,cxiii, P. L..t. cxix, col. 1118. — = Hpis(.,xii, P. L., t. cxxvi, col. 657. — 'P. /.., t. cxxvi, col. 659. — • P. L., t. cxxvi, col. 662. — • P. L.. t. cxxvi, col. 791. — ' P. L.. t. cxxvi, col. 804. — • P. /,., t. cxxvi, col. 796. — 'P. L., t. cxxvi, col. 651. — "P. /.., t. cxxvi, col. 794. — " P. L., t. cxxix, col. 858. — "P. L.. t. cxxxi, col. 45. — " P. L., t. cxxxi, col. 982. — " P. I.. t. cxxxii, col. 810. — ^^P.L., t. cxxxii, col. 1057-1068'
— " P. L., t. cxxxiii, col. 863, avec mention de Nicolas I"'
— "P. L., t. cxxxvii, col. 324. — "P. L., t. cxxxii, col. 1067; t. cxxxiii, col.909: t. cxxxv, col. 971, 995, 1090.
— '• P. L., t. cxxxvii, col. 832, 833. — " P. L., t. cxxxvii. col.,903, 918, 926, 935: t. cxxxix, coi. 273, 280. — '■' P L., t. CXL, col. 242. — "P. /,., t. CXLIII, col. 612, cf. col. 634, 640, 644, 655, 658, 632, 664, 667, 678, 683, 686. 688, 689, 691, 695, 715, 721 742. — "P. L., t. cxliii, col. 815, cl. 811, 818, 823, 825. — '-' P- L., t. cxLiii, col. 873. —
et enfin Grégoire VIH'. qui, dans une longue série de privilèges, revient de plus près à la formule grégorienne primitive. Il est remarquable qu'après Grégoire VII, la grande formule imprécatoire des grandes bulles disparaît assez rapidement, et fait place à celle d'LTrbain II".
Cette influence séculaire exercée par Grégoire P^ sur la chancellerie apostolique, se comprend d'autant mieux que ce grand homme a contribué, plus que personne, à organiser, à l'instar de V Auditorium impérial, l'administration et la chancellerie elle-même 2».
Il avait commencé par être préteur de Rome, tenant lieu de l'empereur et continuant des traditions judiciaires qui remontaient jusqu'à la République. Comme les anciens préteurs de la Ville, il rangeait ses archives année par année; ainsi son registre fut tenu en XVI livres, indiction par indiction. A défaut du consulat, supprimé par Justinien, il datait ses actes d'après les années du règne de l'empereur. L'ancien préteur, vêtu de pourpre, siégeait sur son tribunal et, rangés dans le double ordre des consistoires, cinq sénateurs siégeaient à droite, cinq chevaliers à gauche'". Ainsi, nous avons une sentence de Grégoire rendue avec l'assistance de trois prêtres et trois diacres". Si les copies prises sur l'original n'avaient pas supprimé toutes les souscriptions, nous aurions au bas de ces lettres, comme dans les bulles plus récentes, l'imposante série des signatures.
Grégoire avait vu, à Constantinople, les notaires et les greffiers (scrinarii) rangés devant l'empereur ou le préfet du prétoire pour recueillir les termes de la sentence, les communiquer aux parties et en surveiller l'exécution '-. Il nous affirme plus d'une fois que, devant lui, les notaires ont écrit sous sa dictée, qu'il a relu leur texte '= et que la plupart de ses lettres sont portées par ces fonctionnaires. Il avait vu, au Palais sacré, soit V Auditorium public, où les parties étaient admises à présenter par écrit leur instance et à défendre leurs droits, soit V Auditorium secret, quand l'empereur délibérait à huis clos avec son conseil. C'est ainsi qu'il y aura à Rome les consistoires secrets et publics. La sentence rendue, l'empereur signait en cinabre, après lui signaient les témoins. Grégoire a soin de noter qu'il a souscrit de sa main une lettre avec témoin, pour sceau d'authenticité". Il avait N'U, dans la basilique théodosiennc, les différents scrinia où l'on déposait les actes publics, l'armoire des lettres émanées du prince (scrinium epistularum), l'armoire des protocoles et des enquêtes (scriniuni libellorum et cognitionum), l'armoire réservée (scrinium memoriœ, id est gestorum et arcanorum imperii), l'armoire des lois et constitutions (sfri;jnmidisposi'((o;!i;m, idest pragmaticarum sanctionum sive constitutionum generalium)'^. .\insi le palais du Latran possédera, nous l'avons vu, ses polyptyques et ses archives diverses et toutes les lettres y seront classées dans le '. Registre ».
