EXPLORATEUR
en bandoulière, et le circuit comprend un petit trembleur à électroaimant, qui forme en quelque sorte une sonnerie sans timbre. Si l'extrémité de la sonde vient à rencontrer un corps dur, mais peu conduc- Teur, comme un os, le courant ne passe pas ; mais, si elle rencontre un objet métallique, les deux pointes se trouvent réunies et le circuit se ferme : on en est averti par le mouvement du trembleur et le léger bruit qui l'accompagne. Si cet objet est mou, du plomb par exemple, les pointes s'y enfoncent, et on peut retirer la sonde d'une petite quantité sans faire cesser le courant ; s'il est en métal plus dur (fer ou cuivre), le courant n'est établi que par contact et il s'interrompt dès qu'on relire un peu la sonde. Le même trembleur peut s'appliquer aux pinces destinées à l'extraction des fragments métalliques. Les deux branches sont alors isolées Tune de l'autre au pivot et communiquent avec les deux bornes du trembleur.
Celui-ci fonctionne lorsque les deux mors saisissent un objet métallique, mais non lorsque l'appareil est ouvert ou qu'il se ferme sur un os. La Une sonde contient deux fils métalliques [ figure montre en outre une tarière qui sert à isolés et terminés à l'extérieur par deux pointes | prélever quelques parcelles du corps étranger,
lorsqu'il est mou, pour en déterminer la nature.
Sonde microtéléphoniqne. — M.Chardin construit pour les mêmes usages un appareil(fig. 341) fondé sur l'emploi du microphone : il sert notamment à reconnaître l'existence d'un calcul ou d'un autre corps dur dans la vessie. Une sonde rigide ordinaire se termine par une poignée cylindrique renfermant un microphone. On relie cette sonde à un téléphone et à une pile qui se voit à droite de la figure. Tout choc contre un corps dur produit dans le téléphone un bruit sec très différent du frôlement dû au contact de la muqueuse.
EXPLOSEUR. — Petit appareil spécialement destiné à l'inflammation des amorces pour les mines.
On peut employer pour cela de petites machines d'électricité statique. Tel est l'appareil d'Ebner (fig. 342), en usage dans le
Fig. 340. - Bxploraleur et pince exploratrice de Trouvé.
Fig. 341. — Sonde microtéléphonique.
dures et fines (flg. 340) ; ces fils sont reliés à une pile de petites dimensions qu'on peut porter
EXPLOSEUR.
génie autrichien. H est formé d'un ou deux plateaux de verre ou de caoutchouc, qui tournent entre des plateaux garnis d'or mussif, et char-
i'ig. 342. — Appareil d'Ebner (élévation antérieure et latérale).
gent une bouteille de Leyde. Deux poupées reçoivent les t)ls qui aboutissent à Tamorce. La
bouteille chargée, on établit les coramunications.
L'exploseur de Bréguet, ordinairement appelé coup de poing, est un petit appareil magnéloélectrique (fig. 343). Un aimant en U est îorjjaé de plusieurs lames d'acier superposées ; autour des deux pôles sont fixées des bobines, enroulées de telle sorte que leurs effets s'ajoutent, et reliées au circuit qui contient les amorces. Une armature de fer doux, appliquée sur les pôles, peut tourner autour d'une charnière parallèle à la ligne des pôles; elle est commandée par un levier coudé terminé par un bouton^ qu'on frappe fortement avec le poing. L'armature s'écarte brusquement, produisant dans les bobines un courant induit. Mais un ressort porté par le levier coudé vient toucher une vis de butée et maintient les bobines en court circuit pendant
Fig. 343. — Coup de iM>ing Rréguol.
la première partie de la rotation; c'est seulement à la fin, lorsque l'exlra-courant s'ajoute au courant induit, que le ressort abandonne la vis, lançant le courant total dans le circuit des amorces. Un verrou immobilise l'armature pour empêcher les accidents.
M. Marcel Deprez a construit plusieurs modèles d'exploseurs. Dans l'un, la bobine est fixée sur une pièce de fer doux, placée entre les branches de l'aimant et mobile autour d'un axe parallèle à ces branches. On fait tourner la pièce de fer doux et la bobine au moyen d'une manette.
Dans un autre modèle, la bobine est encore placée entre les branches de l'aimant, mais elle est fixée à une armature qui s'applique sur les pôles, comme dans l'appareil de Bréguet. Le courant produit par le déplacement de l'ar-
mature est lancé dans le fil inducteur d'une bobine de Ruhmkorff, et le courant induit de cette bobine est envoyé dans le circuit des amorces.
MM. Siemens et Halske construisent des exploseurs dynamo-électriques. L'armature, actionnée par une manivelle, fait d'abord quatre tours pour amorcer la machine : le courant est alors lancé dans les amorces.
Le génie allemand emploie l'exploseur Marcus (fig. 344) ; il est contenu dans une longue boîte dont le fond et deux des côtés forment un aimant en fer à cheval; les deux autres côtés sont en ébonite et l'un d'eux porte les deux bornes.
Une armature de fer doux, sur laquelle s'enroule une bobine à fil très fin, peut tourner autour d'un axe vertical, à l'aide de la poi-
EXPLOSEUR-VÉRIFICATEUR.
gnée extérieure. Si on lui fait faire quelques tours, un arrêt la maintient dans sa position; mais, dès qu'on appuie sur le bouton qu'on
Fig. 344. — Bxploseur Marcus.
voit à gauche du premier dessin, un ressort puissant la ramène rapidement à sa position
première. A ce moment, une lame métallique intérieure s'écarte momentanément de Taxe et lance le courant dans le circuit extérieur.
EXPLOSEUR-VÉRIFICATEUR DE PLACE. — Le capitaine de Place a imaginé un appareil qui sert à vérifier et à faire exploser les amorces de quantité et de tension.
Une pile de trois éléments Germain ir, montés en tension (fig. 345), peutcommuniquer à volonté avec une bobine de RuhmkorlT AB. Le couvercle de l'appareil porte trois boutons commutateurs, deux bornes d'attache et un téléphone. Au repos, les points 6 et c se touchent ainsi que les points b' c'. Les amorces sont reliées aux bornes CD. A l'aide du bouton 3, on relie a' 6" et le courant peut traverser le téléphone en dérivation. Quand le téléphone est sur son support, il presse un petit levier à ressort qui met en contact/ etC; lorsqu'on le saisit, cette communication se trouve supprimée automatiquement.
Lorsqu'on appuie sur le bouton 2, on envoie
Cireuit,
Fig. 345. — Exploseui^vériflcaleur de M. le capilaiiic de Place.
dans le circuit extérieur le courant primaire de la pile, qui est suffisant pour faire détoner plusieurs amorces à fil de platine. En pressant le bouton 1, on lance* ce courant dans la bobine, et le courant induit fait exploser les amorces à étincelle.
Pour vérifier les amorces de quantité, on emploie le courant de la pile; on enlève le téléphone, ce qui introduit automatiquement dans le circuit une résistance suffisante pour que le courant ne puisse pas enflammer l'amorce. Si
l'on appuie vivement plusieurs fois de suite sur le bouton 3, le téléphone parle très fort, si le fil de platine est intact; il reste muet si le fil est interrompu.
Les amorces de tension se placent en dériva tion sur l'induit de la bobine, ce qui a lieu par le seul fait d'enlever le téléphone. Si l'on appuie rapidement plusieurs fois sur le bouton, le courant de la pile est lancé dans cet induit à chaque contact, puis, au moment de la rupture, l'extra-courant ne trouve plus à passer que par