‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 124 sur 370 · COMPASSION DB LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

COMPASSION DB LA SAINTE VIERGE

2 EXERCICES DE LA). Tojf. PlSSIOS DB NOTBE- EiQNECR Jésus-Christ.

CONCEPTION ( Oraison jaculatoire eu l'honneur de l'Immaculée). Pie VI accorda, le 21 novembre 1793 , cent jours d^indulgence à tous ceux qui diraient avec dévotion el d'un cœur contrit l'oraison suivante : « In conceplione tua, virgo Maria, immaculala fuisli; ora pro nobis Patrem cujus Filium Jesum de Spiritu sancto conceptum peperisti. »

Ou bien cette autre : « Bénie soit la sainte et immaculée conception de la bienheureuse vierge Marie. »

Comme cette sainte cro.v ance dans l'immaeulëe conception de Marie a été plus particulièrement de nos jours recommandée, préehée et encouragée par l'Eglise, nous devons dire les motifs qui doivent porter l'âme chrétienne à proférer souvent et avec foi la pieuse oraison jaculatoire ci*dessus. Nous citons quelques pases excellentes du Catéchisme de M. l'abbe Guillois.

D. Les Pères de TEglise sont-ils favorables au sentiment de ceux qui croient que Marie a été conçue sans péché 7 — R. iTn grand nombre de Pères ont parlé de Marie •a des termes qui ne pe^m^tlent pas de dou-

ter qu'ils étaient persuadés de son immaculée conception.

Explication. — Nous n'avons plus, malheureusement, la suite des discours prononcés par les apôtres et par les premiers Pères ; ou ils n'ont pas été écrits, ou, s'ils ont été écrits, ils ont péri au milieu des premières persécutions. Mais, dans ce qui a survécu au ravage des temps, nous trouvons plusieurs preuves de la croyance à l'immaculée conception de Marie.

On a découvert récemment les Actes du martyre de saint André. Dans un discours qu'il adresse au proconsul ^ée, il donne à la Vierge )a qualification d'immaculée f ou sans tache ; il Ja compare « à cette terre dont le premier homme fut formé, terre non maudite encore, et, par conséquent, n*avant pas regu la malédiction, punition de la uute originelle (IJ. »

Origène, qui touche de si près aux temps apostoliques, Tappelle « formée daus la grAce, pleine de grice et n'avant pas été atteinte ou souffle pestilentiel ne Satan (3). »

Au IV* siècle, saint Amphiloque oomaie U Vierge som tache et sans péché f^).

Saint Epiphane dit < qu'elle est au-dessus de tous, Dieu seul excepté; plus belle mr sa nature que les chéruoins, que les séraphins. Que toute rarmée céleste, brebis sans tacne qui mit au monde TAgoeau- Christ (4). »

Saint Jérôme dit que si, par sa nature, Marie peut être appelée une nuée, « ce fut, comme dit l'Ecriture , une nuée de jour, qui ne fut jamais dans les ténèbres, mab toujours dans la lumière (5). »

Saint Augustin, tout en défendant contre Pelage le dogme du péché originel, s^écrie, avec son énergie ordinaire : « Exceptons seulement la sainte Vierge Marie ; lorsqu'il s'agit du péché, je ne veux pas, à cause de l'honneur dû à Notre-Seigneur, qu'il soit en aucune manière question d'elle ; car elle a eu plus de grâce qu'il n'en fallait pour vaincre complètement le péché (6). »

(1) £t propterea, quod ei immaculaU terra tus fneral priirais bomo, iieccsse erat iil ex immaciila la vir{;iue nascerclur perfectiis hoino, qiio Filhit Dei, qui aute condiderat lioininein, vilain œlemam qiiam perdiderant homines, repararel. (Voir le Colendrier de CEglUe de Conêtantinople de Uorclli, au 30 novembre.)

(2) Uuia vero angélus novo sermone Mariain saintavU, qoem In omni ScripUira invenire non potiii, el de boe paaca dicenda sont ; id enim qiiod ail Ak, gratta pfena, ubi in Scripluris alibi lenerim non reeordor; sed neqae ad vlrum isiiusniMi seruio c»i Salve f gratta plena. Soli Mariae haec ialuuuio ser^*»lur. {ifomitia 4 in Lucam.)

(3) Sine macula el sine peccalo. {Serm. 4 in S, Dé* param.)

(4) Solo Deo excepto, ctinclis snperior exsiiiH; naUira Ibmosîor est ipsis cberabkn, seraphim ei onini exerdta angelonun.... Ovis immaeiikiu, qos fieperil agnoni Gbri«Uim. {De Uméibns Ywgiwh.)

ijS) Sur Je psauiae lxxvu : Et dedmxit eoB m wmbe àiei.

(6) Excepta itaqoe sancta Virgine Haria, de qua» propter bonorem uoroiai» nuttam prorsus, cun de

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DES INDULGENCES

Saint Ephrem proclame la Vierge « sans tache, sans souillure, sans corruption, mais complètement pudique, tout à fait étrangère à toute souillure, à tout défaut, TEpouse de Dieu, notre maltresse (1). »

Au V siècle, saint Cyrille dit très-ouverte* ment que tous les hommes, « excepté ce* lui qui est né de la Vierge, excepté cette Vierge sacrée, naissent avec le péché originel (2). »

Au YV siècle, saint Fulgence assure « que Fange, en appelant Marie pleine de grâcet a voulu faire entendre que Tantique sen* tence de la première colère était absolument détruite à son égard (3). »

Au Yii* siècle, saint lldefonse proclame u*il est constant que Marie a été exempte u péché originel {i). »

Au Tin* siècle, saint Jean Damascène ob** serve « oue le serpent n*eut point d*accès dans ce Paradis, et qu'elle ne fut point atteinte par sa morsure (6). »

Au X* siècle , saint Pierre Damien nous apprend « que la chair de la Vierge, bien que replie d*Adam, n*a pourtant point la souillure d*Adam (6). » < C*est que, aioute saint Anselme, au xi* siècle, sa pureté était telle, qu'on lia peut en imaginer une plus grande après celle de Dieu (7). »

Au xm* siècle, saint Bonaventure dit en propres termes « que Marie, notre mère, fut )>)eine de grftce en sa sanctiBcation , de grâce préseryatrice contre la tache du péché onginel (8). » Peut-on désirer quelque chose de plus positif que tous ces témoignages ?

D. Comment l'Eglise s'est-elle expliquée relativement à l'immaculée conception de Marie ? — R. L'Eglise a fait voir, dans une foule de circonstances, combien la croyance k l'immaculée conception de Marie lui est agréable.

Explication. — L'Eglise n'a encore rien

peccaiis aigitnr, haberi volo qnaeslionem ; unde enim Mrimiis quod ei plus gratis colbium fuerit ad vincentliim ornai ex parle peccatiim. (De nalura ei ^roita, cap. 3G, U X» col. 207, édlt. de Migne.;

(!) InimaculaU et intemerata, incorrupla et pror* ws pudica, atmie ab omnl sonle et labc peccali aliem&stina , J>ei S[K)nsa et Domina nostra. {Oral, de iancta Ùei Cenit.)

