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du profil, et quadrillés à cet effet. (Catal. de Boulag, p. 204.) On peut voir deux petits monuments analogues au Louvre, salle civile, vitrine V.
MoERIS (Lac). Chacun sait ce qu'était le lac Mæris, creusé pour recevoir le trop-plein de linondation du Nil et pour parer aux crues Imsuffisantes. C’est à un roi de la xu° dynastie, Aménembha IT, que sont dues la conception et l'exécution de cette œuvre gigantesque, attribuée par les Grecs à un roi Mœæris, qui n'a jamais existé; ils ont pris pour le nom d'un roi le mot mer où mert, ra, qui signifie lac. La province qui contenait le lac Mæris, le nome Arsinoïtes, était appelée en copte chiot, la mer, nom conservé dans l'appellation arabe Fayoum.
Mois. Les douze mois de l’année égyptienne étaient divisés en trois tétraménies: voici leurs noms coptes, que la langue arabe a conservés :
Tétraménie de l'inondation : Zhoth, Paoph, Athyr, Chotak ;
Tétraménie de Vété : Tybr, Méchir, Phamenoth, Pharmouthi;
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Tétraménie de l'hiver : Pachons, Payn, Eprplu, Mésori.
Quant à l'expression hiéroglyphique de chacun de ces mois, on la trouvera aux mots Taors, Paopni, etc.
Le mois était lunaire; il se composait de trois décades, dont le premier jour était fêté en l'honneur des morts.
Moisson. — Voyez Acricurure et BLé.
MOLETTE. Les Égyptiens se servaient, comme nous, de molettes pour broyer les couleurs : on peut en voir une au Louvre, salle civile, vitrine Z ; elle est en porphyre et encore imprégnée d’un très-beau bleu.
MOMIES. Malgré les rapprochements qu'on a essayé de faire avec le copte, il est difficile d'admettre que ce’mot soit d'origme égyptienne; il ne nous est connu que par l'arabe Le, mumyd.
M. Mariette a constaté des différences notables entre les momies de Memphis et celles de Thèbes : « À Memphis, dit-il, les momies sont noires et si desséchées, qu'elles se rompent sous le moindre effort. A Thèbes, elles sont étror
lement et minutieusement enveloppées dans leurs bandelettes; les corps sont jaunes et un peu luisants; les ongles des pieds et des mains sont teints en henné; les membres ont conservé une flexibilité remarquable et se ploient sans se briser; sur les meilleures d'entre elles, le doigt s'enfonce encore dans la chair. Selon l'habitude de tous les temps, la main gauche est ornée de quelques bagues et scarabées. » Le même savant a remarqué aussi qu'aux dernières époques r les momies deviennent noires, pesantes et ne forment avec leurs bandelettes qu'une masse compacte qu'on ne briserait pas sans le secours d'un instrument.» Cela tient sans doute à ce qu'elles étaient imprégnées de térébenthine de Judée, qui pénètre profondément les tissus et.les os et rend les corps très-lourds et difficiles à rompre.
Les momies memphites étaient souvent remplies d'amulettes et de scarabées. À côté de la momie, ou entre ses jambes, étaient déposés quelquefois, dans le cercueil, des papyrus (exemplaires du Livre des Morts); plusieurs de ces manuscrits ont été trouvés à demi déroulés et étendus de la tête aux pieds du cadavre, pardessus les bandelettes.
L'attitude du corps est très-variable. Le plus
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ordinairement, les bras sont étendus le long du corps ou croisés sur la poitrine; mais on a trouvé des femmes dans la pose de la Vénus de Médicis, ou voilant de leurs deux mains les organes sexuels.
La peau des momies est généralement d'une couleur noirâtre, qui résulte des procédés d'embaumement, mais, ainsi qu'on l'a vu plus haut, on en a trouvé dont la peau lisse et tendue avait presque retenu la couleur naturelle, bien qu'alfectant une teinte safranée.
L'usage de la momification ne paraît pas remonter au delà de la xi° dynastie; 1l a duré jusqu’au vi‘ siècle de notre ère. — Voyez Banvr- LETTES, ÉMBAUMEMENT, CERCUEILS, SARCOPHAGES.
