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PRINCIPE DE CARNOT. — PROJECTEUR ÉLECTRIQUE

lectrîcité doit être à la surface. De plus, elle doit y être distribuée de telle sorte que la force électrique en chaque point soit normale et dirigée vers l'extérieur. La couche d'électricité fait donc effort vers Textérieur, comme pour

cherchera occuper un volume plus grand. L'air, qui est isolant, s'oppose à cette expansion ; mais l'électricité exerce sur lui une pression appelée pression électrostatique.

Cette pression est indépendante du signe de

Fig. 794. — Presses i pile (Ducrctel).

la charge et proportionnelle en chaque point au carré de la densité. Si la densité est a, on démontre que la pression électrostatique est 2ita^,

PRINCIPE DE CARNOT. — Le second principe de la thermodynamique a été indiqué par Camotet porte son nom. Voici l'énoncé donné par Carnot {Réflexions sur la puissance motrice du feu, 1824) :

La puissance motrice (rendement) de la chaleur est indépendante des agents mis en œuvre pour la réaliser; sa quantité est fixée par la température des co}ys entre lesquels se fait en dtrnier résultat le transport du calorique.

Le rendement, c'est-à-dire le rapport de la chaleur absorbée ou travail produit, est donc indépendant de la nature du corps et ne dépend que des températures extrêmes.

Sir W. Thomson a montré qu'on peut déduire du principe de Carnot et du principe de la conservation de l'énergie un certain nombre de conséquences importantes relativement aux phénomènes magnétiques et électriques.

« 1® Si l'on opère à une température inférieure au rouge, mais assez élevée pour que le coefOcient d'aimantation du fer soit décroissant, un morceau de fer doux doit s'échauffer quand on l'approche d'un aimant et se refroidir quand on l'éloigné. On suppose les mouvements assez lents pour éviter les courants d'induction.

a L'inverse aurait lieu aux températures ordinaires, si le coefficient d'aimantation, comme il semble probable, croit avec la température;

u 2^ Le cobalt doit se comporter comme le

fer : se refroidir quand on l'approche d'un aimant à la température ordinaire, et s'échauffer au contraire quand on opère à une température supérieure à celle du maximum d'aimantation.

« 3° Pour le nickel, il n'y a pas de maximun d'aimantation : à toute température, ce métal doit s'échauffer quand on l'approche et se refroidir quand on l'éloigné d'un aimant;

« 4° Dans un champ magnétique, un cristal se refroidit quand son axe de plus grande induction magnétique, ou de plus petite induction diamagnétique, passe d'une direction parallèle à une direction perpendiculaire à celle du champ.

« Les phénomènes pyroélectriques donnent lieu à des considérations analogues. » (iMascart et Joubert, Leçons sur V électricité et le magnétisme) .

PROJECTEUR ÉLECTRIQUE. - Appareil dé clairage employé depuis quelques années pour la télégraphie optique et pour l'éclairage des manœuvres militaires ou des navires.

On emploie en France Je projecteur du colonel Mangin, qui est formé d'une lampe à arc placée au foyer d'un miroir aplanétiquo (fig. 795). Les charbons peuvent être réglés â la main au moyen du volant M et des vis W. Ce mode de réglage, qui semble grossier à première vue, a été préféré parce que l'appareil est ainsi plus robuste et plus capable de résister aux chocs que les régulateurs; il est parfaitement suffisant, parce qu'on n'a besoin en guerre que de périodes d'éclairage fort courtes.

PROJECTEUR ÉLECTRIQUE

pour ne pas donner à Tennemi le temps de repérer la position. Cette lampe est disposée dans un tambour cylindrique, fermé au fond par un miroir formé d'un ménisque divergent dont la face postérieure est argentée. Les rayons de courbure des deux faces sont calculés pour donner au faisceau lumineux un parallélisme parfait, bien que l'ouverture du miroir soit presque égale à sa distance focale. Ce faisceau peut être rendu à volonté convergent ou divergent soit en déplaçant le foyer, soit en fermant l'ouverture du cylindre par des portes munies de lentilles convenables.

Fig. 795. ~ Projecteur Mangiii.

Le projecteur Mangin est alimenté par une dynamo Gramme, du type DQ, pouvant donner 4000 carcels, commandée directement par un moteur Brotherood, muni d'une chaudière Field donnant une vaporisation très rapide.