(i) Omnes hommes, excepto illo, qui de vtrgine oatu» est, ei sacralissîma etiam virgine, ex qua Deus lioroo proditi in nundum» excepta, cuin peccato origioali nasciiuur. {In Etang, /«on., i, Tt, cap. 15. Opéra , Ba»ileâe, 1566.)

[7u Serm. de taudibiu Mariœ.

<i^ Connut eam ab originali pecoato fuisse immunem. (Dispui. de virg. Maria.)

(5) Ad hune paradisum serpens adilum non babutt. {Otatio ée Nat. B. M. V.)

(6; Car» Tii^inis ex Adam enmpta, maculas Ada» ooa admisit. (Orat. It, de aat. Mariœ.)

(7) Decttîtul rirgo, quam Deas unigenitoFilio sao praeparaTÎI iu malreni, capuritate nileret, qua major Mb Deo fiequil intdligi. (De coneeptu tirginalu cap. 18.)

(«) IkNMM Mflra folt pleoa graiia in sua sanrtiiicatiooe , gratta Milicet prosserrativa contra f^diutem cyriginalis cnlp». ( Serm. Il debeata VirpneA

décidé sur cette question*; mais elle a fait voir, dans toutes les occasions, combien elle

f»enche pour l'opinion affirmative. D^abord, es Souverains Pontifes autorisèrent une fête en l'honneur de TlmmaculéeConception de Marie, et cette fête fut célébrée à Rome, devant les cardinaux, au temps de Nicolas III, qui monta sur la chaire de saint Pierre en 1S77. Les enfants de saint François se distinguèrent, parmi les ordres religieux, par leur ardeur et leur zèle pour le culte de Marie conçue sans péché. Les Dominicains seuls refusèrent d'embrasser l'opinion générale, et l'un de ces religieux, Jean de Monteron, ayant osé soutenir dans ses thèses que Marie avait contracté le péché originel, fut condamné par la Sorbonne. En n76.

Sixte IV (1), non-seulement accorda les indulgences à ceux qui professent cette dévotion, mais il prescrivit en son honneur la messe et Tofiice, avec cette oraison : « Dieu, qui, par Y Immaculée Conception de la Vierge^ avez préparé à votre Fils une habitation convenable, faites, nous vous supplions, que, de même que par la prévision de la mort de ce Fils, vous Tavez préservée de toute ta-ehe^ vous nous aC/Cordiez par son intercession d'arriver jusqu'à vous après nous être puriQés (2). »

En 1616, Paul Y défendit que personne, dans les prédications, leçons, conférences et autres actes publics quelconques, eût la hardiesse d*afnrmer que la très-sainte Viergo a été conçue dans le péché originel (3).

Grégoire XV, en 1622, renouvela le décret de Paul V, et retendit aux écrits et colloques privés ; ce qui est, en effet, condamner au silence l'opinion contraire (4].

Enfin, en 1661, Alexandre vil renouvela les constitutions de ses prédécesseurs en faveur de rimmaculée Conception de Marie (5). Toutes ces autorités ne permettent plus de doute. Aussi, il ne faut pas s*étonner si les conciles ont parlé dans le même sens, et s'ils ont été sur le point de déclarer de foi une opinion aussi universelle. Dès 1439, le concile de Bêle, dans sa trentesixième session, avait, en termes très-exprès, défini que Marie avait été conçue sans tache, et détendu à qui que ce soit de soutenir le contraire. Mais cette session ne fut pas approuvée par le Souverain Pontife, non

Ïms dans ce sens qu'il regardât comme fausse a doctrine dont il s'agit, mais parce que le concile avait cessé d'être légitime.

Le concile de Trente, sans vouloir, pour des raisons de paix, trancher la question, après avoir formellement établi, dans un de

(I) Voir sa Gonsl. Cwm pmcelsa^ dans les Ezlra' vag. commun.

(i) Deus qui per iroroaculauro Virginia concepti(^ nem digimm Filio t«o babitaculura prsparasti, coqoede, quaesumus,ut sicaiex awrle ejasuem Filii sul^ pra:vit»a, eam ab omoi labe pneservasti, iU no» qooqoe mandos ejus tnlerceaaione, ad te pervemr# eoneeifais.

(3) Coosi. Régi paeUU.

{i) Dans sa const. SanciiêMmuu.

(5) Dans sa const. SoiUàtudo.

L'immz€u\i9 Conce pUon est un dogme de TEgiUe depsis le 3i décembre 1854, Jour auquel U a été défiak

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DiCTlONNàlRË

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SOS décrets^ le do.:;mc de la transmission du ])éché originel à touto la descendance d*Adam, ajoute la clause très-importante que voici : « CependaiU, le saint concile déclare que, dans ce drcrct, sou intention n'est point de comprendre la bienheureuse et immaculée Vierge Marie , mère de Dieu ; mais qu'il entend qu'à ce sujet les constitulions du pape Sixte IV, d'heureuse mémoire, soient observées sous les peines qui y sont portées et qu'il renouvelle (1). » Il est impossible d'établir d'une manière plus solide, plus convaincante, la preuve que c'est la pensée, la croyance de TËglise» que Marie a été conçue sans péché.

Depuis une dizame d'années, plus de guatre cents évêques, ou supérieurs réguliers, ont sollicité et obtenu du Saint-Siège la faveur d'ajouter aux litanies de la mère de Dieu ces paroles : Regina^ sine labe origi- NALi GONGEPTA, 01'a pvo Hobitj « Reine>conçue sans la tache du péché originel, priez pour nous ; » et à In préface de la messe De beata : et te m congeptione iMMACULATii Beatœ Ma^ riœ Yirginis collaudarey etc. Cet empressen\entdes Eglises les plus célèbres, à honorer rimmaculée Conception de Marie, a un sens théologique, dit le P. Perrone, qu'il est essentiel de constater. Il en résulte, en effet, que r£glise universelle, a approuvé le culte de Marie conçue sans péché: l'Eglise en^ejgnante^ par son autorité souveraine; TEglise enseignée, par une croyance générale qui repose sur VinfaHlibilité passive que l'Esprit saint a promise au corps mystique de Jésus- Christ (2).