Grégoire a vu à Constantinople les onze collèges des-
"P. L., t. cxLin, col. 1354, 1327, 1344, 1356. — =• P. J.., t. CXLVI, col. 1302, 1341, 1343, 1346, 1347, 1352, 1359, 1361, 1368, 1377. Les bulles de Nicolas II et .\Iexandre II sont rédigées sous l'inspiration d'Hildebrand. — " P. L., t. CXLVIII, col. 651, 653, 660, 665, 066, 668, 669, 676, 679, 682, 683, 685, 686, 689, 699, 712, 716, 718, 720. — ='Pitra, .4.nalecla novissima, in-4», Parisiis, 18S5, t. 1, p. 74-77. — ".I. Gasparini, De S. Audilorio imperalorum eorumque famitiaribiis et comitibus, ad legem 32 cod. lîe appellaiknituî et consulialionibus lib. VII, lit. i.\u,dissertalio, Romx, 186G. — " Heiiieccius. .intiq. rom., 1. IV, tit. vi, n. 9. — ■ " S. Grégoire, Episl., I. VI, ep. XII, P. L., t. Lxxvii, col. 803. — '-Gasparini, op. cil., p. 7. — " Epist..l. XII, ep. XLVI, P. L. t. Lxxvii, col. 125t. — "Epist., 1. XII, ep. xLvi, P. L., t. Lxxvii, col. 1251, Hanc donationem a nitario nostro prescriplam legimus, atque subscripsimus. — " Bnineraaim, In lege X. Cod. De proximis sacror. scrinior.
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tinés à régler toutes les branches d'administration et remarqué le collège des notarii fondé par Auguste sur le conseil de Mécène, présidé par le magister scriniorum et composé des subalternes, proxinius scriniorum, etc., intimes assesseurs et conseillers du prince. Ainsi Home aura, outre les écoles des défenseurs, des régionnaires, des sous-diacres, des chantres, etc., la scliota ou collège des notaires'. Le chef était primicerius, après lui venait le secundicerius ; tous prêtaient, avant d'entrer en charge, serment sur la tombe de saint Pierre. Nous ne pourrions poursuivre la comparaison de chaque office avec les charges pontificales sans parcourir la phalange innombrable des employés impériaux -. Nous ne pouvons toutefois omettre une institution ipii semble avoir été le plus puissant levier de cette administration: c'est le collège des rfe/ensorcs^. Ils sont au nombre de sept, et placés sur le même rang que les sept diacres régionnaires'. Non seulement ils administrent les vastes domaines du patrimoine de l'Église, mais ils font parvenir partout les ordres du pape, traitent avec les évêques, les convoquent devant eux, président les synodes et les tribunaux, distribuent même aux évêques les reproches et les censures, vérifient les comptes, les procès, les sentences, et rendent de tout un rapport sévère. Eux-mêmes, d'ailleurs, sont surveillés par les évêques, soumis à un appel, admonestés au besoin et réprimandes sévèrement '.
