CHYPRE
14. Nikolaus I", 1413-15. — 15. Konrad III, 1420- 28, t 1429. — 16. Georg I", 1429-61.
2» Abbés (1446). — 17. Ludwig de Lindau, 1461-88. — 18. Johann II von Trostberg, 1488-97. — 19. Gebhard Vittler, 1497-1536. — 20. Martin DufT, t 1540. — 21. Florinus Janutt, 1540-48. — 22. Peter Baliel, 1548. — 23. Eberhard Rink, 1549-61. — 24. Nikolaus II Jenatsch, 1562-88. — 25. Johann III Wysmann, 1588-89. — 26. Silvester Schrofler, 1589-99, résign. et mourut peu après.
Arch. épisc. de Coire et Arch. d'État, Vienne. — Hugo, Ann., 1, 573-88. — \ iin Waefelgheni, 59. — Potthast, Reg., 3403, 6840, 15089, 20891. — Backmund, Moncmticon Praem., Straubing, 1949-1950, i, 70-72. — Mulinen, i, 211- 13. — E. Poeschel, Kunstdenkniàler des Kanlons Graubûnden, II, Bâle, 1937, p. 216 sq. — .1. Simonel, Raetica varia, II, 1922, p. 35-68; m, 1923, p. 71-123. — H. Lehmann, Gesch. des Klosters Ch., dans Fûssli, Schweizer Muséum, IV, 1788, p. 81-119.
N. Backmund.
CHUS IRA. Voir Cusirensis (Ecclesia).
CHUSIUM, évêché de Moldavie. Voir Hus.
CHYCHAS (Nathanael), théologien grec (xvi«xvii» s.). VoirD. T. C, ii, 2423.
CHYLAS (Jean), théologien grec, métropolite d'Éphèse (xiii' s.). Voir D. T. C, u, 2423-24.
CHYPRE. C'est une des plus grandes îles de la Méditerranée. Située dans le bassin oriental de cette mer, entre 34° 33' et 35" 43' de latitude nord, et 32° 16' et 34° 36' de longitude est de Greenwich, elle mesure 9 380 km^. Elle se trouve à 100 km. de la côte de Syrie et à 70 de celle d'Asie Mineure. Sa population, assez faible du temps des Turcs, augmente rapidement malgré l'émigration. De 209 286 habitants en 1891, elle est passée à 237 022 en 1901, à 310 715 en 1921 et à 347 932 en 1931, date du dernier recensement connu. Les trois quarts des habitants sont des Grecs orthodoxes (284 863 en 1931). Les musulmans sont au nombre de 64 224 (1931) et les quelques milliers d'autres habitants se répartissent entre diverses confessions chrétiennes.
Chypre est habitée au moins depuis le III^ millénaire av. J.-C. Elle fut longtemps un royaume sous la suzeraineté de l'Égypte, puis elle connut l'invasion des Grecs, venus de l'Asie Mineure et du Péloponnèse, et qui fondèrent des colonies dans le Nord et l'Ouest, vers la fin du Il« millénaire. De leur côté, les Phéniciens prirent pied dans l'Est et le Sud, vers l'an 1000 av. J.-C. Les Grecs appelèrent l'île Kgpros, à cause de ses mines de cuivre (KÛTrpoç) et les Phéniciens Kittim. Au xiiio s. av. J.-C, elle fut soumise aux Perses, puis de nouveau aux Égyptiens en 626 et incorporée à l'empire perse en 526. L'hellénisme triompha après Alexandre le Grand. Chypre devint alors possession égyptienne. Les Romains firent leur apparition en 58 av. J.-C, annexèrent le pays et confisquèrent une grande partie des richesses qui y étaient accumulées. Province romaine sous Auguste, elle devint proconsulaire en 28 apr. J.-C En 115, les Juifs, très nombreux dans l'île, se révoltèrent et massacrèrent un grand nombre d'habitants. Ils furent à leur tour mis à mort et l'entrée du pays interdite à leurs coreligionnaires. En 576, les Byzantins y transplantèrent 70 000 Hyrcaniens. Les Arabes occupèrent l'île au vii^ s., mais Nicéphore Phocas les chassa définitivement en 964. En 1191, Richard Cœur de Lion l'enleva à Isaac Comnène, qui s'y était établi prince indépendant en 1184. Richard la vendit aux Templiers pour la somme de 100 000 besants d'or. Les Templiers la lui rendirent et il la céda à Guy de Lusignan (1192). Chypre eut
