‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 85 sur 282 · L.-E. Halkin · texte numérisé non relu

L.-E. Halkin

CHAPELAUDE (La), Chapelle-Aude, Chapelotte, Capella, dioc. de Bourges, aujourd'hui de Moulins, cant. d'Huriel, arr. de Montluçon (Allier). Patron : S. Denis. Ce prieuré des bénédictins de l'abbaye de S. -Denis en France fut fondé par Amblard Godeth avant 1060. Il eut quelque importance jusqu'au jour où il devint un simple bénéfice. Son église romane est conservée.

Beaimier-Besse, Abbayes et prieurés..., v, 56. — M. A. Chazaud, Fragments du carlulaire de la Ch.-A., Moulins, 1868. — Chevalier, T. B., 6.54. — Cottineau, i, 695. — M. Fazy, Les origines du Bourbonnais, Moulins, 1924 (contient, ii, 137, la liste des prieurs). — D. Félibien, Hist. de S.-Denis, 129-30. — Janin, Hist. de Montluçon, 507. — Moret, Paroisses bourb., i, 408-14. — Raynal, Hist. du Berry, i, 482.

R. Van Doren.

CHAPELLE-AUX-PLANCHES (La), Capella ad Plancas, abbaye de l'ordre de Prémontré, située au dioc. de Troyes, près de Beaufort, arr. de Vassy-sur-Blaise (Hte-Marne), relevant de la circarie de France, et filiale de Beaulieu. Cette maison fut fondée en 1145 ou 1146 par Simon de Beaufort et sa famille. Une chapelle en bois avait été édifiée à l'endroit oii fut fondée l'abbaye et lui donna son nom. La première communauté vint de l'abbaye de Bellelaye. Le pape Eugène III, de passage à Paris, approuva, en 1147, la fondation de l'église et sa dotation; en 1152 Simon, fils du fondateur, reconnut officiellement les dispositions de son père en faveur de la fondation de l'abbaye; il concéda en outre l'immunité de ses possessions.

Liste des abbés. — 1. Galter, mentionné en 1145 et en 1152, t 25 avr. — 2. Rainald, mentionné en 1172 et en 1175. — 3. Obert, vivait en 1182 et 1187. — 4. Jean I", mentionné en 1188. — 5. Richer, mentionné en 1192.

— 6. Odon, mentionné en 1196. — 7. Noé, élu en 1197.

— 8. Bertrand, mentionné en 1202. — 9. Guillaume I", mentionné en 1212 et 1220. — 10. (Nothus), signalé en 1225. — 11. Isembart, mentionné en 1242. — 12. Herbert, mentionné en 1242. — 13. Fulcon, vivait en 1257.

— 14. Jean II Danisy, t 31 mai 1336. — 15. Jean III, promit obéissance sous l'évêque Pierre d'Arcis (1377- 95). — 16. Nicolas I", promit obéissance à l'évêque Jean Léguisé (1426-50). — 17. Guillaume II, promit obéissance à l'évêque Louis Raguier (1450-83). — 18. Étientie I", vivait en 1472. — 19. Hugues de S.- Siria, mentionné en 1481. — 20. Étienne II Remy, élu en 1501, t 16 mai. — 21. Jean IV Nanthier, alias Manthier de Droye, élu en 1519, abdiqua en 1528, t 1536. — 22. Jean V le Sellier, alias Ceiclant, du dioc. d'Amiens, premier abbé commendat., nommé par le roi et confirmé par l'abbé de Bellelaye, f le l""' nov. 1545. — 23. Louis Dauvet, fils du seigneur de Rieux. En même temps prieur de Longpont. — 24. Jacques I" du Plessis de Richelieu, aumônier du roi, évêque de Luçon, commendataire en même temps de l'abbaye de Nieuil-sur-l'Autize. — 25. Jacques II Genovillac, protonotaire apostolique, commendataire. — 26. Claude Lhoste, démissionna après quelques années. — 27. Nicolas II Lhoste, fils du précédent, fit profession à Prémontré et assista au chapitre général de 1618. 28. Jacques III Lescot, nommé en oct. 1638; promu évêque de Chartres, le 22 juill. 1643, céda l'abbaye en faveur du suivant. — 29. Jacques IV Lescot, neveu du précédent, obtint l'abbaye en 1670. — 30. N. de Brèvedent, seigneur de Berville, frère du sénateur de