Avant de quitter la chancellerie grégorienne, notons une particularité qui serait de nature à provoquer des confusions. Depuis le vi" siècle au moins, les lettres pontificales furent scellées d'une bulle de plomb, et ce nom de bulle passa du sceau au document dont il garantissait l'authenticité, et dés le moyen âge on a, communément, donné le nom de bulles aux lettres pontificales scellées en plomb. Il est bon d'ob.servcr toutefois que cette appellation qui ne fut guère en vigueur avant le xiv^ siècle, n'a jamais été employée par la chancellerie pontificale.
go yiif-i\e siècles. — Après le registre de saint Grégoire le Grand, nous ne retrouvons plus semblable aubaine jusqu'aux fragments, d'ailleurs considérables, des registres de Nicolas I"' et de Jean VIII. Les pontificats se succèdent rapides et stériles; il est peu probable que l'heureuse découverte d'un manuscrit comparable à celui du British Muséum restitue de nouvelles séries de lettres; l'active exploration des bibliothèques publiques rend cette chance de moins en moins probable. Tout ce que nous pouvons espérer, c'est de relever les témoignages de l'activité persistante de la chancellerie. Ainsi, des notes jointes à certaines lettres (lu pape Hormisdas (514-523), et l'indication, ajoutée à celles qui étaient adressées à ce pontife, du jour auquel elles étaient parvenues à Rome, indiquent également que les compilateurs les ont recueillies dans les archives romaines «. Le ms. du British .Muséum et la collection de Deusdedit ont démontré que les deux registres d'IIonorius 1" (025-638) et de Grégoire II (71.")-731) étaient parvenus jusqu'au xii« siècle'.
' Il y avait deux écoles de chantres, l'une à Saint-Pierre, l'autre auLatran. — '.\nnibaldi, De Caslicnsi omnium l'iilutinorum peciilio, Romae, 18.57. — " Epist.A. V 11 1. cp. xiv, P. L., 1. Lxxvii, col. 917 : Sicut in Scholis notariorum atqiie subiiiaconorum per induUam h>ngc rctro ponlifîcum lar<iiU:tcm suni retiianarii ronstitnti, ilti qiioque in ticfensoriluts scptem, t/ui nstensa sua' expericntiiv ntilitnlc i)IiicucrintJïonure reijionario decorcnliir. Cette lettre offre d'autant plus d'intérêt qu'elle énumère les privilèges des defensores. — ' Le terme est rendu par i;-/;/-.; dans les actes de S. Grégoire d'.\grigi'nte. Députés en légation, ils pronaienl avec les notaires le titre d'apocrisiaires à Constanlinopie et ailleurs l'équivalent latin responsdlcs. On les appelait encore rcvtorcs des patrimoines de Sicile, de Canipaiiio, de Sardaigne, etc. Le défenseur pouvait a\'oir son rcsponsalis ou notaire. L'emploi était si important que les faussaires l'usur-
Une copie exécutée au xi' siècle d'une partie du registre de Jean VIII (872-882) est conservée aux archives du Vatican '. Les registres des papes Honorius, Zacharie, Hadrien I*', Léon IV sont constatés par des mentions précises. On pouvait d'ailleurs en prendre communication sans trop de formalités et cette tendance débonnaire d'une administration à l'égard du public a pu nous valoir quelques fragments dispersés. En 730, Bède s'exprime ai n si à propos de la chancellerie : Xolhelmus (Britannus) Romam vcniens, nonnulias ibi beali Gregorii papie si/nul et uliorum pontificum epistolai perscrulato ejusdem sanclœ Ecclesiœ Rnmanœ scrinio permissu Gregorii{lllj ponli/icis itwenil^. Le pape Zacharie, successeur de Grégoire III, anle scrinium Laleranense fecit porticnm atqiu' luirem, parlas wncas atque ccuicellos... et super lurrim Iriclinium et caneellos œreos conslruxil, ubi et orbis terrcuuni descriptionem depinxit atque diversis versiculis ornavil^".
