‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 2 sur 167 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Le mot BUtiétique n'a été trouvé que vers le milieu du (leniier siècle, et ee n'est qu'à cette époque que Fud a corameucé à s'occuper sérieusement de la théorie du beau. r.*est surtout à U fin du xvui* siècle et au commencemeni de celui-ci, que la philosophie de l'art est devenue l'objet d'une ailenlion particulière qui a persévéré jusqu'à nos Jours. TouteRfis, la plupart des écrivains qui s'en sont occupés, ne l'avaient traitée qu'incidemment et par manière de difrression. Pas un n'avait songé à considérer spécialement Sf>us le rapport de l'esthétique, en les faisant marcher de fronldans un même ouvrage, l^rchitectiire, la musique, la peinture et la sculpture, dont la réunion forme cet ensemble harmonieux qu'on appelle les arts libéraux. Encore mofm avitl-ou eu la pensée d'envis4ger simultanément ces quatre arU libéraux au point de vue principal de la poétique chrétienne qui les a si profondément; si admirablement transformés, en leur imprimant son cachet mystique et divin.

(^'est donc pour la première fois qu'on essaye de poser et de développer dans un même livre les conditions du beaa Idéal surnaturel, divin, en même temps que celles du beau idéal humain, <laus leur principe et dans leur application respective aux Uiuvrc» de l'art. Grâce à la distinction fomlamentale que nous formulons nettement entre ces deux genroii de beauté, tout malentendu devient impossible dans l'appréciation des monuments de l'art, et l'on n'est plus exposé à voir se reproduire dans les écrits qui s'y rattachent cette incohérence, cette confosion, disons même, ces contradictions flagrantes que révèlent tant d opinions émises par des Juges d'ailleurs habiles et compétents. Celte distinction fondamentale, sans laquelle tout n'est que chaos dans les appréciations si diverses de la cntique , nous l'établissons théoriquement dans les deux dissertations préliminaires mises en tête du Dictionnaire. Ensuite, dans le corps de l'ouvruge, nous en faisons l'application pratique à quelques-uns des principaux monuments de l'art. Il n'en est pour ainsi dire aucun de ceux que nous décrivons ou que nous analysons, dans l'ordre de l'architecture, de la peinture, de la sculpture et de la musique, que nous n'ayons vu ou entendu. Dans les jugements ooul ils ont été l'objet de notre part, nous avons eu pour lumière et pour guide non-seulement les bibliothèques publiques et privées, les égllies et les riches musées qu il nous a été douné de visiter, d'étudier ou de consulter en France, eu Belgique, en Allemagne, en Salite et en Italie, mais encore les nombreuses notes et impressions de voyage recueillies dans ces pérégrinations qjMftoour de l'art, etsurtout de l'art chrétien, nous avait (ait entreprendre eu divers temps et en divers lieux

En parlant,unpeulonguementpeut-être, des lilresquenous pouvons avoiràlaconfiance de noslecteurs, nous cédons iDoInt au seutinientd'un puéril amour-propre qu'au désird'appelerleurindu'gencesurun travail qui doit nécessairement

iirétenter des imperfections et des lacunes dans l'exécution, par cela même qu'il est entièrement neuf, et quant à a forme et quant à la conception. A ceux qui trouveraient que te nombre des articles est restreint comparativement aox autres Dictionnaires qui traitent de l'art chrétien, nous ferons observer que ce livre est un livre de principe ^vaot tout. A ce point de vue, qu'il ne faut pas oublier, la description, par exempje, de la cathédrale d'Amiens, comme type du genre f^olhiaue, considéré sous le double rapport du beau ^umainet du beau divin, remplit aussi bien notre but, que le ferait celle de dix autres églises en style ogival. 11 en est de même pour les églises romanes et pour les (ouvres qui se rattachent aux autres arts que celui de l'architecture. D'ailieurs,on comprend facilement qu'un plus grand nombre d'articles sur cha( une de ces quatre catégories eût grossi au delà de toute raisonnable limite un ouvrage de doctrine et de synthèse ulutôtque do détails. Ce Dictionnaire est le résumé ue plus de viugt années d'études sur l'art chrétien. Parmi les champions de cette

des thèses fort avancées et très-hardies pour l'époque, alors qu'il y avaitquelque courage à orendre en main la cause.

pathiee réelles, au lieu des déOances systématiques et des préventions aveugles d'un autre temps.

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