; Rouen, était en possession en 1680 et 1691. — 31. Henri Guichard, seigneur de Vouldy, frère de N. camérier du roi et chanoine de Troyes en Champagne, obtint l'abbaye en 1691, t 1699. — 32. N. Boursault, seigneur de Viantais, fils du marquis de ce nom, nommé le

24 déc. 1699. — 33. N. de Fusée de Voizenon, prêtre, doyen et vicaire général de Boulogne, nommé par le roi en déc. 1733. Céda en 1742 cette abbaye pour celle du Jard (Seine-et-Marne). — 34. Jean-Baptiste Natal le Rouge, docteur et syndic de la faculté de théologie de Paris, chapelain de la reine et chanoine de la collégiale de S. -Nicolas du Louvre, fut désigné comme abbé par le roi le 2 avr. 1742, f 14 janv. 1753. — 35. N. Gouault, vicaire général de l'évêque de Troyes, obtint du roi la commende le 27 janv. 1753.

Archives départementales de la Hte-Marne, cartulaire, plans, registres, bulles et chartes, etc. — Un obituaire se trouve à la Bibl. nat. de Paris. — C. L. Hugo, Annales Praem., i, 455. — Gall. christ., xii, 621-24. — Ch. Lalore, Cartulaire de la Chapelle-aux-Planches, dans Coll. des cartulaires du dioc. de Troyes, 1878. — R. Van Waefelghem, Répertoire, 55.

M. -A. Erens.

CHAPELLE TAILLEFER (Pierre de la).

Il naquit à La Chapelle-Taillefer (Creuse), du chevalier Étienne. Prévôt d'Eymoutiers (Hte-Vienne) et chanoine de Notre-Dame à Paris, il professa le droit civil à Orléans. C'est là qu'il connut Bertrand de Got, le futur Clément V, qui peut-être écouta ses leçons. Philippe le Bel le remarqua et apprécia ses services. En 1288 Pierre tenait le parlement à Toulouse et en 1290 à Paris. Nommé évêque de Carcassonne (15 mai 1291), il s'acquitta, en 1296, d'une mission délicate que lui avait donnée à remplir l'épiscopat de la province ecclésiastique de Narbonne. Il s'agissait de promettre au roi de France le paiement de décimes moyennant la concession de libertés. Or la publication subséquente de la bulle Clericis laicos constituait un obstacle redoutable. L'entrevue qui eut lieu aux environs de Limoges avec Philippe le Bel se borna à un échange mutuel de politesses sans conséquences (H. L. Fr., xxxiv, 68-69). Le prince mandata Pierre pour effectuer les restitutions de territoires, stipulées dans le traité qui avait été signé avec Jayme II, roi d'Aragon (1298) (Ê. Baluze, Vitae paparum Avenionensium, éd. G. Mollat, m, Paris, 1913-27, p. 18-38). Il ne put qu'agréer son transfert à Toulouse que lui aimonça Boniface VIII le