alors pour trois siècles une dynastie française. Au xiv« s., elle fut prise à partie par les Génois et le sultan d'Égypte. Le dernier roi, Jacques II, commit la faute d'épouser Catherine Cornaro que lui offraient les Vénitiens. Sa mort mystérieuse permit à la Sérénissime République de prendre possession de l'île sans coup férir (1489). Les Turcs s'en emparèrent après des luttes acharnées (1571). Leur régime amena la déca- ! dence et la misère dans une île qui avait été une des , contrées les plus riches du monde antique et médié- ' val. Le 4 juin 1878, l'Angleterre en obtint la gérance en garantie des réformes que la Turquie s'engageait à I opérer dans ses États, et aussi pour défendre ce pays contre l'ambition russe. Elle l'annexa le 5 nov. 1914 ' et en fit une colonie de la Couronne le l'^'' mai 1925. l Malgré le développement économique donné au pays j par le nouveau régime, celui-ci aspire à l'union de ' l'île avec la Grèce, qui en avait refusé l'offre en 1915, j pour ne pas entrer en guerre contre les empires centraux. Ces aspirations ne concernent que les Grecs orthodoxes. Voyant leurs désirs continuellement repoussés, ils sont passés à la révolte ouverte en 1931, mais les autorités anglaises eurent vite fait de réprimer le mouvement insurrectionnel.
Dans cette étude nous ne nous occuperons que de l'Église grecque et des diverses autres confessions chrétiennes et ne parlerons des événements politiques que dans la mesure où ils ont eu une répercussion sur la vie des Églises.
; I. ÉGLISE GRECQUE. — 1° Les débuts. — Lespremiers apôtres connus de l'île de Chypre furent S. Paul et S. Barnabé. Celui-ci était originaire de l'île et appartenait à la tribu de Lévi (Act., iv, 36). II y avait des Juifs de Chypre parmi les premiers chrétiens. A la suite de la persécution dont fut victime S. Étienne, certains d'entre eux rentrèrent dans leur pays, tandis que d'autres allèrent porter la bonne parole aux païens d'Antioche (Act., xi, 19-20). En l'an 45, sous l'inspi- , ration du S. -Esprit, Paul et Barnabé quittèrent Antioche et se rendirent en Chypre. Débarqués à Salamine avec Jean Marc, cousin de Barnabé, ils prêchèrent à travers toute l'île et arrivèrent à Paphos, sur la côte sud-ouest, où S. Paul rendit aveugle le mage Barjésus et convertit le proconsul Sergius Paulus (Act., XIII, 4-12). En 51, Barnabé, qui s'était séparé de S. Paul, revint en Chypre avec son cousin Jean Marc et continua l'évangélisation (Act., xv, 39). Tels sont les renseignements que nous fournit le i N. T. Plus tard, diverses légendes se créèrent pour ! compléter et surtout pour embellir ces faibles donî nées. Un premier ouvrage, intitulé nEpîo5oi Koi nap- TÛpiov Toû âyiou Bapvàga (A. S., juin, i, 431-435), ; et composé par un Pseudo-Marc, parut pendant la \ seconde moitié du s. (Braunsberger, Der Apostel [ Barnabas, sein Leben und der ilim beigelegte Briej, • Mayence, 1876, p. 4-6). Vers le milieu du vi" s., le 1 moine Alexandre, gardien de l'église élevée sur le j tombeau de l'apôtre à Salamine, composa un pané- [ gyrique en l'honneur du saint, 'EyKCopiov eis Bapvà- [ gotv Tov àTTÔiTToAov, TTpoTpocTrÉVTOç ùtto toO TrpsaguTÉpou Kai KAsiSovy/ou toO aEgaCTiiiou outoO vaoû âv db icrTopf|Tai Koi ô tottos Tfjs cnroKaAiApeo^ tcôv àuTOÛ Aeivfiàvcov (texte grec dans A. S., juin, ii, 436-453; version latine dans P. G., lxxxvii, 4087-106). Ces j deux ouvrages ne méritent aucune créance, malgré les précisions topographiques qu'ils renferment. Ils sont d'ailleurs en contradiction sur plus d'un point avec le récit des Actes. Ils furent composés tous deux après la découverte du tombeau de S. Barnabé (488), dans le but à peu près certain de faire reconnaître l'autocéphalie de l'Église de Chypre vis-à-vis des patriarches d'Antioche (L. Duchesne, S. Barnabé, Rome, 1892, p. 34).