‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 199 sur 370 · VI* JOUR · texte numérisé non relu

VI* JOUR

1*' Point. Ro$a mysiica^ Rose mystique.

Il est dit de Marie, dans les samtes Ecriires, qu'elle fut le jardin fermé de Dieu (3). 'est dans ce jardin, dit saint Bernard, que s Seigneur planta toutes les fleurs qui orient VEglise, et entre autres, la violette de *hum\lité, le lis de la pureté, et la rose de a charité. La rose est vermeille ; c'est pour leia que « Marie est appelée rose, à cause le Tardente charité dont son cœur fut tou- Durs enflammé envers Dieu et envers nous ; ar la couleur vermeille, ou de feu, indique amour ou la charité (4). » Et où pourrions* lous trouver une avocate qui s'occupât de lotre salut et nous aimAt plus que Marie? > ma tendre mère , que ne m'est-il donné le vous aimer autant que vous m'aimez I Je erai cependant tout ce qui déf>end de mot >our vous honorer et vous aimer; mais rous, puissante reine, obtenez-moi la grftce le vous être toujours fidèle.

Il* Point. Turriê Davidica^ Tour de David.

Tel est le nom donnéde mèmeà Marie, dans es sainti^s Ecritures : « Ton cou est comme a tour de David ; là sont suspendus mille >oucliers, armure complète des forts (5). » )aint Bernardin dit que «la tour de David était .'n un lieu élevé, c'est-è-dire, dans Sion; **est pourquoi on appelle Marie, Tour de David, pour marquer sa haute dignité et prééninence (6). » « Les fondements de sa sainété, lisons-nous dans les psaumes, sont plus irofonds que ceux des montagnes (7). » Saint jrégoire dit que la mère de Dieu fut plus tiinte dès les premiers moments de sa vie,

K; ue Tout été les saints à Theure de leur rt. Ah I ma reine et ma mère, je me ré-

i\) Qoininio beali qui audiaot veiiram Dei, et eutioiaiit illod. Lue. zi.

(i) El ezsaluvii spiritos meas In Dec saluuri

(3) Hortot oondusos, soror met sponsa. Cant.

(4) Roia nibiconda , per Dei et prozimi chariU- Un; nam igneuscolor charllateni denolat. idiota,

($) ^koi turris David coUum loum : mille dypei fmeai ei ea, omnis annatura fortiam. Cani. iv, 4. ' (9) Sient Sion liictts eral eroinentissimus , sic boia Virfo alti8»iaia. S. Bernard, Sen.^

0) Fondanienu ejiis in montibus sanctis. Pealm»

l'UlTI.

jouis de votre grandeur, et ie suis prêt à donner ma vie pour empècner que votre gloire ne soit diminuée, si cela pouvait être. Que ne puis-je, par le sacrifice de ma vie, faire que tous les peuples du monde vous honorent et vous aiment comme vous le méritez !

III' Point. Turris ebumea^ Tour d*ivoire.

Autre nom de Marie, d'après les saintes Ecritures. « Ton cou égale la blancheur de l'ivoire (1). » Marie est ce cou mystique, qui, ff de la tète de Jésus-Christ, chef de TEglise, nous transmet à nous qui en sommes los membres, les esprits vitaux, c*esl-è-dire les secours'divins oui maintiennent en nous la vie de la grâce (2). » Le saint ajoute, que du moment que Marie conçut dans son sein le Verbe incarné, elle reçut de Dieu ce privilège, qu'on ne recevrait aucune gr&ce que de ses mains. L'ivoire, au surplus, est doux et fort. Marie est donc, ainsi que le dit Rupert, abbé, « comme une tour d'ivoire, aimable et douce à Dieu, forte et terrible au démon (3J. » 0 ma souveraine, puisque vous êtes si aimée de Dieu, vous pouvez nous obtenir toute sorte de biens ; et puisque vous êtes si redoutable aux démons, vous pouvez aussi nous délivrer de toutes leurs embûches. Ayez donc pitié de nous, qui nous honorons de vivre sous votre protection.

VII* lOU».

I" Point. Domus aurea , Maison d'or.

