MAG
la magie était en grand honneur dans l'ancienne Égypte. Les vivants et les morts avaient des talismans, les uns dans leur parure, les autres dans leur linceul. Le livre funéraire fait continuellement mention des {{[%® Ÿ 57, erichantements, et des LR ® S!, incantations, qui devaient procurer de le grands avantages au défunt. D’aprèsles croyances les plus sacrées, les enchantements avaient eu une part importante dans la résurrection d'Osiris.
« La magie était considérée comme une science divine ou un art sacré, inséparable de la religion, bien qu'elle se confondit entièrement avec ce que nous appelons la magie noire ou sorcellerie; en faire un mauvais usage constituait une sorte de profanation. Les coupables étaient alors jugés d'après les lois sacrées des livres de Thoth et très-probablement par des membres de la caste sacerdotale. » (Th. Devéria, Aup. judic. de Turin.) Voyez Chabas, Pap. mag. Harris; Birch, Sur un papyrus magique, Revue archéol. 1863; Th. Devéria, Catal. des manuscrits du Louvre, p. 171 el suiv.; Maspero, dans le Recueil de travaux relatifs à la plulol. et à l'archéol. éxypt. et assyr. p. 19.
MAGISTRATS. Diodore de Sicile donne de
grands éloges à l'organisation de la justice en Égypte et à l'intégrité des magistrats; cependant l'étude des papyrus nous apprend que des poursuites judiciaires conduites avec négligence ont eu pour résultat de faire condamner des innocents, et nous montre même des magistrats accessibles à la corruption. [1 faut ajouter que ces faits étaient sévèrement punis.
MAHARRAKA (Nubie). Ruines d’un petit temple de basse époque, sans inscriptions, et qui fut transformé en église copte.
MAINS COUPÉES. « Les Égyptiens, dit M. Chabas (Études sur l antiquité hustorique, p. 2ho), paraissent avoir pris l'usage de couper les mains et les membres virils des ennemis tués, à l'occasion de leurs guerres avec les peuples des côtes de la Méditerranée; les textes anciens ne parlent pas de ces inutiles barbaries.» Cependant Ahmès, chef des nautoniers, énumère, dans l'inscription d'El-Kab, les mains coupées qu'il a rapportées et les colliers d’or qu'il a reçus en récompense. Ainsi cet usage remonte au moins aux premières années du nouvel empire, c'est-à-dire bien antérieurement aux guerres maritimes de la x1x° dy-
nastie. (Voyez Description de l'Éypte, À, vol. Il, pl. 12; Champollion, Monuments, tome ll,
pl. 206.) MAINS DE BOIS. — Voyez Casracnerres.
MAISONS. Les maisons étaient construites en brique crue peinte de couleurs claires. Les plus importantes avaient de nombreuses cours et empruntaient aux temples les détails de leur architecture. Le menu peuple, ayant peu de besoins, se contentait de quatre murs avec un toit de branches de palmier, épaissi avec du plâtre et de la terre glaise; une porte et quelques petites fenêtres fermées avec des volets en bois lui suftsaient; c'étaient plutôt des abris contre le soleil, dans lesquels il enfermait ce qu’il possédait, que des maisons comme nous les entendons.
Le plan des maisons de ville et de campagne variait selon le caprice des constructeurs. Quelques-unes des premières comprenaient une série de chambres disposées sur les trois côtés d'une cour plantée d'arbres. D’autres consistaient en deux séries de chambres à gauche et à droite d'un corridor que précédait une cour donnant sur la rue; d’autres en une série circulaire de
chambres rayonnant autour d'une sorte d'implu- “um pavé en pierre, avec quelques arbres, une tente ou une fontaine au milieu. Quelquelois un escalier conduisait de la rue aux chambres.
Parfois plusieurs petites maisons étaient reliées ensemble, le long d'une rue, par une cour commune. Les habitations n'avaient, d'ordinaire, qu'un rez-de-chaussée surmonté d'un ou deux étages au plus, avec une galerie-terrasse pour la sieste. Cette terrasse était parfois surmontée d'une tour. C'est au premier étage qu'on recevait et qu'on couchait. Les maisons des riches couvraient un large espace; quelques-unes donnaient directement sur la rue ou en étaient séparées par une courte allée. Quelques maisons, plus grandes, étaient ‘isolées, avec deux ou trois entrées, et précédées d'un portique que soutenaient deux colonnes ornées de bannerons; de plus vastes portiques avaient une double rangée de colonnes alternant avec des statues. D’autres maisons avaient un escalier conduisant à une plate-forme élevée, avec une entrée entre deux pylônes, comme les temples ; une rangée d'arbres courait parallèlement au front de la maison.
(Voyez Wilkinson, Popular account of the ancient Egyptians, vol. 1; Manners and customs, I], 94,