‹ Dictionnaire d'archéologie égyptienneChapitre 285 sur 289 · VEA · texte numérisé non relu

VEA

panégyrie célébrée par un roi; ils ne sont pas rares sous la v° et la vi° dynastie; leur matière est l'albâtre (voyez Louvre, salle historique, n® 346 à 349). Pour les vases à eau lustrale, voyez SEAUX À LIBATIONS. (Consulter sur ce sujet Wilkinson, Manners and customs, 1, 343; HI.

268 ; V, 366; Champollion, Monuments, pl. 167, 181, 191; Prisse, Histosre de l'art égypten.)

VAUTOUR. Le vautour est le symbole de la maternité; il sert à écrire le mot mère, ainsi que le nom de la déesse thébaine Maut, qui joue le rôle de récipient dans la cosmogonie religieuse des Égyptiens. La déesse Nekheb ou Heben, qui symbolise la région du Sud, est représentée sous. la forme d'un vautour. Un vautour sur une corbeille désigne la souveraineté sur Île

Midi.

VEAU. Dans la scène des funérailles du chapitre 1* du Livre des Morts, un veau bondit devant sa mère. M. de Rougé y voyait un emblème de la renaissance promise au défunt; e est peutêtre au même symbolisme que se rattache Îa représentation de Karnak, où Philippe Arrhidée offre à Ammon des veaux de quatre couleurs.

Le nom du veau est, en hiéroglyphes, #,, ountou, et fl, hes; en copte il se dit 242C, mot qui signifie en même lemps giga, part, nasci.

VERBE. Les verbes abstraits sont: & pu, | — ar, \Y au, un (être), $ — kheper (devenir).

Les verbes auxiliaires sont : æ- ar (faire), =

rla, 41 t, 7; ma (donner).

Ce n’est que pour. se faire comprendre des étudiants que les rédacteurs de grammaires hiéroglyphiques ont adopté, pour le verbe égyptien, la classification en temps et en modes à laquelle nous sommes habitués; notre appareil grammatical ne saurait correspondre exactement à celui des habitants de Thèbes et de Memphis. Voici quelques indications générales :

Voix active. Le présent de l'indicatif se forme en fixant le e sujet. nom ou pronom, au thème

verbal : "27, 1l sait.

Le parfait se marque en insérant la particule … entre le verbe et le sujet : 41177, il a donné.

Le futur s’indique par l'insertion de — entre un auxiliaire et le verbe : 1h 7 — % À, nous écouterons, mot à mot, nous sommes à écouter.

L'impératif n ne se distingue pas toujours du , présent : + “2, tu sais ou sache.

‘560 VÉR L'optatif est marqué par gl, mai; Al

Æ n,quil marche.

” Le plus-que-parfait s'indique quelquefois en intercalant entre le verbe et le sujet : Îl ; "C{:—, lorsque fut venue Sa Majesté; le conditionnel par l’auxiliaire | —, ar, précédé de la particule ©, kher: 1-8, situ le laisses vivre, mot à mot : or étant que tu le laisses vivre.

L'infinitif se rend par le thème verbal pur et simple ; le gérondif par le thème verbal précédé de «= OÙ »m, OÙ @1, où —; le participe, en y ajoutant ], où 14, ou 2, où A: SU, {1 sachant. |

Voix passive. Le passif est noté par le participe ie précédé ou non de l'auxiliaire AY:

1e! =, toutes tes paroles sont entendues ; EN Ce = Le» !l est renversé. On tourne quelquefois par l'actif : #t,°,h1% LL, on reçoit ton âme, au lieu de ton dme est reçue. (Voyez Birch, Hieroglyphic Grammar, p. 646-673; Brugsch, Grammaire hiéroglyphique, P- 36-72 ; ; Maspero, Des formes de la conjugaison en égyphen, en démotique et en copt; E. de Rougé, Chrestomathse,

3° partie; sous presse.)

VÉRIDIQUE, traduction approximative de l’ex-

pression [], qui signifie proférant la vérité. — Voyez Ma-xuerov et Vérité.

VÉRIFICATEURS, agents chargés d’inspecter les édifices, de procéder à la reconnaissance des terres conquises en pays étranger et de constater les violations de sépultures. Îls étaient nommés % h } TT Yh, riouou. (Voyez Chabas, Pap. Abbott, p. 170.)

VÉRITÉ. — Voyez Ma. La vérité joue, dans la religion et dans la morale égyptienne, un rôle des plus importants qui me parait avoir été parfaitement saisi par M. Grébaut (Hymme à Ammon-Ra, du musée de Boulaq; Mélanges d'archéol. épypt. et assyr. Ï, 249). D'après ce savant, elle exprime le triomphe du bien sur le mal, l'harmonie de l'univers sauvé du chaos et maintenu chaque jour en équilibre par la course du soleil. « La lumière, dit-11, est l’imstrument dont le dieu se sert pour communiquer à la matière inerte cevrat dont il est la source unique. Comme, en venant dans son soleil pour vivifier le monde et lui apporter la vérité, il le divise en deux régions (voyez ci-dessus, p. 372), la vérité est

double : 11 y a ma du Midi et ma du Nord. La

double vérité est identifiée quelquefois avec les deux yeux du soleil, desquels jaillit la [lumière du Midi et la lumière du Nord. Dès que le soleil a franchi la région orientale, le règne de la vérité commence. »

L'Etre unique est le principe et la source du vrai ="; de même que son disque émet la lumière, sa bouche émet la vérité, 1l est le vrat de parole [1]. L'élu égyptien, purgé de toute souillure et ennemi du mal, exprime son assimilation au bon principe, sa déification, en disant qu'il possède la vérité, qu'il fait la vérité, qu'il profère la vérité; il est {].

Je ne crois pas inutile de rapprocher de cette conception du vrai les paroles suivantes d'Hermès Trismégiste (IV, 9) : « Ne regarde comme vrai que l'éternel et le juste. L'homme n'est pas toujours, donc il n’est pas vrai; l'homme n'est qu'apparence, et l'apparence est le suprème mensonge... Quelle est la vérité première?

Celus qui est un et seul.»

VERRE. La fabrication du verre remonte à une époque très-reculée ; on remarque, en effet, dans les peintures de l’ancien empire, de nombreux modèles de vases à ondulations, aux cou-

leurs les plus variées. « Les Égyptiens employaient le verre et l'émail à l'embellissement des temples et des palais, qui étaient pavés de carreaux brillants du plus vif éclat. La nature avait ouvert cette voie au génie égyptien en plaçant à profusion à la portée de l'Egypte le sable du désert, . le mitrate et les cendres de kali, matière première dont le verre est composé. On ne doit pas être surpris si la petite verroterie et tous les objets utiles ou de fantaisie qu'il était possible d'en fabriquer se retrouvent en très-grande quantité dans les ruines de l'Égypte. On y fabriquait encore du faux jayet avec la scorie des métaux, et ils en connurent les oxydes, notamment ceux du fer, du cuivre, du plomb et de Fétain, sans lesquels ils n'auraient pu réussir à faire les verres et les émaux colorés, à incruster les pierres précieuses; aussi les ouvrages en verre furent-ils compris par Auguste, avec le blé et le-froment, dans la liste des produits que l'Égypte devait payer à. Rome, comme tribut. La fabrication des vases murrhins occupait, à Thèbes, plusieurs manufactures. Arrien les mentionne expressément dans son Périple; les fragments de matières vitreuses coloriées abondent dans les ruines égyptiennes; des vases imitant le spath-

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