ÉCHAUFFEMENT DES CONDUCTEURS
i ^ Par les courants. — Un conducteur travei*sé par un courant s'échauffe jusqu'à ce que la chaleur perdue par rayonnement en chaque seconde soit égale à la chaleur fournie par le courant. En admettant que la loi de Newton représente le refroidissement, la chaleur perdue par seconde estais r le ^, en appelant r le rayon du fil, l sa longueur, c son pouvoir émissif, et 6 Texcès de sa température sur celle du milieu ambiant. D'autre part, si p est la résistance spécifique du fil, I l'intensité du courant, et J l'énuivalent mécanique de la chaleur, 4,17, la cha- Jeur absorbée est, d'après la loi de Joule,
âr.r'
d'où
I*. On a donc
2ïir/eÔ«-r^l^.
2Àr.»er^
On peut donc calculer facilement Texcès de température que prendra le fil sous l'action du courant.
Loi de Joule. — Joule a trouvé expérimentalement que : L'énergie caUnHfique dégagée sur un conducteur dans l'unité de temps est égale au produit du ean'^ de Vintensité par la résistance du condenseur.
L'énergie dégagée est donc ri* ou el, dans un conducteur de résistance r et traversé par un courant d'intensité I, la différence de potentiel aux extrémités de ce conducteur étant e. Par suite le nombre Q de calories dégagé est
jQ = rI« = cI.
2° Par les décharges. — Un fil traversé par la décharge d'une machine s'échauffe. La quantité de chaleur correspondant à une décharge est constante, quel que soit le conducteur qu'elle traverse. Si celui-ci se compose de deux parties, la chaleur totale se divise proportionnellement aux résistances de ces deux parties. Si M est la quantité d'électricité et V la différence de potentiel, l'énergie dépensée est 5 MV et le nombre de calories Q est donné par
J étant l'équivalent mécanique 4,17.
L'échauffement 6 du fil sera
pc sldc
p étant le poids du fil, e sa chaleur spécifique, dsa densité, / sa longueur, s sa section.
La chaleur dégagée dans les décharges a été mesurée à l'aide du thermomètre deRiess (Voy. ce mot).
ÉCLAIR. — Décharge lumineuse qui se produit entre deux nuages electrisés. Arago {Notice sur le tonnerre) a divisé les éclairs en trois classes. Les premiers sont constitués par des traits de feu à bords bien nets, généralement en zigzag, rappelant, aux dimensions près, les décharges de nos machines électriques; ils sont accompagnés d'un bruit qu'on appelle le tonnerre. La seconde classe contient des éclairs vagues, des lueurs dues à des éclairs cachés par des nuages ou à des décharges partielles entre les nuages. Ils ne sont accompagnés d'aucun bruit. Tels sont les éclairs de chaleur. Enfin la troisième classe comprend les éclairs en boule, phénomène assez rare et mal connu. A l'aide de sa batterie secondaire. Planté a obtenu des décharges à haute tension qui rappellent le tonnerre en boule.
La distance d'un éclair à l'observateur peut se calculer facilement en multipliant le temps qui s'écoule entre l'apparition de la lueur et le bruit du tonnerre par la vitesse du son dans l'air : 340 mètres environ. Si l'on mesure en même temps le diamètre apparent de l'éclair, on pourra obtenir sa vraie longueur. On trouve ainsi que les éclairs de la première classe peuvent atteindre 12 à 45 kilomètres de longueur. On peut s'expliquer cette dimension extraordinaire en remarquant que ces éclairs sont dus généralement à une série d'étincelles se produisant à la fois entre un certain nombre de nuages electrisés, comme cela a lieu dans les tubes étincelants. D'ailleurs la raréfaction de l'air à cette hauteur doit augmenter la distance explosive, et l'on sait qu'à partir d'une certaine limite cette distance croit beaucoup plus vite que la différence de potentiel.
L'existence de la foudre globulaire est contestée encore par un grand nombre d'électriciens. G. Planté pense qu'elle est due à des décharges de haute tension, et par suite qu'elle se produit seulement dans les grands orages. Les globes observés seraient formés « d'air raréfié incandescent et des gaz résultant de la décomposition de la vapeur d'eau, également à I l'état de raréfaction et d'incandescence. » Il a
ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
pu, en effet, à l'aide de puissantes batteries formées de 800 couples secondaires, reproduire des globules analogues à la surface de Teau ou même d'une plaque de métal. La Ûgure 220 mon-
tre Taspect de ces expériences. L'électrodr^ | sitive était plongée d'avance dans Teau disi. lée ; on approchait le fil négatif de la surface r . le relevant aussitôt, on observait une flaniL
Fig. 220. — Expériences de G. Planté sur les éclairs en boule.
jaune, presque sphérique, de 2 centimètres environ de diamètre. Des points lumineux bleus, disposés en cercles concentriques, des rayons de même couleur, apparaissaient à la surface de l'eau et prenaient un mouvement giratoire dans un sens ou dans l'autre. Des anneaux concentriques étaient ordinairement le dernier terme de ces curieuses transformations, que l'auteur compare à un véritable kaléidoscope électrique.
Quelle que soit leur forme, les éclairs paraissent avoir toujours une durée appréciable; mais ce n'est là qu'une illusion d'optique due à la persistance des impressions sur la rétine. Wheatstone a constaté que cette durée est toujours inférieure à un millième de seconde. Il en est de même pour les étincelles des machines et des batteries.
ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE. — Bien que l'arc voltaïque ait été produit par Davy dès le commencement de ce siècle, c'est seulement depuis un petit nombre d'années que l'éclairage électrique a pris un certain développement. Les appareils servant actuellement à l'éclairage électrique sont les lampes à arc, les bougies et les lampes à incandescence. Le lecteur trouvera aux articles bougie et l.\mpe la description de ces divers appareils et aux articles Arc voltaïque, I.xcANDEscBNCE, LuMiÈRE, l'cxpUcation de ces modes d'éclairage et un certain nombre de généralités.
Inconvénients et avantages de Véclairage électrique, — Les seuls inconvénients sérieux sont la difficulté de produire la lumière électrique et, dans certains cas, son prix de revient fort élevé. Ils disparaîtront complètement, lorsque nous aurons des usines centrales distribuant l'électricité à domicile comme on le fait pour
l'eau et le gaz, et qu'il suffira de presser stir a bouton ou de tourner un commutateur pour v les lampes s'allumer.
La lumière électrique possède de nombr^iavantages : il en est tout d'abord un qu'on d peut nier, c'est l'intensité. Lorqu'on a bes de foyers lumineux d'une très grande puisNiiu l'arc voltaïque fournit incontestablement ! mode d'éclairage le plus économique. Il ^' même bien des cas où aucune source ne pourrait le remplacer et donner une intensité aur grande. De plus l'éclairage électrique est «k qui, à lumière égale, dégage le moins de ckr leur : il l'emporte de beaucoup à ce point li^ i vue sur l'éclairage au gaz ; c'est là une qualité précieuse dans un grand nombre d'application* i Ajoutons aussi que les lampes à incandescence grâce au globe qui les entoure, ne consomm^ï i aucune portion de l'oxygène de l'air ambiant I
Elles ont donc l'avantage inappréciable de n' | pas vicier l'atmosphère, même lorsqu'elles son; en très grand nombre, et de n'y répandre ni m ^ mée ni odeur désagréable, conditions très importantes au point de vue de l'hygiène, et au>j' de ne pas salir les mobiliers et les tentui^comme le font souvent l'huile ou la bou|:i*^ L'éclairage électrique supprime aussi prestp complètement les dangers d'incendie, d'exp'*^ sion et d'accidents de toute sorte, qui sont h fréquents avec l'emploi des allumettes, du ç^' du pétrole, de l'essence minérale.
Ces précieuses qualités permettent de Im^' taller dans une foule de cas où Ton riosen^ pas recourir au gaz ou aux bougies, et de jomr d'une belle lumière en n'ayant qu'à presser un bouton.
On a souvent reproché à l'arc voltaïque ^ couleur blafarde. En réalité c'est là un simp^^
ÊCL\lRA(iE ÉLECTRIQUE.
effet de contraste: cette lumière se rapproche beaucoup plus que les autres de la lumière solaire et altère beaucoup moins les couleurs des objets. D'ailleurs les lampes à incandescence actuellement employées présentent une teinte plus jaune et parfaitement agréable àToeil.
Les avantages que nous venons d'énumérer sont assez sérieux pour compenser dans bien des cas Taugmentation des dépenses. Ainsi que le disait, en 1886, M.Preece, dans une conférence faite à la Société des Arts de Londres : « Si nous mettons en regard de ce supplément de dépense la valeur d'une lumière VixGy de la pureté de Tair, de la suppression de la chaleur, des allumettes, de la bougie et de Thuile, le bien-être des gens, la conservation des peintures, des motifs de décoration et des livres, la propreté, la gaieté, la santé, la prolongation de l'existence, il n'y a pas à chercher de quel côté doit pencher la balance. »
Prix de revient de Véclairage électrique. — Le prix de revient de Téclairage électrique varie énormément d'une installation à l'autre; nous ne pouvons donner ici que quelques renseigne- î ments généraux.
Avec les piles, la dépense est très grande. Il <m est encore de même lorsqu'on installe un moteur et une dynamo pour alimenter un très petit nombre de lampes. Mais plus le nombre des foyers est considérable, plus il y a d'avantage, et les grandes installations de lumière électrique sont beaucoup plus économiques que remploi du gaz. On retrouve encore la même économie dans les usines où l'on dispose d'avance d'un moteur hydraulique ou à vapeur; il ne coûte alors presque rien de prendre sur l'arbre «de transmission quelques chevaux pour Véclairage. Il est évident que tout le monde .jouira des mômes avantages le jour où la distribution de l'électricité à domicile sera réalisée.
Nous citerons encore les chiffres donnés par M. Decker, à la suite d'une étude sérieuse sur les dépenses de toute nature occasionnées par l'éclairage électrique; voici le prix par heure, tous frais payés, d'un éclairage de 16 bougies fourni par une lampe à incandescence.
Avec un moteur hydraulique :
3000 heures d'éclairage par au. . . . 0'"',01G
Avec un moteur à vapeur déjà installé :
500 heures d'éclairage par au. . .. Of',051 1200 - .... 0 ,035
Avec un moteur à vapeur installé exprès ;
500 heures d'éclairage par an. . . . 0^^,11 1 1200 — --.... 0 ,064 3000 — — 0 ,037
Avec un moteur à gaz :
500 heures d'éclairage par an.... 0^^,128 1200 — - .... 0 ,091
Nous devons faire remarquer que ces prix sont établis pour une installation de 150 lampes et qu'ils devraient être réduits de 30 p. 100 pour une installation qui dépassserait 500 lampes.
Dans line conférence faite le 15 octobre 1889, au palais du Trocadéro, M. Hippolyte Fontaine, président du syndicat international des électriciens, a donné les renseignements suivants. A Paris, la puissance d'un cheval-vapeur coûte environ 0 fr. 40 par heure avec une machine à vapeur pour les petites installations. Cette puissance pouvant alimenter 8 lampes de 16 bougies, on trouve, en doublant cette somme pour l'entretien et l'amortissement, que la lampe de 16 bougies coûte environ 0 fr. 10 par heure. Avec un moteur & gaz, il faudrait doubler ce prix. D'autre part, les dépenses de premier éta. blissement sont en général d'environ 100 fr par lampe, dont moitié pour l'usine proprement dite et moitié pour la canalisation et les accessoires. Ces prix peuvent descendre à 80 fr. pour l'installation et 0 fr. 03 ou 0 fr. 02 pour la dépense horaire. Avec les lampes à arc, la dépense est encore plus faible.
A Paris, le prix de revient de l'éclairage au gaz serait un peu plus élevé : une lumière de 16 bougies exige 200 litres de gaz à l'heure et coûte 0 fr. 06.