25 oct. 1298 (ibid., ni, 229). L'érection en 1295 du diocèse de Pamievs lésait gravement les intérêts de la mense du nouvel évêque; il eut assez de crédit près du pape pour obtenir une enquête qui prouva le bienfondé de ses doléances (J.-M. Vidal, Les origines de la province ecclésiastique de Toulouse, Toulouse, 1903, p. 25-27). L'élection de Clément V lui assura un brillant avenir. Créé cardinal du titre de S. -Vital le 15 déc. 1305 et parvenu à la Cour pontificale le 30 janv. suivant, il capta la confiance du S. -Père qui se déchargea sur lui d'affaires épineuses. Le 13 mars 1306, il devait partir pour le Languedoc afin de recueillir des témoignages relatifs aux plaintes que les habitants de Carcassonne et d'Albi avaient exprimées contre les inquisiteurs et l'évêque Bernard de Castanet. Pierre instrumenta de concert avec Bérenger Frédol, réforma les abus réels commis et donna tort à Castanet qui fut suspendu de ses fonctions en 1307 (C. Douais, Documents pour servir à l'hist. de l'Inquisition dans le Languedoc, Paris, 1900, II" part., p. 306 sq.). Au cours de sa mission il reçut l'évêché de Palestrina (déc. 1306). Philippe le Bel lui témoigna également sa confiance, l'envoya traiter la paix avec l'Angleterre et le chargea d'examiner les clauses du traité d'Athis-sur-Orge contracté avec les Flamands (1306) (G. Lizerand, Clément V et Philippe IV le Bel, Paris, 1910, p. 63, 71). Le

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cardinal joua un rôle actif dans le procès fameux des Templiers. Habilité pour en connaître par bulles du 13 juin. 1308 et chargé de la garde des prisonniers, il les remit entre les mains du roi (Baluze, op. cit., m, 82-83). Le don de 16 000 livres tournois récompensa sans doute cette complaisance (ibid., 138-40). Quant à l'instruction du procès même, elle paraît avoir été menée avec trop de rapidité. En 1309, Pierre négocia avec les diplomates aragonais la question de la Corse et de la Sardaigne qui divisait Jayme II et les Pisans (H. L. Fr., XXXIV, 125-26). En août 1310, on le trouve chargé d'enquêter sur le procès intenté à la mémoire de Boniface VIII. Il eût dû également essayer d'apaiser les querelles surgies entre les spirituels et les conventuels, mais une maladie l'empêcha de s'en occuper. Il mourut le 16 mai 1312 et fut inhumé dans le chœur de la collégiale fondée par lui à La Chapelle-Taillefer. Son tombeau en cuivre émaillé disparut pendant la Révolution française, après avoir été démonté en 1767 et transporté à Guéret.

H. Finke, Acla Aragonensia, Berlin, 1908-23. — Baluze, op. cit., II, 106-11. — Douët d'Arcq, Cotlection de sceaux, II, Paris, 1863, n. 6175. — H. L. Fr., xxvii, 423-24; xxxiv (voir la table des matières). — J. de Font-Réaux, Le c/inpitrc de La Ctiàtre et tes paroi.tses de Fresselines el de La Chapelle-Taillefer, dans Mémoires de la Soc. des sciences naturelles et archéol. de la Creuse, xxi, 1920, p. 303-10. — H. de P.erranger-H. Hiigon, La fin du mausolée ù La Chapelle- Taillefer, ibid., XXV, 1931-34, p. 477-83. — G. Lizerand, op. cit., passim. — ,I.-M. Vidai, Bullaire de V Inquisition française au XIV' s. et jusqu'à la fin du Grand Schisme, Paris, 1913, p. 9-21, 41-42; Documents sur les origines de la province ecclésiastique de Toulouse, Paris, 1901.

G. MOLLAT.

CHAPIVIAIM (Henry-Palmer, dom John), né dans le Suftolk (Angleterre), le 25 avr. 1865, fit ses études à Oxford et Cuddesdon et fut nommé recteur de S.- Pancrace à Londres. II se convertit au catholicisme le 8 déc. 1890, entra à l'abbaye bénédictine de Maredsous en 1892 et passa à celle d'Erdington (Angleterre) en 1895. Il devint supérieur des bénédictins de Caldey en 1911. Il fut rattaché à l'abbaye de Downside en-1919, dont il devint abbé en 1929. t le 7 nov. 1933.