D. Les preuves que vous venez de donner sont-elles les seules qui établissent l'Immaculée Conception de Marie ?— R. Il y enabien d'autres» tirées de la bonté de Dieu, de sa sainteté, de sa puissance et des faveurs qu'il accorde chaque jour aux fidèles qui honorent Marie conçue sans péché,

ExpLicATioif. — A toutes les preuves que nous venons de donner, nous pouvons ajouter les raisons suivantes : l' Il n'est pas possible qu'il V ait eu un temps où Dieu n'ait pas aimé celle qui devait être la mère du Rédempteur ; et serait-il possiblequ'il eût voulu livrer au démon, ne fût-ce qu'un moment, ce temple sacré, qu'il destinait à son Fils bienaimé ? — 2* Il est certain, il est indubitable c^ue Dieu a pu préserver Marie du péché ori<i^inel; or, qui oseradire qu'il ne l'a pas voulu ? qui osera dire qu'il ne l'a pas fait, ou bien qu'il n'était pas convenable que ce Dieu de toute pureté et de toute sainteté se choisit et se formât une mère toute sainte, toute pure, et entièrement étrangère au péché î — o^La persuasion générale où sont tous les fidèles que Dieu a préservé Marie de la tache

(1) Déclarai taroen baec ipsa sancta synodas noa esse suœ hiieniionis comprehendere in hoc décréta, ubi de f>eccaib originali agilur, beaiam et immaculaiam virgiiiem Mariam Dei ^enîiriceoi ; sed ohser- Taodas esse consiituliones fclicis rccordaiionis Sixti papae IV, subpœiiis in ejus consUlulionîbus conlenlis, «]nas innovât. (Ses$. v.)

(3) P. Perrone , de Jmmaeulato B. M. V. parlu.

originelle n'est-elle pas confirmée tous les jours par le ciel lui-mèrae? Corameat, en effet, expliquer autrement tant de grâces, soit spirituelles, soit temporelles, obtenues par l'invocation do Marie conçue sans péché? Qui, par exemple, dans les tentations cooire Id chasteté, a jamais prononcé en vain ces paroles : O Marie I conçue sans péchi^ pritz pour nous qui avons recours à vousf

D. La croyance à l'Immaculée Conception de Marie n'est-elle point appuyée sur quelques miracles? — R. Oui, cette croyance est appuyée sur plusieurs miracles.

£xPLiGATioN. — La vérité de cette opinion n'est-elle pas prouvée aussi, dit le car* dinal Lambruscbini, par la vision prodigieuse et la ra()ide propagation delà médaille miraculeuse si connue, à l'effigie de Mam conçue sans péché^ révélée à Paris, daos l'année 1830, a une jeune et simple flllequi, par humilité, a voulu cacher son nom; médaille que les pieux Qdèles portent coam une source permanente de grâces de (out genre, qu'ils ne cessent d'obtenir par ïintn* cession de la Mère de Dieu, vénérée, tit^ rée et invoquée sous ce titre qui lui est À cher ? Et la célèbre conversion opérée à Rome, au commencement de Tannée 18^3, de l'israélile Ratisbonne,leaueI, pour avoir cédé aux pressantes prières aun de ses amis qui le détermina à |K)rter la médaille miraculeuse, fut frappé publiquement dans l'église de Saint-André, délie frotte^ d'une subite appi* rition de Mario qui éclaira son esprit; en sorte que, d'ennemi acharné même du nom chrétien, qu'il éiait jusqu'alors, il devint aussitôt un catholique très-fervent.

Dieu n'emploie les prodiges que pour inanifesler la vérité, et tout doit nous porter! croire qu'il n'en a opéré tant et de si extraor* dinaires en faveur de la médaille si renommée ^ voir l'article Médailles, Cboix), qutûn d autoriser davantage et de rendre ooi* vcrselle la croyance à rimmaculée Conception de Marie ( Voir l'article Nbutai!is des fêtes de Marie). On peut lire, sur la Conception Immaculée, l'excellente Dissertatioo de Mjir Parisis, ancien évoque de Langres, actuellement d'Arras ( Yoy. article Necvahes A Marie ).

Nous nous serions bornés à reproduire ces pages substantielles de M. rabbé Guillois. si, au moment même où nous terminioas ie Dictionnaire, on ne nous arait pas remis an document de la plus grande importance. Assurément les considérations si graves qu il contient sont propres h mettre souvent sur les lèvres de toute âme pieuse cette orais<^^i jaculatoire sur rimmaculée Conceptioa <ic Marie. Ces nages ^ont TcBUTre de la com* pagnie de Jésus qui est à Rome : notre travail serait incomplet, si nous omettions une pareille preuve de l'excellence de cei(^ indulgence.

Convenances sociales d'une définition dùgmêtique sur rimmaculée Concepiion de ta o* ^' Marie.

Personne n'ignore que, depuis trois siê-

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des, c'est-à-dire depuis rapparilion du proleslanlisme, la guerre de Salan contre J'Eglise a pris des proportions gigantesques. Le invstère d'iniquité va se déroulant et se nianiïeslant d'une manière toujours plus universelle et plus active, préparant ainsi la voie à Thomnie de péché, qui devra se révéler k la fin des temps. De celle grande hérésie est né le rnlionalisme, d'abord ihéologi- (pie, ensuite théologique et philosophique^ puis ihéologique, philosophique et politique^ pnfm théologique, philosophique, politique et social. L'hérésie de Luther, le pnilosophisnie du siècle passé, la révolution française et le socialisme moderne sont les quatre âges, les quatre époaues d'un même système, qui D*a reçu de ctiacune d'elles aucune idée neuve, mais un développement ultérieur, où Ton retrouvait tous les caractères des précé- (linles. Ce rationalisme, appliuuant le panthéisme idéal, sur lequel il se ronde, à tout ce qui concerne spéculativement et pratiquement Thomme religieux et social, rorme \m vaste système d'erreurs gui eavahil et corrompt religion, morale, sciences, liltéralure, arts, politique, famille, tout enfin, et menace d'arracher de ses fondements toute la sociélé humaine, pour la reconstruire suivant ses utopies et lui donner une nouvelle organisation humanitaire. Comme renfort flcnf et laborieux d'un tel système théorique d'impiété, est survenue la nombreuse phalange des sectes modernes, qui, par toute espèce de moyens, s'appliquent à le réaliser, et qui forment comme un sacerdoce, un apostolat, une hiérarchie, diamétralement opposés au sacerdoce, à l'apostolat, à la hiérarchie de l'Eglise catholique. Les sociétés secrètes, quoique exclusivement politiques en apparence, ont toutes leur tendance anti-catnolique plus ou moins explicite : elle n'est «luIre que celle qui a été signalée ci-dessus, puisque les sectes elles-mêmes sont des insiruments aveugles entre les mains des principaux meneurs; et ceux-ci peut-être ont leur point de mire sur la religion bien plus que sur la politique.