L'appareil destiné aux côtes et aux places fortes porte à 7 ou 8 kilomètres. Il est muni d'un miroir de 0,90 m. d'ouverture. Il exige deux chariots : l'un, de 5000 kilogr., traîné par six chevaux, porte la chaudière, le moteur et la dynamo; l'autre, de 750 kilogr., portant le projecteur monté sur un pivot, est traîné par un seulchevaL Un câble double, enroulé sur un

tambour, établit les communia jecteur peut être descendu da ci sur un socle en treillis, appel? rhommes suffisent pour ce tnn^^n existe un modèle de campir reil secondaire, comportant 1^ :

ments, mais d'une puissance m: :

roir est de 0,60 m . ; la machine ^' : La portée utile est de 4 kilom^ :

Fig. 7W. ~ Fro^ecleur utgiak (^«a6<* '

reil tend à remplacer le preroi^r i est trop élevé.

Un troisième modèle, dit de cîî ^ destiné aux forts d'arrêt pour éolai'"' à battre au canon. Il peut servir jb^^^ les signaux optiques . 11 a une pui»^^ carcels. La voiture à deux roae5 pr née par un seul cheval.

Le projecteur de l'armée ali^Ei" peu des précédents. Il est muui <f ^ *

PROJECTILES (Recherche des). — PROTECTION DES TRAINS.

verre, qu'on prétend parabolique, et qui rend parallèles les rayons d'une lampe à charbons horizontaux. Cette lampe est réglée à la main ou automatiquement. Les deux porte-charbons sont mobiles sur des rails. Le charbon positif est plus gros que le négatif, de sorte qu'il s'use de la même quantité ; il tourne son cratère vers le miroir, pour éviter les pertes de lumière.

Le réglage automatique se fait parle système Krizik-Piette, qui fonctionne dans toutes les positions. Les charbons sont fixés à deux noyaux de fer doux coniques qui pénètrent plus ou moins profondément dans deux solénoîdes. Le tout est renfermé dans une boîte métallique et les porte-charbons émergent seuls. Un jeu de lentilles permet de rendre le faisceau divergent. La portée est de 3500 mètres.

Une voiture porte le projecteur, 100 mètres de câble, deux appareils télégraphiques de campagne, système Buckholtz, avec leur bobine à dérouler le câble, enfin une série d'outils; une autre est chargée de la chaudière, du moteur et de deux dynamos Siemens. Ce projecteur est aussi employé en Italie, en Belgique et en Chine.

La marine anglaise emploie le projecteur (ftg. 796), qui ne difl'ère des précédents que par des modifications de détail. La lampe est légèrement inclinée, et la manœuvre est rendue très sensible par des transmissions de mouvement qui permettent à l'opérateur de diriger à son gré le faisceau lumineux.

PROJECTILES (Recherche des). -— Voy. Explorateur et Balance d'lnduction voltaïque.

PROPULSEUR ÉLECTRIQUE. — Organe mécanique commandé par un moteur électrique et servant à faire marcher l'appareil auquel il est adapté. Ces propulseurs ont été appliqués à la navigation aquatique et aérienne.

Pour les bateaux (Voy. ce mot), on fait généralement usage d'hélices. Cependant, dans le cas des rivières peu profondes ou encombrées d'herbes, M. Trouvé emploie le propulseur à augets coniques de M. Dupassieux (fig. 797). Dans cet appareil, les augets se comportent tout autrement que les aubes ordinaires, à l'entrée et à la sortie du liquide. La résistance à ces deux moments est tellement atténuée qu'elle peut être considérée comme nulle; par suite le rendement est très élevé. Le point d'appui du propulseur résulte du coincement du liquide, qui entre par la grande ouverture de l'auget et sort par la petite.

I^ figure 798 montre un bateau de 9 mètres de longueur, sur lequel s'adaptent à volonté en Dictionnaire d'électricité.

quelques minutes, soit le propulseur précédent, soil le gouvernail-moteur propulseur décrit plus haut (Voy. Batead). Le moteur est mû par les piles Trouvé, placées à l'avant.

Fig. 797. —Propulseur à augcU coniques.

Les propulseurs électriques à hélice ont été également appliqués à la navigation aérienne (Voy. Aérostat).

PROTECTION ÉLECTRO-AUTOMATIQUE DES TRAINS. — On donne ce nom à tout système de dispositions électriques permettant aux trains de chemins de fer de manœuvrer automatiquement les appareils destinés à les protéger et de fournir à distance des indications sur la position qu'ils occupent. Un tel système donnerait évidemment une sécurité absolue, si l'on pouvait compter sur le fonctionnement certain des appareils; on éviterait ainsi tous les accidents provenant d'erreurs ou d'omissions de la part des employés.

