AMA
AMARNA (Tell-el-). Dans le district nommé aujourd'hui Tell-el-Amarna, M. Lepsius a découvert les ruimes d’une ville où un roi de la xvin® dynastie, Aménophis IV, institua un culte exclusif au disque du soleil, et à laquelle il donna le nom de à #10 11% révion de l'horizon du disque solatre. (Voyez Lepsius, Monuments, Ï], 91 et suiv.) On y a recueilli de précieux renseignements sur la vie publique et privée de ce pharaon. — Voyez Amévornis IV.
AMASIS . Prénom Roi
de la xxvi° dynastie. Chargé par Apriès d'apaiser un soulèvement, il se fit nommer roi et le détrôna. Ï couvrit l'Égypte de monuments d'une finesse d'exécution admirable et qui sont son plus beau titre de gloire. Il agrandit le lemple de Sais; à Memphis, il construisit un sanctuaire à Isis et érigea trois colosses de granit devant le temple de Ptah. I fil tailler pour lApis, mort l'an xx de son règne, un magnifique sarcophage en granit rose. [1 vécut en bons termes avec les Grecs, auxquels 11 donna l'hospitalité à Naucratis, dans le nome Saite:
Mais Amasis était un usurpateur. Îl voulut légitimer, après coup, son avénement au trône
AMÉ 23 — en épousant une pallacide d'Ammon, fille de Psamétik I, nommée Ankh-nas-ra-newer-ab. [1 mourut au moment où Cambyse, fils de Cyrus, qui venait de lui déclarer la guerre, s’apprêtait
à envahir l'Égypte.
AME. Les Égyptiens distinguaient l'âme, appelée ba, de l'intelligence, qu'ils nommaient khou; les Grecs établissaient la même différence entre la Yuy» et le vous. Le retour de l'âme dans le corps ramène la vie pour de nouvelles existences. Elle est figurée par un épervier à tête , humaine ® qu'on voit souvent voltiger au-dessus de la momie, dans les textes funéraires 1llustrés, et lui apportant le signe %, qui exprime la vie. Elle représente donc le principe vital. L’armoire À de la salle funéraire du Musée égyptien du Louvre contient de petits monuments en serpentine où la momie, étendue sur son lit, reçoit la visite de son âme, et l'armoire H de la salle des monuments religieux renferme des figurations d'âmes en bois peint.
AMEN-ANKH-NAS. Femme du roi Tout-ankhamen, de la xvin* dynastie.
AMÉNEMHA. Nous connaissons quatre rois
9h : AME
portant ce nom, qui s'écrit ainsi : .
Is appartiennent à la xn° dynastie.
AMÉNEMHA I“. Prénom ( o ( == + | Ra-sho-
tep-het. I régna sur l'Égypte et la Nubie, mais le Delta parait lui avoir été disputé par les Asiatiques, car il fut contraint d'élever une muraille pour arrêter leurs incursions. Une stèle du Musée de Boulaq nous a appris que, dès la vingtième année de son règne, il associa son fils Ouser-
tesen Ie à la couronne, sans doute à la suite ” d’une révolte de palais mentionnée par le papyrus Sallier IL. Du reste, sa mort fut mystérieuse, ainsi que l'atteste un papyrus de Berlin de cette époque, analysé par M. Chabas (Les Papyrus de Berlin, p. 41, note). Un culte lui était consacré, de son vivant, dans la place fortifiée de Ta-to-wr, au sud de Memphis. On connaît, sous le titre de Préceptes d'Aménemha [* à son fils Ousertesen, une composition littéraire due à un scribe de la xix° dynastie, nommé Enna. C’est le papyrus Sallier Î que je viens de citer.
AMÉNEMHA II. Prénom Ra-noub-
kaou. Les monuments nous ont appris peu de
AMÉ 25 choses sur ce roi, qui eut à lutter contre les po-
pulations nubiennes; son prédécesseur l'avait associé à la couronne pendant quatre années.
AMÉNEMHA IIL. Prénom .Cerois'oc-
cupa le premier de régler les inondations du Ni par des moyens artificiels et fit inscrire avec soin, sur les rochers qui bordent le fleuve, les différentes hauteurs de l'inondation. Ces inscriptions se voient encore près de Semné et de Koummé.