Cependant, d'après M. Fontaine, l'éclairage au gaz serait généralement un peu moins cher. « Les compîignies gazières, établies depuis de longues années dans toutes les grandes cités françaises, ont amorti tout ou presque tout leur matériel, de sorte que le gaz ne leur revient guère qu'à quelques centimes le mètre cube; on prétend même que, dans quelques localités, il ne coûte absolument rien. Dans ces conditions, les électriciens qui veulent faire la concurrence à égalité de prix courent à un échec certain, car, dès qu'ils sont installés, avant même qu'ils aient des abonnés, les sociétés gazières baissent notablement le prix du gaz.
« La lumière électrique, dans les habitations privées, est une lumière de luxe, extrêmement commode à employer, très hygiénique, offrant au consommateur des avantages de premier
ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
ordre moyennant un léger supplément de prix ; voilà le vrai terrain où doit se placer la nouvelle industrie si elle veut se développer et prospérer. »)
Éclairage électrique des appartements et des maisons particulières. -~ L'éclairage des appartements et des petites installations est celui qui présente actuellement le plus de difficultés.
La seule solution pratique dans ce cas est la création de stations centrales fournissant Télectricité à domicile, comme on nous fournit aujourd'hui l'eau et le gaz. Ce système, assez répandu en Amérique, l'est encore bien peu en France. Nous en donnerons cependant plus loin quelques exemples. Mais, dans la plupart des cas, on est réduit k produire soi-même l'électricité. Examinons donc quelles sont les sources qui conviennent le mieux.
Les piles ne fournissent qu'une solution assez défectueuse, car elles présentent toujours quelque inconvénient. Celles du genre Leclanché, qui ont l'immense avantage de ne pas s'user à circuit ouvert, ont le défaut de se polariser très vite ; elles ne peuvent donc servir qu'à un éclairage de quelques minutes, par exemple pendant le temps nécessaire pourise procurer de la lumière, chercher un livre, etc. ; mais au bout d'un quart d'heure elles se polarisent sensiblement, et la lampe faiblit; elles ne conviennent donc qu'à un éclairage tout à fait intermittent.
Les piles au bichromate peuvent donner pendant quelques heures un débit abondant et à peu près constant : elles peuvent donc servir à alimenter quelques lampes pendant toute la soirée ; mais la nécessité de les recharger chaque jour et l'ennui de manipuler les acides les rendent peu commodes^
Quant aux piles de Daniell et aux piles à écoulement, qui s'usent à circuit ouvert, le seul moyen de s'en servir avec économie, c'est de les employer, en dehors des heures d'éclairage, à charger des accumulateurs, dont le courant s'ajoutera ensuite à celui de la pile pour actionner les lampes. Ce système mixte est du reste le meilleur pour une installation domestique : si Ton veut se servir des lampes pendant quatre heures chaque jour, on emploie la pile, pendant les vingt heures qui restent, à charger les accumulateurs, et l'on utilise à la fois, pendant les quatre heures de service, le courant de la pile et l'énergie qu'on a emmagasinée dans les accumulateurs. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que cette disposition diminue sensiblement le nombre des éléments de pile nécessaires et
qu'il n'y a aucune perte; en outre, il sqIl de tourner un commutateur pour avoir de L lumière, sans qu'on ait besoin d'aller mettrai] pile en marche à ce moment. Les accumuk leurs, n'étant jamais déplacés, ne subissent p de chocs et s'usent très lentement. C'est don nous le répétons, l'emploi simultané des pil-^ et des accumulateurs qui peut fournir actuel!ment la meilleure solution pour l'emploi dir petit nombre de lampes à incandescence. .Viheureusement ces installations, qui peur^: être réalisées facilement, ont le défaut dèt fort coûteuses.
M. Salomon a imaginé une disposition iotér^santé dans le but d'obtenir un éclairage conii i avec des piles Leclanché. On emploie sii sénr de piles qui fonctionnent à tour de rôle pendL^ trente secondes chacune et restent enfoii inactives pendant cent cinquante secondes. qui leur donne le temps de se dépolariser, l mécanisme d'horlogerie produit toutes les tm secondes un déclenchement qui fait tourner e axe d'un sixième de tour et change les coniiE^ nications d'une manière convenable.
Lorsqu'on veut installer un grand nombre i lampes pour éclairer un vaste local, les pine peuvent plus convenir; leur emploi estlr: coûteux ; c'est aux machines magnéto ou Jy namo-électriques qu'il faut s'adresser. -Va" dans ce cas encore, il y a avantage à se sem d'accumulateurs qu'on charge pendant la jos née et qu'on décharge le soir dans les lamp^ soit seuls, soit en y joignant le courant din de la machine, si c'est nécessaire. Cette di;p^ sition mixte offre encore un autre avanta^^* en effet, si l'on emploie une machine seule faut faire marcher le moteur pendant toui^ »' durée de l'éclairage, que l'on allume toutes ^ lampes ou seulement un petit nombre; 5il •' se sert d'accumulateurs, il est facile de calcul'^' chaque jour la charge qu'on a dépensée la veili'^ d'après le nombre des lampes qui ont été ailc^ mées et la durée de l'éclairage, puis on ^^' marcher la machine pendant le temps néc^" saire pour rendre aux accumulateurs unechar^ un peu supérieure à celle qu'ils ont perdafafin de compenser les pertes et les erreurs pc-' sibles de calcul. L'emploi des accumuiateui" permet encore souvent (Voy. Accuml'UTï^'' " de remplacer la machine à vapeur par un m^ teur à gaz, qui est beaucoup plus commode ^ souvent plus économique, si l'on n'a pas besoiii d'une grande force. Enfin, lorsque l'onemp^*^'' simultanément la machine et les accum"'^ teurs pour alimenter les lampes, ceux-ci jou^'''
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en quelque sorte le rôle de volant électrique, et empêchent les variations d'intensité lumineuse qui résulteraient de la marche irrégulière de la machine, du défaut de la transmission, des variations du travail résistant.
Enfin, les accumulateurs peuvent être employés comme source d'électricité dans quelques cas, d'ailleurs très restreints. Nous en
avons donné des exemples (Voy. Accumulateur).
Quant aux lampes qui conviennent à Téclairage privé, ce sont le plus souvent les lampes à incandescence, car ce sont celles qui se prêtent le mieux à la division de la lumière. Nous avons indiqué au mot Appareillage diverses dispositions destinées à Péclairage des appartements.
Ajoutons enfin que Ton construit, pour Téclai-
Fig 2il . — Inslallalion électrique du laboratoire municipal de Paris.
rage des appartements, des lampes portatives (Yoy. ce mot), qui ne paraissent pas donner jusqu'ici des résultats satisfaisants.
Malheureusement, ces installations privées sont encore actuellement fort coûteuses, ce qui en a, jusqu'à présent, réduit considérablement le nombre. Pour renseigner plus complètement le lecteur, nous citerons encore quelques chiffres. Un savant électricien anglais, M. Preece, a réalisé dans sa maison vers 1884 une installation très réussie, et qu'il a cherché à rendre
aussi complète que possible. Cette installation comprend plus de 50 lampes, desservies par une petite machine Gramme et par 17 accumulateurs au plomb, et fonctionnant d'ordinaire environ par 12. La dépense totale a été d'environ 10,000 francs, ce qui fait plus de 800 francs par lampe en activité.
M. Gramme dépense environ 1,200 francs par an pour une installation comprenant à peu près 8 lampes allumées à la fois. L'entretien et le remplacement des accuraular
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teiirs causent plus de la moitié de la dépense.
Éclairage des laboratoires. — L'éclairage électrique convient admirablement aux laboratoires, pour lesquels la dépense (malheureusement cette condition est trop rarement réalisée), ne devrait être qu'une question secondaire.
Nous citerons comme exemple la disposition adoptée au laboratoire municipal de Paris, et qui est représentée par la fig. 221 . Un moteur à gaz, système Otto, de la force de 4 chevaux, actionne une machine magnéto-électrique de Meritens et une petite machine dynamo du même constructeur ; cette dernière est munie de deux anneaux de rechange, Tun pour la lumière, Tautre pour la galvanoplastie et les applications analogues. La grande machine peut alimenter trois foyers Jablochkoff; elle peut se grouper en quantité ou en tension, suivant qu'on veut actionner des bougies ou des lampes h incandescence. De chaque machine partent deux fils qui aboutissent à deux distributeurs placés sur la table de droite et qui permettent de travailler sur cette table ou d'envoyer le courant dans les autres salles. Sur les pieds de cette table est iixé un rhéostat formé d'un fil de fer étamé de 180 mètres de longueur, qui permet de faire varier la résistance du circuit; pour cela l'un des pôles est en communication permanente avec l'une des extrémités du fil de fer étamé, tandis que l'autre pôle peut s'accrocher à volonté à l'un des clous placés plus ou moins haut, afin d'intercaler dans le circuit une longueur plus ou moins grande de fil étamé.
Les salles de travail sont éclairées par des bougies Jablochkoff placées sur le circuit de la machine magnéto-électrique, qui est à courants alternatifs, les bureaux par des lampes à incandescence montées en dérivation. Ces dernières sont assez résistantes et exigent par suite une notable différence de potentiel entre les deux pôles : ou a donc dû intercaler entre les bornes une résistance supplémentaire, qui s'obtient au moyen d'un rhéostat à baguettes de charbon. On peut intercaler à volonté autant de baguettes qu'on le désire et faire varier l'éclat des lampes du rouge sombre au blanc éblouissant. Des bornes sont disposées sur le circuit partout où l'électricité peut être nécessaire et reliées par des ponts en cuivre : en attachant des fils aux deux bornes qui terminent un pont, on peut prendre le courant total, si on supprime ce pont, ou seulement une dérivation, si on le laisse ou qu'on le remplace par une résistance. Dans tous les points où les conducteurs passent sur du bois ou sur d'autres matières facilement com-
bustibles, ils sont entourés d'un tube m-tî lique qui écarte tout danger d'incendie, daiicas où l'enveloppe de gutta-percha viendrai fondre ou à s'enflammer.
Outre l'éclairage général du laboratoire, IVr tricité peut encore alimenter utilement de p^^ appareils destinés à faciliter les recher! scientifiques. Nous avons déjà décrit Vau^ir.copCy qui sert aux projections, et nous indiq. rons plus loin le photophore, destiné à IV .i rage du microscope. Nous signalerons ici l appareil imaginé par M. Trouvé et qui peut ser à éclairer les objets animés ou inanimés pken suspension dans un liquide. Il se comp d'un réflecteur parabolique, argenté à 1 iririeur (fig. 222), et portant à son foyer une laïc;
iH'ïto
Fig. 222. — Appareil pour l'éclairage des liquitl**-
à incandescence que deux conducteurs, r^"' fermés dans un câble souple, mettent en communication avec une pile. Le réflecteur se plaf^ au-dessus d'un vase cylindrique dont le fom est formé par un miroir plan de verre argent?' Si la pile fonctionne, on comprend faeilenien' que les rayons lumineux sont renvoyés veH^ calement d'un miroir à l'autre, et éclairent pa^ faitement le liquide qui remplit le vase et if* corps solides de toute nature qui peuvent^)
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rouver en suspension. On peut [ainsi étudier lans leurs moindres détails les animaux les >lus délicats et suivre avec facilité tous leurs mouvements. Les animalcules transparents qui
flottent à la surface de la mer, les algnes les plus ténues, se prêtent merveilleusement à ces observations. 11 en est encore de même pour les phénomènes de la physique et de la chimie : on
Flg. 223. — Appareil pour l'étude des ferments.
obtient un effet saisissant en versant dans une colonne d'eau bien pure quelques gouttes de tluorescéine qui s'y mélange peu à peu en figurant des arborescences étranges et d'un coloris
indescriptible, ou bien en ajoutant dans un liquide une trace d'un réactif qui donne naissance à une foule de cristaux microscopiques. Dans d'autres cas, l'appareil précédent doit
Fig. m. — batterie automatique au refios et en fouctiou.
être un peu modifié. Ainsi, pour l'étude des fermentations (fig. 223), le réflecteur est vissé dans une garniture métallique mastiquée au bord du vase, afin de garantir les préparations
du contact de l'air; des tiges métalliques préservent le cylindre des chocs.