Il faut se résigner pendant cette période qui fait présager le moyen âge à ne recueillir que de rares indications. Un mot du pape Hadrien L', prononcé au concile romain de 745, nous apprend qu'on ne s'était pas départi de l'ancienne coutume de garder aux archives les ouvrages des hérétiques". Nous savons également que les cautioncs des évêques et des papes eux-mêmes, c'est-à-dire leurs professions de foi scriptx a notariis in scrinio (Lateranensi), deponebanlur in sacratissima confessione beali Pétri apostoli ad corpus ejus conscrvandcc'^ : les procès-verbaux d'élection étaient également déposés dans le sacro scrinio Lateranensi"; enfin les donations royales, telles que le privilège d'Otton qui était plus une mise en tutelle qu'une donation i'.
7" Relliguia: — " De toutes les sources diplomatiques, celles qui proviennent de la cour romaine sont, certainement, de beaucoup les plus nombreuses. Le gouvernement spirituel de la chrétienté, si étroitement uni, au moyen âge surtout, à nombre d'affaires politiques et à tant d'intérêts privés a donné lieu, depuis les premiers siècles de l'Église, à une quantité immense de documents qui, du siège de la papauté, se sont dispersés dans tout l'univers et dont un très grand nombre se sont conservés. Si l'importance et le nombre des lettres des papes ne suflTisaient pas à en faire placer l'étude diplomatique avant celle de toutes les autres chancelleries souveraines, elles mériteraient néanmoins ce rang à cause de la faveur dont les règles en usage à P,oine ont été l'objet dans la chrétienté tout entière. Organisée très anciennement, la chancellerie pontificale ne tarda pas à adopter pour la rédaction et la disposition des lettres un ensemble de formules et de règles qui se développèrent, se précisèrent, se fixèrent, de siècle en siècle. Le « style» de la cour romaine fut au moyen âge, on l'a dit, l'une des bases de l'enseignement du dictamen, et les actes pontificaux devinrent des modèles qu'imitèrent plus ou moins la plupart des chancelleries, laïques ou ecclésiastiques, autant à cause de la régularité et de la belle ordonnance de ces
paient, sans être munis d'une lettre oiïicielle de créance. — ^ Pitra, op. ci7.,p. 7I.et liste des nuturii et f/c/en.sores, p. 77-79. — «Jaffé, Regesla, 2» édit.. t. i, p. loi. — 'Pitra, .tnaifc/n novissima, t. i, p. 80. — * G. Levi, // iomo dei regesti Vaticani (Lettere di Giouanni Vllï), dans Arcbioio delta soc. romnna di sloria palria, ISSl, t. iv. p. lGl-194. — «Bède, Hisl. cco;., prasfalio,. /'. L.. t. xcv. col. 22. — '»DeRossi,Dc oritiine, hisloria. indicibus, 188<t. p. lxxx. — •' .\ propos de l'hérétique Adelbert, le pape dit que ses écrits in scrinio nostro rcserventur. — '-De Hossi. op. cit.. p. i.xxxi Liber diurniis, cdit. de Koziére, fonn. lxwih, Lxxxv,p. 182. 202, "203. — " l .ibcr diurniis. L'dit. de l\iizivr<\ foriii. i,xxxn;p. 172; Mîibillon, .MHS.-riiHi Ilalicitm. t. i. part. 2, p. ;i8. — "Th. Sic- Uel,/.>«.s l^rioiîegiuni Ollos I fur die romische Kirchevomjalire 062. in-8'', Innsbrùck, 1 8S.'t. Le texte retrouvé n'est pas l'original, mais une copie chronologiquement très rapprochée
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documents qu'en raison de l'autorité qui s'attachait naturellement à tout ce qui émanait du Saint-Siège '.
Les plus anciennes lettres pontificales qui nous sont parvenues, celles des huit premiers siècles de l'Église, ne nous ont été conservées que par des copies '; les unes recueillies dans des compilations canoniques, d'autres dans des collections formées à l'aide de registres dont nous avons retrouvé un modèle typique sous le pontificat de Grégoire le^.