C'est lui qui fit creuser le lac Mœris (voyez ce mot), dans le Fayoum, et éleva le fameux labyrinthe, dont M. Lepsius a retrouvé les vestiges, avec des matériaux extraits de la vallée de Hamamat (Lepsius , Monuments, 2° partie, pl. 138 e). H exploita au Sinaï les mines de mawek, métal ou minéral non encore identifié. Un de ses fonctonnaires fait ainsi son éloge : « Son bras est assez fort pour se procurer de l'or à sa fantaisie. H n'y a pas de violence dans le cœur de Sa Majesté. Il à vaincu les nègres, ouvert la terre et parcouru tous les pays à la tête de tous ses guerriers. L'amour du roi est dans le cœur de ses serviteurs et de ses courtisans.» (Monuments de Lepsius, pl. 138 a de la seconde partie.)
régna plus de quarante-trois ans.
26 AMÉ AMÉNEMHA IV ( o =] >] Les monuments
sont muets sur ce règne. Le nom d’Âménemha IV est parfois associé à celui d'Âménemha III (voyez Louvre, stèle C, 7), ce qui a fait supposer que: ces deux rois ont pu partager la couronne pendant un certain temps, ainsi que cela est si fréquent dans l'histoire égyptienne.
AMÉNI-ANTEW-AMÉNEMHA. Prénom |
On ne connaït qu'un monument de ce roi qu'on croit pouvoir classer dans la xi® dynastie; c'est une table d'offrandes trouvée à Karnak et exposée au Musée de Boulaq. Les légendes en sont d'un très-beau stvle.
AMÉNIRITIS. Prénom 2% 555). Nom
LE 11]: Reine de la xxv° dynastie, succéda à
l'Ethiopien Shabaka, son frère, ct épousa le Piankhi, dont le prénom est Ra-men-Kheper. Améniritis était la fille d'un roi également éthiopien, dont nous ne connaissons que le nom, K'ashta, mais elle avait probablement hérité de sa mère le titre de prètresse d'Ammon, qui légitima son pouvoir. Le Musée de Boulaq possède une jolie statue d'albâtre de cette princesse, trouvée à Kar-
uak par M. Mariette et sur laquelle sont martelés les noms éthiopiens de Kashta et de Shabaka.
AMEN - MÉRI-NOUT . Prénom
Ra-ba-ka. Ge roi éthiopien nous est
connu par une stèle que découvrit M. Mariette, à Gebel-Barkal, en 1863; cette stèle raconte que, poussé par un songe qu'il eut, Amen-méri-nout, qui était déjà sans doute un personnage considérable, entreprit de se faire nommer roi d’ Éthiopie et d'Égypte. H se rend à Napata et y est proclamé roi d'Ethiopie par l'oracle d'Ammon; puis 11 conquiert l'Égypte sans rencontrer d’adversaire, et sauf une lutte de peu de durée qu'il soutint victorieusement contre les chefs du Delta. Nous savons, par une date trouvée à Lougsor, qu'il jouit au moins trois ans de son triomphe. Quoique Amenméri-nout doive être placé à l'époque de la dodécarchie, M. de Rougé s est refusé à l’assimiler au fils de la femme de Tahraka, nommé Urdamani, qui, aussi vers cette époque, se saisit momentanément du pouvoir (voyez Mélanges d'archéologie éyyphenne el assyrienne, À, 89 ).
La stèle du Songe a été traduite par M. Maspero dans le numéro de mai 1868 de la Revue archéologique (voir pour le texte Marictie, Monu-
28 ÂAME
ments divers, pl. 7). La lecture du nom d’Amenméri-hout n'a été adoptée que sous réserve, le quatrième caractère étant très-douteux.
AMENMÉSES ({f {119 4 Ÿ |. Prénom
Ra-men-ma-sotep-en-ra. Ce roi de la xix° dynastie est placé par M. Chabas entre Séti II et Setnekht, père de Ramsès IIT. On ne sait rien sur son règne, mais on a trouvé son tombeau dans
la vallée de Biban-el-Molouk.
