‹ Dictionnaire d'archéologie égyptienneChapitre 89 sur 289 · DAR · texte numérisé non relu

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roi Rhampsinite et le jeu de dames; Rosellini, Momements, GXXIT, £. 3 ; Burton, Excerpt. Merogl. X|; Wilkinson, Manners and customs, Il, Lao; Lepsius, Denkmäl. 3, 208 a.)

DANDOUR (Nubie). Petit temple inachevé, de l'époque d'Auguste. (Voir Ghampollion, Notices descript. p.138.)

DANSE. Des monuments de Thèbes et de Memphis représentent des danseurs et des danseuses d'Égypte exécutant des pas gracieusement variés. Les pirouettes, les balancements, les ronds de bras, les entrelacements de mains, toutes les diverses attitudes qu'ils prenaient et qui sont exprimées hiéroglyphiquement étaient rhythmées par le jeu des instruments ou par le simple claquement des mains ou des castagnettes. (Voyez Wilkinson, Manners and cusioms, Il.

329 et suiv.)

DARIUS. Darius I", fils d'Hystaspe, est le seul des trois Darius qui figure -sur les monuments. Lorsqu'il prit la direction du vaste empire des Perses, l'Égypte, jointe à une parte de la Libye, en formait une satrapie. Les Égyptiens

ne paraissent pas avoir eu à se plaindre de sou

administration. Son nom s'écrit (A ]-»« 1 1 A titi

Antarouash, et 1 prit le prénom

Atmé d'Ammon-Ra.' Ï1 termina le canal unissant le Nil à la mer Rouge, commencé par Nékao II.

DATIF. Le datif est indiqué par les particules

pan ; ÿ 1, = 7T, \ nm.

DÉBOUD (Nubie).Templeinachevé, commencé

par le roïéthiopien (11 #£ ni), 4d-

jakheramen et continué par Auguste et Tibère. (Voyez Champollion, Notices publiées, 1, 155.)

DÉCANS. Les Égyptiens partageaient le mois en trois séries de dix jours, à chacune desquelles présidait un astre appelé Décan. Les noms des trente-six décans, déjà donnés en grec par Héphestion, ont été retrouvés dans les hiéroglyphes. M. Lepsius en a publié cinq listes (Chronologie, p. 68, 69; voyez aussi Brugsch,

© Monuments, pl. xix).

DÉCHIFFREMENT (Histoire du). Ath. Kircher, au xvir siècle, est le premier qui ait ha- 19,

sardé des traductions d'inseriptions, hiéropiy- phiques; mais ses interprétations manquaient de base scientifique. Croyant que les hiéroglyphes n'étarent que des signes d'idées; ‘il donna un trop libre cours à son imagination, et sa tentative fut comme non avenue. À la fin du siècle dernier, Warburton et Zoëga eurent le mérite de pressentir le rôle phonétique dés hKkroglyphes; à Zoëga revient l'honneur d’avoir deviné que, dans l'encadrement appelé cartouche ©, étaient inscrits les noms royaux. En 1790, pendant l'expédition de Napoléon en Égypte, uñ officier français, M. Boussard, fit, en dirigeant des travaux de fortification à Rosette. la découverte d'une pierre couverte d’une inscription tracée en irois écritures, savoir : |

Hiéroglyphique (langue égyptienne sacrée);

Démotique (langue égyptienne vulgaire):

Grecque.

Le texte grec, placé en dernier, annonçait que le décret gravé sur la pierre était transcrit en langue égyptienne et grecque. On .espéra donc, par la comparaison des trois écritures, jeter les bases d'un système de déchiffrement. Malheureusement la pierre était tellement tronquée et mutilée, qu'il v manquait et'le com-

medcement-de l'insctiption hiétoglyphique et la fn de l'inscription grecque; de là de grandes hésitations dans la confrontation des textes. Les premiers: efforts:se: portèrent sur la texte démo tique; lesseul des:trois qui fût complet. Les noms de Ptotémée, de Bérénice et d'Alexandre furent déchifféés :par S, dé Sacv. Le Suédois Akerblad , étant parvenu à décomposer ces .groupes, put, à l'aide ‘des: lettres qui les formaient, lire ‘un certain nombre ‘de mots dont explication était iournté par la langue eopte, et dresser un alphaliet. Th: Young, prenant pour point de départ lalphabet d'Akerblad, conclut, du fait. de Fexistence . d'ud. alphabet dans l'écniture vulgare, -à ‘la pesabilité. d'un alphabet semblable employé. dans: les léroglyphes pour écrire les mots :étranpers.-