Le principe fondamental de ce rationalisme aux mille formes est la déification de la raison humaine, élevée d'abord au-dessus du dogme, ensuite au-dessus de la vérilé, et entin identifiée avec Dieu; avec Dieu, qui, assimilé au grand tout, est montré subsistant principalement et se révélant Cfimme personne dans l'humanité entière, les individus d« l'espèce humaine n'en étant que des par • rrlles ou des manifestations finies et passagères. La conséquence inévitable de ce monstrueux système, ou plutôt son fondenu-ril logique nécessaire, est la négalion absolue du péché originel, qui, dans son concept (^Iholiqne, est nié comme une purofablf , ou transformé en simple mylhe. Suivant ce système, l'homme est eicenipt de corruption, il est parfait, il est saint de sa nnturc: par conséquent il ne peut se Irouwt*r en lui nniurellement rien que de pur* de «^lînt Pi de parfait. Si présentement il afv , araîl aiiséiabJc <5t déjjradé, il faut TaUri-

buer au vice des loi^ sociales et religieuses qui le corrompent, auxquelles on doit faire la guerre, pour en affranchir l'humanité, ol la reconstruire dans un état parfait, d'après une nouvelle morale, une nouvelle science, une nouvelle Eglise, une nouvelle association universelle «ie tous les peuples. De \h vient que l'on parle si fréquemment de futures destinées de Inhumanité, d*hommes de l'avenir, 6*émancipation et même de rédemption nouvelle. Si ces formes de langage ne se prenaient pas dans racce(>tion que nous avons indiquée ci-dessus, elles seraient tout à fait vides de sens. Tous les instincts do l'homme, quels qu'ils soient, sont bons et divins ; et, par suite, \\ faut le dégager do toute entrave matérielle et morale, qui en empêche le développement et la libre satisfnclion. De là résulte l'entière émancipation de la chair, la liberté de la femme, l'anéantissement de la propriélé et de toute relation domestique. L'homme est complètement indépendant : la seule humanité est essentiellement souveraine, et ainsi la volonté de l'humanilé^est la seule loi qu'il faille reconnaître en ce monde : sa souveraineté est le seul pouvoir légitime; toute autre que cellelà est une usurpation et une tyrannie dont les peuples doivent à tout prix s'émanciper. Notre dernière destinée, notre suprême béatitude ne se trouve qu'ici-bas, et l'on y doit arriver par un progrès indéfini et fatal. Comme il n'est besoin de racheter l'homme d aucune faute, te Christ ne fut qu'un philosophe humanitaire, n'ayant qu'une mission civilisatrice et terrestre; on lui a ensuite at-^ tribué les prérogatives et les caractères du Dieu-Humanité (c'est ainsi qu'ils interprètent le nom de Dieu-Hqmme nu Homme- Dieu], pour en former un idéal parfait; son histoire, par conséquent, n'est qu'un assemblage de mythes. Tel est Tabrégé, tels sont les principaux dogmes de cette sagesse diabolique d où découlent les applications les plus impies et les plus fierverses; pour s'en convaincre, il suffit de lire les écrits impies enfantés par le transcendantulisme allemand et par V éclectisme français (i).

A côté de cet abominable système surgit une espèce de semi-rationalisme: c'est celui di' quelques faux cathoHques modernes , pour la plupart Italiens (de bonne ou de mauvaise foi, nous ne le recherchons pas). S<tns se faire les sectateurs ou les promoteurs des aberrations du premier système „ i s ont bien des points de contact avec lui et

(1) Les bornes circonscrites que nous nous sommes huposécs dans cet écrit ne nous permeltent pas de ciler les auteur<i, et bien moins encore les long»

Ras&ages qui mettraient en relief tout ce système lais quiconque s'est un peu familiarisé avec les écrits des principaui réformateurs modernes n*bcsilera pas à reconnaître dans notre exposé la substance de toutes ces utopies, et de toutes ces cnnccpi ions monstrueuses. Au reste, s*il en éutit Ijesoin» on pourrait, sans de longs efforts de patience, extraire ce système des propres paroles de ses auteur» et de ses adeptes. Et Ton peut dire lu même chose du deiui-ratiunalibmc dont nou» allons parler.

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sèment des iloctriues qui, pressées par une lo^^ique rigoureuse, mèneraient iniailliblenient à ces horribles égarements que nous ^vons mentionnés.

Ceux-ci ne. divinisent pas, du moins en termes explicites, la raison, mais lis lui attribuent une dignité souveraine; et, tout en disant qu'ils veulent la concilier avec la foi, ils lui accordent une suprématie absolue sur celle-ci. Ils admettent en paroles les deux ordres, surnaturel et naturel; mais, en les «xpliquant,ilslesconfondent ensemble, identifiant Tun avec Tautre. Ils ne nient pas le péché originel ; mais, dans la pratiaue, ils en désavouent les effets, réprouvent la mortiHcation de la chair, tout exercice ascétique et tout ce qui ressent Texpiation pour 1 esprit, le frein et la sujétion pour les sens. Ils reconnaissent la béatitude de la yie future, mais ils veuleDt,'comme son acheminement et son principe, la recherche d'une félicité matérielle sur cette terre.

Celte félicité, ils lui assignent pour cause,

Ï^our mère et pour tutrice, la religion cathoique; ils n'admettent pas d'autres conditions ; ils sont, au contraire, prêts à y renoncer, s'ils ne peuvent pas en obtenir-cette félicité terrestre. Ils reconnaissent un tribunal de la vérité ; mais ils ne le trouvent que dans Vopinion universelle^ qu'ils proclament souveraine du monde. Us accordent la nécessité d'un gouvernement; mais ils le veulent émané du peuple, toujours maître de le reprendre des mains de ses mandataires ; ou bien s'ils restreignent cette faculté à certains cas, ils en font toujours juge souverain et sans appel le peuple lui-môme, dans I9 seule volonté duquel ils reconnaissent l'unique loi qui existe au monde. Us attribuent à la société le droit de punir les délits; mais ils ont soin d'en retrancher toute idée d'expiation, et de le réduire à un simple droit de légitime défense. Us rejettent la fatalité du progrès ; mais ils tiennent les esprits dans de perpétuelles agitations, par 1 idée d'un perfectionnement illimité et d'une marche ascendante vers un terme inconnu et incertain. Us se persuadent vainement pouvoir bannir du monde la misère, la douleur et le crime, au moyeu de certains mécanismes de gouvernement et d'administration que le caprice effréné de leur imagination fabrique sans relÂcbe, et qu'ils voudraient imposer aux peuples, même en dépit de tontes leurs répugnances. Us protestent gu'ils n'aspirent pas à une nouvelle Eglise différente de l'Eglise catholique ; mais ils la veulent purifiée de je ne sais -quelles taches et, comme ils disent, modernisée: s'étant ainsi fait un catholicisme à leur guise, ils le louent, ils Texaltent, tandis que l'autre, qui est réel , vrai, subsistant, professé par le clergé, par l'épiscopat et son chef le Pontife romain, ils l'accusent d'être exaséré, vieilli, ultra-mystique, anti-social, ambitieux, et tout le reste des griefs adressés au jésuitisme. Us reconnaissent la rédemption du Christ ; mais ils la font i>riDcipalemeDt consister dans les effets huflMins et civils, tendant à l'affranchisse-

ment politique des multitudes et à Tamélio. ration des conditions matérielles de la rie. Ce rationalisme, pour ainsi dire mitigé, qoe nous appelons sem-rationatisme pour le distinguer du premier, qui infecte d ane manière particulière la France et l'Allemagne: ce second rationalisme, disons-noas, est li vraie plaie de l'Ualie. On peut le voir dans presque tous les écrits libéraux de ces dernières années, qui se sont modelés géoénloment sur les ouvrages de Gioberti, leur propagateur le plus ardent et le plus fécond.