(Voir au Louvre l'armoire H de la salle funéraire. )
Voici des détails on ne peut plus authentiques sur l'aspect de la momie d'un roi antérieur aux . Pasteurs; ils sont tirés d’un papyrus judiciaire (papyrus Amhurst) que M. Chabas vient de traduire; c'est un récit d'Égyptiens qui avaient pillé une tombe royale : « Nous ouvrimes les cercueils et les coffres funéraires dans lesquels ils étaient. Nous trouvâmes la momie auguste du roi, qui était près de la Khopesh divine, et un nombre
considérable de talismans et d’ornements d’or étaient à son cou. La tête était recouverte d'or par-dessus, et la momie auguste du rai était entièrement garnie d'or. Les cercueiïls étaient revêtus d'or et d'argent en dedans et en dehors, et couverts de toute espèce de pierreries. »
Cet inventaire d'époque pharaonique nous fait voir combieu de précieuses reliques nous a sans doute dérobées la eupidité des premiers fouilleurs dans tant d'autres sépultures.
MONDE. L'expression rot des deux mondes appliquée au pharaon, que l'on rencontre souvent dans les traductions, désigne la domination sur
les régions du Nord et les régions du Sud. (Voy. supra, p. 118.)
MONNAIE. Les Égyptiens n'avaient pas de monnaie coulée ou frappée, de monnaie à empremte, comme celle qu'employèrent plusieurs peuples de l'antiquité classique, mais 1ls possédaient un signe conventionnel d'échange, l’outen de bronze, pesant 91 grammes. « L’outen métallique était un fil reployvé sur lui-même, de la forme = où æ. En rognant avec précaution
un anneau de cette espèce, on arrivait très-faetlement à lui donner le poids exact conventionnel. Telle a été la forme primitive de les rude des anciens Égyptiens; mais le nom d’outen étant devenu l'expression habituelle de lidée lourd, pesant, on l'appliqua par la suite à des poids de toute espèce de forme. » (Chabas, Hélanges, IT, 224.)
Des anneaux d'or, des matières précieuses étaient reçus en payement. On voit à EI-Kab une vente de grains effectuée contre des anneaux d’or que l'on pèse dans une balance. Sous Ramsès XIT, des gardiens de tombeaux furent payés en pierreries.
M. J. de Rougé, qui a tout spécialement étudié les inscriptions géographiques, a tiré un heureux parti de l'examen des monnaies frappées au nom de quelques empereurs romains dans les différents nomes de l'Égypte; il en a déduit des identifications nouvelles, très-importantes pour la connaissance de la géographie antique. (Voyez
Monnaies des nomes de l'Egypte, 1873.) MONOTHÉISME. — Voyez Diviniré.
MONSTRES. On voit à Beni-Hassan, daus
une scène de chasse, une espèce d’once qui porte sur le dos une tête humaine coiffée à l'égyptienne et munie d’une paire d'ailes. « Une collection de monstres encore plus merveilleux se voyait au tombeau de Menhotep. En voiei la nomenclature : |
e Lesak T7 W aux nombreuses mamelles triangulaires, avec tête d'épervier, queue droite, développée en palmier; il avait les pattes de devant semblables à celles du lion; celles de derrière comme les jambes du cheval. Get 1chthyothère était supposé d'humeur assez douce, car il est couvert d'un caparaçon bariolé et le cou lié d'un large collier, auquel est attaché un lien pour le conduire. |
« Le sha tt, quadrupède à longues oreilles carrées, avait la queue semblable à celle du sak. |
« Le sedja Nl. quadrupède à tête de serpent; était muni d'une queue de lion.
«Le safer N° était un quadrupède à tête d'épervier, avec une queue de lion et deux puissantes ailes au dos. On a trouvé ailleurs l'oryx ailé et une espèce de martchoras ou de griflon à tète humaine. Tous ces animaux appartiennent évidemment à la famille d'où sont issus
les griffons gardiens de l'or, les hippogriffes, les dragons de trente coudées qui prenaient les taureaux et les éléphants, la gorgone et le catablèpe ressemblant à une brebis sauvage, ayant l’haleine infecte et tuant du seul regard de ses yeux. » (Chabas, Antiquité historique, p. 392.)
MONT ou MONTH. — Voyez Menroc.
