‹ Dictionnaire d'électricité et de magnétismeChapitre 118 sur 310 · FIL DE SUSPENSION. — FILET SOLÉNOÏDAL · texte numérisé non relu

FIL DE SUSPENSION. — FILET SOLÉNOÏDAL

est généralement nu et supporté par des isolateurs en porcelaine disposés sur des poteaux de l:)ois ou de fer. Il est en fer galvanisé, ou en l>ronze phosptioreux, silicieux ou chromé, ou formé d'une àme d'acier entourée d'une couche tle cuivre (fil compaund).

Les fils recouverts servent à la construction dos appareils, aux installations de lignes intérieures (appartements, postes télégraphiques el téléphoniques), Pour les lignes intérieures, on emploie surtout le (il recouvert d'une enveloppe de gutta-percha et d'une couche de coton; les fils de petit diamètre qui servent à \a construction des boussoles, appareils télégraphiques, etc., sont généralement couverts seulement d'un guipage de soie; les gros fils servant à la construction des dynamos n'ont qu'un simple guipage de coton. L'enduit de gutta-percha est appliqué à chaud par une presse hydraulique. Les guipages de coton et de soie sont tissés à l'aide d'un métier analogue aux métiers à passementerie. Suivant le degré d'isolement désiré, on peut appliquer successivement deux ou trois couches de fil isolant, en alternant chaque fois le sens de l'enroulement. Deux couches de soie ainsi disposées forment, même sans gutta-percha, un très bon isolant. Le fil ainsi recouvert est souvent passé ensuite dans un bain liquide de bitume de Judée ou de gomme laque pour le préserver de l'humidité (Voy. Cable et GOiNDUcteur).

Pour les boites de résistances, on emploie, au lieu de cuivre, des fils de maillechort ou d'un alliage argent et platine, dont la résistance varie très peu avec la température.

Au lieu de désigner les fils par le diamètre du cuivre nu, on emploie dans le commerce divers procédés de numérotage (Voy. Jauge).

PU direct, semi-direct, omnibus. — Dans les télégraphes, on nomme fil direct celui qui relie seulement des postes très éloignés les uns des autres, fil semi-direct celui qui fait communiquer des postes moins éloignés, et fil omnibus celui qui dessert à peu près tous les postes.

Fil fin. — Fil, ordinairement en fer, qui, dans certains modèles de paratonnerres (voy. ce mot), est interposé entre les appareils télégraphiques et la ligne. Si, pendant un orage, un courant violent parcourt la ligne, le fil est brûlé, et les appareils, mis hors de circuit, ne risquent pas d'être détériorés.

Fil de retour. — Fil qui réunit Tune des bornes d'un appareil au pôle négatif de la source. Depuis les expériences de Steinheil (1838), le fil

de retour, dans les télégraphes, est supprimé et remplacé* par la terre.

Fil de terre. — Fil qui fait communiquer avec la terre l'un des pôles d'une pile ou Tune des extrémités d'un circuit. Cette communication avec la terre doit être parfaitement établie. Dans les laboratoires, on se sert des conduites d'eau ou de gaz.

Dans l'Àndustrie, il est bon de terminer ce fil par une large plaque métallique plongée dans un puits intarissable (et non dans une citerne). Nous reviendrons sur ces précautions en parlant des paratonnerres.

FIL DE SUSPENSION. -- Dans les appareils très sensibles (galvanomètres, etc.), on suspend l'aiguille par un fil de soie non travaillé, tel qu'il sort du cocon. Ces fils de cocon ne présentent à la torsion qu'une résistance négligeable, de sorte qu'on peut les tordre de plusieurs circonférences sans qu'ils reviennent sur eux-mêmes. L'aiguille peut donc tourner librement sans que l'action du fil contribue à la ramener au zéro.

Si le fil doit au contraire développer une force antagoniste de torsion, qui tende à ramener l'aiguille au zéro lorsqu'elle s'en écarte (balance de Coulomb, électromètres, etc.), on se sert d'un fil fin d'argent ou mieux d'une suspension bifilaire (Voy. Bifilahie), formée de fil de cocon ou de fil d'argent. Les suspensions formées d'un seul fil d'argent ont l'inconvénient de changer sans cesse de structure moléculaire, de sorte que le zéro se déplace constamment. On peut employer aussi des fils de verre.

