‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 58 sur 276 · HEB · texte numérisé non relu

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d'attente, sont ides pierres taillées en saillie à l'extrémité d'un mur pour servir de liaison au mur qui doit suivre. On donne le môme nom aux pierres qui, dans une chaîne, dépassent alternativement les autres sur la longueur.

HAUBERT. — Le haubert était une armure défensive fort usitée au moyen âge, et composée déchaînons ou de mailles de 1er : c'est pourquoi on le désignait aussi sous le nom de cotte de mailles.il était fait de manière à couvrir le corps entièrement, à rexeeplion du visage. On en voit des modèles fréquemment dans les monuments sculptés ou peints. Les chevaliers y sont tigurés vêtus du haubert. Cette armure était, à l'épreuve de l'épée ; mais elle ne l'était pas de la lance. Pour se garantir contre celte arme dangereuse, on portait une espèce de cuirasse sous le haubert. Les chevaliers seuls portèrent le haubert jusque vers la fin du xme siècle. A partir de cette époque, on l'abandonna pour prendre une armure defer plein. Sa pesanteur la fit également abandonner. Il n'est pas rare de rencontrer, dans nos monuments religieux, des statues et des images vêtues de cette armure de chevalier en fer plein. La statue de saint Michel est ordinairement vêtue de cette manière. 11 en est de même des statues en pierre ou en marbre couchées sur des tombeaux.

HAUT-APPAREIL. — C'est la même chose que grand appareil (Voy. Appareil). Ce mot vient de ce que l'appareil est désigné d'après la hauteur des pierres.

HAUTE-LICE. — Espèce de tapisserie de soie et laine, qui représente de grands et de petits personnages, ou des paysages avec toutes sortes d'animaux. Elle est ainsi nommée de la disposition de la chaîne, qui est tendue perpendiculairement de haut en bas ; ce qui la dislingue de la basse-lice, dont la chaîne est mise sur un métier placé horizontalement. Voy. Tapisserie, Tissu, Étoffe.

HAUTEUR.— (Moyen de calculer facilement la hauteur d'une église. Calculer la hauteur des voûtes d'une église, au moyen des oscillations des lampes suspendues à ses voûtes. — La solution de ce problème est basée sur les propriétés du pendule. Or, il est constaté par l'observation, qu'en France la durée des oscillations d'un pendule qui a environ un mètre de long, est d'une seconde de temps, et par le calcul on démontre que les durées des oscillations de pendules divers sont entre elles comme les racines carrées des longueurs de ces pendules. Si, par exemple, on a deux pendules A et B, que la durée des oscillations du premier soit d'une seconde et sa longueur d'un mètre ou 100 centimètres, et que l'on veuille calculer la longueur du pendule B,dont les oscillations ont trois secondes de durée chacune, on fera ce raisonnement : — La racine carrée de 100, longueur du pendule A, est 10, la racine carrée de la longueur de B, dont les oscillations sont trois fois plus lentes, est donc de 3 fois 10 ou 30, dont le carré est 900. Ce der-

nier nombre 900 centimètres ou 9 mètres, exprime la longueur du pendule B.

Supposons maintenant qu'étant muni d'une, montre on observe que la lampe suspendue a la voûte d'une église fait 15 oscillations en une minute, ou une oscillation en quatre secondes.

Raisonnant comme ci-dessus, on dira : 10 centimètres étant la racine carrée de la longueur d'un pendule à secondes, 4 fois 10 ou 40 centimètres sera la racine carrée de la longueur du pendule dont les oscillations sont Mois plus lentes ; le carré de 40 est 1600 cent, ou 16 mètres (48 pieds); telle sera l'expression de la hauteur delà voûte de l'église, après qu'on y aura ajouté celle de la lampe même au dessus du pavé.

Règle générale, — Multipliez par 10 centim. le nombre des secondes pendant lesquelles la lampe fait une oscillation ; faites le carré du produit, et le résultat exprimera en centimètres la hauteur cherchée de la voûte, en y ajoutant la hauteur de la lampe audessus du pavé.