Pour alimenter la lampe à incandescence, on peut se servir, comme l'indique Tauteur, de la
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batterie automatique (fig. 224) au bichromate de potasse. Quand on la suspend parla poignée supérieure, les éléments sont hors du liquide, et la pile ne fonctionne pas ; lorsqu'on la pose sur une table, la pesanteur fait enfoncer le couvercle, et les éléments plongent dans le liquide.
M. Van Heurck d'Anvers a étudié d'une manière spéciale Tapplication de Téclairage électrique à la micrographie et à la microphotographie. Il recommande pour la micrographie des lampes Stearn (fig. 225) d'un modèle spécial, ayant environ 3 centimètres de diamètre et n'exigeant
Fig. 225. — Éclairage éleclrique du microscope (Van Heurck).
qu'une différence de potentiel de 6 à 7 volts. On peut même employer des lampes plus petites n'exigeant que 3, o volts. La figure représente ces lampes Stearn, un pied portelampe articulé, et un microscope disposé par MM. Mawson et Swan. Une première lampe Stearn A, placée au-dessus de la platine, sert à éclairer les corps opaques. La lampe B sert à
l'éclairage oblique. La lampe C, plus puissante que les premières, est fixée à la place du miroir pour photographier les préparations ou les éclairer vivement pourles forts grossissements. La bobine D sert de rhéostat, et un commutateur permet d'envoyer le courant à volonté dans chacune des trois lampes. Ce système d'éclairage peut d'ailleurs s'adapter à un microscope quelconque.
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Éclairage des magaaiiu. — La lumière électrique a été adoptée par la plupart des grands magasins de nouveautés. Outre qu'elle conserve aux couleurs leurs nuances les plus délicates, elle a le grand avantage de supprimer presque complètement les risques d'incendie. Xous citerons d'après Hippolyte Fontaine (Éclairage à VÉlectricité) les dispositions adoptées par ces magasins.
Les magasins du Louvre ont reçu les premiers réclairage électrique en ^878; les bou- ^'ies Jablochkoff y sont employées presque exclusivement; leur nombre est actuellement supérieur à 200 : elles sont portées par des chandeliers Clariot. La force motrice, qui est d'environ 230 cheveaux, est fournie par des machines à vapeur, installées dans les soussols, et qui actionnent une série de machines Gramme et Héritens. Depuis cette époque, on a installé en outre un petit nombre de lampes à incandescence, alimentées par une dynamo Edison, pour l'éclairage des bureaux. Dans cette installation, le prix d'une bougie Jablochkoff est, tous frais compris, de 0'',40 par heure, et celui d'une lampe Edison de 16 bougies est de 0''',03, ce qui donne sur le prix du gaz employé auparavant une économie de plus de 30 p. 100.
Les magasins du Printemps, reconstruits en i882, ont aussi adopté presque complètement la bougie Jablochkofl'. Ils comprennent 265 bougies et 255 lampes à incandescence. Les frais de premier établissement, très élevés à cause de l'appareillage luxeux et de la nécessité d'établir des fondations extrêmement coûteuses, ont atteint la somme de 684,000 francs, ce qui fait environ 2,280 francs par bougie. Le prix du matériel électrique a été d'environ 600 francs par bougie.
L'installation des magasins du Gagne-Petit ne contient pas de bougies ; elle se compose de 400 lampes à incandescence Edison et 10 régulateurs Gance, alimentés par 4 dynamos Edison. La force motrice est fournie par une machine Boudier de 100 chevaux et 2 chaudières mullitubulaires Collet. Ces magasins étaient éclairés auparavant, afin d'éviter les dangers du gaz, par de fortes lampes à huile.
Les magasins du Bon-Marché possèdent une installation considérable, produisant une intensité totale de 19188 carcels, et composée de ^ régulateurs Cance, 96 bougies Jablochkoff et 1808 lampes à incandescence, auxquels on ajoule les jour» de fête ou d'exposition 4 régulateurs Gramme de 500 carcels chacun.
Ces lampes sont alimentées par 41 dynamos Edison et Gramme, dont 8 à courants alternatifs pour les bougies, représentant une puissance électrique d'environ 900000 watts ou 1 200 chevaux. Parmi ces machines, la série la plus importante est formée de 24 dynamos Gramme du type supérieur, divisées en quatre groupes de 6, actionnés chacun par une machine à vapeur horizontale de 200 chevaux. Trois de ces groupes sont en service normal; le quatrième sert de rechange ou de secours.
Vingt tableaux de distribution servent à envoyer le courant dans les brûleurs. Toutes les manœuvres relatives à l'allumage et à l'extinction se font de la machinerie même, à laquelle on transmet par téléphone, de tous les étages, les ordres nécessaires. De cette manière, aucun appareil n'est à la portée du public ou du personnel étranger au service de l'éclairage.
Cette magnifique installation est encore trop récente pour qu'on puisse se rendre compte du prix de revient.
Éclairage des théâtres. — Dans un rapport présenté à la Commission des théâtres subventionnés, M. Mascart a parfaitement mis en évidence les avantages et les inconvénients des deux systèmes d'éclairage, le gaz et l'éJectricité. Les principaux inconvénients évités par l'éclairage électrique sont : les dangers d'incendie, l'altération de l'air respirable, réchauffement de la salle, les dégâts occasionnés par la fumée, et qui peuvent devenir incalculables lorsqu'il s'agit d'œuvres d'art pouvant être compromises ou perdues à tout jamais.
L'Hippodrome de Paris adopta la lumière électrique en 1878 ; c'est le premier théâtre qui fut éclairé complètement à l'électricité. Un grand nombre de théâtres ont suivi cet exemple, sutout depuis les catastrophes de rOpéra-Comique de Paris et du théâtre d'Exeter en Angleterre.
Éclairage de V Hippodrome de Paris, — L'Hippodrome a la forn^e d'un rectangle terminé par deux demi-circonférences ; il présente une longueur totale de 105 mètres, une largeur de 70 mètres et une hauteur maxima de 25 mètres. La piste est éclairée par 20 régulateurs Gramme, pourvus de réflecteurs puissants, la sîille par 133 bougies; enfin 1500 lampes à incandescence complètent l'installation; l'intensité totale est d'environ 15000 carcels. Ces brûleurs sont alimentés par 24 dynamos, qui sont surtout des machines Gramme du type normal.
Éclairage de VOpéra de Paris. — L'Opéra était
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fiCLÂIBAGE ÉLECTRIQLE.
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ÉCLAIRAGE ÉLFXTRIQUE.
\ïvé autrefois par 7 455 becs de gaz qui ont remplacés par 6 131 lampes à incandesice Edison, dont 5023 de 10 bougies et 1 108 16 bougies, 22 bougies JablochkofT pour le ristyle et le plafond du grand escalier, et égulateurs pour la loggia.
Ces brûleurs sont alimentés par 13 dynamos ison à courant continu et une à courants
alternatifs. Parmi les premières se trouvent 4 dynamos de 800 ampères et 125 volts; ce modèle, étudié spécialement pour TOpéra en 1886, est représenté plus loin (Voy. Machines d'induction). On voit ces machines (fig. 226). Le courant arrive à un tableau de distribution de 4 mètres de largeur sur 1 mètre de hauteur, relié par quatre barres de cuivre à
Fig. 227. — Machinerie du Gymnase (plan et élévation) (communiqué 'par M. Clémançon).
doux autres tableaux de 3,50 m. sur 1,10 m., qui desservent les circuits du théâtre.
l-es dynamos sont actionnées par 6 générateurs tubulaires, pouvant produire 10 350 kilogrammes de vapeur, et alimentant 8 moteurs, qui donnent ensemble une puissance nominale de 970 chevaux, pouvant même atteindre 1200 chevaux quand on utilise l'éclairage entier.
Les chaudières, du système Belleville, don-
nent la vapeur sous une pression de 12 kilogrammes. Elles sont placées à 60 mètres des machines, auxquelles les relie une canalisation spéciale. La cheminée a 30 mètres de hauteur et 1,30 m. de diamètre. Placée dans une cour intérieure, elle est tout à fait invisible.
Éclairage du Gymnase. — Cet éclairage, installé par M. Clémançon, a été inauguré le 15 décembre 1887. La machinerie fut installée, faute d'espace, dans une sorte de cave, creusée dans
ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
une cour voisine, et recevant le jour par en haut. Elle se compose (fîg. 227) de deux générateurs Belleville, deux moteurs pilons et deux dynamos système Thury. Les dynamos sont reliées directement aux moteurs par un manchon. Cet ensemble sert à charger deux batteries de chacune 56 accumulateurs système Schenck- Farbaky, pouvant fournir chacun 320 ampères pendant huit heures. Un conjoncteur-disjonc-
teur empêche les accumulateurs de se décharger dans les machines.
L'éclairage comprend 883 lampes Khotinsky, savoir 221 lampes de 10 bougies pour la salle, dont 180 groupées sur le lustre (fig. 228), 469 pour la scène et 193 pour les loges d'artistes et l'administration.
Éclairage de la scène, — L'éclairage électrique est aussi précieux pour la scène que poui la
Fig. ii8. — Luslre éieclriquc de la Porte-Saint-Marlin, d'après uac photographie communiquée par M. Clémançou.
salle, car les dangers d'incendie y sont encore beaucoup plus nombreux. La terrible catastrophe de rOpéra-Comique, encore présente à tous les esprits, aurait été certainement évitée par une bonne installation d'éclairage électrique.
L'éclairage de la scène comprend principalement la rampe, les portants et les herses.
La rampe est destinée, comme on sait, à éclairer la partie antérieure de la scène où se tiennent ordinairement les acteurs; elle est for-
mée de lampes à incandescence. La figure 229 représente la rampe installée en 1889 au Théâtre- Français : elle se compose de deux parties, placées de chaque côté du souffleur ; chaque partie est commandée par une vis à mouvement très doux, manœuvrée par un volant, et supportée par une colonne en fonte. On y a ménagé deux jeux de feux, l'un blanc, l'autre rouge ou bleu pour les efTets de scène.
On donne le nom de herses à des lignes de
ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE. 207
foyers placées horizontalement au-dessus de la j cors. L'emploi des herses à gaz est très dangescène pour éclairer les ciels et le haut des dé- | reux, car il y a toujours un certain nombre de
Fig. 22t). — Ranipe électrique du Théâtre-Français.
toiles de fond qui sont suspendues dans la par-
Fig. 230. — Coupe d'une herse.
^le supérieure de la scène, et qui, oscillant Jenlement sous Faction des courants ascendants
d'air chaud, viennent parfois fort près des herses. L'électricité offre encore ici une sécurité parfaite, car dans ce cas, les lampes à incandescence ne sont pas seulement protégées par leur enveloppe de verre; on place -en avant, du côté des décors qu'elles doivent éclairer, un grillage en fil de fer, en arrière une enveloppe en tôle et au-dessus des plaques de verre. Les figures 230 et 231 montrent le dispositif adopté au Gymnase. Des enveloppes transparentes diversement colorées peuvent donner une lumière blanche, bleue ou rouge. De distance en distance sont placées des glissières T, dans lesquelles se meuvent ces panneaux colorés, que commande un axe horizontal au moyen de deux pignons d'angle et d'une vis sans fin C; celle-ci porte deux poulies autour desquelles s'enroulent en sens inverse des cordes qui supportent un contre-poids. En tirant dans un sens ou dans l'autre, on fait monter l'un des panneaux colorés et descendre l'autre. Les lampes sont du système Khotinsky.
La figure 232 montre comment, au même théâtre, sont disposées les lampes placées derrière les portants, de chaque côté de la scène, à
ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
diverses hauteurs pour éclairer les décors latéraux et les coulisses. On voit que ces lampes sont entourées d'une cage en fil de fer.