FILA.MENT. — Brin de charbon long et fui qui, dans les lampes à incandescence, est porté à une haute température et devient lumineux.

FILET SOLËNOIDAL. — On donne ce nom à une série d'éléments magnétiques, disposés en file, leurs axes formant une ligne continue de forme quelconque, et le pôle nord de chacun étant en contact avec le pôle sud du suivant. Les faces en contact ayant des masses égales et contraires, le système peut être considéré comme neutre dans toute son étendue, sauf sur les deux extrémités, qui ont des masses égales et contraires. L'action du filet ne dépend que de la grandeur et de la position de ces deux masses; elle est donc indépendante de sa forme et de sa longueur; elle est nulle si le filet se ferme sur lui-même.

La puissance P d'un filet est le produit de sa section par son intensité d'aimantation. Le po-

FILTRAGE. — FLAMBEAU ÉLECTRIQUE.

tentiel du filet en un point situé à des distances r et r' des deux extrémités est*

FILTRAGE. — Lorsqu'on filtre du mercure à travers une peau de chamois, le liquide s*électrise positivement, et le filtre négativement. Les effets sont d'autant plus énergiques que les pores de la peau sont plus fins.

FILTRE ÉLECTRIQUE. ~ Plusieurs in v teurs ont construit des filtres dans lesqael' détruit les germes malsains par l'oxygeD^ j dégage le courant d'une pile. L'eau traversée vases dans lesquels plongent des électrodei . charbon reliées à la source d'électricité.

FLACON ÉLECTRIQUE. — Syn. de Boctil

DE LrYDB.

FLAMBEAU ÉLECTRIQUE. — Pour le bal d'AscaniOy représenté à l'Opéra de PârL-

Kig. 352." — Flambeau électrique du ballet d'Ascaiiio.

21 mars 1800, M. Trouvé a construit un flambeau électrique analogue à ses bijoux lumineux. Les directeurs de l'Opéra désiraient un flambeau léger, de dimensions restreintes, s'alimentant par lui-même pendant 12 à 15 minutes, de façon à supprimer les fils conducteurs, qu'il eût été difficile de dissimuler dans les vêtements de la danseuse représentant Phœbus.

La source employée est une lampe à incan-

descence (fig. 352), dont les rayons se Unii>^ à travers des pierreries de diverses couleur et qui est alimentée par six petits accumo teurs en plomb, du genre Planté, disposés^a^ le flambeau lui-même, trois à la partie sop rieure, les trois autres à la partie inférieuf^ dans le fût. Chaque élément complet t' 70 grammes, soit en tout 420 gramme?- '■' électrodes ont ^5 centimètres de hauteur >û' 7 de longueur, et sont enroulées en spirai^

FLUIDE ÉLECTRIQUE. — FLUVIOGRAPHE OU MARÉGRAPHE.

eur distance est, dans chaque élément, de ,5 mm. ; chaque couple forme un cylindre de y centimètres de hauteur et de 2 centimètres le diamètre.

Le pôle positif est à la partie inférieure du (lambeau, le pôle négatif à la partie supérieure. La lampe est reliée d'une façon permanente à ce dernier pôle, et au premier par un bouton commutateur, sur lequel on appuie pour produire rincandescence.

M. Trouvé a construit en outre un autre

flambeau alimenté par des piles au bichromate

là renversement. En le tenant la tète en bas, les

'éléments sont hors du liquide ; pour produire

le courant, il faut d'abord le redresser, puis

appuyer sur le bouton.

FLUIDE ÉLECTRIQUE. — On expliquait au siècle dernier les phénomènes électriques par Texistence d'un (théorie de Franklin) ou même de deux fluides particuliers (théorie de Symmer), le fluide positif et le fluide négatif. On tend à penser aujourd'hui que ces phénomènes sont dus à l'éther; fluide auquel on attribue également les vibrations colorifiques et lumineuses (Voy. Éthkr, Électricité).

FLUIDE MAGNÉTIQUE. — On attribuait également les phénomènes magnétiques à deux fluides distincts, le fluide austral et le fluide boréal. Les relations nombreuses qui ont été découvertes entre le magnétisme et l'électricité permettent de rattacher l'un à l'autre, et de les attribuer à des manifestations diverses des propriétés de l'éther.