De cette double génération d'hommes é^ rés, les premiers, non moins que les seconds, méconnaissent Jésus-Christ et retourDentiu paganisme iBlasphemaverunt sanctwn hrad, abatienati sunt retrorsum : et ils retouroeolà un paganisme bien pire que l'ancien, car ces! un paganisme qui est né non de ce qm n'a pas connu 1 Evangile, mais de ce ga'oo l'a connu et renié ; et par suite, c^esiunp»ganisme privé de toute espérance de i^ ciliation luture : impossibtle est eos^ fi Mmel sunt illuminaii... et prolapsi swUf mrnu renovari ad pœnilentiam.

Pour ramener ces deux systèmes erroois k leur commune origine et pour indiquer le point de contact où ils se rencontrent» nous

f)ouvons dire qu'ils se donnent amicalemeol a main sous rarbre de la science , si iatal jadis à notre premier père. Us s'accordent tous les deux à nier ou à dénaturer Tidée du péché originel ; car le rationalisme oie ce péché dans sa cause, et le semi-ràtiooilisme le nie dans ses effets ; le premier reat que la parole de Lucifer : Eritis sicut du, m vériûe par rapport à l'homme; le second donne un démenti à cette parole de Dieu osi inflige une peine à l'homme coupble : Moledicta terra in opère tua ; in laboribus c^ medes ex ea cunctis diebus vilœ tuœ ; ipte et tribulos germinabit tibi. Si rhumanité esi Dieu, comme le veut le rationalisme, il nV a pas eu de péché originel dans l'homme, parce gue l'homme n'avait pas à qui déso* béir. Si la raison et la tendance naturelle de l'homme ont les prérogatives qui leur sooti^ tribuées par le semi-rationalisme, si l'homoe lui-même doit jouir d'une félicité terrestre ici-bas, les effets et la peine du péché ori^ nel sont annihilés, et par suite il n'y a mtee pas de péché ori^nel.

De ce centre commun, de ce premier priacipe, d'où partent les deux systèmes, nalth granrie analogie c^ue l'on découvre eotre les conclusions ultérieures du rationalisme et du semi-rationalisme hétérodoxe. Ce dernier, il est vrai, par défaut de logique, ne les déduit pas avec un ton aussi Apre et aussi traih chant que le premier, qui, en lait de diala^ tique 9 le surpasse de beaucoup. Como^ exemple de cette analogie, observez qae ^ le rationalisme nie Jésus-Christ en le révisant à une idée, le semi-rationalisme dénature son caractère et sa mission. Si le ri* tionalisme rompt tous les liens matérieii et moraux pour l'homme, le semi-ratioinli^ veut du moins les relâcher plus que ne l^

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D£S INDULGENCES

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uermettent les règles de la raison et de la foi. Si le rationalisme renie l'Eglise catholique, le semi-rationalisme raccnse d'aroir déyiéf en s*éloignant de son antique pureté. Si le rationalisme anéantit toute idée de gourernement légitime» le semi-rationalisme lui donne une ongiiie bâtarde, en le faisant dé- |)endre de la volonté mobile des sujets. Si le rationalisme ne connaît point d*autre béatitude que celle du moment présent, le semirationalisme veut que la félicité à venir soit une conséquence de la béatitude présente. En somme» l'un aussi bien aue l'autre défigure Jésus-Christ, r£glise, rnomme, et tend à la dissolution de la société civile et religieuse; avec cette diflKrence, que le premier, par l'impudence même de ses théories, vous met en garde contre lui» tandis que le second, par le masgue de modération dont il se couvre, vous séduit plus aisément et vous inspire la confiance, liais quoi qu'il en soit des degrés divers de leur perversité intrinsèque et respective , et du plus ou moins d'efficacité de chacun d'eux pour nuire à la société et à l'Eglise, ce qu'il v a de certain, c'est qu'un tel accord entre deux systèmes, qui pourtant se désavouent et se condamnent matuelJemeQl, ne peut provenir que d'une mém9 origine et d'une souche commune.

Pour nous, quelque soin que nous ayons ap|iortd à notre examen, nous n'avons pu assigner à ces deux systèmes d'autre origine, d'autre souche commune, que la négation de l'état actuel de l'homme 5ur la terre, de sa corruption naturelle, de sa destination à une vie future qui doit être la loi et la règle de la vie présente, la négation du besoin qu'a Thomme d'expiation par ses propres œuvres qui tirent leur efficacité des mérites de ce répartueur^ dont l'idée a été dénaturée, la mission méconnue et le caractère faussé radicalement. En somme, on renieen substance la fdute originelle, soit en eUe*mêm€j soit dans les fffett qu'elle produit dans l'homme, et |)ar suite dans la réparation qu'elle a reçue par J^^sus-Christ.

A la vue de l'extension que ces erreurs ont prise, du dommage quelles apportent dans la morale, la science, l'éducation, la politique, la religion; de l'activité avec laquelle de ténébreases associations travaillent à les introduire et à les propager partout, on ne peut s'empêcher de tourner les veux vers l'Église pour en implorer un re- Inède prompt et eflicace à tant de maux, pour supplier cette bonne mère d'élever la Vfiix, d'avertir ses enfants, exposés à un tel l^ril, et par ses lumières divines de dissiper les ténèbres qui se sont emparées de l'esprit de tant d'Iiommes séduits et égarés. L'Ëgtise n'a jamais manqué à ce devoir : qu'on se rappelle ce qu'elle a fait dans d'autres temps coutre les diverses ramifications des manichéens, qui» sous les noms de cathares, dUluminés, de petits-frères, de pauvres de Lyon, d'Albigeois, de patarins... etc., préludaient aux sectes modernes. Est*il croyable qu'elle veuille se taire maintenant que le péril est biou plus grand» que les erreurs

sont bien plus répandues et plus funestes 1 Les yeux de tous les hommes ue bien se tournent vers elle, vers son premier pasteur, à qui Jésus-Christ Notre-Seigneur a confié le soin de paître son troupeau et de l'écarter des pâturages empoisonnés et mortels. Et qu'on ne dise pas que la condamnation de ces erreurs est contenue déjà dans la doctrine de l'Eglise et dans les définitions déjà faites par tant de Pontifes et tant de conciles. Car les formes diverses qu'elles ont revêtues, les nouvelles applications qui en ont été faites, la facilité avec laquelle nous voyons tant d'hommes en devenir aujourd'hui les victimes, tout cela montre bien que le souvenir des anciennes définitions ne suflit plus, mais qu'il est besoin que la voix et la main de Celui qui nous a été donné de Dieu pour maître et pour guide vienne encore en un besoin si pressant nous protéger contre les embûches de nos ennemis.