En principe il suffit que le train, lorsqu'il passe en des points déterminés, ferme un circuit contenant le disque ou l'appareil quelconque qu'il s'agit d'actionner. Mais, dans la pratique, la réalisation de cette idée est loin d'être simple.

Ou a essayé de disposer le long d'un des rails une pédale sur laquelle appuie en passant la roue de la locomotive ; ce mouvement produit la fermeture du circuit. Mais la pédale, frappée successivement par toutes les roues du train, peut être mise assez rapidement hors de service. Pour éviter cet inconvénient, on Ta associée à un souffFet qui laisse pénétrer librement l'air extérieur, au moment où la pédale est abaissée par la locomotive, et qui se ferme dès qu'elle tend à reprendre sa position. L'air s'échappe alors par un petit orifice assez lente-

PHOTOSISMOGRAPHE. — PYLONE HYDRO-ÉLECTRIQUE.

ment pour que la pédale ne se relève complètement qu'après le passage du train. Malgré ce perfectionnement, les pédales et toutes les pièces mobiles sont trop susceptibles de subir des dérangements pour inspirer une sécurité absolue. Une solution beaucoup plus simple a été indiquée par M.deBaillehacbe : elle consiste dans remploi d'une pièce de fer isolée, fixée parallèment au rail et que la locomotive touche en passant. Cette disposition ne paraît sujette à aucun dérangement : elle a été expérimentée avec succès pendant l'Exposition de 1889, et

adoptée depuis par plusieurs C i i chemins de fer. (Voy. Rail ik*u. j Blocr-systbm automatique).

PROTOSISMOGRAPHE. - Apf^ tant à un enregistreur les mou^fn (Voy. Sismographe.)

PUISSANCE. — La puissance i électrique a pour mesure le pr>:u férence de potentiel par la quantiv débitée en une seconde ou par I i:

Le Congrès de 1889 a adopté p r tique de puissance le watt, app^l- i

Fig. 798. — Balcau muni d'une hélice et d'un propulseur à aagets.

volt-ampère. C'est la puissance correspondant au produit d'un volt par un ampère. Le watt vaut 10^ unités G.G.S.

PULVÉRISATEUR ÉLECTRIQUE. — Cet appareil, exposé en 1889 par le D' Huguet (de Vars), présente une application intéressante de l'électricité. 11 sert à pulvériser, par une série de décharges, les liquides hygiéniques et antiseptiques destinés aux inhalations.

Il se compose d'une sphère de verre A, percée de quatre orifices B, B', B", B* (fig. 799) : les deux premiers portent deux tubes CC, munis de réservoirs DU', dans lesquels on verse le Jiquide à pulvériser, et se terminant à l'intérieur

par des tubes capillaires cc\ qui ^' un centimètre l'un de l'autre. DâB.^ ventilateur projette par B* de l air \ met les deux tubes CC en commua, les deux pôles d'une machine ile ^ dès qu'elle fonctionne, le liquide ^ poussière extrêmement fine, et *e ^ l'air que le malade respire par IVn

PTLONE HTDRO-ÉLECTRIQUI^ construit par la société ÊlectriciU ri t (de Liège) et contenant une in>tj'' plète d'éclairage électrique (fig.8»>'

Les pylônes se composent d en • màt élevé et d'une flèche en fer ! V-

PYLONE HYDRO-ÉLECTRIQUE.

tant un ou plusieurs foyers électriques, d'intensité variable selon la hauteur du mât et les surfaces à éclairer.

Le socle renferme un appareil dit dynamohydromoteur, consistant en une turbine, qui travaille par la pression des eaux de la ville, et une dynamo dont Tarmature mobile est directement montée sur l'arbre du moteur. Deux atmosphères suffisent à la marche du moteur, et le rendement est de 72 à 74 p. 100. Chaque pylône peut alimenter un ou plusieurs foyers à arc voltaîque, ou bien un lustre de lampes à incandescence. Chaque foyer est muni d'un dérivateur automatique qui intercale, au lieu et place du régulateur, un rhéostat d'égale résistance, lorsque, par une cause quelconque, le courant vient à être interrompu dans la lampe. Si la machine faisait défaut, un déclencheur agirait automatiquement et fermerait instantanément l'admission d'eau. Le moteur n'est donc jamais abandonné à lui-même, et il n'y a pas

Fig. 7'J9. ~ Palvérisateur du D' Huguct (de Vars).