HEAUME. — Le heaume est une ancienne arme défensive que les chevaliers portaient sur la tête, tant à la guerre que dans les tournois : on l'a employé comme ornement ou timbre sur les écus des armoiries. Sous François Ier, on l'appelait armet. Le heaumo couvrait le visage, et il n'y avait qu'une ouverture à l'endroit des yeux , garnie de grilles et de treillis, qui servait de visière. Dans les tournois, on donnait le heaume pour prix à celui qui avait le mieux fait du côté des tenants, parce que c'est la première des armes défensives; tandis que l'on donnait une épée à celuiquiavaitvaincu du côté des assaillants, parce que l'épée est la première des armes offensives. Beaucoup de ligures , dans nos églises du moyen âge, ont la tête couverte du heaume.

hébraïque ( l'art). — En plusieurs

endroits de ce Dictionnaire d'archéologie sacrée, nous avons traité, en passant, de l'art chez les Hébreux. Voy. Arche, Architecture , Temple. Nous devons en traiter ici dans son ensemble. Sans admettre Je sentiment de certains écrivains qui ont considéré l'art hébraïque comme ayant eu la plus grande influence sur la naissance et les premiers développements de l'art chrétien, nous lie saurions nous refuser à croire que le premier n'ait exercé une action quelconque sur le second. 11 suffirait d'ailleurs, pour s'en convaincre, de se rappeler des faits historiques, comme celui de Justinien, qui s'écriait, après avoir bâti le temple de Sainte- Sophie de Constantinople. « O Salomonlje t'ai vaincu ; » parole qui montre que l'on se préoccupait toujours de la magnificence déployée par Salomon dans le temple de Jérusalem. Ce n'est pas sans restriction que l'on peut admettre la belle image de Chateaubriand sur les deux mondes historiques séparés par la croix, sur le déclin qui s'arrête au Christ, et sur le progrès qui commence avec lui, quand il s'agit des beaux-arts et des œuvres d'architecture en particulier.

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Winckelmann, clans son Histoire de l'art, convient que « les notions que l'Ecriture >ainte nous donne des images sculptées et tondues sont fort antérieures à tout ce que nous savons des Grecs sur cet objet, et que les figures ordinairement taillées en bois, et les statues jetées en bronze ont toutes leur dénomination dans la langue hébraïque. » Mais, au lieu d'en tirer une déduction en faveur de l'antiquité et du progrès de l'art chez les Hébreux, il passe légèrement sur ces considérations et consacre ï peine quelques lignes à l'art des Hébreux. Il termine même par une conclusion qui ne saurait être acceptée : « Tout ce que nous savons de l'art des Hébreux, c'est nue, dans les temps les plus florissants de leur monarchie, ils faisaient venir des artistes de Tyr et de Sidon pour exécuter leurs grands ouvrages : d'où l'on pourrait tirer l'induction quelesbeauxarls, considérés comme superflus à la vie humaine, « n'étaient pas exercés par ce peuple. »

Dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem (tom. II, pag. 3V7 et suiv.) , Chateaubriand constate qu'il ne reste rien de l'architecture primitive des Juifs à Jérusalem, si ce n'est « la piscine probatique, desséchée et à demicomblée , nommée par Josèphe stagnum Salomonis, réservoir long de 150 pieds et large de i0, servant à la purification des brebis destinées aux sacrifices, et aux bords de laquelle Jésus-Christ dit au paralytique : Levez-vous, et emportez votre lit. » Or, cette construction à ras de terre, pourrait tout au plus donner l'idée de l'appareil employé par les Hébreux. Les autres monuments dont les traces subsistent encore appartiennent , selon le même écrivain, aux ères grecque ou romaine, sous le paganisme ou sous le christianisme.