FLUORESCENCE ÉLECTRIQUE. — Fluorescence produite par la lumière de l'arc électrique ou des tubes de Geissler. Exposés à cette lumière, les sulfures alcalins, le verre d'urane, le sulfate de quinine, etc., deviennent lumineux dans l'obscurité.

FLUYIOGRAPHE ou MARÉGRAPHE. — Appareil enregistreur destiné à indiquer le niveau de l'eau dans un fleuve ou une rivière ou à inscrire les changements de hauteur dus xnu marées. Les mêmes appareils peuvent servir aux deux usages. Dans les fluviographes, l'électricité ne sert souvent qu'à mettre en marche une sonnerie, lorsque le niveau tend à sortir de certaines limites tracées d'avance.

Dans le fluviographe de M. Gheysson, les niveaux sont inscrits sur un disque circulaire fig. 353), qui tourne autour de son centre en vingt- quatre heures par l'action d'un mouvement d'horlogerie. Sur chaque disque sont imprimés 24 rayons équidistants, qui correspondent aux heures; des cercles concentriques

Fig. 353. — Muviographe à cadran.

FLUVIOGRAPHE OU MARÉGRAPHE.

indiquent les hauteurs d'eau. Un flotteur, installé dans un puits vertical en communication avec la rivière, est suspendu à un fil qui passe sur une poulie et porte à Tautre extrémité un crayon, qui se déplace suivant le rayon vertical du disque, lorsque le niveau change. Deux contacts mobiles, se fixant à volonté,

Fi^. 354. — Fluviographe à rylindre \ortiral.

sont rencontrés par le chariot qui porte le crayon, lorsque le niveau de retenue est dépassé, soif en crue, soit en baisse. Ce contact ferme un circuit qui comprend une sonnerie.

La maison Col lin construit encore un modèle qui diffère seulement du précédent en ce que rinscription se fait sur un cylindre vertical recouvert d'une feuille de papier qui fait un tour

sur lui-même en sept jours (fig. 354), Des gén»-ratrices équidistantes représentent les jours et les heures, et des lignes horizontales correspondent aux hauteurs d'eau. Le crayon est encore fixé à un fil qui passe sur une poulie et porte un flotteur à l'autre extrémité. Des contacts mobiles servent encore à actionner une sonnerie lorsque le niveau sort des limites fixées. Cette sonnerie, qu'on a figurée auprès de l'appareil, est placée en réalité dans la chambre du surveillant.

Lorsque l'appareil sert de marégraphe, le cylindre fait un tour en vingt-quatre heures. Il s'applique à tous contrôles de niveau, et enregistre avec précision tous les mouvements d'eau, coups de mer, houle, passage de bateaux, etc. Le crayon, qui a l'inconvénient de s'user, peut être remplacé par une plume, qui, une fois chargée d'encre, peut fonctionner pendant un mois.

Les appareils précédents fonctionnent notamment à Suresnes, Bougival, Bezons, Boulogne, Calais, Panama, Corinthe, laRéunion, etc.

Dans le fluviographe de MM. Lepaute, le cylindre a son axe horizontal. Le flotteur est suspendu à un fll qui passe sur des poulies de renvoi et porte à l'autre extrémité un curseur se déplaçant parallèlement à l'axe du cylindre, et muni d'un électro-aimant dans lequel le mouvement d'horlogerie lance un courant toutes les 5 minutes.

L'électro agit alors sur une pointe qui fait une piqûre dans le papier du cylindre. En joignant les piqûres par une ligne continue, on a la courbe des niveaux. Deux contacts mobiles peuvent glisser sur une règle parallèle à celle qui porte le cui^eur; lorsque celui-ci vient les toucher, une sonnerie est mise en branle : ces contacts portent chacun un crayon qui indique sur le cylindre les limites qu'on a fixées.

Dans le fluviographe de M. Macquery, c'est l'électricité qui enregistre les variations de niveau. Le fil du flotteur s'enroule sur une roue dont la circonférence est creusée d'une rainure hélicoïdale : le nombre de tours de la rainure doit être tel que la longueur du fil suffise à tous les changements possibles de niveau. Une double roue isolante, montée sur le même axe que la première, et munie de contacts métalliques, lance un courant dans un premier circuit chaque fois que le niveau a monté de 5 centimètres, et dans un second, chaque fois qu'il a descendu de la même quantité. L'appareil enregistreur est une sorte de récepteur Morse (Voy. Télégraphe), ayant deux électro-aimants.

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