Or, le mal que ces erreurs ont produit est déjà si grand, le refroidissement de la charité si universel, l'engourdissement des peuples si profond , qu'on obtiendrait peu d'effet, même par une condamnation formelle et solennelle, qui ne ferait que montrer les coupables principes de ces erreurs. Une semblable condamnation servirait à éclairer l'intelligence, oui, mais no*i à échauffer le cœur. Une mesure donc qui nous semblerait et très-sage et très-opportune dans les besoins actuels , serait de trouver un moyen de condamnation » qui non-seulement éclairât l'esprit, mais servit en même temps à enflammer le- cœur des fidèles. On atteindrait ce but en proposant à leur culte un objet qui leur est cher, dont le dogme est lié étroitement avec la condamnation des erreurs sus-mentionnées, et où se trouve renfermé et personnifié en quelque sorte le dogme catholique qui leur est directement opposé. C'est là le moyen qui nous semble le plus propre pour les abattre , par la puissance non-seulement spéculative , mais pratique, qu'il aurait d'exciter dans le monde entier la piété des fidèles et le zèle des pasteurs. Ceci nous paraît d'autant plus digne de considération, que la condamnation des deux svstèmes ne pourrait renfermer aucune nouveiie définition positive du dogme : puisque les deux dogmes fondamentaux qui leur sont opposés, le dogme du péché originel et celui de la réparation par Notre-Seigneur Jésus-Christ, ont été déjà définis par l'Eglise. Ainsi , une semblable condamnation s'arrétant à la seule partie négative, pour ainsi dire, la généralité des fidèles n'aurait pas un objet positif qui lui servit de mesure pour connaître la partie négative de Terreur condamnée. Ces deux dogmes seraient bien confirmés aux yeux de la foi ; mais ils n'auraient ainsi rien de nouveau pour les fidèles ; et cependant , nous le disions, il faudrait, en cette circonstance, un objet nouveau proposé à leur foi , un objet déjà cru par la pieté de chacun, incarnant en quelque sorte et représentant d'une manière sensiole

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et concrète les vérités opposées aui erreurs condamnées; un objet qui, déjà cher aux |)euples et è leurs pasteurs, ait une puissance admirable pour réveiller le zèle de ceux-ci , la piété et Taffectiou de ceux-là.

Or, c*est ce que produirait la croyance à rimmaculée Conception de la sainte Vierge, si TËglise la délinissail comme un dogme de foi, dans un décret où seraient en même temps condamnées ces hérésies. Les deux propositions suivantes vont éctaircir cette pens^»e.

PaBHiÈBE PROPOSiTio?!. — L'Eglise^ en dé^ finiisani que la sainte Vierge a été préservée par la grâce de Jésus-Christ du péché oriçinel^ parce qu^elU était prédestinée à être mère de Dieu^ proposerait aux fidiles un objet de culte dogmatique dont la croyance renfermerait sous une forme concrète et vivante la condamnation de toutes les erreurs du ratio^ nalisme et du semi-rationadsme hétérodoxe.

Cette proposition est si évidente qu'elle n'a pas besoin d'éclaircissemeut. Qui ne TOit, en effet, les déductions nécessaires de ce dogme? Si Marie, nar un privilège unique, fut préservée du péché originel , donc la postérité d*Adam n*esl ni pure ni sainte dans 5on origine, mais est viciée et coupable, et il lui faut un Rédempteur. Si Marie a été

£ réservée parce qu'elle devait être mère de »ieu, donc Nntre-Seigneur Jésus-Christ, son Fils, n'est pas une pure idée, mais un personnage historique et réel : donc ce personnage est autre chose qu'un philosophe humanitaire ; il est vraiment Dieu, unissant dans la personne simple et unique du Verbe la nature divine et la nature humaine. Si c'est aux mérites de Notre-Seigoeur Jésus-Christ, le réparateur de l'humanité déchue, que Marie doit sa préservation, donc la mission deJésus-Christ n'a pasété unemission terrestre et purement sociale, mais une mission céleste et surnaturelle : c'est-à-dire la rédemption de l'homme du péché, de la mort de l'Ame, de l'esclavage du démon : donc la

{;rAce qu'il est venu nous apporter n'est pas a civilisation politique mais la foi, la vie surnaturelle, la dignité de fils adoptifs de Dieu; donc la félicité vers laquelle il est venu nous diriger n'est pas la félicité temporelle de cette vie, mais ta félicité éternelle du ciel , et par conséquent TEglise n'a aucune mission pour nous procurer cette félicité temporelle, elle n'a aucune obligation à cet égard : tant il est faux que la prospérité de ce monde doive être prise comme critérium, comme caractère distinctif de l'Eglise véritable. Si l'homme, par le péché de notre premier père, est déchu de l'état de juNtlcu originelle, et si Marie seule a été préservée de ce péché , donc tout ce qui tend à réformer les passions révoltées , à résister aux arJeurs de la concupiscence, à suppléer par les lumières de la loi au défaut de notre ignorance native et à la faiblesse de la raison obscurcie, à accomplir par des oeuvres de pénitence ce que Notre* Seigneur Jésus-Christ nous a laissé d'eipiatiou à faire, ea quœ désuni passionum Christ i

( Ep. aux Coloss. , c. i, r. ii;, donc touUs ces choses ne sont pas des exagi^raiion*» du mojen Age, des excès d'un myslicisinc outré, mais tout cela est bon et sain ; donc la terre est un lieu d'expiation, d'exil, d'épreuve, de combat entre la chair et l'esprit, un lien où l'on doit s'exercer sans cesse pour mériter une vie meilleure au delà de la tombe. Si l'homme a été prévaricateur, donc il n'é^ tait pas indépendant de sa nature, doucit a une loi supérieure à laquelle il est tenu d'obéir, donc elles sont fausses, elles sûn( erronées ces maximes de la prétendue li* berté absolue de l'homme, de Tindépendance de la pensée, du règne de l'opinion, de la souveraineté humanitrire.

Toutes ces vérités, et tantd'autresqueoous pourrions énumérer* seraient conceolrées dans le dogme de l'Immaculée CoDceptioo de la sainte Vierge comme en un principe et en une formule commune ; mais ce qui est plus précieux encore, c'est qu'elles je trouveraient toujours vivement représeoré/'s à l'esprit des fidèles, actuées, concrélées, personnifiées 9 pour ainsi dire dans le colle rendu à ce privilège unique et souveraiQ Ae l'auguste Mère de Dieu , et comme ideDtlfiées avec sa croyance. Kt c'est ce qui serait surtout d'un prix incomparable pour le peu* pie» chez qui le rationalisme a pu déjà pénétrer; car à lui, pour rallumer sa ioi,il lui faut des objets concrets, des vérités qui ne parlent pas seulement à son intelligence, mais encore à son imagination , à ses sens, qui s'adressent à son cœur et se fassent plutôt sentir que comprendre.

Deuxiâub proposition. — La définition it ce dogme f jointe à la condamnation des erreurs, serait un moyen puissant pour ravirrr la piété et la foi des fidèles et pour exciter le zèCe des pasteurs.

Un fait qu'on ne peut pas nier » c'est la tendre dévotion des peuples catholiques et du clergé pour cet admirable privilège de Marie.