MONUMENTS. Voici une liste des principales publications consacrées à la reproduction des monuments : Burton, Excerpta heroglyphica. Le Caire, 1828, in-4°. — Champollion, Monuments de l'Égypte et de la Nubie, Paris, 1833-18h5, in-fo. — Sharpe, Esypnan inscriptions from the Brinsh Museum, London, 1837, in-f. — Leemans, Monuments égyphens du musée d'antiquiiés des Pays-Bas, Leyde, 1839-1874, inf. — Lepsius, Auswahl der wichtipsten Urkunden des ägyphschen Alterthums, Leipzig, 18ha, in-f. — Champollion, Notices descriptives, Paris, 1 844 el 1873, in-4°., — Prisse d'Avennes, Monuments égyptiens, Paris, 1847, in-f. — Lepsius, Denkmäler aus Æpypten und Ethomen, Berlin, 1850- 1858, in-f, 12 volumes. — Brugsch, Recueil de monuments évyptiens, Leipzig, 1869, in-b°.
— Dümichen, Geographische Inschrifien aliägypüscher Denkmäler, Leipzig, 1865 ,in-4°; Kalenderimschrifien, Leipzig, 1866, m-f; Historische Inschnifien, Leipzig, 1867, in-f, 2 volumes: Tempel Inschrifien, Leipzig, 1867, inf. — Épypte el Nube, atlas photographié de sites et monuments, par F. Teynard, Paris, 1858, in-f. — A. Mariette, Album photographique du Musée de Boulaq; Foulles d'Abydos, Paris, 1860, in; Temple de Dendérah, Paris, 1870-1874, L vol. in; Monuments divers, Paris, 1872-1875, in-f, 12 li- Vraisons.
MORALE. Les Égyptiens étaient doux, bienveillants et charitables. On peut se faire une idée de leur honnèteté naturelle par quelques extraits de la déclaration que prononce Île défunt . devant le tribunal d'Osiris, au chapitre exxv du Livre des Morts : « Je n'ai pas fait maltraiter l’esclave par son maïtre. Je n'ai fait souffrir la faim à personne. Je n'ai pas fait pleurer (ligne 6). Je nai ni tué ni fait tuer traîtreusement. Je n'ai menti à la face d'aucun homme (ligne 7). Jenai pas écarté le lait de la bouche de l'enfant. Je ne me suis pas emparé du bétail dans son pâturage (ligne 9). Je n'ai pas eu commerce avec femme :
mariée (ligne 14). Je n'ai pas fer mé l'oreille au langage de la vérité (ligne 19).
On a souvent cité ce passage d'un autre formulaire : «J'ai donné du pain à celui qui avait faim, de l'eau à celui qui avait soif, des vêtements à celui qui était nu.»
Ce sont là des principes très-élevés qui ont lieu de surprendre chez un peuple asservi par le despotisme le plus rigoureux.
On connaît plusieurs traités de morale : les Maximes de Plah-hotep, ou papyrus Prisse, don M. Chabas a publié une analyse en 1858, dans la Revue archéologique; les Maximes du scribe An (papyrus de Boulaq), interprétées par M. Brugsch et M. de Rougé, et dont M. Chabas reprend en ce moment la traduction en sous-œuvre, dans son journal l'Épyptologie. J'ai moi-même publié et traduit (Recueil de travaux relatifs à la phbloge et à l'archéologie égypt. et assyr. 1870) une partie d'un papyrus démotique du Louvre contenant quelques préceptes parmi lesquels on remarque les suivants : « Ne tue pas; c'est t'exposer à te faire tuer. Ne fais pas ton compagnon dun méchant homme. Qu'il ne t'arrive pas de maltraiter un inférieur; qu'il t'arrive de respecter des vénérables. Qu'il ne t'arrive pas de maltraiter
ta femme, dont la force est moindre que la tienne; qu'elle trouve en toi son protecteur. Ne maudis pas ton maître devant la divinité. Ne pas sauver sa vie aux dépens de celle d'autrui. Ne laisse pas ton fils se lier avec une femme mariee. »
Mort. Selon les termes mêmes d'une formule qui revient constamment dans les inscriptions funéraires, les Égyptiens aimaient la vie et déteslent la mort. [ls savaient apprécier la sérénité de leur climat et la fertilité de leur sol. Aussi avaient-ils soin d’écarter l'idée de la mort; le mot n'est presque jamais prononcé dans les textes. La fin de l'être, l’anéantissement était considéré comme le châtiment suprême des méchants; les justes ne descendaient dans la tombe que pour s y préparer à de nouvelles existences. La région infernale est la terre des vivants; dans les inscriptions tumulaires, le nom du défunt est souvent suivi de l’épithète |Ÿ, revivant.
MORTIERS. Wilkinson (Manners and customs, l, 180) pense qu'il y avait, dans les villes de l'ancienne Egypte; comme actuellement au Caire, des boutiques où l'on faisait piler Les subs-