MAN
MANIFESTATION À LA LUMIÈRE. Le titre du Livre des Morts ÆY 6, per-em-hrou, a été traduit par Champollion, Manifestation à la lumière, et par M. E. de Rougé, Manifestanon au jour.
Th. Devéria, insistant sur le sens exclusif de jour, journée, du mot M$, a proposé Sorte de la journée, parce que ‘la vie humaine était regardée par les Egyptiens comme une journée s0lire, et que sortir de la journée était, selon lui, un ‘euphémisme pour désigner la mort. Enfin.
M. Lefébure pense que ce titre mystérieux signifie sortir pendant le jour de l'hémisphère inférieur ou Âmenti, ainsi que fait le soleil pour y rentrer le soir. Promettre au défunt, au moment où la mort le pousse dans la région souterraine, qu'il en sortira pendant le jour, comme le soleil, cest lui promettre la résurrection. Je crois que cette interprétation doit être défimtivement adoptée.
MANOU 7%. C’est une désignation de l'Ocaident. Dans Manou se trouve un bassin qui reçoit le soleil à son coucher. (Voyez Todienb. \y, hh: cx, 11; Denkmal. IL, 193 a; P. Pierret, Études éxypt. 1, 83.)
MANUSCRITS. — Voyez Paryrus et Osrraca.
Les manuscrits sur peau sont très-rares; il y en a un spécimen au Louvre (salle funéraire, vitrime LM) et un autre au Musée Britannique.
« On trouve parfois aussi des papyrus placés dans des gaînes de peau. Une inscription de Dendérah, publiée par M. Dümichen, semble indiquer que l'usage d'écrire sur la peau existait longtemps avant l'invention du papier de papyrus. » (Th. Devéria, Catal. des manuscrits du Louvre.) (Voyez Birch, On some leather rolls, dans Zaitschr. für
ägypt. Sprache, 1871.)
MAREOTES, nome de la basse Égypte indiqué par M. J. de Rougé (Monnaies des nomes, p. 70) comme correspondant, pour une partie, avec le nome ancien de l'Occident.
MARINE. D’après les représentations que nous en offrent les monuments, d'est difficile d’admettre que les navires égyptiens fussent en état de supporter des navigations de long cours; mais ils étaient propres au combat, manœuvraient à la voile et à la rame, et étaient munis de cordes à crochets pour saisir les embarcations ennemies.
« Dans le tableau de Médinet-Abou (bas-relief du temps de Ramsès III, xx° dynastie), les
barques égyptiennes de guerre ont l'avant et l'arrière de forme symétrique; elles sont terminées, à chaque extrémité, par une tête de lion très-bien sculptée; le mât est unique et porte une seule longue vergue sur laquelle est carguée la voile. Au-dessus du mât et de la voilure est une hune ou niche peu profonde, en forme de cône renversé, dans laquelle se tient une vigie qui.-fait des signaux. On distingue sur les bordages six à douze rangs de rameurs qu'excite, en les frappant avec un bâton, un chef de chiourme courant sur le pont; il est probable que le sculpteur n’a pu figurer, dans les dimensions restreintes de ses tableaux, qu'une partie des rameurs. On sait du moins que les navires égyptiens de toute époque en employaient un bien plus grand nombre. Certaines barques de l'époque des pyramides ont vingt-six rameurs sur chaque bord, et sont néanmoins munies de voilure. Dans ces anciennes barques, au lieu de l'aviron-gouvernail, on voit à l'arrière six matelots manœuvrant de longues rames pour diriger la marche.
e Les Égyptiens des navires sont armés du glaive et de longs javelots ou piques, mais ils combattent surtout avec l'arc et la flèche, comme
l'armée de terre restée sur le rivage. À l'avant et à l'arrière sont postés des officiers qui donnent des ordres et tiennent à la main la large et courte épée. Une partie de l'équipage se baisse le long du bord et recueille des prisonniers échappés des barques renversées ou tombés à l'eau pendant le combat.» (Chabas, Études sur l'antiquité historique.)
Les Égyptiens donnaient, ainsi que nous, des noms à leurs vaisseaux. Ahmès, fils*d'Abna, raconte qu'à la fin de la lutte contre les Pasteurs il fit fonction d'ofhicier sur les vaisseaux Le Taureau, le Nord et le Lever dans Memphis.
Un personnage dont la stèle est au Louvre (G, 77) porte un titre qui peut se traduire par amiral : 11 se ht le supérieur des voiles de la flotte du roi (xix° dynastie).
MARTELAGE DES CARTOUCHES. Quelquesunes des rivalités politiques, quelques proscriptions dictées par le fanatisme ont laissé leur trace sur les monuments. Plusieurs noms de rois ont été effacés, martelés avec acharnement partout où ils avaient été gravés, non, comme on la cru, en exécution du fameux jugement populaire auquel les rois étaient soumis après
leur mort (ce jugement populaire est une des fables les plus absurdes qui aient été débitées sur l'Égypte), mais par l'ordre de certains pharaons, soit par jalousie, par haine politique ou pour faire oublier le nom de quelque usurpateur, soit par quelque motif religieux, soit enfin par simple vanité, pour s'attribuer le mérite de monuments construits par d'autres. Ce fait s’est produit à toutes les époques; il était dans les habitudes égyptiennes. De nombreux monuments de la xiu° dynastie ont été usurpés par des rois de la xvin° et de la xix° (le colosse et les deux sphinx du Louvre, À, 21, 25, 24, sont dans ce cas); Ramsès ÎT n'eut, à cet égard, aucun scrupule; on ne saurait compter les monumerits qu'il sest appropriés en regravant, à une très-grande profondeur, ses cartouches sur les cartouches de rois antérieurs. Le nom du roi Ai, de la xvin° dynastie, a été martelé sans doute pour cause d'illégitimité. Aménophis IV, qui proscrivit le culte d’Ammon pour y substituer l’adoration du disque solaire, fit effacer partout le nom du dieu thébain et les cartouches formés avec ce nom. Le cartouche du roi Séti a élé martelé parce qu'il comportait le nom abhorré du dieu Set. Thouthmès Il fit marteler, à