Effets de scène. — C*est par un rôle beaucoup plus modeste que rélectricité a débuté sur le théâtre, et pendant longtemps on l'employa seulement à produire quelques effets de scène qu'on ne pouvait obtenir autrement. Pendant
longtemps, TOpéra n'eut pas d'autre > i d'électricité qu'une pile de 50 éléments Bui-j des ouvriers habiles la montaient en unei i heure, quand on en avait besoin. La soiirf i mineuse est dans tous les cas un régula arc, en général du système Foucault-Dob i Lorsqu'on veut éclairer un grand e>pn j place cette source dans une lanterne ^n
Fig. 231. — Me^canisine d'une herse.
munie d'un réflecteur en verre argenté et d'un jeu de lentilles qui rend les Tayons parallèles ou divergents. On peut même se servir d'un simple réflecteur monté sur un châssis et mobile dans tous les sens. Pour suivre un personnage qui se déplace sur la scène, comme le spectre d'Hamlet, on fait usage du même appareil, ou d'une lanterne plus petite que la première et pouvant tourner facilement dans toute les directions (fig. 233).
Le miroir (fig. 234) peut remplir aussi le
Fig. 23i. — Disposition des lampe» sur le^l*"'^'
même but, mais il sert plutôt à imiter éclairs. C'est un miroir plan devant Jfi<if"^'' " disposés deux charbons pour l'arc voltaiqu^ ' charbon supérieur est fixe ; l'autre est porte/ une tige de fer doux, qui peut plonger dan? "'^ bobine. Quand le courant ne passe pas, un '^'^ sort maintient ce charbon au contact du prei»'-' Vient-on à fermer le circuit, le fer doux at pénètre dans la bobine, et Parc jaillit. D^'H'^ le circuit se trouve rompu, l'arc s'éteint^' ressort ramène le charbon mobile au conU^
ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
Fig. 233. — Appareils pour les effets de scène : Lanterne i projections. Appareil pour suivre un personnage.
Support articulé avec réflecteur.
La première applicalion de lumière électrique fut faite en 1846, dans le Prophète^ pour
DlCTlONNAlRB D'ÉLECTRiaTÉ.
figurer le soleil levant. La lampe était munie d'un réflecteur (fig. 235), qui projetait un faisceau
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cylindrique sur un écran de soie. L'appareil, convenablement masqué par les décors, s'élevait graduellement, de sorte que le disque lumi-
Fig. 234. — Miroir pour les (flairs.
on remplaça les bandes de papier qui représentaient primitivement Tarc-en-ciel par un effet de lumière électrique. Un appareil à projection placé sur un échafaudage de hauteur convenable, à 5 mètres du rideau, envoyait vers la toile
neux parût monter peu à peu au-dessus de It rizon.
Enfin, lors de la reprise de MoîsCf vers Iv^
Fig. i'-iù. — Appareil figurant i arc-en-ciel.
de fond un faisceau de lumière parallèle. Ce faisceau rencontrait d'abord une plaque métallique percée d'une fente en forme d'arc, puis une lentille biconvexe et un prisme, qui donnaient un spectre très étalé et en forme d*arc de cercle (fig. 236).
Fig. 235. — Appareil pour le soleil levant.
Nous avons décrit plus haut les bijoux l^ neux et le duel électrique, qui peuvent étren lement employés au théâtre.
Éclairage des usines. —C'est dans les u^r^ que l'éclairage électrique s'est développé le f) rapidement, car Texistence pr lable de moteurs à vapeur ou a ^^ diminue alors généralement les fr^ d'installation. La lumière électnç présente encore ici ses avantage? ' dinaires : économie, possibilité travailler la nuit, suppression pr^ que complète des risques d'inf*^' die, etc. L'arc voltaïque peut «^'^ ^^^ employé seul ou concurremm^
avec l'incandescence. Il a ravanii-^ d'être plus économique.
Éclairage des ateliers du dépo^ "'''
tral de l'artillerie à Paris. — Wel
de précision est éclairé par 2 f^'
lateurs Gramme de 300 bougie>^
82 lampes à incandescence ^»^''
nouveau inodèle, dont 2 de 25 1^'^
gics et les autres de 10. Chaque ouvrier dl^r
en outre d'une lampe de 10 bougies sur"'
support mobile, qu'il peut déplacer suivant ^^'
besoins.
Ces lampes sont alimentées par deux dyn^^ Tûos; Gramme auto-régulatrices, de 50 amp^i^'-
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70 volts chacune, pouvant au besoin être montées en quantité. Un moteur horizonlaJ Axe, qui commande l'atelier, actionne en même temps ces machines, qui exigent chacune 6 chevaux. Les bureaux et les autres ateliers sont éclairés par 3 régulateurs Gramme et 52 lampes Swan de 10 bougies, alimentés par une machine du même type.
Nous citerons encore Tinstallation de la gare de Strasbourg, qui comprend 60 régulateurs et 1,400 lampes à incandescence, actionnés par 18 dynamos, exigeant chacune une force de 22 chevaux environ. L'économie sur l'éclairage au gaz est d'environ un tiers.
Éclairage des gares et des trains de chemin de fer. — La gare du Nord fut éclairée la première en 1876. Dans les gares de voyageurs, on masque souvent les régulateurs, et Ton fait réfléchir la lumière sur les plafonds pour obtenir un éclairage plus doux. Dans les gares de marchandises, on suspend les lampes à Taide de pylônes à une certaine hauteur, pour éviter de gêner la vue.
L'éclairage des trains comprend l'éclairage extérieur, destiné à faciliter au mécanicien l'exploration de la voie, et l'éclairage intérieur des wagons. Le premier s'obtient par un régulateur placé en avant de la locomotive. On a constaté que les trépidations de la machine provoquaient bientôt l'extinction. Pour remédier à ce défaut, MM. Sedlaczek et Wikulille ont imaginé une lampe spéciale, qui résiste bien à la vitesse ordinaire des express. Le mouvement des charbons (fig. 237) est produit par un liquide, <le la glycérine, qui remplit deux tubes verticaux dont les sections sont dans le rapport de 1 à 2. Ces tubes communiquent par un orifice a, que commande un piston P percé d'un conduit coudé. Ce piston est fixé à l'armature M d'un électro-aimant embroché dans le circuit général. Quand les charbons sont en contact, le circuit est fermé et, le piston occupant la position figurée, l'orifice a est libre : l'arc s'allume, et un peu de liquide passe dans le tube C pour permettre aux charbons de s'écarter. Mais aussitôt la palette M est attirée, et le piston P, entraîné vers la droite, subit un petit déplacement et ferme a; lorsque la résistance (le l'arc augmente, la palette M cède à l'action du ressort antagoniste R et, le piston P débouchant a, un peu de liquide passe en D pour permettre le rapprochement des charbons. On a constaté que l'éclairage électrique n'altère ni la visibilité ni la coloration des signaux de la voie, et n'incommode nullement les mécani-
ciens; il gêne seulement les agents placés sur la voie, qui passent subitement d'une lumière intense à l'obscurité complète. La principale raison qui en a retardé jusqu'ici l'adoption, c'est évidemment les frais élevés de premier établissement.
La question de l'éclairage intérieur des wagons est encore moins avancée, et cet éclairage
Fig. 237. — l^mpe Sedlaczek et Wikulille.
n'est employé qu'en Angleterre et surtout en Amérique.
Les essais tentés à l'aide des piles ne paraissent, pas avoir donné de bons résultats, et diverses compagnies essayent actuellement l'emploi des accumulateurs.
Les wagons-salons du Pensylvania Railroau sont éclairés à l'aide des accumulateurs seuls : chaque wagon renferme deux boîtes d'accumulateurs, que l'on chargea poste fixe par une dynamo à incandescence, et qui alimentent des lampes Edison de 23 volts. Ces accumulateurs
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fonctionnent depuis trois ans (1890) sans avaries sérieuses.
Un certain nombre de trains du Boston and Albany Railroad sont éclairés par des accumulateurs Julien alimentant des lampes Edison; chaque wagon renferme 60 accumulateurs, dont 6 en réserve, et 22 lampes de 16 bougies. Le chargement se fait sur une voie de garage; la dépense est de 5 à 6 cent, par lampe-heure.
La Compagnie du Nord français éclaire les wagons-lits du club-train circulant entre Paris
et Calais avec des lampes Cruto de 25 volts et 0,6 à 0,7 ampère (6 bougies), avec réflecteurs en opale, alimentées par les accumulateurs de la Société pour le travail électrique des métaux. Chaque wagon renferme 21 lampes et 16 éléments d'accumulateurs. La disposition des lampes, des récipients et des connexions, a été étudiée par M. E. Sartiaux. La dépense parait être de 1,9 cent, par lampe-heure, mais l'installation est encore trop récente pour qu'on puisse donner un chifTre définitif.
Fig. 238. — Éclairage éleclrique des voilures (Aboilard).
Enfin diverses compagnies essayent l'emploi des accumulateurs combinés avec une dynamo commandée par l'essieu d'un des véhicules du train. Le London Brighton and South Coast Railwuy éclaire ainsi trois trains de grande ligne et treize trains locaux. La dynamo produit 50 à 80 volts et 35 à 80 ampères. Les trains locaux ont 40 lampes de 12 candies et 22 accumulateurs, les trains de grandes lignes ont 70 lampes de 10 candies et 32 accumulateurs.
Le Great Northern Railway et le Midland Railway emploient des dispositions analogues.
Enfin l'express de New- York à Chicago est
éclairé par des accumulateurs et une dynamo commandée par une machine à vapeur alimentée par la locomotive. La dynamo, du système Eckemeyer,est actionnée par une machine Brotherood à 3 cylindres, de 10 chevaux, placée dans un fourgon à bagages.
Le Connecticut River Railroad édaLire de même, depuis 1888, les trains de Spingûeld àNorthampton. La dépense serait de 34,5 cent, par lampeheure.
Le train impérial de Russie, installé sous la direction de M. Werchowsky, a une disposition analogue.
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MM. Sartiaux et Weissenbruch,âqui nous empruutons ces renseignements (Bull, de la Comm, intern. du Congrès des chemins de fer) pensent que le meilleur système est l'emploi d'accumulateurs chargés dans des usines fixes.
Signalons encore une combinaison nouvelle et d'un genre tout différent, qui fonctionne dans tous les trains de nuit de la compagnie du Great'Eastem. En laissant tomber dix centimes dans une fente disposée à cet effet, on déclen-
che un mécanisme qui envoie le courant d'un accumulateur dans une lampe de la puissance de o bougies, et l'éteint au bout d'une demiheure.
Éclairage des yoitores, des bateaux, desyélocipèdes. — La figure 238 montre la disposition adoptée par M. Aboilard pour l'éclairage des voitures : la partie essentielle de cet éclairage comprend trois lampes à incandescence,deux dans les lanternes et l'autre dans la voiture; les premiè-
Fig. iZO. — Bougie et aigrelle pour voilures (Aboilard).
Fig. r40.— Lampes à arc pour l'éclairage public (Woodhousc el Rawson).
res sont allumées constamment, la dernière d'une façon intermittente. Quatre petits accumulateurs placés dans une botte sous le siège du cocher et capables d'actionner une lampe de cinq bougies pendant environ six heures alimentent les lanternes; d'autres accumulateurs, placés dans le coîfre de la voiture, sont destinés à la lampe intérieure. Les lanternes contiennent des bougies de bois creuses (fig.239), portant à la partie supérieure un support de lampe à incandescence et à la partie inférieure
deux bornes auxquelles on attache les conducteurs, et que deux fils relient à la lampe. Le ressort à boudin qui maintient d'ordinaire la bougie est conservé, de sorte qu'on peut, en cas d'accident, revenir instantanément ci l'éclairage habituel. Enfin on peut obtenir un effet encore plus éclatant en plaçant des aigrettes, allumées d'une manière intermittente (fig. 239), sur la tête des chevaux et sur le chapeau des domestiques. Les premières sont reliées aux accumulateurs placés dans le coffre par des con-
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ducteurs cachés sous les harnais, les autres sont alimentées par des piles de poche semblables à celles que nous indiquons à propos des bijoux. Pour les canots et les vélocipèdes, l'éclairage ne doit pas être disposé absolument de la même manière : il u\y a aucune utilité à disséminer la lumière, et il est préférable de placer à Pavant un foyer unique, mais assez intense. Dans la disposition adoptée par M. Trouvé, une forte lampe munie d'un réflecteur parabolique est
installée à Tavant du canot : elle est alimentée par une pile du même inventeur, qu'on peut dissimuler sous une banquette, et qui peut fournir facilement plusieurs heures d'éclairage. On obtient ainsi un vaste champ lumineux, ce qui permet au barreur d'éviter les accidents et donne à la navigation de nuit toute la sécurité désirable, en lui ajoutant un charme de plus.