Fig. 800. — Pylône hydro-électrique.

lieu de craindre de le voir s'emporter en fonctionnant à vide, ce qui pourrait conduire à sa destruction et à celle de la dynamo.

Le moteur est muni d'un régulateur destiné à lui conserver une vitesse absolument cons-

tante, quelles que soient les variations du travail électrique et celles de la pression d'eau.

A Liège, plusieurs de ces pylônes sont installés au parc d'Avroy. Ils sont de 3500 bougies; les dynamos donnent 27 ampères et la durée

PYROÉLECTRICITÉ. — QUANTITÉ D'ÉLECTRICITÉ.

des lampes est de 16 heures; la pression hydromotrice est de 4 1/2 atmosphères.

PTROÉLECTRICITÉ. — Électricité produite par un cristal de tourmaline que Ton chauffe. Ce cristal se comporte alors comme un élément de pile ayant une très grande force électromotrice et une très grande résistance intérieure. En reliant les deux houts par un 111 conducteur, on obtient un courant.

La force électromotrice de différentes parties d'un même cristal est proportionnelle à la longueur, et les courants produits varient avec la section transversale moyenne, c'est-à-dire en raison inverse de la résistance. Ces propriétés ont été étudiées par M. Gaugain.

La polarité de la tourmaline ne dépend pas de la température, mais de sa variation. Supposons qu'en chauffant un cristal Tune des extrémités A devienne positive et l'autre B négative. Si on décharge ce cristal en Je touchant avec les doigts, et qu'on le laisse refroidir, en revenant à sa température initiale, l'extrémité B devient positive et A négative. Le pôle A est dit analogue et B antilogue,

La tourmaline n'est pas le seul cristal pyroélectrique. La topaze, l'émeraude du Brésil, la boracite, l'oxyde de zinc, le spath calcaire, le béryl, le spath fluor, le quartz, etc., possèdent la même propriété, mais à un degré moindre. Haiiy a remarqué le premier que les cristaux pyroélectriques dérogent à la loi de symétrie; ils présentent ordinairement l'hémiédrie à faces inclinées ou tétraédnque. Il parait exister une relation constante entre ce genre d*hémiédrie et la pyroélectricité.

PTROËLECTRIQUE. — Se dit des cristaux qui s'électrisent sous l'inlluence des variations de température.

PTR06RAVURE. — Procédé employé pour décorer le bois, le cuir, le verre, en gravant ces substances à l'aide d'une pointe de métal rougie au feu, ou d'un fil de platine traversé par un courant électrique.

PTROM A6NËTIQUE (Générateur et Moteur;.

-— Voy. GÉNÉRATEUR et Moteur.

PTROM ËNITE. — Avertisseur d'incendie imaginé par M. Forgeot : un ressort, maintenu d'ordinaire par une goupille en alliage fusible, devient libre par la fusion de cette goupille et vient fermer un circuit contenant une sonnerie.

PYROMÉTRE ÉLECTRIQUE. — M. Siemens et plusieurs autres inventeurs ont imaginé des pyromètres fondés sur la variation de la résistance électrique du platine avec la température. Ces appareils ne donnent pas de bons résultats, parce qu'il se produit des changements d'état moléculaire, qui influent sur la valeur de la résistance.

PTROPHONE. — Le pyrophone de M. Kastner est formé d'une série de tuyaux sonores en verre mis en vibration par de petites flammes de gaz, comme dans l'expérience de Tharmonica chimique. Chaque tube renferme deux flammes de gaz mobiles; pour faire parler le tuyau, il faut séparer ces flammes. L'électricit(^ intervient pour produire l'écartement des becs; chaque système de becs est commandé par farmature d'un électro-aimant.

QUADRANT. ~ On donne ordinairement ce nom à l'unité pratique de coefficient de selfinduction, qui vaut dO^ unités C.G.S. La même unité reçoit parfois en Angleterre le nom de secokm et en Amérique celui de henry.

QUADRUPLEX. — Système de transmission télégraphique permettant de transmettre quatre dépêches à la fois, deux dans un sens et deux dans l'autre.

QUANTITÉ D'ÉLECTRICITÉ. — Syn. de masse ot de charge électrique.

L'unité de quantité d'électricité dans le système électrostatique est la quantité d'électricité

positive qui, agissant sur une quantité égale placée à un centimètre, la repousse avec une force égale à une dyne.

L'unité pratique employée le plus souvent est le coulomb.