Principales publications. — Bishop Gore and the Catholic daims, 1905; The flrsl eight gênerai councils and papal infaUibitity, 1906; The condemnation of Honorius, 1907; Notes on the early histonj of the Vulgale Gospels, 1908; John the Presbyter and the Fourth Gospel, 1911; Studies on the early papacy, 1928; St Benedict and tlie sixth century, 1929. — Il collabora à plusieurs revues de théologie et d'histoire.

Bull, d'hist. bénéd., iv, 1932-41, p. 191*-92*. — Had. de Moreaii, Dom Jean Chapman, dans Keu. lit. et mon., xix, 1934, p. 441-47. — R. Hudleston, 7"he spiritual letiers of dom John Chapman, 2» éd., 1935, p. 1-30. -— Rev. d'iiist. eccl., XXX, 1934, p. 204, 456, 725. — Catholicisme, ii, 948.

R. Van Doren.

I. CH APRES (Pierre de). Docteur en droit civil, il sut se ménager à la Cour pontificale de puissants protecteurs, tels que Louis de Clermont, sire de Bourbon, le cardinal Arnaud de Pellegrue dont il était chapelain, et le régent Philippe le Long près duquel il remplissait les fonctions de clerc et de conseiller. Aussi, dès le 7 sept. 1316, Jean XXII lui conférait à la fois des canonicats à Châlons-s. -Marne, à Bourges et à Paris, quoiqu'il en possédât déjà un à Reims et un autre à S.-Outrille de Bourges, en plus d'une paroisse et des prieurés de Duabus Casis (dioc. de Carcassonne) et de Chavenon (Allier) (G. MoUat, Lettres communes de Jean XXII, i, n. 202, 297, 346). En janv. 1317, la dignité de chancelier de France le mit en relief. Philippe le Long lui prouva sa confiance en le choisissant comme arbitre dans le conflit survenu avec le duc de Bourgogne et la noblesse champenoise, à l'occasion de

son accès au trône royal. En mars 1318, le chancelier se rendit à Avignon afin de participer aux pourparlers qui, espérait-on, mettraient fin aux hostilités existant entre le roi et les Flamands. Si la sentence pontificale fut rendue le 8 mars, la ratification du traité de paix n'eut lieu que le 7 janv. 1320. Ce jour-là, P. de Chappes exposa longuement l'état de la question dans une ' séance du grand conseil. A une date imprécise le roi sollicita pour lui un évêché, dans une lettre souscrite de sa propre main. N'ayant pas obtenu satisfaction, il exprima sa « stupéfaction » à Jean XXII, qui d'abord lui rappela les faveurs accordées à Pierre au début de son pontificat, puis dévoila crûment ses sentiments : le chancelier était « dévoré d'ambition, avide d'honneurs temporels et de dignités, jaloux de ceux qui recevaient l'épiscopat » (A. Coulon, Lettres secrètes et curiales de Jean XXII, i, n. 799). Philippe le Long insista-t-il encore? On ne sait. Quoi qu'il en soit, Jean XXII accorda l'évêché d'Arras à son protégé, le 29 oct. 1320 (G. Mollat, op. cit., m, n. 12528). Cette faveur surprend, car P. de Chappes commit certaines indélicatesses dans l'exercice de ses fonctions de chancelier, qu'il abandonna le 24 janv. 1321 (L. Perrichet, La grande chancellerie de France, des origines à 1328, Paris, 1912, p. 312-18, 533-35; O. Morel, La grande chancellerie royale et l'expédition des lettres royaux, Paris, 1900, p. 423). Chose curieuse, la faveur royale demeura intégralement : le prélat resta membre du grand conseil et le souverain le désigna pour son exécuteur testamentaire. En 1323, Charles le Bel le nommera ministre de Louis de Crécy.