C'est un éclairage du même genre qui convient aux vélocipèdes : un fanal placé en avant
Fig. 2il. — Mode de suspension des lampes.
Fig. iAi. — Modo de suspension des conducteurs. (Woodiiousc otRawsou).
du conducteur et qui lui montre les détails de la route en même temps qu'il signale aux passants le voisinage de l'appareil. Cette lanterne peut être alimentée par une pile ou un accumulateur: ce dernier mode convient peut-être mieux, à cause du peu de place dont on dispose . Nous donnons plus loin une figure qui montre l'application de l'électricité à l'éclairage et à la traction des vélocipèdes (Voy. Tricycle).
Éclairage des rues et des places publiques. — Les appareils employés pour cet éclairage
sont surtout les régulateurs et les bougies. On les fixe généralement au haut de colonnes en fonte ressemblant plus ou moins aux candélabres à gaz ; les régulateurs peuvent aussi être suspendus.
La figure 240 montre un modèle de régulateur employé en Angleterre par la Grosvenor district ekctrical Supply, Ces lampes sont suspendues, isolément ou par deux, à l'extrémité de pylônes en fonte (fig. 241). Enfin, la figure 242 représente le mode de suspension des conduc-
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leurs aériens, qui sont arrêtés sur les gorges d'isolateurs aa fixés aux poteaux par des coliiers boulonnés.
Les conducteurs lourds sont en outre suspendus à des (ils d'acier qui s'attachent euxmêmes aux appuis. Le conducteur passe alors dans des bagues en ébonite CG, soutenues par un étrier W en ûl de fer galvanisé, et un anneau brisé en acier R, qui entoure le câble de soutien SS.
Nous prendrons pour exemple l'éclairage de la ville de Paris. Le 15 février 1878, la Société Jablochkoff fut autorisée à installer des bougies sur la place de l'Opéra, puis sur l'avenue du même nom et la place du Théâtre-Français. Les essais durèrent jusqu'au {"avril 1882. De nouvelles tentatives furent faites aux Halles [15 mars 1879) et sur la place de la Bastille (23 février 1879). Au mois de novembre 1881, des régulateurs de Mersanne furent installés place du Carrousel, puis dans la cour du Louvre ; ils furent remplacés ensuite par des foyers Brush. Après quelques autres essais, une usine fut installée pour l'éclairage électrique du nouvel Hôtel-de- Ville.
Enfin, le 30 mars 1888, le conseil municipal décida que l'administration pourrait accorder aux sociétés qui en feraient la demande l'autorisation de distribuer l'électricité dans la ville, en se conformant au cahier des charges établi à cet effet, et dont nous citerons seulement les prescriptions les plus intéressantes.
A»T. P'. — Aucune concesBion ne pourra ôtre accordée qu'à des Français ou à des sociétés franraises, ayant leur siège social en France.
Art. 2. — Les fils ou câbles ne pourront êlre placés dans les galeries d'égout ou de carrières souterraines sous Paris. Ils seront placés sous les trottoirs dans des conduites en poterie, en maçonnerie, en métal ou en toute autre matière suffisamment résistante
Les fils ou câbles ne seront établis sous chaussées que pour la traversée des voies. Ces traversées se
feront à une profondeur d'au moins un mètre
Des regards seront établis de distance en distance pour permettre la visite de la canalisation, et celleci sera disposée de manière que, en cas d'avarie, oû puisse, en se servant des regards, retirer et remplacer les fils, sans ouverture de fouille.
La traversée des égouts n'est autorisée qu'exceptionnellement; en thèse générale la canalisation doit passer au-dessus.
Art. 3. — Les fils ou câbles ne peuvent être placés qu'à une distance minima de un mètre des façades des maisons, cet emplacement étant réservé au réseau municipal d'électricité
Art. 4. — Les fils pénétrant dans les immeubles seront établie entre le câble principal et la façade dans des conduites reliées & celles du câble principal.
Toutes les installations autres que les fils de branchement, telles que coupe-circuits, etc., seront placées en dehors des limites de la voie publique.
Art. 5. — S'il est fait usage de transformateurs, ils seront installés en dehors de la voie publique.
La durée des concessions est fixée à ] 8 ans.
Art. 13. — Le permissionnaire restera absolument maître de ses tarifs, sous réserve de ne pas dépasser un maximum de G fr. 45 pour une carcclheure, ou de 0 fr. 45 pour une quantité d'énergie électrique livrée aux abonnés et équivalente à un cheval-vapeur pendant une heure.
La ville de Paris se réserve la faculté d'abaisser les prix maxima ci-dessus fixés, tous les cinq ans.
Les abaissements de tarifs profiteront à tous les consommateurs, quelles que soient les conditions de leur police d'abonnement.
Tous les abaissements de tarifs consentis par le permissionnaire à ses abonnés seront considérés comme acquis jusqu'à l'expiration de l'autorisation et les tarifs ne pourront plus être relevés.
Tout permissionnaire, dans l'étendue du réseau à lui concédé, fournira sur la demande de la ville, pour l'éclairage public, de la lumière électrique par arc voltaîque au tarif maximum de 0 fr. 25 la carcel-heure.
Usine municipale des Halles, — Une usine municipale a été installée aux Halles; elle occupe une superficie de 1,900 mètres carrés et alimente actuellement 3,000 lampes, sur un développement de 10 kilomètres.
L'installation comprend deux parties : la première, destinée & fournir des courants continus , à basse tension, est formée de six dynamos Edison, actionnées par des machines Weyher et Richemond,du type vertical à pilon, du système & triple expansion et à condensation. Ces dynamos sont montées en vue de l'emploi du système de distribution à trois fils. (Voy. Montage.)
La seconde partie de l'installation donne des courants alternatifs à haute tension. Elle comprend trois machines Ferranti, alimentées par des moteurs Lecouteux et (îarnier.
L'éclairage des Halles comprend 168 lampes à arc dans les pavillons, et 512 lampes à incandescence dans les sous-sols.
Le réseau privé se compose de trois circuits :
1» Rue des Halles ;
2° Hue Berger, rue du Pont-Neuf et numéros pairs avoisinants de la rue de Rivoli;
3° Numéros impairs de la rue de Turbigo,du boulevard de Sébastopol et des grands boulevards jusqu'à la rue Montmartre.
Sur ce dernier circuit, qui a 2,000 mètres de longueur, on emploie des transformateurs de distance en dislance.
Cette usine est dans des conditions toutes spéciales, car, dans les Halles, c'est seulement
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à 2 heures du matin qu'on allume toutes les lampes, alors qu'on les éteint ailleurs.
Concessions diverses, — Outre la compagnie Edison, qui a établi une usine sous la cour d'honneur du Palais-Royal, pour éclairer le Théâtre-Français, le théâtre du Palais- Roy al, les galeries du Palais-Royal et l'administration des Beaux-Arts, six compagnies ont accepté les conditions posées par la Ville et ont entrepris l'éclairage de secteurs allant en s'élargissant du centre jusqu'aux fortifications. Ces sociétés doivent éclairer, dans un délai de deux ans, les rues centrales de leur secteur et les voies principales qui les limitent jusqu'aux fortifications. Voici les quartiers concédés à ces Sociétés :
Réseau Gaston- Ccnsier. — Avenue de la Grande- Armée, avenue des Champs-Elysées, rues de Rivoli, du Louvre, Montmartre, du Faubourg-Montmartre, de Châteaudun, de Londres, de Coustantinople, de Rome, Cardinet et de Tocqueville.
Réseau de la Société auoiiyme du secteur de la place Clichy. — Boulevard Pereire, rue de Rome, boulevard Haussmaon, les rues du Havre et d'Amsterdam, et les avenues de Clichy et de Saiot-Ouen jusqu'aux fortifications.
Réseau de la Compagnie Victor Popp. — Rue de Belleville, faubourg du Temple, place de la République, les grands boulevards, rues Royale et de RivoU, place de la Concorde et les quais de la rive droite Jusqu'aux fortifications.
Réseau de la Compagnie Surry-Montaud. — Boulevards Ornano et Barbes, faubourg PoissonnitTe, rues Poissonnière, des Petits-Carreaux, Montorgueil, Baltard et du Pont-Neuf, quai des Orfèvre^ et du Pont-Neuf, rue de la Cité, parvis Notre-Dame, pontd'Arcole, rue du Temple, rues de l'Entrepôt, de Lancry, des Récollets, faubourg Saint-Martin et rue de Flandre.
Société Edison. — Avenues de Saint-Ouen et de Clichy, rues de Clichy et de la Chaussée-d'Autin, les grands boulevards jusqu'à la rue Richelieu, la place de la Bourse, les rues Joquelet, Montmartre, les grands boulevards jusqu'à la rue du Faubourg- Saint-Denis, le commencement de la rue du Faubourg-Saint-Denis, le faubourg Poissonnière jusqu'à la rue d'Enghien, la rue Bergère, la rue du Faubourg-Montmartre, rue Grange-Batelière, rue Geoffroy-Marie, cité Trévise, rue Bleue, rue Lafayette, place Cadet, rue Rochechouart, boulevard Rochechouart, les rues Clignancourt, Ordener et du Mont- Cenis.
Société Marcel Deprez. — Les boulevards Ornano et Barbes, le boulevard Magenta, la place de Roubaix, la rue Dunkerque, le boulevard Denain, la rue du Faubourg-Saint-Denis, la rue d'Aboukir, la rue du Caire, le boulevard de Sébastopol, le boulevard Saint-Martin, la place de la République, la rue de la Douane, le quai de Valmy et la rue d'Allemagne.
Quant à la rive gauche, le boulevard Saint- Michel et le boulevard Saint-Germain seront prochainement éclairés par la Compagnie Victor Popp.
On peut remarquer que les divers révîK empiètent les uns sur les autres, les corniv gnies n'ayant pas reçu un monopole, mais^c lement le droit d'établir une canahsation.
Nous citerons comme exemple rinstallaL de la Société pour la transmission de la t o: par l'électricité (Société Marcel Deprez).
Cette compagnie, en vue de pouvoir alim^û ter simultanément p»ir son réseau générai service des lampes à incandescence et celui ^ régulateurs à arc, tant de l'éclairage priv^q de l'éclairage public, a adopté 120 volts coiiil tension uniforme de distribution aux kndes lampes, ce qui permet de desservir ini; tinctement des lampes à incandescence éul nées à i 20 volts ou des arcs montés deux a li: en tension.
La canalisation de distribution de tout le !^ teur est reliée en ses différents points, li-^ ■ çon à présenter un réseau continu, alini^ par des feeders ou câbles nourrisseurs, pn^ des diverses usines ou postes distributeurblis dans le périmètre concédé.