AMÉNOPHIS. Quatre rois de la xvni° dynastie portent ce nom, qui s'écrit ainsi etse
prononce Amenhotep.
AMÉNOPHIS Î. Prénom Ra-ser-ka.
Aménophis[®, tranquille du côté du nord, puisque les Pasteurs venaient d’être définitivement refoulés en Syrie par son prédécesseur Amosjs, tourna ses armes vers le sud et soumit l’Éthiopie. Îl guerroya aussi contre le peuple inconnu nommé Amou-kehak. Son principal mérite est d'avoir pacifié l'Égypte, réparé le mal causé par les Pasteurs et préparé la gloire de la xvur dynastie. Aussi sa mémoire fut-elle vénérée; il fut l'objet, à Karnak, d'un culte qui subsistait encore à l'époque de Tahraka.
AMÉNOPHIS II. Prénom Ra-aa-khepe-
rou. Une inscription récemment découverte nous apprend que, lorsqu'il succéda à son père Touthmès [IL , il y eut des troubles, une tentative de révolte parmi les Égyptiens. Aménophis IT en triompha et tout rentra dans l'ordre (voyez Chabas, Mélanges égyptolog. 2° vol. de la III partie, p. 304). Son règne fut consacré à maintenir l'immense territoire annexé à l'Égypte par Touthmès ÎIT, ce qui demandait des efforts et un génie militaire non moins grands que pour Île conquérir. Une stèle de Karnak, malheureusement trèsmutilée, relate une expédition en Mésopotamie dans laquelle il sempara de Nimive. Un autre monument raconte que, dans cette campagne, 1 avait massacré, de sa massue, sept rois qui étaient dans la ville de T'akhis (Palestine), et dont six furent pendus devant.les murs de Thèbes.
Aménophis Il contmua les constructions de son père à Amada, et il éleva à Koummé un temple à Noum.
AMÉNOPHIS IT. Prénom ( © $ = |. Ce roi est le Memnon des Grecs, célèbre par cette statue . qui saluait le lever du soleil et qui se voit encore dans la plaine de Thèbes. Des scarabées,
conservés au Louvre et dans plusieurs autres collections, résument parfaitement la gloire militaire de ce pharaon, en disant que son royaume s'étendait de la Mésopotamie au Soudan. Dans son tombeau, à Gournah, il est représenté assistant à l'enregistrement des produits de la récolte, « depuis le vil pays de Kousch (Éthiopie) jusqu'aux frontières de Naharaïn (Mésopotamie). » On lit sur des architraves de Louqsor : « Toutes les nations lui apportent leurs enfants, leurs chevaux, leur or, leurs métaux, leur ivoire; elles ne connaissent plus les chemins qui conduisent à leur pays; le roi s'est emparé d'elles. . . Ses rugissements sont parvenus jusqu au Naharaïn. » Ïl sut en effet conserver les conquètes de ses prédécesseurs en Asie et au sud de l'Égypte, et fut surtout un grand constructeur de monuments, dont les plus importants sont le temple de Lougsor, qu'il éleva à Ammon, le temple de Noum à Éléphantine et un autre temple à Soleb, en Nubie, où il institua un culte à sa propre image. Il était fils de Touthmès IV. Pour les inscriptions relatives à son règne, voyez Lepsius, Monuments, IIT, 71-80.