Quantité d'électricité mise en mouvement par Vinduction. — La quantité totale d'électricité mise en mouvement par l'induction est égale au quotient de la variation totale du flux parla résistance du circuit. Elle ne dépend ni du temps qu'a duré la variation, ni de la manière dont elle s'est faite.

Mesure des quantités d'électricité, — Ces quan-

QUANTITÉ (Montage en). — RADIOMÈTRE ÉLECTRIQUE.

tités peuvent se mesurer d'une part à Taide de la balance de Coulomb et des électromètres, d'autre part à Taide d'un galvanomètre balistique. Dans le cas des courants, on peut déduire cette mesure de celle de l'intensité. Les compteurs d'électricité servent aussi à mesurer les quantités d'électricité.

QUANTITÉ (Montage en). — Voy. Couplage et Montage.

de

QUANTITÉ DE MAGNÉTISME. - Syn

masse magnétique. (Voy. Aimant.)

L'unité de quantité de magnétisme ou unité de pôle est la quantité qui agit sur une quantité égale placée à un centimètre avec une force d'une dyne.

QUARTZ. — Le quartz s'électrise quand on le comprime. (Voy. PiÉzo-ÉLECTRiaTÉ.)

RADIATIONS CALORIFIQUES (Mesure des).

— Voy. Thermomètre.

RADIOMÈTRE ÉLECTRIQUE. - Le radiomètre, imaginé par M. Crookes, se compose d^un récipient en verre dans lequel on a fait un vide très parfait, et qui contient un petit moulinet formé de quatre palettes en aluminium, noircies sur une de leurs faces, et pouvant tourner autour d'un axe vertical. Il suffit qu'un faisceau lumineux ou calorifique vienne frapper les palettes pour produire la rotation.

''^^wiKr

Fig. 801. — Radiomëtre électrique.

Lel radiomètre électrique (fig. 801) sert à montrer les propriétés de la matière radiante (Voy. ce mot) ; il a des palettes en aluminium, revêtues de mica sur une de leurs faces. La

chape sur laquelle porte l'axe de rotation est en acier dur au lieu d'être en verre, et la pointe sur laquelle il pivote est reliée par un fil métallique avec une électrode de platine scellée dans le verre. Au sommet de l'appareil est fixée une seconde électrode : ces deux électrodes communiquent avec une bobine d'induction, de manière que l'arbre mobile représente le pôle négatif.

« La pression la plus convenable est un peu supérieure à celle pour laquelle l'espace sombre qui entoure le pôle négatif s'étend jusqu'aux parois de la boule de verre. Lorsque la pression n'est plus que de quelques millimètres de mercure, le courant d'induction produit sur la face métallique des disques un halo de lumière violette veloutée, tandis que la face couverte de mica reste obscure. A mesure que la pression diminue, on voit un espace sombre séparer le halo du métal. A la pression d'un demi-millimètre, cet espace sombre s'étend jusqu'au verre et la rotation commence. En continuant à faire le vide, l'espace sombre s'élargit encore et semble s'aplatir contre le verre, et la rotation devient très rapide.

<( L'appareil (fig. 802) sert à montrer la force mécanique de la matière radiante lancée du pôle négatif. Le moulinet 56 est formé de quatre palettes carrées de mica mince et transparent, portées par de légers bras d'aluminium, fixés à une petite chape de verre qui repose sur une pointe d'aiguille terminant la tige a. Les palettes sont inclinées à 4b<^. Au-dessous du moulinet est fixé un anneau en fil de platine très fin ce, dont les extrémités traversent le verre en dd. Une électrode d'aluminium e est scellée au haut de l'ampoule, dans laquelle le vide a été poussé très loin. Si l'on relie l'anneau e au

RADIOMICROMÈTRE. — RADIOPHONIE.

pôJe négatif d'une bobine d'induction et le fil e au pôle positif, les palettes se mettent à tourner très vite.

« Ce radiomètre permet de faire une autre

Fig. 8ui. — Radiomètre à palettes inclinées.

expérience. On enlève la bobine d'induction et Ton attache les deux bouts dd du fil de platine aux pôles d'une pile suffisante pour faire rougir Tanneau. Le moulinet se met à tourner aussi vite que sous Finfluence de la bobine.

« Dans un vide presque parfait, la matière radiante est donc non seulement excitée par le pôle négatif d'une bobine d'induction, mais un ftl porté au rouge la met en mouvement avec une force suffisante pour faire tourner les palettes inclinées. » (Gordon, Traité d'électricité.)