Un certain nombre de stations sontréiti dans l'étendue du secteur, de façon à venir aide les unes aux autres, en cas d'avane d'interruption dans le service survenue a ! d'elles. Toutes les parties de la canalisation distribution peuvent d'ailleurs être isolét >. ' façon à permettre toute réparation ou nv^i cation dans le reste de l'installation, sans in: rompre le service d'une zone de plus de IWw très de façade. La canalisation est loujourv charge et la tension aux points de contact feeders avec la distribution, maintenue i ^ point déterminé, grâce au contrôle de lil' retour aboutissant de ces points de conlart tableaux de distribution et de réglai»* ^'^'^ dans les diverses stations de distribution. Ct^' tension varie de 121 à 122 volts suivant les^-' de charge. La canalisation de distribution ecalculée avec une perte de charge maxima ^ 1,5 volt pour l'intensité du régime compH
La perte de charge extrême sur les feed^r^ qui correspond au maximum d'utilisation ^-^^ meilleur rendement économique de ces ciiducteurs, étant de 12 volts, la tension aui ^ verses stations peut être réglée suivant la c^"^ sommation, entre 122 et iU volts. A cet* ces stations sont pourvues d'importantes bat'^^ ries d'accumulateurs, destinées à servir de r^ gulateur et de réservoir d'énergie, qui, au ni' ment de la période de plein allumage, vienner compléter le courant fourni directement par '^• dynamos. Dans la journée, ces machines ren*
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dent aux accumulateurs Ténergie qu'ils ont dépensée pour Téclairage.
Les stations que la Société a installées dans le périmètre qui lui a été concédé sont de deux ordres différents; les unes sont des stations transformatrices, recevant le courant à haute tension d'une usine primaire, placée à Saint- Ouen, et restituant cette énergie, grâce à l'emploi des réceptrices transformateurs, système Marcel Deprez, à la tension de distribution (134 Tolts au moment du fort allumage}; les autres sont des usines productrices de courant à basse tension, avec installation complète de machines à vapeur et dynamos actionnées par ces moteurs. L'emploi de ces deux modes de production du courant nécessaire à la distribution pour l'éclairage a pour but, de même que le chevauchement des feeders des différentes usines, d'assurer d'une façon absolument parfaite le service général. L'usine primaire de Saint-Ouen, productrice du courant à haute tension, peut développer une énergie de 1500 chevaux électriques, répartis entre les stations de transformation du secteur de Paris et des communes de la banlieue où la Société est concessionnaire de l'éclairage électrique. Cette usine pourra être développée rapidement, de façon à atteindre une puissance de 10,000 chevaux électriques. La Société a fait établir encore deux importantes usines à vapeur, Tune rue de Bondy et l'autre rue des Filles-Dieu, pour desservir immédiatement la partie de son secteur avoisinant la ligne des boulevards, depuis la gare de l'Est jusqu'à la rue du Caire, en comprenant la ligne des boulevards Magenta, de Strasbourg, Sébastopol, Bonne-Nouvelle (côté nord), place de la République, rues et faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin, c'est-à-dire de la zone oiî la densité d'éclairage est la plus grande.
Ces deux usines peuvent assurer le fonctionnement de 20,000 lampes, sans compter les 4,000 lampes des théâtres de la Renaissance, de la Porte-Saint-Martin, de l'Ambigu et des Folies- Dramatiques.
Dans le secteur de cette Société se trouve l'éclairage des boulevards entre la porte Saint- Denis et la place de la République, qui comporte actuellement 27 arcs de 10 ampères à titre d'essai; nous signalerons spécialement l'éclairage de la partie située entre la porte Saint- Martin et le théâtre de l'Ambigu, où les arcs, disposés à la fois sur les côtés et dans l'axe du boulevard Saint-Martin, donnent une idée très satisfaisante de l'effet qu'on peut obtenir pour Téciairage public des boulevards de la grande
viUe, effet de beaucoup supérieur à celui résultant d'une simple file de régulateurs établis dans l'axe de la voie, qui laisse les bas-côtés dans une pénombre d'autant moins satisfaisante que la chaussée est plus éclairée. D'autre part la disposition adoptée pour les globes et lanternes de cet éclairage, par suite de la position du point lumineux, donne le maximum d'éclairement.
L'éclairage électrique en province et à Vétran-^ ger. — Un certain nombre de villes de France possèdent déjà l'éclairage électrique. Tours, Saint-Étienne, Nice possédaient déjà en 1887 des stations centrales; Reims, Angers, Dijon ont suivi cet exemple. A Tours on fait usage de transformateurs; c'est peut-être la première application importante de ces appareils en France. De petites villes telles que Bellegardesur-Valserine, Bourganeuf, la Roche-sur-Foron, Saint-Jean-de-Maurienne, Domfront, Châteaulin, etc., possèdent également l'éclairage électrique.
Berlin, Munich, Leipzig, Cologne, Londres, etc., et un grand nombre de villes américaines possèdent aussi des installations plus ou moins complètes d'éclairage électrique.
Éclairage de la ville de Genève. — La ville de Genève a utilisé pour son élairage les forces naturelles dont elle dispose. Un barrage à vannes mobiles, élevé dans le Rhône à la sortie du Léman, pour régulariser le niveau du lac, donne une chute qui produit une force motrice de plusieurs milliers de chevaux. Cette chute fait marcher des turbines qui actionnent des pompes. Un premier jeu de pompes distribue de l'eau à basse pression pour l'alimentation des habitations particulières et le service municipal. Un second jeu refoule l'eau dans un réservoir situé à 135 mètres au-dessus du lac, duquel part une canalisation à haute pression (13 atmosphères) qui distribue la force motrice. C'est cette eau à haute pression qui est utilisée par la station centrale d'électricité.
L'eau actionne des turbines horizontales, qui sont reliées directement aux dynamos par des manchons élastiques Raffard. Les dynamos sont du système Thury, à 6 pôles, de 100 volts chacune. Le collecteur porte quatre paires de balais, ce qui permet d'enlever, de changer, de régler une ou deux paires pendant la marche. Il n'y a pas trace d'étincelles aux brosses, même en pleine charge; chaque machine est munie d'un léger ventilateur, qui insuffle de l'air entre l'inducteur et l'induit et aussi à travers l'induit, ce qui permet d'augmenter beaucoup le débit, sans échauffement dangereux.
ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
On a adopté le système de distribution directe du courant continu à trois conducteurs. Les câbles de distribution sont du système Siemens et Halske décrit plus haut. Cette distribution est faite par la Société d'appareillage électrique.
Éclairage de la ville iV Anvers. — L'éclairage de la ville d'Anvers, réalisé par la Compagnie générale d'électricité, comprend deux machines à vapeur du système Compound, de 400 chevaux chacune, alimentées par qualre chaudières multitubulaires inexplosibles, système de Naeyer, dont trois sont en activité à la fois.
Les dynamos sont du système Gulcher, à grand débit et à faible tension. La station étant assez éloignée, le courant est d'abord amené aux quartiers qu'on doit éclairer par un conducteur principal, longde410 mètres, et formé de cinq câbles positifs et cinq négatifs. Chaque câble est formé de dix-neuf fils en toron ayant chacun 4,88 millimètres de diamètre. La section totale du groupe de câbles est 1775 millimètres carrés; l'intensité totale du courant est 1500 ampères. La perte en volts pour le débit total est de 12,30 ; la perte en chevaux de 28,73. La résistance totale à 15» est de 0,0082 ohms. La chute de potentiel aux extrémités du conducteur principal est constante et égale à 70 volts. La distribution secondaire constitue à peu près un rectangle dont on aurait rejoint le milieu des côtés; elle a été calculée pour une perte de 4 volts. Le reste de la distribution se fait par fils aériens en bronze phosphoreux. Les régulateurs à arc sont du système Gulcher, les lampes à incandescence du système Siemens et du système Lane-Fox. Chaque installation particulière est pourvue d'un compteur Ferranti.
Éclairage de rEzposition uniyerselle. — L'éclairage de l'Exposition de 1889 fut confié en partie à l'électricité et en partie au gaz. Les parties éclairées à la lumière électrique comprenaient :
1*> Espaces couverts : galerie des machines; galerie de 30 mètres reliant le Palais des machines au Dôme central ; Dôme central ; galerie Rapp et galerie Desaix ;
2<» Espaces découverts : cours et avenues intérieures; jardin supérieur; jardin central; jardin inférieur ; abords de la Seine.
Nous citerons en particulier l'éclairage du Palais des machines, qui constituait la partie la plus importante de l'installation; il comprenait : !• une nef ayant 383 mètres de longueur, U4 mètres de largeur, 45 mètres de hauteur maximum et 43,662 mètres de surface; 2« une
galerie de 18 mètres de largeur, et Smèln^r. hauteur, régnant tout autour de la nef elpr^ sentant une surface de 16,675 mètres carr- 3» une galerie au premier étage, conrract précédente et ayant absolument les mêmt»> : mensions. La surface totale du palais estd : viron 77,000 mètres carrés, près de 8 heciay et son volume de 2 millions de mètres cabe^
L'éclairage de la nef était dû à deui ^v.d'appareils fonctionnant séparément oq m. tanément. La première série comprenait k ltrès, formés chacun de 42 régulateurs de w»: pères brûlant à feu nu, et placés sur Tai^ palais, à 40 mètres de hauteur. Ces lu^r étaient manœuvres à l'aide de treuils fii<^v les fermes de la charpente, à. la hauteor premier étage. Ces régulateurs étaient groii: par 3; leur réseau comprenait donc 16 cm' de 60 ampères sous 200 volts.
La seconde série comprenait 86 réguIaH de 25 ampères, munis de globes clairs, et \à à 15 mètres du sol, sur 5 rangs longitudin^ et 18 rangs transversaux. Enfin les deux c^iries du rez-de-chaussée et du premier élaf^ reçu 276 régulateurs de 8 ampères, plao- 5 mètres du plancher.
L'escalier placé sur l'axe transversal palais, du côté de l'École militaire, était éilii par 200 lampes Woodhouse et Rawson • 8 bougies, et les bureaux placés sous cet^î^^lier par 10 lampes de 250 bougies, installée? [»- M. Garnot. L'escalier situé du côté de IV^ Suffren a reçu 300 lampes à incandescent^ * 8 bougies de la maison Jarriant, et l'esca-i opposé, placé près de l'avenue de LaboarJ nais, 160 lampes de 8 bougies de MM. Crop:;ton et C»«.
Éclairage de la tour Eiffel. — Léclairi électrique de la tour Eiffel comprenait : a partie supérieure, un phare dont la lampe •!'=^ trique avait une intensité de 10,000 can''^' invisible jusqu'à 1,500 mètres du pied t^'' ^ Tour, ce feu envoyait ses rayons à une disUn de 80 kilomètres. Cet appareil tournant por'ï trois systèmes de lentilles, bleu, blanc, ro"-' La lampe recevait un courant de 100 ainf^ La partie tournante du phare était nH*^'"" mouvement par un courant accessoire d? '• ampère. Sur la cinquième plate-forme. '' 5,75 mètres de côté, placée un peu au-de^^'' du phare, à 290 mètres de hauteur, ^^^^^ installés 2 projecteurs Mangin, ayant chacun foyer de 10,000 carcels et un miroir conca^ ' convexe, en verre argenté sur la face porieure, de 0,90 m. de diamètre. Chaque P^^'
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ecteur était posé sur une sorte de truc et mouvait se mouvoir tout autour de la plateorme, sur une petite voie Decauville; ils pou- .' aient en outre tourner dans tous les sens. Un iioteur de 35 chevaux actionnait 3 dynamos >lacées dans le pied sud-ouest de la Tour et ionl les courants étaient portés aux 3 lampes [oar six câbles en fil de cuivre tressé non re- 'ouvert, soutenus par des isolateurs.
Éclairage des chantiers de constmction, des exploitations agricoles, etc. — L'une des premières applications des régulateurs électriques a été l'éclairage des chantiers de construction, pendant la nuit, lorsqu'on veut faire avancer rapidement les travaux : citons notamment la reconstruction du Louvre, des magasins du Printemps, les travaux du pont Notre- Dame, etc. Le plus souvent on place la lampe
Fip. i43. — Voiture avec malériel mobile dV'clairage.
au sommet d'un échafaudage en bois, et Ton renvoie» à Taide d'un réflecteur, les rayons lumineux sur la partie qu'on veut éclairer. Une locomobile alimente la machine génératrice.
La lumière électrique peut rendre les mêmes services dans les exploitations agricoles, où souvent un retard de quelques heures peut faire perdre une récolte.
Des appareils spéciaux sont construits pour cet usage, notamment par la Société de matériel agricole de Vierzon (flg. 243).