P. de Chappes tarda à recevoir la consécration épiscopale, postérieurement au 1" févr. 1321 (G. Mollat, op. cit., III, n. 12900). Il eut des difficultés avec les héritiers de son prédécesseur à Arras et avec des barons rebelles (ibid., n. 12903, 12904).

Le revirement de l'opinion du pape à l'égard du nouvel évêque se manifesta très rapidement. On le voit lui accorder sa confiance en 1323 dans une affaire judiciaire qui fut en son temps sensationnelle, puisque la cour de France s'en mêla. Il s'agissait du procès d'inquisition intenté par l'inquisiteur Maurice de Saint- Paul au sire de Parthenay, Jean l'Archevêque. P. de Chappes fut chargé d'en connaître avec Pierre de Mortemart. La cause traîna en longueur et des intrigues se produisirent, si bien que l'inculpé et l'inquisiteur comparurent à Avignon devant les deux évêques auxquels avaient été adjoints deux assesseurs. D'ailleurs, dans l'intervalle, P. de Chappes avait été transféré sur le siège de Chartres, le 21 mai 1326. Les séances d'audience s'effectuèrent dans la salle du Consistoire. Toutefois le prononcé de la sentence appartint à Bertrand de Déaulx et à Raymond de Mostuéjouls (J.-M. Vidal, Le sire de Parthenay et l' Inquisition (1323-25), dans Bull. hist. et philol. de la Commission des travaux scientifiques, 1903, p. 414-34).

Promu cardinal-prêtre du titre de S.-Martin-aux- Monts le 18 déc. 1327, P. de Chappes fut mêlé à l'instruction d'un procès inquisitorial avec trois de ses collègues vers 1331. L'inquisiteur de Carcassonne avait sollicité une décision pontificale relativement à la confiscation des biens de dix-huit hérétiques, morts depuis longtemps et non convaincus d'hérésie. L'instruction du procès se prolongea et n'était pas encore terminée le 10 mars 1334. Le mémoire des cardinaux, qui subsiste dans le ms. Doat xxxii, 120-64, a été en partie publié par Mahul, Cartulaire... de Carcassonne, Carcassonne, V, 1857, p. 688-89 et par C. Douais, Documents pour servir à l'hi.^t. de l' Inquisition dans le Languedoc, I, Paris, 1900, p. ccix.

Jean XXII, qui avait précédemment censuré l'ambition « démesurée » du chancelier de France, oublia une fois encore ses préventions et se plut à le combler

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d'avantages matériels, en lui laissant en conimende les j prieurés de Radonvilliers (Aube) le 13 juin 1328, de I Souvigny (Allier) le 8 mars 1329, de Doncliery (Ardennes) le 15 mars 1330, de Moutier-en-l'Isle (Aube) le 18 sept. 1333, de S.-Amand (Marne) le 29 déc. 1333, de j Moissat (Puy-de-Dôme) le 7 févr. 1334, de Salon (Basses-Alpes) le 3 juin 1334, et de Moret (Seine-et- Marne) le 14 juin. 1334, un canonicat et la prévôté de Chablis dans l'église S. -Martin de Tours le 13 juin 1328, un canonicat à Bourges, Autun et Nevers les 9 mars et 29 déc. 1332, les archidiaconés de Flavigny (Côte-d'Or), de Châteauroux (Indre) et de Nevers les 9 mars 1332 et 18 janv. 1333, la prévôté de Béquigny (Somme) le 13 janv. 1334. Que de bienfaits accordés encore à son frère, à ses multiples neveux, à ses chapelains ou chambriersl Toutefois Jean XXII imposa à 1 l'heureux cardinal une souscription de 200 florins d'or au profit de la croisade, en 1330 (E. Gôller, Die Einnahmen der aposlolischen Kammer unler Johann XXII., Paderborn, 1910, p. 351). Lors de la mort du pape, le 3 déc. 1334, P. de Chappes assista à la déclaration que fit le pape au sujet de la vision béatiflque (Denifle- Châtelain, Chartularium univer.iitatis Parisiensis, ii, Paris, 1897, n. 987).