M. Baur a donné le nom de radiomètre à un thermomètre formé de deux bandes d'étain, enroulées en spirale sur les deux faces d'un cylindre de bois. Ces deux feuilles formant les deux branches d'un pont de Wheatstone, la résistance de l'une d'elles varie si elle est frappée par des radiations calorifiques : cette variation de résistance permet de mesurer l'échaufi*ement. Nous décrivons à l'article Thermomètre une disposition analogue.

RADIOMICROMÈTRE. — Thermomètre électrique imaginé par M. Vernon-Boys et destiné àmesurerde très faibles variations de température. Il est formé d'une croix dont le centre est en antimoine et les bras en bismuth. Quatre fils de cuivre, partant des extrémités de ces bras, vont aboutir à un anneau de même métal,

parallèle au plan de la croix. Ce tthermo-électrique est placé sar ai les deux pôles d'un aimant (^ branches de la croix s'échauffe, ...

met à tourner. M. Vernon-Boys i r^^ ce principe un galvanomètre, comp ment thermo-électrique, forni'^ .^ soudés et suspendu dans un cbar tique. Cet instrument peut remph -' mètre ; d'après l'auteur, il accosçraa:

vingt-dix millionième de degré, ee ;.

pond à une force électromotrice d\.

dix millionième de microvolt.

RADIOPHONE. — Appareil qui :

son lorsqu'il est frappé par des radîd rifiques. lumineuses ou chîmique>. ^ nature des radiations employées. V divise les radiophones en thermof t»:

tophones et actinophones. Les premi-' être constitués par la plupart de? ^r:

vapeurs ; la vapeur d'iode et le percr:: sont surtout sensibles aux radiati neuses. Enfin on ne connaît pas dtzt

Il existe d'autres appareils dans 1transformation se fait indirectement photophone à sélénium de Rell, dé:r (Voy. Photophone).

RADIOPHONIE. — M. Mercadier :

nom à un phénomène qui peut s'énc un rayon lumineux, rendu inters tombe sur une plaque mince applq l'oreille, soit directement, soit p^r \ diaire d'un tube en caoutchouc ei c acoustique, produit un son dont > de vibrations est égal à celui des inîe: du rayon lumineux dans une secoaîir

Un faisceau de lumière parallèle :^

Fig. 803. » RatliophoaH-.

concentré par la lentille L* sur le:

roue D percée d'orifices disposés e' est ensuite envoyé sur une plaque T de zinc ou de toute autre substance l'orifice d'un tube dont l'autre fîtr maintenue contre l'oreille de roK>rr Si l'on fait tourner la roue D, le fa:>*'' neux tombe sur la plaque T chaqtJ^ rencontre un des orifices de cette o

RAIL ISOLÉ (Contre-).

intercepté dans Tintervalle. Le son perçu est plus faible que dans Texpérience analogue faite avec le sélénium (Voy. ce mot). On peut même recevoir directement dans Toreille le rayon lumineux intermittent, et on entend encore un son. Les rayons calorifiques donnent aussi naissance à un son faible.

Au lieu d'un disque métallique perforé, il est préférable d'employer un disque de verre plein, recouvert d'une feuille de papier opaque, dan^ laquelle on découpe des ouvertures pour le passage des rayons. On évite ainsi le bruit produit par le frottement de Tair contre les ouvertures, qui pourrait empêcher d'entendre le son. On peut aussi faire usage d'un disque ayant plusieurs séries d'ouvertures, placées sur des circonférences concentriques : on obtient ainsi des sons de hauteur différente, si la lumière traverse successivement les diverses séries de trous, et des accords si elle les traverse simultanément. Le récepteur le plus commode est an cornet en bois, formé de deux parties qui entrent l'une dans l'autre à frottement et qui maintiennent entre elles la lame en expérience. Un tube de caoutchouc relie ce cornet à un cornet acoustique en bois, qu'on place contre loreille.

M. Mercadier résume ainsi ses recherches : i^ La radiophonie ne parait pas être un effet produit pur la masse de la lame réceptrice vibrant transversalement dans son ensemble, comme une plaque vibrante ordinaire, car une lame quelconque reproduit également bien tous les sons successifs, des plus graves aux plus aigus, et les accords dans tous les tons possibles.

2° La nature des molécules du récepteur ne parait pas avoir un rôle prédominant, car, à épaisseur et surface égales, tous les récepteurs donnent des sons de même hauteur et de même timbre.

3° Le phénomène semble résulter principalement d'une action exercée à la surface du récepteur, car toute opération qui diminue le pouvoir réflecteur et augmente le pouvoir absorbant accroît Tintensité du son .

