AUX ATEUERS CATHOUQUES, RUE D'AMBOISE, AU.PETIT-MONTROUGE
BIRHIÈRB D'bMFBII DB PAAU.
PRËFAGE.
Le mot Estnitique n'a été trouvé que vera le milieu du dernier siècle, et ce n^est qu'à cette époque que Ton a. commencé à s'occuper sérieusement de la théorie du beau. C'est surtout à la fin du xthi* siècle et au commeDcemeal de celui-ci, que la philosophie de Tart est devenue l'objet d*uue attention particulière qui a persévéré jusqu'à nos jours. Toutefois, la plupart des écrivains qui s^en sont occupés, ne l'avaient traitée qu'incidenunent et par manière de difrression. Pas un n'avait songé à considérer spécialement sous le rapport de Testhétique, en les faisant marcher de frontdans un même ouvrage, l'architecture, la musique, la peinture et la sculpture, dont la réunion forme cet ensemble harmonieux qu'on appelle les art$ libéraux. Encore moins avait-ou eu la pensée d'envis iger simultanément ces quatre arts libéraux au point de vue principal de la poétique chrétienne qui les a si profondément; si admirablement transformés, en leur imprimant son cachet mystique et divin.
C'est donc pour la première fois qu'on essaye de poser et de développer dans un même livre les conditions du beau idéal surnaturel, divin, en même temps que celles du beau idéal humam, dans leur principe et dans leur application respective aux œuvres de Tart. Grâce à la distinction fondamentale que nous formulons nettement entre ces deux genres de beauté, tout malentendu devient impossible dans l'appréciation des monuments de l'art, et l'on n'est pins exposé k voir se reproduire dans les écrits qui s'y rattachent cette incohérence, cette confusion, disons même, ces contradictions flagrantes que révèlent tant d opinions émises par des juges d'ailleurs habiles et compétents. Celte distinction fondamentale, sans laquelle tout n'est que diaos dans les appréciations si diverses de la critique , nous l'établissons théoriquement dans les deux dissertations préliminaires mises en tête du Dictionnaire. Ensuite, dans le corps de Touvrage, nous eu faisons l'application pratique à quelques-un» des principaux monuments de l'aK. 11 n'en est pour ainsi dire aucun de ceux que nous décrivons ou que nous analysons, dans l'ordre de l'arcfaiteeture, de la. peinture, de la sculpture et de la musique, que nous n'ayons vu ou entendu. Dans les jugements dont ils ont été l'objet de notre part, nous avons eu pour lumière et pour guide non-seulement les bibliothèques publiques et privées, les églises et les riches musées qu il nous a été donné de visiter, d'étudier ou de consulter en France, en Belgique, en Allemagne, en Suisse et en Italie, mais encore les nombreuses notes et impressions de voyage recueillies dans ces pérégrinations que l'amour de Tart, etsurtout de l'art chrétien, nous avait £âit entreprendre en divers temps et en divers lieux.
En parlant, unpeulonguementpeot-être, des titresquenouspouvonsavoiràlaconflance de noslecteurs, nous eédont moins au sentimentd'un puéril amour-propre qu'au désird'appeler leur indulgence sur un travail qui doit nécessairement présenter des imperfections et des lacunes dans l'exécution, par cela même qu'il est entièrement neuf, et quant à ta forme et quant à la conception. A ceux qui trouveraient que le nombre des articles est restreint comparativement aux autres* Dictionnaires qui traitent de l'art chrétien, nous ferons observer que ce livre est un livre de principe avant tout. A ce point de vue, qu'il ne faut pas oublier, la description, par exemple, de la cath^rale d'Amiens, comme type do genre f^uthique, considéré sous le double rapport du beau tumainet du beau divin, remplit aussi bien notre but, que le ferait celle de dix autres églises en style ogival, il en est de même pour les églises romanes et pour les oeuvres qui se rattachent aux autres arts que celui de l'architecture. D'ailleurSyOn comprend (keitement qu'un plus grand nombre d'articles sur chacune de ces quatre catégories eût grossi au delà de toute raisonnable limite on ou* vrage de doctrine et de synthèse plutôt que de détails.
Ce Dictionnaire est le résumé ae plus de vingt années d'études sur Tart chrétien. Parmi les champions de cette noble causequi compte déjà des noms si éclatants, il n'en est pas. sans doute, nous en faisons volontiers l'aveu, de plus humble etdeplus obsciirquenous ; mais noososerous ajouter qu'il n'y en a jamais eu de plus constant et de plus dévoué^ Il y a bien longtemps, dans des articles publiés à Lyon, à Paris et ailleurs, nous soutenions en matière d^t chrétien, des thèses fort avancées et très-hardies pour l'époque, alors qu'il y avait quelque courage à orendre en main la cause, presque universellement incomprise ou dédaiipiée de l'esthétique sacrée. Aujoprdliui qu'une réaction, de plus^ «A plus sensible^ dans un sens inverse, a popularbé les œuvres de ta foi et du génie chrétien, tout auteur qui s'en d6* dare le sincère défenseur, est assuré ae rencontrer dans le public sérieux et intelligent auquel il s'adresse des qmH> patbies réelles, au lieu des défiances systématiques et des préventions aveugles d'un autre temps.
imprimerie MICI^L^ aU Pétit-Montreuil^
D'ESTHETIQUE
OU