L'or est le symbole de l'amour; ce qui a fait appeler Màtie : « le temple d'or ae la charité (Vj ; » et avec raison ; car, dit saint Thomas, « de même que dans le temple tout était couvert d'or, de même la belle âme de Marie fut remplie de sainteté (5). » Marie tut cette maison d'or, que « la Sagesse éternelle, c'est-à-dire, le Verbe divin, se choisit pour sa demeure sur la terre (6). » « Cette maison de Dieu est si riche, au'ellejpeut remédier à toutes nos misères (7). » 0 Marie t vous aimez tant Dieu, que vous désirez le voir aimé de tout If* monde ; eh bien ! voici ja principale grâce que je vous demande et que j'espère de vous : obtenez-moi un grand amour de Dieu.

II' Point. Fœderii area^ Arche d'alliance.

Vous êtes, ô Marie, « une arche plus vaste que celle de Noé (8) ; » puisque dans celle-ci on n'admit que des animaux de chaque espèce ; tandis que tous les justes et tous les pécheurs peuvent venir se mettre sous votre protection. C'est ce qui fut un jour révélé à

(i) GoUom toam skut turris elNiniea.Caiil.vii,'4.

(2) Per Virginem a capite Cfaristo vitales gratis in ejus corpus mysticum traosûioduiitur. S. Bem* Sen.

(3| Sicut turris ebamea , Dec auiabilis, diabolo terrtDÎlis. Bup. abb,

U\ Teinpluni auremn charitaUs. B. A/6. If.

(5) Nibiterat in Teoiplo, quodnon auro légère^ tnr : nibil eral in Virgioe, quod non uuaitate plénum essêt. S, Tham.

i%) Sapientîa «diflcavil sibi domum. Prov. ix.

(7) Domus Dei, cujus uiita est abundaiitia, quod nostram potest replere inopiani. Arec, de S. Lanr^

(S) Arca Noe largior.

ut

ncnO!C(AlRE

UT

âainte Brigitte. Elle lit une grande multitude d*afitmjui féroces, des lions, des léopards, des tigres, etc., qui se réfugiaient sous le manteau de Marie ; et Marie ne les chassait

£as ; au contraire , elle les accueillait arec onté, et les flattait de la main pour les retenir auprès d'elle. Les brutes qui entrèrent dans I arche, restèrent toujours brutes; mais les pécheurs qui se réfugient sous le manteau de Marie, ne restent pas pécheurs. Elle sait bien leur changer le cœur et les rendre agréables à D eu. La sainte Vierge dit aussi à sainte Brigitte : « Quand un pécheur vient à moi , quelque nombreux et abominables péchés qu'il ait commis, s'il Tient avec le désir sincère de se corriger, je suis toujours prèle k le recevoir; car ce ne sont pas les péchés que je regarde, mais la bonne volonté. Je ne dédaignerai pas alors de panser et de guérir ses plaies; car je suis véritablement et ce n'est pas en vain qu'on m'appelle la mère de miséricorde. »

0 mère de miséricorde, vous dirai-je donc avec saint Augustin , souvenez-vous qu'on n'a jamais oui dire que vous ayez rebuté un pécneur qui recourait à vous. Je suis un de ces malheureux, je viens à vous, je mets ma conflance en vous.

111* Point. Janua cali^ Porte du ciel.

« Marie est appelée porte du ciel, parce que nul ne peut y entrer que par son moven (1). » « J'oxerce ma puissance dans Jérusalem (2), » dit notre reine ; ce que Richard de Saint- Laurent expliqué ainsi : « Je peux obtenir tout ce qUe je veux à mes serviteurs, et introduire ceux que je veux en paradis (3). » « Ceux qui sunt protégés par Marie, dit saint Bonaventure , sont reconnus pour citovens du paradis ; et ceux qui sont marqués de son signe, c'est-k-dire qui ont le bonheur d'être ses serviteurs, sont inscrits dans le livre de vie. » Voilé pourquoi Bernardiu de Buste appelle Marie le Litre de h vie; et dit que celui qui a mérité, par sa dévotion envers Marie, d'être inscrit dans ce livre , Sera sauvé intaillîblement. Ah ! ma mère , c'est de vous que j'espère et que j'attends mon salut éternel. Je vous aime ; sauvezmoi. Ne permettez pas au'un de vos serviteurs, qui vous aime, aille en enfer vous y maudire et se maudire lui-même éternellement.

TOI* JOCE.