Un chariot à quatre roues porte une machine à vapeur horizontale avec chaudière à foyer amovible et retour de flamme, qui actionne par l'intermédiaire d'une courroie une dynamo placée à l'avant, et séparée de la chaudière par une cloison pleine, pour la préserver des radiations calorifiques. Un autre compartiment reçoit des accumulateurs; au-dessus sont placés tous les accessoires, câbles, fils, lampes, etc. A côté de la dynamo est placé le tableau des communications, qui porte un am-
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pèremètre, un voltmètre, une lampe témoin, et trois commutateurs à manette, qui permettent d'établir toutes les communications entre la machine, les accumulateurs et les lampes. Le modèle le plus ordinaire alimente 2 régulateurs de 80 carcels, et environ 50 lampes à incandescence de 16 bougies.
La figure 245 montre une disposition un peu difTérente. La machine à vapeur est verticale.
avec chaudière à tubes pendentifs système F Tout le mouvement est placé sur le deTan la chaudière, sous la main du mécanict'':! caisse du matériel électrique est divisée es compartiments séparés par des cloisons pk: celui de gauche à la partie inférieure re o accumulateurs; à Tétage supérieur sonl|i: tous les accessoires du service d'éclairi. câbles, fils, lampes, etc.; celui de droite
Fig. 244. — Locomobile avec machine à vapeur verticale.
tient la dynamo, qui est généralement du type Gramme, et le tableau des communications. Ce compartiment est fermé par un panneau mobile qu'on enlève pendant le fonctionnement pour surveiller la marche. Ce modèle est généralement construit pour alimenter 5 régulateurs de 80 carcels, ou bien 40 à 50 lampes à incandescence de 16 bougies, ou un éclairage équivalent formé avec les deux systèmes.
La figure 245 représente un appareil analogue construit par la maison Woodhouse et Rawson.
Les lampes se placent sur des trépieds ino^ (fig. 246).
La lumière électrique est apphquée, u^l- 1883, à l'éclairage des bassins de radoub port d'Anvers; on peut ainsi travailler P nuit, et diminuer beaucoup les frais de stal!-^ nement supportés par les armateurs dont ' navires sont en réparation. Dans le m^i»^ '' et en raison de Tinsuffisance des forint' J radoub existant à cette époque, ^^^ ^'^ ' Havre a fait installer, en avril 1884, u"'^^
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âge électrique fixe par la maison Sautter, .emonnier et C^«, sous la direction de MM. Gazaan et Bricard et de l'administration des ponts l chaussées du Ha>Te. Ces formes sont au
nombre de quatre, dont trois situées au bassin de la Citadelle et la quatrième au bassin de TEure. Nous décrirons Tinstallation de cette dernière.
Fig. 245. — Locomobile électrique pour exploilalious agricoles.
La longueur totale de cette forme est de )0 mètres, sa largeur de 30 mètres et sa pro-
Pig. 246. — Support mobile pour lampe.
)ndeur de 10 mètres. L'éclairage devait'[être uffisant pour permettre : 1° les entrées et les orties des navires pendant la nuit; 2°Jes manu-
tentions et approches des matériaux autour de la forme ; 3° tous les travaux de visite et les réparations de toutes les parties de la coque du navire.
L'éclairage nécessaire pour les deux premières séries d'opérations est obtenu à l'aide de 6 lampes Gramme, de 500 carcels chacune, placées à 12 mètres au-dessus du sol, pour permettre d'éclairer un grand espace sans fatiguer la vue. Ces lampes sont enfermées dans des lanternes avec globe en verre, pour les protéger du vent et de la pluie. Elles sont supportées par des pylônes de 13 mètres d'élévation, sur lesquels on peut les hisser à toute hauteur, depuis le fond de la cale jusqu'à 12 mètres audessus du sol. On peut ainsi éclairer facilement l'intérieur de la forme pour visiter et réparer les navires : il suffit de faire descendre les lampes dans la cale et de les maintenir, à l'aide d'amarres, dans les positions les plus avantageuses.
Les pylônes (fig. 247) sont des colonnes creuses en fonte, surmontées d'un bras en treillis de fer portant un grand abat-jour en tôle galvanisée. Ils portent à l'extérieur les attaches des circuits et à l'intérieur un tambour en fonte sur lequel s'enroule un câble à double
Vif^. 247. — Kriairage à lï'leclricil<^ lîcs formes de radoub du Havre (d'aprôs une pholograpliie coniniunû|U(^«Y |»ar MM. Saulter-Umonni'T .
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conducteur, qui amène le courant jusqu'aux lampes, et sert aussi à les soutenir; en tournant ce treuil, on déroule le câble et on amène les lampes à la hauteur voulue. Au-dessous du tambour et abrités par un toit en zinc se trouvent un interrupteur automatique et une résistance équivalente à celle de la lampe, que le commutateur lui substitue lorsqu'elle s'éfeint accidentellement ou volontairement.
Deux autres commutateurs permettent, Tun <le changer les charbons, l'autre d'enlever la lampe du circuit quand on ne veut pas l'allumer.
Ces régulateurs sont alimentés par deux dynamos Gramme de 24 ampères et 250 volts à la vitesse de 1,200 tours. En portant la vitesse à \ ,500 tours, on peut alimenter 4 des foyers avec une seule machine. Normalement les lampes, montées en tension, sont divisées en deux circuits, dont chacun est commandé par l'une des machines.
Grâce à cette installation, les cuivrages et les travaux de carène peuvertt se faire aussi bien de nuit que de jour. La fixité des lumières est remarquable ; elle persiste même pendant qu'on abaisse ou qu'on relève la lampe.
£clairage des navires. — Les principaux avantages de la lumière électrique pour les navires sont la lumière plus abondante et plus agréable, la facilité de service, la suppression des risques d'incendie, l'augmentation de bien- Hre pour les passagers et l'équipage, la puissance des feux déroute augmentée, les signaux de nuit d'une transmission plus sure et plus rapide, enfin l'économie. Les conditions essentielles sont à peu près les mêmes pour les grands paquebots des compagnies de transports et pour les grands bâtiments de guerre, si ce n'est que dans les navires marchands Tappareillage est un peu plus luxueux, et dans les navires de guerre la complication des circuits est un peu plus grande.
Le nombre des lampes nécessaires dépend dos dimensions du bâtiment : il peut varier de 2o pour les torpilleurs de haute mer à 500 pour les grands transatlantiques.
Éclairage du cuirassé le « Richelieu ». — Cet (éclairage, installé en 1884, comprend 227 lampes à incandescence Edison dont 211 de 8 bougies pour l'éclairage proprement dit et 16 de 30 bougies pour les feux de route, feux de position et signaux. Ces lampes sont divisées en 7 circuits, répondant chacun à un besoin spécial et partant d'un tableau de distribution placé près de la machine :
10 Circuit de jour;
2<» Circuit de nuit ;
30 Circuit de combat;
4« Circuit de la machine ;
6<» Circuit de mer ;
6<» Circuit des feux de route.
70 Circuit des feux de signaux.
Dans chaque circuit, un certain nombre de lampes, dont on n'a besoin qu'à certains moments, sont munies de commutateurs individuels. Les commutateurs des lampes placées dans les locaux habités par l'équipage sont munis de clefs, de façon que la manœuvre ne puisse en être faite que par celui qui en est chargé.
Les lampes destinées à l'éclairage sont fixées à des appareils dont la forme et la disposition varient avec les endroits à éclairer. Le fanal (flg. 248) est employé surtout dans les batteries
Fig. 248. — Fanal.
et autres postes de couchage. La lanterne-wagon (flg. 249) convient très bien à l'éclairage des
Fig. i49. — [.Aulcrne- wagon.
coursives, des soutes, de certaines parties des machines, etc.
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Il y a avantage en certains points à munir ces appareils d'un anneau et à les suspendre au moyen de trois chaînettes (flg. 250). Dans les
Fig. 250. — Lantcme-wagou suspeDduc.
chambres d*offlciers, carrés et appartement de Tamiral, les supports ont la forme de bras, de suspensions droites (û^. 251), de lustres ou d'ap-
pliques, se rapprochant beaucoup des fo:
ordinaires employées avec les bougies. Touappareils sont nickelés, étamés, et les la munies d'abat-jour opales. Les chambrr maîtres, les machines, possèdent des ap[ de même forme, mais plus simples. L'édi. du manomètre et du niveau d'eau de chchaudière est assuré par une lampe placr-^ une lanterne (fig. 252).
Pour les soutes à poudre et à projectiia utilisé les guérites des anciens porte-boc.
Fig. 251. ~ Bras et suspoDsion .
la lampe est fixée à un petit socle en bois qui vient occuper la place du porte-bougie en face
Fig. 252. — Lanlerne de niveaa d'eau.
du réflecteur. Un petit câble souple relie la lampe à deux bornes de prise de courant, de sorte qu'on peut les substituer facilement à la bougie, et vice-versa. Une disposition semblable a été adoptée pour les fanaux de route et les
lampes de signaux ; mais les prises de cou étant placées à l'extérieur du navire, ^' dans des boites étanches spéciales.
Partout des précautions particulières o^ prises pour soustraire les lampes aux vibr: dues aux mouvements des machines et aur cousses causées par le tir du canon. Dans a on a : 1« interposé entre les parois du l^ et le point d'attache de chaque support rondelle en feutre de 10 à 15 mm. d'épaij^ 2^» relié chaque lampe à son support par li' médiaire de deux petits socles en bois et ressort à boudin, qui amortit les chocs.
Les fils conducteurs, parfaitement isol'^^ été partout posés sur des planches en ^ fixées aux parois du navire ou passés dan? ^ tuyaux en métal, et, l'installation faiteassuré leur conservation en les recou>Ti'|^ bois; 48 coupe-circuits sont intercalés dans 1*^ tallation.
On peut éteindre un nombre quelconquelampes sans altérer l'intensité de celles v
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2!tô
restent, et sans qa'il soit nécessaire d'introduire des résistances équivalentes: La machine règle elle-même automatiquement le débit; les variations du travail moteur qu'elle absorbe sont proportionnelles aux variations du nombre des lampes allumées. Malgré ces variations, la vitesse du moteur reste constante; elle est réglée par un régulateur différentiel spécial du système ^égy> agissant sur la détente de la vapeur.
La dynamo est une machine Gramme du type ID donnant 200 ampères et M volts environ ; les électro-aimants sont excités en dérivation. Cette machine exige une puissance de 20 à 25 chevaux ; elle est commandée par un moteur Mégy à grande vitesse.
Éclairage du paquebot-poste r« Océanien ». — Nous joindrons à l'exemple précédent celui d'un paquebot de la compagnie des Messageries maritimes, installé par les mêmes constructeurs en 1886. Cette installation comprend 200 lampes à incandescence Edison de 10 bougies pour Téclairage des salons, des cabines et des couloirs, 2 lampes de 20 bougies pour les soutes, et 3 lampes de 40 bougies pour les feux de route. Ces 5 dernières sont du type Woodhouse et Rawson. Un régulateur à arc de 150 carcels peut être hissé rapidement à l'extrémité d'une vergue pour rembarquement ou pour toute autre opération exigeant un éclairage extérieur très intense.
Ces lampes sont alimentées par deux dynamos Gramme donnant chacune 118 ampères.
Lorsque le nombre des lampes allumées devient assez faible, par exemple vers onze heures du soir, on ne laisse en fonction qu'une seule dynamo. Les dynamos sont compound, de sorte que Fintensité des lampes allumées reste constante, quel que soit leur nombre.
Chaque dynamo est actionnée directement, sans aucun intermédiaire, par un moteur Mégy à grande vitesse, muni d'un régulateur différentiel.
Éclairage du cuirassé V « Indomptable ». — L'expérience a montré qu'il est bon de ne pas donner aux moteurs qui actionnent les dynamos dans les navires une vitesse supérieure à 350 tours par minute. Malgré les qualités remarquables <iu moteur Mégy, employé sur les navires cités ci-dessus, les machines à très grande vitesse, qui conviennent parfaitement pour des services accessoires d'une faible durée, semblent peu propres à un service aussi constant et d'aussi longue durée que l'éclairage d'un navire. Aussi MM. Sautter,Lemonnieret C*« ont^ils adopté de préférence pour le croiseur japonais VUnébi^ Dictionnaire d'Alectricité.
puis pour le cuirassé VlndomptablCf installé en 1887, une machine faisant 350 tours par minute, et actionnant directement la dynamo.