e Mis, dit M. EH. de. Rougé; à. qui je laisse la parole. de. cètte:idée si ingéniguse cet si jnste en elle-même, il ne sut, tirer aucun parti. N'ayant pu supæ:les règles qui avaient été. suivies dans l'écriture de ces noms propres, 1l manqua -complétement. l'analyse du cartouthe de Ptolémée. Si l'en .ajoute, à cette première idée d’un al- Phabet.sacné, des. progrès asser notables dans 14 connaissancé de: l'écriture vulgaire; la: part

d'Young sera faite avec justice. Le peu de place que sa méthode tient dans la science hiéroglyphique se prouve clairement par sa stérdité; elle ne produisit pas la lecture d’un seul nom propre nouveau, et l'on peut affirmer hardiment que tous les sceaux du livre mystérieux. étaient encore fermés lorsque Champollion étendit la main pour les briser.

«Young n'avait reconnu que deux sortes d’écritures; Champollion en distingue trois dans les manuserits, et 11 détermine immédiatement leurs principaux caractères. Î1 reconnaît d'abord l'enchainement qui lie les hiéroglyphes signe par signe avec une très-ancienne abréviation : cursive qu'il nomme l'écriture hiératique. 1 signale les différences plus tranchées qui séparent de celle-ci l'écriture vulgaire ou démotique, et c'est lorsqu'il a la mémoire toute pleine de ces formes diverses et de l'esprit même de ces textes encore imeomipris, qu'un nouveau pont de comparaison vient tomber entre ses mains : l'obélisque de Philæ lui est communiqué.

« Assistons au travail qui va se faire dans cet esprit si pénétrant, cest un des spectactes les plus dignes d'occuper notre attention. Champollion aperçoit un nouveau cartouche : une ins-

cription grecque couvrait la base où l'obélisque avait été érigé; elle nommait la reine Cléopâtre. Champollion, devançant les preuves, admet la simultanéité des deux inscriptions et se trouve ainsi en possession d'un cartouche égyptien au nom de Cléopâtre. Trois consonnes et une voyelle étaient communes à ce nom avec celui de Ptolémée, à savoir : le P, le T, TL etl'O. Or les quatre figures se retrouvaient identiques et à leur place convenable dans les deux cartouches ainsi rapprochés. La preuve était décisive, et le principe d'un alphabet hiéroglyphique appliqué au nom des rois grecs était complétement démontré. Il faut voir, dans la lettre à M. Dacier, avec quelle impatience Champollion cherche et trouve aussitôt la contre-épreuve de sa découverte, et les noms de Bérénice, d’Alexandre, de César, de Tibère, de Trajan et d'Hadrien viennent, à l'envi, compléter son alphabet. L'absence des voyelles brèves avait égaré Young dans sa tentative de déchiffrement; Champollion, loin de s’en étonner, reconnaît aussitôt dans cette particularité l'application du principe qui régit toutes les écritures sémitiques. Mais une grave difficulté s'élève tout aussitôt : cerlames lettres étaient représentées quelquefois

par des signes différents. H y avait certainerhent là de quoi faire avorter Île nouveau système entre les mains d'un autre homme que Champollion; mais, pour lui, cet obstacle ne produit qu'un choc léger d'où va jaillir ane lumière mattendue. [ pose le principe des homophones, c'est-à-dire . de l'emploi libre, dans l'écriture, de diverses figures possédant la valeur de Îa même articulation, et ses longues études comparatives sur Îles manuserits lui permettent d'apporter des preuves. matérielles de son assertion. | « La découverte des lettres égyptiennes employées pour écrire les noms étrangers n'était qu'un premier pas; ü suffit à Champollion pour ouvrir toutes les portes de l'écriture sacrée. À l'aide de ses nouvelles lettres hiéroglyphiques, il lit quelques mots de l'inscription de Rosette; le sens lui en est connu par le texte grec, l'interprétation de ces mots se trouve tout naturekement dans la langue copte, et l'antique idiome de l'Égypte est amsi déterminé.

« Leslettressont répandues dans l'écriture hiéroglyphique au milieu des images ou des symboles, et souvent les signes de tes deux natures st différentes sont groupés ensemble pour éerire

un même mot. Des combinaisons variées permettaient à l'hiérogrammate de joindre les sons aux:symboles, et de présenter tout à la fois aux yeux et à l'oreille du lecteur une vivante expression de la pensée. Champollion a déployé une incroyable sagacité dans la poursuite des lois qui réglaient ces combinaisons.