A cette dévotion est joint presque universellement un désir très-ardent de l'enteadre définir, comme article de foi , par l'oricle infaillible du Souverain Pontife. Oui» c'est un fait unique et sans exemple que Tuaiyersalité et Tardeur des vœux que nous voyons de tous les points du globe s'éievet pour ce sujet vers le Saint-Siège. Quel ellt^i prodigieux ne devons-nous donc pas attendre a une définition tant désirée , surtout lorsqu'on verra qu'elle contient la condamoation de toutes les erreurs qui désolent main* tenant l'Eslise et la société? N'exciterail-«Ue pas un zèle général pour repousser et ^^ norrer ces erreurs, en vojrant l'opposiuou qu'elles renferment au privilège le pluscbt-r qu'ils vénèrent en Marie? Dans uu teiuiis où tant de sectaires se lient les uns aui autres par des serments odieux , dans le ba( de pervertir la société par la diffusion do erreurs du rationalisme et les hypocrites tergiversations du semi-rationalisme, li^ trouveraient une digue infranchissable dan^ cotte association de tous los fidèles unii

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DES INDULGENCES

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dans la croyance contraire par un symbole pratique, parle culte à la Vierge' immaculée, victorieuse de ces erreurs. La croyance à ce mystère serait comme lo lien commun, le mot d* ordre ^ la profession de foi sommaire, la protestation toujours vlvante contre tous ces dogmes infernaux.

L*ardente dévotion môme qui transporte les fldèles yers ce privilège unique de la très-sainte Vierge les exciterait à repousser de leur esprit Tombre même de ces hérésies, 'à embrasser et vénérer les vérités contraires, définies en même temps que le mystère qu'ils chérissent, ou pour mieux dire ne faisant qu'un avec lui. Un écrit succinct expliquerait avec autorité la définition de l'£gUse, et exposerait sous une forme claire et nette les erreurs qui sy trouvent condamnées; répandu par milliers en toutes les langues et chez tous les peuples , il rétablirait l'unité de croyance , si profondément ébranlée par Tanarchie intellectuelle sous laquelle gémit la société moderne. Ajoutez à cela les travaux des pasteurs, des [)rédicateurs qui, à l'occasion de celte définition, ne manqueraient pas d'élever leur voix au milieu des fidèles, dans la solennité célébrée dans toutes les parties du monde; avec rfuelie force ne parli^raient-ils pas, et quelle impression ne produiraient-ils pas dans les esprits? Ainsi l'Ëglise, d'un seul coup, obtiendrait uu effet immense contre toutes les hérésies modernes, et leur défaite serait aussi irréparable qu'inopinée. £t pourquoi celte définition n'obtiendrait-elle pas aujourd'hui un effet semblable à celui gui suivit ia fameuse définition de la maternité divine (Theotoeos) prononcée dans le premier Concile œcuménique d'Ëphèse?Ces avantages nous semblent de si grande importance, que pour les obtenir on doit mépriser le danger qu*a déjà essuyé l'Eglise d'être accusée faussement, par ses nouveaux ennemis, de forger des dogmes nouveaux.

Alors se vérifierait en fait ce que disent les évoques et toutes les Ames pieuses, et ce que d'abord nous ne pouvons bien comprendre, à savoir : que de la définition dogmatique de l'Immaculée Conception sortiraient le rétablissement de l'ordre dans le monde, la destruction des erreurs, le remède aux maux présents et le commencement d'une ère nouvelle, non pas heureuse de tout point, mais telle au moins qu'aux incertitudes et aux tribulations de cette vie ne manc[uent pas la lumière de la foi et la consolation de l'espérance.

Et comme il ne semble pas croyable que Tardente piété des peuples chrétiens pour ce mystère vienne jamais à se refroidir, le remède aux maux présents , outre son universalité et son eilQcacité, aurait encore une certaine perpétuité ; car la foi des fidèles se maintiendrait contre les erreurs du rationalisme, toujours vive et vigoureuse, continuellement excitée par l'objet du culte dans lequel, comme nous l'avons dit, les dogmes oi»posés se concentrent en quelque sorte, b incarnent et se personnifient.

Le grand nombre d'erreurs qui seraient ainsi condamnées nous conduit à une autre considération bien honorable pour la sainte Vierge, et en môme temps bien consolante pour l'Eglise. On ne peut nier que le rationalisme hétérodoxe moderne ne renferme en lui-même toutes les hérésies qui ont paru jusqu'à ce jour, sans en excepter même l'antique et vaste hérésie du paganisme. On ne peut pas nier non plus que, par le malheur des temps, et plus encore par les sourdes machinations des sectes, qui enveloppent comme d'un réseau toutes les parties de la terre, ce rationalisme ne soit répandu dans le monde entier, et que partout, plus ou moins, il ne fasse ressentir son influence homicide. Donc, en condamnant ces erreurs par la définition dog;matique de l'Immaculée Conception de Marie, se vérifierait en quelque sorte ce que l'Eglise lui dit : « 0 sainte Vierge Marie, vous seule vous avez extermine toutes les hérésies dans le monde entier: » Cunclai hœreses tu sola interemisti in universo mundo, (Petit Ofiice de la sainte Vierge.) Jusqu'ici nous ne voyons pas que ceci ait eu encore un entier accomplissement ; mais certainement en cette occasion TelTet serait complet. Car de la croyance au privilège de Marie jaillirait la lumière qui dissiperait les ténèbres de toutes les hérésies modernes répandues dans le monde ; et l'amour universel et très-ardent que tous les fidèles lui portent produirait comme par contre-coup une égale aversion pour ces erreurs monstrueuses. Pas un peut-être des ennemis de l'Eglise n'aurait la hardiesse d'élever la voix en cette circonstance , tant on verrait avec l'évidence la plus palpable la grandeur pratique de ce mystère et l'étroite liaison qu'il a avec les besoins actuels d'un monde qui court lui-même à sa ruine. Ainsi, comme nous l'avons indiqué plus haut, et le rire moqueur des mécréants orgueilleux s'arrêterait sur leurs lèvres , et les hétérodoxes bien disposés envers l'Eglise s'enflammeraient du plus ardent désir de se réunir à elle, à la vue de la sagesse et de la douceur des moyens avec lesquels elle conduit ses enfants, de l'efllcacité que renferment ses sanctions les moins pratiques en apparence, pour rectifier les croyances, pour purifier et redresser les mœurs non-seulement des particuliers , mais des sociétés entières. Enfin, à toutes ces raisons de convenance nous en ajouterons une dernière qui est étroitement liée à l'état politique et social de l'Europe, par suite de la nouvelle direction que les affaires de France viennent de donner au monde civilisé. Dans l'immense lutte engagée entre la société et le socialisme^ la Providence divine a voulu que la société commençât à prendre le dessus , et cela par des moyens aussi merveilleux qu'inattendus. La France, qui depuis plus d un siècle donnait l'impulsion aux révolutions de tous les pays, la voici ellemême qui, la première, se lève contre la révolution; et elle, qui avij^il jeté la torche incendiaire dans la maison d'autrui, la voici