Ce moteur, du type pilon (fig. 253) est à deux cylindres compound, fonctionnant à volonté, avec échappement à air libre ou à condensation, lia une puissance nominale de 20 chevaux effectifs à 3 kilogr. de pression. Afin de réduire le poids au minimum, les cylindres et le bâti seuls sont en fonte, tous les autres organes en bronze ou en acier. L'examen du dessin montre que tous les organes sont bien en vue et facilement accessibles même pendant la marche ; tous les coussinets, en bronze phosphoreux ou garnis de métal antifriction, sont à rattrapage de jeu.
La distribution est faite dans le grand cylindre par un seul tiroir et dans le petit cylindre par un tiroir double à détente variable ; on peut ainsi, avec un réglage convenable, fonctionner toujours dans les conditions les plus économiques de consommation de vapeur, soit à condensation, soit à échappement libre.
Le régulateur de vitesse est particulièrement sensible ; il est de plus disposé de telle sorte que pendant la marche on peut faire varier l'allure normale du moteur.
Le moteur et la dynamo sont montés dans le prolongement l'un de l'autre sur un châssis commun en fer à double T, qui sert en même temps de bâti aux organes de la dynamo. L'accouplement est fait par un manchon flexible à ressorts, entièrement métallique, dispensant de prendre au montage à bord les précautions minutieuses qu'exigerait un accouplement rigide.
L'essai de consommation des moteurs à vapeur a indiqué en moyenne 9,5 kilogr. d'eau par heure et par cheval effectif mesuré au frein. Pression de vapeur 3 kilogr.; condensation 0,60.
La dynamo Gramme est du genre duplex, c'est-à-dire à deux paires de pôles. L'induit a ses sections couplées deux à deux en quantité. Les électro-aimants sont à excitation compound. Toute la partie supérieure de la dynamo peut s'enlever, de manière à permettre en quelques instants le remplacement de l'arbre et de sa bobine. Cette machine peut donner de i à 150 ampères avec une différence de potentiel aux bornes de 66 volts.
L'éclairage de VIndomptable comprend deux ensembles identiques, dont l'un peut alimenter 8 projecteurs de 500 becs et de 0,40 m. de diamètre avec 45<* de divergence, c'est-à-dire éclairer tout l'horizon, pendant que l'autre illumine les 225 lampes à incandescence de 10 bougies
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destinées à Téclairage intérieur; en raison de leur identité, Fun de ces ensembles peut se substituer à l'autre, dans Tun quelconque de ces deux services différents.
Éclairage des croiseurs le « Davout » et le « Sucheh . — Les dispositions employées pour Ylndomptahle ne pouvaient convenir à ces croiseurs, car, dans ce cas, les ensembles devaient être installés sous le pont cuirassé, contre le bordage, et la hauteur disponible était seulement de 1 mètre au point ou le pont rencontre la
paroi ; cette condition excluait l'emploi de moteurs pilons. D'ailleurs le programme tracé par la Marine limitait à 350 tours la vitesse de rotation, et demandait une consommation de vapeur aussi économique que celle des moteurs pilons compound.
Pour réaliser ce programme, MM. Sautter, Lemonnier et C^% ont fait usage d'un moteur WooU tandem. Les deux cylindres sont sur le prolongement l'un de l'autre, le cylindre postérieur en porte-à-faux. Le cylindre antérieur est porté
Fig. 253. — Moteur pilon et dynamo Duplex do V Indomptable.
par un bâti en fonte qui reçoit à l'autre extrémité l'arbre de couche. Les cylindres ont tous deux des enveloppes de vapeur; le plus petit est à détente variable. Les dimensions d'encombrement sont : 2,40 m. en longueur, 1,60 m. en largeur, 0,90 m. en hauteur.
La dynamo, du type Gramme, est à deux pôles. L'induit est monté sur Tarbre même du moteur, prolongé à cet effet. Les électroaimants sont portés par un bâti en fonte boulonné contre celui du moteur. L'accès étant impossible du côté du bordage, on a pris toutes les précautions nécessaires pour pouvoir faire
les manœuvres et même démonter toutes les pièces du côté de la dynamo, sans déplacer l'ensemble.
La dynamo peut fournir 200 ampères et 70 volts à la vitesse de 350 tours par minute. La consommation de vapeur est de 40 kilogrammes par cheval-heure.
Éclairage du w Hoche ». — Le cuirassé de premier rang le Hoche^ qui vient d'être achevé à Lorient, est muni d'un éclairage électrique comprenant :
1° 6 projecteurs de 60 centimètres, munis chacun d'une lampe à arc prenant de 65 à
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75 ampères, et dont la puissance lumineuse est de 3 000 becs;
2® L'éclairage extérieur formé de : 14 lampes à incandescence de 50 bougies. 65 volts : 23 lampes à incandescence de 32 bougies, 6o Folts :
3" L'éclairage intérieur obtenu par :
3aO lampes à incandescence de 10 bougies, 65 volts.
Quatre groupes de dynamos Desroziers four* nissent le courant électrique nécessaire à Talimentation de ces foyers. Chacun des groupes peut donner 200 ampères et 70 volts à la vitesse de 350 tours. Les moteurs, construits par la maison Breguet, sont compouuds, du type dit pilon.
Ils sont réunis aux dynamos par l'intermédiaire de l'accouplement élastique, système
Fig. i'6A, — Dynamo Desroziers accouplée avec un moteur pilon.
HaCfard, qui est formé essentiellement de deux plateaux réunis par des bagues en caoutchouc. La figure 254 représente un de ces ensembles.
Le Hoche est muni de deux tableaux de distribution, tous deux identiques et prêts à fonctionner à un moment quelconque. L'un d'eux servira seulement en cas d'avarie au compartiment qui renferme l'autre. Chacun porte : un voltmètre Breguet sans aimant ; 4 ampèremètres Carpentier avec fiches de court circuit;
17 commutateurs à quatre directions correspondant aux quatre dynamos; 17 coupe-circuit doubles principaux.
La canalisation esl faite presque entièrement sous bois. Les caissons facilitent les recherches et les réparations en cas d'avarie.
L'éclairage extérieur comprend :
i^ Les Signaux: lampes de 32 bougies fixées le long d'un galhauban qu'on hisse au moment voulu au haut d'un des grands mâts. Le courant, pour arriver aux lampes, passe par le ma-
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nipulateur, appareil destiné à préparer, exécuter, lire et éteindre le signal.
2<^ Les Peux de route, position, mouillage, remorquage : lampes de 32 bougies, enfermées dans des fanaux réglementaires. Le courant qui alimente ces lampes passe par Tavertisseur, appareil qui prévient le bord de Textinction anormale de Tun de ces feux.
9* Les Réflecteurs, destinés à éclairer vivement le pont pendant une manœuvre de nuit. Le Hoche a deux réflecteurs, composés chacun d'un foyer de 7 lampes de 50 bougies. Ces appareils peuvent être fixés en un point quelconque du pont principal.
ficlairage des canaux de naYigation. •— Un exemple intéressant nous est fourni par rinstallation effectuée par la Compagnie du canal de Suez pour permettre la traversée du canal pendant la nuit (fig. 235). Après deux ans d'études, la Compagnie put, à la fin de Tannée 4885, autoriser les bâtiments remplissant certaines conditions de navigabilité et d'éclairage électrique à naviguer de nuit entre Port-Saïd et le kilomètre 54. Un règlement relatif à la marche de nuit prescrivit les conditions nécessaires; .voici les principales.
« Art. !•'. — A partir du l*' décembre 1885, et jusqu'à Douvel ordre, les bâtiments de guerre et les navires postaux pourront être autorisés à marcher de nuit dans le Canal entre Port-Saïd et le kilomètre 54 (mille 29,5) dans les mêmes couditions que celles établies pour la navigation de jour et en se soumettant aux dispositions ci-après :
Aht. 2. — - Les bâtiments de guerre et les navires postaux, qui auraient l'intention de transiter de nuit de Port-Saïd au kilomètre 54 et vice veraUf devront avoir fait constater à Port-Saïd, à Ismallia ou à Port- Tewfik, par les agents de la Compagnie, qu'ils sont munis des appareils suivants :
!• A l'avant : Un projecteur électrique d'une portée de 1,200 mètres;
2* A l'arrière : Une lampe électrique capable d'éclairer un champ circulaire de 200 à 800 mètres de diamètre;
S* Sur chaque flanc une lampe électrique avec réflecteur. »
Dans le courant du mois d'avril 1886, plusieurs bateaux, convenablement disposés, ont transité de nuit de Port-Saïd à Ismaîlia avec un plein succès, et ont passé en seize & dix^hnit heures d'une mer à l'autre, gagnant ainsi dixhuit à vingt heures sur le temps moyen nécessaire au trajet.
Pour fournir aux pilotes des points de repère qui leur permettent de maintenir le bâtiment dans Taxe du canal, on a disposé le long de celui-ci des signaux lumineux, consistant en feux et en bouées. En face de chacune des
gares, c'est-à-dire à des distancés de 5 à 6 milles, sont placés des feux de direction, blancs, qui se voient de chaque côté jusqu'à une distance de *? à 8 milles. De cette façon un navire, arrivant à 1 mille de distance du feu le plus rapproché, aperçoit le feu suivant, sur lequel il prend dès lors sa direction. Ces feux de direction, formés d'une lampe à pétrole munie d'un appareil optique, sont portés par des pylônes en fer, qui peuvent recevoir aussi des feux destinés aux signaux. Les bouées à gaz Pintsch sont des bouées ordinaires, chargées de gaz carburé et comprimé, et surmontées d'un appareil optique de Fresnel, dans lequel brûle ce gaz. Les feux sont rouges sur Fun des bords du chenal et verts sur l'autre. Nous n'insisterons pas sur ces appareils, qui n'ont rien de commun avec l'électricité.
Quant à l'éclairage électrique que doivent posséder les navires, d'après le règlement cité plus haut, la plupart des bâtiments postaux et des navires de guerre sont pourvus de projecteurs, ou d'une installation d'éclairage électrique intérieur, pouvant s'approprier facilement au passage du canal.
La Compagnie péninsulaire Orientale emploie un matériel affecté exclusivement à cet usage^ et formé d'appareils amovibles, que le navire embarque à son arrivée à Port-Saïd ou à Suez et débarque avant de quitter Suez ou Port-Saïd. Ce matériel, construit par MM. Sautter, Lemonnier et C^", comprend d'abord une dynamo Gramme à enroulement compound donnant* 70 volts et 75 ampères dont 45 pour le pr«K jecteur d'avant, 14 pour le feu d'arrière et 8 pour chaque feu de côté. Un moteur Brotherhood commande directement cette dynamo. Le courant se divise en quatre dérivations, affectées chacune à l'un des foyers; les conducteurs sont enroulés sur des tambours, enfermés dans une caisse qu'on installe à bord avec les moteurs.
Le projecteur d'avant est du système Mangin ; il a 0,40 m. de diamètre. Il se place à 3 mètres au-dessus du niveau de l'eau, sur un plancher mobile que l'on installe au devant de l'élrave ; sur ce plancher se tient une personne en communication téléphonique avec le pilote, et chargée de rapprocher à la main les charbons de l'arc voltaïque et de faire varier la direction du faisceau lorsque c'est nécessaire. Le feu d'arrière est formé d'une lampe électrique rustique enfermée dans une lanterne métallique, portant une disposition optique qui donne la di'vergence convenable; le tout est
ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
suspendu à 3 mètres au-dessus de Teau, et Ton peut, du pont, faire varier la direction du fais-»
ceau. Les feux de côté présentent une dlspo» sition analogue. Ils sont placés au milieu du
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