4° Le phénomène dépend directement de la quantité de radiations reçues par le récepteur. On diminue en effet l'intensité du son en diminuant la quantité de radiations à l'aide de diaphragmes.

5^ Les sons radiophoniques sont produits principalement par les radiations de grande longueur d'onde, dites calorifiques.

Ce serait donc, comme dans le radiomètre,

I une transformation de Ténergie thermique des

I radiations.

RAIL ISOLÉ (Contre-). — Disposition imaginée

I par M. E. de Baillehache pour assurer la sécurité des trains de chemins de fer, et qui peut s'appliquer dans un grand nombre de cas. Cet appareil est d'une simplicité extrême : il consiste en une plaque de tôle d'acier de 4,5 millimètres d'épaisseur, isolée par des plaques de caoutchouc, qui est fixée parallèlement au rail et à une très petite distance, de sorte que les roues de la locomotive en passant établissent un contact métallique entre les deux pièces. Le contre-rail est relié par un fil avec l'appareil de protection (sonnerie, etc.) et avec une pile dont l'autre pôle est à la terre : le passage du train ferme donc le circuit. Le contact ainsi établi est toujours bon, car le frottement des roues met toujours à nu les surfaces des rails, même lorsqu'elles sont salies, oxydées ou couvertes de neige. En réalité, il peut se faire que souvent le contre-rail ne soit pas parfaitement isolé et qu'un courant continu traverse le circuit; mais il suffit de disposer l'appareil de protection pour que ce courant, beaucoup plus faible que celui qui est établi par le contact métallique des roues, ne le fasse pas fonctionner.

La figure 71 montre en détail la disposition d'un contre-rail isolé; nous nous bornerons donc à indiquer ici les principales applications de cette ingénieuse invention. Nous avons déjà signalé 'son emploi pour les passages à niveau; voici une disposition nouvelle, perfectionnée tout récemment par l'inventeur (flg. 804]. Deux sonneries de timbre différent sont placées au gardiennage du passage; chacune d'elles est reliée avec trois contre-rails, placés à des distances connues. On voit en outre deux flls de ligne, partant de la gare la plus voisine, où sont placés un téléphone, un interrupteur, un bouton de sonnerie et deux piles, mises à la terre par un de leurs pôles. Cette disposition est surtout utile pour les lignes à une seule voie. Le garde-barrière saura si le train vient de A ou de B, suivant qu'il entendra d'abord la sonnerie à timbre circulaire ou la sonnerie conique; de plus, il sera averti trois fois. Cette disposition peut servir aussi à contrôler la marche du train et à mesurer sa vitesse, ou bien à lui permettre d'actionner d'autres appareils de protection, par exemple à faire apparaître au passage à niveau un écriteau : Défeme de passer^ et à effacer ce signal lorsqu'il a franchi la barrière.

RAIL ISOLÉ (Contre-).

Le téléphone peut être mis dans le circuit à Taide de l'interrupteur. Il permet à la gare A de suivre la marche du train ; car Jes vibrations des sonneries se répercutent dans le téléphone lorsque le train franchit les contre-rails. On entend donc passer le train dans le téléphone,

et Ton peut même, avec un peu d'habitude, compter le nombre des wagons et savoir si le train est composé uniquement de wagons ordinaires, ou s'il renferme des voitures montées à grand écartement sur quatre paires de roues. La seconde pile qu*on voit à la gare A est une

Fil de ligne des signaux

Fig. 804. — Application du rail isolé aux passages à niveau.

pile de secours, qui peut renforcer la pile ordinaire s'il en est besoin. On utilise alors le fil de ligne marqué en pointillé.

Si un accident est à craindre, une collision par exemple sur voie unique, on peut, de la gare A, en pressant sur le bouton de sonnerie figuré à la gauche du dessin, fermer un circuit complètement métallique. Le courant part de la pile.

passe dans le bouton, suit le fil pointillé, entre dans la sonnerie du côté du marteau, passe ensuite sur le fil plein, de là dans l'interrupteur en contact avec l'autre pôle de la pile. Dans ce cas, le contre-rail n'est pas utilisé, et le circuit est complètement métallique. En prolongeant le fil pointillé jusqu'au dernier passage à niveau, et par un montage analogue, on arriverait à

Fig. 805. — Application du rail isolé au block-syslem.

commander, de la gare A, toutes les sonneries à timbre circulaire ou conique de la section, ou, ce qui serait préférable, des cloches d'alarme placées, suivant la déclivité du terrain, en des points variables ; la mise en branle de ces cloches serait, pour les mécaniciens, un signal d'arrêt absolu. On aurait ainsi une sécurité complète.