Benoît XII ne se montra pas moins généreux à l'égard de P. de Chappes, qui avait au surplus gardé son crédit à la cour royale et qui servait à Avignon les intérêts de Philippe VI de Valois. Le pape tolérait qu'il lui communiquât oralement les désirs du souverain (G. Daumet, Lettres closes, patentes et curiales de Benoît XII, n. 112). Il lui accorda de nouveaux bénéfices : canonicats à Meaux, à Paris et à Tours les j 9 janv. et 22 févr. 1335, l'archidiaconé d'au delà de la Loire (Indre-et-Loire) le 22 févr. 1335, le prieuré de Prévenchères (Lozère) le 7 oct. 1335. Les cardinaux Arnaud de Pellegrue et Pierre de Mortemart le choisirent comme exécuteur testamentaire. Lui-même mourut le 24 mars 1336 (J.-M. Vidal, Lettres communes de Benoît XII, ii, 427).

P. Lehiigeur, Hist. de Philippe le Long, roi de France (1316-1322), I, Paris, 1897, p. 100, 101, 125, 155. 164, .'533.

— G. Mollat, Lettres communes de Jean XXII, et .I.-M. Vidal, Lettres communes de Benoît XIJ (voir les tables de matières, au mot Petrus de Capis). — É. Baluze, Vitae papariim Avenionensium, éd. G. Mollat, ii, Paris, 1928, p. 266-67.

— F. Duchesne, Hist. de tous les cardinaux françois de naissance, Paris, 1660-66. 1. Lestocquoy, Les évéques d'Arras,

dans Mémoires de la commission départementale des monuments historiques du Pas-de-Calais, iv, fasc. i. — J.-M. Vidal, Bullaire de l'Inquisition française au XI V s., Paris, 1913, p. 79-84. 89, !)3, 107-10, 159. 204. — Gall. christ., III, 335.

G. Mollat.

2. CHAPPES (Pierre de), frère du cardinal, lequel lui fit avoir des bénéfices avantageux : des canonicats à S.-Outrille de Bourges, à la cathédrale de cette ville, à Chàlons-s. -Marne, à Anagni, à Autun, à Sens et à Nevers. Lorsqu'il fut pourvu de l'archidiaconé de Nevers, il dut résigner le prieuré séculier de Graçay (Cher) le 4 mars 1331. Maître en théologie, il obtint l'autorisation d'étudier le droit civil pendant trois ans. Cette faveur, octroyée le 16 août 1326, fut renouvelée le 1" sept. 1328 et le 25 août 1329. A cette dernière date les documents lui attribuent le grade de licencié et le 19 nov. 1330 celui de professeur. Pierre de Chappes lisait encore le droit civil le 9 mars 1331. Le 13 nov. l'évêché de Soissons lui était conféré. Le diaconat et le sacerdoce ne lui furent donnés qu'après le 26 nov., mais il ne reçut l'onction épiscopale qu'après le 9 mars et avant le 26 sept. 1332. Il mourut en sept. 1349.

G. Mollat, Lettres communes de Jean XXII, et J.-M. Vidal, [ lettres communes de Benoit XII (voir tables de matières, aux mots Prlrus de Capis et Petnis episcopus .Suessionensis). \

CH V liC AS /,\\

s. Sainrir. f.r iliar. de Snissnns, i, TÎvroiix. 1!)3."). - Gall. rlirisl., tx.

Cl. Mollat.

CH APPUIS (Jean), canoniste français (xv«'xvie s.). Voir D. D. Can., m, 610-11.

CHAPT DE RASTIGNAC (Armand), polémiste français (1726-92). Voir D. T. C, ii. 2215-16.