dictionnaihe

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qui travaille aujourd'hui à Téteindre. Cet exemple , fécondé par les leçons que les autres peuples ont puisées eux-mêmes dans rexpérience des aernières années, fait du temps présent Tépoque la plus propice oui fut jamais pour une restauration des idées dans tout le champ des vérités naturelles et catholiques. Mais • remarquez-le bien :

nous ne disons pas que notre époque est une époque de restauration des idées , mais seulement qu'elle est une époque propice plus qu'aucune autre pour une restauration des idées. Car il est très-certain qu'une semblable restauration no s'obtient pas par des coups d'Etal , par la proscription des sociétés secrètes , par des freins mis à la presse et la prohibition' des clubs, paria déportation a Cajenne , par de vastes organisations de police, en un mot , par la force des bajonnettes et des canons. Mais ces moyens sont utiles pour donner matériellement la paix au monde, pour rompre le cours des séductions coupables, pour enlever k Terreur le moyen de recruter des prosélytes parmi les ignorants et les hommes vicieux. En somme, ces moyens peuvent aider, pour ainsi parler, à produire un grand silence dans le monde , pour que la vérité puisse se montrer dans sa céleste lumière et dans l'éclat de sa pureté , se faire entendre des mortels par l'inimitable attrait de sa candeur. On peut donc dire justement que notre époque est une épo^ que propice pour une restauration des taies.

Or, qa*oa nous le dise : de qui les catho* liques atlendraient-ils cette vérité restaura* trice , si ce n'est de leur unique Mère et mattresse l'Eglise? Et quelle est la vérité qu'ils attendent avec le plus d'anxiété et que l'Eglise pourrait déclarer avec plus de fruit, si ce n'est celle qui détruirait cet immense assemblage de sophismes qui souvent dressent des pièges aux catholiques les plus droits; et plaise à Dieu qu'ils n'en aient encore souffert aucune atteinte I Et ceux môme qui se sont laissé égarer n'auraient-ils pas dans la parole pleine d'autorité de l'Eglise un stimulant puissant pour retourner à la route qu ils avaient abandonnée si mal à propos ?

Si donc on veut examiner sérieusement les raisons de convenance que nous venons d'exposer, on n'aura pas de peine, je pense , à nous accorder ces deux points , que nous soumettons, du reste, à l'autorité qui devra en décider.

Depuis trois siècles , il ne s'est peut-être pas vu une époque où une parole de condamnation de la part de l'Eglise ait élé ou plus désirée ou mieux reçue qu'elle ne le serait maintenant. El supposezque Dieu inspire à son Eglise de dire cette parole, il n'y aurait peut-être pas pour la prononcer de moyen plus digue, plus complet, plus cher i tous et |>lus universellement désiré, que de réunir à la définition de l'Immaculée Conception la condamnation explicite du rationalisme et du ^emi-ratiooalisme , deux systèmes élevés sur les mêmes fondements : la négation du péché originel ou en lui-même

ou en ses effets, et l'idée dénaturée de la rédemption du Christ.

Pour nous, nous n'avons certainement pas la hardiesse ue prétendre ici donner des conseils à ceux à qui nous portons tout le respect qu'on doit à des pères et à des maîtres ; il nous parait que nous avons déjà été bien loin en formulant publiquement des vœux; c'est aux pasteurs de rEglise qu'il appartient de les examiner, cl à nous de leur en laisser le jugement avec une entière soumission. Nous sommes sûrs d'avance que, s'ils trouvent nos désirs raisonnables et opportuns, ils les feront monter munis de leur suffrage et du poids do leur autorité jusqu'à la chaire du Souverain Pontife. Et nous espérons ainsi voir satisfaits le beiotn le plus pressant et V amour le plus fendre des générations rachetées. [Cxviltà coltodco.)

CONFESSION et COMMUNION. Comineh confession et la communion sont exigées le plus souvent pour gagner les indulgences, nous reproduisons d'excellentes pages en Manuel de Lyon^ propres à faciliter ceseiercices et à en montrer la sainteté.

1. D. De quel ail doit-on envisager b tvk^ fession? --Vi. On doit la regai*der comme us des plus grands biens qrue la Providence nous ait accordés. Kien de plus efficace ou même de plus nécessaire pour sortir du péché, pour se corriger de ses mauvaises habitudes, pour se fixer dans l'état d'une via chrétienne et réglée , pour se soutenir dans la grâce et pour opérer son salut. Ceux qui s'éloignent de la confession se déranxeot bientôt : dans peu de temps ils ne sont chrétiens que do nom, ou plutôt ils ne conserveot le nom de chrétiens que pour le déshonorer et l'avilir.

Ceux, au contraire , qui sont fidèles k li

[pratique de la confession et qui y apportent es dispositions convenables, ae soutiennent dans la voie de la justice; ils font des progrès sensibles dans la pratique de la vertu, ils trouvent dans le sacrement de pénileDCc leur force contre toute sorte de lentatioas. et même les plus douces consolations l car vous remarquerez qu'il n'y a que ceux qui ne se confessent pas, ou qui se confesseot sans repentir, qui se plaignent do la confession ; tous les autres y trouvent le re{H)5 df la conscience, une paix et une trauquilli^' qui peuvent seules les rassurer contre le terreurs de la mort.

2. D. Quelle est la plus essentielle de tùtUf^ les dispositions pour faire une bonne confi*sionf— K. C'est, sans contredit , la coolr»lion. En certaines circonstances on peut être dispensé de l'examen de ses péchés , quelquefois même de la confession actuelle; mais pour la contrition, il n'est aucun cas ni aucune circonstance où l'on puisse en êtr« exempt; il n'est rien qui puisse la remplacer- En vain livreriez-vous votre corps aux plus grandes austérités, sans la contrition vous ne serez jamais absous de vos péchés » sans elle vous ne recevrez jamais le sacrement de pénitence. Quand même vous n*auriez qua

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0ES INDLXGENCES.

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des péchés véniels k confesser, la contrition ne votos est pas moins nécessaire. S'approcher du sacfeineht de pénitence sans contrilion, c'est se rendre coupable de sacrilège et de piéehé morteU h moins qu'on ne soit excusé par une inadvertance et une bonne foi intiâcîbles. Jugez si la chose eât importante.

3. D. Quelles tont tes autres dispùsUions tuentielles pour tecetoir Fabsùlution f — R. C'est la confession et la satisfaction. Comme on ne peut confesser ses péchés sans les connaître, ni les connaître sans examen, il s^ensuit que quatre choses sont nécessaires pour recevoir dignement le sacrement de pénitence : l'examen de conscience, la contrition de ses néchés, le ferme propos de ne plus pécher, m satisfaire ou ae faire la ])énitence convenable , et enfin la confession (1).

kX41IE2l DE COSISCIE!!»,

Pour TOUS bien préparer à la confession, retirez-vous à l'écart ( mettez-*-vous en la présence de Dieu;... adorez-le;... représentez^» v(ms que la confession que vous allez faire est la dernière de votre vie... demandez à Dieu seslomières;..» faites votre examen;..* eidtez-vous à la douleur de vos péchés.

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