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ARGENTURE GALVANIQUE

agrandie des charbons sur un écran au moyen d'une lentille ou d'un miroir concave. On voit alors que Tare est bien moins lumineux que les pointes des charbons (fig. 61); le charbon positif est plus brillant que le négatif et sur une plus grande longueur; sa température doit donc être plus élevée. D'après M. Rossetti, la température de Tare serait d'environ 4 800**, celle du charbon positif 4000° et celle du charbon négatif 3 000^

Dans le vide, le charbon positif se creuse en forme de cratère, tandis que le charbon négatif prend la forme d'une pointe; cette différence est due à ce qu'il y a des particules de charbon transportées dans les deux sens, mais surtout dans le sens du courant, c'est-à-dire du charbon positif au négatif. Si l'on opère dans l'air, les deux charbons brûlent, mais le charbon positif se consume environ deux fois plus vite que l'autre. Il est évident que si Ton prend comme générateur, au lieu d'une pile ou d'une machine dynamo-électrique à courants continus, une machine à courants alternatifs, les charbons s'useront également.

La température de l'arc est assez élevée pour fondre la plupart des matières réfractaires, même le platine; on ne peut donc obtenir un arc durable qu'avec des électrodes de charbon. Pour l'éclairage, il est préférable de relier le charbon supérieur au pôle positif. Si l'on veut au contraire fondre ou volatiliser un corps, on le place dans le charbon positif, qu'on met en bas et auquel on donne la forme d'une coupelle. On peut ainsi observer facilement les spectres des métaux.

On attribue la formation de l'arc à des particules très unes, peut-être des vapeurs, qui sont entraînées par le courant et établissent une communication entre les deux électrodes. Au spectroscope, l'arc donne, comme tous les gaz incandescents, un spectre cannelé présentant les raies du charbon et celles des métaux qui peuvent se trouver dans les charbons. C'est à cause de sa nature gazeuse que l'arc est beaucoup moins brillant que les charbons, quoique sa température soit plus élevée. Les charbons donnent un spectre continu qui s'étend très loin du côté du violet. La lumière émise est donc riche en rayons très réfrangibles et parait bleuâtre. Si l'on interrompt le courant pendant un instant, l'arc ne se rallume que si l'interruption a été extrêmement courte, par exemple inférieure à 0,05 seconde. Si elle dure plus longtemps, les charbons se refroidissent assez pour faire disparaître les conditions qui corres-

pondent à la production de l'arc. Dans le cas d'une interruption très courte, l'arc se rallume même si le courant change de sens, ce qui permet l'emploi des machines à courants alternatifs. Lorsqu'on emploie ces machines, la lumière est aussi fixe qu'avec les courants continus, mais elle produit un bourdonnement dont la hauteur dépend du nombre des interruptions, en général 160 environ par seconde. L'éclat des charbons passe alors par des maxima et des minima, et chacun d'eux devient à son tour plus brillant quand il est positif.

L'arc voltaïque, étant formé par une portion mobile du courant électrique, obéit à l'action d'un aimant ou d'un autre courant.

Force électro-motrice de Varc. — Edlund, et après lui plusieurs autres savants, ont constaté que la différence de potentiel entre les deux charbons n'est pas proportionnelle à l'intensité du courant et à la résistance de l'arc, comme cela a lieu dans un fil métallique traversé par un courant. Cette différence se compose au contraire de deux termes, dont l'un varie proportionnellement à ces quantités, tandis que l'autre reste constant. On a donc pour cette différence de potentiel

I étant l'intensité du courant et R la résistance de l'arc. L'arc crée donc une force cantre-éleetromotrice K en sens inverse de celle de la pile. Cette force est d'environ 30 volts, et la différence de potentiel E varie de 30 à 70 volts. Ce fait explique l'impossibilité d'obtenir l'arc volidJque avec une pile de force électro-motrice trop faible, quelle que soit d'ailleurs l'intensité.

Travail de Varc, — Comme d'un autre côté il faut au moins une intensité de 5 ampères pour entretenir un arc voltaïque, on voit que le travail minimum nécessaire est de 30Xf> = *^^ watts. Pour avoir une intensité lumineuse d'environ 100 carcels, il faut une intensité de 15 ampères et une différence de potentiel de 50 volts, ce qui fait un travail de 15X50=750 watts, c'est-à-dire environ un cheval. La résistance de l'arc diminue à mesure que l'intensité du courant augmente; d'après M. Preece, elle serait de 2,77 ohms pour une intensité de 10 ampères^ de 1,07 ohm pour une intensité de 21,5 ampères et de 0,54 ohm pour une intensité de 30,12 ampères. L'intensité lumineuse augmente beaucoup plus vite que l'énergie dépensée ; les foyers intenses sont donc relativement les plus économiques.

ARGENTURE GALVANIQUE. - Opération

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