La disparition des orginaux a laissé subsister quelques sceaux qui les authentiquaient '. La série est
ACAP
JTVS
24lil. — Bulle du paje Agapet.
Dapiès J.pnugk-Harttung,Sp?ci»ii»7a selecta chartarum pontiflcum ronianorum, 1887, part. 3, pi. xvii, n. 1.
assez considérable par le nombre plus que par l'importance; les monuments nous sont connus par des dessins et par les originaux^. L'ne bulle du pape Agapet (535-536), jadis conservée à Velletri, au musée Borgia, est aujourd'hui perdue, mais il en existe une copie dans un manuscrit de la bibliothèque Vaticane^. Le musée du Vatican conserve des plombs d'un pape Jean, qui est peut-être Jean III (560-573)» et du pape Deusdedit (615-618) '.A partir du pape Boniface V (619-623)' le type reste immuable jusqu'à Léon IV (847-855) ; le diamètre de la bulle varie, de 25 à
2462. — Bulle du pape Jean 111.
Ibid., pi. I, n. 1.
35 millimètres; au droit, est le nom du pape et au revers, son titre, au génitif. Nous donnons ici les
^ A. Gir\% ^lunuel de diplomatiqite, in-S", Paris, 1894 p. 562. La publication et la critique des documents apostoliques a commencé sous le nom générique de butlaires. Les uns sont généraux; les autres spéciaux à certains pontificats, à certains pays, à certains ordres religieux, à certaines Églises, à des étal)Hssenicnts comme l'Université de Paris. En dehors de ces collections, il existe une multitude de pièces dispersées, à peu prés inconnues, souvent inabordables; un nombre considérable est resté manuscrit. L'ouverture des archives du Vatican en 1883 a donné un nouvel essor à cet ordre de publications. — ' De Rossi, op. cil., p. Lxxxvii : Thésaurus ingens et pretii vere inœslimabilis libronim, regestorum. charlariim anie saeculiwi nndecimum congesliis in serinio, hibliotheca, vestiario Sedis apostolicœ, in confessione et archiito S. Pétri item codicum prxsertini liturgicorum tum îatini ritus tnrn grseci pertinentiuni ad singulas basilicas lititlos, diaconias, monasteria Ur~ bis funditns periit. Ab inleritu vijcquidqiuun esse seruatum... sed ne iinits qiiidem codex oclaiyo sœcnlo antiquior e bibîiothecis Hilarii, Agapeli, Laleranensi peri'enit ad Vaticanum. — ' P. Ewald, Zu den àlteren pàpstlichen Bleibullen, dans Seues Archiii, 1884, t. ix, p. 632-635; De Rossi, Dl una bnlla plitnibea papale scoperla nel foro romano, dans Nolizie degli scavi, 1SS2 p. 266 sq. ; F. Chamard, les bulles de plnmb des lettres pontificales, dans la Berne des qncst. hisl.. 18S3,t.xxxiv,p 609-616; J.Pnugk-Harttung,.S;j(>imii/ia fie-
bulles des papesAgapet(fig. 2461), Jean III(ng.2462) et Deusdedit (fig. 2463). Cette dernière, dont la face principale est assez mal conservée, représente le Bon Pasteur" (fig. 2461). On n'a pas même un commencement de preuve pour avancer que l'usage des bulles de plomb s'introduisit dans la chancellerie pontificale dès la fin des persécutions, au commencement du iv= siècle, sous le pontificat de saint Sylvestre".
La série diplomatique des lettres pontificales commence à la fin du vni= siècle; le plus ancien original
24U3. — Bulle du pape Deusdtd.;.
Ibid., pi. I, n. 2.
non suspect que l'on puisse citer est un fragment d'une lettre d'Hadrien I*', de 788, sur les affaires de la principauté de Bénévent '=. Depuis cette époque, tout en demeurant rares encore jusqu'au début du XI» siècle, les bulles originales sont cependant assez nombreuses et présentent assez de points communs pour qu'il soit possible d'en déterminer les caractères généraux. Sans nier la part d'innovation que toute administration introduit même inconsciemment dans ses usages, nous pouvons penser, d'après tout ce que nous avons exposé, qu'en ce qui concerne les for-
Restitution de la bulle de Deusdedit.