I** Point. Siellû wuUuiwa^ Etoile du matin.

Gomme l'étoile du matin précède le soleil» ainsi la dévotion envers la sainte Vierge préeètlo le soleil de la divine grâce; car, dit saint Germain» la dévotion envers Marie annonee, on qu'on est en état de grtce, ou qu'on y sera bientAt* L'Eglise appelle encore Marie, PEloile de la mer, SitUa Mom, parce que, suivant rexplicatioa de saint Tho- Mis, « romoie » pendant la tempête , réioile suide les navigateurs au port , ainsi Marie

(1) N«UaspMest îotnrt

laiMwàai MT fnriMa. S, Bmot.

it^ kl iMusakWfli peicsus oka. la Mitm B.T.

nous guide vers le paradis, i travers la m orageuse du monde (1). » C*est pourquoi saint Bernard nous prévient que, c si doqs ce voulons pas être submergés dans les tempêtes des tentations, nous ne devons pas oo seul instant perdre de vue cette étoile du salut (2;. 9 Et il ajoute : « Si vous la suifet, too! ne vous égarerez pas ; si vous en êtes protégé, vous n*avez pas à craindre d*étredaione ; si elle vous est favorable, vous êtes sis de parvenir au paradis.»

Il* Point. Salus infirmorwn^ Salut des iofirmes.

Marie est non-seulement « le remède '3, i mais encore « le salut des pécheurs (i).>CKlui oui a recours è elle, trouve en effet le remède et le salut, ainsi qu'elle en a fait li promesse : Celui qui me Irouvem, tmvera la rte, ef puisera le salut qui fiai à Seigneur (5). Ne craignons jias que, rMe par la corruption de nos plaies, elkMnç» de prendre soin de nous; elle e^^^ mère; et comme une mère n*a paskifi de panser les blessures et les ulcères et if» fils, de môme Marie ne refuse pasdesd^r ceux de ses serviteurs qui ont recoure) 0lle. C'est pourquoi saint Bernard loi^^ Mère de Dieu, vous n'avez point horreur di pécheur, quelque corrompu qu*il soit. )'^ Soupire après vous, vous le sauverez iii désespoir, et le guérirez de tous sesmauL

III' Point. Refugium peccatorum^ Refu^ des pécheurs.

Saint Germain appelle Marie « le Itj^J^ toujours prêt à recevoir le pécheurs '6;» « car elle ne saurait en rebuter aui^; elle accueille à Tinstant tous ceuiqui^ présentent (7). » Marie est indistincleiDetitK refuge des bons et des méchants; «£-.

est la cité de refuge pour tous ceui qi^ Viennent y chercher un asile (8). » « Elleeibrasse comme une mère le pécheur abhofr^ de tout Tunivers, et n'est satisfaite qu'r^ l'avoir réconcilié avec son iuge (9). »Sa/ii Anselme veut dire par là quele pécneuTieU^ ennemi de Dieu , est l'objet ue la baioe <t de Tabominalion de toutes les créatare^i mais que s*il a recours au refuge des Pf cheurs, à Marie, non-seulement elle ne •< rejette pas, mais elle l'embrasse teodrem^t:. et ne ce>se de le protéger jusqu'à ce qu'eU ait obtenu son pardon de Jésus-Christ, ^^

(I) Sicnt persicDaa oarîs aavifuiies dirif^*^ ad porluni, sic per Ibriam homiiao éirifnM'^ cœtum. S. TAoMaâ.

(i) NeaverUsoculosaralfOfeiNJaisiéefiksJ»* TÎs obnii proceilis.... Ipsaaa sc^ueDs, aso éevt»; ^

riegeoie, Benu

(4) Sains

(5) Qui smlOB a

OT^ciUir.

hoc iKîL léiêUL

5 <i«>axm.

pnpiiia, perw*

eaa.S.£i^

i*|la»w*

iwrf:-

UT

LOU

MHS

Fils et QOtre juge. Puisque vous êtes le refuge des pëcheurSy ô grande reine, vous êtes aussi le mien. Vous qui ne rebutez aucun de ceux <][ui s*adressent k vous, ne me rejetez pas ; je me recommande à vous. Rcfwgium peecaiorumf ora pro nobis; Refuse des pécheurs, priez pour nous, et sauvez-nous*

Page 1