« Après avoir déterminé, soit par le témoignage des auteurs, soit par la traduction grecque du décret de Rosette, le sens d'un grand nombre de symboles, il étudie de plus près le texte des hymnes funéraires, cent fois répétées dans les papyrus. Ï s'aperçoit que les symboles y étaient souvent remplacés, à la volonté de l'écrivain, par des mots écrits alphabétiquement; il note ces variantes, reconnaît toutes leurs règles et en déduit les principes qui présidaient à la compoation des textes hiéroglyphiques. »

L'alphabet laissé par CGhampaoilion péchait par la confusion des époques; des. caractères exceptionnellement employés dans les temps de décadence y tenaient une place trop importante. M. R. Lepsius émonda cette liste trop touflue, la réduisit aux signes essentiels et institua un juste système de transcription. M. Hincks détermina ka valeur des signes svllabiques. M. Birch en-

treprit le premier, avec un rare honheur, des traductions complètes de textes hiéroglyphiques, et M. Brugsch jetait les bases du déchiffrement de l'écriture démotique, sur laquelle s'était déjà exercée la sagacité de M. de Saulcy, lorsque M. E. de Rougé maugurait, dans son Mémoire sur Ahmèés-st-abna (voyez ce mot), l'excellente méthode d'interprétation qui a fait sa gloire. M. Chabas, guidé par le même esprit de critique, n'a pas peu contribué, par ses beaux travaux, aux progrès du déchiffrement. De nombreux adeptes s'élancèrent dans la voie ouverte par ces vaillants pionniers : ce sont MM. Mariette, Devéria, Goodwin, Le Page Renouf, Pleyte, Lieblein, Ebers, Lauth, Reinisch, Unger, Maspero, 3. de Rougé, de Horrack, Baillet, Lefébure, Eisenlohr, Grébaut, Pierret, etc., et aujourd'hui l'accès des études égyptologiques est singulièrement facilité par la publication d'une grammaire due à M. E. de Rougé, et d'un dictionnaire, dont M. Brugsch est l'auteur.

DÉCLINAISON. En égyptien, la déclinaison ne s'effectue pas, comme dans les langues aryennes, par le changement des terminaisons, mais par des particules établissant les rapports

DÉC 179 des noms. — Voyez Nommarir, Génirir, Dani, Locarir, Accusarir, ABLAïTIr.

DÉCORATIONS. La principale décoration par laquelle les rois récompensaient les services éclatants est celle du collier d'or. À ce collier étaient parfois attachés deux lions et deux mouches (voyez Champollion, Noices, p. 528), ce qui a fait admettre l'existence d'un ordre de la Mouche et d'un ordre du Lion. Je ne connais pas de texte qui parle de la décoration de la Mouche; mais plusieurs fonctionnaires de la xvin° dynastie se vantent d'avoir reçu la récompense du Lion d'or.

La décoration du collier, accompagnée du don de l'anneau, ainsi que cela fut fait pour Joseph (Genèse, xui, 2), fut accordée par Aménophis IV à l’un de ses fonctionnaires. (Lepsius, Denkm. 103,105, 108, 109.) — Voyez Couuer.

DÉCRET DE CANOPE. — Voyez Canors.

DÉCRET DE PTAH. Nom donné à une stèle du temple d'Ibsamboul, contenant une longue allocution de Ptah-Totounen à Ramsès II. (Lepsius, Denkmäler, NI, 1:94.)

180 DÉM DÉCRET DE ROSETTE. — Voyez Roserre.

DEÏR-EL-BAHARIL. Le temple de Deïr-el-Bahari, bâti en pierre ealcaire par la reine Hatasou, s'étage sur une montagne dont le versant opposé ‘aboutit: à la vallée des Rois, à Thèbes. On y arrivait par une allée de sphinx, aujourd'hui détruite, et son entrée était annoncée par deux obélisques, dont il ne reste que les bases. Les cours de ce temple se. superposaient sur la montagne et étaient reliées par des rampes en pente douce. Get édifice, qui fut ‘abandonné de bonne heure, porte la représentation de la campagne de la reine Hatasou dans le pays de Pount, en Arabie. (Voyez Dümichen, die Flotte einer ægypt. Kœnginn et Histor. Inschrifien, Zæeue Folye.)

DEÏR-EL-MEDINEH. Petit temple situé près de. Medinet-Abou. Il à été commenté par Ptolémée Philopator et achevé par ses successeurs.

DÉMOTIQUE. L'écriture démotique est dérivée de l'écriture hiératique, première abréviaton de l'écriture Méroglyphique. On la voit se former sous la xxv° dynastie (règne de Tahraka); elle était employée pour les actes civils; les dé-

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