Ibid.. pi. xvn, n. 11.
mules et les types, la chancellerie romaine les maintint à peu près invariables jusqu'au pontificat de Léon IX.
lecla chartarum ponti ficum ronianorum, in-4°, Stuttgart, 1S87, t. m, pi. I, n, m, xvn; Diekamp, Zum papstUchen Urkundenwesen , dans Mittheihmgen des Inst. fiir ôslerr. Gesch., t. III, p. 612 sq. ; J. Pflugk-Harttung, Die Bullen der Pdpsle bis zuni Ende des xu JaJirhunderts, Gotha, 1902. — 'J.-P. ICirsch, dans Dictionn., t. n, col. 1344-1346. — ' J. Pfluglv-Harttung, Specimina, part. III, pi. xvii, n. 1. — 'Ibid., pi. I, n. 1. Cl. Dictionn., t. il, col. 1346, note 2. —
• J. Pflugk-Harttung, Specimina, part. 11, pi. i, n. 2. —
• Ibid.,x>\. I, n. 3. — ' Ibid.,pl. i, n, iii.Dicfionn., t. n, col. 1345, fig. 1734-1738. — '» Xous donnons l'interprétation de cette buUe par F. Ficoroni. De plumbeis antiquorum numismatibus tam sacris quam profanisdisserlatio, in-4"', Romx, 1750. p. 49, pi. XX m, n. 3, reproduite dans Pflugk-Harttung, Specimina, part. III, pi. XVII, n. 11. Gori parle de cette bulle dans la préface qu'il a donnée au recueil d'inscriptions de Doni. Cette bulle a été trouvée en 1727 au Celius, villa Casale, parmi beaucoup de briques portant le nom de Théodoric. — "Ortolan, dans Dictionn. de théolog. cathol., t. Ii, col. 1256. Les références citées à la suite de cette alTirmatiort ne la confirment en aucune façon. — ' = .\rchives nationales, K?,n. 92 ; J. Tardif. Monuments historiques. Cartons des rois, in-4'*, Paris, 1866, dans les Inventaires et documents des archives de l'Empire, p. 67, fac-similé, .\tlas, 2* série: P. JafTé, Regesla pontifum ronianorum, 2^ édit., n. 2462, Papvrus de 0"51.
CHANCELLERIE
en 1048. Quoique postérieurs à la limite du ix"^ siècle où s'arrêtent rigoureusement nos recherches, nous n'hésitons pas à faire usage des renseignements de cette période de 814 ù 1048 comme n'étant que l'écho d'institutions et de pratiques plus anciennes.
Jusqu'au commencement du xi' siècle ', les lettres et diplômes pontificaux sont écrits sur papyrus. A l'onciale en usage au \'W siècle pour le registre grégorien avait succédé une écriture particulière, dérivée de la lombarde, nommée liUera roniana. et dans laquelle on a voulu voir, sans raisons suffisantes, une influence byzantine ^. Jusqu'au commencement du xi<= siècle, la chancellerie romaine s'est servie pour les bulles originales exclusivement de papyrus, et jusqu'au début du xii" elle a employé l'écriture lombarde en la rapprochant peu à peu de la minuscule romane. Toutefois, dès le x« siècle, il semble qu'elle délivrait parfois, en même temps que l'original, une ampliation sur parchemin, écrite en minuscule, l'écriture lombarde étant dès lors lettre morte pour la plupart des fidèles. Il y a lieu de présumer que parmi les bulles sur parchemin, antérieures au xi'= siècle, qu'on a souvent considérées comme des originaux, il s'en trouve qui ont cette origine.