Quoi qu'en dise AVinckelmann dans son Histoire de Vart (tom. I", pag. k), les Hébreux cultivaient les arts dès la plus haute antiquité. Mais ce fut surtout sous le règne des tils de David que l'art brilla du plus grand lustre chez eux. Nous trouvons, en effet, au livre des Rois une longue nomenclature des objets en bronze et en or qui furent exécutés pour le temple, par l'ordre de Saloinon. La conception seule du temple et des dépendances de ce Yaste monument indique déjà des idées fort avancées et une culture remarquable des beaux-arts. Est-il possible de former le plan d'un édifice aussi complexe et aussi étendu, sans avoir préalablement des connaissances approfondies dans le grand et difficile art de bâtir? Ne faut-il pas également d'habiles ouvriers en métaux pour exécuter l'autel et la table d'or pour les pains, les dix chandeliers de fin or, au-dessus desquels il y avait des fleurs de lis, et des lampes d'or, les pincettes d'or, les vases à mettre de l'eau, les fourchettes, les coupes, les mortiers et les encensoirs d'un or trèspur, jusqu'aux gonds d'or des portes de la maison intérieure du Saint des saints, et de la maison du temple ?

Les ornements qui enflèrent dans la déco-

ration des palais de Salomon annoncent encore des progrès considérables dans la pratique des arts. Ne peut-on tirer la même conséquence de l'exécution du fameux trône de Salomon en or et en ivoire ?

Les Hébreux ont dû continuer à cultiver les arts dans leurs différentes branches , sous les successeurs de Salomon, puisque nous voyons dans leur histoire que les peupies voisins pillèrent souvent les richesses de Jérusalem, et que les objets consacrés au culte furent toujours renouvelés par des artistes indigènes.

Les versets 9 et 11 du chapitre xxvin du l'Exode nous montrent que les Juifs connaissaient l'art de la gravure en pierres fines. Vous prendrez, y est-il dit, deux pierres d'onyx, où vous graverez les noms des enfants d'Israël; vous y emploierez l'art du sculpteur et du lapidaire ; vous enchâsserez les pierres dans l'or. Au verset 28 du chapitre xxxvm de l'Ecclésiaste, attribué à Salomon, on lit: Celui gui grave les cachets diversifie ses figures par un long travail.

De nombreux commentateurs de la sainle Ecriture ont pensé, avec beaucoup de vraisemblance, que le Seigneur avait interdit aux Juifs l'exercice de la sculpture et de la peinture, seulement dans la configuration des idoles. Cette interprétation s'appuie sur d'assez nombreux passages de la Bible. Nous conviendrons cependant que les livres saints, en général, se montrent peu favorables à l'exercice de la sculpture et de la peinture.

Quant au travail de l'ivoire, qui embrasse à la fois la sculpture et la confection des lits, meubles, etc., en ivoire, et surtout la marqueterie , genre de travail où les orientaux excellaient et excellent encore, on trouverait dans la Bible, comme [dus tard chez les Grecs et chez les Romains, d'innombrables témoignages de l'emploi, en Palestine, de ces dents d'éléphant que les flottes de Salomon lui rapportaient de Tharsis. Nous citerons seulement le trône de Salomon, la maison ornée d ivoire qu'Achab fit faire (m lieg. xin, 39), les maisons d'ivoire, a domibus eburnris, citées dans les psaumes, les cordon^ de (in lin passé dans des anneaux d'ivoire. (Esthcr, i, 6), les lits d'ivoire dont le prophète Amos, qui vivait 800 ans avant l'ère vulgaire, reprochait l'usage à ceux qui vivaient à Sion , dans l'abondance de toutes choses (Amos, vi, 1 et k), etc. , etc.

Le commerce de cette matière est encore constaté par le verset 15 du chapitre xxvin d'EzéchieJ : Les enfants de Dedan ont trafiqué avec vous ; ils vous ont donné en échange du V09 marchandises des dents d'ivoire et de Vibène.

Les monuments de la Judée , les ornements de Jérusalem, devinrent la proie des Babyloniens. La population juive fut transplantée, en partie, dans la Chaldée. La ville de David fut détruite : Sion quasi ager arabatur, dit Jérémie.

Une nouvelle ère de prospérité s'ouvrit puni- le peuple de Dieu, lorsque Cyrus brisa les liens delà captivité. Les Juifs, sous la

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