CHAQQARA, monastère en Égypte. Voir D. A. C. L., III, 519-58.

CHARAC-MOBA (KapaKpcogTi), évêché de la Palestine Ille, dépendant de Pctra. Charac-Moba est la transcription de Keral<a de Moab, terme par lequel le Targum a rendu le nom de Qir Moab, équivalent de Qir Haraseth, qui était celui de la capitale du pays de Moab. Les Grecs modernes ont appelé la ville Kyriakopolis. C'est aujourd'hui la ville de Kérak (12 000 hab.), près de laquelle se dresse la forteresse construite par Payen le Bouteiller, vers 1140, et illustrée par Renaud de Châtillon.

On ne connaît qu'un seul évêque de Charac-Moba, Démétrius, qui assista au concile de Jérusalem en 536 (Mansi, viii, 1174 A). Le titre de Charac-Moba ne semble pas avoir été conféré par l'Église grecque, ni par l'Église romaine.

Le Quien, m, 729-34. MeyàATi ' EXXti i^ikt) 'EyKUKÀoirai- Seia, XXIV, 478. - F. -M. Abel, O. P., Céorir. de la Palestine, II, 118-19, au mot Qir llaroselh.

R. Janin.

CH ARADROS (XàpaSpos), évêché d'Isaurie, dépendant de Séleucie. Il fut uni à celui de Lamus au moins dès le v» s. (voir à Lamus). Charadrus est aujourd'hui le village de Karadran ou Kaladian.

Le titre a été assez souvent conféré dans l'Église romaine depuis le xviii" s. : Cajetan de Paulis, 1745, auxiliaire à Velletri. — ■ Jean Buckel, 17 janv. 1746, auxiliaire à Spire. — Jean-Didier de S. -Martin, M. E. P., 13 juin. 1783-t 13 nov. 1801, vie. ap. du Su- Tchuen. — Pierre Tranchant, M. E. P., 1802- f 16 févr. 1806, vie. ap. du Sii-Tchuen. — Joseph-Élie Puyana, sept. 1849-15 avr. 1859, vie. ap. de Tamaulipas. — Jean Léonard, O. S. F. S., 1" oct. 1872-t 17 févr. 1908, vie. ap. du district occidental du cap de Bonne-Espérance. — Michel-Antoine Vuylsteke, O. P., 10 juin 1910-t 4 août 1930, vie. ap. de Curaçao.

Le titre de Charadrus a disparu de la liste de la Consistoriale et ne sera plus conféré.

Smith, Dictionary oj Greek and liomun geoyruphij, i, 603. — Le Quien, ii, 1017-18. — Ann. pont., 1916, p. 388.

R. Janin.

1 . CHARALAMPE, prêtre, qui subit le martyre à Antioche de Pisidie le 10 févr. 202 ('?), avec les soldats Porphyre et Baptacs et trois femmes, n'est pas mentionné au martyrologe hiéronymien. Il est vénéré à l'église de Wadelincourt (Hainaut) (jui en possède des reliques.

A. S., févr., n, 381-86. — Delaiinois, Vie de S. Char, honoré à Wadelincourt, Paris, 1808. — Fidjricius, B. G., x, 20 s(j. • — Martinov, Ann. Eccl. gr. slai>.. 1864, p. 66-67, 225-26. — Sgnax. Ectl. Constant., 455.

2. CHARALAMPE, prêtre, martyr (28 avr.), qui était fêté dans l'église de Ste-Euphémie à Constantinople, apparaît au martyrologe hiéronymien avec Eusèbe et 168 compagnons. Au martyrologe romain il est cité avec Aphrodisius — probablement le nom d'une ville — Agape et Eusèbe.

.\lart. Hier., éd. Delehaye, 215-16. — Mari. Boni.. 159-60. - Sfinax. Ecrl. Constant., 717.

H. Vav Doren.

CHARCAS. Voir Sucre.

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