La dernière bulle* sur papyrus que j'ai vue, écrit A. Giry que nous citons ici ^, est la cession par le pape Serge IV, en novembre 1011, au comte Guifrcd. de l'église de Saint-Martin du Canigou,pour y étaljlir une abbaye ', mais il existe des mentions de bulles sur papyrus de Léon IX et de Victor II». La plus ancienne bulleoriginalesur parchemin, signalée comme non suspecte par les nouveaux éditeurs des Rcgesla romanorum i>ûntilicuni,Cf,t un privilège de Jean XVIII pour l'église de Padcrborn, de décembre 1005. Exceptionnellement et dans des circonstances particulières, le parchemin avait été employé par la chancellerie pontificale dès le x* siècle ^.
La première ligne est ordinairement en caractères plus gros que ceux du reste de la teneur; à la fin du x« siècle, on y employa souvent une écriture capitale mêlée d'onciales dont les caractères sont parfois enlacés; sous le pontificat de Clément II (1046-1047). une écriture allongée. Souvent la suscription n'est précédée d'aucun signe d'invocation, tout au plus d'une petite croix qui, à la fin du x<ï et au commencement du xi<î siècle, est parfois plus grande et parfois remplacée par le chrismon. La suscription précède toujours l'adresse; elle est invariablement sous la forme : A', episcopus, scrvus servonim Dei, elle est presque toujours suivie d'une adresse, qui dans les privilèges dont l'clïet doit être perpétuel, se termine par la formule in pcrpetuum, presque toujours abrégée de la sorte : m /);').
«La teneur se compose ordinairement d'un préambule, d'un exposé et d'un dispositif qui ne donnent lieu à aucune observation; ou y peut noter un style généralement diffus, de longues phrases coupées d'incidentes nombreuses, la liaison des diverses parties les unes aux autres par des conjonctions. Les clauses finales comportent des anatlièmes contre ceux qui violeraient l'acte, la promesse des récompenses éternelles pour ceux qui en assureront la fidèle observation. La disposition et les expressions mêmes de cette clause, que l'on peut faire remonter jus<iu'à
*H. Bresslau. Pupiiiits iiml Pevijajucnt in fier ijapslUchen Kanzlei bis :ur Millv des XI Juhrlutiulerls. ihms Milllit'ilun- <jen des InstH. jiïr œslcrr. Oeschi'-litforscliiin(i, 1888. t. ï\, p. 1-33. — = Monaei. l'rut qneslioiie sulla scrilttira Itolldlii-ti et Sltlla influenza hftzuntina nelbi srrittura délie antiriie boite pontificie, dans Archirindella re(de sne.roni. di slorin pa- Irio, 188.Î, t. vin, p. l>4.')-247; 1880, t. ix, p. 283-284. — ' yianuel de dinlomadqiie. p. »;t>i)-r>72. — ' Original ù la bibliolhétiue de l'erpi^nan. A. lîrufails, Bitlle sur papi/riis
Grégoire 1'', se répètent dans la plupart des bulles; elles ne sont pas encore toutefois fixées en une formule invariable.
<î Depuis le pontificat d'Hadrien I*' (772-795), les bulles sont datées d'une manière particulière. La teneur se termine par une première date de la main du scribe de la pièce; elle commence par la formule : ScripUim per manum, suivie de son nom et de son titre, qui est ordinairement « notaire et scriniaire », et comprend seulement l'indication du mois et de l'indiction. En voici un exemple : Scriptum per manum Theodori notarii el scrinarii sanclie Romanœ ecdesise. in mense oclobrio, indiclione quarla ~. L'acte ainsi expédié était soumis à l'approbation du pape qui ajoutait ou faisait ajouter à la suite, en manière de souscription, la formule Bene valetc. Dans les plus anciennes bulles ce mot est tracé sur deux lignes, en gros caractères, souvent en capitales entremêlées d'onciales et disposés entre deux croix de la façon suiv'ante :