Le même système peut s'adapter au blocksystem; la figure 805 montre la disposition d'une section ; A et B sont les postes qui limitent cette section. On a supposé qu'elle renferme deux passages à niveau, munis chacun de deux sonneries ayant des timbres différents, comme dans le cas précédent.

Le contact des roues avec les contre-rails ac-

RAIL ISOLÉ (Contre-).

tionneTune des sonneries du passage à niveau, et les sonneries des postes A et B ; ceux-ci peuvent donc contrôler facilement la marche du train. Les piles se trouvent supprimées aux passages à niveau, et l'on peut même supprimer le gardiennaj?e de ces passages, en faisant mouvoir les barrières automatiquement par les contre-rails. Les postes A et B sont munis de téléphones qu'ils peuvent introduire à volonté dans le circuit, au moyen des commutateurs à manette KK'. CC sont des fiches métalliques servant au même usage, lorsqu'on remplace les commutateurs à manette par des commutateurs bavarois.

Enfin Ton voit, au milieu de la section, un poteau avec deux fils verticaux, dont Tun est soudé au fil de ligne et terminé par une borne, et l'autre en relation avec le rail, c'est-à-dire avec la terre, et également terminé par une

Fil de Ltgne

borne. Cette disposition permet de créer des postes de secours très économiques, et par conséquent de les multiplier. En cas de détresse, le chef de train n'a qu'à réunir les deux bornes par un interrupteur, pour avertir les postes A et B par des appels de sonnerie distincts et conventionnels. Il peut également adapter aux deux bornes un appareil téléphonique, et se mettre en relation avec ces postes, ou avec la gare la plus voisine.

Ce système peut être adapté aux poteaux télégraphiques; il évite au chef de train de se déplacer, ou d'envoyer son garde-frein demander du secours à un poste éloigné, lorsque le train se trouve arrêté, par exemple dans la neige.

La figure 806 montre la disposition du contrerail isolé dans le cas d'une bifurcation. Ce rail est placé à i200 mètres environ du disque

Po^te d'Aiguilleur

-tWt

Cable de jonctton. Q.

TICwA-e rail rsolê.

1800 À 2000 f^ Pile

•S vt Scmnerîe li!

Trtfin

Voie Feppce

Terre

Fig. 806. — Application du rail isolé aux bifurcatioos.

avancé. En admettant que le train ait une vitesse de 60 kilomètres à l'heure, l'aiguilleur aura donc i min. 20 sec. pour faire son disque avancé. Ce temps suffit parfaitement pour assurer un bon service d'exploitation.

11 arrive aussi parfois qu'un mécanicien brûle un signal, c'est-à-dire ne voit pas que le disque est fermé, et continue sa marche. Afin d'appeler l'attention du mécanicien, les disques avancés sont munis de pétards. C'est là une bonne précaution, mais elle ne suffit pas toujours; et il serait intéressant pour la sécurité de placer, à 20 mètres du disque avancé, un second avertisseur, qui actionnerait soit la même sonnerie que le premier contre-rail isolé, soit de préférence une sonnerie d'un timbre différent. On pourrait même facilement prendre une disposition électrique qui permettrait, si on le préférait, de ne faire tinter cette seconde sonnerie, dite d'alarme, que si, le disque étant à l'arrêt, le mécanicien avait passé outre.

Dans ce cas, il ne serait pas superfiu que la sonnerie d'alarme du poste de l'aiguilleur fiH remplacée par un relai, qui actionnerait en même temps, lorsque le voyant tomberait, une cloche placée sur le quai des voyageurs, à la gare où une collision pourrait être à redouter.

L'espace compris entre le disque avancé et le poste de l'aiguilleur est environ de 1800 mètres. Admettons que ce poste d'aiguilleur soit à 300 mètres de la gare : le chef de gare serait donc prévenu 2 minutes au moins avant qu'une collision soit à redouter, dans l'hypothèse où le mécanicien qui aurait brûlé le signal marcherait avec une vitesse de 60 kilomètres à l'heure.

Le contre-rail a été appliqué avec le plus grand succès au chemin de fer Decauville, pendant l'Exposition de 1889. L'exploitation de ce chemin de fer était des plus difficiles. Dans l'après-midi, les trains partaient sans heure réglée, dès qu'ils étaient remplis. En certains

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