AMÉNOPHIS IV. Il prit, en montant sur le
trône, le cartouche prénom , puis,
obéissant à un fanatisme dont sa mère Taia (voyez ce nom), qui était de race étrangère, parait avoir été linstigatrice, 1 ne voulut admettre d'autre culte que celui du soleil, représenté par un disque dont les rayons se terminent par des mains; 11 fit marteler sur les monuments existants les noms de toutes les divinités, à l’exception de celui de R4 (le soleil), il mutila les cartouches de ceux:.de ses ancêtres dans la composition desquels entrait le nom d’Ammon, et il transporta sa résidence de Thèbes à Tell-el- Amarna (voyez ce mot), afin d'y donner un libre développement à la religion qu'il venait de fonder. C'est alors quil adopta son second car-
touche
Les tributs qui lut étaient apportés par les Asiatiques et les Ethiopiens, les constructions qu'il fit faire à Thèbes et à Soleb, en Nubie, sans parler de celles de Tell-el-Amarna, prouvent que sa puissance se maintint à la hauteur de celle de ses prédécesseurs. Sa femme se nommait
Newer-t-i-tai. La mémoire d'Aménophis IV i-] fut maudite et son nom fut effacé de la À || liste des souverains nationaux (voyez sur ce règne les Monuments de Lepsius, IF,
91-107, et les Monuments de Prisse). En parcourant ces planches, il est impossible de ne pas être frappé de la laideur inintelligente du pharaon et du servilisme des poses de ses sujets; on ne se sent pour ainsi dire plus en Égypte, et l'on comprend qu'un tel personnage ne pouvait être un réformateur, mais bien plutôt l'instrument d'une volonté ambitieuse qui essayait de saper les institutions nationales. C’est pourquoi ce roi fut traité, après sa mort, comme un étranger, comme un roi illégitime.
AMÉNOPHIUM. L’Aménophium, appelé Memnonium par les Grecs, élait un ensemble de constructions élevées à Thèbes par Aménophis III. I n'en reste aujourd hui que deux colosses, dont l'un, celui du nord, est le fameux colosse de Memnon, et quelques débris parmi lesquels on remarque deux stèles, des restes d'architraves et de colonnes, des fragments de bas-reliefs et quelques statues,
AMEN-SI (ue) Ce nom royal a été découvert à Gournah (Thèbes), par M, Mariette, sur un sceau de pierre calcaire de la même époque et de la même main qu'un autre sceau
portant le cartouche de Raskenen. On estime
qu'Amen-si dut régner à peu près vers le temps de Raskenen II.
ÂMEN-T, déesse. C'est une forme de Maut (voyez ce nom). Son titre habituel est celle qui résue à Thèbes. Elle porte, comme Neit, la coiffure de la basse Égypte Y: et ses mains sont souvent accompagnées du signe de l'eau #4. Elle est le deuxième membre de la seconde triade thébaine, composée d'Ammon générateur, d'Amen-t et de Her-ka. Il ne faut pas la confondre avec la déesse de l’Amenti ou enfer égyptien.
AMENTAKEHAT QT). Épouse du ro:
éthiopien Tahraka, était qualifiée de princesse héritière, et c'est pour absorber ses droits que ce roi la prit pour femme. Lorsqu'il l'épousa, elle était déjà mère d'un fils, qui fut depuis Urdamani.
AMENTI. Un des noms de l'enfer égyptien.
Le sens du mot est répion cachée. Plutarque nous dit, dans le traité d'Isis et d'Osinis, chapitre xxx : «Le séjour souterrain où les âmes se rendent après la mort se nomme Amenthés. »
3h AMM
Ge renseignement est parfaitement exact. C'est l'Occident : « Le soir, dit le chapitre xv du Livre des Morts, le soleil tourne sa face vers l'Amenti ,» et, la vie humaine étant assimilée à une journée solaire, c’est aussi dans l’Amenti que se rend le défunt (sbid. T, 16). Osiris est le seigneur de l'Amenti, et c'est là que, sur son ordre, sont les âmes divinisées (1hid. xvn) après l'épreuve du jugement (1bid. cxxv). C'est pourquoi, sans doute, l'Amenti est appelé : le pays de la vérité de parole (Brugsch, Monuments, IT, 1e), la vérité de la parole étant un attribut divin.
AMMAH Î=—N = est la porte de sortie du séjour des morts. Les chapitres 1x et zxxin du Livre des Morts sont intitulés : Franchir l’'Ament pendant le jour, franchir Ammah, et le chapitre cxv : Sorkr vers le ciel en franchissant Ammah.
AMMON. Ammon était le dieu suprême de la ville de Thèbes, aussi les Grecs l’ont-1ls assimilé à leur Zeus. [l est représenté tantôt assis f tenant le sceptre à tête de lévrier { et le signe de la vie Ÿ, tantôt debout et marchant, vêtu de la shenti, un collier au cou et coiflé de la couronne